Après deux mois de passion charnelle et intense, Charles-Edouard l'avait quittée sans une explication.
Elle était allée au restaurant qu'ils avaient l'habitude de fréquenter. A l'heure habituelle.
Puis elle avait attendu. Longtemps.
Elle avait fini par tout manger, seule.
La colère lui donnait de l'appétit.
Comment son coeur avait-il pu battre si fort pour ce chasseur au chapeau vert ? Comment avait-elle pu se laisser berner par ce grand gaillard au regard aussi charmeur que chafouin ? Comment avait-elle pu être aussi naïve ?
Elle aurait dû se douter que cette histoire allait très vite chavirer...et qu'elle se retrouverait à sauter dans la première chaloupe, avec son chagrin et son amertume pour seule compagnie.
Mais voilà, à chaque fois, elle y croyait. A chaque fois, elle pensait que ce serait différent...A chaque fois, elle se rejouait cette scène où une femme et un homme se jetaient dans les bras l'un de l'autre...chabadabada, chabadabada...
Il n'y a que dans les films que les histoires d'amour finissent bien.
" Garçon, un café, s'il vous plaît !"
Machinalement, elle avait ouvert le journal à la page des petites annonces.
"Veuf, charmant, possédant un chalet à Chamonix, cherche âme soeur pour partager des moments chaleureux, et plus...si affinité".
Tiens, il y a de nouvelles propositions.
Voyons voir...

