samedi 26 août 2017

Douceur du soir

Pour l'atelier Mil et Une


Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer...
Il avait passé toute la journée dans la montagne, à marcher...
et à contempler la nature, 
si belle en ce mois d'août,
que même les touristes et les randonneurs 
croisés régulièrement n'avaient pas réussi
à le déranger dans sa méditation.
Perdu à l'horizon, le soleil lui offrait ses derniers rayons...
la brise était chaude 
et le flamboiement du ciel était d'une douceur sans pareille.
Debout sur la crête,
il appréciait à leur juste valeur ces moments de sérénité.
Dans deux jours, il serait de retour chez lui...
le rythme insensé de la vie urbaine 
l'absorberait à nouveau,
remplissant chaque heure qui passe 
de ses obligations absurdes et répétitives.
Ici, tout était clair et limpide.
La vie coulait sans bruit...et l'univers avait un sens.
Il n'y avait rien à faire, rien à comprendre, 
sinon goûter le moment...marcher dans le vent,
écouter les oiseaux du soir et célébrer la beauté du monde.
Quelques secondes d'éternité.
Une petite idée du bonheur...
Mais le klaxon strident de Marie le rappela à l'ordre :
il fallait rentrer.
.
La Licorne
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jeudi 24 août 2017

JEU 28 : Va chez la voisine, je crois qu'elle y est...


Monsieur de Melon,

                                    Je m'empresse, de répondre, comme vous ne manquerez pas de le noter, au pied de la lettre que je viens de recevoir.
Aux fins de vous convaincre, que, contrairement à ce que vous supputez, je ne la jetterai pas aux orties. Par ailleurs, les herbes ne défigurent pas mon jardin,  mon fidèle jardinier   s'acquittant, fort bien, d'une tâche,  séparant le bon grain de l'ivraie.

Je vous prierai,  mes plates-bandes, ne plus les piétiner, celles-ci commençant à montrer piètre état, dû à votre  déplorable négligence. Ne vous récriez pas, puisque vous reconnaissez avoir fait le pied de grue, en moultes occasions,  sous mes fenêtres.Toutefois, faute avouée, à moitié pardonnée, j'en conviens, mais je ne suis pas sûre d'oublier ce sacrilège.

Sachez monsieur, que ce qui est pris, n'est pas à prendre. Je ne serai jamais votre"tendre chou"; appelons un chat, un chat, voulez-vous. Il se trouve que mariée pour le meilleur et pour le pire, je me trouve  fort aise de constater avoir  trouvé chaussure à mon pied.

Monsieur, je ne saurais trop vous encourager à faire contre mauvaise fortune bon coeur, sachant  que une de perdue, dix de retrouvée...alors, de grâce, cher monsieur,  dorénavant, cessez de m'importuner.Quoique vous puissiez encore tenter, sachez que mes cinq à sept ne vous seront jamais réservés; courez, plutôt, conter fleurette sous d'autres cieux, vous y trouverez, j'en suis certaine, l'herbe plus verte et, l'occasion faisant le larron, maintes circonstances à déclamer  charmantes bluettes, cueillant peut-être une rose, n'ayant point encore perdu sa vesprée.

Recevez Monsieur, avec mes salutations, mon profond désir de ne plus vous entendre soupirer entre chien et loup.

Madame Jasselyne de Gazouilly Célestas
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Texte de Jacou

mardi 15 août 2017

JEU 28 : Lettre à Porcinet

Porcinet
Forêt des rêves bleus
Pays de l’Imaginaire




Cher Porcinet,

J’ai lu plusieurs des aventures de Winnie et de ses amis, dont tu fais partie.  Je tiens à te dire que sans toi, il y manquerait l’essentiel.  Oh oui!
Nul n’est plus que toi attentif aux besoins et aux désirs de tes amis.  Sans vouloir les sous-estimer car ils ont chacun leurs qualités, ils sont très centrés sur ce qui les agite ou qui les fige, sur ce qui les chatouille ou les fait souffrir:  Bourriquet sur ses malheurs, Winnie sur son estomac, maître Hibou sur son prestige, Coco lapin sur ses multiples activités, etc.
Pour ce qui est de l’amitié, tu es sans contredit le plus doué.  “L’esprit du cœur, c’est la délicatesse.”
Ta sensibilité doublée de gentillesse t’amène à ouvrir grand la porte de ta maison, comme celle de ton cœur, sans aucune arrière-pensée et avec simplicité.  “Rien n’est plus rare en ce monde que la véritable bonté.”  Voilà pourquoi je tiens à souligner en toi cette précieuse qualité.
Tes amis savent, en tout cas ils devraient savoir, qu’ils peuvent compter sur toi.  Il n’est pas d’ami plus fidèle.  “La seule façon d’avoir des amis, c’est d’en être un”, depuis longtemps tu l’as compris.
Malheureusement, tu as peur de beaucoup de choses.  Tu es un tout petit animal et le courage souvent te fait défaut.  Heureusement tu as tes amis pour te protéger des dangers … mais aussi parfois hélas t’y précipiter.  “La peur donne des jambes” dit un proverbe allemand.  “La peur donne des ailes” dit un proverbe français.  Mais les plus timorés savent que la peur paralyse trop souvent les plus beaux élans.  Enfin, comme le dit Robert-Louis Stevenson:  “Garde ta peur pour toi-même et partage ton courage avec les autres.”  Etre bien entouré d’amis, rien de mieux pour faire face à l’ennemi, qu’il soit réel ou imaginaire.
Je te comprends, petit Porcinet, j’éprouve bien souvent des frayeurs qui freinent mon ardeur.  Et pour t’encourager à continuer d’être toi-même, je suis venue te dire sincèrement que je t’aime.  Ne t’en fais pas trop avec la vie!  Je serai toujours là pour toi, si tu as besoin d’une amie.

Avec beaucoup de tendresse,

Michelle

lundi 7 août 2017

Les nouvelles du jour

(chez Laurence Delis)

Août.
Il fait chaud. J'ai installé ma chaise longue au milieu du jardin, à l'ombre du grand tilleul. Mes yeux parcourent le journal du matin en attendant que mon thé finisse d'infuser.
Trois minutes. Je tiens trois minutes et puis, je relève la tête.
Quelques nuages d'un blanc pur se poussent en un joli ballet. Un oiseau envoie ses trilles et un autre lui répond. Inlassablement. Et, à quelques mètres de là, les pommes du vieux pommier commencent à prendre de jolies couleurs...
La journée promet d'être belle. Le vent est doux.
Alors, sous le coup d'une impulsion, je vais chercher une feuille blanche, un feutre noir et je commence :

Messieurs les journalistes,

Je m'appelle Sylvie. Je ne fais pas partie, habituellement, des gens qui inondent le courrier des lecteurs. Je suis une anonyme, une provinciale qui vit à la campagne, dans un petit village... et je suis abonnée, comme beaucoup, à votre publication.
Mais voilà, aujourd'hui, j'ai ressenti le besoin de vous écrire.
Ce que j'ai à vous dire ne concerne pas un article particulier...Je ne réagirai pas, avec véhémence à l'un ou l'autre de vos propos. Je n'ai pas de grief contre telle ou telle décision prise dernièrement et je n'ai rien à dire sur les dernières élections locales.

Non. Rien de tout cela. Mais, ce matin, tout simplement, je me suis levée, j'ai lu les gros titres (oui, juste les titres) et je me suis dit : "Mais, ma fille, qu'est-ce que tu fais ?".
Hier, tu as fait les courses (à vélo), tu as veillé à choisir le meilleur pain (complet), le meilleur miel (local), le meilleur thé (vert), tu as acheté un kilo de mirabelles bio et des légumes tout frais cueillis...
Tu as pris bien soin de donner à ton corps les meilleurs aliments . Tu as pris bien soin de ne pas ajouter au désastre écologique...Tu avais l'impression d'avoir fait le maximum. Et puis, voilà, que, ce matin, tu te prends en flagrant délit de "n'importe quoi"...

Tu es en vacances, tu as l'esprit libre et le cœur léger...et puis que fais-tu ? Ce que tu fais pour ton corps, tu ne le fais pas pour ton esprit...Tu n'y penses pas...
Et qu'est-ce qu'il a à se mettre sous la dent, ce matin, ton esprit tout juste éveillé ?
Trois meurtres, un attentat, un incendie criminel, un viol, quatre cambriolages, deux suicides et un procès à scandale et à rebondissement déterré pour la Nième fois...
Je n'invente rien, j'ai les titres sous les yeux.
Eh bien, je vous annonce une chose, messieurs les journalistes : c'est fini ! A partir d'aujourd'hui, je ne "mange" plus de ce pain-là. Je ne me nourris plus de toute la noirceur humaine. Je n'en ai plus le goût. Je n'en ai plus du tout l'intention.

Parce que la vie est courte et qu'il y a mieux à faire. Parce que la vie, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ce bourbier, ce chaos glauque et nauséabond que vous nous jetez à la face chaque jour, avec une insistance suspecte. Parce que, depuis cinquante ans que je vis, j'ai croisé, avant tout, voyez-vous, des gens "bien". Des gens qui ont la bonté chevillée au cœur et qui, face à la montagne de difficultés qui leur tombe dessus, font des "miracles". Oui, des miracles.

Racontez , racontez tous les miracles qu'il y a eu ici.
Racontez comment Michel, amputé d'un bras, a repris son travail en réapprenant patiemment à écrire de la main gauche,  racontez comment Paulette , soixante-quinze ans, s'occupe de ses trois petits-enfants après que leur mère soit décédée dans un accident de voiture, racontez comment Denis, devenu  père célibataire, n'a, du jour au lendemain, plus touché à une goutte d'alcool, racontez comment Gabriel, au chômage, rend service -gratuitement-  à tous ses voisins, et comment la petite Fanny, atteinte d'une maladie chronique, a quand même réussi brillamment son bac..
..
Racontez comment, malgré le réchauffement climatique, les arbres continuent de pousser et les fleurs de fleurir, comment, malgré les épidémies et les maladies , les gens continuent de vivre, et comment , malgré les restrictions budgétaires , les travailleurs continuent de travailler...
Racontez ces miracles, ce dévouement et ce courage...et vous contribuerez, au moins un peu, à ce que le monde aille mieux...

Parce que, voyez-vous, nous avons besoin de nous nourrir d'Espoir et que c'est la seule nourriture dont on ne puisse se passer. Nous avons besoin de "belles choses" pour alimenter notre esprit et lui donner des forces.

Réfléchissez deux minutes à ce que vous mettez dans nos "gamelles neuronales" chaque jour...réfléchissez à toute cette négativité que vous répandez...réfléchissez à cette " pollution mentale" qui nous détruit, bien plus sûrement et bien plus sournoisement que l'autre,  à cette "boue médiatique" qui recouvre tout...et qui empêche la joie et la douceur de lancer leurs petites pousses verdoyantes.
Réfléchissez-y.
Sérieusement.

Moi, je vais prendre mon journal et le garder pour allumer mon feu, cet automne, et puis, un soir de novembre, quand je verrai les flammes joyeuses s'élancer dans la cheminée, je penserai à tous ces faits divers que je n'ai pas lus...à toutes ces noirceurs que je n'ai pas sues et je me dirai que, globalement et pour un moment encore, "la vie est belle"...

Une ex-lectrice



mardi 1 août 2017

JEU 28 : Lettre proverbiale


Ce mois-ci, très chers , je vous propose de
choisir une personne ou un personnage connu,
(vivant ou mort, réel ou imaginaire)
et de lui écrire une lettre...

Oui, une vraie lettre...
pas de SMS, ni de message électronique
écrit à la va-vite le midi entre deux rendez-vous...
une vraie lettre "à l'ancienne"...
avec en-tête, formules de politesse et tout le tralala...


Et dans cette lettre, vous veillerez aussi
à insérer plusieurs proverbes...
(français de préférence...mais pas forcément... :-),
la sagesse des autres pays
ne pouvant que nous être profitable aussi...)

Vous saupoudrerez ensuite d'humour et de fantaisie
et posterez le tout à l'adresse suivante :
undeuxtrois4@wanadoo.fr

Date limite : le 21 août 2017
le cachet de la poste faisant foi.
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Au plaisir de vous lire !
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Et mille mercis pour les participations
du mois précédent, peu nombreuses,
mais...brillantes ! :-)
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La Licorne
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