samedi 7 mai 2016

Là-haut

 
Pour les "Plumes 52" d'Asphodèle

 
13 mots à placer :
Bleu, cauchemar, vertige, avion, tremblement, sursauter, vulnérable, coller, ventre, eau, téméraire, inspirer,  bouleverser.
 
Et trois titres de livre :
L’adieu aux lisières
L’étoile d’argent
La femme en vert
 
 
 Les gens, les voitures, en contrebas...minuscules.
Jamais elle n'était montée si haut.
Comment ne pas succomber au vertige ?
Prise de tremblements incontrôlables,
elle colla son ventre contre lui,
 elle serra sa main un peu plus fort.
 
Heureusement qu'il était là.
Elle, si frêle...si effrayée...
lui, si grand, si téméraire...
il était sa force, son asile, sa protection...
près de lui, elle ne se sentait plus
cette petite femme en vert, vulnérable et fragile...
Elle était invincible.

Elle se souvenait de leur toute première rencontre,
de la peur irraisonnée qu'il lui avait inspirée...
Elle avait d'abord sursauté, prise d'une folle envie de s'enfuir...
Elle l'avait longtemps pris pour une brute insensible, c'est vrai...
Il avait fallu tellement de temps pour qu'ils s'apprivoisent l'un l'autre.
 
 Ce n'est que peu à peu qu'elle avait découvert
 son grand cœur, sa tendresse...
révélée par l'eau qui perlait parfois dans ses yeux,
quand il la regardait.
Il avait pour elle des gestes délicats...
qu'il n'avait pour personne.
Cela la bouleversait.
Il ne la lâcherait pas, elle le savait.

Dans le ciel bleu marine, une étoile d'argent s'alluma.
 Bientôt, il ferait nuit.
 
Il la tenait fort et ils montaient, montaient encore.
Le sommet n'était pas loin. Un avion passa, tout près.
Puis un deuxième. Un troisième. 
 Mon Dieu ! Quand ce cauchemar allait-il finir ?
Quand le laisseraient-il tranquille ?
 Ne voyaient-ils pas qu'il faisait cela pour elle, juste pour elle ?
Pourquoi cet acharnement à son encontre ?
 
 Une rafale. Une autre...Mon Dieu ! Non...non !
 Il ouvrit la main, la porta à son cœur...
Elle eut à peine le temps de se mettre hors de danger,
avant de le voir tomber dans le vide.
Interminablement.

Elle murmura « Adieu...Adieu... »
Un adieu sincère
mais un adieu aux lisières de la normalité...
elle savait que personne ne comprendrait son chagrin.

Au pied du gratte-ciel, des dizaines de sirènes se mirent à hurler.
 Toutes les voitures de police de New-York
se dirigeaient vers le cadavre du grand singe.


25 commentaires:

  1. Pauvre Dwan, qui vient de perdre son monstre adoré !

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  2. Lui si fort si téméraire...
    qui faisait confiance aux hommes

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    1. La preuve que les animaux sont moins cruels que nous, c'est qu'ils n'imaginent pas qu'on puisse l'être autant ! :-)

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  3. Bien vu ! j'ai commencé à avoir des doutes au moment des avions : ça me rappelait une image du film...
    Jolie déclinaison en tous cas, bravo ^^
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Un gratte-ciel, des avions...ça fait toujours peur !

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    2. Oui, surtout leur rencontre !
      ^^

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  4. oh dis donc :-) tu nous a eus jusqu'au bout, bravo!
    (ah la belle et la bête, le conte éternel!)

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    1. La Belle et la Bête...oui, exactement.
      J'avais trouvé une vidéo qui reprenait habilement les différentes versions de la dernière scène du film...le lien marchait encore hier...mais aujourd'hui, plus d'accès !
      C'est bien ma veine !
      Je vous la remplace par une autre, plus "guimauve"...mais dans le thème...

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  5. Je ne m'attendais pas du tout à cette chute, bravo ! Ça commençait trop bien pour durer me suis-je dit ! Pauvre bête... :)

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    1. Y'a des chutes qui sont...des vraies chutes ! ;-)

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  6. Quelle triste fin pour une créature aussi noble ! J'aurais juré que c'était King Kong au coeur d'or.
    Très beau texte, La Licorne.

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    1. Le film de 1933 met en scène un gorille "monstrueux", mais les versions suivantes, celles de 1976, notamment, le montrent beaucoup plus...sensible !
      C'est à celle-là que je pensais...

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  7. Alors là, j'applaudis ! Je ne l'ai pas vu arriver le King Kong !

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    1. C'est vrai qu'il passe pratiquement inaperçu... ;-)

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  8. J'ai été saisie par le dernier mot ;-) je n'avais rien vu venir du tout !
    Très belle idée de texte ;-)

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    1. Bon...si quelques-un(e)s s'y laissent prendre, c'est réussi alors...

      En écrivant, j'ai essayé de faire en sorte de cacher l'identité du "il" jusqu'au milieu du texte ...puis de mettre la puce à l'oreille (à partir des avions) et de ne révéler le vrai sujet qu'à la toute fin...

      Mais ce n'est qu'à la lecture (par d'autres) que l'on peut savoir si ça marche...ou pas.

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  9. Bravo ! J'ai pris plaisir à lire et relire ce très beau texte, pour en savourer la chute (de l'histoire, celle du grand King Kong m'attristera toujours). Et quelle douceur dans ta plume ...

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    1. Ah...merci !
      De ta part, ça me fait bien plaisir...ces compliments !

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  10. Je dirais bien que j'ai vu arriver la chute, mais non :)
    un seul regret, ça va être difficile d'écrire une suite !

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    1. Pas grave.
      Je ne fais pas de feuilleton à épisodes...comme toi .
      Trop paresseuse ! ;-)

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  11. allons bon ! Je m'attendais à tout sauf à la chute... de ce texte ! Quoi, King "the" Kong :D himself ? Je vois que notre Dodo avait compris, pas moi, que je suis bête ! :D

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    1. Ou Belle...ou Bête ! :-)))
      Je ^plaisante...je vois que tu as besoin de réviser un peu tes classiques, mariejo, alors si tu veux, clique sur Vidéo à la fin du texte...:-)

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  12. Ah dis donc! Jusqu'à la fin je me suis demandée où tu nous emmenais!!
    Bravo

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    1. C'était là mon but...
      Tu m'en vois donc ravie ! :-)

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