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jeudi 11 avril 2024

JEU 93 : "F comme fugues"- Adrienne


 

dimanche 3 décembre 2023

Agenda ironique 1 : "B comme bibelots" - Adrienne

 

Participation à l'Agenda ironique de décembre

 


 

Adrienne nous rappelle judicieusement 

que les "bibelots de la mémoire" 

ne sont pas invisibles pour tout le monde

et que dans certaines régions, 

on ne compte pas 24 jours avant la fête.

Allez  vite la lire

ICI

.

 

 

vendredi 1 septembre 2023

JEU 86 : "Passagère du silence" - Adrienne

 


 

 

jeudi 1 décembre 2022

JEU 83 : "Esprit fort" - Adrienne

 

 

Vieux Paris - Vitrine de Noël, hiver 1947


 

- Qu'est-ce que tu regardes comme ça? les chiens en peluche?

Évidemment, ça devait arriver, vu que tous les jours il vient se planter devant cette vitrine, oui ça devait fatalement arriver que ce moqueur de Jean le voie et le tourne en ridicule.

Mais c'est plus fort que lui, et d'ailleurs c'est comme fait exprès, c'est sur le chemin entre l'école et la maison, donc deux fois par jour il passe devant et le soir il s'y arrête longuement.

Cartable à terre et mains dans les poches, le nez rougi par le froid.

- Non, répond-il, je regarde les petits soldats. Il y en a même un qui est écossais, avec un béret à pompon...
- Pfff! tu crois encore au père Noël, toi!

Il rit bien fort en s'éloignant.

D'un rire qui sonne faux.

 

Adrienne

 .

 

Consigne ICI  

 

 

 

mercredi 5 octobre 2022

JEU 81 : "D comme Daudet" - Adrienne

 

 

 

Facteur, c’est moi qui vous le dis, c’est un beau métier! Et je peux le savoir, je l’exerce depuis plus de quinze ans.

Bien sûr, je sais ce que vous allez me répondre, que parfois on apporte de mauvaises nouvelles! Mais est-ce que ça compte en regard de tout le reste?

Non, je vous le dis et le redis: il n’y a qu’à voir avec quel bonheur et quelle impatience on est reçu, partout où on va.

Les concierges nous aiment. Les retraités nous aiment. Et là ce joli paquet que je tiens à la main, c’est pour monsieur Maurice.

Il y a au moins une fois par mois une belle enveloppe à l’encre violette qui vient tout droit d’Eyguières et qui sent bon la Provence.

M’est avis que la Mamette de monsieur Maurice, elle y met quelques brins de lavande! 

 

Adrienne 

 



  
 
 
 

jeudi 1 septembre 2022

JEU 80 : "Z comme zèbres" - Adrienne

 

 Consigne ICI

 


 

Voilà ! Y a plus qu'à l'envoyer !

Avec cette photo-là, je suis sûr de le gagner, ce concours!

Tout y est, pile poil dans le thème : 

c'est graphique, c'est famille, c'est vacances...
Franchement, je suis assez content de moi.
Difficile de faire mieux !

Et qui dans le jury pourrait se douter que ça a été mis en scène, hein ?
On ne va pas leur demander leur livret de famille, à ces zèbres !

.

Adrienne 

.

 

 

 

 

 

mardi 2 août 2022

JEU 79 : "E comme épinglé" - Adrienne

 

 


 

E comme Épinglé

 

Martha et Millie étaient venues assez tôt pour occuper le banc.
Pour rien au monde elles n'auraient voulu rater la parade mais ces longues stations debout n'étaient plus de leur âge.

Elles gardaient une place entre elles deux pour Priscilla qui était en retard, comme d'habitude.

Martha avait jeté sa veste bleu marine sur ses épaules: on avait beau être le 4 juillet, le vent pouvait être traître aux coins de rues, et Martha ne craignait rien de plus qu'un mauvais rhume.
Comme elle avait coutume de le dire, "c'est ce qui a eu raison de ma pauvre mère" et certes elle avait l'intention de vivre encore longtemps.
Elle n'avait pas non plus oublié de mettre ses gants blancs.
Millie pour sa part portait son chapeau assorti à son tailleur bleu d'avant-guerre, qu'elle portait chaque année à cette occasion et dont la jupe ample était d'une longueur bien comme il faut.
Elle avait pris un coussin, son dos fatiguait vite sur un banc aussi dur.

L'avenue était déjà bien remplie de monde - il ne manquait plus que Priscilla, en fait, elle en prenait vraiment à son aise, Priscilla, et profitait de leur bonté! - chacun vêtu comme il se doit des trois couleurs nationales, quand cette dévergondée d'Angie est arrivée sur ses talons de douze centimètres, dans une robe toute noire comme si la parade était un enterrement.

- Elle n'en fera jamais d'autres, celle-là, a émis Millie entre ses dents. Mais où ai-je rangé mes clés?

Et c'est ainsi qu'elle a raté le plus beau dos nu qu'il lui serait donné de voir de toute sa vie et qu'elle n'a pas saisi la réponse de Martha:

- Elle a encore manqué de tissu pour se faire une robe convenable...

.

Adrienne



mercredi 6 juillet 2022

JEU 78 : "Conte de fées" - Adrienne

 


 

 

Il n'est pas bon que l'homme reste seul, avait décrété Miranda, 

qui connaissait sa bible par cœur.

Alors elle a cherché et elle a trouvé.

Théodore s'est à peine débattu, comme s'il avait pris la voiture toute sa vie, 

ou comme s'il savait qu'une Dorothée - oui, un vrai cadeau du ciel - 

l'attendait là où Miranda l'emmenait.

N'est-ce pas, avait-elle dit, qu'avec ces noms-là ils étaient prédestinés!

 

Adrienne

 

 

 


jeudi 2 juin 2022

JEU 77 : "Comme un roman" - Adrienne

 

 


- Mais comment t'as su que j'étais là? s'étonne Nadine.
- Écoute, dit Marie-Paule, c'est vraiment pas difficile! Tu crois que tu te caches mais tu gardes tes mains sur la table...
- Ben oui sinon je tombe, grommelle Nadine en se réinstallant derrière ses piles de livres.

C'est vrai quoi, est-ce que j'ai encore l'âge de me mettre à croupetons!

Et puis d'abord, est-ce que je n'ai pas le droit de lire tranquille? De lire ce que je veux, sans que Marie-Paule me dise un dédaigneux "c'est n'importe quoi!"
De lire où je veux?

Et sans avoir à en faire un rapport commandant!

Non mais!!!

***

Adrienne

 

 

mardi 1 février 2022

JEU 73 : "Ils étaient dix" - Adrienne

 

 


 

Ils étaient dix

Guido avait pris une chaise pour s'y installer à califourchon, comme il l'avait vu faire par son père et son grand-père, là-bas, au village.
Marcello était venu s'asseoir à terre, à côté de lui, les pieds dans la rigole.
Matteo et Alessandro l'avaient imité.
Dans ce pays où ils étaient arrivés après la guerre, on récurait même les trottoirs, leur pantalon du dimanche ne craignait rien.

Peu à peu, d'autres gars s'étaient joints à eux.
Tous avaient le même air tendu.
Ils ne se parlaient pas.
Ils attendaient.
Vêtus de propre, bien coiffés, bien rasés.
Ils arrivaient même en cette occasion à se passer de leur cigarette.

Ils scrutaient le bout de la rue, le carrefour d'où allait surgir l'autocar venu d'Italie, avec à son bord les jeunes épouses que certains, comme Guido, n'avaient plus vues depuis plus de deux ans.

***

Adrienne

 

 

mardi 4 mai 2021

JEU 64 : "E comme Ensemble" - Adrienne

  

Consigne ICI


 

On veut bien l’accepter dans la troupe, avait dit le responsable, mais il n’a pas l’âge requis. Normalement, il faut avoir huit ans.

Et c’était vrai: il en avait à peine sept.

– Cependant, nous y mettrons une condition: c’est qu’il participe au camp, l’été prochain.
– Ce ne sera pas un problème, a répondu le père, c’est justement ça qui lui fait le plus envie.

C’est ainsi que petit frère a trouvé son copain-pour-la-vie, celui qui de tout temps a un an d’avance sur lui, avec qui il a fait les quatre cents coups et qu’aujourd’hui encore vous verrez en photo à ses côtés sur son profil fb.

Ensemble.

Un point c'est tout. :-)

 
 
 
 
 
 

lundi 2 juillet 2018

JEU 37 : Ma journée


 
 

Cher journal
 
Aujourd’hui j’ai encore eu droit à des moqueries en gymnastique. Pourquoi moi,

 qui grimpe aux arbres et me balance aux branches du pommier comme un

garçon, je ne réussis pas à grimper cette corde à nœuds ? Mystère !
 
Au cours de dessin, Maryvonne m’a envoyé de la peinture verte sur ma blouse.

Ma mère va encore piquer une crise quand elle va s’en apercevoir… crise moins

grave que celle de l’autre jour, j’espère, quand elle a découvert sous mon

matelas un roman de Pierre Loti. Je n’ai droit qu’à des Delly mais Aziyadé est

infiniment plus instructif…
 
Ah ! Vivement qu’on soit au printemps et que j’aie seize ans !
 
 
 




 

lundi 1 janvier 2018

JEU 32 : Un dimanche des familles

 



- Sors de cette salle de bains! crie le père. Nous aussi on doit encore se laver et s'habiller!
Elle se retient de lui répondre "quand les poules auront des dents", seule la mère a le droit d'utiliser cette expression. Devant le miroir, elle s'entraîne à embrasser un garçon. Pour ça, elle a choisi un portrait d'Arthur Rimbaud, parce qu'elle le trouve si craquant, avec sa mèche rebelle, ses yeux clairs et sa cravate mal nouée. Le genre de mec pour qui on décrocherait la lune.
- C'est pas un peu fini, oui? crie le père, au moment où elle sort avec Arthur caché sous son pull. Qu'est-ce que tu as fabriqué pendant tout ce temps?
- Ben, je me lave, moi!
Argument imparable dans une maison où l'hygiène prend une place si importante dans l'échelle des valeurs.
Il aimerait bien, le père, que les diverses obligations matinales se succèdent en bon ordre, ça devrait "être réglé comme du papier à musique", et il le répète assez, mais il y a toujours quelqu'un qui reste trop longtemps sous la couette, ou à table, ou dans la salle de bains.

Une demi-heure plus tard, le père gare sa voiture à côté du parc que toute la famille traverse pour se rendre à l'église. Devant la statue "du monsieur tout nu", le petit frère fait ses grimaces habituelles, suivies d'un "c'est fini, oui?" impatient du père, qui ne peut s'empêcher de rigoler.

Après la messe, le père va au café pendant que le reste de la famille fait sa visite dominicale à la grand-mère, celle qui est veuve et souvent "dans le trou", on ne sait pas très bien ce qu'elle veut dire mais on devine que ce n'est pas joyeux, "dans le trou".

Puis on rentre chez soi, et ça finit souvent en discussions "c'est toi qui as la clé", "mais non, c'est toi!", "c'est toi qui as fermé la porte en partant", "oui mais je te l'ai donnée, la clé!".

Bref, un dimanche des familles.

 
 

samedi 4 mars 2017

JEU 24 : Départ en famille




 
Dès potron-minet, après de courtes ablutions, 
ils partaient, l'humeur primesautière 
et la tête pleine des mirifiques choses qu'ils feraient là-bas, 
dès leur arrivée, en récompense des moult kilomètres avalés.

Le petit frère embarquait toujours subrepticement quelques jouets de plus 
dans la voiture déjà pleine à craquer.
Leur père le subodorait mais préférait épargner ses forces 
pour fustiger tous ces paltoquets, ces gougnafiers, 
ces pleutres mous du volant qui avaient choisi de prendre 
la même route le même jour que lui.

Plusieurs fois, la gamine vérifiait si le billet de 20 francs reçu du grand-père
 était toujours bien plié en quatre dans son escarcelle.
Le petit frère jouait à la guerre en faisant tous les bruitages 
puis à brûle-pourpoint s'enquérait: "c'est encore loin?".

Leur pusillanime mère se gardait bien d’intervenir 
jusqu’à ce que le père, excédé, intime le silence.
Mais toujours le petit frère prenait ses menaces pour galéjades 
et poursuivait allègrement ses calembredaines.
"C’est encore loin?" répétait-il au moment même 
où on lui promettait punitions et fessées, 
prouvant par là qu’il n’y voyait que rodomontades.

Au bout de douze heures de route, ils finissaient tout de même
 par arriver au pays des vins gouleyants, 
vénus callipyge et commerçants chafouins 
qui la nuit peignaient "NL go home" sur toutes leurs départementales 
et le jour vendaient du pastis aux NL 
en leur faisant croire que c’était du cognac. 
.
.




dimanche 19 juin 2016

JEU 18 : "A la claire fontaine"



 
 
 
A la claire fontaine 
Boire de l'eau glacée 
Chanter il y a longtemps que je t'aime...
 
***
Dormir huit heures d'affilée 
Etre réveillée par des chants d'oiseaux 
Faire de beaux rêves...
 
***
Gagner en âge comme en sagesse 
Heureuse de ce qu'on est 
Incurable optimiste..
.
***
 
Jeux chez Asphodèle ou le Hibou, 
Krapoveries, Défis du samedi, 
Lakevio, La Licorne, Impromptus, 
Mil-et-une, A 1000
 
***
Gagner en âge comme en sagesse 
Heureuse de ce qu'on est 
Incurable optimiste..
.
***
 
Jeux chez Asphodèle ou le Hibou, 
Krapoveries, Défis mains ...
Non on ne s'ennuie pas: 
 
On écrit et on lit 
Pour tous les blogamis.
Que demander de mieux?
Rien! 
.
 
 
.
 
 
 
 


mercredi 13 avril 2016

JEU 16 : Texte collectif D: "Didier"


Règle du jeu 16 : ICI


 
 
Jamais je n'aurais cru que ce serait si facile.
Me retrouver parmi ces inconnus, qui, pas un seul instant,
n'exprimèrent de doute sur mon identité.
Il faut dire que les questions qu'ils me posaient
me facilitaient la tâche : elles incluaient déjà la réponse:
"Et votre chère maman, passe-t-elle encore ses hivers à La Valette?"
"Aimez-vous toujours autant le cinéma ?"
Ayant eu peu l'occasion et la possibilité
d'aller au cinéma, ces temps-ci,
cette dernière question me laissa un instant sans voix.
J'avalai une gorgée de café avant de répondre :
"A vrai dire, moins qu'avant...
en ce moment, je préfère la lecture..."

A travers la verrière, je voyais s'agiter en tous sens
des infirmières en blouse qui me rendaient tout chose,
et mon sentiment de malaise s'accentua...
Difficile pour moi d'avouer à ces voisins dévoués
que je n'étais pas le frère du malade...
mais son ex-compagnon !
 
Soudain, les têtes se tournèrent vers une personne,
pénétrant dans la pièce, complètement ivre.
 -Qui...c'est...celui-là ? balbutia l'homme
en me désignant du doigt.
 Je pris les devants:
 "Et vous qui êtes-vous,
pour ne pas me reconnaître ?"
Il allait me répondre...mais quelqu'un a crié :
 « Il est au plus mal, il veut voir Didier ! »
 et c'est là que je me suis aperçu
que le type bourré s'appelait comme moi,
 parce qu'on a dressé l'oreille ensemble,
et qu'un troisième aussi s'est levé...
 
Cinq minutes plus tard, nous étions tous les trois
au chevet de Jacques, qui, malgré sa faiblesse,
semblait s'amuser de la situation.
 
- Mes Didiers...vous êtes là...
vous êtes tous venus...c'est incroyable,
ainsi...il faut maintenant
 que je vous avoue mon secret...
Voilà : depuis que j'ai quitté Paris 
et que j'ai déménagé
dans cette petite bourgade de province,
je me suis inventé...un frère...
que j'ai prénommé comme vous...Didier.
Vous savez que j'aime les hommes...
mais ce n'était pas très facile pour moi,
dans la famille on n'accepte pas,
alors j'ai trouvé ce stratagème,
ne sortir qu'avec des Didiers ...
mais aujourd'hui...
il n'est plus l'heure de se cacher...
ni de dissimuler...
je voulais que vous vous rencontriez
 et que vous sachiez la vérité.
 
- D'accord, allons-y ! mettons nous à table
 et dis-nous la vérité notre bon Jacques.
 
- Ne dites pas que je suis bon :
la vérité, c'est que j'ai toujours fait en sorte
qu'aucun de vous ne soupçonne l'existence des deux autres
et que ma succession risque d'être compliquée !
 
- Mais pas du tout, car, si vous en êtes d'accord,
nous allons, grâce à ce que tu vas nous laisser,
 fonder l'association des frères Didier
et aider les malades, dans le monde entier.
 
 Et c'est ainsi que fut créé l'Hospice du Cœur
dont la réputation a égalé sinon dépassé
celle des Restos du Coeur.
 
FIN
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Auteur(e)s  :


Vous pouvez aller lire 
les textes collectifs déjà terminés ici :
.

Merci à tous les talentueux participants !
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samedi 2 avril 2016

JEU 16 : Texte collectif B :"Plouf !"


Règle du jeu 16 : ICI
.



La lune miroitait sur le lac.
- Zut ! se dit Albert,
elle aurait mieux fait de se voiler, celle-là !
Les pélicans cancaneurs n'en avaient cure.
Albert vérifia une ultime fois tout son matériel
en suçant sa dernière pastille vichy.
Un plouf se fit entendre,
faisant s'envoler les grands oiseaux.
Son chien venait de se jeter à l'eau.

Il n'avait pourtant rien d'un labrador,
cet affreux corniaud de basse extraction.
Il ne payait vraiment pas de mine,
mais ses qualités de rapporteur
n'étaient plus à prouver.
Albert était sûr de l'endroit,
mais pas vraiment de son chien...
C'était la première fois qu'il l'emmenait avec lui
sur un tournage animalier...et il le regrettait déjà !

Plongé dans ses sombres pensées,
il ne fit pas attention à la barque se dirigeant vers lui.
Le réalisateur fonçait sur lui caméra au poing,
avec un air furieux...
Il était poursuivi par un alligator affamé
qui devait jouer les seconds rôles !
D'un coup, tout se précipita :
les barques se heurtèrent ...le chien aboya...
le réalisateur, surpris, se retourna
et sa caméra tomba droit
dans la gueule ouverte
du monstre aux dents longues...

- Mille sabords... tonnerre de Brest !
c'est quoi ce grabuge ? cria Albert,
en crachant un petit bout restant
de sa dernière pastille Vichy.
Il tourna les yeux vers l'alligator :
celui-ci, aux prises avec quinze kilos de métal,
était en train de s'étouffer.

- Hi, hi, hi ricanait le chien,
t'es dans de beaux draps, maintenant.
- Nom d'un pélican ! Ma caméra !
Vous êtes viré, bougre d'andouille !
s'époumonait le réalisateur.
Dépassé par la situation,
il finit néanmoins par se calmer
et s'assit sans mot dire.

Albert sortit la caméra de réserve,
contempla le soleil qui venait de se lever,
les oiseaux blancs qui se posaient au loin,
son chien qui s'ébrouait sur la rive...
et il se dit que, viré ou pas,
un jour, il reviendrait.
.
FIN
.


Auteur(e)s  :
Adrienne, Bizak, Célestine
EeguabJacou, La Licorne



vendredi 1 avril 2016

JEU 16 - Texte collectif A : "Premier avril"


Règle du jeu 16 : ICI
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Premier avril : le jour des mauvaises blagues.
Raison pour laquelle, depuis plus de dix ans,
Edmond ne sort pas de chez lui ce jour-là.
Cette année ça lui fera deux jours au chaud
car il craint tout autant le 29 février.

Tout avait commencé en l'an 2000, année bissextile...
Un beau matin, alors qu'Edmond se rendait à son travail,
quelqu'un lui avait appris que son roman
serait retenu  pour le prix Goncourt.
Cet obscur petit journaliste,
assigné depuis des lustres aux chiens écrasés,
était persuadé que ce roman,
qu’il avait écrit à ses heures perdues,
 ne présentait aucun intérêt pour le prestigieux jury,
et décida donc que ce n’était qu’une mauvaise blague.
D'autant que sa femme, partie quatre ans plus tôt,
lui avait dit: " Je me vengerai, Edmond."
C'était le premier avril, il n'y avait pas cru;
pourtant, il la savait capable de tout...

"Mon Dieu, quoi penser maintenant ?
est-ce un coup de mon épouse, pour le 1er avril,
qui fait ébruiter ces cancans ?
Ou "L'os à moelle", mon premier livre,
est-il finalement plus brillant que je ne le pensais ?"
Hum...Cela ne doit pas être elle.
Elle n'appréciait pas ma cuisine,
et détestait par-dessus tout les os à moelle...
ainsi que l'humour de Pierre Dac !"
se disait-il en poussant la porte
de la librairie du quartier.

- Bonjour chère amie Clystine,
y'a du nouveau en ce moment ?
- Non monsieur Edmond,
rien de nouveau encore, répondit-elle."
A son sourire un peu gêné,
il comprit qu'elle mentait...
sur l'étalage des nouveautés,
une couverture illustrée d'un os
et barrée d'un bandeau rouge :
"Nouveau Prix Consgourre".

 - C'est-à-dire que, monsieur Edmond,
j'osais pas vous dire, pour votre livre,
je crois qu'il a été plagié...et parodié
par un certain Pierre Pack...
et...euh...la deuxième version,
publiée aux Editions du Poisson,
vient de recevoir le prix du livre le plus...hum...
"bête"...de l'année.

- Mais ma Clystine, ça ne peut être que ma femme
qui est derrière ces allégations :
elle est la maîtresse d'un membre du jury,
dont je ne me rappelle même pas le nom,
ce satané qui porte un bouc de chevreuil...!
Et puis elle a toujours aimé utiliser
des pseudonymes ridicules...

- A ce propos, répondit-elle en rougissant,
 était-ce bien vous qui vous cachiez
sous le pseudonyme "Démon"
- l'anagramme d'Edmond -
dans cette nouvelle qui relatait assez fidèlement...
notre escapade de la Saint-Valentin ?

- Euh...oui, c'était moi...et je suis "diablement" content
que vous l'ayez lue...
(tout bas) ...elle t'a plu ?

- Si elle m’a plu ?...mais j’étais aux anges moi,
sauf que ta femme, cette mégère,
 m’a vraiment fait peur.

- Si cela peut te rassurer, ma Clystine,
mon prochain roman,
basé sur des faits réels et intitulé "Enfin libres !"
met en scène sa disparition déjà réalis...
heu, très réaliste...
au grand soulagement des deux tourtereaux
...de la Saint Valentin...!

FIN
...

Auteur(e)s  :
Adrienne, BizakCélestine
Eeguab, Jacou, La Licorne