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La Licorne
(qui aime bien , parfois,
"retomber"...badaboum !
en enfance)
Ateliers d'écriture mensuels : textes, poèmes et jeux littéraires
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La Licorne
(qui aime bien , parfois,
"retomber"...badaboum !
en enfance)
La montée vers le ciel
La plus belle conquête de l’air
C’est ici l’avion des continents balnéaires
Et les navigatrices de l’air
Ces hôtesses au bel air
En blazer qui s’envoient en l’air
Au dessus de nos fumées linéaires
Qui s’envolent pour les compagnies tarifaires
Insulaires –
Sans canadairs imaginaires
De ceux de l’eau qui ne prennent l’air –
Tertiaires et monte-en-l’air
Dans ce vestibule de pierres rouge solaire
Dans ce carmin sanctuaire
Toi, la fille de l’air
À l’uniforme noir mohair
Au miroir d’ombre claire
À l’aire du temps, en appel d’air
Tu l’attends ton professeur, l’Albert
Ton inventeur patibulaire
De livraisons de colis lunaires
Qui passe son temps en plein désert
Avec son assistante, son dessert
Son amazing amazone missionnaire
Alors, ici, tu l’attends ferme sous l’orage dans l’air
Sanguinaire
Rouge de colère, tout feutre en l’air
Pour changer d’air
Tu en as l’air
L’ambiance, ici, est plus lourde que l’air
Comprimée, en manque d’air
Tes mots retenus, moléculaires
L’air morose, mi-rose, mi-polaire, bipolaire
Abattue, flagellaire, angulaire
Et tourne tourne l’horaire
Fument tes cigarettes, filtrent l’air
Cillent tes mi-cils air-air
Subliminaires en éclairs
Nucléaires
Puis sur l’air du temps tu attends, épair
Transparente, frigidaire
Et tu ne vas plus à grand’erre…
_________________________________________

Rodney Smith, Rocketman, Rhinebeck,New York , 2009

![]()
Cervantes s'éteint non loin de Madrid, un beau jour de printemps, au début du 17ème siècle.
Une dizaine de jours plus tard, c'est le célèbre Shakespeare qui rend l'âme...
Pourtant, l'histoire retiendra, pour tous les deux, la même date de décès : le 23 avril 1616.
Comment cela est-il possible ?
C'est simple : à l'époque, l'Espagne Catholique se base sur le calendrier grégorien et le
Royaume d'Angleterre protestant sur le calendrier julien, calendrier qui a quelques jours de
retard sur le premier !
.
Réunis par cette troublante fausse-coïncidence, nous les retrouvons quelque temps ou plutôt
quelque "non-temps" après, assis tous deux sur leur nuage préféré...
Sh. - A cup of tea, my dear ?
C. - Muchas gracias...querido amigo...Con un azúcar, por favor.
Sh - Servez-vous, je vous en prie ! Je plamotte le gâteau et j'arrive !
C - Vous me gâtez, William ! Même Sancho n'était pas aussi serviable !
Sh - Hum... le pauvre...ne le critiquez pas trop...Il avait fort à faire, je suppose. Avec
vos fantaisies...nul doute qu'il devait souvent être "au four et au moulin" !
C - Peut-être. Mais le problème de fond, avec ce garçon, c'est qu'il n'avait pas grand-chose
dans le crâne...
Sh - Etre ou ne pas être futé, that's the question.
C - Il était débonnaire et gélasin...très bon compagnon, je l'avoue... Mais il n'avait aucune
éducation digne de ce nom. Je devais constamment le tancer pour ses messéances. Vous qui
êtes gentilhomme, vous comprenez ce genre de choses, j'en suis sûr.
Sh - Eh bien, il se trouve que j'ai eu aussi un serviteur fidèle. Il s'appelait Roméo. Un vrai
coureur de jupons, pour tout dire. Il avait le don d'embabouiner toutes les guénuches
qui passaient. Je le regardais faire et souvent, je notais ses belles paroles enjôleuses...cela
m'a bien aidé à écrire une certaine pièce, qui, en son temps, eut pas mal de succès.
C - Je l'ai lue...je l'ai lue. Ah ! La scène du balcon ! Et Vérone !
Quelle merveille! Moi, je n'avais pas cette chance. Je vivais en Espagne dans un lieu banal,
"dans une maison sans balcon, sans toiture, où y avait même pas d'abeilles sur les
pots de confiture"...
Sh - Reprenez donc une part de mon gâteau au miel, mon cher. J'ai lu également votre
oeuvre, voyez-vous. Votre héros qui, sur sa Rossinante, va de malenchère en malenchère
m'a beaucoup fait rire ! Et réfléchir, aussi.
Comment s'appelait sa bachelette, déjà ? Her name is on the tip of my tongue...
C - Dulcinée, elle s'appelait Dulcinée... Mais c'est bien loin tout ça...Le temps d'amour a
fui... je le crains, et nous voici ici, au paradis, à parler de petites pétoffes, sans le moindre
parchemin ni la moindre plume pour poser nos pataraphes...
Sh - Nous étions des rêveurs, des poètes, des aligneurs de mots, Michel : nous avons écrit et
créé du mieux que nous pouvions de notre vivant. Il faut maintenant laisser la place à
d'autres, qui diront tout ça aussi bien, voire mieux que nous.
Tenez, j'ai entendu, l'autre jour, une chansonnette monter jusqu'ici. C'était, ma foi, fort joli.
Juliette en eût été charmée. Je vous la fais écouter ?
La Licorne
.
Pour l'Agenda ironique de février
chez Carnets paresseux
(2ème texte)
.
et pour Mil et Une
qui nous demandait de placer les mots suivants :
Plamotter : Ôter le pain de sucre du moule
Débonnaire : bon, doux
Gélasin : rieur
Tancer : réprimander, admonester
Messéance : Qui est malséant, qui ne convient pas
Embabouiner : Amener (quelqu’un) à faire ce que l’on désire
en (le) séduisant par des flatteries, des cajoleries
Guénuche : petite guenon, femme laid
Malenchere : malchance
Bachelette : Jeune fille gracieuse
Pétoffe: Affaire ridicule, petite affaire, cancan
Patarafe : Trait d’écriture informe ou irrégulier; lettre mal formée
.

Pas besoin de phrases ni de longs discours
Ça change tout dedans, ça change tout autour
Tout l’monde voit bien que sans toi
Je dérive au diesel
Toi t’as les clefs de tout, de la Tour Eiffel
C’est de là-haut que tu colores l’arc-en-ciel
- Atelier d'écriture pour le mois de février -
et ce livre :
d'Yvonne Bourlat
.
Tu l’accueilles toujours les mains dans les poches
la tête basse
la vue brumeuse
les yeux rivés sur ton carnet de suivi
Tu l’appelles « le gamin »
Un vrai moulin à paroles
Par politesse tu acquiesces à tout ce qu’il dit
car c’est parole d’Évangile
Mais tu auras oublié son sermon
dès qu’il aura tourné le dos
(après la piqûre)
Tu regagnes ton fauteuil
Tu te perds alors dans l’immensité de ton paysage intérieur
où nul ne peut pénétrer
Sur le bord de la fenêtre
une mésange vient te dire bonjour
Les graines de tournesol se raréfient
comme le nombre de tes globules rouges
Entre tes doigts gourds
coule le sable de tes jours sans repos
de tes nuits sans fard
On dirait que le dernier grain est coincé
– pour l’éternité
Ah ah ah ah ah
________

