mercredi 13 mai 2026

Atelier de Villejean (2) : "Mots disparus"

 





archifou adj - azedarac nm - baisure nf - bandoline nf - bégueulerie nf - bonace nf -
 bredi-breda adv - brusquembille nf - cagnarder v - calembouriste nm - canezou nm - capucinière nf - caracole nf - cispadan adj - clabauderie nf - clifoire nf - cric-crac nm - dansomanie nf - débaucheur nm - décaméron nm - dépilatif adj - diaphanéité nf - ducaton nm - duriuscule adj - ébaudissement nm - ecclésiastiquement adv - échauffant adj - effondrilles nf - esquinancie nf - estocader v - étanfiche nf - ethiopique adj - étoupillon nm - hexapole nf - fagotin nm - falarique nf - faluner v - fanfan nm - fantasquement adv - farcineux adj - festoyer v - figuline nf - flûter v - folâtrerie nf - fontange nf - galactomètre nm- galimafrée nf - gargoussière nf - gastrolâtre nm - génésiaque adj - gracioso adv - guenuche nf



Joe Krapov nous a demandé de placer dans un texte
les mots ci-dessus
(récemment disparus du Larousse)
en deux temps.

Tout d'abord, sans en connaître la signification
(en se fiant à leur sonorité)
puis, dans un deuxième temps,
 en tenant compte de leur sens réel.

Voici la deuxième partie du défi :




Je vais vous conter, si vous le voulez bien, ce qui m'est arrivé ces dix derniers jours. 
 
Mardi soir, j'ai mis mon plus beau canezou et ma jupe rouge fendue. J'ai mis aussi un peu de gel dans mes cheveux, (j'évite toujours la bandoline et la brillantine car c'est dépilatif), puis, avec une barrette, j'ai fixé gracioso une fontange sur mon chignon. Ainsi parée, je suis partie à mon cours. Mes deux fanfans voulaient m'accompagner mais je leur ai fait comprendre que ce n'était pas le genre d'ébaudissement qui leur plairait. En plus, je n'ai pas envie de les vêtir comme moi : ils auraient l'air d'un fagotin et d'une guenuche.
 
J'ai donc préparé une bonne galimafrée pour mes deux petits gastrolâtres, et avant de partir, je les ai invités à cagnarder devant la télé ou à faire une partie de brusquembille. Ce n'était pas un programme archifou, c'était "bonace", mais comme je leur avais promis un ducaton s'ils étaient sages, au final, ça s'est plutôt bien passé. Quand je suis rentrée, ils s'étaient un peu estocadés, il y avait eu quelques clabauderies mais les figulines sur la cheminée, dieu merci, étaient intactes. 

Mercredi, j'ai emmené fiston à son cours d'équitation. Je suis restée pendant la leçon. Il m'a montré qu'il maîtrisait parfaitement la volte et la caracole. Il a du mérite car il a dû changer de monture : son cheval habituel est farcineux depuis la semaine dernière. 

Vendredi, ce fut ma choupinette qui fit des siennes. Elle s'est réveillée avec le teint pâle comme la porcelaine. Une diaphanéité qui n'augurait rien de bon. J'ai dû l'emmener bredi breda chez le médecin, qui a palpé sa gorge, a diagnostiqué une esquinancie, non contagieuse, heureusement.

Samedi midi, tonton Gérard est venu manger à la maison. Il est éleveur et agriculteur . On ne risque pas de l'oublier, d'ailleurs, car, pendant tout le repas, il ne nous a parlé que de ça. De son tout nouveau galactomètre, des effondrilles qui restent au fond des bouilles de lait si on ne les nettoie pas bien et même de la dernière façon de faluner qu'un voisin lui a enseignée. Rendue aphone à cause de son mal de gorge, la pauvre Choupinette le regardait, les yeux écarquillés, comme s'il avait parlé chinois. 

Dimanche, les enfants étaient ravis, on avait rendez-vous avec leur père et on est allés se promener dans la forêt tous les quatre. Stéphane leur a appris le nom des arbres. J'en ai découvert un que je ne connaissais pas : l"azedarac". Puis il leur a dit: "Regardez, je vais vous montrer quelque chose." Il a cassé une petite branche de sureau et, avec son couteau suisse,  en deux temps trois mouvements, il a fabriqué un petit sifflet pour chacun. "ça s'appelle une clifoire", a-t-il dit. "Il sait tout, papa", ont dit les gamins, admiratifs. Sûrement. Mais qui c'est qui, le soir, les a entendu "flûter" jusqu'à des heures indues ? C'est moi. 

Ce mardi, on était invités à prendre l'apéro chez ma copine Marie. Elle, je l'aime bien. Mais son mari, lui, m'insupporte. Il est psychanalyste...et calembouriste. Un mélange détonant. 
Quand j'ai parlé de mes nouveaux cours du mardi, il a aussitôt évoqué l'une de ses clientes, atteinte de "dansomanie". 
" Elle danse jour et nuit, a-t-il confié, ce qui fait qu'elle est filiforme. Une silhouette éthiopique. Enfin, elle, elle ne s'en rend pas compte. Elle se trouve normale. Figurez-vous que l'autre jour, en séance, elle m'a sorti cette phrase incroyable : "Pour être dans les normes, il faut rester mince." 
A ce moment-là, il s'est arrêté et m'a regardé avec insistance. C'est là que j'ai compris que j'avais dû louper l'une de ses blagounettes.
"Tu n'as pas compris  ? 
Dans les normes : dans "l'énorme" ! Hihihi..."
Marie était morte de rire. Moi, j'ai fait semblant de trouver ça amusant et puis, prétextant un peu de fatigue, je suis rentrée le plus vite possible. 
La vérité, c'est que je sentais qu'à la dixième blague "vaseuse", j'allais répliquer par un trait incendiaire et malvenu. C'est ce que Stéphane appelait mon côté "falarique".
Et puis, le mardi soir, j'ai danse...et ça, c'est sacré !

Aujourd'hui, c'est vendredi.
Dix jours. On y est. 
C'est la fin de mon petit decameron hexapole
Vous connaissez un peu plus mon quotidien maintenant.
 
Mais aujourd'hui, excusez-moi, j'ai mieux à faire que d'écrire ma vie dans un blog.
Ce soir, je vais festoyer avec mon débaucheur préféré. 
Vous ne voyez pas qui c'est ?
C'est... mon professeur de danse. 
Mais chuuuut ...ne dites rien à mes enfants. 
Promis ?


La Licorne



Définitions :


archifou adj : extrêmement fou

azedarac nm : arbre de la famille des méliacées

baisure nf : endroit où un pain en a touché un autre dans le four

bandoline nf : eau visqueuse pour lisser les cheveux

bégueulerie nf : caractère, air d’une bégueule

bonace nf : calme de la mer

bredi-breda adv : trop vite (raconter une chose bredi-breda

brusquembille nf : sorte de jeu de cartes

cagnarder v : vivre dans la paresse

calembouriste nm
: faiseur de calembours

canezou nm : corsage sans manches

capucinière nf : maison de capucins

caracole nf : mouvement en rond qu’on fait exécuter à un cheval

cispadan adj : qui est en deçà du Pô

clabauderie nf : criaillerie importune et sans raison

clifoire nf : Espèce de seringue que font les enfants avec du sureau

cric-crac nm : bruit que fait une chose qu’on déchire, qu’on casse

dansomanie nf : passion, manie de la danse

débaucheur nm : qui en débauche un autre

décaméron nm : récit d’événements survenus dans un espace de dix jours

dépilatif adj : qui fait tomber les poils, les cheveux

diaphanéité nf : qualité de ce qui est diaphane

ducaton nm : ducat d’argent

duriuscule adj : un peu dur

ébaudissement nm : grande réjouissance

ecclésiastiquement adv : en ecclésiastique

échauffant adj : se dit des aliments et remèdes qui augmentent la chaleur animale

effondrilles nf : dépôt qui reste au fond d’un vase après l’ébullition ou l’infusion

esquinancie nf : violente inflammation de la gorge

estocader v : porter des estocades

étanfiche nf : hauteur de plusieurs lits de pierre qui font masse dans une carrière

ethiopique adj : d’Ethiopie

étoupillon nm : petite mèche introduite dans une pièce d’artillerie pour éviter l’humidité

(h)exapole : contrée qui renferme six villes principales

fagotin nm
: singe habillé que les charlatans exhibent dans les foires

falarique nf : arme de trait incendiaire chez les Francs

faluner v : Répandre des débris de coquilles utilisés comme engrais dans un champ

fanfan nm : petit enfant

fantasquement adv : d’une manière fantasque

farcineux adj : qui a le farcin une sorte de gale qui vient aux chevaux et aux mulets

festoyer v : bien recevoir quelqu’un, le bien traiter

figuline nf : ouvrage de poterie

flûter v
: jouer de la flûte ; cri du merle : pop. boire

folâtrerie nf : action, parole folâtre

fontange nf : nœud de ruban qu’on place sur la tête

galactomètre nm : instrument pour mesurer la qualité du lait ; pèse-lait

galimafrée nf : espèce de fricassée composé de restes de viande

gargoussière nf : sorte de gibecière où l’on met les enveloppes contenant la poudre d’une bouche à feu

gastrolâtre nm : gourmand ; celui qui fait un dieu de son ventre

génésiaque adj : qui se rapporte à l’origine du monde

gracioso adv : gracieusement (en musique)

guenuche nf : petite guenon


Atelier de Villejean (1) : "Mots disparus"








archifou adj - azedarac nm - baisure nf - bandoline nf - bégueulerie nf - bonace nf -
 bredi-breda adv - brusquembille nf - cagnarder v - calembouriste nm - canezou nm - capucinière nf - caracole nf - cispadan adj - clabauderie nf - clifoire nf - cric-crac nm - dansomanie nf - débaucheur nm - décaméron nm - dépilatif adj - diaphanéité nf - ducaton nm - duriuscule adj - Ébaudissement nm - ecclésiastiquement adv - échauffant adj - effondrilles nf - esquinancie nf - estocader v - étanfiche nf - ethiopique adj - étoupillon nm - exapole nf - fagotin nm - falarique nf - faluner v - fanfan nm - fantasquement adv - farcineux adj - festoyer v - figuline nf - flûter v - folâtrerie nf - fontange nf - galactomètre nm- galimafrée nf - gargoussière nf - gastrolâtre nm - génésiaque adj - gracioso adv - guenuche nf




Joe Krapov nous demande de placer dans un texte 
les mots ci-dessus
(récemment disparus du Larousse)
en deux temps.

Tout d'abord, sans en connaître la signification
(en se fiant à leur sonorité)
puis, dans un deuxième temps,
 en tenant compte de leur sens réel.

Voici la première partie du défi :
(j'ai placé une quarantaine de mots)


Un canezou, nommé Azedarac, falunait bredi breda au milieu des effondrilles et des brusquembilles, quand surgit tout à coup une jolie figuline répondant au nom de Fanfan. Elle caracolait gaiement d'exapole en exapole, accompagnée de sa fidèle guenuche et d'un duriuscule ducaton éthiopique. Après un moment d'ébaudissement, Azedarac aborda la Belle sans galimafrée et lui dit, d'un air bonace
- Je me rends dans ma capucinière à deux pas de là, accepteriez-vous de partager un en-cas avec moi ? Cela me ferait grand plaisir et vous pourriez vous reposer un peu.

Fanfan le regarda. Même s'il n'avait pas l'air d'un débaucheur, elle se méfiait quand même.
Avait-elle affaire à un gastrolâtre en esquinancie,  à un décaméron en mal de baisure, à un fagotin archifou ou à un jeune gracioso à bandoline ?
Elle le toisa d'un oeil dépilatif et pencha pour la dernière hypothèse. Pas besoin d'un galactomètre pour mesurer le degré de sincérité du jeune sieur, il émanait de lui une certaine diaphanéité qui inspirait confiance. 

Le soleil échauffant et cagnardant estocada définitivement ses hésitations. 
A côté d'elle, son petit ducaton remuait son étoupillon en cadence et sa guenuche lançait des "cric-crac" enthousiastes. Ils mouraient de soif...et elle aussi. 
Sans bégueulerie, elle flûterait bien un petit verre de fontange avec quelques étanfiches farcineuses et croustillantes.
Elle dit oui.  


La Licorne



(à suivre)



dimanche 10 mai 2026

AI (7) : "La pesanteur du temps" - Max Louis




 
Demander l'heure :

une question banale ?

Pas toujours. 

Chez Max-Louis, 

ça nous emmène loin...

très loin.

.

A lire ICI

.



samedi 9 mai 2026

AI (6) : "Quand un brin de muguet se fait la malle" - Isabelle-Marie d'Angèle

 



Chez Isabelle-Marie, 

un jardinier au prénom pas banal 

offre un brin de muguet

à sa voisine...

mais...surprise !

Si vous voulez connaître la fin,  

c'est ICI
.



vendredi 8 mai 2026

AI (5) : "Le vieux mainate"



Allez...un petit dernier pour la route...:-)





Lui, c'est un vieux mainate

Qui aime ses pénates

Il s'appelle Merlin

Et siffle dans son coin


Autrefois religieux

Il  priait tout le temps.

Maintenant qu'il est vieux

L'est dev'nu mécréant...


Ne le méjugez pas

Il a d'autres talents :

Il mène des débats

C'est un oiseau savant


La langue, il la maîtrise

Aussi bien qu'vous et moi

Alors, qu'on se le dise

Plus bavard, il n'y a pas !


 


J'aime sa mèche jaune

Ses pattes maigrelettes

La façon dont il trône

Sur sa branche...et rouspète !


Messire Mainate caquette

Messire Mainate m'épate

Mais pitié, qu'il arrête

De chanter cette cantate : 


"Mets de l'huile petit homme

Tes paroles j'y comprends rien

De l'huile petit homme

Dis des mots lents, tu veux bien ?


Mets de l'huile petit homme

Tes paroles j'y comprends rien

De l'huile petit homme

Pour le petit merle in...dien"

:-)

.

La Licorne

.



jeudi 7 mai 2026

AI (4) : "Triste, le bonheur ?" - La Licorne


"L'argent ne fait pas le bonheur ? Rendez-le ! " 

disait Jules Renard.

Alors, un jour, on me l'a rendu. 

Pas l'argent. 

Le bonheur.

Je l'ai ramassé. Je l'ai pris dans ma main. 

Puis je l'ai écouté. Il était tout en pleurs.

"Qu'est-ce que tu as ? lui demandai-je, inquiète.

- Je suis triste. Je suis triste parce que je n'arrive pas à demeurer quelque part. On me fuit, on me jette, on me perd...Personne ne me garde bien longtemps. Je suis maudit !

- Mais les gens t'aiment, pourtant.

- Je ne sais pas s'ils m'aiment. Ils me cherchent, ils me veulent, ils me rêvent...mais quand je suis là, ils m'oublient ! Je deviens invisible.

- La nature humaine est ainsi faite, dis-je. On souhaite toujours ce qu'on n'a pas.

- Je sais, je sais...depuis le temps que je parcours la Terre en tout sens, je l'ai bien compris. Tiens, pendant un moment, j'ai vécu chez Ulysse. Tu connais Ulysse ?

- Tout le monde le connaît. C'est celui qui a fait un beau voyage ?

- Oui, celui-là même. Eh bien, pendant son périple, il lui est arrivé bien des malheurs. C'était très mouvementé. Beaucoup trop pour que je l'accompagne. Et ensuite, quand il est rentré à la maison, dans son petit village, Pénélope, aigrie par sa longue absence, lui a rendu la vie impossible.

- Ah bon ? Pourtant, Messire Du Bellay a magnifié la fin de sa vie dans un superbe poème.

- Oui, c'est bien ça le problème : on parle de moi sans savoir, on me projette dans des endroits où je n'ai jamais été...on écrit des vers de toute beauté, mais sans vérité. Et surtout, surtout, on m'envoie sans cesse dans le passé. 

- Comment ça ?

- Eh bien, les gens ne me voient que de loin : ils me mêlent facilement à leurs souvenirs d'enfance, aux événements d'antan, mais presque jamais à leur présent. C'est comme une presbytie de l'âme. 

- C'est vrai. Je n'y avais jamais pensé. Mais tu as raison. Il est probable que la mémoire nous joue des tours. On méjuge le présent et on embellit ce qui a disparu...Moi, j'aime bien les vieilles pierres, les vieux souvenirs, les vieilles photos...ça m'attendrit. 

- Voilà. Exactement. Tu me mets là où je n'ai pas habité. Et tu joues en permanence  les Merlin l'enchanteur en repeignant les jours anciens d'un coup de baguette magique. Sur le moment, les "petites étoiles", les "étincelles de joie" que tu y vois aujourd'hui...ne brillaient pas tant que ça. Sur la photo de famille, la petite fille maigrelette pensait à ses devoirs non faits, sa mèche de travers et à ses disputes avec sa soeur...et, entre deux préoccupations, elle souriait sur commande, pendant cinq secondes. Toi, tu regardes ce grand sourire...et tu imagines que c'était la période la plus heureuse de sa vie. 

- Je comprends. C'est une sorte de reconstruction. Une reconstruction qui me fait du bien et me console un peu. Mais dis-moi, petit bonheur, je me pose une question...Tu ne vas pas me dire, que toi... toi le bonheur...tu es malheureux ???

- Eh bien, je suis comme vous : je passe du rire aux larmes, de la satisfaction à la déception, de la joie la plus pure au désespoir...Chaque jour est différent. Chaque jour amène de nouveaux états d'âme.

- Et si c'était ça, le plus important ?

- Que veux-tu dire? 

- Eh bien, que ce qui nous mène, c'est le fait que tout change à tout moment. Que toi, le bonheur, tu ne sois pas une conquête, une possession, un acquis...mais quelque chose qui va et qui vient..et qu'on est toujours honoré d'accueillir quelques secondes, quelques minutes, quelques jours.... Comme je suis ravie de t'avoir avec moi, aujourd'hui. De te porter, même un instant.  "

A ce moment-là, j'ai vu, dans l'oeil de mon petit bonheur, comme une lueur. Un éclat soudain. Il a séché ses larmes. Il s'est redressé d'un coup et il m'a dit, avec un petit sourire malicieux : 

"Bon, fillette, je t'aime bien, mais je dois y aller. Quelqu'un m'attend. A vrai dire, je ne sais pas encore qui, mais c'est ça qui est bien...non ?"

Et il s'est envolé. 


La Licorne





mercredi 6 mai 2026

AI (3) de mai : "Un brin de mauvaise humeur" - La Licorne

 





Vendredi 13 mai 2026. 
Orée de la forêt. 7 heures du matin.

Une coccinelle, après bien des allées venues, finit par se poser sur un brin de muguet.

- Eh, toi...fais donc attention ! Tu viens de bousculer mes fleurs ! 

- Oh, Mumu...Calme-toi ! Tu me parais bien énervé, dis donc !

- C'est que je faisais une petite sieste, tranquille, à l'ombre... et bing ! tu m'as réveillé.

- Ce n'est pas moi qui t'ai dérangé...je me suis posée tout doucement. Ce sont tes clochettes qui font drelin, drelin...dès qu'on les frôle. Quelle idée aussi, d'en avoir autant ! 

- On est comme on naît. Je n'y peux rien. Et puis, les autres ne pensent pas comme toi : on les aime, mes clochettes. Il paraît même qu'elles portent bonheur.

- Humm...je ne crois pas tout ce qu'on raconte. Moi qui te connais bien, Messire Muguet, je sais que, sous tes airs enchanteurs, tu es tout ce qu'il y a de plus "toxique". Tu joues les magiciens du bonheur, les "Merlin"... mais il y a deux jours, j'ai croisé une petite vieille, toute fluette, toute maigrelette, qui cueillait des herbes dans la forêt. Elle voulait préparer un peu de pesto pour agrémenter les mets du dimanche. Bien mal lui en a pris : elle t'a confondu avec de l'ail des ours et depuis, elle est malade à en crever. 

- Ah, ah...tu peux parler, la Belle ! Les gens te laissent monter sur leur index et te trouvent mignonne...Ils pensent que tu es jolie, gentille et synonyme de chance. S'ils savaient ! Ils oublient, les pauvres naïfs, tes nombreux "points noirs"...ils oublient que tu es la plus grande "dévoreuse" que la Terre ait jamais portée ! Un monstre vorace. Combien de pucerons croques-tu par jour ? Non, ne réponds pas,  je préfère ne pas le savoir. C'est abominable !

- Je ne répondrai pas, en effet. Etre méjugée par un brin d'herbe, c'est un comble ! Chaque jour, je sauve des dizaines de plantes de la gent puceronesque...de ces horribles "suceurs de sève", de ces minuscules vampires au corps mou...Sans moi, tes congénères seraient morts depuis longtemps.. alors je n'ai pas de leçon à recevoir de toi, ok ?

- Je me demandais pourquoi tu étais si rouge, Coccie. Maintenant, je sais : c'est parce que tu es toujours en colère. Allez, zou ! Va donc voler ailleurs...mécréante...et laisse-moi dormir en paix.

- Oui, c'est ça, je vais aller me poser plus loin. Sur l'arbre voisin, tiens. Histoire de "toucher du bois". Et puis, je vais aussi "croiser les pattes"...pour chasser le malheur de t'avoir rencontré ce matin. 

- Ben, moi, je vais faire une causette avec mon ami le trèfle à quatre feuilles. Il est discret, lui. Et il ne se mêle pas de ce qui ne le regarde pas. C'est si rare. 

- Que de mots gentils aujourd'hui ! C'est bien ce que je disais. Toxique, le Mumu ! Allez, bye bye ! Je te laisse. Mon amie la rose m'attend. On a rendez-vous tous les deux. Comme chaque jour. De "bonne heure". 


La Licorne




mardi 5 mai 2026

AI (2) de mai : "Divan de travers" - Tiniak

 



S'appropriant, vite fait, bien fait, la consigne,

Tiniak nous emmène sur le divan du psy

et nous parle d'un patient

à l'accent....

un peu particulier. 

C'est ICI.

.

Courez-y vite, 

courez-y vite !

.



lundi 4 mai 2026

AI (1) de mai : "Porte‑Bonheur, Porte‑Malheur" - Lothar






Hum...comploti, complota...
ça complote un brin...
chez l'ami Lothar.

Si vous voulez savoir
de quoi il s'agit...

Rendez-vous 
.


samedi 2 mai 2026

Agenda ironique : Consignes de Mai




Chers zamis agendistes, ironistes...

et pas tristes...

Comme vous l'avez vu, 

le mai, le joli mois de mai est revenu...

le soleil brille et il fait beau. (*)



Je vous propose donc de laisser un instant

toutes vos inquiétudes, angoisses et morosités,

de cueillir gaiement le joli muguet

et de prendre, en même temps, 

un grand bol d'air frais.

Le thème de ce mois sera :

"porte-bonheur"




Sur ce thème, je souhaiterais 

que vous placiez le plus de mots possible

commençant par "mai" 

(ou mei, mè, mê, mé)


(dont, 7 mots, au moins, choisis parmi ceux-là :

maitrise, maigrelet, mainate, messire, mets

che, mêler,juger, Merlin, mécréant)


Je vous invite aussi à manier habilement

la prosopopée...

ainsi que la fine ironie 

dont vous êtes coutumiers.



Enfin, (en option), vous pourriez vous inspirer 

de cette phrase de Jules Renard :

"Le bonheur, c'est être heureux ; 

ce n'est pas de faire croire aux autres qu'on l'est."


Bon, maintenant, 

selon la formule consacrée,

YAPLUKA...


Date limite pour participer 

(déposer le  lien de votre texte

dans les commentaires ci-dessous) :

mercredi 27 mai 2026, minuit.


Ensuite, on passera au vote

ici ou ailleurs...

(L'ami Tiniak

organisateur d'avril, 

 a généreusement accepté

de m'aider pour le sondage)


Au bonheur de vous lire !

.

La Licorne

.


(*) Le premier mai, jour où j'ai écrit ce texte...

il faisait encore très beau. Mais depuis...hum.

On aurait bien besoin d'un "petit coup de pouce" : 


"Coccinelle, demoiselle, va dire au Bon Dieu... 

qu'il fasse beau...demain !"




P-S : 
L' "Agenda Ironique" est un jeu littéraire itinérant
qui se promène de blog en blog 
depuis une bonne dizaine d 'années,
et j'ai l'honneur de prendre 
le relais de l'organisation 
ce mois-ci.

Cela ne vous empêche pas, évidemment,
de participer au jeu du mois
 - le Jeu 118 -
si vous le souhaitez.
Les deux se dérouleront en parallèle...
et en bonne amitié.
.




vendredi 1 mai 2026

JEU 118 : "La soupe aux mots" - La Licorne

 

 

 

Faites comme Queneau : 

 Prenez un mot

Prenez-en deux

Ou encore mieux 

Prenez-en dix

Prenez-en mille

Si ça vous dit

 Si c'est utile.

 

Un mot bizarre

Et un mot rare

Un mot banal

Un mot bancal

Un mot désuet

Un mot coquet

Un mot badin

Un mot coquin

Un mot violent

Un mot savant...

Plus c'est varié

Et meilleur c'est !


Epluchez bien.

Assez de mots ? 

Lavez le tout,

Jetez dans l'eau

D'un grand faitout.

Remuez bien...

Puis, pour le goût,

Un peu de sel

Et d'ironie,

Du vermicelle,

Un brin d'folie.


Il faut attendre 

Un petit peu.

Quand c'est bien tendre,

Coupez le feu.

 

 Mixez, mixez...

Puis partagez 

A ceux qui passent

Faites goûter

A tout l'espace. 

Soupe de légumes

Pour ceux d'Neptune.

De pommes de terre

Pour Jupiter.

Soupe de mots

Pour ceux d'Oxo. 

Deux louches en plus, 

Pour Uranus.

 

Voyez s'ils aiment

Votre poème :

S'ils disent "Schtroumpf !" :

Ils aiment de ouf

Mais s'il en reste

C'est qu'ils détestent. 

Si ça arrive,

Pas d'prise de tête 

Changez d'convives...

Et de planète.

 

Chers marmitons

A vos casseroles,

Chers compagnons, 

A vos mots drôles...

Et chers amis, 

Bon appétit...

.

La Licorne 

.

  

  
 
 
 
 

JEU 118 : "A la soupe" - An'MaÏ




A la soupe !


- A la soupe la Denrée ! Tu vas te régaler !

- Mais le Glaude, je n'aime pas la soupe ! Aux choux, aux pois aux poireaux ou au pain, je n'aime pas la soupe ! Et quand on y rajoute du vin pour faire chabrot*, ça me débecte !

- Comment ça tu n'aimes pas la soupe ? J'étais pourtant sûr que ça te plairait !

- Ben non tu vois ! Je n'aime pas vos soupes à vous les terriens !Je déteste en particulier le potage au vermicelle ! On dirait des petits vers qui nagent dedans ! Beuuuuurrrrrkkk ! Je n'aime pas non plus le bouillon du pot- au-feu. C'est gras et puis dedans il y a tous ces yeux qui me regardent ! Ça me fout les jetons ! Je n'aime pas le bouillon de toute façon, qu'il soit d'onze heures ou de minuit !

-Tu aimes quoi du coup mon pote ? J'étais persuadé que tu adorais la soupe aux choux !

- Tu as mal compris le Glaude ! Ce que j'adore, c'est la soupe aux Schtroumpfs ! Si tu en as, j'en mange un plein bol ! Deux même ! Ou trois ! J'ai bon appétit ! Sur ma planète, on la fait tellement bien ! Je t'invite à venir la goûter, elle vaut le voyage, crois-moi ! Un pur délice !

- Voyons la Denrée ! On ne mange pas les Schtroumpfs chez nous ! Ces petits bonshommes bleus au bonnet blanc, sont une race protégée ! Tellement protégée qu'on ne peut les voir qu'en ouvrant une BD de Peyo ! Les petits Schtroumpfs, la jolie Schtroumpfette, le grand Schtroumpf, Gargamel et son chat Azraël qui ne rêve que d'avaler quelques Schtroumpfs bien grassouillets....Un régal !

- Un régal tu dis ! Donc ça se mange une BD de Peyo ! Et les Schtroumpfs aussi du coup !

- Non la Denrée, ça se lit ! Une BD, une bande dessinée si tu préfères, c'est un livre avec plein d'images dedans qui racontent une histoire.

- Ah oui, un livre ! On nous en a parlé là-haut ! Ça aussi je croyais que ça se mangeait ! J'ai entendu cette expression plusieurs fois :"Ce livre m'a tellement plu que je l'ai dévoré !"

- Je comprends, je comprends ! Bon, si on allait la goûter maintenant cette soupe en train de bouillonner dans la marmite ! Ma mère me disait toujours "Goûte avant de dire que tu n'aimes pas !"

- Et c'est quoi cette soupe le Glaude ?

- Un velouté aux potirons !

- Ah non le Glaude, ça je ne peux pas !

- Et pourquoi donc la Denrée ?

- Sur ma planète, les potirons sont une race protégée !


* Faire chabrot, ou chabròl en occitan, est une coutume de la moitié sud de la France qui consiste, quand il reste un fond de soupe ou de potage, à ajouter dans l'assiette du vin rouge pour diluer ce bouillon puis de porter le plat à la bouche et à l'avaler à grandes goulées.


An'Maï




JEU 118 : "La soupe aux trois schtroumpfs bleus" - Lothar

 

– La soupe aux trois schtroumpfs bleus

(interchangeables, seconds rôles, clones clownesques)

 

Bégaiement de bulles, glou-glou de mémoire.
Je chauffe. Je frémis. Je parle.

Moi, la soupe.

Devant moi, trois schtroumpfs bleus.
Bleus comme des bleus.
Bleus comme des visages 

qu’on n’appelle jamais par leur nom.

Je les goûte plus que je ne les vois.
Même saveur, à peine décalée.
Le premier a un arrière-goût du second.
Le second ressemble au troisième.
Le troisième… flotte entre les deux.

Ils rient, ils gloussent, ils se renversent sur mes bords.
Ça clapote, ça se mélange, ça s’imite.
Leurs gestes se confondent comme des légumes trop cuits.

Dehors, ça hésite :
« C’est lequel déjà ? »
« Celui qui parle ? Celui qui tombe ? »
« Ils sont trois… ou un seul mal réparti ? »

Je remue.
Je les sens se superposer, se dissoudre, se schtroumpfer.

Et je comprends :

la vraie soupe aux schtroumpfs, c’est ça – 
un goût unique qui prétend être plusieurs.
 

 

 Risch et Villeret pas tels De Funes, soupe au lait, cools raoul 
 
 
– La soupe Pierre Richard : 
deux frères, deux silhouettes, zéro distinction

On me déplace,
dans l’île de la Tortue.
Nouvelle cuisine. Même confusion.

Deux silhouettes.
Deux frères synchronisés.

Même maladresse qui se répète, 
comme une louche qui glisse deux fois.

À côté, Pierre Richard se dédouble sans prévenir.
Ou peut-être qu’il ne s’est jamais vraiment séparé.

Je ne distingue pas.
Je sens des chocs, des chutes, des gestes 
qui se répètent avec un léger décalage.

Dehors, ça recommence :
« C’est lequel qui tombe ? »
« Le frère… ou l’autre frère ? »

« Ils sont deux… ils sont jumeaux, 
ou c’est le même qui insiste ? »

Je bouillonne doucement.
Tout finit par se ressembler ici.

Les visages glissent.
Les identités fondent comme légumes.

Je ne suis plus une soupe.
Je suis une tache où chacun voit ce qu’il croit reconnaître.

– La soupe Risch-Villeret-Extraterrestre : 
la bifurcation, la divergence, la chute

Puis vient la rupture.
Pas brutale.
Une séparation lente, comme quand le gras remonte.

Dans La Soupe aux choux, ça hésite… puis ça tranche.

Maurice Risch s’éloigne : « J’aurais pu. »
Jacques Villeret plonge : « J’aurais pas dû. »

Le goût change.

Je les sens pourtant, tous les deux, penchés au-dessus de moi.
L’un avec un parfum de “oui, c’est vrai, j’aurais pu”.
L’autre avec une pointe de “me voilà”.

Et soudain, autre chose arrive.
Quelque chose de net.
De seul.

L’extraterrestre.

Lui, je le reconnais immédiatement.
Pas parce qu’il est différent…
mais parce qu’il ne se mélange pas.

Dehors, ça hésite encore :
« Risch… c’est pas Villeret ? »
« Villeret… c’est pas Risch ? »
« Et l’autre, c’est qui ? »

Moi, je sais.

Je garde les traces.
Les presque-choix.
Les rôles refusés qui flottent encore à la surface.
Et, dans la vapeur bleue qui raconte 

que Risch est le Villeret du pauvre,
et que Villeret est le Risch du riche,

ce qui se confondait se sépare.
Ce qui hésitait se fixe.

La bifurcation.
La divergence.
La décantation.

Conclusion de la marmite

Je suis la soupe aux schtroumpfs,
la soupe aux frères,
 la soupe aux visages clonés 
qu’on mélange trop vite.

Je garde les ressemblances.

Je trie les différences.
Et si vous écoutez bien, au fond,
là où plus rien ne se distingue vraiment, 
vous m’entendrez encore.

Bluuuurp.

Ou quelque chose d’approchant.

 .

Lothar

 

 

JEU 118 : "La Soupe au bleu" - Jill Bill

 





La soupe au bleu


Une soupe à quoi ici.....
Servie dans cette soucoupe......... !?

Au « bleu » cher ami Casimir....
Au « bleu » !! Hum, miam, miam....
Avec un cht'ti canon d'rouge, eh eh........
Je chasse ce bleu au village d'à côté
Certes, sans autorisation, je ruse,
Mais c'est encore meilleur...
Goûte y donc mon alien !! Déguste...

Oui m'sieur Gamelle, ouiiiii......
Schtroumpfement bon, dans ma langue....

Va pour la soupe aux Schtroumpfs, eh eh...

C'est c'que j'appelle ma grosse bouffe
Depuis qu'ma femme cette gourgandine
est partie avec Azraël, un zig....

Un zig m'sieur Gamelle.... !?

Un auto suffisant, mange mon fils....... mange !!!

J'aimais bien chelle au vert
Au bleu ché kekchose m'sieur Gamelle...

J'remplirai ton bidon Casimir ;
Ils en diront des nouvelles, là-haut à OXO !!!






JEU 118 : "La soupe aux schtroumpfs"


- Atelier d'écriture pour le mois de mai -

 
Chers ami(e)s écrivant(e)s,
 
Ce mois-ci, je vous propose de prendre
 comme point de départ
cette photo :



 et ce livre : 


(Bande dessinée de Peyo)
.


Comme d'habitude, vous pouvez (au choix) :


Schtroumpfer les mots du titre

dans l'ordre ou dans le désordre

- Prendre le titre de ce livre comme titre de votre schtroumpf

- Ou faire référence dans votre schtroumpf au contenu de l'oeuvre

(en l'imitant, le complétant, le citant...etc)

.


Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 mai 2026
.
 
C'est le moment de laisser aller 

votre imagination débridée...

et votre sens de l'humour !
.

Amusez-vous bien !

.

La Licorne
.


P-S :
A partir de juin, pour plus de clarté,
les jeux commenceront le premier du mois 
(et non le 21 comme précédemment)

Au premier juin, donc !

jeudi 30 avril 2026

JEU 117 : "Chapeau ? Bah..." - Tiniak


Chapeau ? Bah…


Sur le Quai de Juillet, quasi désert
un bien triste minois, le nez en l’air
et l’air de dire…
“Le déluge et puis, quoi de pire ?”

L’onde lui adressait quelques œillades
prêtes à recueillir son cœur malade
à en crever…
le sombre plafond des nuées

Moins pleureux sous le saule aux bras ballants
j’observais cette scène, incidemment
laissant ma peine
aux bons soins d’autres quarantaines…

Si j’osais ?… Et j’osai ! lui faire un signe…
Elle se cabra d’un coup, le port digne
interrogeant
de son regard, mon sentiment

Dans un pli de l’ombre complice
elle s’évanouit… Ô supplice !
Adieu, Donzelle…
Qui saura jamais quel vain tourment te rappelle… ?

Passe un fugace et morne soir…
Puis quelques jours, sans rien à voir


Mais, j’en suis sûr… Oh je le jure !
Alors que j’attendais mon train
(pour un Quelque Part incongru)
tout soudain, je l’ai reconnue
journal en main
mise bourgeoise et moins catin

Et – j’en mettrais ma main au fion !
Elle m’a remis… Ce frisson !
mais, sitôt passé le suspens
de cet ineffable moment
“Adieu, bonhomme !
Prière d’oublier au mieux Ma Pomme”

Chapeau, La Belle (guérie, donc) !
Je lécherai ton guéridon
(sitôt partie vers… ta clinique ?)
pour apposer ma poLétique
sur le carnet
où j’ai coutume, au vrai, de tout bien 
effeuiller