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lundi 13 juillet 2026

JEU 120 : "L'école d'avant"- La Licorne


Chère toi,

J’ai cherché ton odeur dans les chemins neufs, mais elle s’est dissipée comme une fuite d’encre…

(Première parenthèse : les problèmes d'encre, ce fut le cauchemar absolu de mon CE1...
Rappelez-vous : quand vous veniez de tremper votre porte-plume dans le rond parfait de l'encrier et que, la langue tirée, vous vous apprêtiez à tracer un magnifique G majuscule au début du mot "Grammaire"...eh bien, c'est là que votre voisin de table vous regardait avec un petit sourire narquois...Tiens, tiens, bizarre...pensiez-vous, tout en vous concentrant sur les pleins et déliés de la future lettre.



Et là, paf ! "pâté monstrueux"...sur la page quadrillée. Exactement le même que vous pouviez observer sur la couverture cartonnée du cahier, couverture qu'on avait trouvé bon, je n'ai jamais compris pourquoi, de consteller de taches en forme de nuages noirs.
Le voisin malicieux ricanait...tandis que vous vous décomposiez en pensant à ce qui allait suivre : lever le doigt, avouer sa faute ...et penaud(e), solliciter l'aide du maître pour pour faire disparaître l'araignée monstrueuse. 
Point d'effaceur personnel en ces temps-là. L'enseignant devait aller chercher deux flacons de liquides "magiques" dans son placard, un rouge et un blanc, et les appliquer en deux couches successives (*) pour tenter de réparer les dégâts. 
Pendant ce temps, la honte au front, vous maudissiez intérieurement votre camarade qui, pour la "n"ième fois, venait de jeter un petit bout de buvard dans votre encrier, juste pour vous embêter - on ne disait pas encore "harceler"- et pour jubiler très fort au moment où vous le piquiez de la pointe du porte-plume et le plaquiez sur la feuille immaculée.)


Mais revenons à nos moutons...
(blancs...s'il vous plaît...sinon ça me rappelle encore une fois la couverture Annonay).

J’ai cherché ton odeur ...

(Deuxième parenthèse : Ah...les odeurs, vous avez remarqué ? C'est ce qui reste, en général, quand tous les autres souvenirs ont disparu...Elles sont tenaces, les odeurs. Elles s'accrochent à la mémoire, fermement. Pendant des dizaines d'années. L'odeur de la colle d'amidon, par exemple. cette colle blanche en "petits pots" avec une minuscule spatule au centre qui servait à l'étaler. Vous vous en souvenez ? Vous retrouvez l'odeur ? Je suis sûre que oui. Rien à voir avec celle de la colle "Scotch"...beaucoup plus agressive, ni avec celle de la colle UHU, plus banale. C'était une délicieuse odeur d'amande...
Chaque "étiquette de lecture" sentait l'amande...c'est peut-être pour ça que les mots lus s'imprégnaient mieux dans notre petit cerveau des années soixante : on utilisait tous les sens ! J'ai la solution à l'illettrisme, les amis...Oubliez la méthode syllabique, la méthode globale...la méthode mixte...Ramenez la colle d'antan !)



Mais je m'égare, je m'égare...Où en étais-je ?
J'ai bien peur que les carabistouilles du petit Jacques Gression, déchiqueteur de buvard, ne m'aient brouillé l'esprit.

Là, j'ouvre une troisième et dernière parenthèse...Si vous avez un peu trop d'air, je la refermerai tout de suite (ceci dit, en pleine canicule, je ne cours pas de grand risque).

(Le Jacquot en question n'était pas seulement un voisin de table redoutable, il était aussi la grande "star" de la récré. Il avait toujours dans le fond de ses poches le dernier "gadget" à la mode. Pâte à ballons, tacatac, kazoo, cartes Panini, billes énormes...rien ne manquait à sa panoplie. Il avait tout. Avant tout le monde. Cela rendait les autres garçons fous de jalousie... et les filles folles de lui. Quand il replaçait sa mèche sur son front, il s'en fallait de peu que la petite Sophie ne tourne de l'oeil.



Le futé faisait en sorte que ses parents taisent son secret...mais moi, je le connaissais, son secret de polichinelle. Son oncle tenait la station-service du quartier, juste à côté de chez moi, et le gentil tonton avait, en vitrine, un rayon "jeux et bonbons", très bien fourni, qui était dévalisé par son neveu dès que les nouveautés arrivaient.

Ordoncques, la cour d'école était le royaume incontesté du dit Gression.

C'était une cour immense. Avec une partie en herbe, dotée de grands arbres sous lesquels il faisait bon se réfugier en été. Et une deuxième partie goudronnée, peu entretenue, qui grâce à ses fentes et ses trous multiples, était le paradis des joueurs de billes.




Pour ma part, j'adorais jouer aux billes. Je partais le matin, avec mon petit sac de toile, plein de "pépites" : billes en terre (craquelées, abîmées), billes en verre (transparentes, veines de couleur) et le must du must, un ou deux "boulets" (très gros, couleur argentée). Chaque bille avait une "valeur" spécifique. Si je me souviens bien, une agate colorée valait dix billes en terre et un boulet dix agates.
Comme je ne me débrouillais pas trop mal à ce jeu, il m'arrivait de rentrer le soir avec un sac deux fois plus lourd que le matin. Jacques le savait. Et sur ce plan, il me respectait. M'enviait un peu, aussi, je crois. D'où les vengeances d'encrier.

De fait, j'aimais tous les jeux d'adresse : les jeux d'élastique, de corde à sauter...de marelle. J'étais particulièrement forte dans les jeux de jonglage. J'ai passé des heures à lancer deux, trois, quatre balles sur un mur, à les laisser rebondir et à les rattraper.

Fermons la parenthèse.)


J’ai cherché ton odeur dans les chemins neufs...

Bon, aujourd'hui, toi, la grande cour de mon enfance, tu as disparu. On a construit une nouvelle école. Plus grande, plus moderne. Les arbres ont été rasés. Plus d'odeur de tilleul. Ni de mélèze. 
Plus d'herbe ni de bac à sable. Ton sol a été artificialisé partout et n'a plus aucun "trou". Quand il m'arrive de passer dans le quartier, je vois que les élèves jouent surtout au foot ou à des jeux de poursuite. Dans un coin, il y a un toboggan et une cabane en bois pour les plus petits.



C'est une autre cour. Ce n'est plus vraiment toi. C'est une autre époque. D'autres enfants.
Mais dans le fond de mon coeur...il me semble que je suis toujours cette petite fille qui saute à cloche-pied sur une marelle de craie, cette petite fille qui craignait les mauvaises farces de son voisin de table et cette petite fille pour qui une journée réussie se mesurait au poids du sac de billes qu'elle rapportait le soir...

C'est sûr : dans un "monde parallèle", un petit bout de moi...vit encore...sur un petit bout de toi.

.
La Licorne
.


(*) Le « Corrector » (correcteur liquide) : Ce produit, souvent utilisé par les enseignants, fonctionnait en deux temps : une première couche d’un liquide rouge (souvent à base de permanganate de potassium) était appliquée sur la tache, suivie d’une deuxième couche d’un liquide blanc (incolore ou légèrement jaunâtre) qui neutralisait la réaction pour blanchir la zone.

 


Pour  ce texte, 
j'ai mixé trois consignes différentes :


1) Celle du Jeu 120 de Filigrane
.


Sur le thème "parenthèse",
il convenait de placer :

- autant de synonymes de ‘parenthèse’ qu’il vous plaira ;

- votre adaptation de cette citation : 
“J’ouvre une parenthèse. Si vous avez un peu trop d’air, 
je la refermerai tout de suite.” (Alphonse Allais) ;

- ces quelques mots ou expressions au choix (au moins trois) :
Sophie tourne de l’œil – carabistouilles – pépite – ordoncques – pâte à ballon – 
Avoir l’air d’un âne qui vole – Antenne 2 – Monaco – dispensaire

.

3) Enfin, celle de 


Proposition 308 - Lettre à un paysage disparu


Imaginez un lieu qui a compté pour vous : un bout de forêt où vous alliez vous cacher, un champ qui n’existe plus, une maison engloutie par l’époque, un chemin que personne ne reprend, un paysage que le temps ou les hommes ont effacé, etc… Ce lieu peut être réel, inventé, transformé, rêvé.

Consigne

Écrivez une lettre adressée à ce paysage disparu, une lettre comme on écrirait à un être cher, à un fantôme qui continue de murmurer malgré l’absence. Le paysage peut aussi répondre.

La première phrase de ce texte commencera par :

« J’ai cherché ton odeur dans les chemins neufs, mais elle s’est dissipée comme une fuite d’encre… »




dimanche 7 juin 2026

Agenda ironique de juin : "Nemo" - La Licorne



Les héros ne sont pas toujours décorés...
loin s'en faut.
J'en connais un qui porte un nom illustre
et qui, en cas de force majeure,
n'hésite pas à intervenir vigoureusement
quitte à y laisser l'émail de ses quenottes.

Bon, là, il paraît qu'on l'a retrouvé, hagard,
à une demie-lieue de son domicile,
emberlificoté dans sa laisse, 
bulles écumantes au bord des lèvres,

Vous voulez en savoir plus ?
OK.
je vais vous raconter ça...
en chanson.





Allô, allô Edouard !
Quelles nouvelles ?
Absent depuis quinze jours,
Au bout du fil
Je vous appelle :
Que trouverai-je à mon retour ?


Tout va très bien, Monsieur le Président
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise,
Vot'chien Nemo n'a plus de dents
Mais, à part ça, Monsieur le Président
Tout va très bien, tout va très bien.


Allô, allô Alex !
Quelles nouvelles ?
Mon chien Nemo n'a plus de dents ?
Expliquez-moi
Garde fidèle,
Comment cela s'est-il produit ?


Cela n'est rien, Monsieur le Président
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Voyez-vous, il les a perdues
Tout d'suite après avoir mordu
Donald dans ses parties charnues
Mais, à part ça, Monsieur le Président
Tout va très bien, tout va très bien.




Allô, allô Seba !
Quelles nouvelles ?
Président Trump est-il fâché ?
Expliquez-moi
Ministre modèle,
Comment cela s'est-il passé ?


Cela n'est rien, Monsieur le Président
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien...
Si l'ami Trump fut mordu
C'est juste parce qu'il était venu
Au palais ni-vu ni-connu
Mais, à part ça, Monsieur le Président
Tout va très bien, tout va très bien.


Allô, allô Brigitte !
Quelles nouvelles ?
Que fait Donald à l'Elysée ?
Expliquez-moi
Epouse fidèle
Comment tout ça est arrivé ?


Eh bien ! Voilà, 
mon très cher Emmanuel,
Apprenant qu'vous étiez parti,
Le grand chef des Etats-Unis
A envahi notre pays...
S'est installé à l'Elysée...
A demandé à m'épouser...
Mais au moment où j'ai dit oui
Notre Nemo a réagi :
C'est alors que Trump l'a frappé
Lui filant un grand coup de pied !
Et c'est pour ça qu'en ce moment
Nemo n'a plus une seule dent !


Mais à part ça, mon cher ex-président
Tout va très bien, tout va très bien...




Tout va très bien, tout va très bien !

.
La Licorne
.


Pour l'Agenda ironique de Juin

Thème : "Animal"

Mots imposés :

Demi-lieue, héros, émail,
emberlificoter, bulle

.



et pour

dont voici les consignes du mois :


Proposition 320 – Commencer par la fin

Certains événements laissent une trace 
avant même qu’on sache les raconter. 
Quelque chose est arrivé 
et le texte entre après la déflagration.

Écrivez une scène importante en commençant par la fin.

Contraintes :
- Ne révéler l’événement qu’à la toute dernière phrase.
- Commencer par une image forte et immobile
- Écrire uniquement à partir des conséquences matérielles





dimanche 31 mai 2026

AI : Les résultats du mois de mai


Alors...alors...

après que l'huissier nous ait remis l'enveloppe

et que tout ait été bien vérifié, 

voili voilou le tiercé de mai :




John Duff, caracole en tête, 

avec 25% des suffrages,

suivi par tiniak (14 %)

notre généreux vice-organisateur...

puis par Max-Louis et moi-même

(ex-aequos à la troisième place avec 10 %). 


Tous les autres se placent

  à quelques encablures à peine...


Bravi, bravo, bravissimo...

à l'heureux gagnant

et sutout MERCI à tous

pour tous ces textes inspirés et inspirants !

Ce fut un bonheur de vous lire... :-)




Pour le mois de juin, je me retire donc 

tout tranquillement

et j'en appelle aux bonnes volontés...

pour la suite

de notre Agenda iron-itinérant.


La Licorne


John Duff ou Max-Louis, 

ça vous dit ?

Ou quelqu'un d'autre ?

.




Après rappels personnalisés 

(de tiniak)

l'AI atterrira...

peut-être...sans doute...sûrement... 

chez Max-LouisIotop ?

.




mercredi 27 mai 2026

AI de mai : Liste des participations


Diling, diling...

chantent les clochettes de mai...

C'est l'heure !

Nous arrivons tout doucement 

à la fin de notre "pros-épopée"...


C'est maintenant l'heure de tout relire....

(et pour les plus procrastinateurs, 

de "pondre" éventuellement 

un dernier texte, avant minuit).




Dans l'ordre d'arrivée, 

voici les florissantes participations de mai :

(à lire et à relire)


 1. Lothar : "Porte-bonheur, porte-malheur"

2. Tiniak : "Divan de travers"

3. Isabelle-Marie : 

"Quand un brin de muguet se fait la malle"

4. Max-Louis : "La pesanteur du temps"

La Licorne : 

5. "Un brin de mauvaise humeur"

6. "Triste, le bonheur ? "

7. "Le vieux mainate"

8. Mijo : "Brocante"

9. John Duff : "La porte du bonheur"

10. Laura : "Tu portes mon bonheur"

11. Jobougon : "Mélodie de mai accomplie"


Mille mercis à vous

pour tous les petits brins déposés ici...

et à très très bientôt pour choisir 

votre ou vos préférés...



(N'ayant malheureusement pas la possibilité

d'inscrire un tableau de vote

ici sur Blogger, 

ça se passera chez tiniak

.

Dates limites pour voter : 

 du 27 mai minuit au 31 mai minuit

.

La Licorne

.

Et si, parmi vous, 

il y a un (ou une) volontaire 

pour animer le mois de juin, 

ce serait un vrai...

"bonheur" ! ;-)

.





dimanche 24 mai 2026

Encore un petit bilan




Depuis le premier bilan du 14 mai

ont éclos, dans leur petit nid de papier,

quatre nouvelles propositions 

de textes agend-iron-heur-oeufs

Les voici :


Mijo : "Brocante"

John Duff : "La porte du bonheur"

Laura : "Tu portes mon bonheur"

Jobougon : "Mélodie de mai accomplie"


Si je compte bien, 

nous en sommes donc à 11.


Attention : 

si vous avez aussi une couvaison en cours, 

il ne vous reste plus que quatre jours !

Le compte à rebours

a commencé...


Rendez-vous le 27 mai

pour l'élection du plus beau

(ou des plus beaux) oisillons !

.

La Licorne

.


Consignes 

de l'Agenda ironique de mai 

ICI

.



vendredi 22 mai 2026

AI (11) : "Mélodie de mai accomplie" - Jobougon

 




Au départ, on ne sait pas trop

si elle va virer à droite...

ou à gauche,

mais force est de constater 

qu'au final Jobougon

tient magiquement

et magnifiquement le cap...

 

 

Allez vite la lire

ICI

.




jeudi 21 mai 2026

AI (hors concours) : "Mai, mai, mais..." - La Licorne





Messire Mainate, merle moqueur mais pas mécréant, de mèche avec une mésange maigrelette, siffle sur un mélèze une mélodie mélancolique, une merveilleuse mélopée qu'il ne maîtrise que médiocrement. 

 


Maître Merlin, mélomane méticuleux et mécontent, s'en mêle et sans ménagement, médit mezza-voce sur les deux ménestrels  : 

"Quel méli-mélo ! Méconnaissable ! Mes amis, sur le métier, re-mettez mille fois votre medium...mélangez du miel à tous vos mets et mémorisez méthodiquement les méandres de cette mélodie médiévale. Ne la mésestimez pas, ne la méjugez pas ! Elle mérite le meilleur !"

Le merleau et la merlette font alors leur mea culpa, rentrent à la maison, corrigent leurs erreurs au métronome, y mettent tout leur coeur, progressent comme des météores ...jusqu'à mériter bientôt la médaille très médiatique des "meilleurs chanteurs méditerranéens". 

Merci Merlin !

La Licorne




mercredi 20 mai 2026

AI (10) : "Tu portes mon bonheur" - Laura

 



Tu portes mon bonheur


" Tu me vois dans ta main?

- Oui.

- Tu les trouves jolies mes clochettes ?

- Oui, très.

- Et ma tige, tu l'aimes ?

- Oui, énormément.

- Qu’est-ce que tu préfères,

mes clochettes ou mon brin dans ta main?

- Je sais pas, c’est pareil"



Tu portes mon bonheur, tu en as la maîtrise.

Même si ton brin semble maigrelet à certains,

Ta mèche met le feu à mon quotidien;

C'est un mets divin, un festin.

Messire, tu es mon Merlin,

Mon chef d'orchestre, mon magicien.

Peu me chaut le mécréant

Qui ne croit pas à notre religion

D'amour "Le bonheur, c'est être heureux ;

ce n'est pas de faire croire aux autres qu'on l'est [1]."



On m'a reproché de faire du mélo,

D'en faire trop, en veuve, inconsolée [2].

Mein liebe, où et avec qui es-tu?

Reste-il encore à des milliards

De mètres à la ronde, un mec bien?

Main dans la main

Corps contre corps

Coeur à coeur

Culture à partager


Amour trop cher?



Laura



[1] Jules Renard


[2] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2012/11/14/el-desdichado-de-gerard-de-nerval-les-chimeres.html
(attention, liens non sécurisés)


mardi 19 mai 2026

AI (9) : "La porte du bonheur" - John Duff



 

John Duff a empoigné la consigne

à bras-le-corps

et en a fait une belle histoire, 

pleine de saveur et de rebondissements,

avec, bien entendu, 

ses deux héros favoris :

Momo et Yuja.

Pour découvrir leurs nouvelles aventures

 c'est ICI .

.

(et si vous voulez laisser un commentaire à John,

vous pouvez le faire ci-dessous)

.


samedi 16 mai 2026

AI (8) : "Brocante" - Mijo




Mijo est allée faire un petit tour

sur la brocante du jour

avec ses copines 

et y a fait 

de surprenantes rencontres !

.

A lire ICI

.


jeudi 14 mai 2026

Agenda ironique : Petit bilan de mi-parcours


Le mois de mai file et défile à toute vitesse...

Nous voilà déjà, mine de rien, 

 au milieu du temps imparti.




Je vous propose donc un petit bilan 

sur les courageux participants

qui, bravant la paresse naturelle, 

 ont décidé de consacrer

une journée de repos, ou mieux,

la totalité de l'un des "ponts de mai"

à l'Agenda !




Il s'agit de :

 Lothar : "Porte-bonheur, porte-malheur"

Tiniak : "Divan de travers"

Isabelle-Marie : "Quand un brin de muguet se fait la malle"

Max-Louis : "La pesanteur du temps"

et puis enfin de moi-même, en trois essais :

"Un brin de mauvaise humeur"

"Triste, le bonheur ? "

"Le vieux mainate"

.

Plein de bons moments de lecture

à savourer...donc,

en attendant les suivants

qui, n'en doutons pas, 

taillent en ce moment

leur crayon...

avec entrain !




En espérant que ce sujet

vous ouvre des portes vers le bonheur...

d'écrire

je vous fais de grosses bises 

et vous dis "à bientôt" !

(avant le 27 mai)

.

La Licorne

.

Consignes 

de l'Agenda ironique de mai 

ICI

.

Astuce : si vous voulez retrouver tous les textes sans exception, 

cliquer ci-dessous sur le libellé "Prosopopée de mai"





dimanche 10 mai 2026

AI (7) : "La pesanteur du temps" - Max Louis




 
Demander l'heure :

une question banale ?

Pas toujours. 

Chez Max-Louis, 

ça nous emmène loin...

très loin.

.

A lire ICI

.



samedi 9 mai 2026

AI (6) : "Quand un brin de muguet se fait la malle" - Isabelle-Marie d'Angèle

 



Chez Isabelle-Marie, 

un jardinier au prénom pas banal 

offre un brin de muguet

à sa voisine...

mais...surprise !

Si vous voulez connaître la fin,  

c'est ICI
.



vendredi 8 mai 2026

AI (5) : "Le vieux mainate"



Allez...un petit dernier pour la route...:-)





Lui, c'est un vieux mainate

Qui aime ses pénates

Il s'appelle Merlin

Et siffle dans son coin


Autrefois religieux

Il  priait tout le temps.

Maintenant qu'il est vieux

L'est dev'nu mécréant...


Ne le méjugez pas

Il a d'autres talents :

Il mène des débats

C'est un oiseau savant


La langue, il la maîtrise

Aussi bien qu'vous et moi

Alors, qu'on se le dise

Plus bavard, il n'y a pas !


 


J'aime sa mèche jaune

Ses pattes maigrelettes

La façon dont il trône

Sur sa branche...et rouspète !


Messire Mainate caquette

Messire Mainate m'épate

Mais pitié, qu'il arrête

De chanter cette cantate : 


"Mets de l'huile petit homme

Tes paroles j'y comprends rien

De l'huile petit homme

Dis des mots lents, tu veux bien ?


Mets de l'huile petit homme

Tes paroles j'y comprends rien

De l'huile petit homme

Pour le petit merle in...dien"

:-)

.

La Licorne

.



jeudi 7 mai 2026

AI (4) : "Triste, le bonheur ?" - La Licorne


"L'argent ne fait pas le bonheur ? Rendez-le ! " 

disait Jules Renard.

Alors, un jour, on me l'a rendu. 

Pas l'argent. 

Le bonheur.

Je l'ai ramassé. Je l'ai pris dans ma main. 

Puis je l'ai écouté. Il était tout en pleurs.

"Qu'est-ce que tu as ? lui demandai-je, inquiète.

- Je suis triste. Je suis triste parce que je n'arrive pas à demeurer quelque part. On me fuit, on me jette, on me perd...Personne ne me garde bien longtemps. Je suis maudit !

- Mais les gens t'aiment, pourtant.

- Je ne sais pas s'ils m'aiment. Ils me cherchent, ils me veulent, ils me rêvent...mais quand je suis là, ils m'oublient ! Je deviens invisible.

- La nature humaine est ainsi faite, dis-je. On souhaite toujours ce qu'on n'a pas.

- Je sais, je sais...depuis le temps que je parcours la Terre en tout sens, je l'ai bien compris. Tiens, pendant un moment, j'ai vécu chez Ulysse. Tu connais Ulysse ?

- Tout le monde le connaît. C'est celui qui a fait un beau voyage ?

- Oui, celui-là même. Eh bien, pendant son périple, il lui est arrivé bien des malheurs. C'était très mouvementé. Beaucoup trop pour que je l'accompagne. Et ensuite, quand il est rentré à la maison, dans son petit village, Pénélope, aigrie par sa longue absence, lui a rendu la vie impossible.

- Ah bon ? Pourtant, Messire Du Bellay a magnifié la fin de sa vie dans un superbe poème.

- Oui, c'est bien ça le problème : on parle de moi sans savoir, on me projette dans des endroits où je n'ai jamais été...on écrit des vers de toute beauté, mais sans vérité. Et surtout, surtout, on m'envoie sans cesse dans le passé. 

- Comment ça ?

- Eh bien, les gens ne me voient que de loin : ils me mêlent facilement à leurs souvenirs d'enfance, aux événements d'antan, mais presque jamais à leur présent. C'est comme une presbytie de l'âme. 

- C'est vrai. Je n'y avais jamais pensé. Mais tu as raison. Il est probable que la mémoire nous joue des tours. On méjuge le présent et on embellit ce qui a disparu...Moi, j'aime bien les vieilles pierres, les vieux souvenirs, les vieilles photos...ça m'attendrit. 

- Voilà. Exactement. Tu me mets là où je n'ai pas habité. Et tu joues en permanence  les Merlin l'enchanteur en repeignant les jours anciens d'un coup de baguette magique. Sur le moment, les "petites étoiles", les "étincelles de joie" que tu y vois aujourd'hui...ne brillaient pas tant que ça. Sur la photo de famille, la petite fille maigrelette pensait à ses devoirs non faits, sa mèche de travers et à ses disputes avec sa soeur...et, entre deux préoccupations, elle souriait sur commande, pendant cinq secondes. Toi, tu regardes ce grand sourire...et tu imagines que c'était la période la plus heureuse de sa vie. 

- Je comprends. C'est une sorte de reconstruction. Une reconstruction qui me fait du bien et me console un peu. Mais dis-moi, petit bonheur, je me pose une question...Tu ne vas pas me dire, que toi... toi le bonheur...tu es malheureux ???

- Eh bien, je suis comme vous : je passe du rire aux larmes, de la satisfaction à la déception, de la joie la plus pure au désespoir...Chaque jour est différent. Chaque jour amène de nouveaux états d'âme.

- Et si c'était ça, le plus important ?

- Que veux-tu dire? 

- Eh bien, que ce qui nous mène, c'est le fait que tout change à tout moment. Que toi, le bonheur, tu ne sois pas une conquête, une possession, un acquis...mais quelque chose qui va et qui vient..et qu'on est toujours honoré d'accueillir quelques secondes, quelques minutes, quelques jours.... Comme je suis ravie de t'avoir avec moi, aujourd'hui. De te porter, même un instant."

A ce moment-là, j'ai vu, dans l'oeil de mon petit bonheur, comme une lueur. Un éclat soudain. Il a séché ses larmes. Il s'est redressé d'un coup et il m'a dit, avec un petit sourire malicieux : 

"Bon, fillette, je t'aime bien, mais je dois y aller. Quelqu'un m'attend. A vrai dire, je ne sais pas encore qui, mais c'est ça qui est bien...non ?"

Et il s'est envolé. 


La Licorne