lundi 26 octobre 2026

AI et Atelier de Villejean : "La manif"

 

Pour l'Atelier d'écriture de Villejean

Rimes en -ste ou -stre

(consignes ICI)

.

et pour l'Agenda ironique d'octobre

chez Tiniak

(deuxième texte)

Le premier est ICI

.



Samedi dernier, après ma sieste, 

J'ai enfilé une petite veste

J'étais encore un peu à l'ouest

Y'avait des cris, du bruit...j'déteste

J'ai dit : "Mais qui donc manifeste ?

Mon dieu, mais la rue, c'est l'Far West !"


Je croise alors la fille d'Ernest

Une ado, le genre "petite peste"

Les cheveux bleus, jolie du reste.

Elle me dit : "Viens voir, on conteste

On en a marre de ces ministres

Qui nous rendent la vie sinistre

L'école, c'est un vrai désastre

Mais ils s'en foutent, les gens d'la caste !"


Moi, bien qu'du style iconoclaste

Je ne me montre guère enthousiaste :

Pas envie d'un nouveau Belfast !

Mais comme vraiment elle insiste

J'prends un carton à l'improviste

Et dans la foule je m'incruste

Entre deux gars plutôt robustes.


Tous les jeunes hurlent : "C'est trop injuste !

On ne veut plus d'vot'lit d'Procuste

Ni de vos vieux locaux vétustes !

Chaque jour on attend des lustres

Entre deux cours, c'est la flibuste

Pas de pions, alors on déguste !

On nous donne des profs low-cost

On les envoie aux avant-postes

Sans formation...Nous, on riposte...

 On fait c'qu'on peut, et on s'ajuste

Mais vot' Parcoursup, ça nous frustre !

C'est comme jouer à la roulette russe !"


Moi, derrière mon carton d'gréviste,

J'écoute des doléances la liste

Et franch'ment, je trouve ça bien triste.

Alors, dans la foule qui me booste,

Je crie fort : "Oust ! Les ministres, oust !"

Et c'est là que j'me prends une rouste

Une énorme, Tonnerre de Brest !

Vrai, la matraque était si preste

Que l'flic devait être ambidextre !

Je finis rouge comme une langouste

L'menton cassé, l'genou "couscous"


Et c'est depuis ce jour funeste, 

Qu'on s'fout d'ma gueule façon "cubiste"

Et d'ma dégaine d'unijambiste.

Bon, peut-êtr' pas l'ami Ernest

Lui, il se la joue plus modeste

Lui, c'est vraiment un mec altruiste...

 Il m'aide, il n'est pas égoïste

Faut dire qu'il peut bien faire un geste :

J'lui paie ses vacances à Trieste

Vu que...ben...c'est lui mon dentiste. 

.

La Licorne

.

Pour l'Atelier :

j'ai mis...autant de rimes que je pouvais...

Pour l'Agenda :

Y'a un poème, y'a d'l'ironie,

y'a un geste (à la fin),

et y'a un mec presqu' occis, presque mort...

je crois qu'on est bon !

;-)

Ah, non, manque 

une p'tite chanson...



dimanche 25 octobre 2026

JEU 123 : "Le profil de l'Olympe" - Lothar

 



Le téléphone gisait face contre marbre.

Une poussière légère s’était déposée sur l’écran fendu. À côté, un casque de hoplite renversé reflétait encore un point rouge, minuscule, obstiné. Plus loin, le socle de la Muse portait l’empreinte d’une main restée trop longtemps immobile.

Chez nous, les dieux, tout n’était que perte et ténèbres.

Zeus demeurait assis parmi les éclats de lumière froide. Une vis d’armure roulée dans un coin semblait s’être desserrée toute seule. Sur l’écran, malgré la fissure, un profil restait ouvert.

Deux chevaux pâles galopaient dans la photo. Un cœur rouge brillait encore.

Zeus voulait moderniser l’éternité. Un peu moins de foudre. Un peu plus de charme. Il avait poli sa barbe, adouci sa biographie, remplacé « maître du ciel » par « amateur de longues promenades sous les constellations ».

La Muse avait levé les yeux au ciel.

Puis Hippolyte était apparu.

Puis un autre profil encore : cet hoplite au casque brillant, au sourire immortel, avec cette assurance tranquille des statues qui ignorent qu’elles sont en pierre.

La Muse avait laissé son téléphone à côté du sien. Un cœur rouge, un écran fendu, une vis tombée, la poussière revenue sur le marbre.

Zeus cherchait l’amour éternel ; sa Muse venait de balayer vers la gauche.




samedi 24 octobre 2026

JEU 123 : "Nous, les Dieux" - tiniak

 


Piyou-ouiyou pip pip, piyou-ouiyou…Youiii pip pip…
Swissshhh, rrr’fissshh, wissshhhh…
Clang-cling… P’step… P’step… P’step… Cling-cling…
Mrrummeunem… Grmbl ?… Mrneum mâh, ho ho ho…
Swissshhh, rrr’fissshh, wissshhhh… Swissshhh…
Piyou-ouiyou, ouiii pip pip…


“- Brrr ! Ça caillou-bilou… On était mieux sur not’ caillou à nous, nom de Z’…
– Ȋaou, Dimitrios ! Va pas nous attirer les foudres du Vieux. On est chez lui, tout d’ même !
– Mwof ! A c’t’heure, ça roupille sec, là-d’ssous.
– Que tu crois, mon pélot. Mate un peu voir qui se pointe à la terrasse, là en bas.
– Oἴmoi, Agápios ! Ce s’rait-y pô… ?
– Que ouiche, ίattataί ! Not’ déesse en personne.
– Êmarton, mon pélot. Ante ! On continue la ronde, hein ?
– Amé !”

L’Æden était encore paisible, en ce petit matin succédant aux vastes agapes qui l’avait pourtant secoué, douze jours et douze nuits durant, pour célébrer le retour en grâce d’Athéna au palais d’Olympie. Il y aura fallu la victoire totale des Dieux sur les Géants, où le génie tactique, la ruse et la sagesse de la fille de Zeus ont prévalu sur la brutalité primale des assaillants.

Première à jouir de cette paix nouvelle, Athéna vint prendre le frais sur la terrasse dominant la mer quand, opportunément, un vent dissipa les nuées et lui permit d’apercevoir la main calleuse de la Grèce, agrippant les flots capricieux de la Méditerranée. Une bienveillante nostalgie dirigea les pensées de la déesse vers la cité d’Athènes qu’elle chérissait tant. En retour, l’attachement et la dévotion des habitants à son égard induisirent qu’on lui préférât désormais le nom d’Athéna à celui de Pallas.



Un lent soupir mélancolique s’échappa de la divine poitrine, formant une petite nuée devant l’ourlet charnu de ses lèvres.
“Nous, les dieux, songea-t-elle, serons toujours liés, bon gré mal gré, au commun sort des mortels. Oἴ, οἴ…”

À main gauche, légèrement en retrait de son point de vue, Athéna vit, sur le chemin de ronde, Panayiotis, l’un de ses fidèles Dékadarques donner, d’un geste bref, l’ordre de relever la garde.

Un souffle marin, bien connu, soulevant sa crinière, lui caressa la nuque.
« – Tout va bien, ma nièce ?
– Tout coule, Pôpo’, tout coule*…
– Oui. Et dessus, la vague. »

Swissshhh…



Illustration originale – Jean-Jacques Briquet [©2020]

*Glossaire utilitaire*
Πάντα ῥεῖ [Pánta rheî] : « Tout coule »; formule attribuée au philosophe Héraclite sur le caractère changeant du monde.

Expressions et Interjections helléniques :

αμέ [amé] = Bien sûr !
Άντε ! [An’té !] = Allez ! / Vas-y !
ἥμαρτον [êmartonne] = mea culpa
ἰαῦ [iaou] = hé, ho
ἰατταταί [iattataï] = hélas
οἴ [oï] = hélas, ouille
οἴμοι [oïmoï] = pauvre de moi


Clin d’œil subliminal :
Pôpo est ici employé en manière d’ultime jeu de mots…
1. à la fois comme diminutif (putatif) de Poséidon (le tonton)
2. Πω πω ! [Po po !] : marque l’étonnement, l’admiration ou la surprise face à une situation; et pas qu’en grec ancien, pour le coup.


vendredi 23 octobre 2026

AI d'octobre et JEU 123 : "Rencontre" - La Licorne



Fontaine Pallas-Athéna à Vienne

(Personnages : Le Danube et son affluent L'Inn) 

.

- Grands Dieux ! Que faites-vous là, mon cher Dan ?

- Eh bien, comme vous pouvez le constater, Linn, 

je bulle et je me la coule douce.  

J'aime rester dans mon lit, 

mais ce n'est pas de tout repos, 

vu sa longueur.

- Je vois, je vois...Et quel vent fripon vous amène jusqu'à moi ?

- Un vent léger, ma chère. Je me suis dit que je pourrais passer

à Vienne, histoire de vous revoir.

- Vous avez bien fait. Justement, je pensais à vous.

- Ah bon ? J'en suis flatté.

- Oh, ne vous réjouissez pas trop vite. C'est que, comment dire ? 

J'avais une petite faveur à vous demander. Mais je ne sais pas si j'ose...

- Faites donc, vous savez que je ne peux rien vous refuser.

- C'est que l'été a été particulièrement long, cette année, et ...

- Et quand la bise fut venue... ? 

Hum, moi, j'aime quand c'est le temps de la bise...:-))

- Ne vous moquez pas, je vous en prie...

- Mais je ne me moque pas, chère amie...

Loin de moi l'idée de vous charrier...

je bois vos paroles, je me noie dans vos yeux...:-)

et j'attends que vous me contiez la source de vos ennuis...:-)

- Vous n'avez pas changé, je vois. 

Une pluie de compliments...un déluge de bons mots...

Ne croyez pas que je vais succomber aussi facilement à votre charme...

je ne suis pas une évaporée...

- Dommage ! Pour une fois que je croisais quelqu'un de potable...;-)))

Mais revenons à notre sujet : que vous arrive-t-il ?



- Eh bien, c'est à cause de ce fichu dérèglement climatique...

vous en avez entendu parler, je suppose ?

- Bien sûr que je suis au courant. Tout le monde me pompe avec ça...

ça fait couler des torrents d'encre et de salive depuis quelques années.

- Eh bien, cette année, ça a été pire que jamais.

Le soleil impitoyable a brillé en continu. 

Une chaleur intense, une canicule insupportable.. 

Et pas le plus petit nuage à l'horizon...

Pas une goutte pendant des mois, rien de rien...

J'ai tenu pendant trois mois, mais aujourd'hui, voilà...

je suis à sec. Vraiment à sec.



- Ma chère amie, je comprends votre détresse. 

Vous n'êtes pas la seule dans ce cas. On m'a déjà sollicité bien des fois.

Fin août, j'étais même débordé...

Je suppose que vous avez besoin d'un peu de liquide ?

- C'est ça. Vous avez compris. Vous pourriez me dépanner ?

- Je vous dois bien ça, Linn. 

Puisque d'habitude, c'est vous qui m'en donnez...

Laissez-moi une minute, j'ai encore quelques réserves, 

je vais chercher ce qu'il faut.

- Oh, c'est tellement gentil à vous, Dan ! Merci beaucoup !

- De rien, ma chère. Tout le plaisir est pour moi.

Nous nous connaissons depuis si longtemps...

Disons que ce sera ma façon d'arroser nos retrouvailles.

Mais si l'année prochaine, il pleut de nouveau suffisamment,

eh bien, pour me remercier, n'hésitez pas...

 à vous jeter dans mon lit... :-)))

.

La Licorne

.




Pour le Jeu 123 de Filigrane

"Nous, les Dieux"

(mots placés)

et

Pour l'Agenda ironique d'octobre

chez Tiniak

.

Tiniak nous proposait de traiter 

de quelque chose d'actuel et de pénible

(ne souhaitant pas rajouter de la violence à la violence,

ni du chaos au chaos,

j'ai choisi le thème de la "canicule" et la "sécheresse",

qui, vous en conviendrez...furent "pénibles" aussi)

.

Il convenait de traiter le sujet 

de façon "ironique" et "poésique"...

et d'ajouter, si possible,

une fleur, une odeur, un geste, 

une musique, un moment paisible… ? 

.

J'y ai donc mis...

un peu de romance...

un geste de générosité...

et pour faire bonne mesure, 

quelques belles musiques...

(que vous trouverez 

en cliquant sur les 4 images).

.

Bonne lecture...

et bonne écoute !

.



Concernant la poésie "anti-violence", 

(sujet premier de l'Agenda ironique)

je laisse la place à plus douée que moi :


et je vous renvoie aussi



dans lequel je fulminais contre un monde

"qui ne tourne pas rond" !
.






lundi 12 octobre 2026

Jeu 123 : "Nous les Dieux"- Lilousoleil



Nous les Dieux


Nous les dieux, nous avons tout essayé : lancer la foudre, déclencher les tempêtes, provoquer des passions, semer la zizanie. Mais les humains sont incorrigibles. Ils nous prient le matin, nous oublient à midi et nous accusent le soir de tous leurs malheurs.

Nous, les dieux, avons pourtant fait de notre mieux. Nous leur avons donné la beauté, l’intelligence, le rire… et même la liberté. Grave erreur ! Depuis, ils font n’importe quoi et réclament notre intervention dès que le ciel leur tombe sur la tête.

Alors, entre deux colères de Zeus et trois caprices d’Aphrodite, nous prenons une pause. Après tout, être immortel ne signifie pas être disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre !

Et si les humains savaient combien nous les envions parfois… Eux au moins ont une excuse pour leurs bêtises : ils ne sont pas des dieux !

dimanche 11 octobre 2026

JEU 123 : "Les amants éternels" - An'Maï

 



Les amants éternels


- Quelle chance nous avons, hein chéri !

- Si tu le dis ma beauté !

- Ben oui quoi ! Nous les Dieux, nous avons tous les droits ! Vivre nus dans notre Panthéon, ça ne nous fait ni chaud, ni froid. Nul ne viendra nous arrêter pour exhibitionnisme !

-Tu as raison ! Mais quand même, te voir en petite tenue ne me laisse pas de marbre !

- Je vois ça, je vois ça !

- Allez, prends pitié et couvre ce sein que je ne saurais voir !

- Quel Tartuffe tu fais ! Et ce n'est pas correct de plagier notre copain Molière ! Il doit se retourner dans sa tombe de mortel !

- Je n'y peux rien ! Tu me fais tellement d'effet que j'en suis gêné !

- Depuis le temps tu exagères ! Moi ça ne me gêne pas de te regarder ! Je te trouve tellement beau gosse ! Juste un détail, tu pourrais te raser !

- Pourquoi ?

- Quand je t'embrasse, ça gratte !

- Puisque nous en sommes aux détails, moi, je déteste ton chignon ridicule !

- Hola ! Tu vas vexer mon coiffeur ! Le meilleur du coin soit dit en passant !

- Peut-être mais moi, je préfère quand tes cheveux dénoués caressent tes jolies épaules !

- Je te comprends chéri ! Mais le chignon c'est pratique ! Je n'aime pas avoir les cheveux dans les yeux quand Éole lâche tous ses vents !

- Tu sais bien qu'il en fait exprès ! Il est jaloux de moi !

- Tu crois ?

- J'en suis sûr ! J'ai vu comment il te mate sans vergogne !

- Tu veux que je libère mes cheveux et en même temps, tu voudrais que je me couvre la poitrine ! Tu n'es vraiment pas logique !

- Je sais chérie ! Pardonne moi !

- Tu es tout pardonné ! Allons, faisons un compromis ! Tu te rases la barbe et moi, je vole m'acheter un soutif !

- Pas question ! Restons en là et à Dieu vat !


An'Maï




mardi 6 octobre 2026

JEU 123 : "Là, il fallait être initié" - Nana Fafo





Mont-Lycée, Vendredi, 10h03, cours de philo de Pingouinnot avec les Terminales B2.


Pour ce nouveau sujet de Philo accrocheur,

le numéro 123, ce sera un atelier de groupe.

Les Terminales B2 vont bosser sur le thème 

"Si vous étiez Dieu, que feriez-vous ?"


Pingouinnot a toujours des sujets choc,

il n'imaginait pas combien ses élèves avaient l'esprit contestataire contrarié.


Lorsque Laurent Outan a pris la parole, tout le monde a tendu l'oreille.

Et pour cause, sa voix a largement dépassé les murs de la classe.

Elle s'est invitée dans la cour du Mont-Lycée,

elle a grimpé sur le lampadaire pour éclairer les consciences et,

contrairement à certains adultes, elle n'a pas choisi la fuite.

L'information, elle, par contre, a fuité.

Et très vite.

Jusqu'aux autres établissements,

où quelques élèves ont commencé à vouloir, eux aussi, 

s'initier à la contestation.

(Et quelques adultes à la panique.)


"Si vous étiez Dieu, que feriez-vous ?" avait demandé Pingouinnot.

Le groupe de Laurent Outan avait visiblement retenu 

surtout deux mots : vous et Dieu.


Nous les dieux... commença Laurent.

Il marqua une pause.

Enfin non. Nous, VOS dieux !


J'accuse à nouveau les grands de ce monde,

de nous avoir trompé depuis notre plus tendre enfance.

Vous nous avez élevés comme des Rois

pour élever le niveau

pour prendre la relève

mais nous sommes englués dans vos attentes contradictoires

vous nous avez enlevés notre envie d'être élève !


On a dû vous le dire 1203 fois "Non, non, non..."

On s'attendait à un minimum de singerie mimétique

À ce que, de temps en temps, vous nous répondiez : NON !

Un non qui nous montre la voie pour trouver nos propres oui.


Mais non ! Vous avez choisi la fuite,

par facilité, parfois, lorsque vous avez remplacé le dialogue par une lumière bleue

par peur, souvent, lorsque vous nous avez gavés d'un régime de satisfaction...

Vous nous avez rendus saturés !


Et puis, même l'école s'y est mise...

à entasser des heures de connaissances,

à choisir une orientation de plus en plus tôt,

à remplir notre vie de devoirs,

comme si notre vie en dépendait !


Heureusement, notre prof de Philo a commis une erreur.

Il nous a initié à l'esprit critique.

Alors aujourd'hui, nous nous initions à la contestation

car notre initiation à la panique dure depuis trop longtemps...

Un long silence s'installa dans la classe.

Pingouinnot regarda Laurent,

puis son sujet 123 inscrit au tableau : 

« Si vous étiez Dieu, que feriez-vous ? »


Il prit sa craie et ajouta, dessous : 

« et si vous étiez simplement adulte... ? »


Dans la cour, quelqu'un commença à grimper sur un lampadaire.

L'initiation à la contestation venait officiellement de commencer.



Nana Fafo

.


Pour le samedi défi 944 sur le mot "initiation"



Pour le défi 203 de Mille et une sur le mot "fuite" 
et l'image d'une personne sur un lampadaire.




Pour le défi 123 chez Filigrane 
sur le thème "Nous les dieux"


.




samedi 3 octobre 2026

JEU 123 : "Elle et Lui" - AlainX





Elle : — Alors ? Tu continues à te prendre pour un dieu, ou tu acceptes enfin de considérer la réalité pour ce qu'elle est.
Lui : — Reconnais que j'ai quand même le profil de l'emploi. Je coche toutes les cases. La chevelure bouclée, la barbe idem, les pectoraux développés, la musculature là où il faut et le reste à l'envie. Ça ne te plaît pas ?

Elle : — Si, bien sûr, j'adore ! Tout ce qu'il faut là où il faut. Mais tu as quand même tendance à la ramener, alors que tu n'es jamais que… ce que tu es !
Lui : — Madame est jalouse ? Tous les mecs m'envient, alors que toi, certes tu es une femme bien agréable à regarder, mais quand même relativement répandue et ordinaire !

Elle : — Ah ! Le gros macho ! Qui se croit toujours sorti de la cuisse de Jupiter ! Va quand même falloir un jour que tu te décides à regarder la réalité pour ce qu'elle est. Tu n'es même pas un demi-dieu.
Lui : — On écrit sur moi « des romans fleuves », ne l'oublie pas. J'ai un truc bien plus long que beaucoup d'autres, qu'on m'envie partout dans le monde. Et je te rappelle que tu adores te jeter dans mes bras !

Elle : — Je le confesse volontiers, tu as su m'attirer vers toi irrésistiblement, j'adore me lover et m'unir à toi dans une étreinte dégoulinante.
Lui : — Toi et moi nous sommes faits pour nous unir et couler ensemble des jours heureux.

Elle
: — N'oublie pas cependant que tu n'es jamais qu'une allégorie du Danube et non je ne sais trop quel dieu de l'Olympe.
Lui : — Et toi aussi n'oublie pas que tu n'es qu'une allégorie de l'Inn et qu'à un moment donné tu te jettes dans mes bras amoureusement.

Elle et Lui : — Nous sommes désormais assignés à résidence dans la Fontaine de Pallas Athena, devant le parlement autrichien à Vienne. Certes nous sommes un peu figés, mais on voit passer beaucoup de monde.



À voir ici :
https://thumbs.dreamstime.com/b/architecture-viennoise-21263644.jpg
les deux personnages de la photo ne sont pas Zeus et une déesse. Ce sont l'Inn et le Danube personnifiés.



jeudi 1 octobre 2026

JEU 123 : "Le dilemme" - jill bill






Le dilemme


Des dieux à faire des dieux
J'y cours, j'y vole
C'est ça, ou l'école des sorciers
Ah quel dilemme
Pour un Larry Botter...


Vais-je être reçu ;
Ca discute à messe basse entre dieu et déesse
Soudain...


« Nous, les dieux
Te prenons entre notre sein
Quel choix feras-tu
Entre diverses promotions...!? »


« Nous te prévenons
Ce n'est point de tout repos
Bâtir des cités nouvelles
Gérer les foules folles
Inventer une religion pour crédules
Recréer un paradis perdu... »


« Mais, dans nos rangs
Nous avons des ambitieux
Prêts à te tuer.......
Aphrodite la séductrice
Brillante telle un phare dans la nuit,
Tentera de t'aveugler, elle... »


« Alors... ? »


Réflexion faite
A l'école Foudlard ce sera moins sorcier.... !!





JEU 123 : "Nous les Dieux"



- Atelier d'écriture pour le mois d'octobre -

 
Chers ami(e)s écrivant(e)s,
 
Ce mois-ci, je vous propose de prendre
 comme point de départ
cette photo :


Fontaine Pallas-Athéna à Vienne
 

et ce livre :


de Bernard Werber

.

Rappelons que vous pouvez , au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre

dans votre texte

 

- Ou faire en sorte que ce titre de livre 

soit aussi le titre de votre texte


- Ou, troisième et dernière possibilité,

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 31 octobre 2026

 

Au plaisir de vous lire !


La Licorne

 


 

mercredi 30 septembre 2026

JEU 122 : "Ecrire la vie" - La Licorne


Mois de septembre bien occupé...

je suis très en retard...





Ecrire la vie


Il y a ceux qui naissent dans les câlins, le lait tiède et les mamours. 
Et puis il y a les autres : posés dans un coin, nourris de lait cru et lâchés dans la vie sans parachute. 
Yves appartenait à la deuxième catégorie. Il vint au monde au mauvais moment, au mauvais endroit, dans la désabondance et sous un soleil d'abandon. 

Soixante  ans plus tard, au moment où ses amis tombaient, autour d'un verre, dans une franche nostalgie, lui, il bottait en touche.  
Mémoire, mode d'effroi : pas question de s'étaler sur ses souvenirs d'enfance. On ne passe pas autant d'années à fuir les heures "sauvages", à fuir la lumière, sans développer une certaine aptitude au secret.

Dans le quartier, on ne savait pas grand-chose de lui, sinon qu'il était écrivain et qu'il  passait ses journées, devant un ordinateur, à réinventer la vie. 
De fait, dès la première phrase de son premier livre "Le bal des foudroyés", il avait compris qu'il tenait là un moyen de réinventer SA vie. 

Debout dans ses rêves, à chaque fois, le temps d'un roman, il faisait peau neuve et devenait quelqu'un d'autre. 
L'enfant gris se dessinait un royaume...l'enfant oublié, abandonné, caressait le chat de Montaigne,  riait avec le diable, ou partait dans les airs, tel un petit cosmonaute, en compagnie du Petit Prince ressuscité. 

Devant le fabuleux piano du clavier, rien ne pouvait l'arrêter. Il était libre. 

Liberty, c'était d'ailleurs le nom de sa dernière héroïne. Car tout était possible en imagination. 
Même se projeter dans la vie d'une femme...
Le livre s'appellerait "Si nous étions captives"...Mais captif, il ne l'était plus. 
 
Et, en l'absence de corps, plus jamais il ne serait maltraité ou battu. 


La Licorne

 

Pour le Jeu 122

de Filigrane

"Ecrire la vie"

.

et pour l'Agenda ironique de septembre

proposé par Sabri'Na 

dans lequel il fallait placer 

des titres de la rentrée littéraire...

.

Comme j'arrive en retard...

carrément "après la bataille"...

(la date est passée, le vote est déjà en cours)

je me suis permis de ne pas respecter

entièrement la consigne

(je n'ai pas placé la phrase de Pennac)

.

Sur le thème "Les récits d'Yves", 

Sabri’Na nous proposait d’insérer au moins quatre titres

sur la série de vingt-six, que voici : 

Croire au code – Oroppa – Dessine-moi un royaume – Lait cru – La première phrase du premier livre – Le bal des foudroyés – Le fabuleux piano – Le chat de Montaigne – Mémoire, mode d’effroi – Le petit cosmonaute – Si nous étions captives – Stay free – Liberty – Halte au feu – Debout dans tes rêves – Fuir la lumière – En l’absence de corps – Le diable rit avec nous – La désabondance – La peau neuve – Heure sauvage – Demi Lune au soleil – Soleil d’abandon – L’enfant grise – Les récidives 
[sélections « Premiers romans » et « Littérature française »].

.

et de glisser cette phrase de Pennac dans "Chagrin d'école" :

“Statistiquement tout s'explique; 
personnellement tout se complique.”
.



lundi 14 septembre 2026

JEU 122 : "Ecrire la vie" - An'Maï

 





Ecrire la vie


Il y a des années de cela, sur un cahier d'écolière, elle a commencé à écrire la vie, sa vie d'adolescente loin de sa mère. Pour le faire, elle a choisi la poésie. Page après page, elle l'a rempli de mots qui disaient le chagrin, la colère, la séparation, l'espoir de meilleurs lendemains... Elle écrivait la nostalgie du village de son enfance où toute sa famille était réunie avant la mort du père.. Elle écrivait les jours heureux de l'insouciance, les parties de cache-cache, les baignades dans la rivière l'été venu, les vacances chez la grand-mère bretonne. Elle écrivait la chanson des vagues, celle du vent dans les blés murs celle du bruissement des feulles dans les branches des arbres.... Son crayon de bois courait sur les lignes, de rêves bleus en noires peines, de premiers émois en premières désillusions... Puis elle troquait son cahier contre un bloc à lignes et elle écrivait à sa mère de longues lettres. Elle lui racontait son quotidien, ses joies, ses larmes, ses disputes avec les deux soeurs placées avec elles, ses problèmes relationnels avec la nourrice, ses études, ses bonnes et ses mauvaises notes.... «Tu écris un roman ?»Se moquait Zabeth, une des filles de la nounou plus matheuse que littéraire.

Puis elle a grandi mais elle a continué à écrire la vie, à remplir des tas de cahiers avec ou sans spirales. Elle est juste passée au stylo, parce que l'écriture au crayon de bois, ça finit par faire pâlir tous les souvenirs.

Un jour, elle a raconté à sa fille aînée, le rêve étrange dans lequel le stylo en l'air, elle était en panne sèche devant les premières lignes d'un roman. Elle a commencé à lui décrire le sujet de ce livre qui, sans même qu'elle s'en rende compte, prenait forme dans sa tête. «Écris le» lui a -t-elle dit le plus sérieusement du monde.. Le soir-même elle posait les bases de son récit sur les lignes d'un grand cahier. Les cinquante premières pages écrites, elle a poursuivi l'aventure avec les personnages nés de son imagination.

La moquerie de Zabeth devenait réalité.

Puis le traitement de texte et le clavier d'un ordinateur, ont remplacé les cahiers et le stylo. Un deuxième roman a suivi, plus court. Puis un troisième qu'elle s'acharne à terminer. Un processus créatif long et parfois douloureux parce que chaque fois, elle s'attache à ses personnages et a beaucoup de mal à les quitter, surtout celui, féminin, auquel elle s'identifie machinalement. Toutes ses histoires sont empreintes de la poésie qui est la source originelle de son inspiration. Et puis il y a les ateliers d'écriture où le partage des mots rassemblent les mêmes passionnés de la plume. ces ateliers la remotivent et l'obligent à sortir de sa zone de confort : l'écriture en solitaire..

Mais toujours, elle écrit la vie parce que l'écriture fait partie de sa vie.






mercredi 9 septembre 2026

JEU 122 : "Ecrire la vie" - AlainX





Ecrire la vie

Elle décide d'écrire la vie.
Et pourquoi pas de la mettre en musique
il suffit d'aligner des notes sur la question.
Ce ne doit pas être bien compliqué.

Qu'on ne se méprenne pas, 
il n'est pas question d'écrire SA vie.
D'autant qu'elle n'a pas grand-chose à en dire.
Si ce n'est qu'elle s'effiloche.
Et la filocher elle n'y arrive point.

La vie est un carillon
une horloge qui égrène Big Ben.
C'est haut, notez le.

Il faut attendre la fin de vie
pour monter à la tour éternelle.
En attendant on babelle. *
Comme disent les gens du Nord.


Après l'avoir déposé dans l'herbe
ne reste plus qu'à tirer son chapeau
à celle qui tente vainement d'écrire la vie
pour ce qu'elle est, réellement, ou non.

**



* Parler de manière abondante




mardi 8 septembre 2026

JEU 122 : "Annie" - Jak





 - Annie -

Quelle aubaine, cette proposition sur Annie Ernaux,

de cinq ans ma cadette, qui me passionne.

Je l’aime profondément.

Peut‑être qu’à travers elle, je revis mon enfance.

La vie simple des gens simples, leur force tranquille pour s’en sortir.

Les filles sérieuses

Son premier parcours chez les sœurs

Les armoires vides

Les cabinets au‑dessus de la rivière.

Ses petites photos aux bords dentelés.

Et cet immense regret de ne jamais pouvoir connaître un jour

ces fragments intimes - ce Journal secret

qu’elle a interdit de publier de son vivant.

Mais je les imagine.


Et à ma manière, j’ai écrit ma vie,

J’ai retracé mon enfance vie 

grâce à l’album de famille de mes parents,

si précieux , qui a fait jaillir tant de souvenirs.

Je m’arrête là dans mes confidences,

car je n’ai pas son talent pour dire les choses.

Alors je me replonge dans la lecture de ses livres.

C’est ma façon de vivre un peu à ses côtés.

.


.