dimanche 5 avril 2020

JEU 56 : Résurgence (2)





Perplexité des jeunes  filles
Que voulait-il donc prouver ?
Risqué, cher Casanova.
Si seulement, tu n'avais  fait abstinence depuis si longtemps,
Tu serais en forme, prompt à les contenter.
Usant ses dernières forces
Vainement, il en appela à son imagination.
Westminster,  son abbesse, offrant, dressées, deux belles poires, fruits mûrs qu'il avait goûtés.
X fois, il eut beau  se les remémorer.
Y'avait rien à faire, pourtant il ne voulut renoncer.
Zélé, il offrit aux demoiselles le récit de ses exploits.
.
.

jeudi 2 avril 2020

JEU 56 : Résurgence (1)






Ainsi elles accoururent du monde entier,
Belles à se damner.
Casanova n'en croyait pas ses yeux.
Dans cette lointaine retraite,
Écarté du monde,
Fatigué et misérable.
Gracieuses créatures, endiablées,
Hommage se crut-il obligé de leur rendre.
Il en appela à sa vie passée
Jeunesse folle de fringant amoureux,
Kermesses voluptueuses
Libertin de l'amour défendu
Maître dans l'art de séduire,
Notre séducteur appointé
Osa.
.
Jacou
.


mardi 24 mars 2020

JEU 56 : Deuil et confinement (de N à Z)





Ne sortez pas, je suis dehors et j'ai remarqué qu'
On a peur du deuil des autres, ne dites pas non
Parce que j'ai été de l'autre côté, parce
Que mon deuil même me fait peur, être seule
Rester sur cette terre sans toi, que je vois
Souvent te tendre vers moi, ardent et
Tendre mais jamais mort, pas de répit
Un confinement dans la solitude et l'absence.
Veuve confinée recherche lecteurs pour ses livres.
Wagon  et locomotives attendent ton arrivée, heureu-
X, nous montons dans l'Orient-Express, il n'
Y a que nous, tu souris sur les photos
Zut, voilà un contrôleur, embrasse-moi quand même!
 .
.

lundi 23 mars 2020

La voix du silence


Pour l'atelier d'écriture


Vingtième jour de confinement :
Je vais devenir chèvre !
J'ai nettoyé le garage de fond en comble, j'ai vidé le grenier...
j'ai coupé des bûches pour six mois...
j'ai planté cinquante bulbes de tulipe dans le jardinet derrière la maison
et après, j'ai lavé méticuleusement tout le service en céramique ! 
Mais depuis deux jours : plus rien à faire.
Je tourne en rond dans mon salon...
Je tourne et je piétine, comme un cheval de cirque...
je rue d'ennui...
et je commence à développer une aversion profonde
pour tous les programmes télé ringards
qui vous présentent en boucle des mots croisés insipides
et des chansons plus périmées que le gel hydroalcoolique du H1N1.

J'ouvre la fenêtre.
Le chant des oiseaux transperce le silence du matin. 
(voilà un concert qu'aucun producteur vénal ne cherchera à monnayer...)
L'air est frais et tonique.
Les arbres semblent respirer plus large et le soleil briller plus fort.

Mon coeur s'emplit d'une sorte de bien-être paisible.
Je reste là longtemps...
Et bientôt, dans le murmure de la brise de printemps,
pour la première fois, j'entends leurs voix.
La voix futée des arbres oiselés qui me susurre : 
"Ce n'est pas la peine de te lamenter ! 
Laisse ta caricature de vie et viens nous rejoindre...
nous, on vit comme ça toute l'année...
Sans bouger, sans travail...sans distraction...et...
tu sais quoi ?
On est heureux !"

La Licorne




Il fallait placer les mots suivants :

1 tulipe
2 vider
3 garage
4 aversion
5 céramique
6  cirque
7 bûche
8  après
9  peine
10  vénal
11  service
12  chèvre

et le 13 ème pour le thème : caricature
 

dimanche 22 mars 2020

JEU 56 : Deuil et confinement (de A à M)







Avec toi, j'oubliais un peu mes angoisses.
Ballottée à nouveau, faire le deuil de toi me laisse
Confinée dans ton absence, si bien que les circonstances
D'aujourd'hui me paraissent dérisoires, comme
Extérieures à cette prison de chagrin
Fermée à tous ceux qui ne m'aiment pas aussi
Généreusement que toi, mon lecteur, ami, amant, famille
Habitée littéralement par toi, les paysages
Irradiaient notre amour; aujourd'hui
Je suis jalouse de ces couples que je vois
Kiffe ta life, toi qui es en couple, tu as de
La chance d'être deux, en colère quand je la vois
Mal utilisée; deuil et confinement...


Laura


 


samedi 21 mars 2020

JEU 56 : Mon journal de confinement


Merci pour vos participations du mois de mars ! 

 A situation exceptionnelle, 
règles exceptionnelles :
Pour une fois, 
je vous donne le sujet d'avril
"en avance"...
(et vous pouvez envoyer 
vos créations dès maintenant)





Le coronavirus fait des ravages...
et nous voilà tous confinés !
Comment le vivons-nous ?
Qu'est-ce que cela change dans notre vie ?

Je vous invite à vous exprimer sur le sujet...
sous la forme d'un journal intime,
qui s'étalera sur plusieurs jours.

Autre contrainte :
La première phrase doit commencer par un A, 
la deuxième par un B, la troisième par un C...etc.
dans l'ordre de l'alphabet.
(mais vous avez le droit, 
 - si vous arrivez jusque-là -
 de "sauter" les WXYZ...et le K)

OK ?

Contre la peur, et contre la solitude,
les mots sont aussi des armes puissantes...

Alors, utilisons-les !

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 avril 2020.

En attendant, 
bon courage à tou(te)s !
je vous espère en forme 
et je vous embrasse...
virtuellement, bien sûr !
.
La Licorne




Attention : 
Cette "règle de l'alphabet" est subtile :
ce n'est pas vraiment un acrostiche
- même s'ils sont autorisés -), 
car c'est la phrase et non la ligne
qui doit débuter par la lettre de l'alphabet.
Le texte n'est donc pas forcément écrit à la verticale...


Exemple : 
A midi ? Bien sûr ! C'est une bonne idée...D'habitude,
on se retrouve au restaurant du coin...Entre amis...
Finies les sorties, mais on peut encore se téléphoner !
.






dimanche 8 mars 2020

Le prix des choses


Atelier chez Lilousoleil:
"Lettres pour un mot mystère"

E E I O U U D L Q R

10 lettres (adj)
manière de peindre en miniature, 
au XVIIIe siècle.


rappel des règles
Utiliser les lettres du mot mystère 
pour construire des mots  de cinq lettres au moins,
que l'on introduit  dans un texte de votre choix 
ou cerise sur le gâteau
dans un texte en rapport avec le mot trouvé.
.

J'ai trouvé :
ELUDORIQUE 
.

Et voici mon texte :





Armé d'une lourde loupe,
l'expert reluque la miniature dorée avec grand soin.

"C'est un magnifique spécimen, annonce-t-il,
avec une lueur de convoitise dans l'oeil.
Quelle brillance !
L'artiste était douée
elle a dilué ses couleurs de façon parfaite, 
ce qui fait qu'elles ont tenu dans la durée
Vous détenez là, Madame, 
une superbe relique du 18ème siècle...
Une pièce rare. 
Combien en souhaitez-vous ?"

Odile lui verse un petit verre de liqueur 
de manière à éluder habilement la question. 
A vrai dire, elle ne se sent pas encore prête 
à se séparer de ce médaillon.
La douleur du deuil est encore trop proche. 
Elle sait que c'est tout ce qui la relie encore
 à sa grand-mère.

C'est drôle, mais quand elle contemple 
la photo de la vieille femme ridée,
elle a l'impression  qu'elle la regarde. 
L'odeur de son parfum flotte encore dans l'air.

Alors, non...c'est décidé...
elle ne vendra pas ce bijou d'antan  !
Les amateurs auront beau faire la queue 
devant son domicile :
cela ne la fera pas changer d'avis.
Certaines choses n'ont pas de prix.
.
La Licorne
.



samedi 7 mars 2020

JEU 55 : Vive la vie !





Vive la vie !
Même si la mor(t)
Sure de ton ab-
Sens(ë: non sens et  nos sens)
Me dévore
Je ferais tou-
Jours de ma vie
La promotion de la sexualité
Début de la vi(ë)
Talité arrachée par la fatalité

mercredi 4 mars 2020

JEU 55 : Histoire d'une pâquetterie, bien empaquetée, foi de pieds paquets




En ce mois foisonnant d'idées foldingues, à vous rendre dingo,  mois de mars, dit des fous et un vent à vous décoiffer le bonnet des habitudes, l'attitude martienne prend du zef dans les voiles.

Je voulus cueillir une pâquerette, intention mienne étant de l'effeuiller.

Ma main en suspens, j'entendis ces mots:

" Monsieur le savant Jeussétou, permettez, avant que vous n'entrepreniez quoique ce soit d'indélicat à l'encontre de ma personne, que je vous enseigne ceci. Sachez que les fleurs ont une âme, des besoins, des envies, des sensations, un désir d'avenir, une liberté de vivre et d'être traitées comme bon leur semble. Il ne me grée pas à moi, simple fleur des champs de subir  l'humiliation d'être dénudée."

Sitôt ces mots dits,  une bovidée langue gourmande l'avale tout crue

- ment l'historien.

Preuve en fut, la scène qui s'ensui(t)

- vit notre scientifique repousser l'assaillante.

" Ouf! J'ai bien cru voir arriver l'heure de mon trépas. Finir dans l'estomac d'une ruminante, quelle horreur, j'en frissonne encore."

" Vous avez raison,  cette laitière frisonne est sans vergogne."

Sauvée, la mignonne!

" Meuh, qu'est-ce donc, on m'empêche de diner. Mon lait s'en retourne dans ma panse."

La vachère:" Alors, monsieur, on me rapporte que vous empêchez ma bête de faire son travail."

" Madame, lait retourné fait bon fromage. "

Un coup de bâton courroucé: " Et vous en connaissez quelque chose au fromage, vous, Jeussétou et son contraire!"

"Meuh, bien envoyé !"

Pétales bien écarquillées, Pâquerette n'en perd pas une goutte, son coeur se rend

- gorge étincelante, rivalisant avec l'astre du jour.

" Ma bonne étoile, s'e(st)

- merveille, nous avons de la chance, s'en tirent à bon compte
 le scientifique et la narratrice Jacou, qui pré(sse)

- sure les césures de césar non homologuées, pataugeant,  comme, dans la grande mare, quand

- canes, canetons s'y baignent, en jouant du croupion.


Extrait d'une interview  tirée par les cheveux, 
pour le journal "LA LICORNE"





mardi 3 mars 2020

JEU 55 : Merci patron !

  
Allez, bon, 
dans le jeu des "mots coupés",
 je commence et je me lance...

Je voulais faire une chanson...
finalement, ce n'en est pas une,
ce n'est pas non plus un discours...
En fait, je ne sais pas trop ce que c'est...
j'espère juste que ça vous fera rire un peu...




Hier, j'ai vu mon cousin Léon,
celui qui dirige des con
-pagnies de con
-trôleurs. Tout le monde dit qu'il est très con
-pétent dans son domaine; C'est un con
-cert de louanges . Avec tous ses cons
-frères, c'est une vraie conne
-ivence, je n'aime pas les cons
-paraisons mais vraiment tout le monde est con
-quis par son charme con
-sidérable. C'est vrai qu'il a une tête de con
-quérant, je trouve donc ça con
-plètement normal que plein de cons
-pagnons fassent les con
-pliments d'usage. Hier, y'a un p'tit con
-seiller qui lui a dit : "Je suis con
fiant dans l'avenir, c'est très con
-sciemment que je reste avec le plus con
-sensuel et le plus con
-sidéré de tous les patrons du con
tinent. Avant, j'avais dégoté un con
-trat chez un gros con
-cessionnaire et finalement le plus con
pliqué, ça a été d'avoir l'air con
-trarié quand j'ai été con
-gédié. J'étais un pauvre con
-tractuel, maintenant je suis vraiment con
-tent d'être ici et je voulais vous dire qu'on
vous trouve tous très con
-structif et très con
-ciliant mais jamais con
-descendant...C'est donc sans le moindre con
-plexe que je vous conjure de rester con
-stamment vous-même et de garder cette belle conne
-exion avec vos employés. Merci et vive les con
-tables de la ville de Mâcon !"
.
La Licorne
.





dimanche 1 mars 2020

JEU 55 : Mots coupés





Bonjour à tous !

Pour le mois de mars, je vous propose 
un tout nouveau jeu !
(eh oui, bien qu'on en soit au cinquante-cinquième, 
il est encore possible, comme vous allez le constater,
d'explorer du "tout neuf")

De quoi s'agit-il ?

Eh bien, ce mois-ci,
vous allez devoir faire preuve d'inventivité
tout en montrant un certain "sens de la rupture"...
car il s'agira d'écrire un texte 
comprenant des "sauts à la ligne"
à double sens...
Vous n'avez pas tout compris ?
Rassurez-vous, c'est normal...

Un exemple valant mieux qu'un long discours, 
voici quelques exemples qui devraient 
"éclairer votre lanterne" :

1)  Dans la vie, je suis ac(c)ro...
-bate et musicien.

2) Un poisson dans la mar(e)...
-mite, avec du bouillon, 
c'est vraiment bon !


3) C'est décidé, je par(s)
-ticipe à cette aventure.




Vous voyez un peu mieux ?

Il s'agit donc, en fin de ligne
(lignes qui peuvent être bien plus longues,
que celles des exemples, bien entendu)
de faire des "césures" pour créer,
 par une "rupture de sens", 
un effet de surprise...

Au départ, l'effet de surprise est maximal
quand le texte est prononcé à voix haute...
et qu'on fait une pause dans la diction.
 
Afin que cet "effet" ait lieu aussi à l'écrit, 
il est conseillé d'ôter les parenthèses
et d'orthographier le mot selon son premier "sens".


1) Dans la vie , je suis accro
-bate et musicien

2) Un poisson dans la mare
-mite, avec du bouillon...
c'est vraiment bon !

3) C'est décidé, je pars...
-ticipe à cette aventure.


Votre texte devra comporter 
au moins 4 césures...surprenantes.

Le thème est libre.
Quant à la forme, je vous propose :
- soit un discours
- soit une interview
- soit une chanson


 C'est compris ?
 Allez, c'est parti !


Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 mars  2020
 
La Licorne



mercredi 26 février 2020

JEU 54 : Comme par magie


Comme par magie




Je bois pensive mon thé
Comment ce défi réaliser
Sans cette lettre damnée ?
Dans le fond de ma tasse évasée
Je cherche réponse en vain noyée
Viens donc à mon aide, Circé
Pas de réponse, c’est encore raté
Alors dépitée j’ai avalé mon thé
Et cette lettre damnée
S’est enfin évaporée.



samedi 15 février 2020

Lipo...grammatiquement


Pl*s que six jo*rs 
po*r tro*ver *ne idée...
.




En attendant vos prochains envois,
voici quelques infos
sur cet exercice peu commun et peu pratiqué...


Le lipogramme est un exercice de style

 qui consiste à exclure, dans ses écrits, 
une lettre de l'alphabet.

Cet exercice n'a d'intérêt, évidemment, 

que s'il s'agit d'une lettre relativement fréquente.


Ainsi, un lipogramme en K ou en W

n'est pas un exploit, 
c'est simplement la norme !

Alors, pour votre gouverne,

voici la liste des lettres les plus utilisées
dans la langue française 
et leur fréquence d'apparition dans un texte :



  1. E : 17.26 %
  2. A : 8.40%
  3. S : 8.08%
  4. I : 7.34%
  5. N : 7.13%
  6. T : 7.07%
  7. R : 6.55%
  8. L : 6.01%
  9. U : 5.74%
  10. O : 5.26%

Comme vous pouvez le constater,
les lipogrammes en U,  en L, ou en 
(déjà pratiqués sur ce blog)
sont donc  légèrement plus faciles
 que le lipogramme en I...
(le premier que nous ayons testé)


Le plus difficile de tous restant bien sûr le lipogramme en E,
que seul Georges Perec est parvenu à apprivoiser complètement...
.





JEU 54 : L'étrangère




Etrange...
Je me sens observée !
Comme si l'on m'épiait...
Regard dans mon dos ?
Non ! 
Il n'y a personne...

Bizarre...
Sur mon passage,
les gens s'écartent...
ils désertent les trottoirs...
La ville se vide petit à petit...
Les magasins se ferment
Les vitrines s'éteignent...

En trente secondes,
me voilà égarée dans la pénombre.
Complètement isolée.

Malaise.
Le phénomène, dans sa rapidité,
n'est pas naturel :
manifestement,
il est dirigé contre moi...
On cherche à me mettre de côté.
On me traite en paria,
en indésirable.

Mais la raison
de cet ostracisme inopiné
m'échappe.

Je cherche dans ma mémoire.
Rien ne vient.
Honnêtement, 
je n'ai rien fait de spécial...
Ni hier,
Ni avant-hier,
ni avant-avant-hier.
Vie ordinaire, banale...
sans le moindre incident notable.

Mystère.
La pénible sensation de rejet
s'intensifie.
Elle m'envahit,
me serre la gorge.
Le silence des environs
devient pesant.
Massif. 
Enorme.

Etrangère dans ma ville.
Etrangère chez moi.
Comment est-ce possible ?

Un policier passe.
Me demande mes papiers.
Je tends ma carte d'identité :
il me toise, grimace 
et finit par lâcher, 
légèrement méprisant :
"Il est interdit de rester ici. 
Partez !"

Il insiste.
"Allez, partez ! Vite !"

J'hésite.... 
il sort son arme.
Je n'ai pas le choix  :
j'obtempère.
 
Ok, je m'en vais.
Je rentre à la maison.
Pas envie d'être la cible
de ce cinglé.




Il me crie encore :
"Ce sont les consignes !!!"

Les consignes ?
Je ne comprends pas.

C'est kafkaïen.

Traquée, moi ?
Cela n'a pas de sens.
Mon innocence est évidente.
Flagrante.
Et cependant, la ville entière
semble dressée contre moi.

On cherche clairement 
à me rayer de la carte.
A me faire disparaître...

C'est insensé.

Je vais rentrer chez moi,
y réfléchir à tête reposée. 
Mais soyez-en certains :
je ne me laisserai pas faire.

J'en appellerai à mes amies...
à mes cinq amies proches.
Elles me prêteront main forte...
Elles l'ont déjà fait par le passé...

 Passants et policiers,
écrivants et écrivantes,
sachez-le :
je reviendrai bientôt !
Très bientôt.

Moi, 5ème voyelle et 21ème lettre,
citoyenne de la ville Alphabet,
 je n'ai pas dit mon dernier mot ! 
.

La Licorne



.




mercredi 12 février 2020

Gourmandise littéraire


Pour l'atelier 




Je viens de faire quelques achats en ville et je piétine sous la pluie
et sous un abribus tout en consultant mon portable.
Mazette ! Les mots proposés ce mois-ci par Annick 
ne sont pas faciles !
Un frisson me parcourt et je ne sais trop 
s'il est de froid, de plaisir ou d'angoisse...
Vais-je venir à bout de ce faramineux défi ?

Commençons par le début : 
se mettre à l'abri, trouver une chaise accueillante,
de préférence dans un endroit chaud et pas trop fréquenté.
Tiens, le salon de thé du coin de la rue fera parfaitement l'affaire.
Il n'y a presque personne à cette heure-là : c'est merveilleux !
 
Je m'assieds  derrière la grande plante verte et commande un café
et une pâtisserie appétissante arrosée de coulis de framboise...
Suspendre le temps un instant.
Déguster le moment.
Vertuchou ! Il n'est pas mauvais ce petit dessert...
A savourer avec parcimonie.  




Je tire de mon sac un carnet, un crayon...
je commence à écrire...
et voilà, que sans m'en rendre compte, 
avant la dernière bouchée,
j'ai déjà terminé !

Petit frisson de satisfaction... :-)
 .
La Licorne

Il fallait placer les mots suivants :


1 faramineux
2 coulis
3 parcimonie
4 pluie
5 chaise
6 suspendre
7 piétiner
8 achat
9 merveilleux
10 plante
11 mazette
12 vertuchou

et le 13ème pour le thème : frisson





mardi 11 février 2020

Faille temporelle et nombre récurrent




Pour l'Agenda ironique de février
chez Jacou





1515, c'est Marignan ?

Oui, mais pas seulement...
Le 15 mars 1515,
c'est aussi la naissance d'une sainte...
la naissance de Sainte Thérèse d'Avila.

Teresa, 
fille de Don Alonso Sanchez de Cepeda, 
naquit en effet, il y a 5 siècles et 5 ans, 
au sud de la vieille Castille.

La date de son arrivée au monde 
est facile à mémoriser, 
vous en conviendrez...
Celle de sa mort le sera un peu moins. 
Vous allez comprendre pourquoi.



Elle mourut le soir du 4 octobre 1582.
C'est-à-dire le dernier jour du calendrier julien.
On l'enterra le lendemain, soit le 15 octobre, 
le premier jour du calendrier grégorien...

Entre les deux,
un gouffre, un vide...une faille...
10 jours perdus dans les couloirs du temps...




Mais que fit Sainte Thérèse durant ces 10 jours 
qui lui furent volés, 
entre sa mort et son enterrement ?

On raconte qu'au moment où elle rendit l'âme, 
une douce colombe sortit de sa bouche...
On dit aussi que juste à côté de son couvent, 
un vieil arbre tout sec 
se mit subitement à reverdir et à refleurir...


On raconte bien des choses...
et on invoque bien des miracles...
mais moi, je crois que pendant ces 11 jours, 
qui n'en faisaient finalement qu'un...
elle  s'en fut tout simplement, avec ravissement 
et dans une extase bien supérieure 
à toutes celles qu'elle connut de son vivant, 
vers le pays inconnu où les jours
ne se comptent plus,
où les heures et les secondes 
ne s'écoulent plus...
et où l'on peut enfin, 
oublier tous les calendriers, 
qu'ils soient juliens ou grégoriens...
oublier les rois et les papes,
qu'ils se nomment
Grégoire XIII, Philippe II
François 1er ou Henri IV,
oublier les peines et les angoisses
et contempler enfin l'éternité
tout en chantant 
la joie d'être au paradis...


Oui, ce soir-là, sans mystère,
elle s'envola définitivement




Toujours est-il que c'est tout de même 
à cette improbable anomalie temporelle
et à la fameuse bulle
"Inter gravissimus"
de son souverain pontife
que Thérèse, née le 15 mars 1515,
dut d'être enterrée le 15...et non le 5...





Où est la  légende,
 où est la vérité ?

A vous de démêler les faits...
;-)

Cependant, certains m'ont rapporté que, 
sur sa tombe, on aurait gravé
ces quatre quatrains
tétrasyllabiques :

Je suis Thérèse...
Dieu, me voilà
Je suis Thérèse
D'Avila

Ma vie d'ascèse
Se termina
 Sous Grégoire Treize
 Un jour de froid

Moi, fille Sanchez
De Cepeda
Ne vous déplaise
On m'enterra

(Belle parenthèse)
Le Quinze du mois...
J'en suis bien aise,
Le Quinze me va !
.




Remarquez au passage
que cela fait (si l'on admet
que dans le premier quatrain
deux vers sont identiques)
précisément quinze vers ! ;-)

On n'échappe pas à son destin !


La Licorne

.



La consigne de Jacou  était de répondre à la question :


MAIS, OÙ DONC SONT PASSÉS CES DIX JOURS ?
(escamotés lors du réajustement calendaire)


Avec, en plus, quatre contraintes:

– Placer dans votre texte, au choix  : 
Henri IV, les quatre mousquetaires, 
les quatre filles du docteur March, 
le lac des Quatre Cantons,


Ne pas dépasser 29 phrases.

– Insérer un quatrain.

Saupoudrer de quelques mots comportant le suffixe tétra.
.






lundi 10 février 2020

JEU 54 : Essais




Divertissement oblige, impossible d’y échapper,
Le dictionnaire devint mon livre de chevet.
Apprendre sans repos ni répit
En français, les mots ainsi:
Pas l’intégralité, mais en sélectionner
Certains, ne comportant point la  voyelle proscrite,
Entre les consonnes T et V, coincée.
Imaginez donc le travail de titan,
Ce pari à moi-même imposant.
Posséder termes en nombre inimaginable,
Aligner et trier infinis vocables,
Les envoyer de mon encéphale à ma réflexion écrivaine
Mots de tête et en casse-tête,
Craindre la méningite,
Irritations des poils de ma boite crânienne.
Invention de paraphrases, métaphores,
Le moindre verbe, impossible à décliner en totales manières
Avec certaines personnes, ni s’adresser à ces dernières.
Écrire, poser interrogations, sibyllin jargon français,.
En méandres orbitales, transposé.
Craignant totales incompréhensions,
Clairvoyances malmenées,
Je clos cette diatribe,
Essai sinon transformé,
Tentative néanmoins expérimentée.
À Dame Licorne, rapport envoyé,
En ce dimanche ratatam*, 
en l’an 2020, mois de février.
* J’ai compté: am stram gram pic et pic et colégram, 
bour et bour et ratatam




JEU 54 : Les métamorphoses





La main tremblante, abandonnant sa révolte, 
Pierre frôle Sara.
Il se penche et parle. La regarde.
Les distances faiblissent.
Il lit les espaces entre les lignes,
cette transparence des sens éveillés,
le partage des corps allongés dans l’ombre.
Contre elle, Pierre entre en elle.
Le langage des métamorphoses chasse alors
la désolation et les déserts,
absorbe le limon et la glaise, éloigne les tempêtes.
Attendri, il la revêt de rêves, réinvente les ciels immortels.
La contemple, épris.
Terre franche, tantôt visible, tantôt invisible.
Expressive.
Attisé par les arrondis clairs de la chair,
dans les corps déployés, brassés, associés, gestes animés,
le désir enfle ; il libère la sève.
Le regard ample, il embrasse ses lèvres. 
La regarde.

jeudi 6 février 2020

JEU 54 : Métamorphose



Métamorphose




Ce matin, dans son cocon
Enfermée elle se protège
Des êtres malfaisants


Ce midi, de ce cocon
Fragile, des ailes de neige
Elle déploie discrètement


Ce soir, fini le cocon
Elle sort de ce piège
S’envole vers son océan


Maintenant, loin du cocon
Elle pense à ce privilège
D’être en vie pleinement.





lundi 3 février 2020

JEU 54 : Les misérables






Agis !

Les misérables vont et viennent
Ici, maintenant
Cachant des sanglots secs, des crachats
Et la faim indécente se mêlant à la crasse
Impose le silence à nos trop vaines larmes


Par centaines, par milliers même, les voilà
Arpentant les trottoirs, avides de regards, 
de bienveillance, de charité
Se tenant droits malgré la faim oppressante
Avançant
Cherchant la vérité de la condition terrestre, là, 
dans nos vies de parias immobiles,
Offrant à notre abondance, 
l’espoir incomplet des galères à venir, 
des chagrins à bannir


Silence
Je crois saisir 
le son de l’ambiance pesante 
de nos inactions


Les misérables jaillissent et crient, 
c’est bien cela
Ils sortent, avancent, vivent
Osant l’effroi direct de la perte
Dans la faim et le froid
Faisant trembler la masse
Par milliers
Mêlés et enchainés 
à la crainte de nos appels déjà taris

Silence

Par pitié
Entends l’absence de don jaillir à l’infini
Est-ce la danse finale des passagers blessés
Se noyant dans les rêves de notre Charité ?

Silence, on broie
La vie s’en va…

Ne te laisse pas faire 
par les ragots acides des médias 
te demandant l’immobilité 
et la paresse
Ose
Prie
Fonce
Lève-toi
Aide

Evade-toi
Observe l’horizon
Rien n’est immobile dans tes prières
Crois-moi
N’attends pas
Agis !