mardi 7 avril 2026

JEU 117 : "Bizarrerie bien bizarre" - Jak

 



Olivier Mutismebavard,

lui avait donné rendez‑vous dans ce bar chic

de la Rue de l’Asile, célèbre dans tout Paris.

On la surnommait « la rue où les mots se cachent sous les pavés »,

parce qu’on y trouvait plus d’enseignes de psychothérapeutes

que de numéros de rue.


Un endroit parfait pour commencer une histoire :

Un bar trop cher, un inconnu au nom improbable,

et une rue où même le syllabes étaient muettes

Mais le hic, c’est qu’Olivier

(rencontré sur internet)

était très bavard

Contrairement à elle.


Elle l’attendait avec impatience.

Elle en était à son 3ième verre de verveine apaisante,

mais la tension montait en elle

Sous son chapeau BCBG, les neurones s’agitaient.

Elle n’aurait jamais dû avoir à ce recours sur la toile,

d’autant plus que ce stratagème, dans le cas présent,

n’était pas encore d’actualité, puis que nous

étions début 20ième siècle !


Bizarrerie bien bizarre !


Enfin, il entra, décontracté, une écharpe posée

négligemment sur son col, sans chapeau,

les cheveux en bataille comme s’il avait traversé

un courant d’air.



D’emblée, il lui demanda ce qu’elle cherchait :

une aventure de passage,

un mariage, des enfants,

ou juste un café expresso.



Elle poussa un long soupir,

puis balbutia quelques sons inaudibles,

une sorte de brouillard vocal.



Il la fit répéter.

Et bis repetita : rien.

Pas un mot, pas une syllabe,

pas même un petit “heu” discret


Et pour cause : elle était aphasique.


Pas un drame, juste une manière particulière

de laisser les mots jouer à cache‑cache.


Aujourd’hui encore, après bien des décennies,

on se demande comment ils font

pour si bien s’entendre dans ce silence.


Peut‑être parce qu’au fond, dans la Rue de l’Asile,

les mots se cachent… mais les gens, eux, se trouvent.






AI : "Petite coupure" - La Licorne


Pour l'Agenda ironique d'avril

chez Tiniak




Pendant la toilette du matin, il avait susurré :
"Miroir, miroir, dis-moi si je suis beau ?"
tout en se regardant sous tous les angles.
On est star ou on ne l'est pas, n'est-ce pas ?

Au bout de quelques films à succès,
la vie change, c'est vrai :
On plaît à Pamela, à Cunégonde
et on se prend pour le nombril du monde.

Le miroir avait souri,
le miroir avait réfléchi...
et il avait répondu :
"En avril, ne perd pas le fil."
Le fil ? Quel fil ?
Le fil de l'histoire ?
Le fil du rasoir ?

Aïe ! C'est justement à ce moment-là
qu'il s'était coupé le menton...
Une goutte de sang était tombée sur le lavabo blanc.
Nul doute que la méchante reine eût été contente
de cette référence à sa fille.
Lui aussi, d'ailleurs, avait une "belle-fille"...
mais le trait d'union faisait toute la différence.

Il s'était essuyé le visage.
"Me voilà bon pour jouer Harry Potter !"
avait-il pensé en examinant la coupure en zig-zag.
Il avait attendu que ça ne saigne plus
puis il avait pris son téléphone.

"Allô, Lola ? ça va ?
Dis, on va au ciné-club demain.
On y passe "Tchao Pantin"
et on m'a invité.
Tu veux nous accompagner ?
Histoire de revoir un peu ton vieux beau-père,
dans un de ses plus beaux rôles...
On mange au resto après.

Non ? T'es pas libre ?
Bon, ben, tant pis, alors...
Attends, je ne t'entends plus...
T'es dans le métro ? Y'a du bruit?
Ouais, y'a beaucoup de bruit, même...
Je t'entends en pointillés...
J'ai perdu le fil...
Qu'est-ce que tu disais ?
Que t'as bien le temps de le voir, 
le film ? Que c'est pas urgent ?
Ok, ok. 
Allez...bisous...A plus !"

"Ah, ces jeunes !
Aucun respect pour les aînés...
Ils n'ont pas de pitié...
Faut te faire une raison, Richard...
Tu n'intéresses plus grand monde...
t'es complètement "has been".

Il avait décroché une des oranges suspendues,
l'avait épluchée et avait croqué dedans.
Le jus, en coulant, avait ravivé la plaie.
Il avait voulu crier...
mais impossible :
un morceau était resté coincé
au fond de sa gorge.
.

La Licorne

.



Sur le thème 
"Miroir sans fil"

Tiniak nous proposait 
de placer quatre des mots 
- ou expressions -
 suivants :

Tasse Mobil (hin hin), Tchao Pantin,
nombril du monde, Cunégonde,
“Et mon courroux coucou !” (sic), pâte-fix,
remix (et/ou) slam, bam, amstamgram,
Pamela et blâme.
Et puis miroir

Avec, en sus, la mention en toutes lettres :
"Perdu (,) le fil"

.



Et à ceux qui ne l'ont pas encore perdu, le fil,
  je propose un petit "retour dans le passé"
avec un texte d'AI datant d'avril 2016,
(il y a "pile" 10 ans)
sur un thème semblable, 
ici :

.


vendredi 3 avril 2026

JEU 117 : "La femme qui prenait son regard pour un chapeau" - Lothar

 

 

Elle est là, assise, tasse en main.
Ses doigts portent déjà quelque chose qui ressemble à des chapeaux,
comme si chaque geste portait mémoire d’un départ.

Il est sorti, à huit heures, comme d’habitude.
Le chapeau est resté, suspendu à la patère.
Et elle, suspendue à son rôle.
Invisible, mais présente.

Elle se souvient : dix ans de mariage,
dix ans à être meuble, décor, habitude.
Mais ce matin, quelque chose a bougé.
Pas dans la maison – dans l’image.

Elle a relu ses textes, les siens, les autres.
Les textes cliniques du défi.
Une fois, puis deux.
Elle a revu la scène : la femme, le chapeau, la tasse.
Et soudain, le chapeau a parlé.
Pas pour dire, mais pour déplacer.

Le regard n’était plus celui de l’homme.
Ni celui du narrateur.
C’était le sien, enfin.
Celui qui sort avant lui,
qui boit son café ailleurs,
qui rentre quand elle veut.

Elle a compris qu’on ne devient pas invisible d’un coup,
mais par petites habitudes consenties.
Et qu’il suffit un jour de mettre un chapeau,
de lever la tête,
pour que le monde – voire son cher mari –
se souvienne qu’elle a toujours été là.

Alors elle a pris la tasse,
et dans le reflet du café,
puis dans le mirage du marc,
elle a vu non pas un chaton, mais un chapeau minuscule
posé sur chaque doigt,
comme une pensée qui tient.

Elle n’a rien dit.
Elle n’a plus besoin de dire.
Le récit s’écrit seul,
dans le silence des chapeaux.

.

Lothar

 

jeudi 2 avril 2026

JEU 117 : "L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau" - La Licorne

 



 

Il est sorti. A huit heures.

Comme d'habitude. 

Son chapeau est là, accroché à la patère.

Un peu vieux, un peu usé, légèrement cabossé.

"Comme moi" pensa-t-elle.

Je suis devenue comme ce couvre-chef. 

Posée là, en attente. A disposition.

Une présence rassurante.

Mais invisible.

Le matin, il se lève, boit son café,

lit son journal et commente les nouvelles.

Sans même lever le regard sur moi. 

Je peux être maquillée, pomponnée, élégante...

ou en robe de chambre, 

cela ne change rien.

Dix ans de mariage. 

Et voilà. 

Mon mari considère sa femme comme un meuble. 

Il part à la clinique, vaque à ses occupations,

soigne ses patients, rentre tard.

Et le lendemain, il s'attend à ce que je sois là. 

A la même place que la veille. 

Comme son chapeau.

Et moi, j'attends. Passive. Résignée.

Pour toujours ?

Eh bien, non.

Aujourd'hui, j'ai envie d'inverser les rôles.

Aujourd'hui, je serai l'homme

Celui qui prend son café, lit son journal, 

met son chapeau, sort...

et revient à la maison quand il fait nuit.

Aujourd'hui, je vais écrire un autre récit.  

Je vais sortir avant lui

et rentrer après lui.

J'irai prendre mon petit-déjeuner 

à la brasserie du coin.

Je ferai les magasins toute la journée.

Je dînerai au restaurant, seule. 

Et je ne rentrerai que quand je l'aurai décidé. 

 Non, mais !

Ce  n'est pas parce que je m'appelle 

De la Rochefoucauld

que je suis condamnée à jouer les potiches. 

On est en 1970, que diable ! 

Il est temps de sortir...

des stéréotypes. 

.

La Licorne

 

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Consignes du Jeu 117 

et de l'Atelier d'Ecriture créative

 

Proposition 316 – Quand le héros change de costume

Ne vous êtes-vous jamais demandé ce qu’il se passerait-il si la princesse sauvait le chevalier ? Si le dragon avait peur du village ?  L’idée de cette proposition est de renverser les clichés !

Consigne : Écrivez une scène en inversant un cliché connu

Vous pouvez choisir un conte, un stéréotype de film, une situation courante ou même un trait de personnalité attendu.

 

 

mercredi 1 avril 2026

JEU 117 : "Alphonse" - La Licorne



Photo d'Anna Osk



Mais que fait cette femme sous un bibi d'antan ?

Elle consulte le journal : est-ce pour les infos ?

Cherche-t-elle les nouvelles du Moyen-Orient ?

Est-elle en train de lire le bulletin météo ?


Elle a mis son vison et son plus beau chapeau

Elle a sorti ses perles et ses boucles d'oreilles !

Pourquoi boit-elle un thé, dans ce petit bistro

A sept heures du matin, dans un demi-sommeil ? 


Sans me faire remarquer, je passe derrière elle

Et je jette un coup d'oeil sur la page grande ouverte :

Bon, je me suis trompé...sur la belle demoiselle.


Le journal est ouvert sur les petites annonces !

On y lit :  "Récompense, forte, sera offerte

A qui retrouvera...mon petit chat Alphonse".

.

La Licorne

.

Hair Work 89577, Katrin Sif Jonsdottir · Modelisto

Photo d'Anna Osk



P-S : Je sais, je sais...

je n'ai pas respecté mes propres consignes...

(insérer les mots du titre...)

Je le ferai dans un texte ultérieur...

.

 

 

JEU 117 : "La femme au chapeau et le chat de porcelaine" - Lothar






Il était une fois une femme au chapeau sombre, qui venait chaque matin s’asseoir dans un café où les autres clients, surtout des hommes, parlaient bas, comme s’ils craignaient de déranger quelque secret ancien.

Dans ses mains, elle prenait toujours la même tasse de café, et dans cette tasse reposait un minuscule chaton, aussi calme qu’une ombre.

Une autre femme, habituée du lieu, au pseudo de biche unicorne, observait la scène, jour après jour. Elle trouvait qu’elle ressemblait bougrement à la femme au chapeau de son défi. Elle tenta donc d’en faire un récit clinique, persuadée qu’il s’agissait d’un phénomène étrange, peut-être même d’un cas rare à consigner dans un billet savant.

Mais plus elle regardait, moins elle comprenait.

Car le chat ne buvait pas, ne miaulait pas, ne bougeait presque pas.
Et pourtant, il semblait vivant.
Et pourtant, il semblait rêver.

La blogueuse finit par demander à la femme :

– Madame, pourquoi ce chat dans une tasse ?

La femme répondit simplement :

– Parce qu’il ne faut jamais confondre la fragilité et la liberté. Certains êtres ne grandissent qu’à l’abri d’une porcelaine.

La Licorne, écornée et perplexe, voulut en savoir plus.
Mais déjà, la femme au chapeau se levait, laissant derrière elle une légère odeur de café noir et un silence qui pesait comme une énigme.

Le lendemain, elle ne revint pas.
La tasse resta vide.
Et notre auteure comprit alors que son récit clinique ne serait jamais qu’une coquille vide :

ce qui compte dans une fable n’est pas l’explication, mais l’échappée.


(P-L)



Création : Anna Ósk Erlingsdottir, Cafe Paris


JEU 117 : "Ernestine" - AlainX

 

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     Ernestine de Clochechapot, née Gallur,  l'avait fière. Elle avait pris ses quartiers d'orange au café  « la Cloche », face au Palais de justice, où elle se rendait chaque matin boire son Lavazza qui lui rappelait tellement ce bel italien dont elle fut follement amoureuse, durant quelques semaines, mais qui l'avait néanmoins plaqué un soir, et ça, c'était fort de café !

Depuis, de noir vêtue, elle traînait son ennui en compagnie de son vison triste lové autour de ses épaules en guise de consolation tentée. Ses boucles d'oreilles pendaient tristement de ses lobes, comme les extrémités de pendules de mauvais augures. Son collier à trois rangs de perles fines, mais grossièrement enfilées, se demandait s'il n'aurait pas mieux fait de se détacher, les perles se répandant sur le plancher avec des petites roucoulades de glissades entre les lattes du plancher.

Peut-être que l'incident aurait attiré l'attention de l'homme qu'elle fixait du regard depuis un bon moment. Il était assis à la table de l'autre côté, en robe, et ne levait pas le nez de la revue judiciaire « la Gazette du Palais » avec une attention de juge d'instruction sur le point de rendre son ordonnance de renvoi afin qu'il soit statué sur ce viol conjugal.
Ernestine rêvait de s'envoyer en l'air avec la Justice.

Pour l'immédiat, elle tenait en main une revue : « la Gazette du jour qui vient », dont elle n'avait pas tourné une seule page depuis trois quarts d'heure. Les nouvelles qu'elle contenait allaient finir par ne plus être très fraîches. Pourtant, un article était intéressant concernant l'homme qui prenait sa femme pour un chapeau. Il relatait que celui-ci avait brusquement disparu. Toutes les polices cherchaient à le retrouver pour une confrontation au commissariat entre la femme et le chapeau.
La presse tenait en haleine son auditoire depuis plusieurs semaines avec ce sujet à rebondissements. Chapeau les journalistes !

Le juge se leva, paya et sortit.
La femme garda son regard fixe. De fait, elle regardait la porte là-bas, plus loin, avec ce panneau qui y était cloué : « Toilettes Fraîches ».
Elle songeait : j'y vais ? Ou pas ?
Cruel dilemme dont la résolution finirait par devenir pressante.

 

AlainX

 

 

JEU 117 : "Au café des Lilas" - Jill Bill

 
Au café des Lilas

 Recherche mots clés, vieux paris, photos anciennes et photographies d ...
 
L'homme qui...
L'homme qui prenait sa femme pour, pour...
Ben pour qui ?

Non ! Quoi !
Un chapeau... !!
Et qui se prend lui même
Pour un chien renifleur
D'après le dernier récit clinique
Que je tiens de ma concierge Edith
Qui a la caricature, facile, ma foi !

Tu m'en diras tant ;
Ben tiens, et moi je suis l'homme invisible !

Sachs, pas si fort, c'est elle, attablée...
La pauvre, elle mérite mieux
Qu'un vieux mari gâteux dû à l'âge,
Mais à la voir
Col de vison et rivière de perles
Il a encore un côté gâteau !!

Pour la bagatelle, je lui suppose un amant ;
Dommage, j'aurais bien tenté la chose... !

Mais, elle te fixe, Olivier,
Bouche en coeur, oeil de velours sous le bibi ;
Propose lui un autre café crème tiens...
Elle semble si, libre,
Si, seule,
Si, intéressée,
Tu ne vas pas en baver des ronds de chapeau !

 

 

 

 

JEU 117 : "L'homme qui..."

 

- Atelier d'écriture pour le mois d'avril -
  

Ce mois-ci, vous êtes tous invité(e)s 
 
à  créer un texte
 
à partir de cette photo :

Recherche mots clés, vieux paris, photos anciennes et photographies d ... 

 et de ce livre : 

"L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau

 et autres récits cliniques"

 d'Oliver Sachs

.


Comme d'habitude, vous pouvez (au choix) :


Placer les mots du titre

dans l'ordre ou dans le désordre

- Prendre le titre de ce livre comme titre de votre texte

- Ou faire référence dans votre texte au contenu de l'oeuvre

(en l'imitant, le complétant, le citant...etc)

.


Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 avril 2026
.
 
A vos plumes !
 
Il me tarde de voir

ce qui sortira...

de votre imagination

et de votre chapeau ! 
 
.

La Licorne
.

 

vendredi 20 mars 2026

AI (2) : "Emojis"






Les émojis,
C'est bien joli
C'est bien gentil
Mais on choisit
toujours les mêmes :

Je te souris ☺️
Ou bien je t'aime ❤️
Des gros bisous 😘
Des câlinous 🐇
Des pouces en l'air 👍
De grands mercis 🙏
Des rires pardi 😁
J'me roule par  terre 🤣
Super ! Super ! 👏

...ça tourne en rond ! 🛞
C'est le ron-ron ! 

Images usées 
A renouveler
Fini le rose
En overdose

Je vous propose
Tout autre chose :
De l'inédit.
Je vous déplie
Une ribambelle
D'images nouvelles...

Voyons, voyons
Un arc-en-ciel ? 🌈
Une coccinelle ? 🐞
Un os à moëlle ? 🦴

Non, j'ai bien mieux...

Paire de gros yeux ? 👀
Jambe de robot ? 🦿
Ou grosse molaire ? 🦷
Langue de vipère ? 🐍
Ou bel OVNI ? 🛸
Une fourmi 🐜
Ou un caddie ? 🛒

Chapeau melon ? 🤠🍈
Drapeau breton ? 🏴󠁦󠁲󠁢󠁲󠁥󠁿🏁



Et puis, tiens, tiens,

Un pangolin...  


Couché en rond,

Il est mignon...

 
Un cocotier ? 🌴 
Un calamar ? 🦑
Une lune noire ? 🌚
Un gyrophare ? 🚨
Une gousse d'ail ? 🧄
Une Tour "Dubaï" ?  🏢

Une comète ? 💫
Une cacahuète ? 🥜
Une chauve-souris ?🦇
Un jeune zombie ? 🧟 
Un vieux babouin ? 🦧
Un beau vampire ? 🧛‍♂️
Ou même pire :  😦
Un homme enceint !🫃

Oui, ça existe !
Est-ce que c'est bien ?
Est-ce que c'est triste ? 
Je n'en sais rien. 
 🤔 


Mais y'a un truc
Qui est parti
C'est le mot juste
C'est le mot dit
La poésie
La langue fine
Les longues lignes
De nos aïeux 
🧄🥚🥚🥚
ça, c'est fini !


 🧄
Aïe ! 
D'heure en heure
La langue se meurt
Sous les p'tits coeurs 

Crébillon pleure
🧅
Hugo
gémit...

Et mot
gît. 





.
La Licorne
.
 

Pour l'Agenda ironique de mars

 

(deuxième texte)
.

 

mercredi 18 mars 2026

Atelier de Villejean : "Soirée électorale"




22 mars 2026. 
Salle de mairie de Trifouilly-les-Arsurettes.
La campagne a été compliquée. Et chaude.  Vraiment chaude. Dédé, le maire sortant, aurait pu "mettre une clim" dans son village...s'il en avait eu les moyens. 

Toutes les occasions de se déchirer ont été saisies. 
Hubert, le prétendant, qui se projetait maire depuis 10 ans, s'était mis en tête de séduire le "ventre mou" du village et il n'y est pas allé de main morte. Il avait déposé des tracts dans toutes les boîtes à lettres et, dans sa bafouille, on pouvait relever des expressions-missiles comme "immobilisme", "décrocher la toile d'araignée", "fautes inutiles", "réponse du berger à la bergère"...Bref, il est allé droit au but

Dédé a tenté de jouer en défense et de le marquer à la culotte, mais il s'est un peu pris les pieds dans le tapis. Ses réponses émaillées de "si c'est pas malheureux", "voilà la vérité vraie"...n'ont pas vraiment convaincu. 
A partir de là, le débat s'est peu à peu envenimé. Aucun des deux n'étant capable de faire preuve d'humilité (avec un grand U), le combat est devenu plus "viril"...et histoire de ne pas laisser une chance à l'adversaire, chaque mot prononcé par l'ancien maire fut désormais "retourné" contre lui, avec une régularité de métronome

A chaque "attentat" verbal, le pauvre Dédé essayait de "faire le vide dans sa tête". Il se disait que, depuis 18 ans qu'il portait l'écharpe tricolore et qu'il faisait tourner la commune, il était "passé au travers" de choses autrement plus graves... Ce n'était pas un "bleu", mais, au fond de lui, il se sentait quand même comme le petit poucet, face à l'ogre. Un peu impuissant. Faut dire qu'Hubert faisait, à la louche, deux têtes de plus que lui, qu'il était dentiste dans le civil. Il parlait bien et il en imposait. Le genre de type sûr de lui, difficile à museler. 

On s'enlisait dans le match classique gauche caviar - droite cassoulet...quand, un beau matin, en se croisant par hasard sur le petit pont de Trifouilly, les deux candidats faillirent même en venir aux mains. Les grosses paluches d'agriculteur de Dédé auraient-elles eu raison des mimines blanches d'Hubert ? On ne le saura pas car, par chance, le gros François s'interposa. Camionneur de métier, il fit un "arrêt-buffet" qui restera dans les annales. 

"En voilà deux qui ne passeront pas leurs vacances ensemble, avait-il commenté au café du coin, j'ai vraiment cru que ça allait finir par une praline.
- Ouais, il est temps que ça se termine, sinon ils vont faire comme à l'école, quand ils étaient plus jeunes...régler la chose en roulant dans l'herbe...avait dit un autre.
- C'est sûr ! ça craint......avait répondu le tenancier en lavant les verres. Le grand Hubert est furax. Les trois points d'avance que Dédé avait pris sur lui il y a six ans lui sont restés en travers de la gorge, on dirait. Croyez-moi, il ne va rien lâcher ...Ce n'est pas le genre à se déclarer battu ou à jouer les doublures. Plutôt le genre à vous glisser une savonnette sous les pieds. Et avec ça, menteur comme un arracheur de dents ! "
Tout le monde avait rigolé. 

Le dimanche soir arriva enfin. Tous les habitants étaient massés dans la salle de mairie. 

Le dépouillement commença ultra-fort : les dix premiers bulletins étaient en faveur d'Hubert. 
Un score-fleuve. Le dentiste, sans écouter les consignes, ne put s'empêcher de commenter. 
On entendait son accent pointu depuis le fond du couloir. 
"Allez, c'est bon...Le résultat est téléphoné. Tu peux faire tes valises, Dédé !". 

Mais, contre toute attente, Dédé effectua ensuite une "remontada" fulgurante : 
une vingtaine de bulletins plus tard, le score était parfaitement équilibré. 
La salle, silencieuse, retenait son souffle. 
Soudain, un léger courant d'air...
C'étaient les enfants, qui, de dehors, observaient la scène par une petite lucarne

Hubert se rapprocha de la porte. Sa grande silhouette, en contre-jour, 
se détachait nettement dans le cadre. Pour se donner une contenance, 
il posa sa main sur le montant.  
"Vas-y, grand, joue les portiers...et touche du bois ! gloussa le cafetier."

Il ne restait plus qu'un seul bulletin. 
Le conseiller prit son temps. Il essuya ses verres de lunettes sur son maillot sang et or, déplia soigneusement le petit papier blanc, sourit un peu...et comme on tire une dernière balle, lança à la cantonade : 
- "André Martin" !

Ce qui suivit ? Je crois qu'on entendit un cri étranglé près de la porte (exactement le même que celui poussé quarante ans plus tôt, au moment où, face à un but immanquable, Hubert avait flanché et s'était écroulé - rupture soudaine des ligaments croisés -...tandis que Dédé, devant les filets, repoussait le ballon d'une tête piquée).

Mais le cri en question fut immédiatement recouvert par un grand brouhaha : le tenancier et ses amis avaient attrapé Dédé et le soulevaient au-dessus d'eux, en hurlant :
" T'es le goat, Dédé ! T'es le goat ! "
Passé de "goal" à "goat", Dédé, aux anges, était à nouveau porté en triomphe...et c'est peu dire qu'il savoura sa victoire...
Même le baby-foot du café s'en souvient !

La Licorne

.




(toute ressemblance avec des faits réels
est bien sûr entièrement fortuite...)

.

Pour l'Atelier de Villejean

dont la consigne était la suivante :




Nous travaillons à partir du « Dico français-français » de Philippe Vandel et de son chapitre 4 sur le vocabulaire du football. Saurez-vous insérer entre cinq et dix de ces expressions dans un texte où vous parlerez d’une activité essentiellement statique :

- une soirée électorale – une partie d’échecs – la réalisation d’un puzzle – la commande de billets de train sur SNCF-connect – un concert, une pièce de théâtre, une conférence – un atelier d’écriture – une séance d’aquagym ou de pilates – un voyage en train ou en bus – la lecture d’un polar – une visite chez le médecin, au musée ou chez une vieille personne – toute autre situation dans laquelle on ne risque pas un claquage musculaire ?


marquer à la culotte – dans le cadre – balle – lucarne – décrocher la toile d’araignée – petit filet – couloir – herbe – goat (greatest of all time) – doublure – métronome – portier – téléphoné – impuissant – battu - missile – praline – pointu – tête – savonnette – caviar – retourné – louche – museler – arrêt-buffet – score fleuve – valise – remontada – classique – ventre mou – mimine – paluche – viril – hold-up – biscotte – à la douche ! – petit pont – mettre une clim – faire tourner – se prendre les pieds dans le tapis – se déchirer – se projeter - passer au travers – toucher du bois – sang et or – tricolore – à partir de là – pas malheureux – comme à l’école – ne rien lâcher – comme ils viennent – faire le vide dans sa tête – cadrermarquer – ils ne passeront pas leurs vacances ensemble – l’entraîneur est dentiste dans le civil – compliqué – faire preuve d’humilité avec un grand U – une tête piquée – écouter les consignes – petit poucet – bleu – ultra – ligaments croisés – les trois points – "réponse du berger à la bergère"...– immanquable – laisser une chance – courant d’air – attentat – but – la réponse du berger à la bergère – voilà la vérité vraie

(tant qu'à faire...j'ai - presque - tout mis !!)




samedi 7 mars 2026

AI (1) : "Depuis le temps" - La Licorne






Depuis le temps qu'on demandait
Un nouvel air
Une nouvelle ère
Depuis le temps qu'on attendait
La fin d'un cycle
Dans l'hémicycle

Depuis le temps que ça tournait
Toujours en rond
En vieux ronron
Depuis le temps que ça changeait
En apparence
Avec constance
Depuis le temps qu'on nous servait
De beaux discours
Qui tournaient court
Depuis le temps qu'on nous menait
Tous en bateau
Incognito
Depuis le temps qu'on nous mentait
Le jour la nuit
Oui, sans répit
Depuis le temps qu'on nous servait
Via la presse
De belles promesses 
 
Depuis le temps qu'on y croyait
Aux élections
Et aux fictions
Depuis le temps qu'on le payait
De notre sueur
Et d 'nos malheurs
 
Depuis le temps qu'on se moquait
De tous les gens
Et tout le temps
Depuis le temps qu'on la sentait
L'odeur fétide
D'un monde cupide 
 
Depuis le temps qu'on s'endormait
Devant l'info
Les vidéos
Depuis le temps qu'on nous prenait
Pour des gamins
Et par la main
Depuis le temps qu'on espérait
Un monde nouveau
Un monde plus beau
Depuis le temps qu'on en rêvait
De cette saison
En floraison

Est-ce qu'on y va ? Est-ce qu'on y est ?
Est-ce qu'on la voit
La mauvaise foi ?
Est-ce qu'on évente les secrets
Est-ce qu'on est mûr ?
Sûr ? Sûr de sûr ?
Ou est-ce qu'on repart pour un tour ?
Tour de manège
Et sortilèges
Retour des roulements de tambour
Guerre et violence
Folie, Souffrance ?
 
 
 
 
.

La Licorne

.

 
P-S : 
1) Les émojis ci-dessus ont été créés
de toute pièce  pour ce texte...
 
 
 
 Jimi Hendrix - Quand le pouvoir de l’amour surpassera l’amour du ...
 
 
Pour l'Agenda ironique de mars


Sur le thème d’un nouveau départ, 
d’un recommencement, d’une nouvelle ère

Il fallait aussi introduire du cercle, 
du cycle, du circulaire,
 
et mettre en lumière des "émojis" ... 
qui n’existent toujours pas en 2026
.