dimanche 9 avril 2017

JEU 25 : Bateau ou papillon ?


"Le bateau" - Matisse (vers New-York ici)



Je voguai toutes ailes dehors, frêle esquisse
Caboter très peu pour moi, je suis cabochard
Direction la haute mer à travers le brouillard
Mon reflet de Klein Schmetterling(*), bleu Matisse

Les poissons me frôlaient coursant le  firmament
L'arc en ciel chantonnait avec les étoiles chromatiques
Bleu couleur chaude, j'évitai le glacial Arctique
Direction New York la belle et son fourmillement

La Liberté me rendit minuscule sous son fier regard
Haute dame en dentelle me saluant, vieux briscard
Moi penché sous le vent, elle droite comme la justice

Je fus tout tourneboulé de ces flots fantastiques
Tremblant tête à l'envers et drisses élastiques
Que la belle et son vert de gris ne me file la jaunisse


.
(*) Papillon bleu en allemand



vendredi 7 avril 2017

De l'irrespectitude...


Deuxième texte proposé
Pour l'Agenda ironique d'avril
chez Martine

 + placer dix mots (même hurluberlus)
avec un suffixe en -itude
.
 
Inspirée par la proposition d'écriture de Martine (voir ci-dessus),
je vous propose un texte directement tiré de l'actualité de cette semaine...:-)
Ils sont onze...mais ils ne jouent pas ensemble (enfin, pas tous...)
Vous voyez sûrement à quelle équipe je fais allusion...
 
Et pour commencer, une petite citation :

"C'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort
qu'ils ont raison..." 
.
.


Ils sont partis à onze...mais par le jeu des reports,
on sait déjà, de babord à tribord
qu'il n'y en aura qu'UN en arrivant au port...

Il y a le club des cinq, qui joue les matamores
et puis six moussaillons aux tout tout petits scores...
qu'on accepte sans doute... pour le décor... :-)
Chez les riches et consorts, 
On les trouvait, jusque-là... plutôt incolores...
et on les aurait laissés dans la soute sans remords !
Mais voilà qu'ils disent qu'ils ne sont pas d'accord...
qu'ils prennent le débat à bras-le-corps
Et jouent les picadors !!!




Sur le radeau de la Méduse en pleine décrépitude
Dans cet océan de lassitude
Ils grimpent sur la vigie, prennent de l'altitude ...
De l'hypocrisie ambiante ils montrent l'amplitude...
Et de nos commandants les folles turpitudes...
Des autres petits mousses ils évoquent l'inquiétude
Et la fatigue immense d'une vie de servitude...
Délaissant un instant toutes les habitudes,
Délaissant les cravates et les propos trop prudes,
Ils répondent aux pirates avec aplomb et promptitude
Et ramènent le sel d'un peu d'irrespectitude...

Est-ce d'une mutinerie les tout premiers préludes ?
Est-ce le réveil de toute une multitude
Qui s'était assoupie dans la consommitude ?
Faut-il une tempête de forte magnitude
Pour enfin nous sortir de la résignation, de l'hébétude ?
 
Certes, la traversée risque d'être longue et  rude...
Mais gardons tous le cap vers le soleil, le Sud...
Que cet épisode ne soit pas juste un interlude.
Que des possibles nous nous rappelions la vastitude....
 

Et peut-être qu'un jour, nous verrons le rivage
Et la fin bienheureuse d'un  très très long voyage
Vers un pays qui, oubliant la crise,
Retrouvera les couleurs de sa si belle devise...
.
La Licorne
.


mardi 4 avril 2017

JEU 25 : Le poisson et l'oiseau...




C'était un p'tit oiseau piaillard
Qui voletait allègrement
C'était un p'tit poisson bavard
A l'aise dans son élément

Les deux se croisèrent par hasard :
L'oiseau pour gober un moustique,
Se posa sur un nénuphar
Et vit un oeil énigmatique ...

Curieux, se penchant sur la mare,
Il entendit, non sans délice,
Le poisson parler aux canards,
Aux grenouilles et aux écrevisses.

D'un ton tourmenté et hagard
Il disait : "Pourquoi ces critiques ?
Je ne mange plus aucun têtard
Je ne fais pas de politique...

Alors pourquoi, nom d'un pétard,
Me fuyez-vous obstinément ?
Vous qui me tenez à l'écart
Je vous demande éclaircissement !"

Mais les autres sans crier gare
S'enfuirent dans un regard complice
Le laissant là à son cafard,
Rageant devant tant d'injustice...

Ne comprenant pas leur départ,
Lassé de toute cette dramatique...
Il alla quêter le regard
De l'oiseau à l'air sympathique

"Ange ailé, quel est ce cauchemar ?
Aaah... je trouve leur comportement
Vraiment de plus en plus bizarre,
De plus en plus fou et dément

Je veux découvrir sans retard
La raison de ce long supplice
Pourquoi cette mise au placard ?
Qu'ai-je donc fait qui les hérisse ?

C'est simple, lui dit l'oiseau, sans fard,
Ecoute-moi attentivement
Tu fais peur à tous ces fuyards
Ils tremblent tous assurément

Car tu n'es pas poisson standard...
Si tu leur es antipathique,
C'est à cause d'un détail bien rare,
D'un détail caractéristique...

Au printemps, lors d'une bagarre
Tu as perdu un appendice !
Reste là, petit zanzibar,
Je vais te chercher un indice...

Il s'envole au-dessus d' la mare
Il vole, il vole au firmament
Puis il revient, tout égrillard,
Avec un p'tit crochet charmant.

-Mais qu'est-ce que c'est ? Un canular ?
Un hameçon, un élastique ?
Où t'as pêché ce truc ringard ?
C'est quoi ce vieux bidule antique ?

- Ce vieux bidule, mon cher lascar,
C'est une lettre sans malice
Mais quand elle manque à ton costard 
C'est comme un puissant maléfice :

Un "S" en moins, ça met l'bazar
Et c'est partout l'affolement
Car ni grenouilles, ni canards  
Ne veulent mourir d'empoisonnement !
.
La Licorne
.

Morale de cette petite fable : 
Une seule lettre vous manque
...et tout est dépeuplé... :-)
.


lundi 3 avril 2017

Jeu 25 : Une histoire qui ne rime à rien

image proposée par Jacou

Quatre rimes, et puis c'est tout un art,
Sans artifice,
Ni feu de hasard.
Un jeu, et placer le tic,
Sans tac, évidemment,
Au risque d'être en retard.
Avez-vous déjà vu une horloge de gare,
Ses aiguilles qui glissent, qui glissent,
Printanières, à l'heure du changement.
Une horloge, ne craignez qu'elle s’endormisse,
Les lever-tôt, les coucher-tard.
Il lui suffit juste, nuitamment,
Superposer quatre sur trois, c'est tactique.
Pendant ce temps, dans votre plumard,
Le corps au repos, rêvant de délices,
Où donc passent ces minutes, élastiques?
Vous aurez beau, éperdument,
Les chercher, fouiller, fanatique,
Votre présent, votre passé, votre avenir, vainement,
Elles ont disparu, sans laisser traces, ni indices.
Mieux vaut, dans l'océan Atlantique,
Tenter de pêcher un poisson en pain d'épice.
.
.


dimanche 2 avril 2017

Une île, au loin...


Pour l'Agenda ironique d'avril
chez Martine

Thème : "Ëtes-vous prêts à appareiller ?..."
+ Placer dix mots avec un suffixe en -itude


Chers amis, 

Je m'embarque, avec bravitude, 
dans un texte qui déjà, je le sens, prend l'eau...
Mais tant pis, j'y vais, je me lance...
J'ai les pieds mouillés, le front trempé et je rame, je rame... 
Je donne, dans la solitude et l'incertitude, de grands coups de plume 
sur la mer encombrée de la création littéraire, 
et je me dis qu'un jour je l'atteindrai cette île lointaine, 
cette île dorée dont nous rêvons tous, au fond :
l'île de la Plénitude.

Vous savez, cette Plénitude bienheureuse qui vous envahit quand vous avez, 
par la grâce de je ne sais quel courant, miraculeusement terminé un texte, 
et que, le relisant, vous éprouvez une seconde de satisfaction...
une puissante seconde de gratitude pendant laquelle vous vous dites : 
Ah, ce n'est pas si mal ! Est-ce bien moi qui ai écrit cela ?

C'est une île inconnue, une île merveilleuse qui miroite à l'horizon...
au grand large...dans un scintillement trompeur...
un mirage dont vous ne connaissez 
ni la longitude  ni la latitude et qui vous nargue des jours durant...
Pour l'atteindre, il faut prendre son courage à deux mains :
franchir les récifs de l'habitude, 
ne pas s'attarder sur la mer d'huile de la platitude, 
ne pas se laisser dévier par le vent des similitudes...
Pointer l'étoile de la rectitude, tenir fermement la corde de ses aptitudes, 
et louvoyer au milieu de la foultitude de mots qui emportent, 
comme autant de sirènes aguichantes, loin de l'exactitude...

Je l'ai vu, cette île, je sais qu'elle existe...
et même si elle n'apparaît sur aucune carte, 
je sais bien qu'aucune vicissitude ne m'empêchera  de la rejoindre...
Aucune.

Alors, je m'embarque, une fois encore...avec bravitude...
Les pieds mouillés, le front trempé, je rame, je rame...
et je donne, dans la solitude et l'incertitude,
de grands coups de plume...:-)
.
La Licorne
.

P-S : Le Jeu 25 de Filigrane
est lancé, lui aussi...
C'est ICI
.


samedi 1 avril 2017

JEU 25 : Quatre rimes



Revenons,maintenant,
si le coeur vous en dit,
à un classique du blog :
 une création poétique avec 

Ce mois-ci, je suis sympa, je vous en offre 
généreusement quatre :

-art 
-isse 
-tique 
-ment

Aucune autre rime n'est autorisée. 
mais vous pouvez bien sûr utiliser 
des variantes orthographiques
(-ard, -are, -ice, -tic, -man...etc)

Et vous pouvez aussi,
si vous en avez envie,
n'en garder que deux...ou trois.

Le thème est entièrement libre...
avec, néanmoins, deux petites contraintes :
vous devrez évoquer, au moins une fois,
dans votre poème, le printemps...
et puis aussi  placer, (premier avril oblige),
le mot poisson.


Pour vous seconder,
ce petit dictionnaire de rimes
peut vous rendre quelques services..

Envoi comme d'habitude
à undeuxtrois4@orange.fr

Date limite :
 le 21 avril 2017
à minuit
.
Que le ciel vous inspire !

La Licorne
.