lundi 27 avril 2020

Quotidien


Pour l'Atelier "Treize à la douzaine"




Une touche de couleur sur ma table :
Quelques jonquilles dans un vase...
Le soleil brille, c'est incroyable !
J'écoute une chanson de Zaz
Et c'est comme une respiration
Qui me permet de rester
Sans trop de contestation
Encore un peu confinée...

Trente jours que je suis dans ma cage
Je crois que je vais entreprendre
Quelques travaux de jardinage
La terre dort depuis septembre
Le ciel laisse leur part aux nuages
Le tapis brun verdit, fleurit
J'oublie tous les sots bavardages
De la télé qui dit et redit
Reprenant les mêmes reportages
Du lundi au samedi...

Un peu d'herbe et quelques fleurs :
Iris, tulipes, primevères
Suffisent à mon bonheur.
Laissons là peur et colère...
La nature chante à mon coeur
Le plus merveilleux des airs.
Après ma virée d'une heure,
Je relirai "L'oiseau" de Prévert.

La Licorne 




Il fallait placer les 12 mots suivants :

1 virée
2 sot
4 colère
5 couleur
6 vase
7 respiration
8 part
9 brun
10 touche
11 entreprendre
12 jonquille

  et le 13ème pour le thème :  quotidien



jeudi 23 avril 2020

JEU 56 : Contes confinés (jeu de l'oie)



1

Au début, ils sont deux qui se rencontrent.
"Bonjour, dit-l'un. - Comment vas-tu, répond  l'autre, qu'accompagne Pataud le chien ; veux tu savoir mon histoire ?"
2
...Dans la forêt, des brigands m'ont arrêté, l'arme à la main.
- Et que t'ont-ils volé, demande Casimir qui fait mine, poli, d'écouter l'importun tandis qu'il se remémore son histoire à lui ?
3
- Fichtre, rien du tout, qu'ils m'ont volé ! Gare à celui qui me cherche noise, moi qui sait le secret de la botte du chevalier de Riboulaine, je lui trouerai la bedaine, faridon faridondaine, je lui percerai l'bidon, faridondaine faridon !"
12
Youpi ! encore un coup de faux et nous verrons le bout de la récolte ! braille en postillonnant l'homme au chapeau (le champ, les maisons, les chapeaux et les faux lui appartiennent : il s'en vante volontiers).
Zou, tu ne crois pas si bien dire", songe celle qui achève toute histoire.

Règle du jeu de l'oie de la ronde des contes d'avril :




1
prendre un ou deux dés

2
les lancer, et se rendre à la case indiquée.

3
Là, regarder l'image, lire, imaginer ce qui se passe entre deux cases.

4
Suivre les instructions indiquées en dessous s'il y en a, et relancer les dés...

5
et recommencer

6
Comment on gagne ? Disons, quand on a trouvé les quatre mots giboulée, zébu, cognassier et riboulaine.

7
On peut aussi faire autant de tours qu'on veut, ou s'arrêter à tout moment.

8
On peut bien sûr lire dans l'ordre, tout simplement.

9
Bref, on fait comme on veut.


10
bien sûr, on peut jouer à un, deux, et plus.
4
Heureux celui qui a un jardin autour de sa maison, il peut faire un tour sans avoir à craindre le vaste monde.
Ignorant du monde, il lui suffit d'une tulipe, d'un plant de patate, d'un fruit du cognassier ou d'une grappe de tomate et le voilà heureux, ignorant de quels lointains confins du globe viennent patate, tomate, cognassier et tulipe !
(faut faire un double six pour sortir du jardin de l'ignorance)
11
Xavier, agad' comme il glisse le Monsieur s'ébaubit le gamin en hélant son copain, quel dommage que Léonie ne soit pas là pour voir ça !
Youhouuuu, en effet, Monsieur Casimir glisse sur la glace avec grâce, science qu'il a acquise des Algonquins (avant qu'hélas elle ne casse, la glace, crac et plouf...quel dommage que Léonie ne soit pas là pour voir ça).

(le temps de sortir Casimir et de le sécher, passe un tour)
5
"J'ai fait deux fois les deux Amériques, visité les plus grandes capitales, traversé les sept mers et même campé une nuit entière dans les Monts d'Arrée et j'ai jamais vu ça !
Keskézon, ces bestioles, lézards, tortues, vipères et dieu sait quoi d'autre encore tapies dans l'ombre de la grotte, à bondir sur l'innocent voyageur, z'ont vu le Diab' ?" Léonie, commodément vêtue pour le voyage des vêtements qu'elle a emprunté à l'auberge, s'inquiète donc : la nature est devenue folle, ou bien quoi ?
10
Vois-tu sous ce vaisseau qui vogue sur les vagues, la large baleine qui roule dans la houle, et comme les marins qui entourent Léonie sur le pont du navire craignent plus les éclairs qui s'allument là-haut dans le ciel tout nué de giboulée que le dos de la baleine qui bientôt  les enverra tous rouler dans l'eau ?
(si tu la vois pas, la baleine, lance le dé et recule d'autant de cases)
6
Maillots, bateau et bords de rivière, souvenirs du temps joli où l'on s'baignait avecque les copains sans rien craindre ni attendre.
Nus jusqu'à la ceinture et en dessous (juste un caleçon), riant comme des niais, on ne doutait de rien, vraiment on ne se doutait de rien, songe Xavier.
9
Thérèse, acagnardée dans le meilleur fauteuil du grand salon, tricote de la pointe de l'aiguille, en s'appliquant, la mappemonde des lieux ousqu'elle s'est rendue, en vrai comme en imagination.
Une fois (pour de bon ou est-ce en rêve ?), elle a même vu un bel ours polaire blanc comme lait, et une autre fois, la drôle de bobine d'une grosse bête noire et cornue qu'on dit zébu.
8
"Quoi qu'il neige ou qu'il vente, laboure ton champs sillon après sillon, grommelait le vieux paysan.
-Rigole toujours, tu riras moins demain quand j'aurai bouffé ton foin", peste le cheval entre son mors. Son rêve à lui, c'était de visiter le monde, pas de tirer des lignes entre quatre haies et l'écurie.
pour la peine, passe trois tours, le temps de finir les sillons)
7
Onésime paresse au bord de l'eau (harassé de marcher entre pluie et soleil), et paressant, il voit une dame ailée perchée sur une giboulée, qui lui crie :
"Paresseux, presse-toi où tu vas perdre le fil et jamais tu ne finiras ton tour du monde à temps - et que dira Thérèse ?!"


Création ludico-alphabétique
de Carnets paresseux
.




   

mercredi 22 avril 2020

Agenda ironique : Laine et ribouldingue





 
Heureux qui comme Clovis
Prend le large et puis glisse
Vers les îles lointaines...
Vive la riboulaine !

Il part pour une année
Tout en laissant Margot
Le grillon du foyer
L'épouse de matelot

S'occuper sans relâche
De ses travaux d'aiguille
Et de toutes les tâches
Qu'on confie aux jeunes filles




Papa vogue et maman coud
Maman pique et papa rêve
Mais douze mois c'est beaucoup
Même pour Adam et Eve...

Les îles de Tahiti
Ne sont que paradis
Pensait notre héros
Encore un peu jeunot

Sur ces îles de douceur
Le bel aventurier
Par des crapules sans coeur
Un jour fut dépouillé




Et d'un coup il se dit
Qu'il était temps pour lui
De reprendre le bateau
De revoir sa Margot

Il débarqua dix mois
Après son grand départ
Fébrile et plein d'émoi
Le coeur en étendard

Doucement et sans bruit
Il entra dans la chambre
De sa belle aux yeux d'ambre
Encore tout endormie




"Mais qu'est-ce au pied du lit ?
Un marmot, un bambin ?!
Diantre, il est trop petit
Pour que ce soit le mien !

Je connais ces oreilles...
Cette blondeur sans pareille
C'est celle de mon voisin
La canaille, le gredin !"

Clovis prend son épée
Pour provoquer en duel
Le traître qui a osé
Dévergonder sa belle...




Hélas, il est meilleur
Sur la mer qu'au combat
Il ne faut qu'un quart d'heure
Pour qu'il passe à trépas.

Cette histoire, mes amis
Se termine tristement
Et cette tragédie
Ne plaira qu'aux amants

Pourtant j'aime sa morale
Qui sonne modernement :
"Ne te fais pas la malle...
Respecte le confinement !"
.

La Licorne
.


Règle du jeu

Il fallait choisir trois images, ou plus, 
parmi celles proposées par Carnets paresseux
les ranger dans l'ordre qu'on voulait 
et puis raconter l'histoire qu'elles nous évoquaient....

Il y avait 4 mots plus ou moins imposés,
je n'en ai gardé qu'un, le plus mystérieux : 
"riboulaine"...

Mais j'ai veillé à glisser dans mon texte, 
comme demandé :
un soupçon de temps qui passe 
et une pointe d’ironie...;-)







vendredi 17 avril 2020

JEU 56 : Texte impertinent...(ou pertinent, à vous de voir)





Alerte au Coronavirus !
Branle-bas de combat !
Confinement généralisé...
Décision indispensable, qu'ils disent...
Emprisonnés...vous serez!
Filez droit ou sinon...
Gare aux amendes !
Hôpitaux saturés
Infirmiers sacrifiés
Je me demande si...
Kafka aurait aimé...
L'exploit est remarquable :
Mettre le monde en cage
No man's land sur la Terre...
Orwell aurait écrit
Peut-être un deuxième livre !
Quarantaine imposée...
"Restez chez vous  !" :
Slogan d'un monde
Tremblant et apeuré...
Univers carcéral
Virus qui sème la peur
Week-end de soixante jours
 + X jours en supplément
Y'a comme anguille sous...
Zut ! je ne trouve plus le mot
Ah oui, anguille sous roche !
Billets qui pleuvent soudain
"C'est pour sauver des vies":
D'accord, moi je veux bien...
Et pourquoi n'a-t-on pas
Fait cela bien avant ?
"Gardiens de la santé",
Honte à vous qui n'avez
Initialement rien fait
Je vous le rappelle, pour tant d'autres détresses !
KO, l'économie ?
Les dirigeants s'en fichent ?
Mmmm, ça, c'est bien nouveau...!!!
Nombre de morts énorme ?
Oh, beaucoup moins, en fait, que de
Pauvres qui meurent de faim !
Quel est ce si grand danger ?
Regardez sous le masque
Soulevez-le un peu...
Trouvez ce qui se prépare..
Un tintamarre mondial pourrait bien
Vous  diriger doucement vers les
Wagons de la servitude...
.
La Licorne
.




dimanche 5 avril 2020

JEU 56 : Résurgence (2)





Perplexité des jeunes  filles
Que voulait-il donc prouver ?
Risqué, cher Casanova.
Si seulement, tu n'avais  fait abstinence depuis si longtemps,
Tu serais en forme, prompt à les contenter.
Usant ses dernières forces
Vainement, il en appela à son imagination.
Westminster,  son abbesse, offrant, dressées, deux belles poires, fruits mûrs qu'il avait goûtés.
X fois, il eut beau  se les remémorer.
Y'avait rien à faire, pourtant il ne voulut renoncer.
Zélé, il offrit aux demoiselles le récit de ses exploits.
.
.

jeudi 2 avril 2020

JEU 56 : Résurgence (1)






Ainsi elles accoururent du monde entier,
Belles à se damner.
Casanova n'en croyait pas ses yeux.
Dans cette lointaine retraite,
Écarté du monde,
Fatigué et misérable.
Gracieuses créatures, endiablées,
Hommage se crut-il obligé de leur rendre.
Il en appela à sa vie passée
Jeunesse folle de fringant amoureux,
Kermesses voluptueuses
Libertin de l'amour défendu
Maître dans l'art de séduire,
Notre séducteur appointé
Osa.
.
Jacou
.