mardi 29 décembre 2015

Le mot est un être vivant



Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant.
La main du songeur vibre et tremble en l'écrivant;
La plume, qui d'une aile allongeait l'envergure,
Frémit sur le papier quand sort cette figure,
Le mot, le terme, type on ne sait d'où venu,
Face de l'invisible, aspect de l'inconnu;
Créé, par qui? forgé, par qui ? jailli de l'ombre;
Montant et descendant dans notre tête sombre
Trouvant toujours le sens comme l'eau le niveau;
Formule des lueurs flottantes du cerveau.

Oui, vous tous, comprenez que les mots sont des choses.
Ils roulent pêle-mêle au gouffre obscur des proses,
Ou font gronder le vers, orageuse forêt.
Du sphinx Esprit Humain le mot sait le secret.
Le mot veut, ne veut pas, accourt, fée ou bacchante,
S'offre, se donne ou fuit; devant Néron qui chante
Ou Charles-Neuf qui rime, il recule hagard;
Tel mot est un sourire, et tel autre un regard;
De quelque mot profond tout homme est le disciple;
(…)

Oui, tout-puissant! tel est le mot. Fou qui s'en joue!
Quand l'erreur fait un noeud dans l'homme, il le dénoue.
Il est foudre dans l'ombre et ver dans le fruit mûr.
Il sort d'une trompette, il tremble sur un mur,
Et Balthazar chancelle, et Jéricho s'écoule.
Il s'incorpore au peuple, étant lui-même foule.
Il est vie, esprit, germe, ouragan, vertu, feu;
Car le mot, c'est le Verbe, et le Verbe, c'est Dieu.'

Victor Hugo
"Les Contemplations"
.

mardi 22 décembre 2015

En quelques mots...merci !




 Ce mois-ci, j'avais mis mon espoir en vous...
(et en votre culture) pour écrire de jolis textes
autour de ces cinq mots tirés au sort.

La tâche ne me paraissait pas trop inaccessible,
mais le mystère restait entier :
qu'alliez-vous inventer ?

Encore une fois, 
vous m'avez étonnée et enchantée...
par le foisonnement de votre créativité
et par la diversité de vos talents...

Cinq petits mots...
mais plein d'univers différents...

Je vous adresse donc un chaleureux MERCI
et je vous souhaite à tous 
d'excellentes fêtes de fin d'année
en commençant par un joyeux 
banquet de Noël  en famille...

A l'année prochaine !
.
La Licorne
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vendredi 11 décembre 2015

JEU 12 : Texte 7 - "Ballade des coeurs brisés"



Au banquet des troubadours
Y'avait des chansons d'amour...

Au banquet des belles promesses
Il y avait tant d'allégresse

Au banquet de mon bonheur
Y'avait des bouquets de fleurs

Au banquet des coeurs sensibles
Une Belle inaccessible

Mais au banquet du mystère
Aïe, aïe, aïe ! Le bel Hubert !

Au banquet des grands espoirs
Je suis resté au comptoir

Au banquet de la culture
Moi, j'avais pas la brochure

Au banquet des coeurs en miettes
J'ai fini toute mon assiette

Au banquet des coeurs déçus
J'ai relu tout le menu

Au banquet des coeurs amers
J'ai repris une deuxième bière

Au banquet des solitaires
Viens, mon frère, levons nos verres !

Au banquet des coeurs brisés
On va se réconforter

Au banquet de l'amitié
Y'a des potes sur qui compter

Au banquet de l'espérance
On va mettre un peu d'ambiance

Au banquet des déprimés
Nous ne sommes pas invités...

Parce qu'au banquet de la Vie
Non, rien n'est jamais fini...
.
La Licorne
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mardi 8 décembre 2015

JEU 12 : Texte 6 - "L'espoir et la confiance"



"Tant qu'il y a de la Vie, il y a de l'espoir"
Ce mot me gêne. J'ai vraiment de la difficulté à l'employer.

Sénèque, le philosophe en disait ceci :
"L'espoir est la plus grande entrave à la Vie.
En prévoyant demain, aujourd'hui se perd."
Ou encore :
"Tu cesseras de craindre en cessant d'espérer."

Mon état d'esprit est semblable...
Est-ce de l'inconscience, de l’égoïsme ? 
Comment peut-on ne pas espérer que tout aille mieux demain ?
Vers quel homme ou quelle femme de culture
 vais-je me tourner pour m'éclairer ?
"Être à soi-même sa propre lumière, 
c'est refuser de suivre la lumière d'un autre,
 si raisonnable, si logique, si exceptionnel, si convaincant soit-il" 
disait Jiddu Krishnamurti.
Le bonheur, la Joie sont-ils donc inaccessibles ?

Pourtant, un seul mot, simple, limpide est inscrit en mon Cœur :
CONFIANCE.
Gravé en lettres de diamant, jamais il ne prend la poussière...
Chaque jour, il m'invite au banquet du lâcher prise, 
de l'acceptation, de l'abandon et, dans le même temps, 
à la rébellion, à prendre mon épée, à crier de toute mon âme...
Et souvent, des larmes s'échappent de mes yeux incrédules...

Quel est donc ce mystère ?
Dis-moi, s'il te plaît.




lundi 7 décembre 2015

JEU 12 : Texte 5 - "Quelle soirée !"



Quelle soirée, 
même si l’espoir d’une victoire de mon "camp"  
était un rêve inaccessible.

Voilà, aujourd'hui,  je me pose tellement de questions 
pour essayer de comprendre ce mystère :
Comment des personnes libres,  dont la culture permettrait d’imaginer 
qu’elles sont saines de corps et d’esprit… instruites, éclairées.....
Oui comment peut-on  arriver à choisir la haine et la destruction 
de ce que nos parents et grands parents 
ont bâti au prix de leur vie parfois.
Ces personnes, je les imagine réunies 
autour d’un grand banquet dont le plat principal serait la France. 
Elles la dévoreraient sans apprécier ce qu’elle a de beau, de bon…
Tout ceci leur serait inaccessible
est-ce  parce qu’elles ont un petit pois à la place de cerveau ?

Espoir de se retrouver toutes cultures confondues 
autour d’un  grand banquet.
Est ce un rêve inaccessible
Mystère et boule de gomme…
.
.

dimanche 6 décembre 2015

JEU 12 : Texte 4 - "Histoire champêtre"



Léon vivait en bordure de forêt. 
Ce qui lui causait bien du souci 
car malgré les clôtures sans cesse réparées, 
ses champs étaient régulièrement dévastés par les sangliers 
venant y folâtrer pendant la nuit.
La culture des percelines était tellement délicate...
Mais vous connaissez tous, bien sûr, 
ces nouveaux et savoureux légumes 
dont le tout Paris se régale à juste titre.

De l’eau, mais pas trop, du soleil au moins les jours impairs, 
un binage régulier n’étaient pas même suffisants 
pour lui garantir l’espoir d’une bonne récolte.
Aussi, quand Justine lui lança l’invitation 
à participer en sa compagnie 
au banquet de fin d’année du village, 
la perspective d’une soirée de détente 
avec la charmante bibliothécaire 
lui apparut comme un rêve inaccessible...

Chaque soir depuis deux semaines, 
emmitouflé dans sa pelisse hivernale, 
il montait la garde en bordure de sa parcelle. 
Un thermos de café chaud et quelques sandwiches 
lui tenant lieu de dîner.

C’était sans compter avec l’obstination amoureuse 
de la demoiselle de ses pensées.
Le soir du festin, alors que la lune montait au-dessus de la colline, 
il vit approcher à pas menus, une silhouette nimbée de mystère.

Un doux parfum lui effleura la joue , une bouche gourmande ...

La suite serait trop indiscrète, je la laisse à vos fertiles imaginations.
.
.


samedi 5 décembre 2015

JEU 12 : Texte 3 - "Sur le quai"



Assis, tranquille,
juste au bord du quai,
je contemple,
sans espoir ni désespoir,
l’horizon du grand mystère
que l’on dit inaccessible...
Immobile, arrêté,
toute culture oubliée,
je me réjouis du banquet
où festoie Dame Nature,
et je plonge avec la sterne,
et nage avec le poisson,
et butine avec l’abeille
l’achillée rose merveille
que la brise fait frémir
sur les rouilles ou bien les ors
des grands lichens épousant
les pierres grèges du vieux port.

Amezeg



vendredi 4 décembre 2015

JEU 12 : Texte 2 - "Cadeaux"




Ouh, là ! Noël approche 
et la course aux cadeaux est entamée...
Chaque année, c'est la même chose :
une vraie prise de tête !
Toujours l'espoir de trouver la bonne idée, 
celle qui fait plaisir et qui ne tombe pas "à plat"...
mais c'est du sport !
Qu'est-ce qui plaira à la Tante Charlotte ?
Elle aime les livres...la culture...
Voyons : "Le Banquet " de Platon ?
Pas trop intello, ça ?
Si,, un peu quand même !
Pour l'oncle Henri, alors ?
Qu'est-ce qu'il lit, l'oncle Henri ?
Mystère...
Jamais vu sa bibliothèque...
Je ferais mieux de lui acheter une casquette...
Et la cousine Gertrude ?
Avec ses airs pincés et ses fourrures,
elle est si snob que cela me décourage d'avance...
Mais pourquoi est-ce que je les ai invités ?
Oui, pourquoi ?
Je me le demande bien...
Promis, juré,
l'année prochaine, je fête Noël en Alaska...
entre deux ours blancs, 
sur un bout de banquise
(s'il en reste).
Je serai inaccessible !
Et bien tranquille...
.
La Licorne
.


mercredi 2 décembre 2015

JEU 12 : Texte 1 - "Absence"




Je reste là, à loucher sur ce maudit téléphone. 
Je me demande ce que tu fais.
J’ai la culture du mystère,
mais pas à ce point, quand même…
Je respecte ta liberté, mais toi, me respectes-tu ?
Tu dois être en train de terminer ton banquet de fin de stage, 
en rigolant avec tes potes pendant que je me morfonds.
Ne sais-tu pas que j’ai besoin d’espoir, pour vivre ? 
Tout vole en éclat 
quand ton silence explose dans ma tête, 
assourdissant.
Qu’est-ce que j’ai fait ? 
J’ai tellement besoin de tes mots…de ta tendresse…
Tellement besoin de me sentir importante à tes yeux…
Je n’aime pas quand tu deviens inaccessible.
.
.


mardi 1 décembre 2015

JEU 12 : Mots imposés



Ce mois-ci, je vous demanderai 
un petit effort d'imagination :

Je vais vous donner cinq mots 
tirés "au hasard" dans le dictionnaire...
et vous devrez ensuite créer un texte 
qui les fera tous apparaître,
 dans l'ordre...ou dans le désordre...

Prêts ?

Je ferme les yeux et j'ouvre mon dictionnaire...
c'est parti !

1er mot :  banquet
2ème mot : inaccessible
3ème mot :  culture
4ème mot : mystère
5ème mot : espoir

Je n'ai pas triché, j'ai bien pris à chaque fois
un mot de la page ouverte
et j'ai juste veillé à éliminer les mots trop "rares" ...

Je trouve que ma "pioche" est plutôt sympathique...
et j'espère qu'elle vous plaira aussi !
.
Envoi comme d'habitude à
undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 décembre
.
A vous de jouer !

Que les lumières de décembre
vous éclairent et  vous "illuminent" !
.




vendredi 27 novembre 2015

Certains mots



Certains mots sont probablement aptes à changer le monde,
ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes.
 Certains mots sont des balles de fusil,
 d'autres des notes de violon.
 Certains sont capables de faire fondre la glace
 qui nous enserre le cœur
 et il est même possible de les dépêcher
 comme des cohortes de sauveteurs
 quand les jours sont contraires.
.
J.K. Stefansson
.



mardi 24 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 5

   
       


 J'AIME            
- quand tombe la nuit, m'écrouler dans mon lit
- ces moments qui précèdent l'endormissement 
 lorsque les yeux piquent, que le corps s'engourdit 
que le livre me tombe des mains...
- imaginer,  encore un peu éveillée, que demain sera beau
- revoir dans mes rêves ma fille souriante, vivante
- sentir la douceur du chat qui ronronne dans mes bras
- le caresser, échanger nos baisers, nos câlins
- quand vient le matin... sentir que je suis vivante
- petit déjeuner au soleil sur un coin de balcon
- voir les enfants aller à l'école, les entendre
 - me dire que malgré l'horreur, la vie continue.
- J'aime mes rides, mes cheveux blancs, mon âge "avancé"
- Me souvenir des moments heureux de ma vie
- le chocolat et les marrons glacés

    JE  N'AIME PAS
- m'extirper du lit, mon refuge favori
- être réveillée par le téléphone, le bruit des voisins
- avoir des obligations, devoir obéir
- quand je rêve de ma fille ce ne soit qu'un rêve
- la violence et la guerre,  
- l'intolérance quel que soit le domaine
- chercher ce que je n'aime pas
.

dimanche 22 novembre 2015

Je n'aime pas la guerre




Je n'aime pas la guerre.
Je n'aime aucune sorte de guerre.
Ce n'est pas par sentimentalité.
Je suis resté quarante-deux jours
devant le fort de Vaux et il est difficile
de m'intéresser à un cadavre désormais.

Je ne sais pas si c'est une qualité ou un défaut :
c'est un fait.
Je déteste la guerre.
Je refuse la guerre pour la simple raison
que la guerre est inutile.
Oui, ce simple petit mot.
Je n'ai pas d'imagination.
Pas horrible ; non, inutile, simplement.
Ce qui me frappe dans la guerre
ce n'est pas son horreur : c'est son inutilité.
Vous me direz que cette inutilité précisément est horrible.
Oui, mais par surcroît.

Il est impossible d'expliquer
l'horreur de quarante-deux jours d'attaque devant Verdun
à des hommes qui, nés après la bataille, sont maintenant
dans la faiblesse et dans la force de la jeunesse...

Vous ne pouvez pas leur prouver l'horreur.
Vous n'avez plus rien à votre disposition que votre parole :
vos amis qui ont été tués à côté de vous
n'étaient pas les amis de ceux à qui vous parlez ;
la monstrueuse magie qui transformait
ces affections vivantes en pourriture,
ils ne peuvent pas la connaître ;
le massacre des corps et la laideur des mutilations
se sont dispersés depuis vingt ans
et se sont perdus silencieusement
au fond de vingt années d'accouchements journaliers
d'enfants frais, neufs, entiers, et parfaitement beaux.

À la fin des guerres il y a un mutilé de la face,
un manchot, un boiteux, un gazé... pour dix hommes ;
vingt ans après il n'y en a plus qu'un pour deux cents hommes ;
on ne les voit plus ; ils ne sont plus des preuves.
L'horreur s'efface.

Et j'ajoute que malgré toute cette horreur,
si la guerre était utile
il serait juste de l'accepter.
Mais la guerre est inutile
et son inutilité est évidente.
L'inutilité de toutes les guerres est évidente.

Qu'elles soient défensives, offensives, civiles,
pour la paix, le droit, pour la liberté,
toutes les guerres sont inutiles.
La succession des guerres dans l'histoire
prouve bien qu'elles n'ont jamais conclu
puisqu'il a fallu recommencer les guerres.

La guerre de 1914 a d'abord été pour nous, Français,
une guerre défensive.
Nous sommes-nous défendus ? Non !
Nous sommes au même point qu'avant.
Elle devait être ensuite la guerre du droit.
A-t-elle créé le droit ?
Non, nous avons vécu depuis,
des temps pareillement injustes.

Elle devait être la dernière des guerres ;
elle était la guerre à tuer la guerre.
L'a-t-elle fait ? Non...
elle n'a tué que des hommes inutilement.
La guerre d'Espagne n'est pas encore finie
qu'on aperçoit déjà son évidente inutilité.

Je consens à faire n'importe quel travail utile,
même au péril de ma vie.
Je refuse tout ce qui est inutile
et en premier lieu la guerre
car son inutilité est aussi claire que le soleil.
.
Jean Giono
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samedi 21 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 4

 
J'avais écrit ce texte le 12 novembre,
juste avant les attentats...
Inutile de vous dire que le 13,
il m'a paru bien dérisoire...
Mais, finalement, je le publie quand même...
parce que les petites choses de la vie
ont leur importance...
et qu'elles nous font du bien...



J'aime :

- lire un livre sous un arbre vert
- marcher des heures dans un endroit désert
- écrire des poèmes que personne ne lira...
- rêver en caressant mon chat
- entendre les cloches dans le lointain
- manger les deux croûtons du pain
- écouter les étoiles dans le silence de la nuit
- ne pas savoir ce que je ferai aujourd'hui


Je n'aime pas :

- sentir le poids de ma cinquantaine...
- entendre grincer le polysthyrène
- partir en voyage organisé
- rester à table toute la journée
- regarder les pubs au cinéma
- subir la télé, la radio, le bla-bla...
- côtoyer des gens sans humour
- oublier la saveur des jours

La Licorne



dimanche 15 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 3




J’aime ces petits riens qui font tout,
Les amours fous à la lisière du chagrin
Les pages noircies pour ne pas y sombrer
Le premier rendez-vous raté
Et toutes les belles années qui ont suivi
Le chocolat très noir
Et la glace caramel en même temps que le café brûlant
Les baisers volés derrière une porte cochère
Dessiner sur la buée des fenêtres
Les livres avalés en une nuit
Et le sauté de veau aux carottes.


Je n’aime pas ceux qui ont réponse à tout
Et adorent t’expliquer pendant des heures le pourquoi du comment
Je n’aime pas qu’on m’oblige à dîner avec des fâcheux qui m’insupportent
Je n’aime pas les routes pleines de tournants
Je n’aime pas du tout faire le ménage
La maison est bien trop grande pour l’envisager
J’ai horreur des bulots
Et du démarchage téléphonique.
En fait, je suis assez soupe au lait !

.
.



vendredi 13 novembre 2015

L'inventaire de Perec

Juste pour vous inspirer : 


J'AIME :
les parcs, les jardins, le papier quadrillé, les stylos, 
les pâtes fraîches, Chardin, le jazz, les trains, 
être en avance, le basilic, marcher dans Paris, 
l'Angleterre, l'Ecosse, les lacs, les îles, les chats,
 la salade de tomate épépinée et pelée, les puzzles, 
le cinéma américain, Klee, Verne, les machines à écrire, 
la forme octogonale, l'eau de Vichy, la vodka, les orages, 
l'angélique, les buvards, The Guinness Book of Records, 
Steinberg, Antonello de Messine, les Baedeker, 
la Bibliothèque Elzévirienne, Info the dusk- charged air, 
les coccinelles, le général Éblé, les mots-croisés de Robert Scipion, 
Verdi, Malher, les noms de lieu, les toits d'ardoises, 
La Chute d'Icare, les nuages, le chocolat, 
les énumérations, le bar du Pont-Royal, Le Sentiment géographique,
les vieux dictionnaires, la calligraphie, les cartes et les plans, 
Cyd Charisse, les pierres, Tex Avery, Chuck Jones, 
les paysages plein d'eau, Biber, Bobby Lapointe, 
Le Sentiment des choses (Mono no aware), le munster sans cumin, 
avoir beaucoup de temps, 
faire des choses différentes en même temps ou presque, 
Laurel et Hardy, les entresols, la dérive dans une ville étrangère, 
les passages couverts, le fromage, Venise, Jean Grémillon, 
Jacques Demy, le beurre salé, les arbres, le Musée archéologique de Sousse, 
la Tour Eiffel, les boîtes, Lolita, les fraises, les pêches de vigne, 
Michel Leiris, les fous rires, les atlas, « faire Philippine »,
Adieu Philippine, Bouvard et Pécuchet, les Marx Brothers, 
les fins de fêtes, le café, les noix, Dr. No, 
les portraits, les paradoxes, dormir,écrire, 
Robert Houdin, vérifier que tous les nombres 
dont la somme des chiffres est égale à neuf sont divisibles par neuf, 
la plupart des symphonies de Haydn, Sei Shonagon, les melons et les pastèques...

JE N'AIME PAS 
les légumes, les montres-bracelets, Bergman, Karajan, 
le nylon, le « kitsch », Slavik, les lunettes de soleil, 
le sport, les stations de ski, les voitures, la pipe, la moustache,
 les Champs-Elysées, la radio, les journaux, le music-hall, 
le cirque, Jean-Pierre Melville, l'expression « à gogo »,
 les fripes, Charlie Hebdo, Charlie Chaplin, 
les Chrétiens, les Humanistes, les Penseurs, 
les « Nouveaux (cuisiniers, philosophes, romantiques, etc.) », 
les hommes politiques, les chefs de service, les sous-chefs de service, 
les pastiches de Burnier et Rambaud, le merlan, les coiffeurs, 
la publicité, la bière en bouteille, le thé, Chabrol, 
Godard, la confiture, le miel, les motocyclettes, Mandiargues, 
le téléphone, Fischer-Dieskau, la Coupole, les cuisses de grenouille, 
les t-shirts, les coquilles Saint- Jacques servies dans des coquilles Saint-Jacques, 
la couleur bleue, Chagall, Mirô, Bradbury, le centre Georges Pompidou,
 James Hadley Chase, Durrell, Koestler, Graham Greene, 
Moravia, Chirac, Chéreau, Béjart, Soljenitsine, Saint-Laurent, 
Cardin et son espace, Halimi, les films un peu trop suisses, 
Cavanna, les manteaux, les chapeaux, les porte-feuilles, les cravates, 
Carmina Burana, Gault-Millau, les initiés, les astrologues, le whisky, 
les jus de fruits, les pommes, les objets « griffés », 
les perles de culture, les briquets, Léo Ferré, Claire Brétécher, 
le Champagne, les biscottes, le Perrier, le gin, Albert Camus, 
les médicaments, les crooners, Michel Cournot, Jean-Edern Hallier, 
les blue-jeans, les pizzas, Saint-Germain-des-Près, le couscous sauf exception,
 les bonbons acidulés, le chewing-gum,
 les gens qui cultivent le style « copain » (Salut ! Comment tu vas ?), 
les rasoirs électriques, les pointes Bic, Marin Karmitz, les banquets,
 l'abus des italiques, Bruckner, le disco, la haute-fidélité...
.
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mercredi 11 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 2



J’aime les crépuscules quand le soleil est comme
Une glace à la fraise, lovée sur l’horizon.
J’aime croquer avec bonheur dans une pomme
Acide ou bien sucrée, n’importe, c’est très bon
 J’aime, les soirs d’été, sentir le chèvrefeuille
Et refaire le monde avec mes chers copains
J’aime le café noir, l’amour et les tilleuls
Caresser une peau douce comme un satin
J’aime lire, vibrer, embrasser, et chanter
C’est tous ces jolis mots que ma vie fait rimer

Je n’aime pas le froid, le noir, l’humidité
Et puis l’indifférence, et la mesquinerie,
Je n’aime pas la guerre, et non plus la violence
Je n’aime pas les larmes dans le cœur d’un ami
Je n’aime pas tout ce qui pique, et ce qui mord
Je n’aime pas  l’odeur blafarde de la mort
On ne devrait pas voir de rimes à ce refrain
Car le mal qui nous blesse et tue ne rime à rien.
.
.


jeudi 5 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 1


image choisie par Claire 


J'aime les couleurs de l'arc-en-ciel
Surtout le rouge
Diable...dois-je m'enfer?
_______

Vingt ans de complicité
J'aime pas le vide laissé par mon chat
Ça me chat-vire
 ________

J'aime le caniche qui promène sa Fernande 
La vieille dame en redemande
Ça lui fait une belle jambe
 _________

Omer le pompier n'aime pas la rosée
S'est levé du mauvais pied
A perdu le feu sacré
 _________

Personne n'aime le chien d'Albert
Des autres, renifle le derrière
On lui fera mordre la poussière 
_________

Monsieur et Madame Tout-le-monde
S'aiment comme personne
Ni vu ni connu
_________

Au cinéma, j'adore la tragédie...j'ai dit!
Mais pas le placier Henri qui en rit Pardi
La vie est une comédie.... comme on dit!
_________ 

Se lamente l'amante Armande 
Elle aime sans compter, la gourmande
Les calories de son clafoutis
__________________

Certains l'aiment,d'autres pas,cet énervé d'Hervé
Chanteur de charme de métier
Maître-chanteur...c'est aussi son hobby!



dimanche 1 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire

Pour le mois de novembre, 
je vous propose
un petit inventaire
façon "Amélie Poulain" :


Souvenez-vous (si vous avez vu le film)
de la façon dont sont présentés les personnages :

Amélie aime :
- Plonger la main au plus profond d'un sac de grains...
- Briser la croûte des crèmes brûlées avec la pointe de la petite cuiller...
- Faire des ricochets sur le canal Saint-Martin
...
.
Madame Poulain n'aime pas :
- Avoir les doigts plissés par l'eau chaude du bain
- Etre par quelqu'un qu'elle n'aime pas effleurée de la main
- Avoir les plis des draps imprimés sur la jour le matin
...
.
Sympa, non ?
.

Alors, à vous, maintenant, de dresser la liste
de ce que vous aimez, de ce que vous n'aimez pas...
(ou alors ce que quelqu'un d'autre aime ou n'aime pas...)

Cet inventaire peut être sincère, poétique,
"horrifique"... ou décalé...
à votre choix ! ;-)
.

Je vous demanderai trois à dix "lignes"
dans chaque catégorie...
et, si possible, quelques rimes
(voir ci-dessus)
.
Envoi comme d'hab à
undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 novembre 2015
.
Au plaisir de vous lire !

La Licorne
.




mardi 27 octobre 2015

Allitérations en chansons...












Et...petit clin d'oeil à Françoize :

Zazie 
A sa visite au zoo 
Zazie suçant son zan 
S'amusait d'un vers luisant 
D'Isidore Isou 
Quand zut ! Un vent blizzard 
Fusant de son falzar 
Voici zigzaguant dans les airs 
Zazie et son blazer

L'oiseau 
Des îles est pris au zoom 
Par un paparazzi 
Zigouilleur visionnaire
De scherzi de Mozart 
Drôle de zigoto 
Zieuteur du genre blasé 
Mateur de photos osées

Zazie 
Sur les vents alizés 
S'éclate dans l'azur 
Aussi légère que bulle d'Alka Seltzer
Elle visionne le zoo 
Survolant chimpanzés 
Gazelles lézards zébus
buses et grizzlis d'Asie 

L'oiseau 
Des îles est pris au zoom 
Par l'autre zèbre, bonne zigue 
Zazie le fusillant d'un bisou 
Lui fait voir son bazar 
Son zip et son Zippo 
Fendu de A jusqu'à Zo

Gainsbourg
.




vendredi 23 octobre 2015

Merci !



Ayant lu à loisir
vos allitérations ...folles, élégantes ou légères...
laissez-moi louer le labeur littéraire,
l'éloquence et l'habileté à aligner les lettres...
de tous les élèves !
L'ensemble ne manquait pas d'allure...
et je ne me lasse pas de vous lire !

Allez, il est l'heure de vous libérer...
Laissez-là l'alphabet...
et allez hululer sous la lune...
ou ...là où il vous plaira !
(lol)
 .
La Licorne
.


lundi 19 octobre 2015

JEU 10 : Texte 11



Zut... z'ai un zeveu
zur le bout de la langue.
Ze voudrais le zupprimer
Mais ze ne zais pas comment 
Z'est pozzible.
(Z’ai dro bu ze grois)
Dois ze continuer zet exerzize ?
Ne va t il pas vous zénerver ?
Ze ne zais plus où z’en zuis…
Au zecours...
Z'ai bezoin des zautres...
Ziiiiiii Zuuuuu ZooooZou... il est parti 
Ouf, enfin dégrisée 
je peux partir pour Zanzibar.
.

dimanche 18 octobre 2015

JEU 10 : Texte 10

Vidéo

J'étais enfant.. j'étais faible.
Tout m'effrayait.
Confus et furieux, je me réfugiais dans la forêt.

Jusqu'au jour où un farfadet filiforme
me fit, farceur, cette confidence :
"Fiston, arrête de frémir au moindre souffle...
ne t'enfuis pas...
Affronte tes frayeurs et fais-en ta force !
Fonce !"

Parole forte et efficace.

J'ai finalement appris, au fil des années,
à ne plus m'effacer,
à relever les défis les plus fous...
J'ai conjuré mes frayeurs
et j'en suis fier !
 
La vie est fantastique !
 
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La Licorne
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JEU 10 : Texte 9



Carl est craquant et Chris est coquette.
Et toi, qu'est-ce que tu crois ?
Que Chris est en cloque... 
et que Carl est cocu ?
Oui, tous les cocos du quartier
cancanent autour d'un coca...
et alors ?
Quelques coquins
qui traquent le cancan 
en claquant du fric
c'est comique...
Tu crois tout ce que colportent
ce coq et sa clique ?
La Licorne
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samedi 17 octobre 2015

JEU 10 : Texte 8



Mon amant Armand ment. Il ment à maman. 
Je la nomme maman mais elle n’est que ma belle-mère, Amanda. 
Mon amant ment à Amanda, et même méchamment. 
Il lui dit qu’il l’aime mais il lui ment car il n’aime que moi. 
A moins qu’il ne me mente à moi en disant à maman 
qu’en fait il ne m’aime pas. 
J’ai maté Amanda monter dans sa mini avec Armand. 
J’ai maté Amanda et Armand minauder 
et manger des merlans au merlot 
en emmêlant leurs mains maléfiques. 
J’ai mal assimilé cet infâme mensonge 
et j’ai mangé Armand. 
Amanda en est morte et moi, 
au monastère on me nomme maintenant
l’amante religieuse.
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vendredi 16 octobre 2015

JEU 10 : Texte 7



Petra prétendait posséder un puissant pouvoir psychique :
Depuis ses premiers penchants pataphysiques
Prémices d’exploits potentiels plus probants,
Elle avait picoré poussière et parfums capiteux
En épluchant par le menu
D’improbables et précieux opuscules
Pétris de prose pernicieuse,
À plat ventre sur le tapis persan
De son professeur de piano
Qui le pauvre,
N’avait aucune prise sur cette perverse panthère !
Quasi pétrifiée en pamoison, Elle plongeait alors en apnée.... 
Perdue au plus profond du pourpre précipice de la pensée,
Planant en apesanteur et pérorant sans pudeur aucune sur la preuve par l’œuf
Dans une pénombre pleine de passion,
Elle y prenait un coupable plaisir de plumitive péremptoire,
Poussant des piaillements de poule pondeuse et proférant telle une pythie...
Epouvantable et pénible tapage, 
Performance plutôt pathétique !
Mais, patience, la punition approche pour cette péronnelle :
A l’heure pile 
L’imposante pendule planquée en tapinois va frapper :
 L’uppercut de midi pétant percute au poil !
Pif ! Paf ! Patatras !
Pas de pitié pour Petra !
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jeudi 15 octobre 2015

JEU 10 : Texte 6





Pan !
En plus du coup de pistolet
Il lui a planté son poignard pointu
En plein dans la poitrine !
Pas la peine de supputer :
Le trépas assuré 
Palpitant pétrifié subito.
Passion polar.....
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mercredi 14 octobre 2015

JEU 10 : Texte 5



Prendre la poudre d’escampette !
Passer la porte
Pourquoi patienter ?
Le pré en pente
Le pinson perché...
Paupières qui papillotent
Tout me parle de promenade,
Me pousse à la paresse.
Pomme poire prune,
J’aime la Pluie brune
Prune pomme poire
Mon cœur en passoire
Poire prune pomme
Pouvoir partir
Un point
C’est
Pou !
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