dimanche 9 avril 2017

JEU 25 : Bateau ou papillon ?


"Le bateau" - Matisse (vers New-York ici)



Je voguai toutes ailes dehors, frêle esquisse
Caboter très peu pour moi, je suis cabochard
Direction la haute mer à travers le brouillard
Mon reflet de Klein Schmetterling(*), bleu Matisse

Les poissons me frôlaient coursant le  firmament
L'arc en ciel chantonnait avec les étoiles chromatiques
Bleu couleur chaude, j'évitai le glacial Arctique
Direction New York la belle et son fourmillement

La Liberté me rendit minuscule sous son fier regard
Haute dame en dentelle me saluant, vieux briscard
Moi penché sous le vent, elle droite comme la justice

Je fus tout tourneboulé de ces flots fantastiques
Tremblant tête à l'envers et drisses élastiques
Que la belle et son vert de gris ne me file la jaunisse


.
(*) Papillon bleu en allemand



vendredi 7 avril 2017

De l'irrespectitude...


Deuxième texte proposé
Pour l'Agenda ironique d'avril
chez Martine

 + placer dix mots (même hurluberlus)
avec un suffixe en -itude
.
 
Inspirée par la proposition d'écriture de Martine (voir ci-dessus),
je vous propose un texte directement tiré de l'actualité de cette semaine...:-)
Ils sont onze...mais ils ne jouent pas ensemble (enfin, pas tous...)
Vous voyez sûrement à quelle équipe je fais allusion...
 
Et pour commencer, une petite citation :

"C'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort
qu'ils ont raison..." 
.
.


Ils sont partis à onze...mais par le jeu des reports,
on sait déjà, de babord à tribord
qu'il n'y en aura qu'UN en arrivant au port...

Il y a le club des cinq, qui joue les matamores
et puis six moussaillons aux tout tout petits scores...
qu'on accepte sans doute... pour le décor... :-)
Chez les riches et consorts, 
On les trouvait, jusque-là... plutôt incolores...
et on les aurait laissés dans la soute sans remords !
Mais voilà qu'ils disent qu'ils ne sont pas d'accord...
qu'ils prennent le débat à bras-le-corps
Et jouent les picadors !!!




Sur le radeau de la Méduse en pleine décrépitude
Dans cet océan de lassitude
Ils grimpent sur la vigie, prennent de l'altitude ...
De l'hypocrisie ambiante ils montrent l'amplitude...
Et de nos commandants les folles turpitudes...
Des autres petits mousses ils évoquent l'inquiétude
Et la fatigue immense d'une vie de servitude...
Délaissant un instant toutes les habitudes,
Délaissant les cravates et les propos trop prudes,
Ils répondent aux pirates avec aplomb et promptitude
Et ramènent le sel d'un peu d'irrespectitude...

Est-ce d'une mutinerie les tout premiers préludes ?
Est-ce le réveil de toute une multitude
Qui s'était assoupie dans la consommitude ?
Faut-il une tempête de forte magnitude
Pour enfin nous sortir de la résignation, de l'hébétude ?
 
Certes, la traversée risque d'être longue et  rude...
Mais gardons tous le cap vers le soleil, le Sud...
Que cet épisode ne soit pas juste un interlude.
Que des possibles nous nous rappelions la vastitude....
 

Et peut-être qu'un jour, nous verrons le rivage
Et la fin bienheureuse d'un  très très long voyage
Vers un pays qui, oubliant la crise,
Retrouvera les couleurs de sa si belle devise...
.
La Licorne
.


mardi 4 avril 2017

JEU 25 : Le poisson et l'oiseau...




C'était un p'tit oiseau piaillard
Qui voletait allègrement
C'était un p'tit poisson bavard
A l'aise dans son élément

Les deux se croisèrent par hasard :
L'oiseau pour gober un moustique,
Se posa sur un nénuphar
Et vit un oeil énigmatique ...

Curieux, se penchant sur la mare,
Il entendit, non sans délice,
Le poisson parler aux canards,
Aux grenouilles et aux écrevisses.

D'un ton tourmenté et hagard
Il disait : "Pourquoi ces critiques ?
Je ne mange plus aucun têtard
Je ne fais pas de politique...

Alors pourquoi, nom d'un pétard,
Me fuyez-vous obstinément ?
Vous qui me tenez à l'écart
Je vous demande éclaircissement !"

Mais les autres sans crier gare
S'enfuirent dans un regard complice
Le laissant là à son cafard,
Rageant devant tant d'injustice...

Ne comprenant pas leur départ,
Lassé de toute cette dramatique...
Il alla quêter le regard
De l'oiseau à l'air sympathique

"Ange ailé, quel est ce cauchemar ?
Aaah... je trouve leur comportement
Vraiment de plus en plus bizarre,
De plus en plus fou et dément

Je veux découvrir sans retard
La raison de ce long supplice
Pourquoi cette mise au placard ?
Qu'ai-je donc fait qui les hérisse ?

C'est simple, lui dit l'oiseau, sans fard,
Ecoute-moi attentivement
Tu fais peur à tous ces fuyards
Ils tremblent tous assurément

Car tu n'es pas poisson standard...
Si tu leur es antipathique,
C'est à cause d'un détail bien rare,
D'un détail caractéristique...

Au printemps, lors d'une bagarre
Tu as perdu un appendice !
Reste là, petit zanzibar,
Je vais te chercher un indice...

Il s'envole au-dessus d' la mare
Il vole, il vole au firmament
Puis il revient, tout égrillard,
Avec un p'tit crochet charmant.

-Mais qu'est-ce que c'est ? Un canular ?
Un hameçon, un élastique ?
Où t'as pêché ce truc ringard ?
C'est quoi ce vieux bidule antique ?

- Ce vieux bidule, mon cher lascar,
C'est une lettre sans malice
Mais quand elle manque à ton costard 
C'est comme un puissant maléfice :

Un "S" en moins, ça met l'bazar
Et c'est partout l'affolement
Car ni grenouilles, ni canards  
Ne veulent mourir d'empoisonnement !
.
La Licorne
.

Morale de cette petite fable : 
Une seule lettre vous manque
...et tout est dépeuplé... :-)
.


lundi 3 avril 2017

Jeu 25 : Une histoire qui ne rime à rien

image proposée par Jacou

Quatre rimes, et puis c'est tout un art,
Sans artifice,
Ni feu de hasard.
Un jeu, et placer le tic,
Sans tac, évidemment,
Au risque d'être en retard.
Avez-vous déjà vu une horloge de gare,
Ses aiguilles qui glissent, qui glissent,
Printanières, à l'heure du changement.
Une horloge, ne craignez qu'elle s’endormisse,
Les lever-tôt, les coucher-tard.
Il lui suffit juste, nuitamment,
Superposer quatre sur trois, c'est tactique.
Pendant ce temps, dans votre plumard,
Le corps au repos, rêvant de délices,
Où donc passent ces minutes, élastiques?
Vous aurez beau, éperdument,
Les chercher, fouiller, fanatique,
Votre présent, votre passé, votre avenir, vainement,
Elles ont disparu, sans laisser traces, ni indices.
Mieux vaut, dans l'océan Atlantique,
Tenter de pêcher un poisson en pain d'épice.
.
.


dimanche 2 avril 2017

Une île, au loin...


Pour l'Agenda ironique d'avril
chez Martine

Thème : "Ëtes-vous prêts à appareiller ?..."
+ Placer dix mots avec un suffixe en -itude


Chers amis, 

Je m'embarque, avec bravitude, 
dans un texte qui déjà, je le sens, prend l'eau...
Mais tant pis, j'y vais, je me lance...
J'ai les pieds mouillés, le front trempé et je rame, je rame... 
Je donne, dans la solitude et l'incertitude, de grands coups de plume 
sur la mer encombrée de la création littéraire, 
et je me dis qu'un jour je l'atteindrai cette île lointaine, 
cette île dorée dont nous rêvons tous, au fond :
l'île de la Plénitude.

Vous savez, cette Plénitude bienheureuse qui vous envahit quand vous avez, 
par la grâce de je ne sais quel courant, miraculeusement terminé un texte, 
et que, le relisant, vous éprouvez une seconde de satisfaction...
une puissante seconde de gratitude pendant laquelle vous vous dites : 
Ah, ce n'est pas si mal ! Est-ce bien moi qui ai écrit cela ?

C'est une île inconnue, une île merveilleuse qui miroite à l'horizon...
au grand large...dans un scintillement trompeur...
un mirage dont vous ne connaissez 
ni la longitude  ni la latitude et qui vous nargue des jours durant...
Pour l'atteindre, il faut prendre son courage à deux mains :
franchir les récifs de l'habitude, 
ne pas s'attarder sur la mer d'huile de la platitude, 
ne pas se laisser dévier par le vent des similitudes...
Pointer l'étoile de la rectitude, tenir fermement la corde de ses aptitudes, 
et louvoyer au milieu de la foultitude de mots qui emportent, 
comme autant de sirènes aguichantes, loin de l'exactitude...

Je l'ai vu, cette île, je sais qu'elle existe...
et même si elle n'apparaît sur aucune carte, 
je sais bien qu'aucune vicissitude ne m'empêchera  de la rejoindre...
Aucune.

Alors, je m'embarque, une fois encore...avec bravitude...
Les pieds mouillés, le front trempé, je rame, je rame...
et je donne, dans la solitude et l'incertitude,
de grands coups de plume...:-)
.
La Licorne
.

P-S : Le Jeu 25 de Filigrane
est lancé, lui aussi...
C'est ICI
.


samedi 1 avril 2017

JEU 25 : Quatre rimes



Revenons,maintenant,
si le coeur vous en dit,
à un classique du blog :
 une création poétique avec 

Ce mois-ci, je suis sympa, je vous en offre 
généreusement quatre :

-art 
-isse 
-tique 
-ment

Aucune autre rime n'est autorisée. 
mais vous pouvez bien sûr utiliser 
des variantes orthographiques
(-ard, -are, -ice, -tic, -man...etc)

Et vous pouvez aussi,
si vous en avez envie,
n'en garder que deux...ou trois.

Le thème est entièrement libre...
avec, néanmoins, deux petites contraintes :
vous devrez évoquer, au moins une fois,
dans votre poème, le printemps...
et puis aussi  placer, (premier avril oblige),
le mot poisson.


Pour vous seconder,
ce petit dictionnaire de rimes
peut vous rendre quelques services..

Envoi comme d'habitude
à undeuxtrois4@orange.fr

Date limite :
 le 21 avril 2017
à minuit
.
Que le ciel vous inspire !

La Licorne
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vendredi 31 mars 2017

Fameuses moustaches



Alangui et pensif, sur le divan
Incarnation parfaite de la bouche de Mae,
Qu'il aspirait tant à biscoter,
Salvador s'acagnardait.
Transporté par ce songe,
Où, céans, il se figurait contre-aimé de la dive,
Il troquerait sa bigotelle pour la bagatelle,
Peu lui chalait sa fameuse moustache,
Sans margouillis, il irait,
Vain détail, point n'était besoin de s'en emboucaner,
Sinon à l'encontre de la postérité,
Et ses adorateurs emberlucoter.
Enchifrené, il usa d'un carré de soie brodé,
Chiffres G et D enlacés.
Sitôt s'impressionnèrent images de ses muses,
Gala et Amanda,
Précieuses et femmes,
Pas du galimafrée,
Il était empressé à les retrouver,
Les célébrer.
Moustaches façonnées, hérissées,
Cornes de taureau,
Guidon de vélocipède,
Nanti de l'autre symbole,
Sa béquille fameuse,
Nul besoin d'argenteur,
Pour en faire la valeur,
Il se leva,
Musardant, génie farceur,
En son musée. 
.
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mercredi 29 mars 2017

Mots désuets (suite)



Avant de passer à autre chose, 
je vous propose de terminer le jeu des mots désuets
par un petit défi supplémentaire...

Je vous l'avais annoncé : pour le jeu 24
les amis, vous avez échappé - de justesse -
 à une série de mots beaucoup plus rares...!!!

Alors, juste pour voir si vous auriez 
quand même été "à la hauteur",
je vous ai concocté une petite phrase "à l"ancienne"...
La voici...
Qui saura la traduire en français moderne ?

A potron-jacquet, outrenavré et tout empli d’une ire irrépressible, 
ne prêtant nulle attention aux avisements de la gent féminine 
qui tentait de l’ensuaver et de l'emboiser , 
il se dirigea d’un bon pas vers la sylve voisine, 
flamberge au côté, résolu à occire derechef le hâbleur 
qui, en pleine cacoigne,
 venait de le traiter de coprolithe et d'orchidoclaste...




Et , enfin, pour terminer, 
saurez-vous découvrir
 la définition des mots oubliés suivants ?

emberlucoter
s'emboucaner
bigotelle
enchifrené
argenteur
s'acagnarder
contre-aimer
galimafrée
margouillis
biscoter
.
La Licorne
.



vendredi 24 mars 2017

Bravo !


Chers amis, les mots me manquent....
alors, laissez-moi vous le dire en images :


Bravo !

Bravo pour votre verve gouleyante...
pour votre imagination foisonnante
et pour vos textes mirifiques ! :-)
Mars fut prolifique...
Ce fut un plaisir de vous lire...

Je vous dis merci ...
et vous donne rendez-vous en avril...
pour de nouvelles aventures !

A bientôt !
.
La Licorne
.


mardi 21 mars 2017

JEU 24 : Elle le fustige...



Dès potron-minet elle le fustige, 
car elle subodore ce éternel chafouin 
d'avoir encore commis de mirifiques galéjades 
qui ne sont des plaisanteries que pour lui.
Elle s'approche subrepticement derrière son dos, 
tandis qu'il pratique ses ablutions devant le miroir. 
Amoureux de son image, il répète et braille d'une voix tonitruante 
ses chansons paillardes et ses habituelles calembredaines.
Alors elle surgit et fustige ce pleutre gougnafier 
de rodomontades féroces face auxquelles 
il ne peut présenter qu'un regard pusillanime.
- Ah, coquin ! Tu ne videras plus à présent ton escarcelle 
dans tous les estaminets, où tu passes le clair de ton temps 
à te goinfrer de gouleyantes ripailles. 
Et ne tente plus, paltoquet, de m'amadouer : 
Non, je ne suis pas une callipyge, ne t'en déplaise ! »
.
.

dimanche 19 mars 2017

Le monde est fou


Pour l'agenda ironique de mars 
chez Monesille
(2ème texte proposé)

Thème : "Les fous, la folie..."
Et ...il fallait placer quatre mots composés


Le monde est fou, fou, fou voyez-vous...
Le monde est fou, fou, fou, voyez-vous ?

Dans la ville, il y a...
Des voitures, des immeubles, du béton,
Des ronds-points, des pancartes, des camions,
Du bruit, de la fumée, des maisons, 
Des vitrines, des passants, de l'agitation...

Mais qui voit, mais qui voit 
Le nuage du soir qui poudroie
Et le petit oiseau sur le toit ?

Dans ma vie, il y a...
Des rendez-vous, des plannings, des affaires...
Des bureaux, des collègues, des confrères,
Des réunions, des trajets, des horaires
Des fatigues, des retards, des colères...

Mais qui comprend, mais qui comprend
Mes rêves, mes désirs, mes élans
Mon coeur qui vers le ciel se tend ?

Dans le monde il y a ...
Des nations, des pays, des frontières
Des dirigeants, des partis, des militaires
Des pauvres et des multi-multi-millionnaires
Tous affamés du billet vert

Mais qui sait, mais qui sait
Que la Terre est en danger...
Qu'elle nous supplie de changer ?

Dans ma télé il y a 
Des stars, des films, des acteurs,
Des pubs, des jeux, des animateurs
Des infos, des débats, des footballeurs
Et puis de la violence à toute heure...

Mais qui dit, mais qui dit
La profondeur de la vie
Et la beauté de l'âme-esprit ?

Dans ma pauvre tête il y a
Des idées, des opinions
Des peurs et des impressions,
Tant d'images et de passions
Tant de mots et de leçons...

Mais que vienne, mais que vienne
La fin de cette vieille antienne
Mais que danse, mais que danse
Enfin le son du silence...
.
La Licorne
.





jeudi 16 mars 2017

JEU 24 : En tous biens, tous honneurs



Au jeu des calembredaines, me voici convié.
 De mes plus belles poulaines, chaussé,
Mon pourpoint, de dentelles, orné,
Venise, Calais, ou  Alençon,
Il n'en est pas ainsi de mon pantalon,
Troussé sans façon.
De  bons mots, ai empli mon escarcelle,
A brûle-pourpoint les citerai,
Espérant l'assistance enchanter.
Moult  demoiselles,
A cette soirée, sont priées,
A nous contempler, ferrailler.
Plumes de paltoquets,
Rodomontades d'écervelés,
Quelques gougnafiers,
Écrivaillons,
Vers de miséreux.
Je m'en vais par la venelle,
Préparé à ce bel affront.
Plus tôt, après énergiques ablutions,
Qui vous remettent d'aplomb,
Que n'ai-je présagé cette funeste vision.
Adieu Venise, Calais, Alençon,
Comment l'émoi d'une belle mériter.
Me voici, poète primesautier,
En mes atours, attaqué,
Au détour d'une ruelle,
Subrepticement l'imprévu s'est déclaré.
Mon escarcelle éventrée,
Mes mots d'esprit envolés,
Me voilà pleutre,
Dépenaillé,
Juste des larmes pour pleurer,
Fustiger et haïr ces  personnages,
Allures chafouines,
Acteurs de ma déconvenue.
Finir en galéjade,
Mirifique horizon bafoué
Me reste pusillanimes et vains,
Quelques traits que je croyais d'esprits,
Des poulaines avachies,
Un pantalon éculé,
Perruque de guingois,
Sous les broderies et lazzi,
Plus du tout gouleyants à mon esprit.
Je m'apprête à m'enfuir,
Voici que je crois ouïr :
"Damoiseau,
De votre personne malmenée,
Fort bien tournée, ma foi,
Je ne sais laquelle me met le plus en émoi.
Et de vous consoler,
Grande envie j’éprouve.
Permettez que de votre parure,
J'efface le désordre."
Par mes yeux, je la vis,
Callipyge, maintes fois rêvée.
Là, céans,
Ses sourires et soutien me cédant.
Je m'inclinais,
La baisais.
Dès potron-minet,
Je m'éveillais,
Convaincu d'avoir tout imaginé.
Elle était là, généreuse et offerte,
De partout et de ce séant,
Qu'aussitôt, de moi, désir vibrant,
De  l'honorer s'empara.
Lecteurs, votre impudence, et sournoises pensées,
Je subodore,
Ne vous fourvoyez pas,
Ma demoiselle et moi,
Bien qu'épris follement,
Ont souci en amour de bien le faire,
Et  toute moralité confondue,
Vivre et narrer en poésie,
Le restant de notre vie.
.
.
Image proposée par Jacou

mercredi 15 mars 2017

Tweet...tweet...tweet...

Pour l'atelier Mil et Une


Il m’est passé par la tête 
que l’oiseau bleu du bonheur n’était pas...
virtuel !
.
La Licorne
(en moins de 140 signes) 
.




Jeux de l'ego

Pour l'atelier Mil et Une


T'as vu mon nouveau look ?
300 "like" sur Facebook !
Aux doux jeux de l'ego
Chacun devient accro
Tu te construis un mur
Une façade-devanture
De selfies en selfies
T'as toujours plus d'amis...
La vitrine est jolie
Mais où s'en va la vie...?
Derrière les apparences...
Y'a comme un goût de rance
Une profonde vacuité
Qui te laisse dépité
Dis moi que je suis beau
Et que j'suis rigolo
Dis moi que je suis belle
Et remplis ma gamelle
Il t'en faut toujours plus
Sinon t'es un minus
Tant de câlins virtuels
Et pas un pote réel...
C'est la norme aujourd'hui
Tous des stars, tous sexy
Allez, change ta photo
Elle a deux jours de trop
Affiche ce que tu aimes
Et garde tes problèmes
Fignole ton image
Montre-toi à la page
Non, mais...y'a que les ploucs
Qui sont pas sur Facebook !
.
La Licorne
.


dimanche 12 mars 2017

JEU 24 : Journal d'une PAL

image Valentyne


Salut c'était moi Palagie

Pas Pélagie hein, PALAGIE, je suis la PAL de Valentyne. 
On me voit sur la photo avec ma jumelle la Princesse Palatigne 
(un peu prout prout la Princesse mais bon on choisit pas sa famille)
Je suis sûre que vous vous demandez ce qu'il y a dans la PAL de Valentyne : 
pfutt et bien je dirais qu'il y à boire et à manger dans cette "Pile à Lire" 
(elle écume subrepticement et en tout impunité les brocantes 
alors il y a moults livres jaunis et  à trois sous dans son escarcelle,  
elle dépense sans compter avec des titres improbables où domine une certaine folie : 
folie primesautière avec "En attendant Bojangles "
(l'histoire d'une folle selon la quatrième de couv), 
la P respectueuse (je me demande bien qui est cette P ?  
Pélagie la charrette ma presque homonyme ?), 
les aventures du capitaine Alatriste 
- l'homme au brûle-pourpoint jaune d'un certain Arturo Reverte 
(non mais c'est quoi de titre à la noix comme si quelqu'un pouvait s'appeler Alatriste : 
un cousin du Chevalier à la triste figure ?  On choisit pas sa famille je vous dis)

Le problème avec Valentyne c'est qu'il n'y a pas de place chez elle 
et que moi et ma sœur nous sommes toutes éparpillées dans la maison :
 Elle nous réunit de temps en temps pour une photo. 
Elle nous remonte une fois par mois à la parution du thème de l'agenda ironique : 
 il faut la voir dès potron-minet,  les 4 fers en l'air,
en train de monter des tours de livres : 
d'un côté ceux en raccord avec le thème, 
de l'autre les livres qui devront attendre un mois voire plus pour être enfin considérés  
(par exemple le mois d’avant le précédent elle a failli lire « le bal du dodo » 
pour Espèces d'espaces organisé par Carnets,
 mais je l'ai remis discrètement en dessous de la pile, 
un bal et puis quoi encore ?)

J'ai eu un peu peur à un moment de nous voir ainsi dressées dans le salon
 ma sœur et moi alors que dans la pièce d'à côté 
il y a un avion Playmobil en parfait état de marche. 
Je ne suis pas pleutre mais je suis sûrement influencée
par le fait que dans moi-même 
il y a un livre sur le 11 septembre
(Beigbeder - Windows of the World), 
j'en ai pâli d'effroi.

Voilà donc ce mois-ci
Valentyne a démarré des recherches Paléolithiques 
pour trouver un livre sur la folie
(dommage qu'elle ait lu Martien go home le mois dernier : 
il y avait une belle palanquée de fous dans ce bouquin)

Bon avec un sujet pareil la folie je subodore que c'est pas demain 
que je vais me débarrasser des quelques romances qui me servent de fondations. 
Bon sur ce, je vous laisse, j'entends Valentyne qui a fini ses ablutions post-goûter : 
faudrait pas qu'elle me chope à écrire ces galéjades 
elle pourrait se rechoper un accès de paludisme, 
voire me clouer au palori (je vous en recause incessamment sous peu)

Je vous embrasse
Lectureusement votre
Votre respectueuse Pal toquée
.
.




samedi 11 mars 2017

JEU 24 : Le petit Prince de Schrödinger


(Suite du texte "Le petit Prince au jardin")


« Sombre crétin de corbeau ! Maudit paltoquet malplumé ! glapit le renard – à moitié étouffé sous les coulées du fromage.
Qu’eut-il mieux fait que de se plaindre ? A part râler un peu et courir se laver la tête jusqu’à la rivière la plus proche ? C’est ce qu’il fait.Tandis qu’il s’ablutionne, frissonnant et grimaçant – car le renard, s’il tient à garder propre son pelage rouge, n’aime pas plus qu’un autre plonger le museau dans l’eau froide avant potron-minet – une grosse voix le surprend :
– Pouah ! Cette odeur ? ça sent le laitage… Perrette n’a quand même pas encore flanqué sa cruche à la rivière ?



C’était un loup passant par là (il cherchait l’aventure). Il avise le renard :
– Je subodore que c’est toi, cette odeur ? Bravo ! On dirait que tu as dormi dans une fromagerie !
– C’est le corbeau, enfin, son fromage… tente d’expliquer le renard. Le loup ne l’écoute pas :
– Et tu te laves dans mon ruisseau ? Mais qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? répond l’animal plein de rage (il fait semblant ; c’est un loup très primesautier).
– Là tu te trompes, loup, dit le renard qui connaît la fable, je ne suis pas l’agneau.
– Pas l’agneau ? Il lance à brûle pourpoint : Si ce n’est toi, c’est donc ton frère !
– Allez, loup, risque le renard – un peu pleutre mais qui trouve que les rodomontades du loup ont assez duré.
– ça va, renard, je plaisantais ! Trêve de calembredaines, où as-tu mis l’agneau ?
Le renard ne répond pas ; les galéjades, ça va un moment ! Il a replongé la tête dans l’eau froide et se rince les oreilles à grands glouglous.
– L’agneau ? demande le petit prince qui était assis là depuis le début. Vous voulez dire le mouton ?
Le loup se tourne vers lui :
– Je ne sais pas qui tu es, mais tu veux me mettre en boîte !?



Il avise la caisse percée de trous posée près du petit prince et reprend : Tu l’as caché là, hein ?
– Le mouton ? redemande le petit prince.
– Non, l’agneau ! réplique le loup. Je suis sûr qu’il est là-dedans ! Et d’ailleurs, ça ne me plaît pas, cette histoire d’agneau en boite ! Si ça se trouve, il est malade, ou alors c’est un bélier – avec la caisse on ne distingue pas les cornes – ou encore il est trop vieux ! Je veux un agneau qui vive longtemps ! Enfin, assez longtemps pour que je le mange.
– Pourquoi forcément un agneau ? demande le petit prince. Tant que tu n’ouvres pas la boite, ça peut tout aussi bien être un éléphant, un boa, ou même un baobab.
Le loup reste coi – il essaie d’imaginer ces drôles de bêtes et leurs saveurs qu’il présume gouleyantes puisque inconnues… Pas facile, avec juste le nom : sauf pour baobab. Celui là sonne bien dodu.
Après un silence, le loup demande :
– Si ça peut être tout ce que tu dis, ça pourrait aussi être un troupeau d’agneaux ?
– Tu veux dire un troupeau de moutons, répond le petit prince. Puis il se rappelle qu’il faut être conciliant et reprend : Bon, comme tu dis, un troupeau d’agneaux. Ou bien un chat, on ne sait jamais. Ou même tout en même temps.
A ces mots, le loup ne se sent plus de joie, il ouvre une large patte griffue, s’empare de la caisse et s’enfuit au plus profond de la forêt avec son garde-manger mirifique !


– Partir sans dire au revoir ? Quel gougnafier, ce loup ! 
fustige le renard qui achève de se sécher.
– J’espère qu’il sera prudent.
– Prudent ? Le loup ?
– Oui. Parce que ça peut aussi être un chasseur.
– Un chasseur ? Le loup ?
– Non. Dans la boîte. Enfin, on ne sait pas, tant qu’il ne l’ouvre pas.
Mais le renard n’écoute plus : il cherche le long de la rivière le bout de fromage encore à peu près intact qu’il avait mis de côté. En vain.



Alors, le petit prince lui indique du doigt le corbeau perché sur la dernière branche de l’arbre qui se découpe dans la nuit : l’oiseau a profité de la nuit noire pour reprendre son fromage.
– Tout ça pour un bout de Chester, dit le petit prince.
– C’est quoi, un Chester ? demande le renard.
– Tu sais, un fromage du Cheshire, répond le petit prince. Le chat de cousine Alice en raffole. Tiens, la preuve si j’ai raison...
A ce moment, un nuage sombre passe dans le ciel. Le renard et le petit prince, la rivière et les étoiles, l’arbre et le corbeau, tout s’efface dans l’obscurité redoublée. Seule subsiste la demie lune souriante et luisante du fromage suspendu au cœur de la nuit noire.
.
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jeudi 9 mars 2017

JEU 24 : Edmond Rostand, c'est de la poularde ?




A Cyrano moutard sa maman disait souvent : 
« Tes rodomontades me montent au nez ! ».

C’est que dès potron-minet il foutait la frousse au chat. 
Au lieu de lui filer du mou, il lui faisait moult agaceries. 
Le jeune gougnafier au visage chafouin avait bien repéré 
que le chat était pleutre. 
C’était un matou pusillanime comme on dit dans le Gard. 
Après ses ablutions matutinales le Mistigri subodorait 
que le jeune primesautier sortirait de sa besace quelque sottise ou cruauté 
à son endroit bien destinée. Quelquefois, à brûle-pourpoint, 
le garnement approchait une bougie de son pelage.
"Ça sent le roussi ! » miaulait-il en son for intérieur et en se carapatant. 
Il traînait son gros ventre au-dehors de la maison, 
il fuyait les calembredaines du gamin pour aller s’en plaindre au coq Chantecler 
qui était du genre mère-poule avec lui.

La maman de Cyrano fustigeait fréquemment son marmouset : 
« N’as-tu donc dans ton escarcelle que des fariboles et des galéjades ? 
N’es-tu donc point en âge d’aller courir la prétentaine, 
de lever quelque jouvencelle callipyge, de trousser quelque domestique, 
à tout le moins de jouer au docteur avec une péronnelle des alentours ? 
Je finirai par t’emmener chez la sorcière Bardot 
si tu continues ainsi à faire dans la zoophilie ! ».

Que vous dire d’autre de Cyrano ? De par Dieu, pas grand-chose ! 
Je n’ai jamais constaté que l’on eût consacré à un paltoquet pareil 
une pièce de théâtre, un roman ou un biopic ! 
L’homme n’avait rien pour lui et mentait à tel point 
que son nez s’allongeait dès qu’il ouvrait la bouche ! 
C’est la seule chose qui lui valut de rester, 
dans des manuels d’histoires littéraires pertinents mais obsolètes, 
comme celui qui servit de modèle à Carlo Collodi 
pour son histoire de pantin de bois explorateur de baleines. 
Si n’était sa patrie périgourdine qui lui dresse statue, 
on l’aurait totalement oublié, ce matamore de rire !

Car, et bien qu’ayant goût pour le Layon aux côteaux mirifiques, 
je trouve le Bergerac aussi bien gouleyant ! 
Et donc, subrepticement, je m’en verse un godet et lève mon hanap bien haut !
 Certes pas à sa gloire mais à votre santé à toutes et à tous !
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mercredi 8 mars 2017

JEU 24 : Belle inconnue


Comme j’ai l’habitude de me lever potron-minet, 
je m’étais subrepticement éclipsé ce matin là de mon domicile ; 
au préalable je m’étais empressé de faire mes ablutions, 
car mon caractère primesautier m’avait incité 
à entreprendre une promenade dans le parc
qui jouxte notre immeuble……

Dans les escaliers je croisais le voisin du dessus, 
dont je remarquais comme à moult occasions la mine de chafouin, 
son allure de censeur prêt à fustiger tous les importuns sur son passage .


Dépassant allègrement ce personnage
dans ma joyeuse descente des marches ,
 et ce en dépit d’une prudente salutation que je lui adressais , 
je l’entendis persifler dans mon dos , 
m’envoyant du bout des lèvres un « petit paltoquet, va ! »

Sortant de notre résidence du Pré Fleuri 
je me dirigeais hardiment vers l’entrée du parc….

Dès les premières enjambées
je fus saisi par les effluves printanières que le vent léger portait ,
tel un navire chargé d’épices orientales …….
Le parc tire sa renommée légendaire
e ses parterres fleuris d’essences de toutes sortes 
et je m’enivrais au passage en reconnaissant 
qui le mimosa, la violette, la coumarine…

C’est alors qu’au détour d’une allée je tombais nez à nez 
avec une charmante jeune femme à la chevelure rousse et abondante 
qui fut aussi surprise que moi de cette rencontre inopinée .
Pour ma part j’eus carrément l’impression de croiser une fée, 
tellement le bleu délicat de ses yeux magnifiques 
et son sourire d’ange m’avaient impressionné.


Nous poursuivîmes chacun notre marche mais ,
à maintes reprises, je ne pus m’empêcher, 
d’un geste discret de la tête, de suivre du regard cette demoiselle
au charme discret mais naturellement envoûtant,
femme véritable callipyge……

C’est alors qu’à brûle-pourpoint un malotru osa troubler l’image divine 
qui demeurait en mes pensées en m’abordant pour me conter des calembredaines 
au sujet de son chat qu’il suivait en ce parc jusqu’à sa soudaine disparition……
En fait je compris par la suite qu’il n’en voulait qu’à mon escarcelle 
que je tenais accrochée à la taille ; je réagis vivement , 
mais le pleutre n’osa poursuivre ses rodomontades 
et s’en fut courant à perdre haleine .

C’est alors que je m’esclaffais en pensant à ce gougnafier et ses galéjades : 
s’il avait subodoré qu’au lieu de mirifiques pièces d’or 
mon escarcelle ne contenait en tout et pour tout qu’une poignée de graines
 que j’apportais au responsable du parc, 
il aurait été encore plus marri de sa pusillanime tentative…..

Mais cette attaque avortée ne put m’empêcher de demeurer dans le souvenir 
de la gouleyante et mystérieuse jeune femme rousse…..

Petrus


mardi 7 mars 2017

JEU 24 : Dialogue façon Molière



(Interrompant ses ablutions, l'Avare se retourne d'un coup...)

- Qu'avez-vous pris, là... dans mon escarcelle ?
- Rien.
- ....?
- Rien, vous dis-je.
- Comment ça, rien ? Mais je viens de vous prendre sur le fait ! Dans ce miroir, 
je vous ai vu, de mes yeux vu, dérober subrepticement plusieurs de mes écus.
Ainsi, c'est pour me voler que vous êtes venu...
- Qu'allez-vous imaginer ? En aucune façon.
- Sans doute votre belle brune callipyge a-t-elle besoin de quelque bijou ?
Elle est fort gouleyante, ma foi, et je subodore que, primesautier,
vous lui avez fait entrevoir de mirifiques promesses... afin de gagner son coeur...
- Mais je ne vous permets pas, monsieur...Arrêtez-là, je vous prie !
- Je ne m'arrêterai pas, jeune homme... et vous fustigerai tant qu'il me plaira...
Vos rodomontades ne m'impressionnent point. Ce n'est pas un blanc-bec pusillanime
comme vous qui parviendra à me berner et à me dépouiller.
Et ne me servez plus vos mensonges, vos galéjades et vos calembredaines...
J'ai moult fois remarqué votre manège et vous ne m'ôterez pas de l'esprit
que c'est vous le coupable. Votre air chafouin le dit assez bien.
- Gougnafier ! Rustre ! Comment osez-vous ?
- Voleur ! Pleutre ! Paltoquet !
- C'en est assez, Monsieur. Je ne puis vous laisser entacher de la sorte mon honneur.
Nous en découdrons demain, à brûle-pourpoint et à potron-minet.
Je vous attendrai au carrefour des trois moulins.
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La Licorne
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lundi 6 mars 2017

JEU 24 : TSF


image proposée par Célestine


C’est le printemps.
Dès potron-minet, l’air primesautier est tout chargé d’effluves et de piaillements émoustillants. Dans la TSF, Ella Fitzgerald envoûte de sa voix de velours mon cabinet de toilette. Je m’adonne comme à l’accoutumée à mes ablutions, contemplant avec béatitude dans le miroir ma callipyge et gouleyante personne, quand à brûle-pourpoint, le speaker interrompt brutalement, comme un gougnafier, mon programme classique. Au beau milieu d’une mesure à quatre temps.
Saperlipopette ! Quelle galéjade ce paltoquet va-t-il inventer pour justifier cette rodomontade ? Je subodore quelque fâcheuse péripétie, comme un assassinat, un attentat à Sarajevo ou, pis encore, une grève-surprise.
Je tends l’oreille subrepticement pour ouïr ce que ce pleutre chafouin va claironner, avec moult circonvolutions oratoires. Mais, ô déconvenue ! Ce ne sont que calembredaines habituelles, brigandages et coups de Jarnac, de la part des foutriquets hâbleurs ou pusillanimes qui se disputent le pouvoir.
En fait d’assassinat, l’un d’eux s’est fait pincer le bec par un canard, qui le fustige de manœuvres douteuses. Rien de mirifique dans l’escarcelle de ce diseur de mauvaises aventures, rien qui justifie l’interruption du programme par un malappris.
Je tourne le bouton de la TSF pour lui fermer le clapet.
Et je vais, drapée dans ma nudité outragée, lancer le 33 tours d'Ella Fitzgerald sur la platine du tourne-disque. Un oiseau se pose sur le bout de mon doigt et le jazz m’envahit à nouveau.
C’est le printemps.
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dimanche 5 mars 2017

JEU 24 : Crazy Horse


image proposée par Valentyne


Ils disent que je suis fou, fuyant, incapable d'aller droit au but 
mais ce sont eux les paltoquets....
Tenez par exemple, l’autre jour, le type en face me narguait, 
l’air chafouin, car j’étais un peu coincé et je ne pouvais plus me mouvoir, 
j’étais cerné….
Cela arrive aux meilleurs…

Après moultes contorsions
et après avoir donné du coude en veux tu en voilà 
j’avais fini par me rapprocher de sa Majesté. 
J’allais l’attaquer subrepticement dans les règles de l’art 
quant à brûle pourpoint l’autre gougnafier de Crazy Horse 
 s’est intercalé et m’a forcé à reculer 
(enfin je devrais dire gougnafière je pense 
parce que le Crazy-horse du camp adverse est en fait
une jument – callipyge -
 fière comme un paon – ou une paonne).
Mais ils ne perdent rien pour attendre les autres poltrons-minets. 
Ils veulent me snober ? moi ? 
Ils me prennent pour un pion alors que moi,  
Jekill Bishop de La Tchèque en bois, 
je suis un digne descendant
d’Agilulfe Edme Bertrandinet des Guildivernes et autres 
de Carpentras et Syra du côté de mon père 
et de Dulcinea del Toboso de la Cervantesse 
du côté de ma mère ?

Foin de leurs calembredaines. 
Je ne me laisserai pas fustiger sans défendre mon honneur 
par une bande de pleutres qui font des courbettes 
à une monarchie pour qui rodomontades rime avec galéjades. 
Et l'autre en face qui me regarde en biais 
je vais lui rendre la monnaie de sa pièce à ce fou-monnayeur, 
le hisser pendu haut et court au mat de misaine.
Crazy-Horse aura beau se dandiner, prendre la tangente,
 moi j’irai droit au but et … paon dans sa face.
Et près je n'en ferai qu'une bouchée de cette reine d’albâtre 
et une fois celle-ci dans mon escarcelle, 
à moi les sommets, j’éliminerai le roi 
et ce n’est pas l’autre Crazy Horse qui m’en empêchera ! 
Foi de fou ! 

Un petit selfie : je suis le troisième 
en partant de la gauche (votre gauche)
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