Filigrane
Ateliers d'écriture mensuels : textes, poèmes et jeux littéraires
samedi 1 août 2026
Jeu 121 : "Doris et compagnie"
JEU 121 : "Filles impertinentes"
et de ce livre
.
.
Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 31 août 2025
.
dimanche 19 juillet 2026
JEU 120 : "Un sac de billes" - Laura
Un sac de billes
Cannelle a été jeté de la mer(ère)
Sur la terre
Avec un sac de billes
Elle a mis une bille, une pépite
Sur le un : enfance timide, bavarde ,
Rêveuse, sage, lectrice et joueuse:
Elle a lancé un caillou-bille
Sur le deux et gardé les autres
Pour jouer aux osselets
Elle a mis une bille-agate
Sur le trois: là, elle a sauté
À l'élastique puis à la corde
Elle a lancé un dé-bille
Sur le quatre, bien joué
La voilà sur le pont,
Le petit pont de bois
Qui la mène à l'adolescence;
Aux jeux d'adresse et de hasard
Se mêlent les jeux de l'amour;
Elle a mis une agate
Sur le cinq où elle s'est assise
Pour jouer au mikado
Mais à miser trop gros
Tout s'est écroulé
Puis elle tombe dans le puits
Alors que d'autres échappent
A la prison
5,6,7, on lui tend la main
A deux, ils atteignent le ciel
Parfois même le paradis
Mais à force de miser
Sur les mauvais chevaux
Ils n'ont plus une bille
Elle ne le sait pas
Lui joue toujours
Et y laisse sa vie
A trop jouer sa vie, on la perd
.
Laura
.
lundi 13 juillet 2026
JEU 120 : "L'école d'avant"- La Licorne
(Première parenthèse : les problèmes d'encre, ce fut le cauchemar absolu de mon CE1...
Le voisin malicieux ricanait...tandis que vous vous décomposiez en pensant à ce qui allait suivre : lever le doigt, avouer sa faute ...et penaud(e), solliciter l'aide du maître pour pour faire disparaître l'araignée monstrueuse.
(Deuxième parenthèse : Ah...les odeurs, vous avez remarqué ? C'est ce qui reste, en général, quand tous les autres souvenirs ont disparu...Elles sont tenaces, les odeurs. Elles s'accrochent à la mémoire, fermement. Pendant des dizaines d'années. L'odeur de la colle d'amidon, par exemple. cette colle blanche en "petits pots" avec une minuscule spatule au centre qui servait à l'étaler. Vous vous en souvenez ? Vous retrouvez l'odeur ? Je suis sûre que oui. Rien à voir avec celle de la colle "Scotch"...beaucoup plus agressive, ni avec celle de la colle UHU, plus banale. C'était une délicieuse odeur d'amande...
Chaque "étiquette de lecture" sentait l'amande...c'est peut-être pour ça que les mots lus s'imprégnaient mieux dans notre petit cerveau des années soixante : on utilisait tous les sens ! J'ai la solution à l'illettrisme, les amis...Oubliez la méthode syllabique, la méthode globale...la méthode mixte...Ramenez la colle d'antan !)
J'ai bien peur que les carabistouilles du petit Jacques Gression, déchiqueteur de buvard, ne m'aient brouillé l'esprit.
Là, j'ouvre une troisième et dernière parenthèse...Si vous avez un peu trop d'air, je la refermerai tout de suite (ceci dit, en pleine canicule, je ne cours pas de grand risque).
(Le Jacquot en question n'était pas seulement un voisin de table redoutable, il était aussi la grande "star" de la récré. Il avait toujours dans le fond de ses poches le dernier "gadget" à la mode. Pâte à ballons, tacatac, kazoo, cartes Panini, billes énormes...rien ne manquait à sa panoplie. Il avait tout. Avant tout le monde. Cela rendait les autres garçons fous de jalousie... et les filles folles de lui. Quand il replaçait sa mèche sur son front, il s'en fallait de peu que la petite Sophie ne tourne de l'oeil.
C'était une cour immense. Avec une partie en herbe, dotée de grands arbres sous lesquels il faisait bon se réfugier en été. Et une deuxième partie goudronnée, peu entretenue, qui grâce à ses fentes et ses trous multiples, était le paradis des joueurs de billes.
Comme je ne me débrouillais pas trop mal à ce jeu, il m'arrivait de rentrer le soir avec un sac deux fois plus lourd que le matin. Jacques le savait. Et sur ce plan, il me respectait. M'enviait un peu, aussi, je crois. D'où les vengeances d'encrier.
Bon, aujourd'hui, toi, la grande cour de mon enfance, tu as disparu. On a construit une nouvelle école. Plus grande, plus moderne. Les arbres ont été rasés. Plus d'odeur de tilleul. Ni de mélèze.
C'est une autre cour. Ce n'est plus vraiment toi. C'est une autre époque. D'autres enfants.
Mais dans le fond de mon coeur...il me semble que je suis toujours cette petite fille qui saute à cloche-pied sur une marelle de craie, cette petite fille qui craignait les mauvaises farces de son voisin de table et cette petite fille pour qui une journée réussie se mesurait au poids du sac de billes qu'elle rapportait le soir...
Consigne
Écrivez une lettre adressée à ce paysage disparu, une lettre comme on écrirait à un être cher, à un fantôme qui continue de murmurer malgré l’absence. Le paysage peut aussi répondre.
La première phrase de ce texte commencera par :
« J’ai cherché ton odeur dans les chemins neufs, mais elle s’est dissipée comme une fuite d’encre… »
samedi 11 juillet 2026
JEU 120 : "Mes jeux d'enfance" - An'Maï
Mes jeux d'enfance
Jouer à la marelle, je l'ai fait avec Isabelle, ma meilleure amie d'enfance.
Nous la tracions maladroitement à la craie au beau milieu de la route puis, chacune à notre tour, nous sautions sur un pied de case en case, de la terre jusqu'au ciel. Avec elle j'ai aussi concocté des tambouilles aux herbes dans sa jolie dinette que je lui enviais. puis nous faisions semblant de les manger. Un jour c'était elle la maman et moi l'enfant difficile, le lendemain nous inversions les rôles...
Mais c'est avec mes deux grands frères, mes cousins, ma cousine et toute leur bande de casse-cou recrutés chez les gamins du village, que je préférais jouer à Tarzan, à d'Artagnan, aux cow-boys et aux indiens entre autres héros qui avaient le pouvoir d'inspirer notre imagination débordante. Ceux des films qui passaient le jeudi dans l'arrière-salle du café du village, ou ceux des BD que nous lisions.
Quand ils ne construisaient pas des cabanes ou ne rejouaient pas «La guerre des boutons» à leur façon avec la bande des «Brouard-Pierre» comme on les appelaien dans le village, mes frères s'adonnaient à des jeux plus calmes ! Enfin, il faut le dire vite parce que le calme cessait dès que leur petite sœur avait le malheur de vouloir participer. M'avoir dans les pattes, avait le don de les mettre sérieusement en boule ! Un sac de billes, un parcours compliqué entre parpaings, collines de sable et autres obstacles à franchir pour les billes de verre et d'agate, et mes deux frangins turbulents devenaient très sages et concentrés. Du coup, sitôt que je faisais mine de m'approcher, ils devenaient pires que des bulldogs dont un misérable roquet aurait voulu piquer l'os. En l'occurence, le misérable roquet, c'était moi ! Ils ne voulaient pas de moi dans leurs batailles rangées de billes et de galots au terme desquelles le perdant cédait quelques uns de ses précieux trésors au gagnant.
Pour les jeux de guerres et de batailles fictives entre deux camps ennemis, je n'avais de place qu'en tant que victime idéale : indienne prisonnière chez les cowboys, femme blanche attachée au poteau de torture chez les indiens, captive des méchants libérée par les mousquetaires... Et j'acceptais ce rôle ingrat parce que c'était pour moi, le seul moyen d'être intégrée à l'un ou l'autre des camps. Un rôle qui m'a valu pas mal de tirages de cheveux, quelques bleus et horions. De petites blessures de guerre dont j'étais en fait très fière parce qu'elles m'ont servi d'adoubement pour être acceptée dans la bande ! Une bande d'invincibles héros dont Isabelle qui n'aimait que nos gentils jeux de fille, n'a jamais fait partie.
vendredi 3 juillet 2026
JEU 120 : "Souvenir" - AlainX
La fillette ne s'intéresse pas à lui, ne le regarde pas, comme s'il n'existait pas. Lui reste sans bouger, finit par rentrer, disant à ses parents : — Il n'y a personne dehors !
*
Il regarde le ciel bleu et tout à coup une vision d'enfance surgit des années 1950, cette fillette et la marelle lui revient, comme un flash inattendu. Et le mot « ciel » écrit sur le sol, C'est si loin, si loin. Il essaye d'arrêter le temps, retenir l'instant, mais la vision s'estompe. Une pensée s'impose alors :
Il ferme les yeux et voit le prêtre du catéchisme prononçant ces mots dans une prière à apprendre par cœur.
Est-ce que cela se passera ainsi lorsque la mort viendra frapper ? Être emmené un jour de la terre jusqu'au ciel, à cloche-pied sur le parcours d'une marelle qui sera son dernier voyage ?
Y aura-t-il quelqu'un là-haut pour l'accueillir ?
Peut-être son père, mort peu de temps après cette visite chez ses amis, où il y avait cette fillette qui allait de la terre jusqu'au ciel…
Il constate : — tout est écrit, finalement.
jeudi 2 juillet 2026
JEU 120 : "Sarah et Joseph" - Jill Bill
mercredi 1 juillet 2026
JEU 120 : "Un sac de billes"
- Atelier d'écriture pour le mois de juillet -
de Joseph Joffo
.
jeudi 25 juin 2026
JEU 119 : "Lettre d'une inconnue" - Lothar
Lettre d’une inconnue
Essai d’un poème en creux qui comme dans les cases de Persepolis, ce n’est pas ce qui est dessiné ou écrit qui fait mal. C’est l’espace blanc autour.
Et avant que le papier garde :
Le monde de la bande dessinée et de la culture est en deuil. L’artiste et réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi, mondialement célèbre pour son chef-d’œuvre autobiographique Persepolis, est décédée à l’âge de 56 ans. Ce jeudi 4 juin 2026, son entourage a annoncé la douloureuse nouvelle, précisant que la dessinatrice s’est éteinte « de tristesse », un peu plus d’un an après la disparition de son époux, le producteur, acteur et scénariste Mattias Ripa.
Mixe entre consignes La Licorne #119 et Écriture Créative #313
mardi 23 juin 2026
jeudi 18 juin 2026
JEU 119 : "Lettre à une inconnue" - AlainX
Je ne connais ni ton nom, ni ton visage. Pourtant, ce soir, c'est à toi que j'écris.
Il est plus facile de se confier à une étrangère qui passe et qu'on invente. Elle ne me jugera pas, et quoi qu'il en soit, ça restera entre nous, puisque je t'invente.
Tu recevras simplement mes mots, comme la mer reçoit les rivières. Tout se mélangera, deviendra indifférencié, noyé et bientôt englouti.
J'ignore où tu vis. Cependant je te désire parisienne. Pas bien loin des quais de Seine. Tu deviendras écrivaine, je le veux. Tu le seras. Ta petite machine à écrire sur les genoux, assise sur le pavage du quai, tu tapotes et tapotes encore, inventant le chef-d'œuvre que des millions de personnes s'arracheront.
Peut-être que cette lettre ne te trouvera jamais. Elle croupira au fond de ta boîte aux lettres, déjà débordante d'autres inconnus. Dommage, car je connais des éditeurs auxquels j'aurais pu te présenter.
Aujourd'hui je me sens transparent. J'erre dans les rues, personne ne remarque ma présence, pas plus que la tienne. Nous sommes absents toi aussi bien que moi. Pourtant il suffirait d'un sourire échangé avec une présence inconnue pour illuminer les alentours d'un rayon de soleil, et plus loin un parfum rappellerait une enfance qui nous tendrait encore la main.
J'espère que, lorsque tu liras ces lignes, une période plus douce que la mienne déploiera au fond de toi un bonheur mérité. Et si ce n'est pas le cas, alors nous aurons au moins partagé quelque chose : quelques minutes d'une même solitude.
Il est étrange de penser que deux personnes qui ne se rencontreront probablement jamais peuvent être reliées par une simple feuille où s'écoule mon écriture. Ceci par ma seule volonté. Il faudrait que les humains prennent plus conscience de la puissance réalisatrice qu'ils portent en eux sans en être imprégnés suffisamment. Alors toute l'humanité en serait transformée définitivement.
Évidemment, quand tu me liras tu penseras que tout cela est totalement inventé. Et pourtant tu constateras que tu es en train de lire et donc que tu es bien vivante.
Comme j'aimerais que tu m'en apportes la preuve ! Tu n'imagines pas le bonheur intense que cela me procurerait.
Alors, je t'en supplie, si tu as un peu de bonté en toi, réponds-moi vite.
Moi, pour toi.
mercredi 17 juin 2026
JEU 119 : "Attention is all you need" - Lothar
mardi 16 juin 2026
JEU 119 : "Lettre d'une inconnue" - An'Maï
La dactylographe- Doisneau
Lettre d'une inconnue à un inconnu
Cher toi que je ne connais pas et pour lequel je suis aussi une inconnue, je t'écris aujourdhui cette lettre qui fort probablement ne te parviendra jamais puisque tu n'existes pas, si ce n'est dans mon imagination. A moins que ce ne soit dans mes plus profonds désirs .
Pour le faire, parce que j'avais envie de la dépoussiérer, j'ai sorti l'antique machine à écrire de ma grand-mère, certaine que mes doigts sur les touches usées du clavier, sauront trouver les mots.
Assise contre un mur sur les pavés d' un quai de Seine pas trop fréquenté, je me suis mise à l'aise. Pieds nus, en short et top d'été, lunettes de soleil sur le nez, je les cherche ces mots qui se refusent encore à moi.
Qu'écrire et surtout comment écrire ce qu'on a sur le cœur, à quelqu'un qu'on ne connaît pas, qu'on ne connaîtra probablement jamais?
Façon romantique ? «Je suis une jeune fille un peu fleur bleue qui ne rêve que d'éclore à l'amour. Pour toi je serai la plus belle pour peu que tu consentes à me regarder.»
Ringard ? Je ne vous le fais pas dire ! Mais c'est ainsi que devait parler ma grand-mère. Dans sa folle jeunesse en tout cas ! Parce qu'elle a évolué Mamie ! Elle vit avec son temps et se sert de son ordi pour écrire ses histoires !
Je pourrais écrire «Ramène ta fraise beau gosse ! Brun, blond ou roux, je t'attends !»
Ça aussi c'est dépassé. Les jeunes d'aujourd'hui ne s'expriment pas ainsi d'après ce que j'entends ! Quand ils se parlent en vrai bien sûr ! Parce qu'en fait, ils communiquent plus par portable interposé et sur les réseaux sociaux que face à face ! Et je te jure, quand il leur arrive d'utiliser le français de madame et monsieur tout le monde, c'est bourré de fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison... Ma pauvre mamie qui est de la vieille école en est outrée ! Au gré du temps, ils inventent et réinventent leur propre charabia, afin de n'être compris qu'entre eux !
Du coup, je t'écrirais un truc du genre «Wesh bg ! Chuis deter, mais fais belek ! Je cherche pas un bail ni un charo ! Pas un kassos non plus ! Ni un mytho. Qu'tu dahek ou qu'tu m'deuh et j'te ban despi ! T'as capté ?»
Bon, d'accord, j'ai récolté ces expressions «djeuns» sur une page web qui date de 2024-2025, alors je ne suis déjà plus dans le coup tellement ça évolue vite !
Et puis qu'importe la manière dont je le fais, je ne t'écris pas vraiment après tout puisque je ne fais que rêver à la personne que tu pourrais être. Je ne fais qu'imaginer notre possible rencontre après que tu auras lu cette lettre que je ne vais pas envoyer !
Je suis barge ? Certes avec cette antique machine à écrire sur les genoux, c'est ce que doivent penser les promeneurs.
Je m'en moque ! Je t'écris une lettre que je vais jeter dans l'eau de la Seine après l'avoir glissée dans la canette de soda que je viens de boire, dérisoire bouteille à la mer des temps modernes. Si tu la repêches, réponds moi.
Je t'attends.
lundi 15 juin 2026
JEU 119 : "Lettre à une inconnue" - Lilousoleil
Chère inconnue,
Un correspondant inconnu

