jeudi 22 juillet 2021

Les textes de juillet (Jeu 66)

 

La consigne du jeu 66

se trouve ICI

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 Livre du mois  :


  

Voici les textes de ce mois

 (par ordre alphabétique) : 



"A la recherche du temps perdu" 

CELESTINE

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LA LICORNE

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"Les Etranges rêves de Marcel P. 3, Odette Dejeux"

 JOE KRAPOV 


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Merci aux participant(e)s...

bonne lecture

et à bientôt pour le mois d'août !

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La Licorne


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mardi 20 juillet 2021

JEU 66 : "A la recherche du temps perdu" - Célestine


 

 Consigne ICI

 .

 

Les heures sont des fleurs l’une après l’autre écloses

Dans l’éternel hymen de la nuit et du jour ;

Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses

Et ne les donner qu’à l’amour. 

Gérard de Nerval

 

 


 

J'ai une bonne nouvelle les amis ! L'océan est toujours à sa place. Splendide. Fidèle.
J'étais à Biscarrosse, un lieu superbe, bercé entre pins et sable. Je fêtais la vie avec mon amoureux, c'était doux et frais. On avait l'impression que rien de futile n'existait plus. Que tout était essentiel. Et l'océan, face à notre fenêtre, roulait ses vagues sur le bord du monde. Les nuages jouaient avec la plage. Inconscients des délires humains. C'était beau. Comme toutes ces choses qui nous semblent éternelles : la course des étoiles, les rochers de granit rose, le vent dans les blés...et les mimiques d'un bébé. Vous avez remarqué comme c'est mignon, un bébé, avec ses petites bouilles impayables, toujours les mêmes ? Quelle que soit l'époque et l'endroit. Comme si ces bouts de choux parlaient un langage universel, que l'on va s'ingénier à leur faire oublier dès qu'ils grandiront. Mais ça, c'est une autre histoire.
Si je vous en parle, c'est que j'étais à Angers, pour une belle cousinade. J'ai aimé l'innocence de ma petite Alba. L'insouciance joyeuse de sa soeur Sibylle, qui ne sait rien encore de ce monde insensé. Leurs grands yeux de poupée m'ont rafraîchie comme une brise de matin. Mes petites-filles, mes beautés.

Auparavant, nous passâmes quelques jours magiques chez mon amie Chinou, dans la montagne noire, loin des masques, des écouvillons dans le nez et des traçages numériques. Loin de cette folie qui a saisi le monde. Dans le simple appareil d'une nature verte et sauvage, à doucement profiter des quatre-vingt-quatre mille six cents secondes de chaque journée.
Etes-vous émerveillés, vous aussi, par ce crédit renouvelé permanent, sans contrepartie ni intérêts, que nous offre la vie ? Tant que son fil n'est pas coupé, c'est le miracle quotidien. Ce fil est très fragile, quoi qu'en disent ceux qui veulent nous faire croire le contraire. On aura beau prendre toutes les précautions, on n'évitera pas notre destin de mortels. Mais c'est un fil de soie et d'or, si on l'utilise pour créer du lien, pour donner du sens, et pas pour blesser ou ligoter.

J'ai dégusté des fruits de mer à Arcachon, visité la cathédrale d'Albi, impensable forteresse de brique rouge. Mangé un soir sur le port de la Rochelle avant le rush des Francofolies.J'ai relu avec bonheur Baudelaire, Musset, Rimbaud, Apollinaire.
Les poètes du temps qui fuit. Ils me nourrissent de cette idée : je veux mourir vivante.
Je ne relirai pas Marcel. Je n'ai pas assez de temps à perdre.







dimanche 18 juillet 2021

JEU 66 : "A la recherche du temps perdu" - La Licorne

 

Consigne ICI

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L'image qui me paraît la meilleure pour faire comprendre le sens de mon oeuvre, c'est peut-être celle d'un télescope braqué sur le temps, car le télescope fait apparaître des étoiles qui sont invisibles à l’œil nu, et j'ai quant à moi tâché de faire apparaître à la conscience des phénomènes inconscients qui complètement oubliés sont quelquefois situés très loin dans le passé.

Marcel Proust 

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A en juger par la jupe crayon et l'allure de la voiture, cette photo date des années cinquante. Les années cinquante, je ne les ai pas connues. 

Je ne les connais que par ce que m'en ont dit mes parents...Oh, pas grand-chose, en vérité, car ils parlaient beaucoup plus, et c'est normal, des années de guerre, des privations et des conditions de vie difficiles de l'époque. "On n'a pas eu de jeunesse", répétaient-ils. J'ai mis quelque temps à comprendre à quel point c'était vrai...

Etre adolescent entre 39 et 45, à une époque où l'adolescence n'existait pas (il y avait l'enfance, puis le certificat d'étude, et ensuite c'était, sans transition, en tout cas dans les milieux modestes, le travail et les tâches "d'adulte"...)

Donc, les années cinquante, c'était quoi ?

Je ne sais pas trop, en fait. 

J'en ai une vague idée grâce aux films et aux vieilles revues qui traînaient chez nous. Des revues qui montraient des femmes élégantes mais un peu engoncées dans leurs vêtements...des robes serrées à la taille et des jupes toujours au-dessous du genou. 

Très importante, à l'époque, la longueur de la jupe. 

Je me souviens que ma mère (qui cousait ses vêtements) jugeait "au millimètre" cette fameuse "longueur autorisée", qui, d'après elle, changeait chaque année. Cette année, la mode est un tout petit peu plus longue, disait-elle...en ajustant les épingles sur l'ourlet.

Bon, le pantalon, pour les femmes, ça n'était pas possible...on n'osait pas. Quant aux trucs mini, mini, qui se démocratiseraient dix ans plus tard... ça faisait encore scandale...C'était bon pour les actrices...et les dévergondées.

Ces années-là, je les imagine à la fois austères (on ne rigolait pas avec les conventions) et enjouées (la guerre était passée, le pire était derrière). 

On avait "reconstruit le pays"...Le progrès commençait à pointer son nez...Certains avaient une voiture... 

Mes parents, non...Pas encore. Mais j'avais un grand-oncle, parisien et chauffeur de taxi, qui lui, promenait fièrement sa femme aux quatre coins de la France...

Quand elle montrait au retour ses photos (en tenue très élégante, car elle ne se refusait rien, la tantine), je voyais bien que les autres avaient un petit sourire ambigu, dont on ne savait trop s'il était d'admiration ou de jalousie.

Elle me les a montrées à moi aussi, ces photos. C'était vingt ans plus tard...et j'ai souri aussi.  Pose de "star" devant le capot lustré d'une belle voiture noire. Manteau de fourrure et chapeau chic...La classe.

Elle était la seule, dans la famille, à mener la "grande vie", à aller à l'opéra , à jouer au bridge...Pour mes parents, c'était ça, la "vie parisienne"...

Son mari est décédé  assez jeune. Elle a moins voyagé. Mais elle a continué à vivre à Paris...elle s'est remariée et elle est morte presque centenaire, sans enfants...avec, au coeur, la nostalgie de ses années de jeunesse.

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La Licorne

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samedi 17 juillet 2021

JEU 66 : "Les Etranges rêves de Marcel P. 3, Odette Dejeux" - Joe Krapov

 

Consigne ICI


Les Etranges rêves de Marcel P. 3, Odette Dejeux


 
(le côté un peu "osé" du texte proposé m'amène,
pour la première fois sur ce blog, à faire usage du "carré blanc"...
Vous voilà donc avertis...comme dirait Jean-Christophe ;-)


Plus il se couchait de bonne heure et plus il s’endormait tard. Plus il passait des journées vides à jouer au salonnard snobinard et plus ses rêves étaient peuplés de personnages bien vivants, bien actifs, qu’il ne connaissait ni des lèvres ni des dents et pourtant, cette fois-ci, il aurait pu.

Elle s’appelait Odette Dejeux. Son père était le roi du bridge et il avait trouvé une martingale géniale pour gagner beaucoup d’argent à la roulette : il était chirurgien-dentiste.

C’était une blonde ravissante et à dix-neuf ans, elle avait déjà son permis de conduire et possédait sa propre voiture, une Simca Aronde 54.

Marcel P. s’étonnait beaucoup de ce qu’elle s’intéressât à lui au point de lui proposer, ce jour-là, une balade en voiture jusqu’au sommet du mont Pilate.

Il se sentait perdu dans ce cauchemar-là et comme soûlé du piapiatage insignifiant de la donzelle, tout aussi plein de vides que ses propres longues phrases.

Tantôt elle lui parlait de son grand-père qui était tombé au Chemin des Dames (cinq ans plus tôt ???), tantôt de sa tante Alphonsine qui avait triomphé au Châtelet dans le « Mikado » de Gilbert et Sullivan et dont la tournée était allée jusqu’aux Philippines. A Manille elle avait rencontré celui qui était devenu son mari, Augustin Lacrapette, un négociant richissime, tout le contraire d'un pouilleux mais barbu autant que Landru et surtout pas du tout puant comme millionnaire. Cette union faisait suite à une belle série d’échecs sentimentaux d’autant plus retentissants qu’ils étaient restés secrets, sauf pour la famille.

Odette conduisait très vite et avait tendance à se déporter sur la gauche dans les virages pendant qu’elle énumérait les ramifications de son arbre généalogique. En même temps que cela elle mâchonnait une espèce de bonbon élastique bizarre que Marcel n’avait jamais vu auparavant et avec lequel elle faisait surgir parfois, en soufflant dedans, un petit ballon rose hors de sa bouche très maquillée.

En voyant son étonnement devant cela, elle avait chantonné :

- Fraîcheur de vivre, Hollywood chewing-gum ! Mais en réalité c’est un vrai Malabar ! J’aime bien ce mot ! Pas toi, Marcel ?

- On devrait installer des ceintures de protection pour éviter les accidents dans ces voitures rapides, avait-il suggéré en retour, complètement hors sujet. La sécurité était le dada de Marcel et c’était paradoxal parce qu’il passait la majeure partie de son temps chez lui et ne sortait pour ainsi dire jamais de Paris.

Il avait d’ailleurs longtemps écarté cette idée d’un voyage en Suisse et il avait fallu que sa gouvernante, Dame Céleste A., lui annonçât tout de go qu’elle allait prendre des vacances pour qu’il se décidât à concrétiser ce projet de voyage en Suisse. Il avait ouvert des yeux en boule de loto. Comment Céleste pouvait-elle bénéficier, en 1922, de congés payés alors que ceux-ci ne seraient accordés à la populace travailleuse qu’en 1936 ?

Et cette fille qui avait fait plus de mille bornes avec son petit bolide lui vantait, entre deux récits de vie familiale, les prouesses de ses petits chevaux fiscaux, la souplesse du débrayage, les reprises du moteur, meilleures que celle d’un V8 américain.

Et justement, comme, on atteignait le sommet du Pilate et que Marcel avait décidé de s’en laver les mains de ces bizarreries, ledit moteur se mit à tousser. Odette rétrograda et emprunta un petit chemin de terre pour mettre le véhicule à l’écart de la route. Elle fit encore cent mètres en cahotant puis l’automobile stoppa, comme morte, à l’abri de tous les regards.

- Qu’est-ce qui se passe ? s’enquit le loser asthmatique.

- Ca aurait dû me tarot-der plus vite mais la jauge est à zéro !

- La jauge ? Quelle jauge ?

- Le voyant du réservoir d’essence. Il est vide. On est en panne, Marcel !

- Ah ? Et que faut-il faire dans ce cas-là ?

- Montrer qu’on est un homme !

Elle avait approché son visage du sien et vite, très goulument, elle avait collé ses lèvres contre les siennes, mordillé sa moustache, passé ses deux mains dans ses cheveux brillantinés, introduit sa langue dans sa bouche et elle tournait, tournait, suave et sucrée, autour de la sienne alors que ses yeux à lui, grands et brillants comme des billes d’un flipper affolé, ne voyaient plus que les arbres penchés du chemin forestier. Marcel était comme électrisé.

Puis elle s’était écartée de lui, lui faisant cadeau de la boulette de gomme rose qu’il avait calée entre ses molaires interloquées. Elle avait ouvert la boîte à gants, en avait sorti un petit sachet carré et brillant qu’elle lui avait tendu.

- C’est un chewing-gum ? J’ai déjà celui que tu m’as laissé ! marmonna-t-il.

Elle avait éclaté de rire et répondu :

- Déchire-le !

Pendant ce temps elle s’était penchée sur le bas ventre du gars Marcel, avait débouclé sa ceinture, déboutonné sa braguette. Et maintenant sa main s’insinuait dans son caleçon, caressait…

Caressait pas grand-chose en fait !

Deux noix de cajou molles et un canari-dicule sans aucune dureté, aspérité ni turgescence.

Marcel, lui, agonisait, balbécutiait, se comportait en nonne qui geint, estomaqué par l’audace d’Odette qu’il jugeait odieuse.

- Ben alors ? C’est tout l’effet que je te fais, Marcel ?

C’est à ce moment-là qu’il avala le chewing-gum puis lâcha, exsangue :

- Je t’en prie, laisse tomber, Odette !

- Laisser tomber ? Encore eût-il fallu pour cela que l’objet fût monté et bien monté mais ce n’est pas le cas ! répondit-elle en retirant sa main.

Puis il se réveilla en nage et sortit de la chambre pour aller pisser.

***

Quand il se recoucha il se rendormit vite et retrouva la suite de son étrange rêve. Il marchait, seul, sur la route qui descendait à Lucerne, le pantalon mal reboutonné, la cravate de travers, décoiffé, un jerrycan vide dans la main droite, en direction de la station-service qui se trouvait à mi-pente.

Plus haut sur le Pilate Odette avait remis le préservatif intact dans la boîte à gants et puis elle était sortie éclater de rire à nouveau au grand soleil.

C’est la première fois qu’elle se retrouvait échec et mat avec son coup de la panne, une stratégie de séduction qu’elle avait apprise sur une plage de Belgique et qui s’était toujours révélée payante jusqu’à aujourd’hui.

A vrai dire la partie n’était que nulle. Elle était pat seulement, à ne plus pouvoir bouger de la voiture tant la panne de Marcel et la révélation qu’il lui avait faite de sa préférence pour les garçons l’avaient laissée morte de rire sur le siège conducteur de l’Aronde 54.

Elle aimait faire marcher les mecs ; aussi, parce qu’il méritait bien cela en guise de punition, de se taper un kilomètre à pied avec son jerrycan, elle attendit un quart d’heure avant de remettre le moteur en marche.

En arrivant à sa hauteur, elle ralentit, baissa la vitre du passager et lui lança :

- C’est une station Esso, Marcel ! Demande-leur de mettre un tigre dans ton moteur !

Cependant, parce qu’elle n’était pas mauvaise fille et qu’elle aimait beaucoup les contrepets, elle l’attendit à la station pour récupérer son jerrycan et redescendre le z’héros du jour à Lucerne.

- Je m’en souviendrai, de ce nain jaune ! songeait-elle. Mais qu’on ne me demande pas l’impossible : je ne cajole pas les noix des mous ! 

 

Joe Krapov 


Episodes précédents ICI et LA






lundi 12 juillet 2021

Devoir 89 : La Dame de fer

 

 

89 ème devoir du lundi 

 


La dame de fer

 

Ah, la Dame de fer ! Tout est démesuré, chez elle. 

Plus de 300 mètres de haut, 10000 tonnes de métal,  à peu près 2 500 000 rivets...et 1710 marches !!!

LE symbole de Paris. LE symbole du "savoir-faire" français. 

Construite à une époque où il fallait montrer ce dont le progrès était capable, à une époque où l'important était de prouver que l'on était capable "dompter la nature", que l'on était capable de grandes prouesses technologiques. 

 


Ce cher Gustave l'a fait ériger en deux ans. Quand je vois le temps qu'il me faut pour faire effectuer une réparation de plomberie, pour faire changer un simple boulon, cela me laisse songeuse !

Ce qui me laisse songeuse, aussi, c'est que si Gustave n'avait pas changé de nom, elle se serait appelée la tour "Bonickhausen"... Un léger handicap de départ pour son "rayonnement" à l'étranger...

Grande et sèche, la Dame. Droite comme un A. Encore plus rigide que Madame Thatcher...et ça , il faut le "fer" ! 

Je sais qu'on la repeint régulièrement...et pourtant, sur le tableau de John Salminen, elle paraît un peu...rouillée. Prendrait-elle de l'âge ? Se laisserait-elle aller ?

Vous l'aurez compris, vieille ou pas, elle m'impressionne.  Mais voilà, je vous dois un aveu : je ne sais pas si je l'aime. Après tout, on peut admirer...sans aimer. 

Pour que je l'aime, que faudrait-il ? Il faudrait, tout simplement, qu'elle soit un peu moins dure, un peu moins "hautaine"...et qu'elle ne passe pas son temps à parader, au milieu d'une foule qui lui fait la cour jour et nuit.

Moi, je la rêve "à taille humaine"...je la rêve adoucie, avec les pieds entourés de lierre, fleurie de haut en bas...Et aussi un peu plus discrète...avec des moments de calme, des moments où elle ne serait qu'à moi...où je pourrais être la seule à la contempler, en toute intimité.

 


Non, c'est vrai...je ne peux pas dire que je "l'aime".

Et pourtant, j'aime les endroits d'où l'on peut "embrasser" tout le paysage...Je peux rester des heures en haut d'une colline ou d'une montagne...à contempler sans fin le panorama...J'aime cela et j'aime aussi cette sensation d'avoir gravi la pente à la sueur de mon front et à la force de mes mollets.

J'aime arriver en altitude et me dire que ce plaisir de dominer le paysage, je l'ai bien mérité ! Mais quand l'escalade s'est faite par ascenseur, excusez-moi, ça n'a pas du tout la même saveur.

Cela me rappelle ma visite, à la fin des années 90, du World Trade Center, à New York. Je me souviens encore de l'impression étrange que j'avais éprouvée, dans l'ascenseur supersonique, à voir défiler à toute vitesse les chiffres lumineux indiquant les étages...Là, pendant quelques secondes, j'ai compris ce qu'avaient dû ressentir les premiers astronautes quand leur fusée décollait...un curieux mélange de crainte et d'incrédulité. 

Et puis, une fois en haut, il y avait eu ce vertige absolu devant une hauteur un peu trop inhumaine pour être vraiment appréhendée. 

Alors, me direz-vous, si tu ne supportes pas les ascenseurs, tu n'as qu'à prendre l'escalier. Certes, certes...Mais comment dire ? Je ne me vois pas sortir ma gourde toutes les 50 marches, ni refaire les lacets de mes chaussures...juste pour masquer le fait qu'à mon âge, je m'essouffle un peu trop vite.  Aucune excuse pour souffler, donc. Même pas celle de cueillir quelques fleurs ou de m'arrêter pour suivre un vol d'oiseau à la jumelle...Cela n'a pas la même saveur, je vous dis.  

Mais je l'admire, la Dame. Je l'admire et parfois même, je la trouve belle.

Belle dans son habit de lumière. Belle, quand, la nuit, la tour "FL" brunâtre devient Fée Lumineuse.  Comme le jour du réveillon de l'an 2000, où je me souviens de l'avoir vue briller de tous ses feux...dans une débauche pyrotechnique, qui m'avait laissé des étincelles dans les yeux. 

Belle...oui, si belle parfois que Garou aurait pu, s'il n'y avait pas eu anachronisme, dire d'elle que "c'est un mot inventé pour elle"...

Hum...Notre-Dame de Paris, le World Trade Center...pourquoi diable est-ce que je ne pense, en regardant ce tableau, qu'à des monuments "écroulés"...? Peut-être parce que la "démesure" n'a qu'un temps... et qu'au fond de nous, on sait que tout ce qui est un peu "démesuré" finit un jour par s'effondrer ?

La Tour de Pise...la Tour de Babel...et même la Tour du Tarot...la simple évocation d'une "tour" amène à cette peur inconsciente : la possibilité d'une chute.

Oh, pas tout de suite...bien sûr. Elle m'a l'air encore vaillante, solide...bien campée sur ses pieds...et surtout bien entretenue. 

Mais quand même, ça ne vous passe pas par la tête, à vous, en passant dans une rue adjacente...qu'à 130 ans passés, elle pourrait faire un petit "malaise vagal" ? ;-)

 

La Licorne 

 


 

 

 

lundi 5 juillet 2021

Devoir 88 : Bonne ou mauvaise nouvelle ?

 

88ème devoir du lundi 

(atelier d'écriture chez "Le goût des autres")

 


 

Il avait hésité à la recontacter. Cela faisait un an qu'ils ne s'étaient pas vus. Il ne voyait d'ailleurs guère d'intérêt à renouer avec cette jeune fille pour laquelle il avait eu un béguin passager. Elle était fraîche, elle était jolie... Plutôt élégante avec sa coupe à la garçonne et ses robes bien coupées. Mais passé le cap des premiers rendez-vous et de l'idéalisation des débuts, elle s'était révélée assez quelconque. Le genre "midinette" qui vous fait tourner la tête par ses poses, mais qui ne tient pas une conversation plus de dix minutes. 

Alors, pourquoi avait-il pris son téléphone et lui avait-il demandé de le retrouver à 14h devant le café de la plage?  Il ne le lui dirait pas. Elle n'apprécierait pas. Il se contenterait de la regarder et de l'écouter attentivement. Il mettrait son beau costume, celui qu'elle aimait. Il lui dirait des choses agréables. Et puis, après avoir flirté quelques heures, il la quitterait définitivement. Il n'y avait rien d'autre à faire. 

Hier, son éditeur lui avait demandé d'étoffer un peu la dernière partie de son livre. Il la trouvait un peu faible.

- Le début est bon mais la scène de la rupture est trop fade. Elle manque de détails, refaites-moi quelque chose de plus fouillé et de plus réaliste, avait-il dit.

Ce soir, ce serait fait. Sans peine. La nouvelle serait bonne, il en était persuadé. Et le livre serait enfin édité.

 

 La Licorne



jeudi 1 juillet 2021

JEU 66 : "A la recherche du temps perdu"

 
- Atelier d'écriture pour le mois de juillet -
 

 
Il s'agit de créer un texte 
directement inspiré de cette image :
 


 

Titre associé :

"A la recherche du temps perdu"

de Marcel Proust (*)

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Concernant le titre de livre , 

vous pouvez , au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre dans votre texte

(dans l'ordre que vous voulez)

- Ou faire en sorte que ce titre de livre soit aussi le titre de votre texte

(et donc le choisir comme fil conducteur de votre création)

- Ou , troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

(en l'imitant, en la complétant, en la citant, en la détournant...etc)

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Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 juillet 2021

(la date du mail faisant foi ;-)

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Je vous souhaite une belle inspiration...

et un beau mois de juillet..

 .

 

La Licorne

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(*) Rappelons au passage que ce 10 juillet,  

cela fera juste 150 ans que cet auteur vit le jour...

 


 

 

 

lundi 28 juin 2021

Devoir 87 : Origine amoureuse

 

 

 87ème devoir du lundi

 
 


 

Allongé sur le lit, Claude la regardait d'un air attendri. Il aimait ses gestes lents et précis, sa façon ondoyante de se rhabiller, ses gestes délicats pour se reconstruire une coiffure. Tout en elle lui plaisait. Il aimait sa peau diaphane et la flamboyance mousseuse de sa longue chevelure. Il aimait ses bijoux simples et lourds et il aimait ses robes couleur printemps.

Les mots qui lui venaient étaient le reflet de la gratitude qu'il éprouvait à l'avoir rencontrée...et du bonheur qu'il avait à la côtoyer. A comme Attirance, B comme Beauté, C comme Chance, D comme Deux, E comme Envoûté...

La semaine dernière, ils s'étaient promenés main dans la main sur le sentier le long du ruisseau. A un moment, elle s'était arrêtée et, pour le taquiner, avait soufflé sur une fleur de pissenlit, juste sous son nez. Deux minutes plus tard, ils basculaient dans l'herbe en riant...la chanson des grillons rythmant joliment leurs caresses...

Elle termina d'assembler son chignon improvisé puis se détournant du miroir, lui demanda :

- Au fait, tu as trouvé un nom à ton ouvrage, mon chéri ?

- Je crois, oui, avait-il répondu, dans un sourire : il s'appellera "Larousse"...

En hommage à Pierre...bien entendu... :-)

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La Licorne




 

vendredi 25 juin 2021

Les textes de juin (Jeu 65)


 

La consigne du jeu 65

se trouve ICI

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Livre du mois  :


 

Voici les textes de ce mois

 (par ordre alphabétique) : 

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"Avant le premier vol"  

de Laurence Delis

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"C'était par une nuit..." 

de Joe Krapov


 

 
 
de La Licorne 
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"Le moineau" 

de Mary Grimoire 

 

 

"L'oiseau"  

de Jamadrou 

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De gros gros "becs " à tous les participant(e)s...


Et si ce n'est pas encore fait,

allez donc voir comment chacun a  traité le sujet...

 en laissant, éventuellement, un commentaire...

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La Licorne 


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mardi 22 juin 2021

Chaud, chaud, chaud...

 

  

Pour l'Agenda ironique de juin

 

 


 

Eté 2021, sur un trottoir de la capitale...

Milou : - Salut p'tit pote, ça va ?

Idéfix ne répond pas.

Milou :  - Je te demandais comment tu vas...

Idéfix : - Salut, Mimil ! Quelle bonne surprise de te rencontrer ! Je t'ai entendu, mais excuse-moi, je ne peux pas parler et tirer la langue en même temps, ce n'est pas poli ! Ah, là, là...je n'en peux plus de cette chaleur...C'est insoutenable. Obélix ne supporte pas non plus, d'ailleurs... Mais lui, il a de la chance, il transpire...Tandis que moi, j'en suis réduit à haleter à longueur de journée.

Milou : - C'est vrai que la canicule, tous les ans, ça commence à bien faire. L'année dernière, je l'ai bien vécu. On était au Tibet...C'était chouette. Mais là, en plein Paris, tu as raison, ce n'est plus possible.

Idéfix : - En plein Lutèce, tu veux dire ? Regarde : j'ai la truffe bouillante, et les narines qui perlent...Pourquoi diable mon maître a-t-il choisi d'être tailleur de pierre ? On passe notre temps dehors, en plein cagnard... Ordralfabetix est tellement plus malin : "marchand de poissons", ça, c'est un bon métier ! Toujours "au frais"...Marchand de poissons ou frigoriste : voilà ce qu'il faut faire dans la vie !

Milou : - Ne te plains pas trop ! Le mien, il court toute la journée...Il court, il court...et je dois suivre le rythme, bien entendu...toujours à ses côtés...C'est épuisant.  En plus, peu de gens le savent...mais il est insomniaque : quand il est sur une enquête, il y réfléchit toute la nuit. Impossible de ronfler tranquille. Non, crois-moi, ce n'est pas une sinécure.

Idéfix : - Il est vrai que ce cher Obélix ne réfléchit pas toute la journée, lui...il n'a guère le temps, le pauvre, entre deux bouchées...Et face à une énigme, il est plutôt du genre à "donner sa langue au chat"...

Milou : - Tiens, à propos de langue, tu sais que nos aventures sont maintenant traduites en 100 langues différentes?

Idéfix : - C'est pas mal dis donc. Mais, sans vouloir te vexer, nous, on en est déjà à 111 traductions...

Milou : - Mouais, c'est parce que vous, vous avez eu droit, en supplément, à la traduction latine...  C'est pas du jeu ! On ne peut pas lutter contre ça...

Idéfix : - Pas d'accord, vous, vous avez la traduction Waf-lonne, euh, pardon, la traduction wallonne...sans compter le flamand, le brabançon, le champenois, le picard...etc, alors franchement, ton excuse ne tient pas !

Milou : - Arrête, arrête ! On ne va pas se disputer...Je voulais te proposer d'aller boire un coup ensemble...et de manger un p'tit quelque chose en même temps ...ça te dit ?

Idéfix : - Volontiers. Allons à la brasserie du coin...Je rêve d'un hot-dog ! ;-)

 .

 


 


 

Le thème, proposé par Max-Louis-Iotop était "LANGUE"

Et il fallait placer quatre mots :  insomniaque, chouette, frigoriste, narine

 

 

 

 


lundi 21 juin 2021

Devoir 86 : La rivière près de chez moi...

 
 

86ème devoir du lundi

 

 

La rivière près de chez moi est une rivière ordinaire. Enfin, presque ordinaire...

Elle court entre les pierres et charrie des canards, des brindilles et des feuilles perdues. Elle court entre les roseaux et prête son flot aux poissons, aux cygnes et aux hérons.

Elle a l'air simple et tranquille...Et pourtant, pourtant, elle a toute une histoire.

Je me souviens que dans les années soixante, elle regorgeait d'écrevisses...et qu'à la sortie de l'école, les enfants venaient y pêcher à la ligne, avec une vieille canne improvisée.

Et puis un jour, quelqu'un s'est avisé de vouloir la "rectifier". 

Qui ? Je ne sais pas exactement. C'était sûrement un binoclard peu avisé...un de ces ronds-de cuir qui ne la connaissait que par ouï-dire, qui ne l'avait vue que comme un trait bleu sur une carte, ou alors juste une fois, en passant.

Ce monsieur, donc, a déclaré qu'elle sinuait un peu trop. Et qu'il serait judicieux qu'elle avance de façon plus rectiligne : ça ferait plus "propre"...ça ferait plaisir à son esprit carré et rationnel. 

Aussitôt dit, aussitôt fait : pendant les années suivantes, on procéda à de gros travaux et la rivière se mit à filer droit. Plus de circonvolutions, plus de courbes gracieuses, de flâneries imprévues, elle s'étirait désormais sur le plateau et sur le papier...comme un trait tiré à la règle par un écolier appliqué.

Oui, mais voilà : de rivière enjouée et sautillante, elle était devenue canal triste...et le résultat ne se fit pas attendre. Une à une les écrevisses la désertèrent...les grenouilles aussi...les petits poissons se firent plus rares...car ils ne trouvaient plus, dans cet alignement impeccable , les petits recoins où se cacher des prédateurs...Plus de petites "niches" accueillantes au creux d'un détour....Plus de grosses pierres non plus...les engins ayant tout arraché. 

Les herbes étaient devenues moins hautes...les roseaux autrefois nombreux, se comptaient sur les doigts de la main, et les enfants, n'ayant plus rien à observer ni à attraper,  n'y venaient presque plus. Mais, du haut du pont, le monsieur se frottait les mains...la rivière était sans vase...Ce qu'il ne voyait pas, ce cher homme, c'est qu'elle était aussi sans "contenu"...

Ce n'est que trente plus tard, qu'un deuxième monsieur s'en émut. Il s'était peut-être baigné là, avant de se lancer dans ses études d'hydrobiologiste, il y avait peut-être taquiné le vairon, je ne sais pas. Toujours est-il que, sur la demande d'un élu écologiste, il se pencha sur la petite rivière et fit une étude fouillée de son état. La réponse fut sans appel : elle était en train de dépérir. 

Par miracle, l'endroit fut alors répertorié comme zone "Natura 2000", l'une des plus précieuses "zones humides" de France...une halte indispensable pour tous les oiseaux...d'Europe. Le LIFE (L'Instrument Financier pour l'Environnement) débloqua donc des fonds ...et les travaux reprirent...dans l'autre sens. 

Pendant les années suivantes, on ne parla plus, dans les journaux locaux, que de restauration, de réhabilitation hydrologique, et peu à peu, tous les méandres disparus firent leur réapparition. On creusa, on recreusa, on ajouta de grosses pierres plates au milieu du lit du cours d'eau...d'autres sur la rive, et au fil des ans, un à un, les animaux revinrent (à part les écrevisses).

Aujourd'hui, je ne passe pas une semaine sans aller lui faire un petit "coucou"...à ma rivière jolie. Je m'assieds sur le bord ou bien je vais sur le pont ...et je la regarde...

Il y a toujours quelque chose à voir : la lumière dans les roseaux, les carpes qui frétillent, les oiseaux qui s'ébattent, les chevaux qui viennent s'y désaltérer.

Je la regarde, je la regarde...

Et puis j'en conclus infailliblement...que la vie fait toujours des courbes. Et que, finalement, elle sait ce qu'elle fait.


La Licorne

 

 

 

samedi 19 juin 2021

JEU 65 : "La chanson du rossignol" - La Licorne

 


(Chanson traditionnelle)

 

J’ai descendu dans mon jardin (bis)
Pour y cueillir du romarin.
 

Gentil coq’licot, Mesdames.
Gentil coq’licot nouveau...

J’n’en avais pas cueilli trois brins (bis)
Qu'un rossignol vint sur ma main
 
Gentil coq’licot, etc.

 



(Suite inventée)

  Il me dit "Sais-tu d'où je viens ? (bis)
De chez celle qui t'aime bien..." 

Gentil coq’licot, etc. 


Elle se languit d'être si loin (bis)
Et chaque nuit pleure dans ses mains

Gentil coq’licot, etc.

 

 Elle m'a dit "Va, l'oiseau malin" (bis)
Embrasse-le et puis revient
 
Gentil coq’licot, etc.  
 
 
J'ai franchi les flots, les ravins (bis)
Et me voici, au p'tit matin
 
Gentil coq’licot, etc.   
 
 
Petit messager vénusien (bis)
Epuisé par un vol sans fin
 
Gentil coq’licot, etc.  
 
 
Portant son amour aérien (bis)
Et ses baisers de chérubin 

Gentil coq’licot, etc.  
 
 
  Jusqu'à ton coeur, jusqu'à ta main (bis)
Mais je dois repartir demain
 
 Gentil coq’licot, etc.   
 
 
Me prêteras-tu un coussin (bis)
Pour me reposer au jardin ?
 
Gentil coq’licot, Mesdames
Gentil coq'licot nouveau 
 
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La Licorne
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mardi 15 juin 2021

JEU 65 : "C’était par une nuit sombre et orageuse" - Joe Krapov


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C’ETAIT PAR UNE NUIT SOMBRE ET ORAGEUSE
 
 
 
 
 
 

Mon cher Snoopy


Je t’écris du château des Milandes en Dordogne (France) où je suis un stage de reconversion en rapace nocturne.

La France a beaucoup changé depuis l’époque où tu survolais les pauvres totos dans les tranchées et le Baron Rouge n’est plus là pour faire des trous dans la carlingue de ton Sopwith Camel.

Notre instructeur, Monsieur Synthex, a du mal à croire que mes amis et moi nous réunissons dans ta niche pour jouer au bridge ! S’il savait que je joue aussi aux échecs et que je suis un spécialiste de l’ouverture 1. f4, dite le début Bird ! J’ai l’impression que pour M. Synthex, comme pour l’adjudant Chaval, les oiseaux sont des cons !

En attendant sa méthode est très efficace et d’effectuer des vols de nuit m’a guéri de mes saignements de bec. Ceux-ci ne survenaient que le jour, lorsque je m’élevais à plus de trois mètres du sol. Dans le noir on a moins conscience de la hauteur à laquelle on se trouve et on est donc moins sujet au vertige.

Encore trois journées, enfin, trois nuitées à tirer et ensuite je reprends l’avion pour les Etats-Unis. Voler au-dessus d’un océan ou même au-dessus d’un lac me donne le mal de mer. Il faudra que je suive un autre stage pour me guérir de ça. Peut-être avec monsieur Mer-moz ? Hi hi hi hi !

Transmets mes amitiés à Bill, Conrad, Olivier et Harriet. Tu peux même aussi donner un coup de patte affectueux au petit garçon à tête ronde, celui que j’ai baptisé « Face de Lune » !

A très bientôt !

 

Woodstock

 



P.S. Je te joins une photo de moi avec le moniteur du stage. Elle a été prise par Titi de « Titi et Grominet ». Ca n’est pas vraiment un aigle mais il est sympa comme garçon.

 

 


lundi 14 juin 2021

Devoir 85 : C'est quoi l'enfance ?

 

85 ème devoir du lundi

 

 

C'est quoi l'enfance ?

L'enfance
C'est l'âge où le temps est infini
C'est l'âge où tout commence...
C'est l'âge où le monde est ton ami
C'est l'âge où tu chantes pour rien
L'âge où tu ris pour rien
L'âge où tu aimes sans frein
C'est l'âge où tu vis au présent
Où tu cours dans le vent
L'âge où tu connais la joie
Elémentaire
Celle  qui inonde la terre
Et les coeurs
Avant qu'on te dise
Que rien n'est donné
Qu'il faut travailler
Qu'il faut être sérieux
Qu'on n'est pas là pour s'amuser
Que tu dois t'appliquer
Obéir, écouter...
Et préparer ton avenir
Que tu dois consommer
A n'en plus finir
Chercher ton plaisir
Dans des offres promotionnelles
Combler ton désir
Dans des amours superficielles
Courir
Après des rêves impersonnels
Et tu sais quoi? 
Tu le fais...
Tu le fais pendant
Dix ans, vingt ans, trente ans,
Cinquante ans...
Et puis un jour, fatigué(e),
Tu t'arrêtes et tu regardes
En arrière...
Tu regardes
L'enfant que tu étais
Et tu vois 
Que dans tous ces détours
Que dans tous ces parcours
Tu as perdu
Tout ce qui valait la peine :
Le regard qui s'allume
Le sang vif dans tes veines
La légèreté d'une plume...
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La Licorne