une question banale ?
Pas toujours.
Chez Max-Louis,
ça nous emmène loin...
très loin.
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A lire ICI
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Ateliers d'écriture mensuels : textes, poèmes et jeux littéraires
une question banale ?
Pas toujours.
Chez Max-Louis,
ça nous emmène loin...
très loin.
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A lire ICI
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Qui aime ses pénates
Il s'appelle Merlin
Et siffle dans son coin
Autrefois religieux
Il priait tout le temps.
Maintenant qu'il est vieux
L'est dev'nu mécréant...
Ne le méjugez pas
Il a d'autres talents :
Il mène des débats
C'est un oiseau savant
La langue, il la maîtrise
Aussi bien qu'vous et moi
Alors, qu'on se le dise
Plus bavard, il n'y a pas !
J'aime sa mèche jaune
Ses pattes maigrelettes
La façon dont il trône
Sur sa branche...et rouspète !
Messire Mainate caquette
Messire Mainate m'épate
Mais pitié, qu'il arrête
De chanter cette cantate :
Tes paroles j'y comprends rien
De l'huile petit homme
Dis des mots lents, merci bien
Mets de l'huile petit homme
Tes paroles j'y comprends rien
De l'huile petit homme
Pour le petit merle in...dien"
:-)
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La Licorne
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"L'argent ne fait pas le bonheur ? Rendez-le ! "
disait Jules Renard.
Alors, un jour, on me l'a rendu.
Pas l'argent.
Le bonheur.
Je l'ai ramassé. Je l'ai pris dans ma main.
Puis je l'ai écouté. Il était tout en pleurs.
"Qu'est-ce que tu as ? lui demandai-je, inquiète.
- Je suis triste. Je suis triste parce que je n'arrive pas à demeurer quelque part. On me fuit, on me jette, on me perd...Personne ne me garde bien longtemps. Je suis maudit !
- Mais les gens t'aiment, pourtant.
- Je ne sais pas s'ils m'aiment. Ils me cherchent, ils me veulent, ils me rêvent...mais quand je suis là, ils m'oublient ! Je deviens invisible.
- La nature humaine est ainsi faite, dis-je. On souhaite toujours ce qu'on n'a pas.
- Je sais, je sais...depuis le temps que je parcours la Terre en tout sens, je l'ai bien compris. Tiens, pendant un moment, j'ai vécu chez Ulysse. Tu connais Ulysse ?
- Tout le monde le connaît. C'est celui qui a fait un beau voyage ?
- Oui, celui-là même. Eh bien, pendant son périple, il lui est arrivé bien des malheurs. C'était très mouvementé. Beaucoup trop pour que je l'accompagne. Et ensuite, quand il est rentré à la maison, dans son petit village, Pénélope, aigrie par sa longue absence, lui a rendu la vie impossible.
- Ah bon ? Pourtant, Messire Du Bellay a magnifié la fin de sa vie dans un superbe poème.
- Oui, c'est bien ça le problème : on parle de moi sans savoir, on me projette dans des endroits où je n'ai jamais été...on écrit des vers de toute beauté, mais sans vérité. Et surtout, surtout, on m'envoie sans cesse dans le passé.
- Comment ça ?
- Eh bien, les gens ne me voient que de loin : ils me mêlent facilement à leurs souvenirs d'enfance, aux événements d'antan, mais presque jamais à leur présent. C'est comme une presbytie de l'âme.
- C'est vrai. Je n'y avais jamais pensé. Mais tu as raison. Il est probable que la mémoire nous joue des tours. On méjuge le présent et on embellit ce qui a disparu...Moi, j'aime bien les vieilles pierres, les vieux souvenirs, les vieilles photos...ça m'attendrit.
- Voilà. Exactement. Tu me mets là où je n'ai pas habité. Et tu joues en permanence les Merlin l'enchanteur en repeignant les jours anciens d'un coup de baguette magique. Sur le moment, les "petites étoiles", les "étincelles de joie" que tu y vois aujourd'hui...ne brillaient pas tant que ça. Sur la photo de famille, la petite fille maigrelette pensait à ses devoirs non faits, sa mèche de travers et à ses disputes avec sa soeur...et, entre deux préoccupations, elle souriait sur commande, pendant cinq secondes. Toi, tu regardes ce grand sourire...et tu imagines que c'était la période la plus heureuse de sa vie.
- Je comprends. C'est une sorte de reconstruction. Une reconstruction qui me fait du bien et me console un peu. Mais dis-moi, petit bonheur, je me pose une question...Tu ne vas pas me dire, que toi... toi le bonheur...tu es malheureux ???
- Eh bien, je suis comme vous : je passe du rire aux larmes, de la satisfaction à la déception, de la joie la plus pure au désespoir...Chaque jour est différent. Chaque jour amène de nouveaux états d'âme.
- Et si c'était ça, le plus important ?
- Que veux-tu dire?
- Eh bien, que ce qui nous mène, c'est le fait que tout change à tout moment. Que toi, le bonheur, tu ne sois pas une conquête, une possession, un acquis...mais quelque chose qui va et qui vient..et qu'on est toujours honoré d'accueillir quelques secondes, quelques minutes, quelques jours.... Comme je suis ravie de t'avoir avec moi, aujourd'hui. De te porter, même un instant. "
A ce moment-là, j'ai vu, dans l'oeil de mon petit bonheur, comme une lueur. Un éclat soudain. Il a séché ses larmes. Il s'est redressé d'un coup et il m'a dit, avec un petit sourire malicieux :
"Bon, fillette, je t'aime bien, mais je dois y aller. Quelqu'un m'attend. A vrai dire, je ne sais pas encore qui, mais c'est ça qui est bien...non ?"
Et il s'est envolé.
La Licorne
Une coccinelle, après bien des allées venues, finit par se poser sur un brin de muguet.
- Eh, toi...fais donc attention ! Tu viens de bousculer mes fleurs !
- Oh, Mumu...Calme-toi ! Tu me parais bien énervé, dis donc !
- C'est que je faisais une petite sieste, tranquille, à l'ombre... et bing ! tu m'as réveillé.
- Ce n'est pas moi qui t'ai dérangé...je me suis posée tout doucement. Ce sont tes clochettes qui font drelin, drelin...dès qu'on les frôle. Quelle idée aussi, d'en avoir autant !
- On est comme on naît. Je n'y peux rien. Et puis, les autres ne pensent pas comme toi : on les aime, mes clochettes. Il paraît même qu'elles portent bonheur.
- Humm...je ne crois pas tout ce qu'on raconte. Moi qui te connais bien, Messire Muguet, je sais que, sous tes airs enchanteurs, tu es tout ce qu'il y a de plus "toxique". Tu joues les magiciens du bonheur, les "Merlin"... mais il y a deux jours, j'ai croisé une petite vieille, toute fluette, toute maigrelette, qui cueillait des herbes dans la forêt. Elle voulait préparer un peu de pesto pour agrémenter les mets du dimanche. Bien mal lui en a pris : elle t'a confondu avec de l'ail des ours et depuis, elle est malade à en crever.
- Ah, ah...tu peux parler, la Belle ! Les gens te laissent monter sur leur index et te trouvent mignonne...Ils pensent que tu es jolie, gentille et synonyme de chance. S'ils savaient ! Ils oublient, les pauvres naïfs, tes nombreux "points noirs"...ils oublient que tu es la plus grande "dévoreuse" que la Terre ait jamais portée ! Un monstre vorace. Combien de pucerons croques-tu par jour ? Non, ne réponds pas, je préfère ne pas le savoir. C'est abominable !
- Je ne répondrai pas, en effet. Etre méjugée par un brin d'herbe, c'est un comble ! Chaque jour, je sauve des dizaines de plantes de la gent puceronesque...de ces horribles "suceurs de sève", de ces minuscules vampires au corps mou...Sans moi, tes congénères seraient morts depuis longtemps.. alors je n'ai pas de leçon à recevoir de toi, ok ?
- Je me demandais pourquoi tu étais si rouge, Coccie. Maintenant, je sais : c'est parce que tu es toujours en colère. Allez, zou ! Va donc voler ailleurs...mécréante...et laisse-moi dormir en paix.
- Oui, c'est ça, je vais aller me poser plus loin. Sur l'arbre voisin, tiens. Histoire de "toucher du bois". Et puis, je vais aussi "croiser les pattes"...pour chasser le malheur de t'avoir rencontré ce matin.
- Ben, moi, je vais faire une causette avec mon ami le trèfle à quatre feuilles. Il est discret, lui. Et il ne se mêle pas de ce qui ne le regarde pas. C'est si rare.
- Que de mots gentils aujourd'hui ! C'est bien ce que je disais. Toxique, le Mumu ! Allez, bye bye ! Je te laisse. Mon amie la rose m'attend. On a rendez-vous tous les deux. Comme chaque jour. De "bonne heure".
La Licorne
S'appropriant, vite fait, bien fait, la consigne,
Tiniak nous emmène sur le divan du psy
et nous parle d'un patient
à l'accent....
un peu particulier.
C'est ICI.
.
Courez-y vite,
courez-y vite !
.
Chers zamis agendistes, ironistes...
et pas tristes...
Comme vous l'avez vu,
le mai, le joli mois de mai est revenu...
le soleil brille et il fait beau. (*)
toutes vos inquiétudes, angoisses et morosités,
de cueillir gaiement le joli muguet
et de prendre, en même temps,
un grand bol d'air frais.
Le thème de ce mois sera :
"porte-bonheur"
Sur ce thème, je souhaiterais
que vous placiez le plus de mots possible
commençant par "mai"
(ou mei, mè, mê, mé)
(dont, 7 mots, au moins, choisis parmi ceux-là :
maitrise, maigrelet, mainate, messire, mets
mèche, mêler, méjuger, Merlin, mécréant)
Je vous invite aussi à manier habilement
la prosopopée...
ainsi que la fine ironie
dont vous êtes coutumiers.
Enfin, (en option), vous pourriez vous inspirer
de cette phrase de Jules Renard :
"Le bonheur, c'est être heureux ;
ce n'est pas de faire croire aux autres qu'on l'est."
Bon, maintenant,
selon la formule consacrée,
YAPLUKA...
Date limite pour participer
(déposer le lien de votre texte
dans les commentaires ci-dessous) :
mercredi 27 mai 2026, minuit.
Ensuite, on passera au vote,
ici ou ailleurs...
(L'ami Tiniak,
organisateur d'avril,
a généreusement accepté
de m'aider pour le sondage)
Au bonheur de vous lire !
.
La Licorne
.
il faisait encore très beau. Mais depuis...hum.
On aurait bien besoin d'un "petit coup de pouce" :
"Coccinelle, demoiselle, va dire au Bon Dieu...
qu'il fasse beau...demain !"
Faites comme Queneau :
Prenez un mot
Prenez-en deux
Ou encore mieux
Prenez-en dix
Prenez-en mille
Si ça vous dit
Si c'est utile.
Un mot bizarre
Et un mot rare
Un mot banal
Un mot bancal
Un mot désuet
Un mot coquet
Un mot badin
Un mot coquin
Un mot violent
Un mot savant...
Plus c'est varié
Et meilleur c'est !
Epluchez bien.
Assez de mots ?
Lavez le tout,
Jetez dans l'eau
D'un grand faitout.
Remuez bien...
Puis, pour le goût,
Un peu de sel
Et d'ironie,
Du vermicelle,
Un brin d'folie.
Il faut attendre
Un petit peu.
Quand c'est bien tendre,
Coupez le feu.
Mixez, mixez...
Puis partagez
A ceux qui passent
Faites goûter
A tout l'espace.
Soupe de légumes
Pour ceux d'Neptune.
De pommes de terre
Pour Jupiter.
Soupe de mots
Pour ceux d'Oxo.
Deux louches en plus,
Pour Uranus.
Voyez s'ils aiment
Votre poème :
S'ils disent "Schtroumpf !" :
Ils aiment de ouf
Mais s'il en reste
C'est qu'ils détestent.
Si ça arrive,
Pas d'prise de tête
Changez d'convives...
Et de planète.
Chers marmitons
A vos casseroles,
Chers compagnons,
A vos mots drôles...
Et chers amis,
Bon appétit...
.
La Licorne
.
A la soupe !
- A la soupe la Denrée ! Tu vas te régaler !
- Mais le Glaude, je n'aime pas la soupe ! Aux choux, aux pois aux poireaux ou au pain, je n'aime pas la soupe ! Et quand on y rajoute du vin pour faire chabrot*, ça me débecte !
- Comment ça tu n'aimes pas la soupe ? J'étais pourtant sûr que ça te plairait !
- Ben non tu vois ! Je n'aime pas vos soupes à vous les terriens !Je déteste en particulier le potage au vermicelle ! On dirait des petits vers qui nagent dedans ! Beuuuuurrrrrkkk ! Je n'aime pas non plus le bouillon du pot- au-feu. C'est gras et puis dedans il y a tous ces yeux qui me regardent ! Ça me fout les jetons ! Je n'aime pas le bouillon de toute façon, qu'il soit d'onze heures ou de minuit !
-Tu aimes quoi du coup mon pote ? J'étais persuadé que tu adorais la soupe aux choux !
- Tu as mal compris le Glaude ! Ce que j'adore, c'est la soupe aux Schtroumpfs ! Si tu en as, j'en mange un plein bol ! Deux même ! Ou trois ! J'ai bon appétit ! Sur ma planète, on la fait tellement bien ! Je t'invite à venir la goûter, elle vaut le voyage, crois-moi ! Un pur délice !
- Voyons la Denrée ! On ne mange pas les Schtroumpfs chez nous ! Ces petits bonshommes bleus au bonnet blanc, sont une race protégée ! Tellement protégée qu'on ne peut les voir qu'en ouvrant une BD de Peyo ! Les petits Schtroumpfs, la jolie Schtroumpfette, le grand Schtroumpf, Gargamel et son chat Azraël qui ne rêve que d'avaler quelques Schtroumpfs bien grassouillets....Un régal !
- Un régal tu dis ! Donc ça se mange une BD de Peyo ! Et les Schtroumpfs aussi du coup !
- Non la Denrée, ça se lit ! Une BD, une bande dessinée si tu préfères, c'est un livre avec plein d'images dedans qui racontent une histoire.
- Ah oui, un livre ! On nous en a parlé là-haut ! Ça aussi je croyais que ça se mangeait ! J'ai entendu cette expression plusieurs fois :"Ce livre m'a tellement plu que je l'ai dévoré !"
- Je comprends, je comprends ! Bon, si on allait la goûter maintenant cette soupe en train de bouillonner dans la marmite ! Ma mère me disait toujours "Goûte avant de dire que tu n'aimes pas !"
- Et c'est quoi cette soupe le Glaude ?
- Un velouté aux potirons !
- Ah non le Glaude, ça je ne peux pas !
- Et pourquoi donc la Denrée ?
- Sur ma planète, les potirons sont une race protégée !
* Faire chabrot, ou chabròl en occitan, est une coutume de la moitié sud de la France qui consiste, quand il reste un fond de soupe ou de potage, à ajouter dans l'assiette du vin rouge pour diluer ce bouillon puis de porter le plat à la bouche et à l'avaler à grandes goulées.
– La soupe aux trois schtroumpfs bleus
(interchangeables, seconds rôles, clones clownesques)
Bégaiement de bulles, glou-glou de mémoire.
Je chauffe. Je frémis. Je parle.
Moi, la soupe.
Devant moi, trois schtroumpfs bleus.
Bleus comme des bleus.
Bleus comme des visages
qu’on n’appelle jamais par leur nom.
Je les goûte plus que je ne les vois.
Même saveur, à peine décalée.
Le premier a un arrière-goût du second.
Le second ressemble au troisième.
Le troisième… flotte entre les deux.
Ils rient, ils gloussent, ils se renversent sur mes bords.
Ça clapote, ça se mélange, ça s’imite.
Leurs gestes se confondent comme des légumes trop cuits.
Dehors, ça hésite :
« C’est lequel déjà ? »
« Celui qui parle ? Celui qui tombe ? »
« Ils sont trois… ou un seul mal réparti ? »
Je remue.
Je les sens se superposer, se dissoudre, se schtroumpfer.
Et je comprends :
On me déplace,
dans l’île de la Tortue.
Nouvelle cuisine. Même confusion.
Deux silhouettes.
Deux frères synchronisés.
À côté, Pierre Richard se dédouble sans prévenir.
Ou peut-être qu’il ne s’est jamais vraiment séparé.
Dehors, ça recommence :
« C’est lequel qui tombe ? »
« Le frère… ou l’autre frère ? »
Je bouillonne doucement.
Tout finit par se ressembler ici.
Les visages glissent.
Les identités fondent comme légumes.
Je ne suis plus une soupe.
Je suis une tache où chacun voit ce qu’il croit reconnaître.
Puis vient la rupture.
Pas brutale.
Une séparation lente, comme quand le gras remonte.
Dans La Soupe aux choux, ça hésite… puis ça tranche.
Maurice Risch s’éloigne : « J’aurais pu. »
Jacques Villeret plonge : « J’aurais pas dû. »
Le goût change.
Je les sens pourtant, tous les deux, penchés au-dessus de moi.
L’un avec un parfum de “oui, c’est vrai, j’aurais pu”.
L’autre avec une pointe de “me voilà”.
Et soudain, autre chose arrive.
Quelque chose de net.
De seul.
L’extraterrestre.
Lui, je le reconnais immédiatement.
Pas parce qu’il est différent…
mais parce qu’il ne se mélange pas.
Dehors, ça hésite encore :
« Risch… c’est pas Villeret ? »
« Villeret… c’est pas Risch ? »
« Et l’autre, c’est qui ? »
Moi, je sais.
Je garde les traces.
Les presque-choix.
Les rôles refusés qui flottent encore à la surface.
Et, dans la vapeur bleue qui raconte
que Risch est le Villeret du pauvre,
et que Villeret est le Risch du riche,
ce qui se confondait se sépare.
Ce qui hésitait se fixe.
La bifurcation.
La divergence.
La décantation.
Conclusion de la marmite
Je garde les ressemblances.
Bluuuurp.
Ou quelque chose d’approchant.
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- Atelier d'écriture pour le mois de mai -

- J’ai bien peur d’avoir pondu un lipogramme en p à partir de la première photo et du bouquin « L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau » ! ;-)