S'appropriant, vite fait, bien fait, la consigne,
Tiniak nous emmène sur le divan du psy
et nous parle d'un patient
à l'accent....
un peu particulier.
C'est ICI.
.
Courez-y vite,
courez-y vite !
.
Ateliers d'écriture mensuels : textes, poèmes et jeux littéraires
S'appropriant, vite fait, bien fait, la consigne,
Tiniak nous emmène sur le divan du psy
et nous parle d'un patient
à l'accent....
un peu particulier.
C'est ICI.
.
Courez-y vite,
courez-y vite !
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Chers zamis agendistes, ironistes...
et pas tristes...
Comme vous l'avez vu,
le mai, le joli mois de mai est revenu...
le soleil brille et il fait beau. (*)
toutes vos inquiétudes, angoisses et morosités,
de cueillir gaiement le joli muguet
et de prendre, en même temps,
un grand bol d'air frais.
Le thème de ce mois sera :
"porte-bonheur"
Sur ce thème, je souhaiterais
que vous placiez le plus de mots possible
commençant par "mai"
(ou mei, mè, mê, mé)
(dont, 7 mots, au moins, choisis parmi ceux-là :
maitrise, maigrelet, mainate, messire, mets
mèche, mêler, méjuger, Merlin, mécréant)
Je vous invite aussi à manier habilement
la prosopopée...
ainsi que la fine ironie
dont vous êtes coutumiers.
Enfin, (en option), vous pourriez vous inspirer
de cette phrase de Jules Renard :
"Le bonheur, c'est être heureux ;
ce n'est pas de faire croire aux autres qu'on l'est."
Bon, maintenant,
selon la formule consacrée,
YAPLUKA...
Date limite pour participer
(déposer le lien de votre texte
dans les commentaires ci-dessous) :
mercredi 27 mai 2026, minuit.
Ensuite, on passera au vote,
ici ou ailleurs,
(L'ami Tiniak,
organisateur d'avril,
a généreusement accepté
de m'aider pour le sondage)
Au bonheur de vous lire !
.
La Licorne
.
il faisait encore très beau. Mais depuis...hum.
On aurait bien besoin d'un "petit coup de pouce" :
"Coccinelle, demoiselle, va dire au Bon Dieu...
qu'il fasse beau...demain !"
Faites comme Queneau :
Prenez un mot
Prenez-en deux
Ou encore mieux
Prenez-en dix
Prenez-en mille
Si ça vous dit
Si c'est utile.
Un mot bizarre
Et un mot rare
Un mot banal
Un mot bancal
Un mot désuet
Un mot coquet
Un mot badin
Un mot coquin
Un mot violent
Un mot savant...
Plus c'est varié
Et meilleur c'est !
Epluchez bien.
Assez de mots ?
Lavez le tout,
Jetez dans l'eau
D'un grand faitout.
Remuez bien...
Puis, pour le goût,
Un peu de sel
Et d'ironie,
Du vermicelle,
Un brin d'folie.
Il faut attendre
Un petit peu.
Quand c'est bien tendre,
Coupez le feu.
Mixez, mixez...
Puis partagez
A ceux qui passent
Faites goûter
A tout l'espace.
Soupe de légumes
Pour ceux d'Neptune.
De pommes de terre
Pour Jupiter.
Soupe de mots
Pour ceux d'Oxo.
Deux louches en plus,
Pour Uranus.
Voyez s'ils aiment
Votre poème :
S'ils disent "Schtroumpf !" :
Ils aiment de ouf
Mais s'il en reste
C'est qu'ils détestent.
Si ça arrive,
Pas d'prise de tête
Changez d'convives...
Et de planète.
Chers marmitons
A vos casseroles,
Chers compagnons,
A vos mots drôles...
Et chers amis,
Bon appétit...
.
La Licorne
.
A la soupe !
- A la soupe la Denrée ! Tu vas te régaler !
- Mais le Glaude, je n'aime pas la soupe ! Aux choux, aux pois aux poireaux ou au pain, je n'aime pas la soupe ! Et quand on y rajoute du vin pour faire chabrot*, ça me débecte !
- Comment ça tu n'aimes pas la soupe ? J'étais pourtant sûr que ça te plairait !
- Ben non tu vois ! Je n'aime pas vos soupes à vous les terriens !Je déteste en particulier le potage au vermicelle ! On dirait des petits vers qui nagent dedans ! Beuuuuurrrrrkkk ! Je n'aime pas non plus le bouillon du pot- au-feu. C'est gras et puis dedans il y a tous ces yeux qui me regardent ! Ça me fout les jetons ! Je n'aime pas le bouillon de toute façon, qu'il soit d'onze heures ou de minuit !
-Tu aimes quoi du coup mon pote ? J'étais persuadé que tu adorais la soupe aux choux !
- Tu as mal compris le Glaude ! Ce que j'adore, c'est la soupe aux Schtroumpfs ! Si tu en as, j'en mange un plein bol ! Deux même ! Ou trois ! J'ai bon appétit ! Sur ma planète, on la fait tellement bien ! Je t'invite à venir la goûter, elle vaut le voyage, crois-moi ! Un pur délice !
- Voyons la Denrée ! On ne mange pas les Schtroumpfs chez nous ! Ces petits bonshommes bleus au bonnet blanc, sont une race protégée ! Tellement protégée qu'on ne peut les voir qu'en ouvrant une BD de Peyo ! Les petits Schtroumpfs, la jolie Schtroumpfette, le grand Schtroumpf, Gargamel et son chat Azraël qui ne rêve que d'avaler quelques Schtroumpfs bien grassouillets....Un régal !
- Un régal tu dis ! Donc ça se mange une BD de Peyo ! Et les Schtroumpfs aussi du coup !
- Non la Denrée, ça se lit ! Une BD, une bande dessinée si tu préfères, c'est un livre avec plein d'images dedans qui racontent une histoire.
- Ah oui, un livre ! On nous en a parlé là-haut ! Ça aussi je croyais que ça se mangeait ! J'ai entendu cette expression plusieurs fois :"Ce livre m'a tellement plu que je l'ai dévoré !"
- Je comprends, je comprends ! Bon, si on allait la goûter maintenant cette soupe en train de bouillonner dans la marmite ! Ma mère me disait toujours "Goûte avant de dire que tu n'aimes pas !"
- Et c'est quoi cette soupe le Glaude ?
- Un velouté aux potirons !
- Ah non le Glaude, ça je ne peux pas !
- Et pourquoi donc la Denrée ?
- Sur ma planète, les potirons sont une race protégée !
* Faire chabrot, ou chabròl en occitan, est une coutume de la moitié sud de la France qui consiste, quand il reste un fond de soupe ou de potage, à ajouter dans l'assiette du vin rouge pour diluer ce bouillon puis de porter le plat à la bouche et à l'avaler à grandes goulées.
– La soupe aux trois schtroumpfs bleus
(interchangeables, seconds rôles, clones clownesques)
Bégaiement de bulles, glou-glou de mémoire.
Je chauffe. Je frémis. Je parle.
Moi, la soupe.
Devant moi, trois schtroumpfs bleus.
Bleus comme des bleus.
Bleus comme des visages
qu’on n’appelle jamais par leur nom.
Je les goûte plus que je ne les vois.
Même saveur, à peine décalée.
Le premier a un arrière-goût du second.
Le second ressemble au troisième.
Le troisième… flotte entre les deux.
Ils rient, ils gloussent, ils se renversent sur mes bords.
Ça clapote, ça se mélange, ça s’imite.
Leurs gestes se confondent comme des légumes trop cuits.
Dehors, ça hésite :
« C’est lequel déjà ? »
« Celui qui parle ? Celui qui tombe ? »
« Ils sont trois… ou un seul mal réparti ? »
Je remue.
Je les sens se superposer, se dissoudre, se schtroumpfer.
Et je comprends :
On me déplace,
dans l’île de la Tortue.
Nouvelle cuisine. Même confusion.
Deux silhouettes.
Deux frères synchronisés.
À côté, Pierre Richard se dédouble sans prévenir.
Ou peut-être qu’il ne s’est jamais vraiment séparé.
Dehors, ça recommence :
« C’est lequel qui tombe ? »
« Le frère… ou l’autre frère ? »
Je bouillonne doucement.
Tout finit par se ressembler ici.
Les visages glissent.
Les identités fondent comme légumes.
Je ne suis plus une soupe.
Je suis une tache où chacun voit ce qu’il croit reconnaître.
Puis vient la rupture.
Pas brutale.
Une séparation lente, comme quand le gras remonte.
Dans La Soupe aux choux, ça hésite… puis ça tranche.
Maurice Risch s’éloigne : « J’aurais pu. »
Jacques Villeret plonge : « J’aurais pas dû. »
Le goût change.
Je les sens pourtant, tous les deux, penchés au-dessus de moi.
L’un avec un parfum de “oui, c’est vrai, j’aurais pu”.
L’autre avec une pointe de “me voilà”.
Et soudain, autre chose arrive.
Quelque chose de net.
De seul.
L’extraterrestre.
Lui, je le reconnais immédiatement.
Pas parce qu’il est différent…
mais parce qu’il ne se mélange pas.
Dehors, ça hésite encore :
« Risch… c’est pas Villeret ? »
« Villeret… c’est pas Risch ? »
« Et l’autre, c’est qui ? »
Moi, je sais.
Je garde les traces.
Les presque-choix.
Les rôles refusés qui flottent encore à la surface.
Et, dans la vapeur bleue qui raconte
que Risch est le Villeret du pauvre,
et que Villeret est le Risch du riche,
ce qui se confondait se sépare.
Ce qui hésitait se fixe.
La bifurcation.
La divergence.
La décantation.
Conclusion de la marmite
Je garde les ressemblances.
Bluuuurp.
Ou quelque chose d’approchant.
.
.
- Atelier d'écriture pour le mois de mai -

- J’ai bien peur d’avoir pondu un lipogramme en p à partir de la première photo et du bouquin « L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau » ! ;-)
Dans le café aux murs pâles, elle était assise comme une image figée dans le temps, un
chapeau légèrement incliné sur la tête, une tasse délicatement tenue entre ses doigts. Tout en
elle semblait à sa place — trop à sa place, peut-être.
L’homme entra sans vraiment regarder. Il avait cette manière étrange de percevoir le monde,
comme si les choses n’étaient que des formes à assembler, des objets à classer. Il balaya la
salle du regard, s’arrêta un instant sur elle… puis détourna les yeux.
Il s’approcha.
— Pardon, dit-il doucement en tendant la main.
Elle leva les yeux, surprise, mais avant qu’elle n’ait le temps de répondre, il attrapa son
chapeau. Enfin — ce qu’il croyait être son chapeau.
Ses doigts effleurèrent ses cheveux, puis sa tempe. Il fronça les sourcils, perplexe, comme si
l’objet refusait de se laisser saisir correctement.
— Étrange, murmura-t-il. Ce chapeau est… chaud.
Elle resta immobile, une seconde, deux secondes. Le monde sembla suspendu entre deux
interprétations possibles : l’erreur ou la folie.
— Monsieur, dit-elle enfin, d’une voix posée, je crains que vous ne confondiez.
Il recula, soudain déstabilisé, regardant sa main comme si elle venait de le trahir.
— Je… je pensais…
Mais il ne termina pas. Car ce qu’il voyait ne correspondait pas à ce qu’il comprenait. Pour
lui, les visages étaient des formes floues, des ensembles incohérents. Les objets, eux, avaient
une logique rassurante.
Elle, en revanche, n’était pour lui qu’un contour élégant, surmonté d’un accessoire.
— Vous prenez peut-être trop de choses pour ce qu’elles ne sont pas, ajouta-t-elle doucement.
Il la regarda de nouveau, plus longtemps cette fois. Quelque chose semblait changer dans
son regard, comme un effort douloureux pour dépasser la surface.
— Et vous, demanda-t-il, n’êtes-vous jamais prise pour autre chose ?
Elle esquissa un léger sourire.
— Tous les jours.
Un silence s’installa. Puis il hocha la tête, lentement, comme s’il venait d’apprendre une
vérité simple et immense.
Il s’excusa, maladroitement, et s’éloigna.
Elle reprit sa tasse, mais ne but pas. Elle regardait la porte par laquelle il était sorti, songeuse.
Car au fond, pensa-t-elle, il n’était peut-être pas le seul à confondre les êtres avec des objets
. Certains regardent sans voir. D’autres voient sans comprendre.
Et parfois, il suffit d’un chapeau — ou d’un visage — pour révéler à quel point le monde
peut nous échapper.