mercredi 16 septembre 2020

JEU 60 : Ma fée bleue

 

 


 

Ma fée bleue


Moi aussi j'ai une fée chez moi

Elle a des yeux myosotis et des ailes nacrées

qui lui permettent de s'envoler

de la planète qu'elle habite

Quand elle devine un problème

elle s'élance pour me retrouver

gardant précieusement ma clé

Elle vient d' un monde parallèle

où un jour nous nous sommes croisées

lors d'un aiguillage bohème

dans une galaxie éloignée

Et depuis cette étrange soirée

où elle m'apparut comme emblème

je sus qu'on ne pourrait que s'aimer


Lecrilibriste



 

mardi 15 septembre 2020

JEU 60 : La fée du logis

 

 


 

Moi aussi j’ai une fée chez moi…

Une vraie fée du logis

Qui frotte partout en fredonnant

Qui manie bien le fer à repasser

Même là où c’est très froncé !

Qui fait briller toutes les fenêtres

Et dispose des fleurs à foison

Pour embellir notre maison.

Sans faiblir, vers midi, elle s’agite

Et le fumet du dîner se répand

Comme une invite.

Sans falbalas elle se déplace

Fluette et toujours avec grâce.

Et le soir, dans son fauteuil au coin du feu

Quand les flammes projettent leur éclat

Elle sourit en s’affaissant

Pensant que la vie est fantastique

Quand on se contente de ce qu’on a.

.

Photonanie

.



samedi 12 septembre 2020

JEU 60 : Ma fée Clochette



 
 
 
Moi aussi, j'ai une fée chez moi...
Elle a de jolies mains
Elle a de jolis doigts :
Des doigts de fée,
C'est drôlement pratique
Pour bricoler...
Au fil des jours,
Au fil du temps,
Elle me tricote des idées
Elle raccommode mes souvenirs
Elle recoud mes rêves brisés
Et elle volette autour de moi
En chuchotant tout doucement
Pour me souffler des envies
Des envies folles
Des envies  d'ailleurs
Des désirs magiques et excentriques
Qui me font vibrer plus fort
Qui me font vivre plus loin
 Je l'aime, ma petite fée
Ma petite fée du logis...
J'aime ses ailes transparentes
Et sa taille de guêpe
J'aime sa voix fluette
Et son air de ne pas y toucher
J'aime ses allures coquettes
Et ses petits souliers
J'aime ses jupons de tulle
Et son chapeau
En forme de campanule
Qu'elle a volé dans le pré d'à côté
Moi aussi, j'ai une fée chez moi
Je ne sais pas si tu me crois
Je ne sais pas si tu la vois
Elle est discrète
Et elle s'entête 
A ne se montrer 
Qu'à ceux qui aiment
Qu'à ceux qui rêvent
Elle est comme ça
Ma jolie fée
Frêle et fragile
Folle et fébrile
Facétieuse et frivole
Familière et fugitive
Farouchement fuyante
Et fondamentalement fidèle...
Dans un bruissement d'ailes !
.
La Licorne
.

 
 

vendredi 11 septembre 2020

JEU 60 : Une fée chez moi


 
Moi aussi, j’ai une fée chez moi
Elle paresse elle paresse
Et caresse des idées folles
De celles inventées les soirs d’hiver
Une fée filante à l’allure légère
Elle flâne elle flâne

Au fil d’aplomb de la concordance
Et marche dans les airs
Jusqu’à cueillir l’équilibre des étoiles filantes
Je l’entends dans le vent
Dans la faim de vivre qui tiraille ses ailes
Au milieu de l’affluence dans le silence qui flotte sur le port
Je l’entends
Je l’entends
Frôler les vagues perceptibles de nos âmes sensibles
.
 
.






samedi 5 septembre 2020

JEU 60 : Ma fée



 

MOI AUSSI J’AI UNE FÉE CHEZ MOI….


Parfois il me semble que j’en ai plusieurs.
Mais la consigne étant la consigne…
Il me faut n’en choisir qu’une… ou un, pourquoi pas ?
Celle que j’aperçois au bout de mon coeur, et que je choisis
pour commencer s’appelle Lucie.

Depuis que je l’ai vue pour la première fois, tout petit bébé,
Non ce n’était ni à la clinique, ni à l’hôpital, mais…
à l’aéroport de Roissy où elle arrivait du Viet Nam.
Paisiblement endormie dans un couffin en osier posé sur un « caddy porte bagage »
Poussé par sa maman… ma fille, vous l’avez compris, je ne sais plus ce que j’ai ressenti.
Quelques instants plus tard, quand j’ai pu serrer sur mon coeur ce bébé
de 2 mois et quelques jours… une fée est entrée dans ma vie.
Oh, bien sûr, à cet instant je ne le savais pas encore, pourtant j’ai tout de suite su
que c’était ma petite fille, lien du sang ou pas, l’amour était au rendez vous.

Pourquoi est-elle ma fée ?
C’est tellement simple et évident.
Elle était la première arrivée, ensuite deux autres ont suivi.
Sans le savoir, sans le vouloir elle a toujours été proche de moi.
C’est pour elle, grâce à sa présence, que j’ai pu surmonter l’horrible et injuste
mort de ma fille cadette.

Lucie avait juste deux ans, elle avait connu sa tante qu’elle appelait « Tofi » puis
Sophie la dernière fois qu’elle avait goûté avec elle… une semaine avant le drame.
Je ne sais plus comment on lui a dit qu’elle ne la verrait plus, mais je sais qu’on ne
lui a rien caché… à quoi bon ?
Ses parents travaillaient. Qui d’autre que Mamina (moi) pouvait s’occuper d’elle ?
Petite fille précoce, intelligente, sensible et j’en passe… elle a su/pu m’accompagner
sur ce putain de chemin plein de cailloux.
Impossible et surtout inutile de raconter sa vie ici, mais notre relation d’année en année, relation ??? horrible mot, notre amour a grandi comme l’herbe folle, celle qui sent si bon et tient toute l’année.

Il y a peu de temps elle s’est confiée à moi… un gros chagrin qu’elle a caché même à sa mère.
Je ne sais pas où j’ai trouvé les mots qui l’ont aidée, probablement dans notre complicité qui s’est installée au fil des ans et des évènements.

Mais qui d’autre qu’une fée peut dire « Ne change pas MAMINA. 
Reste comme tu es. Je t’aime ».
Pas besoin de baguette magique ni de grimoire ou autre accessoire.
Tout se passe ailleurs… dans nos tripes peut être qui réagissent au moindre choc.
N’est pas là que tout commence et…. finit ?

Pas envie de relire… ni de compter les F…
Il faudra me dire si le compte y est, faute de quoi faudrait que je recommence ?

Ah cher Filigrane pitié pour la folle que je suis, pas très fidèle d’accord, 
mais pas facile de participer quand les mots font défaut…
 
Une fée ? Si ça existe… c’est mon fidèle chat…
mais c’est une autre histoire.
 
 
 
 

JEU 60 : La Fée Electricité



"Moi aussi, j'ai une fée chez moi…"

C’est la Fée Électricité que célébraient les peintres à la fin du dix-neuvième siècle
Le MUMA du Havre consacre une exposition aux « Nuits électriques »
dans le cadre de « Normandie impressionniste . »
(Il y a quelques années , nous avons vu au moins une exposition de ce grand événement, 
à Rouen, je pense.) Ça doit être fabuleux !

Moi aussi, j'ai une fée chez moi…C’est la Fée Électricité. 
Alors qu’elle est plus que jamais nécessaire. 
Avec les voitures électriques, le numérique, les vélos électriques etc.

Ce matin, un reportage aux informations du matin évoquait une coupure en région Centre ou Limousin et la panique qui s’en est suivie. Hier, dans la presse papier que j’achète chaque semaine, je lisais que les écologistes menaient une croisade contre les moulins à eau car ils seraient nuisibles pour les poissons !!!….. Fadaise!
Face à face avec l’éolien qui nuit aux paysages sauf dans le fade Nord pensent les sudistes.
Alors qu’on a plus que jamais besoin d’électricité et qu’on parle d’environnement, on veut supprimer ce moyen d’en produire de façon propre sans parler du nucléaire qui est le moyen émettant le moins de CO2. Quelle fable !

"Moi aussi, j'ai une fée chez moi…C’est la Fée Électricité. 
Elle me permet de lire « La petite Fadette. » Elle fait ma lessive.

L’autre jour, j’ai cru pouvoir voir dans le noir comme les chats mais j’ai failli me rompre le cou en me prenant le cou en me prenant les pieds dans le fauteuil, volets fermés, avec l’idée farfelue de ne pas allumer la faible lumière.
 
 


mardi 1 septembre 2020

JEU 60 : La fée






Pour ce mois de septembre, 
je propose à votre imagination de s'appuyer 
sur...une chanson.

La chanson de Zaz dont je vous partage le clip,
commence par 
"Moi aussi, j'ai une fée chez moi..."

Vous commencerez vous aussi, 
par cette phrase...
et continuerez là où bon vous semble...

Qui est cette "fée" ?
Est-ce une personne de votre entourage
ou de votre famille ?
Est-ce votre "fée intérieure" ?
Est-ce votre enfance perdue...
vos rêves "cassés" ?
Toutes les interprétations sont 
possibles et bienvenues...


Autre contrainte :
Vous placerez dans votre texte 
au moins 10 mots commençant par la lettre F

Voilà, c'est tout.
Je compte sur vous...
pour déployer les ailes
de votre imagination...;-)

Envoi, comme d'hab,
à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 septembre 2020.

Bises 
.
La Licorne
.





jeudi 23 juillet 2020

Pause estivale




Pas de jeu au mois d'août...
pour cause de...vacances !

A plus !
.
La Licorne
.

lundi 20 juillet 2020

Les animaux malades de la peste






Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre ,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron ,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
À chercher le soutien d'une mourante vie  ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni loups ni renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les tourterelles se fuyaient :
     Plus d'amour, partant plus de joie. 


Le Lion tint conseil, et dit : « Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
       Pour nos péchés cette infortune ;
  Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents 
      On fait de pareils dévouements : 
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J'ai dévoré force moutons.
          Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense  ;
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
    Que le plus coupable périsse. 


- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un péché ? Non non. Vous leur fîtes, Seigneur,
      En les croquant beaucoup d'honneur;
     Et quant au berger, l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
 Se font un chimérique empire. »
Ainsi dit le Renard ; et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins, 
Au dire de chacun, étaient de petits saints. 


L’Âne vint à son tour, et dit : « J’ai souvenance
Qu’en un pré de moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net. »
À ces mots, on cria haro sur le baudet.
Un Loup, quelque peu clerc , prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. 
.


Jean de La Fontaine










vendredi 17 juillet 2020

JEU 59 : Fable du déconfinement





"Le monde est un vaste théâtre
où chacun joue son rôle le masque sur le nez"
La Fontaine, dans ses Fables,
Nous l'a fort bien montré.

Sous forme d'archétypes
Animaliers,
Nos rôles pathétiques
Y sont habilement représentés :
Orgueil ou avarice,
 Soumission ou malice,
Cruauté ou injustice,
On y retrouve tous les travers
De l'humanité ordinaire.

En contemplant la comédie
Du monde d'aujourd'hui
Je me suis dit
Que si la cour du grand roi Louis
N'était plus qu'un souvenir
Il y avait, pourtant,
Par temps de pandémie,
Beaucoup de choses à dire.

Vive le déconfinement ...
Qui nous permet de sortir !
Je suis partie, guillerette,
Rencontrer les héros
De ces fables désuètes
Et à ces chers animaux 
J'ai tendu mon micro :
Tous, ils m'ont confirmé
Que la période les avait  bien changés !

"Quel intérêt y a-t-il donc à courir ?
M'a dit le Lièvre, dans un sourire...
Je ne sais pas si j'ai encore envie
De sans cesse m'épuiser
A vouloir être le premier...
Du mois de mars au mois de mai,
J'ai enfin profité de la vie
Et peu à peu j'ai compris
Tous les bienfaits
De la lenteur...
La tortue m'a prêté son hamac
Et depuis, je vaque
Ou je bivouaque...
En savourant mon bonheur !"

"Quant à moi, m'a confié Perrette,
Je ne ferai plus jamais de plans sur la comète !
J'avais fait tant de prévisions
J'avais rêvé de tant d'entreprises...
Je me voyais gagnant des millions
Je me voyais reine du show-biz...
En trois mois, que de déceptions :
Me voici ruinée par la crise !
Adieu veaux, vaches, cochons, télés
Il ne me reste que les yeux pour pleurer !
Alors, après tant de malchance
J'ai décidé de partir en vacances
Sur une plage du Portugal,
Avec mon amie la Cigale."

La Fourmi, elle, m'a fait visiter
Son immense garde-manger :
"Moi qui suis si prévoyante
J'ai cru bien faire
Et dans les premiers jours, j'ai acheté, prudente,
Des monceaux de pâtes et de pommes de terres...
 Mais des premières, j'ai tant mangé
Que j'en suis dégoûtée...
Quant aux patates entassées,
Elles se sont mises à germer !
On ne m'y reprendra plus
C'est décidé, dès demain, dans la rue,
Aux inconnus, j'les distribue !"

Le Loup m'a abordée
Avec grande amabilité
Et il n'a pas tardé
A se confier :
"Quand je suis tombé malade,
M'a-t-il avoué,
Je me suis senti bien seul...
"Bien fait pour ta gueule !"
Criaient-ils tous en cascade...
Je n'avais personne pour m'aider
Et je l'avais bien cherché !
Je me sentais pitoyable
Et ô combien coupable...
Jour après jour, je me rappelais
Un par un tous mes méfaits.
Et je toussais, je toussais...
Abattu par la fièvre, 
Je regardais passer le Lièvre, 
L'Agneau et la Brebis
Qui faisaient un détour
Pour éviter ma tanière
Alors, j'ai compris que sans amour
La vie était un enfer...
Et que nous sommes tous frères !
J'ai pris une décision élémentaire
J'ai changé de régime alimentaire :
Je suis devenu comme l'âne
Je suis devenu Vegan !"

Le Pigeon, lui, m'a dit 
Qu'il ne voyageait plus...
Qu'auprès de sa chérie
Il coulait des jours heureux
Et qu'il songeait de plus en plus
A lui passer la bague à la patte !
"Rester chez soi, il n'y a pas mieux...
Je vous dis merci, messieurs,
Pour cette faveur délicate :
J'ai regagné mes pénates !"

Mais le Chien, en l'entendant,
S'est enfui par la fenêtre...
Et j'ai vu, avec étonnement,
Qu'il avait ôté son collier :
"Je ne veux plus de maître,
M'a-t-il soufflé, 
J'ai repris ma liberté !
Je vais courir, intrépide,
Très loin de ce Stop-Covid !"

Quant au Corbeau, il ne disait rien.
Sur sa branche, il fermait son bec.
Il avait entendu les politiciens
Faire tant de salamalecs
Qu'à la fin il avait compris
Les ressorts de l'hypocrisie
Il ne croyait plus aux mirages
Encore moins aux hommages
Et devant tout ce beau langage
En vieux sage,
Il gardait son fromage.

.

La Licorne
.





mercredi 1 juillet 2020

JEU 59 : Actualité fabuleuse




Tout d'abord,  
un grand MERCI à Andrea et à Mary,
pour leurs superbes "tranches de poésie"
de juin... !
.



Mais il est temps maintenant passer à autre chose :
en ce mois de juillet, je vous propose 
de vous pencher à nouveau
sur un sujet peut-être oublié depuis l'enfance ...
"Les Fables de La Fontaine".




L'idée sera d'emprunter 
à ces fables du passé
un personnage ou un animal...
et de le "faire s'exprimer" au présent,
sur un fait d'actualité.

Le sujet en question 
peut être un fait divers, 
ou un sujet de fond...
peu importe, 
mais il devra être vu "par le prisme"
du personnage en question

Vous pouvez donc faire parler le Loup, l'Agneau,
la Fourmi, la Cigale, le Renard, la Cigogne,
Le Corbeau, le Bouc, le Chien, le Lièvre, la Tortue,
le Lion, le Rat, la Grenouille, le Boeuf,
la Laitière  le Bûcheron ou la Poule aux oeufs d'or...
comme il vous plaira !

Vous pouvez les faire discourir sur la crise en cours...
 sur le réchauffement climatique,
ou à propos d'un fait qui fait la "Une",
ou encore sur l'actualité
de personnes célèbres
(chanteurs, acteurs, politiques)...
ou sur le défilé du 14 juillet...
comme il vous plaira.


L'essentiel est que ce soit
un sujet "commun" et "actuel"
(éviter les sujets personnels
ou les événements du passé).

La forme du texte n'est pas imposée :
monologue intérieur, dialogue, récit,
poème ou fable...
tout est possible ou accepté.

La dernière contrainte (non obligatoire) sera 
de placer dans votre texte la phrase suivante :

"Le monde est un vaste théâtre 
où chacun joue son rôle le masque sur le nez.
 (Axel Oxenstiern -1645)

Voilà.
J'espère que cela vous inspirera

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 juillet 2020

Et en attendant, 
bonnes vacances à tou(te)s !
 .
La Licorne
.


Liste des Fables :
ICI
.

Une dernière chose : 
si la fable choisie ne fait pas partie des plus connues, 
merci de nous en indiquer le titre...
.





lundi 29 juin 2020

Ces mains qui se touchent



Pour l'atelier Mil et Une



 Je regarde ces mains qui se touchent
Ces mains sombres et ces mains pâles
Ces mains qui s'allient et se couchent
En une offrande horizontale

D'où viennent-elles toutes ces mains ?
De quel endroit ? De quelle histoire ?
Dans leurs paumes les lignes d'un destin
Destin parfois blanc, parfois noir

Ont-elles aimé ? Ont-elles aidé ?
Ont-elles bâti ? Ont-elles souffert ?
Sur quoi ont-elles pu se poser ?
Mains de pianiste...ou d'ouvrières ?

Mais qu'importe leur passé, leur couleur,
Elles ont de l'or entre les doigts
Elles sont le prolongement du coeur
Elles disent la chaleur et la foi

D'où viennent-elles toutes ces mains ?
De quel endroit ? De quelle histoire ?
Créeront-elles un autre demain ?
Reprendront-elles leur pouvoir ?

Car le monde n'attend que ça
Des mains tendues, des mains offertes
Des mains qui ramènent la joie
Dans la tristesse d'une vie déserte

Je regarde ces mains qui se touchent
Sans peur, sans gel et sans questions
Et j'ôte le masque de ma bouche
En un sourire de guérison...
.
La Licorne
.





jeudi 25 juin 2020

Le Choix


Pour l'Agenda ironique de juin
(deuxième participation)

Premier texte ICI





L'été, la nuit, les bruits sont en fête.
Et en ce soir du 21 juin,
il ne nous restait
que les bruits de la nature
pour nous consoler
de l'interdiction de nous rassembler
pour jouer, écouter et vibrer tous ensemble
sur des musiques qui nous font du bien.

Silence dans les rues,
mais joie dans les branches...
 Les oiseaux donnaient concert gratuit,
eux qui n'avaient aucun ministère
pour les contraindre à rester au nid.

Il faut dire que, depuis le début de l'année,
il s'était passé tant de choses bizarres
qu'on en arrivait à penser
que fort peu de choses
étaient vraiment impossibles.

La baguette d'un chef d'orchestre tout-puissant
avait, comme par magie,
figé l'humanité dans un long silence
et puis, chacun avait attendu, obéissant,
le signe du grand chef
pour jouer à nouveau la partition
d'une vie  libre et insouciante...

Mais, comme il fallait s'y attendre,
la partition, entre-temps, avait changé :
les notes étaient devenues plus graves...
et on avait peine à retrouver
la souplesse et la légèreté de la mélodie précédente.
Les doigts et les poignets agiles s'étaient engourdis,
l'esprit s'était alourdi d'une charge d'angoisse
qui rendait tout moins vif, moins spontané. 

Depuis, on sentait dans l'orchestre mondial
comme une sensation étrange...
une sorte de clivage entre deux camps :
ceux qui étaient à droite, ceux qui étaient à gauche,
ceux qui avaient peur, ceux qui n'avaient pas peur,
ceux qui voulaient la sécurité, ceux qui voulaient la liberté,
ceux qui continuaient à suivre la baguette du chef
et ceux qui voulaient écouter leur coeur...

Cette sensation, au fil du temps, 
s'étendit de plus en plus...
jusqu'à imprégner le paysage lui-même...
elle courut dans les maisons, 
dans les champs, sur les rivières tranquilles,
et jusqu'au bout de l'horizon...
La tension devint palpable...
les deux "parties" s'écartèrent l'une de l'autre...
encore et encore...
et d'un coup, tout se sépara...


Le monde ressembla soudain 
à un tableau d'Escher en noir et blanc...
Il se fit double et symétrique,
les uns ayant choisi le côté de la grisaille rassurante, 
les autres le côté de la lumière aveuglante.
Chacun s'envola alors vers l'avenir
qu'il s'était  imaginé.

Le nouveau soleil était-il un mirage ?
Je n'aurais su le dire...
Mais je savais que je ne pouvais plus vivre 
du côté de l'obscur...
Je suis donc partie vers  la lumière inconnue
et j'ai marché longtemps, longtemps...
jusqu'à épuisement...

Puis je me suis arrêtée près d'une ferme.
Il y avait là un jardin, quelques animaux
et de l'eau claire.
J'ai remarqué un lapin et quelques chèvres
qui couraient où ils voulaient.
Il n'y avait ni cage ni barrières 
et tout semblait paisible.

Je me suis allongée dans l'herbe pour dormir.
Le ciel était d'un bleu si pur...
A ce moment-là, j'ai compris
que la vie était simple et belle. 
Que nul ne pouvait m'emprisonner 
ou me contraindre...
Que j'avais toujours été libre
même si on m'avait fait croire le contraire...

Que j'allais pouvoir chanter, enfin, ma propre mélodie
et que je trouverais quelqu'un pour l'écouter...
j'ai cherché ce quelqu'un ...
Il n'y avait encore personne.
Finalement, j'ai rencontré une brouette, 
et j'ai pensé qu'elle me prêterait une oreille attentive...
:-)


.
La Licorne
.




La consigne de Laurence  était la suivante :
A partir de cette citation de Lewis Carroll :
« Il venait de se passer tant de choses bizarres, 
qu’elle en arrivait à penser que fort peu de choses 
étaient vraiment impossibles » 
et des illustrations proposées (Escher),  
imaginez que l’impossible devienne possible. 
 
Petite contrainte supplémentaire : 
il faudra débuter votre récit avec la phrase d’ E Allan Poe : 
« L’été, la nuit les bruits sont en fête »
et le terminer avec celle de Lewis Carroll (encore lui!) : 
« Finalement, j’ai rencontré une brouette, 
et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive. » 
.