mardi 19 septembre 2023

AI et Jeu 86 : "Disparu le Silence De mon Enfance ? Nostalgie..." (*)

 

 

Pour l'Agenda ironique de septembre

 et pour le Jeu 86 de Filigrane

 

 
Un jour, j'ai été cette petite fille. 
Un jour, j'ai porté des couettes, des barrettes, 
et des noeuds dans les cheveux.  

Un jour, j'ai porté des robes à carreaux 
avec des volants blancs tout en bas...
Je peux vous montrer la photo, si vous voulez.

Oui, un jour, j'ai été petite, 
et même si petite que, chaque jeudi,  
je faisais sourire l'épicier derrière son comptoir
quand je me hissais sur la pointe des pieds 
pour lui tendre ma liste de courses.
 
Au milieu d'une classe de maternelle, 
j'ai peint, comme cette petite fille, 
tous les après-midis,
devant un chevalet,
avec ferveur et application.

Je m'en souviens vaguement...
Je me souviens surtout, à vrai dire,
des longues séances de frottage
de nos menottes peinturlurées
sur les savons rotatifs jaune citron.

Je me souviens d'avoir été 
une toute petite écolière de trois, quatre ans 
qui n'aimait pas du tout la sieste obligatoire...
qui n'aimait pas non plus la cloche des fins de récré, 
cette fichue cloche qui interrompait brutalement 
mes belles séances de bac à sable 
et mes châteaux de rêve.
 
Je me souviens des bûchettes de bois
 avec lesquelles j'ai appris à compter,
et qu'il fallait sans cesse ramasser sous la table... 
des pions qu'on déplaçait avec application sur le jeu de l'oie, 
un, deux, trois, quatre, cinq, six...
des lignes espacées sur lesquelles j'ai appris à écrire,
de l'odeur de la colle, qu'on étalait à la spatule,
de la cour immense qui accueillait nos rires et nos glissades, 
des sachets de billes qu'on planquait dans nos cartables,
du rythme des saisons qui scandaient nos vies.

Je me souviens des phrases
qu'on se disait pour s'agacer :
"T'es qu'un vilain rapporteur !'
"Donner c'est donner, reprendre c'est voler"
"C'est celui qui dit qui y est"...
 
Je me souviens des rondes et des comptines démodées :
" Oh grand Guillaume, as-tu bien déjeuné ?"
"Qu'est-ce qu'elle a donc fait, la p'tite hirondelle ?"
"Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés..."
 
Je me souviens des jeux de balle, de corde à sauter...
des jeux de cache-cache et du jeu de la "bague d'or"
qui passait secrètement dans nos mains jointes.

Je me souviens des images joliment désuètes
que la maîtresse distribuait quand on avait bien travaillé.
Je me souviens de mon premier porte-plume,
des petits bouts de buvard que mon voisin taquin
 jetait exprès dans mon encrier...
pour me faire rager.

Oui, je me souviens de tout ça...
C'est à la fois si près et si loin...
comme une brume lointaine, 
un monde enseveli...
un autre temps, un autre moi.
 
C'était une autre époque...
 
Une époque où les choses 
passaient lentement,
où tout paraissait éternel.
Une époque où les vacances 
étiraient sans fin leurs heures vides...
 
Une époque où sur l'écran de TV
on voyait passer en interlude
sans passager ni passagère
et où l'horloge de l'ORTF ne troublait pas
le silence des âmes naissantes.
 
Une époque où sur le tableau noir
la craie traçait en crissant un peu
des signes immuables
et des majuscules fleuries.
 
Une époque sans ZEP et sans USEP
Sans TICE, sans LSU, sans TBI
sans PPRE, sans PAP, sans PAI
Une époque sans TDAH, 
sans TSA, sans MDPH,
sans AVS ni AESH.
 
Une époque où ULIS rimait encore 
avec  "beau voyage"
et IEN avec 
"Infini Ecoulement des Nuages".
.
Une époque où l'on grandissait 
sans écran et sans bruit.
Petit à petit.
 
 
La Licorne
.





Consignes de Sabrina pour l'Agenda ironique

Il fallait, en ce mois de rentrée des classes,  

évoquer un ou des souvenirs d'école

tout en insérant dans le récit ces quelques mots  :  

rapporteur / pion / colle / ligne / cour  et rythme !

 

Il fallait aussi détourner au minimum un des fameux sigles 

qui composent le jargon académique de l'Education Nationale

Par exemple, transformer une AESH 

(Accompagnant des élèves en situation de handicap) 

en Association des Éléphants Spécialistes de Hapkido ?!! 

Bref, s'amuser un peu avec les sigles en question....

.

 

Et pour le Jeu 86, il fallait s'inspirer de la photo ci-dessus

ainsi que du livre "Passagère du silence" 

de Fabienne Verdier


.

 (*) DSDEN (titre)

Direction des Services Départementaux 

de l'Education Nationale

.

 

 

lundi 18 septembre 2023

Devoir 171 : "Le débarras du choix"

 

 

Pour le 171ème "Devoir du lundi"

 

Devoir de Lakevio du Goût_171.jpg 

 
Slip ou caleçon ?
tous les matins, il faut choisir
En limaçon, 
je tergiverse avant d'partir
De toute façon, 
ça sert à rien, car qui séduire ?
C'est la rançon
de mes succès, de mes délires
Fille ou garçon, 
Je ne sais pas quel oiseau-lyre
mordra à l'hameçon
de mes fringants désirs. 
.
 
La Licorne
.
 

 

dimanche 17 septembre 2023

JEU 86 : "Garance fait des prouèces" - Joe Krapov

 


 

La lumière entre dans la pièce
Où opère la créatrice.

Le soleil n'est que bienveillance
Où oeuvre la petite puce.

Elle commence avec prudence
Par quelques traits posés en douce
Sur la surface de la toile, subreptices.

Poussée par d’aussi bons auspices
Voilà que l'artiste en lice.

Elle avance avec assurance.
Elle a l'audace de l'enfance,
Elle a la chance des novices,
Le coup de pinceau est vivace,
La foi est immense. Elle fonce.

Quand elle n'est pas à la noce
Elle fait preuve de persévérance.
Elle fait face, efface, rince
Et recommence.

Vrai, quelquefois la ressemblance
Oppose quelques résistances
A la petite dessinatrice

Mais la jeune Garance
Est du genre coriace :
Jamais elle ne renonce
Ni ne met les pouces
Et, tenace,
Trouve toujours une astuce.

Elle grimace, elle se tance, elle s'agace
Mais c'est fugace : elle est vorace,
Sait retrouver l'aisance
Redevenir efficace.

Bientôt à nouveau, d'évidence,
Le pinceau se montre véloce,
Le geste s'emplit d'élégance.

L'arrivée d'un tigre féroce
Qui menace la populace
Sur la Grand-Place de Florence
Où se trouvent célébrées les noces
Toutes pleines de magnificence
Du prince Fabrice Del Dongo
Et d'Alice l'idole des dingos
Annonce bien des exubérances,
Extravagances,
Outrecuidances
D'HenriRousseauiste obédience

 

Jeu 86 de Filigrane - Douanier Rousseau

 

Car bientôt c'est la luxuriance,
L’allégeance à la violence !
Sardanapale est au supplice,
Vénus n'a plus la tête à montrer sa naissance,
La Joconde en souffrance
Tire sa révérence,
Toute la galerie se glace,
Fragonard s’en balance
Et Van Gogh en éprouve
Une douleur atroce.

Ayant tombé la carapace
Garance fait l'expérience
D'une jouissance sans nuance.

Une fièvre libératrice
La fait sortir des convenances.

A suivre son caprice
Et son talent précoce,
N'y voyant pas malice,
Voici qu'au chevalet,
Première spectatrice,
La passagère du silence
Voit surgir « Le Jardin des délices » !

- Mince ! qu'elle se lance,
Sûr, ça décontenance
Mais ce n'est pas mal, d'évidence !

 

Joe Krapov

 

Jeu 86 de Filigrane - The Garden of earthly delights


 

mardi 12 septembre 2023

JEU 86 : "Passagère du silence" - Lilousoleil

 

 


 

    C’est toujours un crève-cœur lorsque l’on découvre que son enfant, celui que l’on chérit de toute son âme n’est pas tout à fait comme les autres. Quand il naît, il est parfait et le restera malgré un handicap. Milly est une jolie petite fille aux cheveux de miel aux yeux pétillants de malice et de bonheur mais voilà elle n’entend pas. Ses oreilles restent insensibles au moindre son. Alors que faire de cette gamine ? Sa mère la rejette ! On ne fera rien avec elle. Je voulais qu’elle apprenne le piano ou le violon mais là c’est un désespoir. Son père lui garde son amour et est pourtant incapable de s’en occuper. Aucune démarche ne sera faite pour que Milly puisse se développer harmonieusement. Très vite elle est confiée à Nounou qui apprend à communiquer avec elle. Sa mère, elle ne la verra pratiquement plus juste une carte postale de temps en temps.

    Pourtant Milly a un secret. Elle lit, elle dessine et adore « faire de la peinture ». C’est avoir bonheur que Nounou lui installe un chevalet dans un coin de sa cuisine. Chaque jour Milly, sur la pointe des pieds se cramponne à son pinceau et fait naître des volutes, des arabesques puis à force travail car c’est du travail, elle réalise des petites fresques sur des grandes feuilles de papier, un peu à la manière du Douanier Rousseau ; Nounou lui a montré des albums de peinture.

    Elle ira aux Beaux-Arts, deviendra un très grand peintre connu et reconnu. Sa surdité ? Elle en a fait un atout. Tout dans son œuvre respire la paix et le silence, des couleurs douces aux coups de pinceau légers, effleurant la toile. Elle sera surnommée plus tard la « passagère du silence » !

 

Lilou soleil

 

  

lundi 11 septembre 2023

Devoir 170 : "Le secret de la Licorne"

    

 

 "Le Goût des autres" nous a proposé, cette semaine, pour le "170ème devoir du lundi", de disserter sur la canicule qui sévit en cette fin d'été et sur les stratégies que nous développons afin d'y survivre. 

Pour ce faire, il nous oriente vers la BD bien connue du "Crabe aux pinces d'or", et en particulier vers la vignette où l'on voit notre cher Tintin et le capitaine Haddock, bras dessus-dessous, traverser le désert avec, pour tout horizon, du sable, du sable et encore du sable.

 

Vous remarquerez , au passage, que notre prescripteur a pris le parti de recadrer l'image. 
Comme, pour ma part, je préfère les versions originales et non-corrigées, je me permets de vous livrer l'illustration dans son entièreté. Observez-la bien !
Alors que nos deux héros, sous ce soleil de plomb, font triste mine et transpirent à grosses gouttes, vous pouvez constater que Milou, lui, reste souriant et fringant, tout à la joie d'avoir trouvé un os à la taille de son appétit.
La première chose qu'on peut donc en conclure, c'est que, dans un même contexte, nous n'avons pas tous les mêmes réactions. Là où certains souffrent mille morts, d'autres arrivent à trouver un peu de réconfort.

Je dois vous avouer, en toute honnêteté, que c'est mon cas. Je ne souffre pas trop de la chaleur. 
Non que la température extérieure chez moi soit beaucoup plus basse que chez vous...J'ai beau vivre en altitude, je ne gagne qu'un ou deux degrés, et encore, péniblement. Et puis, comme chacun sait, plus on est haut, plus les coups de soleil sont traîtres. A l'occasion, faites une randonnée en montagne sans protéger votre nuque ou vos mollets...vous m'en direz des nouvelles. 
Non, je suis comme vous, exposée à des pics de 35° et plus...et donc obligée de trouver des solutions.
 
Alors, curieuse, je regarde mes voisins...
Que font-ils, les bougres, par ces journées torrides ? Eh bien, je vous le dis, à peine rentrés du travail, la plupart se dépêchent de plonger...dans leur piscine . 
Parce que, je ne sais pas si vous avez observé cela : les ventes de piscines individuelles ont explosé ces dix dernières années. Maintenant, dès qu'on a un bout de terrain, on a une piscine. Quant aux autres, eh bien, ils installent au coin de la maison un de ces trucs moche, mou et gonflable et jettent leurs enfants dedans, afin de nous faire oublier qu'ils l'ont acheté pour eux. 
 

C'est là "qu'âne y cule"...bute

 
Les chérubins, quand je les croise deux jours plus tard, sont facilement reconnaissables : cramoisis, on peut les éplucher avec le bout du doigt. Quant aux parents, ils ne valent guère mieux.
Parce que, la crème solaire, faut en mettre vraiment beaucoup, beaucoup, pour combattre le soleil à 40°C. Et comme tout le budget familial est déjà passé dans l'achat de la piscine...
 
Peu convaincue, donc,  par ces baignades familiales qui finissent mal, j'ai développé une autre façon de lutter contre le réchauffement climatique. Laquelle ? Ne vous impatientez pas...ça vient , ça vient. Si vous voulez connaître le "secret de la Licorne", faut être patient... ;-))
 
 


 Ma technique à moi, elle est à la fois simple et assez controversée. Elle m'a valu des ennuis à plusieurs reprises, des remarques, des critiques...Mais je n'en démords pas. J'insiste. Je persiste et je signe.
 
Pour avoir moins chaud, je n'ai pas acheté de climatiseur ou de ventilateur. Je n'ai pas déployé beaucoup d'efforts et je n'ai presque rien dépensé. J'ai juste laissé faire la nature. La nature qui, on l'oublie trop souvent, est bien faite. 
 
Mon secret à moi, c'est que, depuis vingt ans et plus, j'ai planté et laissé pousser une bonne dizaine d'arbres derrière chez moi. Epicéas, pommiers, pruniers, tilleul, sorbiers...Je les ai bichonnés et aujourd'hui, ils me le rendent bien, puisqu'ils m'offrent, gratuitement, ombre, fraîcheur et brumisation.
 
Oui, brumisation... car la magie d'un arbre, rappelons-le, c'est surtout l'évapotranspiration.
Les grands arbres, par leurs feuilles, rejettent en effet à chaque instant une énorme quantité d'eau dans l'atmosphère, ce qui contribue à abaisser significativement la température environnante. En cela, ils sont mille fois plus efficaces que les stores, parasols ou "Vitabris", qui eux, se contentent d'ombrager un peu.
 
Et donc, dès que je le peux, je déplie ma chaise longue, je prends un livre ou un ouvrage en cours et je me réfugie sous leur feuillage frais et accueillant, en les remerciant de tout mon coeur, de me protéger aussi bien, moi et ma demeure.

Bon, c'est vrai, rien n'étant parfait, j'ai bien deux ou trois voisins jaloux et râleurs qui me cherchent régulièrement des noises, parce que certaines branches dépassent ou que des pommes, des cônes ou des feuilles tombent de leur côté. Le foisonnement de végétation, selon eux, fait désordre. 

Je les laisse rouspéter. Leurs jurons  à la "Haddock" me laissent de marbre.
Je contemple leur haie taillée au carré, leur gazon tondu à ras, leurs plantes rachitiques...et je ne les envie pas.
 
Ma "jungle" à moi, je l'aime. Je leur laisse leur désert impeccable et sans vie. 
Et j'invite les autres, ceux qui, comme moi, aiment la nature, à venir boire un verre sous la verdure.  
 
 
La Licorne 
 
 
 
 

mercredi 6 septembre 2023

A Marie

 

 

D'après la consigne de l'atelier Mil et une

 


 
A toi qui fus toujours sage, si sage, trop sage
A toi qui n'eus ni mari, ni amant, ni enfant
A toi qui consacras toutes tes heures à ton travail, à tes parents
A toi dont la seule folie était de n'en vivre aucune
A toi dont la seule addiction était l'office du dimanche
A toi qui te dévouas corps et âme pour les autres
A toi qui ne confiais que très rarement tes peines
A toi qui ne disais jamais un mot plus haut que l'autre
A toi dont la discrétion était prise pour de la fadeur
A toi qui cachais si profond tes peurs et tes douleurs
A toi qui à force de raison finis par la perdre totalement
A toi qui ne supportais plus le vide abyssal de ta vie
A toi qui la semaine dernière t'y jetas soudain par désespoir
nous laissant le coeur strié de noir
A toi qui nous observes aujourd'hui d'au-dessus des nuages
A toi qui es de ma famille et que je comprends
A toi que j'aurais pu être si le hasard n'en avait décidé autrement
A toi, Marie, ma cousine, je dédie ce poème
Que le ciel bleu t'accueille dans ses je t'aime.
.
La Licorne
.
 
 

 

lundi 4 septembre 2023

Devoir 169 : "L'ombre de Jenny Lamour"

 

Pour le 169ème "Devoir du lundi"

.
 

 
Sur le Quai des Orfèvres
L'automne est revenu
C'est une journée de trêve
Une pause bienvenue
 
Ne cherchez pas Jouvet
L'inspecteur n'est pas là
Avec Bernard Blier
Il joue dans l'au-delà

L'ombre de Jenny Lamour
Rôde le long des murs
Et dans les alentours
Clouzot dans un murmure

Vous souffle que le mystère
Plane à la nuit tombée
Sur le quai de vieilles pierres :
Brignon, qui l'a tué ?
 
Chacun connaît l'affaire
Le film est un classique
Meurtrier, meurtrière
On connaît la musique
 
Sur le Quai des Orfèvres
La paix est revenue
Avec sur toutes les lèvres
Le mystère résolu
 
Mais sous le grand soleil
S'écrivent d'autres histoires
Des romances qui s'éveillent
Et des tragédies noires
 
 D'hier à aujourd'hui
C'est le même fleuve qui coule
Rien n'a changé pardi
Dans les coeurs qui roucoulent
.

 
La Licorne
.


 
 

vendredi 1 septembre 2023

JEU 86 : "Passagère du silence" - Adrienne

 


 

 

JEU 86 : "Vue à contre-jour" - K.

 


 
Vue à contre-jour

Sur la pointe des pieds

Petite passagère du silence

Il n'est pas si facile

De peindre le ciel

A portée de main

.

K.

.

 

 

JEU 86 : "Passagère du silence"

 

- Atelier d'écriture pour le mois de septembre -

 
 
Chers ami(e)s écrivant(e)s,
 
Ce mois-ci,  
vous pourrez, si ça vous dit, 
développer votre sens créatif
à partir de cette photo :
 
 

 

 
et de ce livre :

"Passagère du silence"

 de Fabienne Verdier

 

 

Vous pouvez , comme d'habitude :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre

dans votre texte

 

- Ou faire en sorte que ce titre de livre 

soit aussi le titre de votre texte


- Ou, troisième et dernière possibilité,

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 septembre 2023

 

(non, je ne vous laisse pas dix ans ;-)


La Licorne