mercredi 1 septembre 2021

JEU 68 : C'est Mozart qu'on assassine

 
- Atelier d'écriture pour le mois de septembre -
 

 
Il s'agit de créer un texte 
directement inspiré de cette image :

 

 

Titre associé :

"C'est Mozart qu'on assassine"

de Gilbert Cesbron

.

 

Concernant le titre de livre , 

vous pouvez , au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre dans votre texte

(dans l'ordre que vous voulez)

- Ou faire en sorte que ce titre de livre soit aussi le titre de votre texte

(et donc le choisir comme fil conducteur de votre création)

- Ou , troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

(en l'imitant, en la complétant, en la citant, en la détournant...etc)

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 septembre 2021

.


Je vous souhaite une belle inspiration...

et un beau mois de septembre

 .

 

La Licorne



 

jeudi 26 août 2021

JEU 67 : Bonjour Tristesse...

 


 

Bonjour l'été ! 
Et le soleil...
Marcher dans le sable, 
Plonger dans les vagues...
 
Bonjour la mer...
Au goût de sel
Regarder le ciel
Fixer l'horizon...
 
 Bonjour la foule...
Et ses couleurs
Qui m'amuse un instant
Et puis d'un coup m'oppresse...
 
Bonjour la solitude...
Qui me couvre de son voile
Et du sentiment étrange
D'être étrangère...

Bonjour le spleen...
Comment rester léger
Quand tout  se délite
Quand la vie s'effrite ?

Bonjour tristesse,
Enveloppée d'insouciance
Rien n'est en"core net"
Mais l'avenir se dé-robe...
.
 
La Licorne
.


 

 

mercredi 11 août 2021

JEU 67 : Les étranges rêves de Marcel P. (8) - Bonjour Tristesse - Joe Krapov

 

Consigne du jeu ICI

 

Quant à l'épisode antérieur de ce grand "feuilleton krapovien", il est LA...

 

 

LES ÉTRANGES RÊVES DE MARCEL P. Chapitre 8, 

Bonjour tristesse

Parfois on éprouve le besoin de fuir, de s’échapper, de se perdre.

C’est ce qui était arrivé à Odilon et Céleste, le chauffeur et la bonne à tout faire de Marcel P. Sur cette situation inconnue dont l’ennui certain et la douceur supposée l’indisposaient franchement, celui-ci hésitait à apposer le nom, le beau nom grave de «Congés payés». C’était pourtant bien le cas et à la suite du «troc» négocié avec le couple d’employés, ils étaient partis, le laissant seul dans l’appartement du boulevard Haussmann. Seul ou à peu près.

Marcel, bon prince, leur avait prêté sa voiture et eux lui avaient confié la cage de leur canari, à charge pour lui de nourrir le volatile pendant une semaine.

Le premier matin, une fois le lit défait, l’asthmatique aux longues phrases n’avait pas voulu montrer à l’oiseau qu’il avait des bleus à l’âme mais Caliméro – quel nom idiot ! –, le doux oiseau de la jeunesse, avait bien perçu qu’un orage immobile menaçait, qu’un certain sourire crispé déformait quelquefois le visage de l’écrivain et c’était là le signe qu’un chagrin de passage envahissait l’appartement. Les domestiques manquaient au maître qui ne comprenait pas cet abandon imprévu de leurs rituels communs et ce uniquement pour s’en aller chercher sans lui à St-Tropez un peu de soleil dans l’eau froide. Et ce piaf à nourrir c’était en quelque sorte l’écharde de trop dans le contrat. Avec un canari il fait beau jour et nuit, dit-on. Celui-ci ne chantait pas, celui-ci ne sifflait pas : Caliméro tirait la tronche lui aussi.

La cohabitation des deux protégés de Céleste ne dura du reste que deux jours. Au matin du troisième Marcel était sur le trottoir en bas de chez lui avec une petite valise et la cage de Caliméro dans laquelle – bonheur, impair et passe – on avait l’impression que «faites vos jeux !» rien n’allait plus. Avec quoi le canari avait-il joué à la roulette russe, à quel barbiturique devait-il son coma bizarre ? La bête était allongée au fond de la cage, l’œil étrangement ouvert fixant à travers les barreaux les merveilleux nuages de l’été 1954 mais la garde du cœur vivant de l’oiseau par Marcel semblait bien avoir tourné court : plus question pour l’organe vital de battre la chamade eût-on dit.

***

Bien sûr, depuis l’histoire de l’Aronde 54 et les entreprises érotico-farcesques d’Odette Dejeux, Marcel se méfiait des femmes au volant mais là il y avait urgence : il fallait rendre Caliméro à Céleste A. dont le rire incassable venait à bout de tout problème. Qui plus est, en matière de science vétérinaire, elle était la sentinelle de Paris, capable de soigner toute fièvre, de ranimer le cheval évanoui avant qu’il ne fît le régal des chacals. Elle seule eût pu, à l’instar du père d’Odette D., extirper une molaire au lion de Belfort s’il eût seulement souffert d’une rage de dents au lieu de faire le fier dehors.

Comme Odilon n’était plus là pour le véhiculer, il avait eu recours aux ami·e·s automobilistes et son chauffeur du jour qui se garait justement là devant lui n’était autre que la princesse Valentine de Sagan, l’épouse du prince «caracollant». Les Sagan étaient de toutes les premières, de tous les bals, de toutes les fêtes, du tout Paris aimant, du tout Paris dément et le couple l’avait pris en amitié. Marcel avait droit aux petites tapes derrière l’épaule de la part de Maurice qui le surnommait par moquerie «Le gigolo» tandis que Valentine lui confiait, quand ils se voyaient seul à seule, le récit des chassé-croisé de ses relations saphiques ainsi que d’autres secrets d’alcôve et d’alcools contre lesquels elle n’avait absolument rien. Elle et lui, finalement, étaient devenues «de très bonnes copines» de cheval car elle faisait aussi de l’équitation.

Voilà pourquoi il monta bien plus rassuré que la dernière fois dans ce petit bolide, une Jaguar de type E, que la Sagan conduisait toujours les pieds nus. Moyennant quoi, une fois quittée la capitale, il serra les fesses tout le temps que dura le voyage. La jeune femme un peu garçonne avait un profil perdu de pilote automobile italien et, telle Fangio, ne conduisait jamais en dessous de 160 kilomètres à l’heure. Sur cette belle nationale 7 « que l’on soit quatre cinq six ou sept, qu’on aille à Saint-Trop’ ou à Sète » que Charles Trénet chanterait et enregistrerait un an plus tard, il avait souvent vécu l’enfer pour ne pas mettre pied à terre et se faire traiter de « poulette mouillette ».

 


 **

Nous n’utiliserons pas les faux-fuyants habituels. La nuit que Marcel et Valentine passèrent dans la maison de Raquel Véga fut une de ces nuits d’ivresse et de folie qui font la renommée de la Riviera française. Il est des parfums qui ne trompent pas et celui de l’opium dans ce bal costumé, la vue des poudres blanches et des verres coolorés – ce n’est pas un néologisme, c’est une faute de frappe bienvenue - emplis de cocktails étranges, l’alcoolisme et le désir d’éclate de tous ces fêtard·e·s déguisé·e·s laissaient à penser de façon sûre qu’on pratiquait ici les toxiques au premier degré.

 

Jeu 67 de La Licorne Proust en cornette

 

Dans la bousculade des plateaux à petits fours et des coupes de champagne entrechoquées Marcel P., déguisé en bonne sœur à cornette et trimballant toujours la cage de l’oiseau moribond pour lequel il se faisait un sang d’aquarelle, avait eu droit aux confidences d’une licorne rose.

- Car que cherchons-nous ici, sinon à plaire ? disait-elle. Je ne sais pas encore si ce goût de conquête cache une surabondance de vitalité, un goût d’emprise ou le besoin furtif, inavoué, d’être rassuré sur soi-même, soutenu. Pourquoi il ne bouge plus votre petit oiseau ?

- Je crois qu’il dort. Le voyage en Jaguar a dû le fatiguer. Vous a-t-on déjà dit que vous avez des yeux de soie ?

- Oui ! On me le dit souvent et j’adore passer des nuits de satin blanc. Seriez-vous l’heureux propriétaire d’un château en Suède, ma soeur ? J’ai toujours rêvé de visiter la Suède avec des chaussures bleues et la bénédiction de la religion.

Plus loin la robe mauve de Valentine avait fait beaucoup d’effet à une jeune Lucrèce Borgia déjà bien pulpeuse. La femme fardée, vêtue d’un costume de diable rouge bien qu’elle ne fût pas belge, lui avait confié qu’elle était actrice de cinéma et qu’elle tournait actuellement avec Jean Marais dans un film de Marc Allégret dont le titre serait « Futures vedettes ».

Au fur et à mesure qu’avançait la nuit des couples improbables se faisaient et se défaisaient, s’éclipsaient parfois dans des chambres derrière un écriteau « Ne pas déranger » et d’où s’échappaient souvent quelques cris étouffés, on sait se tenir, quand même, même quand on se lâche.

On put croiser ainsi une carpe et un lapin, une Castafiore et un marin doté d’un anneau à l’oreille, un clone de Landru avec une Piaf minuscule dont la petite robe noire toute simple avait su allumer le cœur et chauffer les sens du bonhomme car ils partirent tout de suite après terminer la nuit dans le foyer du monsieur.

Valentine avait disparu elle aussi avec sa Lucrèce-Brigitte. Etaient-elles allées prendre sur le coup de minuit un bain de lait d’ânesse ou jouaient-elles quelque part dans la grande villa au jeu de la bête à deux bardots ? C’est toujours ce qui se passe chez Bellini quand la Norma drague, non ? De guerre lasse Marcel, un poil éméché et plutôt barbouillé de mélanges divers et de tristitude d’été, finit sa nuit dans la Jaguar en racontant à Caliméro des fadaises de ce genre-ci :

- La netteté de mes souvenirs à partir de ce moment où je trempe ma madeleine dans le thé m'étonne. J'ai acquis une conscience plus attentive des autres, de moi-même. La spontanéité, un égoïsme facile ont toujours été pour moi un luxe naturel. J'ai toujours très bien vécu comme cela. Or, voici que depuis trois jours ta présence m'a assez troublé pour que je sois amené à réfléchir, à me regarder vivre. Je passe par toutes les affres de l'introspection sans, pour cela, me réconcilier avec moi-même. Ce sentiment de la mort du travail est bête et pauvre, comme ce désir de séparer les maîtres et les domestiques est féroce. C’est vraiment une connerie, ces «congés payés» ! Pourquoi pas bosser trente-cinq heures par semaine et avoir la retraite à soixante ans pendant qu’on y est ? Bonjour, tristesse des temps nouveaux ! Enfin, s’il faut être absolument moderne, comme a dit je ne sais plus qui, n’attendons pas ! Dans un mois, dans un an, il sera trop tard. De toute façon, c’est là et bien là ! Las et bien las !».

Après quoi il s’endormit.

***

Jeu 67 de la Licorne Saint-Tropez

Le lendemain matin, tout courbatu, sans se soucier de retrouver Valentine et Brigitte qui avaient dû filer sur une plage abandonnée ramasser coquillages, crustacés et bribes du parfait amour, il prit son petit-déjeuner dans un bistrot du port où l’on ne s’étonna pas plus que ça, avec tous ces fadas de Parigots qui débarquaient l’été, de servir des croissants et du thé à une bonne sœur à moustache, dotée d’une cage à serin, et qui réclamait des madeleines. Serein, on le restait toujours dans ce troquet même si, certains jours, l’envie ne manquait pas au patron d’inscrire du meurtre à la carte des plats servis !

Comme il ne possédait pas l’adresse ici d’Odilon et Céleste il passa à l’Office des maisons louées où il fit chou blanc. Il traîna dans les rues du village de pêcheurs, flâna dans les boutiques de mode, revint poser au marbre de la table en terrasse du bistrot des cartes postales qu’il entreprit de remplir en sirotant un nouveau thé.

Exécuter ce cérémonial avait pour objectif de retrouver les petites musiques des scènes qu’il avait vécues depuis qu’il avait quitté Paris. Les violons parfois s’envolaient dans les aigus pour souligner le passage au-dessus de la Loire et Valentine qui avait klaxonné tout le long du pont de Nevers pour marquer sa joie d’être libre, jeune et heureuse. Un piano dans l’herbe évoquait de façon joyeuse le restaurant «Les Routiers» où ils avaient déjeuné, tels des nobles s’encanaillant, en compagnie de camionneurs baraqués ; du pauvre, forcément, le piano, avec des bretelles et des boutons pour soutenir le pantalon en accordéon. Un quatuor de clarinettes rappelait le jeu des quatre coins du cœur – et du cul ! – dans la maison de Raquel. Une flûte élégante et solitaire illustrait un certain regard tendre de la Licorne aux yeux de soie. Et puis, bien sûr, le silence au bas de la carte – un soupir, ça allait de soi ! – pour y écrire, avant de signer « Avec mon meilleur souvenir et toute ma sympathie ».

***

Jeu 67 de La Licorne plage

  

Et puis le miracle des retrouvailles eut lieu. Sur le coup d’onze heures il se rendit à la plage où il y avait un monde fou. Il ôta ses souliers et ses chaussettes pour marcher pieds nus sur le sable au milieu des enfants, des ventres rebondis, des parasols, des coups de soleil, des ballons, des jeux de jokari et sa silhouette de bonne sœur à cornette devait, de loin, apparaitre aussi reconnaissable, incongrue et remarquable que celle de mon oncle Hulot, le fumeur de pipe à chapeau, sur la plage de Saint-Marc-sur-Mer.

Céleste et Odilon qui se chahutaient comme des mômes autour d’un matelas pneumatique Fina furent évidemment bien surpris de s’entendre héler par cette religieuse austère qui jurait dans le paysage en agitant une cage à oiseaux au-dessus de sa cornette. Intrigués ils sortirent de l’eau et s’approchèrent de la jaune laide nonne qui criait «Help !».

- Monsieur Marcel ? Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous avez viré travelo ?

- C’est à cause de l’oiseau. Il s’est réfugié dans le fond de la cage et il ne bouge plus.

- Et vous avez fait le voyage de Paris uniquement à cause de ça ? demanda Odilon. Peut-être bien qu’il est tout simplement crevé !

- Il n’y a pas de raison. Le voyage a été calme. La princesse de Sagan n’a pas conduit trop vite. Elle n’a jamais dépassé le 160 kilomètres à l’heure.

- 160 ? Il a dû faire une crise cardiaque dans un virage, voilà tout !

- Faites voir la cage, ordonna Céleste.

Elle ouvrit la porte de la petite prison, saisit le corps de Caliméro mais celui-ci se mit à battre des ailes, à voleter vers la sortie, empli de la joie d’entendre à nouveau la voix de sa maîtresse. Il trouva même le moyen de calter à l’air libre et d’aller se percher sur l’une de ses épaules afin de lancer des trilles énamourés aux oreilles recouvertes d’un bonnet de bain en caoutchouc blanc de Céleste.

Marcel restait abasourdi par ce passage de la catalepsie à un excès contraire mais finalement il était tout heureux de ce rendez-vous manqué de l’animal avec la mort.

***

Sur la route du retour, enfin débarrassé de son déguisement de nonnette en cornette et de l’oiseau capricieux qu’il avait laissé à ses maîtres après le repas au restaurant, il confia à Valentine disparue puis retrouvée ses sentiments intimes.

- Finalement, les oiseaux ne sont pas des cons. Celui-là a réussi à me manipuler et il s’est retrouvé là où il voulait aller, auprès de sa maîtresse, en vacances, à danser le twist à Saint-Tropez.

- Peut-être ! Peut-être, Marcel ! répondit la princesse de Sagan tellement plongée encore dans les brumes de l’alcool, l’ivresse des drogues et le souvenir de l’amour d’une seule nuit que par prudence elle ne roulait plus qu’à 140. Mais peut-être que les oiseaux sont des cons quand même : tu viens sans doute de faire la connaissance d’un canari homophobe !

Cela laissa Marcel muet jusqu’à ce moment du putain de camion où la conductrice dut faire une embardée afin de l’éviter et où la voiture finit sa course folle contre un platane (What else, in France ?).

Là il cria et se redressa en sursaut sur son lit. Il alluma sa lampe de chevet et lut «4 h 47» à sa montre.

A moitié soulagé, il remit le drap sur sa cage, s’agrippa des deux pattes au barreau et se rendormit tout heureux d’avoir survécu aussi au pire dans cet univers-là. Pour un peu il aurait siffloté la berceuse de Brahms dont il ne savait pas s’il l’aimait ou pas. Mais son organisme préféra ronfler comme un moteur de Ferrari.

 

 

dimanche 1 août 2021

JEU 67 : "Bonjour tristesse"

 

- Atelier d'écriture pour le mois d'août -
 

 
Il s'agit de créer un texte 
directement inspiré de cette image :

 

photo Robert Doisneau

 

 

Titre associé :

"Bonjour tristesse"

de Françoise Sagan

.

 

Concernant le titre de livre , 

vous pouvez , au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre dans votre texte

(dans l'ordre que vous voulez)

- Ou faire en sorte que ce titre de livre soit aussi le titre de votre texte

(et donc le choisir comme fil conducteur de votre création)

- Ou , troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

(en l'imitant, en la complétant, en la citant, en la détournant...etc)

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 août 2021

.


Je vous souhaite une belle inspiration...

et un beau mois d'août...

 .

 

La Licorne

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jeudi 22 juillet 2021

Les textes de juillet (Jeu 66)

 

La consigne du jeu 66

se trouve ICI

.


 Livre du mois  :


  

Voici les textes de ce mois

 (par ordre alphabétique) : 



"A la recherche du temps perdu" 

CELESTINE

 .

 


 

LA LICORNE

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"Les Etranges rêves de Marcel P. 3, Odette Dejeux"

 JOE KRAPOV 


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Merci aux participant(e)s...

bonne lecture

et à bientôt pour le mois d'août !

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La Licorne


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mardi 20 juillet 2021

JEU 66 : "A la recherche du temps perdu" - Célestine


 

 Consigne ICI

 .

 

Les heures sont des fleurs l’une après l’autre écloses

Dans l’éternel hymen de la nuit et du jour ;

Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses

Et ne les donner qu’à l’amour. 

Gérard de Nerval

 

 


 

J'ai une bonne nouvelle les amis ! L'océan est toujours à sa place. Splendide. Fidèle.
J'étais à Biscarrosse, un lieu superbe, bercé entre pins et sable. Je fêtais la vie avec mon amoureux, c'était doux et frais. On avait l'impression que rien de futile n'existait plus. Que tout était essentiel. Et l'océan, face à notre fenêtre, roulait ses vagues sur le bord du monde. Les nuages jouaient avec la plage. Inconscients des délires humains. C'était beau. Comme toutes ces choses qui nous semblent éternelles : la course des étoiles, les rochers de granit rose, le vent dans les blés...et les mimiques d'un bébé. Vous avez remarqué comme c'est mignon, un bébé, avec ses petites bouilles impayables, toujours les mêmes ? Quelle que soit l'époque et l'endroit. Comme si ces bouts de choux parlaient un langage universel, que l'on va s'ingénier à leur faire oublier dès qu'ils grandiront. Mais ça, c'est une autre histoire.
Si je vous en parle, c'est que j'étais à Angers, pour une belle cousinade. J'ai aimé l'innocence de ma petite Alba. L'insouciance joyeuse de sa soeur Sibylle, qui ne sait rien encore de ce monde insensé. Leurs grands yeux de poupée m'ont rafraîchie comme une brise de matin. Mes petites-filles, mes beautés.

Auparavant, nous passâmes quelques jours magiques chez mon amie Chinou, dans la montagne noire, loin des masques, des écouvillons dans le nez et des traçages numériques. Loin de cette folie qui a saisi le monde. Dans le simple appareil d'une nature verte et sauvage, à doucement profiter des quatre-vingt-quatre mille six cents secondes de chaque journée.
Etes-vous émerveillés, vous aussi, par ce crédit renouvelé permanent, sans contrepartie ni intérêts, que nous offre la vie ? Tant que son fil n'est pas coupé, c'est le miracle quotidien. Ce fil est très fragile, quoi qu'en disent ceux qui veulent nous faire croire le contraire. On aura beau prendre toutes les précautions, on n'évitera pas notre destin de mortels. Mais c'est un fil de soie et d'or, si on l'utilise pour créer du lien, pour donner du sens, et pas pour blesser ou ligoter.

J'ai dégusté des fruits de mer à Arcachon, visité la cathédrale d'Albi, impensable forteresse de brique rouge. Mangé un soir sur le port de la Rochelle avant le rush des Francofolies.J'ai relu avec bonheur Baudelaire, Musset, Rimbaud, Apollinaire.
Les poètes du temps qui fuit. Ils me nourrissent de cette idée : je veux mourir vivante.
Je ne relirai pas Marcel. Je n'ai pas assez de temps à perdre.







dimanche 18 juillet 2021

JEU 66 : "A la recherche du temps perdu" - La Licorne

 

Consigne ICI

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L'image qui me paraît la meilleure pour faire comprendre le sens de mon oeuvre, c'est peut-être celle d'un télescope braqué sur le temps, car le télescope fait apparaître des étoiles qui sont invisibles à l’œil nu, et j'ai quant à moi tâché de faire apparaître à la conscience des phénomènes inconscients qui complètement oubliés sont quelquefois situés très loin dans le passé.

Marcel Proust 

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A en juger par la jupe crayon et l'allure de la voiture, cette photo date des années cinquante. 

Les années cinquante, je ne les ai pas connues. Je ne les connais que par ce que m'en ont dit mes parents...Oh, pas grand-chose, en vérité, car ils parlaient beaucoup plus, et c'est normal, des années de guerre, des privations et des conditions de vie difficiles de l'époque. 

"On n'a pas eu de jeunesse", répétaient-ils. J'ai mis quelque temps à comprendre à quel point c'était vrai...Etre adolescent entre 39 et 45, à une époque où l'adolescence n'existait pas (il y avait l'enfance, puis le certificat d'étude, et ensuite c'était, sans transition, en tout cas dans les milieux modestes, le travail et les tâches "d'adulte"...)

Donc, les années cinquante, c'était quoi ?

Je ne sais pas trop, en fait. 

J'en ai une vague idée grâce aux films et aux vieilles revues qui traînaient chez nous. Des revues qui montraient des femmes élégantes mais un peu engoncées dans leurs vêtements...des robes serrées à la taille et des jupes toujours au-dessous du genou. 

Très importante, à l'époque, la longueur de la jupe. Je me souviens que ma mère (qui cousait ses vêtements) jugeait "au millimètre" cette fameuse "longueur autorisée", qui, d'après elle, changeait chaque année. Cette année, la mode est un tout petit peu plus longue, disait-elle...en ajustant les épingles sur l'ourlet.

Bon, le pantalon, pour les femmes, ça n'était pas possible...on n'osait pas. Quant aux trucs mini, mini, qui se démocratiseraient dix ans plus tard... ça faisait encore scandale...C'était bon pour les actrices...et les dévergondées.

Ces années-là, je les imagine à la fois austères (on ne rigolait pas avec les conventions) et enjouées (la guerre était passée, le pire était derrière). 

On avait "reconstruit le pays"...Le progrès commençait à pointer son nez...Certains avaient une voiture...Mes parents, non...Pas encore. Mais j'avais un grand-oncle, parisien et chauffeur de taxi, qui lui, promenait fièrement sa femme aux quatre coins de la France...

Quand elle montrait au retour ses photos (en tenue très élégante, car elle ne se refusait rien, la tantine), je voyais bien que les autres avaient un petit sourire ambigu, dont on ne savait trop s'il était d'admiration ou de jalousie.

Elle me les a montrées à moi aussi, ces photos. C'était vingt ans plus tard...et j'ai souri aussi.  Pose de "star" devant le capot lustré d'une belle voiture noire. Manteau de fourrure et chapeau chic...La classe.

Elle était la seule, dans la famille, à mener la "grande vie", à aller à l'opéra , à jouer au bridge...Pour mes parents, c'était ça, la "vie parisienne"...

Son mari est décédé  assez jeune. Elle a moins voyagé. Mais elle a continué à vivre à Paris...elle s'est remariée et elle est morte presque centenaire, sans enfants...avec, au coeur, la nostalgie de ses années de jeunesse.

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La Licorne

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samedi 17 juillet 2021

JEU 66 : "Les Etranges rêves de Marcel P. (3), Odette Dejeux" - Joe Krapov

 

Consigne ICI


Les Etranges rêves de Marcel P. 3, Odette Dejeux


 
(le côté un peu "osé" du texte proposé m'amène,
pour la première fois sur ce blog, à faire usage du "carré blanc"...
Vous voilà donc avertis...comme dirait Jean-Christophe ;-)


Plus il se couchait de bonne heure et plus il s’endormait tard. Plus il passait des journées vides à jouer au salonnard snobinard et plus ses rêves étaient peuplés de personnages bien vivants, bien actifs, qu’il ne connaissait ni des lèvres ni des dents et pourtant, cette fois-ci, il aurait pu.

Elle s’appelait Odette Dejeux. Son père était le roi du bridge et il avait trouvé une martingale géniale pour gagner beaucoup d’argent à la roulette : il était chirurgien-dentiste.

C’était une blonde ravissante et à dix-neuf ans, elle avait déjà son permis de conduire et possédait sa propre voiture, une Simca Aronde 54.

Marcel P. s’étonnait beaucoup de ce qu’elle s’intéressât à lui au point de lui proposer, ce jour-là, une balade en voiture jusqu’au sommet du mont Pilate.

Il se sentait perdu dans ce cauchemar-là et comme soûlé du piapiatage insignifiant de la donzelle, tout aussi plein de vides que ses propres longues phrases.

Tantôt elle lui parlait de son grand-père qui était tombé au Chemin des Dames (cinq ans plus tôt ???), tantôt de sa tante Alphonsine qui avait triomphé au Châtelet dans le « Mikado » de Gilbert et Sullivan et dont la tournée était allée jusqu’aux Philippines. A Manille elle avait rencontré celui qui était devenu son mari, Augustin Lacrapette, un négociant richissime, tout le contraire d'un pouilleux mais barbu autant que Landru et surtout pas du tout puant comme millionnaire. Cette union faisait suite à une belle série d’échecs sentimentaux d’autant plus retentissants qu’ils étaient restés secrets, sauf pour la famille.

Odette conduisait très vite et avait tendance à se déporter sur la gauche dans les virages pendant qu’elle énumérait les ramifications de son arbre généalogique. En même temps que cela elle mâchonnait une espèce de bonbon élastique bizarre que Marcel n’avait jamais vu auparavant et avec lequel elle faisait surgir parfois, en soufflant dedans, un petit ballon rose hors de sa bouche très maquillée.

En voyant son étonnement devant cela, elle avait chantonné :

- Fraîcheur de vivre, Hollywood chewing-gum ! Mais en réalité c’est un vrai Malabar ! J’aime bien ce mot ! Pas toi, Marcel ?

- On devrait installer des ceintures de protection pour éviter les accidents dans ces voitures rapides, avait-il suggéré en retour, complètement hors sujet. La sécurité était le dada de Marcel et c’était paradoxal parce qu’il passait la majeure partie de son temps chez lui et ne sortait pour ainsi dire jamais de Paris.

Il avait d’ailleurs longtemps écarté cette idée d’un voyage en Suisse et il avait fallu que sa gouvernante, Dame Céleste A., lui annonçât tout de go qu’elle allait prendre des vacances pour qu’il se décidât à concrétiser ce projet de voyage en Suisse. Il avait ouvert des yeux en boule de loto. Comment Céleste pouvait-elle bénéficier, en 1922, de congés payés alors que ceux-ci ne seraient accordés à la populace travailleuse qu’en 1936 ?

Et cette fille qui avait fait plus de mille bornes avec son petit bolide lui vantait, entre deux récits de vie familiale, les prouesses de ses petits chevaux fiscaux, la souplesse du débrayage, les reprises du moteur, meilleures que celle d’un V8 américain.

Et justement, comme, on atteignait le sommet du Pilate et que Marcel avait décidé de s’en laver les mains de ces bizarreries, ledit moteur se mit à tousser. Odette rétrograda et emprunta un petit chemin de terre pour mettre le véhicule à l’écart de la route. Elle fit encore cent mètres en cahotant puis l’automobile stoppa, comme morte, à l’abri de tous les regards.

- Qu’est-ce qui se passe ? s’enquit le loser asthmatique.

- Ca aurait dû me tarot-der plus vite mais la jauge est à zéro !

- La jauge ? Quelle jauge ?

- Le voyant du réservoir d’essence. Il est vide. On est en panne, Marcel !

- Ah ? Et que faut-il faire dans ce cas-là ?

- Montrer qu’on est un homme !

Elle avait approché son visage du sien et vite, très goulument, elle avait collé ses lèvres contre les siennes, mordillé sa moustache, passé ses deux mains dans ses cheveux brillantinés, introduit sa langue dans sa bouche et elle tournait, tournait, suave et sucrée, autour de la sienne alors que ses yeux à lui, grands et brillants comme des billes d’un flipper affolé, ne voyaient plus que les arbres penchés du chemin forestier. Marcel était comme électrisé.

Puis elle s’était écartée de lui, lui faisant cadeau de la boulette de gomme rose qu’il avait calée entre ses molaires interloquées. Elle avait ouvert la boîte à gants, en avait sorti un petit sachet carré et brillant qu’elle lui avait tendu.

- C’est un chewing-gum ? J’ai déjà celui que tu m’as laissé ! marmonna-t-il.

Elle avait éclaté de rire et répondu :

- Déchire-le !

Pendant ce temps elle s’était penchée sur le bas ventre du gars Marcel, avait débouclé sa ceinture, déboutonné sa braguette. Et maintenant sa main s’insinuait dans son caleçon, caressait…

Caressait pas grand-chose en fait !

Deux noix de cajou molles et un canari-dicule sans aucune dureté, aspérité ni turgescence.

Marcel, lui, agonisait, balbécutiait, se comportait en nonne qui geint, estomaqué par l’audace d’Odette qu’il jugeait odieuse.

- Ben alors ? C’est tout l’effet que je te fais, Marcel ?

C’est à ce moment-là qu’il avala le chewing-gum puis lâcha, exsangue :

- Je t’en prie, laisse tomber, Odette !

- Laisser tomber ? Encore eût-il fallu pour cela que l’objet fût monté et bien monté mais ce n’est pas le cas ! répondit-elle en retirant sa main.

Puis il se réveilla en nage et sortit de la chambre pour aller pisser.

***

Quand il se recoucha il se rendormit vite et retrouva la suite de son étrange rêve. Il marchait, seul, sur la route qui descendait à Lucerne, le pantalon mal reboutonné, la cravate de travers, décoiffé, un jerrycan vide dans la main droite, en direction de la station-service qui se trouvait à mi-pente.

Plus haut sur le Pilate Odette avait remis le préservatif intact dans la boîte à gants et puis elle était sortie éclater de rire à nouveau au grand soleil.

C’est la première fois qu’elle se retrouvait échec et mat avec son coup de la panne, une stratégie de séduction qu’elle avait apprise sur une plage de Belgique et qui s’était toujours révélée payante jusqu’à aujourd’hui.

A vrai dire la partie n’était que nulle. Elle était pat seulement, à ne plus pouvoir bouger de la voiture tant la panne de Marcel et la révélation qu’il lui avait faite de sa préférence pour les garçons l’avaient laissée morte de rire sur le siège conducteur de l’Aronde 54.

Elle aimait faire marcher les mecs ; aussi, parce qu’il méritait bien cela en guise de punition, de se taper un kilomètre à pied avec son jerrycan, elle attendit un quart d’heure avant de remettre le moteur en marche.

En arrivant à sa hauteur, elle ralentit, baissa la vitre du passager et lui lança :

- C’est une station Esso, Marcel ! Demande-leur de mettre un tigre dans ton moteur !

Cependant, parce qu’elle n’était pas mauvaise fille et qu’elle aimait beaucoup les contrepets, elle l’attendit à la station pour récupérer son jerrycan et redescendre le z’héros du jour à Lucerne.

- Je m’en souviendrai, de ce nain jaune ! songeait-elle. Mais qu’on ne me demande pas l’impossible : je ne cajole pas les noix des mous ! 

 

Joe Krapov 


Episodes précédents ICI et LA






lundi 12 juillet 2021

Devoir 89 : La Dame de fer

 

 

89 ème devoir du lundi 

 


La dame de fer

 

Ah, la Dame de fer ! Tout est démesuré, chez elle. 

Plus de 300 mètres de haut, 10000 tonnes de métal,  à peu près 2 500 000 rivets...et 1710 marches !!!

LE symbole de Paris. LE symbole du "savoir-faire" français. 

Construite à une époque où il fallait montrer ce dont le progrès était capable, à une époque où l'important était de prouver que l'on était capable "dompter la nature", que l'on était capable de grandes prouesses technologiques. 

 


Ce cher Gustave l'a fait ériger en deux ans. Quand je vois le temps qu'il me faut pour faire effectuer une réparation de plomberie, pour faire changer un simple boulon, cela me laisse songeuse !

Ce qui me laisse songeuse, aussi, c'est que si Gustave n'avait pas changé de nom, elle se serait appelée la tour "Bonickhausen"... Un léger handicap de départ, disons-le,  pour son "rayonnement" à l'étranger...

Grande et sèche, la Dame. Droite comme un A. 

Encore plus rigide que Madame Thatcher...et ça , il faut le "fer" ! 

Je sais qu'on la repeint régulièrement...et pourtant, sur le tableau de John Salminen, elle paraît un peu...rouillée. Prendrait-elle de l'âge ? Se laisserait-elle aller ?

Vous l'aurez compris, vieille ou pas, elle m'impressionne.  Mais voilà, je vous dois un aveu : je ne sais pas si je l'aime. Après tout, on peut admirer...sans aimer. 

Pour que je l'aime, que faudrait-il ? Il faudrait, tout simplement, qu'elle soit un peu moins dure, un peu moins "hautaine"...et qu'elle ne passe pas son temps à parader, au milieu d'une foule qui lui fait la cour jour et nuit.

Moi, je la rêve "à taille humaine"...je la rêve adoucie, avec les pieds entourés de lierre, fleurie de haut en bas...Et aussi un peu plus discrète...avec des moments de calme, des moments où elle ne serait qu'à moi...où je pourrais être la seule à la contempler, en toute intimité.

 


Non, c'est vrai...je ne peux pas dire que je "l'aime".

Et pourtant, j'aime les endroits d'où l'on peut "embrasser" tout le paysage...Je peux rester des heures en haut d'une colline ou d'une montagne...à contempler sans fin le panorama...J'aime cela et j'aime aussi cette sensation d'avoir gravi la pente à la sueur de mon front et à la force de mes mollets.

J'aime arriver en altitude et me dire que ce plaisir de dominer le paysage, je l'ai bien mérité ! Mais quand l'escalade s'est faite par ascenseur, excusez-moi, ça n'a pas du tout la même saveur.

Cela me rappelle ma visite, à la fin des années 90, du World Trade Center, à New York. Je me souviens encore de l'impression étrange que j'avais éprouvée, dans l'ascenseur supersonique, à voir défiler à toute vitesse les chiffres lumineux indiquant les étages...Là, pendant quelques secondes, j'ai compris ce qu'avaient dû ressentir les premiers astronautes quand leur fusée décollait...un curieux mélange de crainte et d'incrédulité. 

Et puis, une fois en haut, il y avait eu ce vertige absolu devant une hauteur un peu trop inhumaine pour être vraiment appréhendée. 

Alors, me direz-vous, si tu ne supportes pas les ascenseurs, tu n'as qu'à prendre l'escalier. Certes, certes...Mais comment dire ? Je ne me vois pas sortir ma gourde toutes les 50 marches, ni refaire les lacets de mes chaussures...juste pour masquer le fait qu'à mon âge, je m'essouffle un peu trop vite.  Aucune excuse pour souffler, donc. Même pas celle de cueillir quelques fleurs ou de m'arrêter pour suivre un vol d'oiseau à la jumelle...Cela n'a pas la même saveur, je vous dis.  

Mais je l'admire, la Dame. Je l'admire et parfois même, je la trouve belle.

Belle dans son habit de lumière. Belle, quand, la nuit, la tour "FL" brunâtre devient Fée Lumineuse.  Comme le jour du réveillon de l'an 2000, où je me souviens de l'avoir vue briller de tous ses feux...dans une débauche pyrotechnique, qui m'avait laissé des étincelles dans les yeux. 

Belle...oui, si belle parfois que Garou aurait pu, s'il n'y avait pas eu anachronisme, dire d'elle que "c'est un mot inventé pour elle"...

Hum...Notre-Dame de Paris, le World Trade Center...pourquoi diable est-ce que je ne pense, en regardant ce tableau, qu'à des monuments "écroulés"...? Peut-être parce que la "démesure" n'a qu'un temps... et qu'au fond de nous, on sait que tout ce qui est un peu "démesuré"  finit un jour par s'effondrer ?

La Tour de Pise...la Tour de Babel...et même la Tour du Tarot...la simple évocation d'une "tour" amène à cette peur inconsciente : la possibilité d'une chute.

Oh, pas tout de suite...bien sûr. Elle m'a l'air encore vaillante, solide...bien campée sur ses pieds...et surtout bien entretenue. 

Mais quand même, ça ne vous passe pas par la tête, à vous, en passant dans une rue adjacente...qu'à 130 ans passés, elle pourrait faire un petit "malaise vagal" ? ;-)

 

La Licorne 

 


 

 

 

lundi 5 juillet 2021

Devoir 88 : Bonne ou mauvaise nouvelle ?

 

88ème devoir du lundi 

(atelier d'écriture chez "Le goût des autres")

 


 

Il avait hésité à la recontacter. Cela faisait un an qu'ils ne s'étaient pas vus. Il ne voyait d'ailleurs guère d'intérêt à renouer avec cette jeune fille pour laquelle il avait eu un béguin passager. Elle était fraîche, elle était jolie... Plutôt élégante avec sa coupe à la garçonne et ses robes bien coupées. Mais passé le cap des premiers rendez-vous et de l'idéalisation des débuts, elle s'était révélée assez quelconque. Le genre "midinette" qui vous fait tourner la tête par ses poses, mais qui ne tient pas une conversation plus de dix minutes. 

Alors, pourquoi avait-il pris son téléphone et lui avait-il demandé de le retrouver à 14h devant le café de la plage?  Il ne le lui dirait pas. Elle n'apprécierait pas. Il se contenterait de la regarder et de l'écouter attentivement. Il mettrait son beau costume, celui qu'elle aimait. Il lui dirait des choses agréables. Et puis, après avoir flirté quelques heures, il la quitterait définitivement. Il n'y avait rien d'autre à faire. 

Hier, son éditeur lui avait demandé d'étoffer un peu la dernière partie de son livre. Il la trouvait un peu faible.

- Le début est bon mais la scène de la rupture est trop fade. Elle manque de détails, refaites-moi quelque chose de plus fouillé et de plus réaliste, avait-il dit.

Ce soir, ce serait fait. Sans peine. La nouvelle serait bonne, il en était persuadé. Et le livre serait enfin édité.

 

 La Licorne



jeudi 1 juillet 2021

JEU 66 : "A la recherche du temps perdu"

 
- Atelier d'écriture pour le mois de juillet -
 

 
Il s'agit de créer un texte 
directement inspiré de cette image :
 


 
 

Titre associé :

"A la recherche du temps perdu"

de Marcel Proust (*)

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Concernant le titre de livre , 

vous pouvez , au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre dans votre texte

(dans l'ordre que vous voulez)

- Ou faire en sorte que ce titre de livre soit aussi le titre de votre texte

(et donc le choisir comme fil conducteur de votre création)

- Ou , troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

(en l'imitant, en la complétant, en la citant, en la détournant...etc)

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Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 juillet 2021

(la date du mail faisant foi ;-)

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Je vous souhaite une belle inspiration...

et un beau mois de juillet..

 .

 

La Licorne

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(*) Rappelons au passage que ce 10 juillet,  

cela fera juste 150 ans que cet auteur vit le jour...

 


 

 

 

lundi 28 juin 2021

Devoir 87 : Origine amoureuse

 

 

 87ème devoir du lundi

 
 


 

Allongé sur le lit, Claude la regardait d'un air attendri. Il aimait ses gestes lents et précis, sa façon ondoyante de se rhabiller, ses gestes délicats pour se reconstruire une coiffure. Tout en elle lui plaisait. Il aimait sa peau diaphane et la flamboyance mousseuse de sa longue chevelure. Il aimait ses bijoux simples et lourds et il aimait ses robes couleur printemps.

Les mots qui lui venaient étaient le reflet de la gratitude qu'il éprouvait à l'avoir rencontrée...et du bonheur qu'il avait à la côtoyer. A comme Attirance, B comme Beauté, C comme Chance, D comme Deux, E comme Envoûté...

La semaine dernière, ils s'étaient promenés main dans la main sur le sentier le long du ruisseau. A un moment, elle s'était arrêtée et, pour le taquiner, avait soufflé sur une fleur de pissenlit, juste sous son nez. Deux minutes plus tard, ils basculaient dans l'herbe en riant...la chanson des grillons rythmant joliment leurs caresses...

Elle termina d'assembler son chignon improvisé puis se détournant du miroir, lui demanda :

- Au fait, tu as trouvé un nom à ton ouvrage, mon chéri ?

- Je crois, oui, avait-il répondu, dans un sourire : il s'appellera "Larousse"...

En hommage à Pierre...bien entendu... :-)

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La Licorne




 

vendredi 25 juin 2021

Les textes de juin (Jeu 65)


 

La consigne du jeu 65

se trouve ICI

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Livre du mois  :


 

Voici les textes de ce mois

 (par ordre alphabétique) : 

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"Avant le premier vol"  

de Laurence Delis

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"C'était par une nuit..." 

de Joe Krapov


 

 
 
de La Licorne 
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"Le moineau" 

de Mary Grimoire 

 

 

"L'oiseau"  

de Jamadrou 

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De gros gros "becs " à tous les participant(e)s...


Et si ce n'est pas encore fait,

allez donc voir comment chacun a  traité le sujet...

 en laissant, éventuellement, un commentaire...

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La Licorne 


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