dimanche 15 février 2026

Badoum, badoum...

  

 
Petite comptine pour les enfants 
 
 
 
 
 
Badoum, badoum, badoum... 
Un éléphant qui se balançait
Sur une toile, toile, toile d'araignée
C'était un jeu tellement, tellement sympa
Qu'il appela... les deux koalas...
 
 
 
 
 
Badoum, badoum, badoum... 
Trois animaux qui se balançaient
Sur une toile, toile, toile d'escalier
C'était un jeu tellement, tellement sympa
Qu'ils appelèrent le léopard qui passait par là...
 

 
 
 
Badoum, badoum, badoum...
Nos quatre amis, hum, se balançaient 
Sur une toile, toile, légers comme une fleur 
C'était un jeu tellement, tellement sympa
Qu'ils allèrent chercher ...une caméra !
 
 
 
 
 
Badoum, badoum, badoum...
La p'tite araignée qui sommeillait
Sur sa toile, toile, toile si bien tissée 
Trouva ce jeu tellement, tellement amusant
Qu'elle se mit à son tour à se balancer
 
 
 
 
 
Badoum, badoum, badoum
Et tous les cinq se balançèrent
Sur la toile, toile toile de l'araignée
C'était un jeu tellement, tellement amusant...
Quand, tout à coup, badaboum...
  
Ils tombèrent tous...
 dans l'aquarium !!!
 
 
 
 
Plif, plaf, plif, plaf, 
On ne retrouva d'eux que de petits bouts...
Des syllabes mélangées que les poissons, sympas, 
Remirent, comme il purent, bout à bout...
 
Plif, plaf, plif, plaf
On vit un "élépard"... qui surnageait
Aux côtés d'un "léophant" et d'un "koara"...
Sous le regard de la "caméla"... 
  
Et sous les yeux moqueurs de l'araignée
Qui trouva cela tellement, tellement rigolo...
Qu'elle appela aussitôt un petit chien...
Pour les rejoindre dans l'eau...
 
 
 

 
Badoum, badoum, badoum...
Plif et plaf
plif, plaf, plif, plaf
 
Badoum, badoum, 
Plif et plaf
Plif, plaf, plif, plaf...
 
 

La Licorne

 (qui aime bien , parfois,

"retomber"...badaboum !

en enfance) 

 

 


 

 

samedi 14 février 2026

JEU 115 : "La montée vers le ciel" - Lothar





La montée vers le ciel

La plus belle conquête de l’air

C’est ici l’avion des continents balnéaires
Et les navigatrices de l’air
Ces hôtesses au bel air
En blazer qui s’envoient en l’air
Au dessus de nos fumées linéaires

Qui s’envolent pour les compagnies tarifaires
Insulaires –
Sans canadairs imaginaires
De ceux de l’eau qui ne prennent l’air –
Tertiaires et monte-en-l’air

Dans ce vestibule de pierres rouge solaire
Dans ce carmin sanctuaire
Toi, la fille de l’air
À l’uniforme noir mohair
Au miroir d’ombre claire
À l’aire du temps, en appel d’air

Tu l’attends ton professeur, l’Albert
Ton inventeur patibulaire
De livraisons de colis lunaires
Qui passe son temps en plein désert
Avec son assistante, son dessert
Son amazing amazone missionnaire

Alors, ici, tu l’attends ferme sous l’orage dans l’air
Sanguinaire
Rouge de colère, tout feutre en l’air
Pour changer d’air

Tu en as l’air

L’ambiance, ici, est plus lourde que l’air
Comprimée, en manque d’air
Tes mots retenus, moléculaires
L’air morose, mi-rose, mi-polaire, bipolaire
Abattue, flagellaire, angulaire

Et tourne tourne l’horaire
Fument tes cigarettes, filtrent l’air
Cillent tes mi-cils air-air
Subliminaires en éclairs

Nucléaires

Puis sur l’air du temps tu attends, épair
Transparente, frigidaire

Et tu ne vas plus à grand’erre…

Lothar

_________________________________________

Rodney Smith, Rocketman, Rhinebeck,New York , 2009


jeudi 12 février 2026

AI et Jeu 115 : "Voyage, voyage..."- La Licorne



Les hommes poursuivent ce temps
Qui court depuis toujours...

(Cabrel -"Sarbacane")
.


H.G. Wells


Je ne sais pas si vous l'avez constaté comme moi, mais il y a une façon assez simple de se "projeter" dans le temps. Une façon que H.G. Wells n'aurait pas reniée. Une méthode à la portée de tous, à tout moment.

Dès l'ouverture de l'engin, vous êtes propulsés très très loin dans le passé et le futur...sans retour possible, avant plusieurs heures voire plusieurs jours. Le paysage défile devant vos yeux, vous revoyez des époques oubliées, vous allez dans des contrées temporelles non encore explorées...et vous en revenez ébloui, ravi, émerveillé.

L'engin en question s'appelle... un "livre".





C'est quelque chose d'incroyable qui fonctionne grâce à un carburant un peu particulier : l'esprit. Le pouvoir de l'esprit a été découvert il y a longtemps, mais on n'en a pas encore exploré toutes les possibilités. On en teste encore certaines.

L'une d'elles est de pouvoir transformer de petites lignes noires et ternes sur fond blanc en images détaillées et multicolores. Une autre est de vous faire quitter l'endroit et l'époque où vous êtes pour vous emmener dans l'inconnu. C'est vraiment fantastique...et ce qui ne gâte rien, gratuit.

De grands hommes ont compris toute la beauté de l'expérience et ont décidé de commercialiser l'engin. De le rendre accessible au plus grand nombre.

L'un d'eux s'appelait Ernest Flammarion. C'était le cadet de la famille. Et son grand frère, Camille, avait cette même passion pour les voyages dans le temps et dans l'espace...mais lui, il utilisait d'autres outils, qu'il pointait vers le ciel. Il n'avait pas son pareil pour vous décrire le monde tel qu'il était il y a cent mille ans.

Il était astronome.




Sur cette photo, vous pouvez voir Ernest à droite, légèrement caché. A ses côtés, deux hommes endimanchés. L'un d'eux se tient au poteau, sans doute pour tempérer les effets du "décollage". Trois femmes sont venues assister au "lancement" et un autre est en train de consigner l'expérience dans un petit carnet.

De nombreux prototypes sont rangés sur les rayonnages. Lequel sera l'heureux élu pour le périple spatio-temporel de la soirée ? Nul ne le sait.

Ce qui est sûr, c'est que des "voyages" livresques, il y en aura des milliers pendant tout le siècle suivant. Ils se démocratiseront, devenant rapidement à la portée de presque toutes les bourses.
(...et ça continue, encore et encore...)

Pendant que son frère fréquentera assidument l'Observatoire de 
Juvisy, Ernest vendra ses petits parallélépipèdes "magiques"...véhicules pour des "montées" fulgurantes et des milliers de rêves étoilés...

Deux frères...deux façons d'explorer l'univers...une épopée.

Et vous, c'est quand la dernière fois que vous êtes "parti" ?



La Licorne


Photo 3 :
Soirée littéraire à la librairie Flammarion,
4 rue Rotrou, Paris, 1926.
Agence Rol, BnF/Gallica.

Photo ci-dessous : 
Rodney Smith 





"Je courais, je courais, je courais, je courais
Et le temps s’en allait..."
.
Francis Cabrel





.

Inspiré par les consignes du Jeu 115 

de Filigrane


et de celles de l'Agenda ironique de février


.







mardi 10 février 2026

AI et Mil et Une : "Conversation au paradis" - LL

  

 William Shakespeare e Miguel de Cervantes

 

Cervantes s'éteint non loin de Madrid, un beau jour de printemps, au début du 17ème siècle.

Une dizaine de jours plus tard, c'est le célèbre Shakespeare qui rend l'âme...

Pourtant, l'histoire retiendra, pour tous les deux, la même date de décès : le 23 avril 1616.

Comment cela est-il possible ?

C'est simple : à l'époque, l'Espagne Catholique se base sur le calendrier grégorien et le 

Royaume d'Angleterre protestant sur le calendrier julien, calendrier qui a quelques jours de 

retard sur le premier !

.

Réunis par cette troublante fausse-coïncidence, nous les retrouvons quelque temps ou plutôt 

quelque "non-temps" après, assis tous deux sur leur nuage préféré...

Sh. - A cup of tea, my dear ?  

C. - Muchas gracias...querido amigo...Con un azúcar, por favor.

Sh - Servez-vous, je vous en prie ! Je plamotte le gâteau et j'arrive !

C - Vous me gâtez, William ! Même Sancho n'était pas aussi serviable !

Sh - Hum... le pauvre...ne le critiquez pas trop...Il avait fort à faire, je suppose. Avec 

vos fantaisies...nul doute qu'il devait souvent être "au four et au moulin" !

C - Peut-être. Mais le problème de fond, avec ce garçon, c'est qu'il n'avait pas grand-chose 

dans le crâne...

 Sh - Etre ou ne pas être futé, that's the question.

C - Il était débonnaire et gélasin...très bon compagnon, je l'avoue... Mais il n'avait aucune 

éducation digne de ce nom.  Je devais constamment le tancer  pour ses messéances. Vous qui 

êtes gentilhomme, vous comprenez ce genre de choses, j'en suis sûr. 

Sh - Eh bien, il se trouve que j'ai eu aussi un serviteur fidèle. Il s'appelait Roméo. Un vrai 

coureur de jupons, pour tout dire. Il avait le don d'embabouiner toutes les  guénuches 

qui passaient.  Je le regardais faire et souvent, je notais ses belles paroles enjôleuses...cela 

m'a bien aidé à écrire une certaine pièce, qui, en son temps, eut pas mal de succès. 

C - Je l'ai lue...je l'ai lue. Ah ! La scène du balcon ! Et Vérone ! 

Quelle merveille! Moi, je n'avais pas cette chance. Je vivais en Espagne dans un lieu banal, 

"dans une maison sans balcon, sans toiture, où y avait même pas d'abeilles sur les 

pots de confiture"...

Sh - Reprenez donc une part de mon gâteau au miel, mon cher. J'ai lu également votre 

oeuvre, voyez-vous. Votre héros qui, sur sa Rossinante, va de malenchère en malenchère 

m'a beaucoup fait rire ! Et réfléchir, aussi.

Comment s'appelait sa bachelette, déjà ? Her name is on the tip of my tongue...

C - Dulcinée, elle s'appelait Dulcinée... Mais c'est bien loin tout ça...Le temps d'amour a 

fui... je le crains, et nous voici ici, au paradis, à parler de petites pétoffes, sans le moindre 

parchemin ni la moindre plume pour poser nos pataraphes...

Sh - Nous étions des rêveurs, des poètes, des aligneurs de mots, Michel : nous avons écrit et 

créé du mieux que nous pouvions de notre vivant. Il faut maintenant laisser la place à 

d'autres, qui diront tout ça aussi bien, voire mieux que nous. 

Tenez, j'ai entendu, l'autre jour, une chansonnette monter jusqu'ici. C'était, ma foi, fort joli. 

Juliette en eût été charmée. Je vous la fais écouter ?

 

 

  La Licorne

 .

 

Pour l'Agenda ironique de février

chez Carnets paresseux

(2ème texte)

et pour Mil et Une 

qui nous demandait de placer les mots suivants :

 

 

 

Plamotter : Ôter le pain de sucre du moule 

Débonnaire : bon, doux

Gélasin : rieur

Tancer : réprimander, admonester 

Messéance : Qui est malséant, qui ne convient pas

Embabouiner : Amener (quelqu’un) à faire ce que l’on désire 

en (le) séduisant par des flatteries, des cajoleries

Guénuche : petite guenon, femme laid

Malenchere : malchance

Bachelette : Jeune fille gracieuse

Pétoffe: Affaire ridicule, petite affaire, cancan

Patarafe : Trait d’écriture informe ou irrégulier; lettre mal formée

.


  

mardi 3 février 2026

JEU 115 : "Moteur" - Andrea







Je me souviens du claquement de langue de Mr Smith.
Je me souviens de Ciel ! Si ceci se sait, ces soins sont sans succès.
Je me souviens de cette grise matinée de tournage, en pleine campagne.
Je me souviens de la salade de groseilles à maquereau préparée par Garance, la femme du cadreur.
Je me souviens de ce sac-à-dos volant qui pesait une tonne et faisait un bruit abominable.
Je me souviens de la Panse de brebis farcie de Jacques Bodoin qui passait à la radio au moment de la pause déjeuner et des fous rires de toute l’équipe.
Je me souviens du titre du court-métrage, La montée vers le ciel.
Je me souviens de ce cumulus improbable qui s’échappait de la machine – lequel n’aurait pas déplu à Berndnaut Smilde.
Je me souviens du nain de jardin globe-trotter dans Amélie Poulain.
Je me souviens des pages blanches réservées aux lecteurs, à la fin des Je me souviens de Georges…

[Tout à coup, la voix du vieil homme devint plus gutturale, clandestine. Il remit la photographie jaunie au journaliste en herbe venu l’interroger, reprit doucement son souffle et poursuivit dans un murmure.]

Voyez-vous, jeune homme, l’essentiel n’est pas là.
C’est bien moi sur la photo mais ce n’est pas moi.
Ou plutôt, ce n’est plus moi.
Un jour, peut-être – ou jamais,
vous comprendrez que seul le voyage intérieur
permet de comprendre « sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes ».






Inspiration.
"Je me souviens" de Georges Perec
La citation de la fin est extraite du poème Élévation de Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal


AI et Jeu 115 : "Vise le ciel" - La Licorne


"La montée vers le ciel"
ou 
"Vise le ciel"




Est-ce que ce monde est sérieux ?
.
Celui qui part ou celui qui arrive?
La nuit partout est tellement noire
On ne va nulle part
.
Je suis déjà debout
Et déjà je promène
Une lame sur mes joues
Et le café qui fume
L’ascenseur qui m’attend
Et le moteur que j’allume
M’aident à prendre lentement
Ma place dans le trafic
Ma place dans le trafic
 
J’aimerais que quelqu’un vienne
et me délivre...
.
Du fond de la nuit j'appelle
Mon étoile maternelle...
.
Il y a vingt ans un orage
M’a fait tomber de mon nuage
Et m’a laissé seul dans ce monde abandonné

Au matin d’un lointain voyage
Je suis tombé de mon nuage
Je n’ai jamais senti la terre sous mes pieds

Rêveur, je cherche à retrouver mon ciel
Du fond de la nuit m'appelle
Mon étoile maternelle...

Je suis si fatigué
De sourire à ces gens qui m'écrasent
Je suis si fatigué
De leur dire toujours les mêmes phrases

Quand les vents se déchirent sur les angles des toits
Des rues que je traverse à peine
Quand les journées s’étirent et n’en finissent pas
 
C'est toujours le même film qui passe
J'suis tout seul au fond de l'espace  

C'est que le début, d'accord, d'accord...
 
Fais-moi cadeau d'une carabine
D'une flûte ou d'une couronne d'épines
Enroule-moi bien à l'arbre aux racines
.
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
.
Y a sûrement quelqu'un qui écoute
Là-haut dans l'univers
Peut-être
que je lui demande plus qu'il ne peut ? 
Si je savais comment faire
Si j'avais ce don...
 .
Allez, pour une fois, visons le ciel
Demain ma belle revient en ville
.
J'ai besoin d'elle pour vivre
 
Après la pluie, le beau temps
Après l'hiver, le printemps...
Après tous ces vendredis treize
Un quatorze février au goût de fraise ?
 
Petite Marie, m'entends-tu ? 
 

Pas besoin de phrases ni de longs discours
Ça change tout dedans, ça change tout autour
 

Tout l’monde voit bien que sans toi
Je dérive au diesel
Toi t’as les clefs de tout, de la Tour Eiffel
C’est de là-haut que tu colores l’arc-en-ciel

Alors viens faire toi-même 
le mélange des couleurs...

 Je n'attends plus que toi pour partir...

Oh oui, ma Belle, je vise le ciel
Demain tu reviens en ville
Oh oui, on s'envolera tranquille
Vers d'autres mondes, d'autres soleils...
.
On s’envolera du même quai
Les yeux dans les mêmes reflets
Pour cette vie et celle d’après
Tu seras mon unique projet 
Je vais sortir d'la naphtaline
On va vivre nos rêves d'opaline
Enroule-moi bien à la fusée-machine 

.
Patchwork de chansons de Francis Cabrel
(avec un tout petit tout petit peu de moi)

La Licorne





A partir des consignes du Jeu 115 de Filigrane

et de celles de l'Agenda ironique de février 


.



Consignes de l'Agenda ironique :

- un accident calendaire du genre Saint-Valentin
qui s’enchaine à un vendredi treize

- glisser ça et là quelques lignes du très grand Francis Cabrel.

Par exemple cinq ou six vers d’Encore et encore.
Paresseux, je vous laisse choisir lesquels ;

et si vous préférez piocher dans une autre cabrellerie,
indiquez simplement le titre de la chanson
d’où sortent les vers empruntés,
pour que les ceusses qui (comme moi)
n’ont pas tout Cabrel dans l’oreille
sachent où aller chercher :

c’est pas obligé (mais pas interdit non plus)
de mettre, dans votre texte,
les dits vers en gras ou italique,
ça laissera au lecteur le plaisir de chercher
lesquels de la chanson sont glissés où dans le texte


lundi 2 février 2026

JEU 115 : "Pète au casque" - Sébastien D

 

 


Pète au casque

Ma fille a pour habitude de dire
"J'ai pété dans mon cul." comme pour rire.
Une fusée pour exploiter ces gaz,
arrimée à son dos serait l'extase !
Là, montée vers le ciel, la belle Ariane
décollerait sans connaître de panne.
.

 

JEU 115 : "La montée vers le ciel" - AlainX




Dès l'enfance il eut cette idée : « La montée vers le ciel doit être le but de ma vie. » Restait le moyen d'y parvenir. Depuis l'idée trotte dans sa tête comme une pesanteur permanente. Voilà trop longtemps que les années passent et se vivent au ras des pâquerettes.
Il est proche du désespoir intégral.

Mais le sursaut s'en vient :
Après des années à attendre que sa vie s'élève.
Des mois à travailler d'arrache-pieds pour les décoller du sol.
Ses travaux viennent de s'achever. À présent tout est prêt pour le grand départ.

Paradoxalement il se met un poids dans le dos à cause d'une idée qui a fusé dans sa tête et dont il a cru, à tort peut-être, qu'elle n'était pas fumeuse. La suite va lui démontrer qu'elle l'est quand même quelque peu.

Il en arrive là, parce qu'il n'a pas pu être astronaute (il aurait fallu être américain canadien ou japonais), ni cosmonaute (il aurait fallu être russe). Il aurait pu tenter spationote puisqu'il est européen, qui plus est français. Mais, il avait une trop mauvaise vue et des hémorroïdes fréquemment. Il échoua donc aux épreuves de sélection.

C'est pourquoi désormais il se tient uniquement debout sur ses jambes.
Dans cette position il tente l'ultime voyage, désespéré et à ses frais.

Il commence à s'élever, confiant dans son projet. Dans son dos ça pète le feu. Hier soir sur sa platine vinyle il a écouté en boucle « la quête », l'inaccessible étoile de Jacques Brel. À l'instar du chanteur, il adresse sa supplique à ce gros pétard qu'il s'est mis dans le dos :

«Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile. »

Hélas, sa fusée « made in maison » vient de donner tout ce qu'elle pouvait donner. Elle se meurt dans un : ZIP ! SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIIIIZZZZ !

Et voilà que tout se Gainsbarre !
La pelouse cosmodrome ne peut que constater la chute finale, qui se voulait internationale !






dimanche 1 février 2026

JEU 115 : "Fuser puis infuser" - La Licorne

 

 "La montée vers le ciel" 

ou 

"Fuser puis infuser"


 



O
my
god
!!!!!
Hier
matin,
Martin
est allé
au bout
du bout 
de son pré
Il avait mis
ses gants gris 
sa casquette
ses lunettes
son paletot
................. 
et sur son dos,
bien harnachée,
une petite fusée !
........................ 
Je ne sais pas
s'il l'avait fabriquée
ni  même  à quoi
elle était destinée : 
Etait-ce une envie
soudaine de voler ?
Un espoir insensé
un rêve, une folie ?
Venait-il d'écouter
le tube de Bowie ?
Ou avait-il fantasmé
sur les dernières lubies
d'un Musk enflammé ?
Toujours est-il qu'hier
On l'a vu "décoller" ! 
C'est ce que la fermière
vient juste de me raconter.
"Il était droit  comme un i
et  y'avait de la fumée ! "
Oui, c'est ce qu'elle m'a dit
d'une voix un peu embuée :
"Il m'a fait peur, voyez-vous.
Partir comme ça dans les airs
c'est quand même un peu fou !
 Quand il est retombé sur terre,
j'ai vite couru au bout du champ.
Allais-je le retrouver en miettes ?
Il avait perdu un de ses gants,
une botte...et puis ses lunettes
mais il était entier, peuchère !
J'ai  remercié  la bonne mère
et pour mieux le réconforter,
je lui ai proposé un bon thé,
avec un gâteau que j'avais cuisiné.
Bon, il n'a pas beaucoup parlé,
il était encore un peu "sonné".
Mais je crois, mon bon monsieur,
que ça lui a vraiment servi de leçon.
Il ne repartira pas dans les cieux
de sitôt...ce garçon !
.
L
a
 
L
i
c
o
r
n
.
 
 

JEU 115 : "Enième fois..."


Enième fois...





Ne pas attendre son trépas
Pour faire la montée vers le ciel.... Diable !


M'enfin Marcel...... C'est pas sérieux !


Comme en 1912, l'homme chauve-souris
Qui sauta de la Tour Eiffel......No comment... !


ça fait les affaires de Rodney, photographe
Qui apprécie les grains de fantaisies
Des existences ordinaires, soudain habitées...


Il rêve en couleurs le Marcel
Dans sa petite vie en noir et blanc
De bricoleur, son champ des possibles.....ça fuse !
ça le propulse......


Qu'en pense Yvonne, sa femme... !?


Après moult inventions farfelues ;
Plus rien, à demain sur la Lune
Ou à tantôt dans la mare aux canards.......






JEU 115 : "La montée vers le ciel"

 

- Atelier d'écriture pour le mois de février -

 
Chers ami(e)s écrivant(e)s,
 
Ce mois-ci, je vous propose de prendre
 comme source d'inspiration
cette photo de Rodney Smith :

 

black and white photography 

 et ce livre :

"La montée vers le ciel"

d'Yvonne Bourlat


Comme d'habitude, vous pouvez (au choix) :


- Placer les mots du titre

dans l'ordre ou dans le désordre

- Prendre le titre de ce livre comme titre de votre texte

- Ou faire référence dans votre texte au contenu de l'oeuvre

(en l'imitant, le complétant, le citant, le parodiant...etc)

.


Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 février 2026
.
 
A vos plumes...

Trois, deux, un, zéro...
 
C'est parti !
.

La Licorne
.

 

 

 

lundi 12 janvier 2026

JEU 114 : "Grain de beauté" - Andréa

 

Grain de beauté

Tu l’accueilles toujours les mains dans les poches
la tête basse
la vue brumeuse
les yeux rivés sur ton carnet de suivi
Tu l’appelles « le gamin »
Un vrai moulin à paroles
Par politesse tu acquiesces à tout ce qu’il dit
car c’est parole d’Évangile
Mais tu auras oublié son sermon
dès qu’il aura tourné le dos
(après la piqûre)

Tu regagnes ton fauteuil
Tu te perds alors dans l’immensité de ton paysage intérieur
où nul ne peut pénétrer
Sur le bord de la fenêtre
une mésange vient te dire bonjour
Les graines de tournesol se raréfient
comme le nombre de tes globules rouges

Entre tes doigts gourds
coule le sable de tes jours sans repos
de tes nuits sans fard
On dirait que le dernier grain est coincé
– pour l’éternité

Ah ah ah ah ah
________

Andrea

dimanche 11 janvier 2026

AI et Jeu 114 : "Dieu est un enfant qui joue" - La Licorne

 

Enfant, Sable, Jouer Avec Le Sable



Journal télévisé - Présenté par Leïla Salomé



Chers téléspectateurs, nous recevons aujourd'hui, à midi pile, un invité de marque. Monsieur Dieu. Oui, je sais, ça ressemble presque à une blague, pourtant, après maintes sollicitations infructueuses, il a finalement accepté de répondre à nos questions sur quelques sujets brûlants et nous l'en remercions vivement.

- Cher Créateur, comme vous l'imaginez, nous nous interrogeons tous sur l'origine du monde...Comment la matière a-t-elle été créée ? Qu'y avait-il au tout début ? Comment la vie est-elle apparue ? Ce sont des questions qui taraudent tous les habitants de cet univers et puisque nous avons la chance de pouvoir enfin vous interviewer en direct, nous sommes tous suspendus à vos lèvres...Pouvez-vous nous raconter en détail la façon dont vous vous y êtes pris ?

- Eh bien, chère Madame Salomé, comme vous le supposez, c'est une histoire assez longue, assez compliquée, mais je vais essayer...

A cette époque lointaine, je n'étais pas encore "Dieu"...j'étais juste un enfant. Un enfant qui, comme tous les enfants, passait le plus clair de son temps...à jouer. Tout a commencé, voyez vous, un jour où je jouais tout seul, dans le bac à sable. J'ai pris une poignée de sable et je l'ai laissée filer entre mes doigts. C'était doux...c'était fluide...c'était amusant... Alors, j'ai recommencé...une fois, deux fois, trois fois...dix fois. Plus je recommençais, et plus ça me fascinait. J'ai donc continué...Et c'est comme ça que j'ai créé le temps.

- Vous voulez dire que c'est ce jour-là que le temps a commencé à "couler"...?

- Exactement. J'ai lancé le "sablier"...et il ne s'est plus arrêté.

- Et ensuite ?

- Eh bien, ensuite, il y a eu un bruit. Un grand bruit...comme une déflagration.

- Un Big Bang ?

- Oui. Enfin, dans ma petite tête d'enfant, j'ai appelé ça un "Grand Boum". Mais vous pouvez dire "Big Bang", si vous préférez. C'est la même chose.

- Et cette déflagration, qu'est-ce que c'était ?

- C'était mon père qui se mettait en colère...Faut dire que, absorbé par mon jeu de sable, je n'étais pas rentré à l'heure pour le repas familial. Alors, il s'est mis dans tous ses états. Vous ne connaissez pas le père Zeus...il n'est pas d'un calme olympien...c'est le moins qu'on puisse dire. Ce n'est pas un mauvais bougre mais il est assez "soupe au lait". Ne me voyant pas revenir, il a donc lancé quelques éclairs...et piqué une colère, qui s'est traduite par un gros coup de tonnerre.

- Je vois. Et ensuite, que s'est-il passé ?

- Eh bien, il y eu un orage et la pluie a commencé à tomber. En très peu de temps, tout mon sable a été mouillé. Heureusement, ça n'a pas duré très longtemps. Quand la pluie s'est arrêtée, j'ai pu recommencer à jouer.

- Vous n'êtes pas retourné à la maison ?

- Oh non, j'avais trop peur de me faire gronder. Je préférais attendre que mon paternel se calme. J'ai donc continué à jouer...et là, c'était vraiment bien parce que je me suis aperçu que le sable mouillé, c'est formidable pour créer tout ce qu'on veut. J'ai pris ma pelle et mon seau et j'ai fabriqué des tas de trucs...différents. C'est comme ça que la matière a pris "forme"...

- Grâce à votre imagination ?

- Oui, j'avais beaucoup d'idées...j'étais un gamin très créatif. J'ai donc laissé libre cours à mon inventivité...je ne sais plus combien de choses j'ai créées. Tout ce dont je me souviens, c'est que j'y ai passé toute la journée. Et puis le lendemain, j'ai continué...ça a duré toute la semaine. Le dimanche, j'étais un peu fatigué. je me suis reposé.

- Et vous étiez content de vous ?

- Oui, plutôt. J'ai vu que ce que j'avais fait était beau. Et bon. D'ailleurs, au final, mon père m'a félicité. Il était fier de moi. C'est ce qui m'a permis d'échapper à la punition.

- Vous pourriez nous donner une date approximative de ce "grand début" ?

- C'est difficile à dater exactement. Je dirais quelques dizaines de milliards d'années. Je sais que ça a l'air vieux, mais pour moi, c'est comme si c'était hier. Les dieux ont une vie extrêmement longue...Pour nous, votre vie d'humains équivaut à un "battement de cils"...Un siècle est une fraction de seconde et un millénaire, une petite minute. Nous ne sommes pas sur la même échelle de temps. Il y a votre temps...et le nôtre.

- Et la Vie, comment la Vie est-elle apparue ?

- Hum...ça, c'est encore plus difficile à expliquer...Le lundi matin, j'ai entendu non pas un bruit, comme la première fois, mais une succession de bruits. J'ai couru au bac...et j'ai vu une sorte de "grouillement"...ça bougeait, ça s'agitait...c'était comme une immense  fourmilière...Comment cela a-t-il été possible ? Je ne sais pas. Je cherche toujours...La seule chose certaine, c'est que mon père doit y être pour quelque chose. Moi, j'étais trop jeune pour ce genre de performance.

- Vous lui en avez parlé ? Vous lui avez posé des questions à ce sujet ?

- Oui, bien sûr. Mais il ne m'a pas répondu. Il m'a juste dit : "Tu comprendras quand tu seras plus grand."

- Nous n'aurons donc pas de réponse à cette profonde pensée philosophique : "D'où venons-nous ?"

- Eh non. J'en suis bien désolé, mais comprenez que même les dieux ont leurs lacunes. Je ne sais pas tout. 

- Il nous faudrait interviewer Zeus lui-même ?

- Je doute qu'il vous réponde. C'est quelqu'un qui n'a pas envie d'être détrôné. Il garde ses secrets. Je pense qu'il vous faudra attendre encore quelques milliards d'années...quand viendra le moment de la succession. C'est à ce moment-là que la transmission des savoirs se fera entre lui et moi.

- Monsieur Dieu, merci. Nous prendrons donc rendez-vous pour un entretien ultérieur. Demain, notre invitée sera Madame Soleil. Bonne journée à tous !


La Licorne
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Pour  le Jeu 114
"Entre mes doigts"
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et pour l'Agenda ironique de janvier

Ce mois-ci, il s'agissait 
d'"Interviewer Dieu" 
(rien que ça !)

...tout en insérant au mois quatre 
des "bouts de phrase" suivants :

1 – Aujourd’hui à midi pile
2 – Ça ressemble presque à une blague
3 – Succession de bruits
4 – Comme un avis à la population
5 – Cherche toujours
6 – Sujet brûlant
7 – Profonde pensée philosophique
8 – Ça a l’air vieux mais
9 – Pas de place pour