Filigrane
Ateliers d'écriture mensuels : textes, poèmes et jeux littéraires
samedi 21 février 2026
JEU 116 : "Tracts sur la ville" - Jill Bill
JEU 116 : "Vent de Mars"
- Atelier d'écriture pour le mois de mars -
dimanche 15 février 2026
Badoum, badoum...
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La Licorne
(qui aime bien , parfois,
"retomber"...badaboum !
en enfance)
samedi 14 février 2026
JEU 115 : "La montée vers le ciel" - Lothar
La montée vers le ciel
La plus belle conquête de l’air
C’est ici l’avion des continents balnéaires
Et les navigatrices de l’air
Ces hôtesses au bel air
En blazer qui s’envoient en l’air
Au dessus de nos fumées linéaires
Qui s’envolent pour les compagnies tarifaires
Insulaires –
Sans canadairs imaginaires
De ceux de l’eau qui ne prennent l’air –
Tertiaires et monte-en-l’air
Dans ce vestibule de pierres rouge solaire
Dans ce carmin sanctuaire
Toi, la fille de l’air
À l’uniforme noir mohair
Au miroir d’ombre claire
À l’aire du temps, en appel d’air
Tu l’attends ton professeur, l’Albert
Ton inventeur patibulaire
De livraisons de colis lunaires
Qui passe son temps en plein désert
Avec son assistante, son dessert
Son amazing amazone missionnaire
Alors, ici, tu l’attends ferme sous l’orage dans l’air
Sanguinaire
Rouge de colère, tout feutre en l’air
Pour changer d’air
Tu en as l’air
L’ambiance, ici, est plus lourde que l’air
Comprimée, en manque d’air
Tes mots retenus, moléculaires
L’air morose, mi-rose, mi-polaire, bipolaire
Abattue, flagellaire, angulaire
Et tourne tourne l’horaire
Fument tes cigarettes, filtrent l’air
Cillent tes mi-cils air-air
Subliminaires en éclairs
Nucléaires
Puis sur l’air du temps tu attends, épair
Transparente, frigidaire
Et tu ne vas plus à grand’erre…
_________________________________________

Rodney Smith, Rocketman, Rhinebeck,New York , 2009
jeudi 12 février 2026
AI et Jeu 115 : "Voyage, voyage..."- La Licorne
Dès l'ouverture de l'engin, vous êtes propulsés très très loin dans le passé et le futur...sans retour possible, avant plusieurs heures voire plusieurs jours. Le paysage défile devant vos yeux, vous revoyez des époques oubliées, vous allez dans des contrées temporelles non encore explorées...et vous en revenez ébloui, ravi, émerveillé.
L'engin en question s'appelle... un "livre".
L'une d'elles est de pouvoir transformer de petites lignes noires et ternes sur fond blanc en images détaillées et multicolores. Une autre est de vous faire quitter l'endroit et l'époque où vous êtes pour vous emmener dans l'inconnu. C'est vraiment fantastique...et ce qui ne gâte rien, peu onéreux.
De grands hommes ont compris toute la beauté de l'expérience et ont décidé de commercialiser l'engin. De le rendre accessible au plus grand nombre.
L'un d'eux s'appelait Ernest Flammarion. C'était le cadet de la famille. Et son grand frère, Camille, avait cette même passion pour les voyages dans le temps et dans l'espace...mais lui, il utilisait d'autres outils, qu'il pointait vers le ciel. Il n'avait pas son pareil pour vous décrire le monde tel qu'il était il y a cent mille ans.
Il était astronome.
Sur cette photo, vous pouvez voir Ernest à droite, légèrement caché. A ses côtés, deux hommes endimanchés. L'un d'eux se tient au poteau, sans doute pour tempérer les effets du "décollage". Trois femmes sont venues assister au "lancement" et un autre est en train de consigner l'expérience dans un petit carnet.
De nombreux prototypes sont rangés sur les rayonnages. Lequel sera l'heureux élu pour le périple spatio-temporel de la soirée ? Nul ne le sait.
Ce qui est sûr, c'est que des "voyages" livresques, il y en aura des milliers pendant tout le siècle suivant. Ils se démocratiseront, devenant rapidement à la portée de presque toutes les bourses.
Pendant que son frère fréquentera assidûment l'Observatoire de Juvisy, Ernest vendra ses petits parallélépipèdes "magiques"...véhicules pour des "montées" fulgurantes et des milliers de rêves étoilés...
Deux frères...deux façons d'explorer l'univers...une épopée.
Et vous, c'est quand la dernière fois que vous êtes "parti" ?
Photo ci-dessous :

mardi 10 février 2026
AI et Mil et Une : "Conversation au paradis" - LL
![]()
Cervantes s'éteint non loin de Madrid, un beau jour de printemps, au début du 17ème siècle.
Une dizaine de jours plus tard, c'est le célèbre Shakespeare qui rend l'âme...
Pourtant, l'histoire retiendra, pour tous les deux, la même date de décès : le 23 avril 1616.
Comment cela est-il possible ?
C'est simple : à l'époque, l'Espagne Catholique se base sur le calendrier grégorien et le
Royaume d'Angleterre protestant sur le calendrier julien, calendrier qui a quelques jours de
retard sur le premier !
.
Réunis par cette troublante fausse-coïncidence, nous les retrouvons quelque temps ou plutôt
quelque "non-temps" après, assis tous deux sur leur nuage préféré...
Sh. - A cup of tea, my dear ?
C. - Muchas gracias...querido amigo...Con un azúcar, por favor.
Sh - Servez-vous, je vous en prie ! Je plamotte le gâteau et j'arrive !
C - Vous me gâtez, William ! Même Sancho n'était pas aussi serviable !
Sh - Hum... le pauvre...ne le critiquez pas trop...Il avait fort à faire, je suppose. Avec
vos fantaisies...nul doute qu'il devait souvent être "au four et au moulin" !
C - Peut-être. Mais le problème de fond, avec ce garçon, c'est qu'il n'avait pas grand-chose
dans le crâne...
Sh - Etre ou ne pas être futé, that's the question.
C - Il était débonnaire et gélasin...très bon compagnon, je l'avoue... Mais il n'avait aucune
éducation digne de ce nom. Je devais constamment le tancer pour ses messéances. Vous qui
êtes gentilhomme, vous comprenez ce genre de choses, j'en suis sûr.
Sh - Eh bien, il se trouve que j'ai eu aussi un serviteur fidèle. Il s'appelait Roméo. Un vrai
coureur de jupons, pour tout dire. Il avait le don d'embabouiner toutes les guénuches
qui passaient. Je le regardais faire et souvent, je notais ses belles paroles enjôleuses...cela
m'a bien aidé à écrire une certaine pièce, qui, en son temps, eut pas mal de succès.
C - Je l'ai lue...je l'ai lue. Ah ! La scène du balcon ! Et Vérone !
Quelle merveille! Moi, je n'avais pas cette chance. Je vivais en Espagne dans un lieu banal,
"dans une maison sans balcon, sans toiture, où y avait même pas d'abeilles sur les
pots de confiture"...
Sh - Reprenez donc une part de mon gâteau au miel, mon cher. J'ai lu également votre
oeuvre, voyez-vous. Votre héros qui, sur sa Rossinante, va de malenchère en malenchère
m'a beaucoup fait rire ! Et réfléchir, aussi.
Comment s'appelait sa bachelette, déjà ? Her name is on the tip of my tongue...
C - Dulcinée, elle s'appelait Dulcinée... Mais c'est bien loin tout ça...Le temps d'amour a
fui... je le crains, et nous voici ici, au paradis, à parler de petites pétoffes, sans le moindre
parchemin ni la moindre plume pour poser nos pataraphes...
Sh - Nous étions des rêveurs, des poètes, des aligneurs de mots, Michel : nous avons écrit et
créé du mieux que nous pouvions de notre vivant. Il faut maintenant laisser la place à
d'autres, qui diront tout ça aussi bien, voire mieux que nous.
Tenez, j'ai entendu, l'autre jour, une chansonnette monter jusqu'ici. C'était, ma foi, fort joli.
Juliette en eût été charmée. Je vous la fais écouter ?
La Licorne
.
Pour l'Agenda ironique de février
chez Carnets paresseux
(2ème texte)
.
et pour Mil et Une
qui nous demandait de placer les mots suivants :
Plamotter : Ôter le pain de sucre du moule
Débonnaire : bon, doux
Gélasin : rieur
Tancer : réprimander, admonester
Messéance : Qui est malséant, qui ne convient pas
Embabouiner : Amener (quelqu’un) à faire ce que l’on désire
en (le) séduisant par des flatteries, des cajoleries
Guénuche : petite guenon, femme laid
Malenchere : malchance
Bachelette : Jeune fille gracieuse
Pétoffe: Affaire ridicule, petite affaire, cancan
Patarafe : Trait d’écriture informe ou irrégulier; lettre mal formée
.
mardi 3 février 2026
JEU 115 : "Moteur" - Andrea

Je me souviens du claquement de langue de Mr Smith.
Je me souviens de Ciel ! Si ceci se sait, ces soins sont sans succès.
Je me souviens de cette grise matinée de tournage, en pleine campagne.
Je me souviens de la salade de groseilles à maquereau préparée par Garance, la femme du cadreur.
Je me souviens de ce sac-à-dos volant qui pesait une tonne et faisait un bruit abominable.
Je me souviens de la Panse de brebis farcie de Jacques Bodoin qui passait à la radio au moment de la pause déjeuner et des fous rires de toute l’équipe.
Je me souviens du titre du court-métrage, La montée vers le ciel.
Je me souviens de ce cumulus improbable qui s’échappait de la machine – lequel n’aurait pas déplu à Berndnaut Smilde.
Je me souviens du nain de jardin globe-trotter dans Amélie Poulain.
Je me souviens des pages blanches réservées aux lecteurs, à la fin des Je me souviens de Georges…
[Tout à coup, la voix du vieil homme devint plus gutturale, clandestine. Il remit la photographie jaunie au journaliste en herbe venu l’interroger, reprit doucement son souffle et poursuivit dans un murmure.]
Voyez-vous, jeune homme, l’essentiel n’est pas là.
C’est bien moi sur la photo mais ce n’est pas moi.
Ou plutôt, ce n’est plus moi.
Un jour, peut-être – ou jamais,
vous comprendrez que seul le voyage intérieur
permet de comprendre « sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes ».
Inspiration.
"Je me souviens" de Georges Perec
La citation de la fin est extraite du poème Élévation de Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
AI et Jeu 115 : "Vise le ciel" - La Licorne
J'suis tout seul au fond de l'espace
Là-haut dans l'univers
Peut-être que je lui demande plus qu'il ne peut ?
Et que tout s’éclaire sur mon parcours
Pas besoin de phrases ni de longs discours
Ça change tout dedans, ça change tout autour
Tout l’monde voit bien que sans toi
Je dérive au diesel
Toi t’as les clefs de tout, de la Tour Eiffel
C’est de là-haut que tu colores l’arc-en-ciel
Les yeux dans les mêmes reflets
Pour cette vie et celle d’après
Tu seras mon unique projet
lundi 2 février 2026
JEU 115 : "Pète au casque" - Sébastien D
JEU 115 : "La montée vers le ciel" - AlainX
Dès l'enfance il eut cette idée : « La montée vers le ciel doit être le but de ma vie. » Restait le moyen d'y parvenir. Depuis l'idée trotte dans sa tête comme une pesanteur permanente. Voilà trop longtemps que les années passent et se vivent au ras des pâquerettes.
Il est proche du désespoir intégral.
Mais le sursaut s'en vient :
Après des années à attendre que sa vie s'élève.
Des mois à travailler d'arrache-pieds pour les décoller du sol.
Ses travaux viennent de s'achever. À présent tout est prêt pour le grand départ.
Paradoxalement il se met un poids dans le dos à cause d'une idée qui a fusé dans sa tête et dont il a cru, à tort peut-être, qu'elle n'était pas fumeuse. La suite va lui démontrer qu'elle l'est quand même quelque peu.
Il en arrive là, parce qu'il n'a pas pu être astronaute (il aurait fallu être américain canadien ou japonais), ni cosmonaute (il aurait fallu être russe). Il aurait pu tenter spationote puisqu'il est européen, qui plus est français. Mais, il avait une trop mauvaise vue et des hémorroïdes fréquemment. Il échoua donc aux épreuves de sélection.
C'est pourquoi désormais il se tient uniquement debout sur ses jambes.
Dans cette position il tente l'ultime voyage, désespéré et à ses frais.
Il commence à s'élever, confiant dans son projet. Dans son dos ça pète le feu. Hier soir sur sa platine vinyle il a écouté en boucle « la quête », l'inaccessible étoile de Jacques Brel. À l'instar du chanteur, il adresse sa supplique à ce gros pétard qu'il s'est mis dans le dos :
«Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile. »
Hélas, sa fusée « made in maison » vient de donner tout ce qu'elle pouvait donner. Elle se meurt dans un : ZIP ! SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIIIIZZZZ !
Et voilà que tout se Gainsbarre !
La pelouse cosmodrome ne peut que constater la chute finale, qui se voulait internationale !
dimanche 1 février 2026
JEU 115 : "Fuser puis infuser" - La Licorne
JEU 115 : "Enième fois..."
JEU 115 : "La montée vers le ciel"
- Atelier d'écriture pour le mois de février -
et ce livre :
d'Yvonne Bourlat
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