vendredi 27 novembre 2015

Certains mots



Certains mots sont probablement aptes à changer le monde,
ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes.
 Certains mots sont des balles de fusil,
 d'autres des notes de violon.
 Certains sont capables de faire fondre la glace
 qui nous enserre le cœur
 et il est même possible de les dépêcher
 comme des cohortes de sauveteurs
 quand les jours sont contraires.
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J.K. Stefansson
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mardi 24 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 5

   
       


 J'AIME            
- quand tombe la nuit, m'écrouler dans mon lit
- ces moments qui précèdent l'endormissement 
 lorsque les yeux piquent, que le corps s'engourdit 
que le livre me tombe des mains...
- imaginer,  encore un peu éveillée, que demain sera beau
- revoir dans mes rêves ma fille souriante, vivante
- sentir la douceur du chat qui ronronne dans mes bras
- le caresser, échanger nos baisers, nos câlins
- quand vient le matin... sentir que je suis vivante
- petit déjeuner au soleil sur un coin de balcon
- voir les enfants aller à l'école, les entendre
 - me dire que malgré l'horreur, la vie continue.
- J'aime mes rides, mes cheveux blancs, mon âge "avancé"
- Me souvenir des moments heureux de ma vie
- le chocolat et les marrons glacés

    JE  N'AIME PAS
- m'extirper du lit, mon refuge favori
- être réveillée par le téléphone, le bruit des voisins
- avoir des obligations, devoir obéir
- quand je rêve de ma fille ce ne soit qu'un rêve
- la violence et la guerre,  
- l'intolérance quel que soit le domaine
- chercher ce que je n'aime pas
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dimanche 22 novembre 2015

Je n'aime pas la guerre




Je n'aime pas la guerre.
Je n'aime aucune sorte de guerre.
Ce n'est pas par sentimentalité.
Je suis resté quarante-deux jours
devant le fort de Vaux et il est difficile
de m'intéresser à un cadavre désormais.

Je ne sais pas si c'est une qualité ou un défaut :
c'est un fait.
Je déteste la guerre.
Je refuse la guerre pour la simple raison
que la guerre est inutile.
Oui, ce simple petit mot.
Je n'ai pas d'imagination.
Pas horrible ; non, inutile, simplement.
Ce qui me frappe dans la guerre
ce n'est pas son horreur : c'est son inutilité.
Vous me direz que cette inutilité précisément est horrible.
Oui, mais par surcroît.

Il est impossible d'expliquer
l'horreur de quarante-deux jours d'attaque devant Verdun
à des hommes qui, nés après la bataille, sont maintenant
dans la faiblesse et dans la force de la jeunesse...

Vous ne pouvez pas leur prouver l'horreur.
Vous n'avez plus rien à votre disposition que votre parole :
vos amis qui ont été tués à côté de vous
n'étaient pas les amis de ceux à qui vous parlez ;
la monstrueuse magie qui transformait
ces affections vivantes en pourriture,
ils ne peuvent pas la connaître ;
le massacre des corps et la laideur des mutilations
se sont dispersés depuis vingt ans
et se sont perdus silencieusement
au fond de vingt années d'accouchements journaliers
d'enfants frais, neufs, entiers, et parfaitement beaux.

À la fin des guerres il y a un mutilé de la face,
un manchot, un boiteux, un gazé... pour dix hommes ;
vingt ans après il n'y en a plus qu'un pour deux cents hommes ;
on ne les voit plus ; ils ne sont plus des preuves.
L'horreur s'efface.

Et j'ajoute que malgré toute cette horreur,
si la guerre était utile
il serait juste de l'accepter.
Mais la guerre est inutile
et son inutilité est évidente.
L'inutilité de toutes les guerres est évidente.

Qu'elles soient défensives, offensives, civiles,
pour la paix, le droit, pour la liberté,
toutes les guerres sont inutiles.
La succession des guerres dans l'histoire
prouve bien qu'elles n'ont jamais conclu
puisqu'il a fallu recommencer les guerres.

La guerre de 1914 a d'abord été pour nous, Français,
une guerre défensive.
Nous sommes-nous défendus ? Non !
Nous sommes au même point qu'avant.
Elle devait être ensuite la guerre du droit.
A-t-elle créé le droit ?
Non, nous avons vécu depuis,
des temps pareillement injustes.

Elle devait être la dernière des guerres ;
elle était la guerre à tuer la guerre.
L'a-t-elle fait ? Non...
elle n'a tué que des hommes inutilement.
La guerre d'Espagne n'est pas encore finie
qu'on aperçoit déjà son évidente inutilité.

Je consens à faire n'importe quel travail utile,
même au péril de ma vie.
Je refuse tout ce qui est inutile
et en premier lieu la guerre
car son inutilité est aussi claire que le soleil.
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Jean Giono
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samedi 21 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 4

 
J'avais écrit ce texte le 12 novembre,
juste avant les attentats...
Inutile de vous dire que le 13,
il m'a paru bien dérisoire...
Mais, finalement, je le publie quand même...
parce que les petites choses de la vie
ont leur importance...
et qu'elles nous font du bien...



J'aime :

- lire un livre sous un arbre vert
- marcher des heures dans un endroit désert
- écrire des poèmes que personne ne lira...
- rêver en caressant mon chat
- entendre les cloches dans le lointain
- manger les deux croûtons du pain
- écouter les étoiles dans le silence de la nuit
- ne pas savoir ce que je ferai aujourd'hui


Je n'aime pas :

- sentir le poids de ma cinquantaine...
- entendre grincer le polysthyrène
- partir en voyage organisé
- rester à table toute la journée
- regarder les pubs au cinéma
- subir la télé, la radio, le bla-bla...
- côtoyer des gens sans humour
- oublier la saveur des jours

La Licorne



dimanche 15 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 3




J’aime ces petits riens qui font tout,
Les amours fous à la lisière du chagrin
Les pages noircies pour ne pas y sombrer
Le premier rendez-vous raté
Et toutes les belles années qui ont suivi
Le chocolat très noir
Et la glace caramel en même temps que le café brûlant
Les baisers volés derrière une porte cochère
Dessiner sur la buée des fenêtres
Les livres avalés en une nuit
Et le sauté de veau aux carottes.


Je n’aime pas ceux qui ont réponse à tout
Et adorent t’expliquer pendant des heures le pourquoi du comment
Je n’aime pas qu’on m’oblige à dîner avec des fâcheux qui m’insupportent
Je n’aime pas les routes pleines de tournants
Je n’aime pas du tout faire le ménage
La maison est bien trop grande pour l’envisager
J’ai horreur des bulots
Et du démarchage téléphonique.
En fait, je suis assez soupe au lait !

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vendredi 13 novembre 2015

L'inventaire de Perec

Juste pour vous inspirer : 


J'AIME :
les parcs, les jardins, le papier quadrillé, les stylos, 
les pâtes fraîches, Chardin, le jazz, les trains, 
être en avance, le basilic, marcher dans Paris, 
l'Angleterre, l'Ecosse, les lacs, les îles, les chats,
 la salade de tomate épépinée et pelée, les puzzles, 
le cinéma américain, Klee, Verne, les machines à écrire, 
la forme octogonale, l'eau de Vichy, la vodka, les orages, 
l'angélique, les buvards, The Guinness Book of Records, 
Steinberg, Antonello de Messine, les Baedeker, 
la Bibliothèque Elzévirienne, Info the dusk- charged air, 
les coccinelles, le général Éblé, les mots-croisés de Robert Scipion, 
Verdi, Malher, les noms de lieu, les toits d'ardoises, 
La Chute d'Icare, les nuages, le chocolat, 
les énumérations, le bar du Pont-Royal, Le Sentiment géographique,
les vieux dictionnaires, la calligraphie, les cartes et les plans, 
Cyd Charisse, les pierres, Tex Avery, Chuck Jones, 
les paysages plein d'eau, Biber, Bobby Lapointe, 
Le Sentiment des choses (Mono no aware), le munster sans cumin, 
avoir beaucoup de temps, 
faire des choses différentes en même temps ou presque, 
Laurel et Hardy, les entresols, la dérive dans une ville étrangère, 
les passages couverts, le fromage, Venise, Jean Grémillon, 
Jacques Demy, le beurre salé, les arbres, le Musée archéologique de Sousse, 
la Tour Eiffel, les boîtes, Lolita, les fraises, les pêches de vigne, 
Michel Leiris, les fous rires, les atlas, « faire Philippine »,
Adieu Philippine, Bouvard et Pécuchet, les Marx Brothers, 
les fins de fêtes, le café, les noix, Dr. No, 
les portraits, les paradoxes, dormir,écrire, 
Robert Houdin, vérifier que tous les nombres 
dont la somme des chiffres est égale à neuf sont divisibles par neuf, 
la plupart des symphonies de Haydn, Sei Shonagon, les melons et les pastèques...

JE N'AIME PAS 
les légumes, les montres-bracelets, Bergman, Karajan, 
le nylon, le « kitsch », Slavik, les lunettes de soleil, 
le sport, les stations de ski, les voitures, la pipe, la moustache,
 les Champs-Elysées, la radio, les journaux, le music-hall, 
le cirque, Jean-Pierre Melville, l'expression « à gogo »,
 les fripes, Charlie Hebdo, Charlie Chaplin, 
les Chrétiens, les Humanistes, les Penseurs, 
les « Nouveaux (cuisiniers, philosophes, romantiques, etc.) », 
les hommes politiques, les chefs de service, les sous-chefs de service, 
les pastiches de Burnier et Rambaud, le merlan, les coiffeurs, 
la publicité, la bière en bouteille, le thé, Chabrol, 
Godard, la confiture, le miel, les motocyclettes, Mandiargues, 
le téléphone, Fischer-Dieskau, la Coupole, les cuisses de grenouille, 
les t-shirts, les coquilles Saint- Jacques servies dans des coquilles Saint-Jacques, 
la couleur bleue, Chagall, Mirô, Bradbury, le centre Georges Pompidou,
 James Hadley Chase, Durrell, Koestler, Graham Greene, 
Moravia, Chirac, Chéreau, Béjart, Soljenitsine, Saint-Laurent, 
Cardin et son espace, Halimi, les films un peu trop suisses, 
Cavanna, les manteaux, les chapeaux, les porte-feuilles, les cravates, 
Carmina Burana, Gault-Millau, les initiés, les astrologues, le whisky, 
les jus de fruits, les pommes, les objets « griffés », 
les perles de culture, les briquets, Léo Ferré, Claire Brétécher, 
le Champagne, les biscottes, le Perrier, le gin, Albert Camus, 
les médicaments, les crooners, Michel Cournot, Jean-Edern Hallier, 
les blue-jeans, les pizzas, Saint-Germain-des-Près, le couscous sauf exception,
 les bonbons acidulés, le chewing-gum,
 les gens qui cultivent le style « copain » (Salut ! Comment tu vas ?), 
les rasoirs électriques, les pointes Bic, Marin Karmitz, les banquets,
 l'abus des italiques, Bruckner, le disco, la haute-fidélité...
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mercredi 11 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 2



J’aime les crépuscules quand le soleil est comme
Une glace à la fraise, lovée sur l’horizon.
J’aime croquer avec bonheur dans une pomme
Acide ou bien sucrée, n’importe, c’est très bon
 J’aime, les soirs d’été, sentir le chèvrefeuille
Et refaire le monde avec mes chers copains
J’aime le café noir, l’amour et les tilleuls
Caresser une peau douce comme un satin
J’aime lire, vibrer, embrasser, et chanter
C’est tous ces jolis mots que ma vie fait rimer

Je n’aime pas le froid, le noir, l’humidité
Et puis l’indifférence, et la mesquinerie,
Je n’aime pas la guerre, et non plus la violence
Je n’aime pas les larmes dans le cœur d’un ami
Je n’aime pas tout ce qui pique, et ce qui mord
Je n’aime pas  l’odeur blafarde de la mort
On ne devrait pas voir de rimes à ce refrain
Car le mal qui nous blesse et tue ne rime à rien.
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jeudi 5 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire 1


image choisie par Claire 


J'aime les couleurs de l'arc-en-ciel
Surtout le rouge
Diable...dois-je m'enfer?
_______

Vingt ans de complicité
J'aime pas le vide laissé par mon chat
Ça me chat-vire
 ________

J'aime le caniche qui promène sa Fernande 
La vieille dame en redemande
Ça lui fait une belle jambe
 _________

Omer le pompier n'aime pas la rosée
S'est levé du mauvais pied
A perdu le feu sacré
 _________

Personne n'aime le chien d'Albert
Des autres, renifle le derrière
On lui fera mordre la poussière 
_________

Monsieur et Madame Tout-le-monde
S'aiment comme personne
Ni vu ni connu
_________

Au cinéma, j'adore la tragédie...j'ai dit!
Mais pas le placier Henri qui en rit Pardi
La vie est une comédie.... comme on dit!
_________ 

Se lamente l'amante Armande 
Elle aime sans compter, la gourmande
Les calories de son clafoutis
__________________

Certains l'aiment,d'autres pas,cet énervé d'Hervé
Chanteur de charme de métier
Maître-chanteur...c'est aussi son hobby!



dimanche 1 novembre 2015

JEU 11 : Inventaire

Pour le mois de novembre, 
je vous propose
un petit inventaire
façon "Amélie Poulain" :


Souvenez-vous (si vous avez vu le film)
de la façon dont sont présentés les personnages :

Amélie aime :
- Plonger la main au plus profond d'un sac de grains...
- Briser la croûte des crèmes brûlées avec la pointe de la petite cuiller...
- Faire des ricochets sur le canal Saint-Martin
...
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Madame Poulain n'aime pas :
- Avoir les doigts plissés par l'eau chaude du bain
- Etre par quelqu'un qu'elle n'aime pas effleurée de la main
- Avoir les plis des draps imprimés sur la jour le matin
...
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Sympa, non ?
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Alors, à vous, maintenant, de dresser la liste
de ce que vous aimez, de ce que vous n'aimez pas...
(ou alors ce que quelqu'un d'autre aime ou n'aime pas...)

Cet inventaire peut être sincère, poétique,
"horrifique"... ou décalé...
à votre choix ! ;-)
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Je vous demanderai trois à dix "lignes"
dans chaque catégorie...
et, si possible, quelques rimes
(voir ci-dessus)
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Envoi comme d'hab à
undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 novembre 2015
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Au plaisir de vous lire !

La Licorne
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