Affichage des articles dont le libellé est Les fleurs du mal. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les fleurs du mal. Afficher tous les articles

jeudi 30 novembre 2023

JEU 88 : "Marguerite" - Lilousoleil

 


Marguerite

« Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté
Et la beauté »

Mais quelle beauté ? T’es moche, t’es moche vraiment moche ! Tu n’es pas une fleur et pourtant je t’aime, tu es triste et sinistre et je t’aime. T’es sotte très sotte et pourtant je t’aime.

Vois-tu la vie ne t’a pas ménagée et pourtant tu ne vois pas le mal !

« Tu portes plus galamment
Qu'une reine de roman
Ses cothurnes de velours
Tes sabots lourds. »

Fallait être dingue pour te draguer tant tu es moche. T’es bête et même très bête et pourtant je t’aime

Tu n’as rien pour accrocher le regard et pourtant nous voilà accrochés.

Finalement moi aussi je suis moche, t’es cloche et je suis cloche ;

Tu m’aimes et je t’aime. D’ailleurs la Marguerite n’a plus de pétales. Nous les avons extirpés un à un. C’est bête l’amour et c’est chouette. 

 

Lilousoleil

 

 

 

mercredi 29 novembre 2023

Jeu 88 et Devoir 179 : "La fleur du mâle"

 

(d'après l'image proposée pour le 179 ème Devoir du lundi

 


 

Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe rouge échancrée
Laisse voir la fragilité
Et la beauté

A moi, peintre expressif
Ton jeune corps pensif
Plein de taches de rousseur
Ensorceleur

Tu portes plus galamment
Qu'une reine de roman
Tes folles histoires d'amour
Ton chagrin lourd

Tes cheveux mal attachés
Dévoilent tous tes péchés
Tes deux beaux seins, radieux
Tes jours heureux ;

Mais pour te déshabiller
Oui, tes bras se font prier
Et chassent à coups mutins
Les doigts lutins

Car tu comptes dans tes lits
Tant d'amants de comédie
Que tu rêves juste une fois
D'un prince, d'un roi

Cependant tu vas croquant
Dans la vie à contre-temps
Offrant chaque fois tes atours
Aux troubadours

Tu cèdes au charme aigre-doux
De maris à moitié saouls
Qui ne peuvent que, oh ! pardon !
Te faire faux-bond

Perle de la plus belle eau,
Muse de mes plus beaux tableaux
Laisse tes amours délétères
Tes amours éclairs

Chasse tous ces frimeurs
Te dédiant leurs primeurs
Qui se lavent les dents
Pendant que tu attends...

Va donc ! sans autre ornement,
Parfum, perles, diamant,
Que ta vraie vérité,
Ô ma beauté !

 Et laisse faire le hasard
Le choix du coeur, celui de l'art
Ecoute la vie qui te conduit
Au bout de la nuit

.

 La Licorne

(qui a tout copié...sur Baudelaire :-)

.

 



vendredi 17 novembre 2023

JEU 88 : "L'heure du florilège" - Joe Krapov

 

 

L’HEURE DU FLORILÈGE

 

Jeu 88 de Filigrane - fleursNB

 

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais l’heure est peut-être venue de rassembler les fleurs que je sème à tous vents. Ce n’est pas que l’idée de disparaître ou celle de tout changer me taraudent. Tout changer, mon épouse s’en charge, tout le temps ! Disparaître, je n’y tiens pas, j’ai encore un puzzle plein de ciel à terminer et j’attends d’abord qu’il neige à Noël. Vous voyez, ça peut durer encore longtemps ! 

 

2023-11-17 285 3

 

C’est juste que j’ai éclaté de rire comme ce n’est pas permis, récemment, en relisant le classeur transparent. J’y ai retrouvé les textes que j’écrivais vers 2005 et alentours, après l’aventure de « Rennes en délires » et avant celle des ateliers d’écriture en ligne. J’allais les dire ou les chanter, à cette époque, au café-slam des Champs libres ou au 1er étage du café l’Amaryllis.

En voici deux qui croisent le grand Charles et qui sont bien contents de venir se poser sur la toile comme des insectes sur une fleur. Puissent-ils y butiner vos sourires !

 

2023-11-17 285 2

 

BLA BLA ATROCE

Souvent, pour abuser, les hommes d'équipage
Tiennent bla-blas atroces, aphtes oiseux, délétères,
Qui suivent, insolents compagnons de voyage,
Le sabir incessant des ondes nycthémères.

A peine les ont-ils tenus sur les radeaux,
Que ces rois de l' « Osons ! », bien droits et peu honteux,
Laissent éhontément leurs insanes propos
Comme des alluvions traîner à côté d'eux.

Ces blablateurs zélés, comme ils sont moches et veules !
Du langage si beau, qu'il est tragique et laid
L'usage qu’ils nous font, tous ces va-de-la-gueule
Qui nous miment en trois temps Bouvard et Pécuchet!

Le vent d’Ouest est semblable au souffle désuet
Qui promet la tempête et ne fait que passer,
Chantant le droit du sol au milieu des nuées :
Son zèle de béant l'empêche de penser.


 

RECUEILLEMENT CHEZ LE DENTISTE

Sois sage ô ma douleur et laiss’ fair’ le dentiste !
Pour soigner mon palais où règne la fournaise
Tu réclamais sa science : il ramène sa fraise !
Il s’en vient t’apaiser : fais confiance à l’artiste !

Pendant que des mortels la multitude triste
Sous le fouet du travail, ce bourreau sans merci
Va et souffre au-dehors, nous ici, à l’abri,
Dans le blanc cabinet de ce grand spécialiste

Nous allons mettre un terme à ton travail de sape.
Mais à bien regarder l’élève d’Esculape
Une frayeur me vient devant son attirail :

Sa tenaille est rouillée, son chalumeau pourri
Et l’homme a revêtu un vieux bleu de travail :
Entends, ma chère, entends le plombier qui sévit ! 


 
 

 

 

 

 

lundi 6 novembre 2023

JEU 88 : "Tel un champ philosophique" - AlainX

 

 

Tel un champ philosophique


Depuis quelque temps le mal effleure Marguerite, désirant l'effeuiller.
Elle s'est pourtant revêtue de poudre de riz avant de regagner ses pétales
mais rien n'y fait, sa vie est un vrai dédale.

Elle a Baudelaire tenter de changer radicellement
sa terre intérieure demeure en jachère sans chair.
Elle se croit encore jaune, mais sa jeunesse s'enfuit visiblement.

— Étamine, tu l'as vu ta mine ? L'agace sa voisine.
Espèce de pédoncule de mes choses pense-t-elle en l'entendant.
Tu veux me faire boire le calice jusqu'à ce que le sépale nous sépare ?

C'est en musardant près de ce champ abandonné pour amuser mon pistil que mon oreille en feuille de chou perçut tout cela.
Je me suis dit : — mon petit gars,  prends-en de la graine.
Il est temps que tu réfléchisses à la racine de ton existence.

 

AlainX




jeudi 2 novembre 2023

AI et Jeu 88 : "Les fleurs du mal...d'amour" - La Licorne

 

 ...ou la Complainte du Jardinier

 

Il m'arrive souvent, les soirs mélancoliques,

De rêver à ma belle... ô songes romantiques !

J'invente de toutes pièces un grand amour magique

Une  romance avec... une princesse mythique 



A genoux devant elle, je lui offre une fleur

Fleur aux douze pétales, que j'effeuille sans pudeur

Tout en lui susurrant, troubadour inspiré,

La comptine florale de la future année...




Ma chérie, en janvier, le mois du Capricorne,

Dans les frimas d'hiver, sur la neige entassée,

Moi, pingouin de ta vie, dans la grisaille morne,

Je t'envoie une Pensée.

 

Puis j'attends patiemment le milieu du Verseau, 

Le jour des amoureux, le quatorze février,

Pour dire mes sentiments et te faire cadeau

D'une belle Orchidée.

 

Quand mars pointe son nez, qu'il sort ses giboulées,

Je te tends tout ému un coin de parapluie

Et le bout de mes lèvres pour un premier baiser

Prince-crapaud posé sur Nénuphar ravi !

 

En avril, enivré des effluves du printemps,

Comme le Bélier, je fonce, dans les champs de Jonquilles

Et j'en cueille des brassées, des bouquets odorants,

Pour tes yeux qui pétillent.

 

Mais le signe le plus beau, c'est celui du Taureau :

Quand fleurissent les charmes du joli mois de mai

Et que j'entends le son, cristallin et nouveau

Des clochettes de Muguet.

 

En juin, mois des Gémeaux, j'ouvre grand ma fenêtre

Je prends une bouffée d'air et je me sens surhomme

Je jubile en silence. Sans rien laisser paraître...

J'arrose mes Géraniums.


Quand commence l'été, et le mois de juillet, 

Je hume avec délice, les odeurs délicieuses

Qui s'exhalent du jardin, mon bonheur est complet...

Je défaille d'amour dans les belles Tubéreuses.


Et si au milieu d'août, me viennent quelques doutes,

Je les chasse bien vite, de ma queue léonine,

Et je reprends mes rêves en versant quelques gouttes

Sur ma folle Capucine.


Vierge de tout soupçon, je contemple septembre,

Ses arbres mordorés et puis ses couleurs d'ambre

Et je vais à Vierzon, parce que tu aimes Vierzon

Et ses Rhododendrons.


Octobre : je Balance...entre joie et tristesse,

Je te cherche sans fin, l'année part en guenilles...

A  force de t'attendre, mon coeur est en détresse.

Je bois une Camomille.


Novembre me saisit, piquant comme un Scorpion.

Pourtant si tu savais, combien beaucoup je t'aime

Je ne mérite pas tes paroles d'abandon,

Tes mots de Chrysanthème !


Et c'est déjà décembre, où s'agite le Taire...

Don Quichotte du coeur, je range ma souquenille,

Je caresse mon cheval ou parfois je l'étrille,

Et l'âme résignée, je taille mes Asters...

.

 La Licorne

.

 


 

Consignes de l'Agenda ironique de novembre

chez Carnets paresseux

 

Il nous était demandé d'écrire un horoscope, 

(journalier, mensuel, annuel ?

ce n'était pas précisé...)

et puis d'y insérer les six mots suivants :

"cheval, parapluie, souquenille,  

pingouin, tubéreuse et Vierzon"

    avec quelques références au calendrier

et un petit brin d'ironie...

(non, ce n'est pas une fleur)

 

J'ai aussi appliqué

les consignes du Jeu 88

(consignes baudelairiennes)

.


Concernant le Jeu 88 de Filigrane :

Je vous invite vivement,

si vous passez ici, 

à aller lire les créations récentes 

de Lothar, Tiniak, AlainX

et Joe Krapov

qui nous embarquent floralement, poétiquement,

 et talentueusement...dans leur univers !

.

 

 

JEU 88 : "Sous le règne des cendres" - Tiniak

 

 

 

Sous le règne des cendres


La planète étouffait, sous le règne des cendres
En de lointains échos, de malingres soupirs
Sans craindre des frimas, le retour, ce novembre

Fi, des champs baladeurs ! Adieu, vague océane…
La douleur est partout où flottèrent des fleurs
Et les libres parfums, et les folles couleurs
Un silence impérieux couvrant chaque membrane
Rien ne semblait pouvoir percer dans ce malheur
Sauf à naître poussière, impavide et profane

Dans la désolation, grisaient des marguerites
Un tapis morne et froid, saisi de morts subites

Malin traînait ici des langueurs indolores
Au point de négliger qu’en sa force de vie
Le jaune d’un pétale a repris son essor

 

Tiniak

 


 

 

 

 

 

 

Consigne du jeu ICI


 

mercredi 1 novembre 2023

JEU 88 : "Arachnide, Fleur du mal" - Lothar


 

 

… Un peu beaucoup passionnément à la folie plus que tout … plus du tout !

 

Prologue :

« Pourquoi es-tu venu au cœur de nulle part ?
Dans ce cocon de soie, brodé un joyeux soir
Par mon âme enjouée qui rêvait d’un rancard
Dans mon songe velu, me feras tu parloir ?

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je chevauchais par-là et vis un doux cocon,
Je m’y suis arrêté, j’ai toqué à la porte,
Alors elle s’est ouverte – au flan de mes deux ronds,
J‘avançais dans le noir, que le diable m’emporte …

S’accoupler, ha d’accord ! Mais avec Veuve noire,
Mon corps risquait la perte de deux trois abattis,
Alors à reculons, je ressortis couard,
Pour aller galoper autours d’autres pays.

Las, un filet m’entoure et me tire en arrière,
Et m’amène séant tout auprès de la Belle,
La belle, me la ferai, et lui donne un amer
Baiser – prince charmant, au dormant d’une pelle …

Plof !!! Elle : grosse Grenouille, et moi : joli chacal,
Ma monture : en souris ! Quelle transformation …
Est-ce la fin du jeu ? Tout ceci est bancal,
Et des jambes à mon cou … sans payer l’addition !

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

Épilogue :

La nuit tombe. La Grenouille en amazone sur sa souris pur-sang
Poursuit toujours le chacal. Sa bougie va s’éteindre, elle le sait …
Mais elle fait face – l’embrayage grimaçant !

Ses hurlements portent au loin en une cacophonie macabre.

Elle fait feu de tout bois,
Laissant là, sur la route, les gueuses qui font de l’auto-stop,
La jambe dévoilée,

Ne s’y arrêtant pas, sans un regard … en satanée Fleur du mal toute à sa fureur !

Lothar

 

 

 










Consigne ICI


JEU 88 : "Les fleurs du mal"


 
- Atelier d'écriture pour le mois de novembre -
 
 
Chers ami(e)s écrivant(e)s,
 
Ce mois-ci,  
vous êtes invités à créer un  texte,
drôle ou triste, 
court ou long, 
versifié...ou prosaïque 
 
à partir de cette photo :
 
 

 
et de ce titre de livre :
 

 "Les fleurs du mal" 

de Charles Baudelaire

.


Rappel : 

Vous pouvez , au choix :


- Placer les mots de ce titre dans votre texte


- Faire en sorte que ce titre de livre 

soit aussi le titre de votre texte


- Ou, troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, 

au contenu du livre proposé

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 novembre 2023

.

 

La Licorne

.


Vous pouvez aussi, 

si vous avez un peu (beaucoup) de temps,

écouter ça :


   
 
(merci à Joe)
 
 
J'aime partager ma passion pour...
Pif Gadget !
(et c'est vrai en plus !)