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dimanche 17 septembre 2017

JEU 29 : Haïku 2



Prière tombée
sur mes genoux assoupis
feuille mordorée
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Amezeg
.

vendredi 17 février 2017

JEU 23 : Simplicité




C'est alors qu'apparut le renard:
- Bonjour, dit le renard.

- Bonjour, répondit poliment le petit prince, 
qui se retourna mais ne vit rien.

- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli...
- Je suis un renard, dit le renard.

— T’es-tu paumé sous le pommier ? 
demanda le petit prince, sans rire.
Moi je suis le petit prince 
et je descends en droite ligne de Pépin le Bref, ajouta-t-il.

 —Vous descendez, votre Altesse ? 
Mais alors, quel titre vous donnerai-je
lorsque  vous monterez ? 
Devrai-je dire : votre Bassesse ? 

Le petit prince demeura songeur un moment.

 — J’avoue, cher ami au poil roux, que je ne sais par quel bout 
attraper ton étrange question. Elle semble n’avoir ni queue ni tête...
et je m’sens tout bête !

   — Je me propose, dit le rouquin taquin, de vous tutoyer, 
sans Altesse ronflante ni Bassesse sifflante, 
de sorte qu’entre nous la simplicité ouvre tout grand la porte à l’amitié.
                                                                                                                                   
 — Comme tu as raison ! s’exclama le petit prince, ravi et soulagé. 
La simplicité est une précieuse clé 
ouvrant la porte de la concorde entre soi et soi, 
ainsi qu’entre soi et les autres.

- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. 
Mais tu ne dois pas l'oublier.
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Amezeg
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samedi 20 août 2016

JEU 20 : "Zoom"



Enfourchant sa Kawasaki désaxée, 
un brave japonais zoomait 
sur quelques yourtes mongoles.
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mercredi 17 août 2016

JEU 20 : "Bronzage"



Quel wagon avez-vous pris, Amezeg et Bizak,
dans quel fichu pays exotique bronzez-vous, 
loin des jeux de Filigrane ? ;-))
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La Licorne
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Zzzzz...
(l'heure étant à la sieste, j'ai mis 5 Z !)
.

Réponse d'Amezeg
(en pangramme) :

Assez relaxé dans mon transat fatigué, 
je croque un kaki mûr importé d’Hawaï, 
l’œil vissé sur ma yole bâchée...




jeudi 7 juillet 2016

JEU 19 : "Epousailles"




Ou qui ouvrit son cœur et quitta sa prison,
Cueillant avec bonheur  des merveilles à foison,
Avérées mais secrètes, dans son petit bagage.

Apaisé au profond, le voici qui s’engage
Sur le simple sentier de la belle oraison
Offert à tout marcheur, sans écu ni blason,
Dont le vivant désir est d’aimer le plus sage.

Plus fort que toute foi est le savoir des yeux
Ouverts sur l’horizon des mystères et des dieux,
Contemplant à loisir dans la haie d'aubépine

La gloire et le miracle du poème enfantin
Mais aussi magnifique en un petit matin
Où s'épousent la bruine et l'aurore câline
.
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mardi 7 juin 2016

JEU 18 : "Jusqu'à l'union" - Amezeg

 
  

Abrité sous le pin aux murmures secrets,
Bercé par les zéphyrs aux effluves discrets,
Caressé comme un chat par une main légère,
De mes yeux entrouverts je contemple l’envers
Et savoure l’endroit d’un certain univers.
Féconde et amoureuse ma paresse s’étend,
Gagnant du bout des pieds à la pointe des dents,
Humble, paisible et tendre, elle me fait goûter,
Ici et maintenant, l’infini mystérieux
Jouant dans chaque chose avec un air sérieux,
Le chant du rossignol à la tombée du jour,
Maintes fois le ballet des oiseaux en amour
Nouant dans le ciel bleu les fils et les volutes,
Offrant sans se lasser les trilles de leurs flûtes ;
Peut-être –  si Dieu veut –  le glissement furtif
Que surprend la belette cachée au pied de l’if :
Rapide musaraigne surgissant impromptu,
Sortie d’un campagnol à l’assaut d’un fétu.
Tourbillonnante, inlassable et têtue,
Une folle poursuite entre deux papillons
Virevoltant avec passion... jusqu’à l’union.
 
 


vendredi 6 mai 2016

JEU 17 : "Prendre son essor"


- 1 titre de livre  (auteur étranger) -

- 2,5 titres de chansons -




Je me souviens encore du jour où j’ai plongé dans la machine à écrire.
Où j’ai plongé éperdument, comme on se jette à l’eau pour repêcher un enfant arraché à son tiède landau par une de ces froides lames traîtresses qui endeuillent si souvent les familles dans notre petit fief de roches sombres et d’eau bleue, verte, grise ou parfois jaunâtre, s’étendant jusqu’à perte de vue, en direction des vastes continents de l’ouest et du sud-ouest.

C’est par un tendre jeudi de mai, tandis que je somnolais allongé dans le muguet déjà défleuri du jardinet qui enchâsse le pied de mon penn ty - mon petit logis de pierres chaulées et de chaume blond - que l’irrésistible envie de noircir du papier s’est soudain emparée de moi corps et âme. Ce fut jour et heure de mobilisation générale : inexorable levée de troupes contre la loi du silence, contre une omerta qui, logique avec elle-même, ne voulait pas dire son nom. Or il me fallait enfin parler, ce qui couvait en moi depuis si longtemps voulait enfin prendre son essor en assassinant, s’il le fallait, les ressorts de ma Remington portative.




Je me suis donc mis à frapper les touches avec la rage justicière de celui dont la mauvaise réputation demande réparation immédiate et percutante. La douceur du printemps ne m’était plus perceptible... bien mal inspiré eut été celui ou celle qui m’aurait invité à l’accompagner à la chasse aux papillons qui, innombrables, tournoyaient et dansaient autour des arbustes en fleurs de nos haies odorantes, multicolores.

Il fallait que je grave incessamment sur le papier fragile la vérité enfin rétablie à propos de ces sombres accusations d’infanticide, dont la rumeur bruissait plus fortement à mes oreilles que tous les essaims d’abeilles noires réunis qui avaient jamais traversé le village ou s’y étaient posés, tels des armées venimeuses prêtes à larder de leurs aiguillons insidieux le plus innocent des hommes comme le plus coupable.




Non ! Je ne suis pas cet ogre dévoreur d’enfant qu’ils m’accusent – à bas bruit, en catimini, entre eux – d’être sans l’avouer !

L’enfant tombé à l’eau que j’ai repêché ce jour-là grelottait de froid et risquait l’hypothermie si on ne le séchait au plus vite. La photo accusatrice qu’ils se repassent sans se lasser d’une main à l’autre et d’une poche à l’autre, est celle de ma très vieille et rustique essoreuse – je suis collectionneur d’objets démodés, ce n’est pas un crime que je sache ! – essoreuse dans laquelle je me suis hâté de faire passer l’enfant pour le débarrasser de toute cette eau trop froide qui le détrempait et menaçait sa vie, juste avant de pouvoir le rendre à ses parents – deux touristes qui repartaient le soir même vers leur glauque banlieue, ce qui explique que nul n’ait jamais revu cet enfant parfaitement essoré.

Ils ne savent pas faire la différence entre une essoreuse et un hachoir à manivelle, mais ils voudraient – les monstres !! – juger de la moralité de leurs voisins...

Amezeg  :-)



samedi 5 décembre 2015

JEU 12 : Texte 3 - "Sur le quai"



Assis, tranquille,
juste au bord du quai,
je contemple,
sans espoir ni désespoir,
l’horizon du grand mystère
que l’on dit inaccessible...
Immobile, arrêté,
toute culture oubliée,
je me réjouis du banquet
où festoie Dame Nature,
et je plonge avec la sterne,
et nage avec le poisson,
et butine avec l’abeille
l’achillée rose merveille
que la brise fait frémir
sur les rouilles ou bien les ors
des grands lichens épousant
les pierres grèges du vieux port.

Amezeg



mardi 13 octobre 2015

JEU 10 : Texte 4



Jouerons-nous jamais 
à ce jeu jubilatoire du jeudi 1er, 
jour à dire, jour de jactance ? 
Je juge fort justement venu 
ce joyeux appel à jaspiner 
dans le joli jardin des sons 
jaillissants de la gorge gironde 
d’une gentille et toujours jeune muse 
joignant généreusement le sens de la jaserie 
au goût juteux des allitérations juxtaposées.
.
Amezeg
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samedi 10 octobre 2015

JEU 10 : Texte 3



Faire feu facilement des futiles formes de l’éphémère
Et fixer fermement sa foi au fond infini du firmament,
Enfourner follement fadaises et fariboles,
Fuir le formidable fatras des foutaises,
Favoriser le reflux du fugace,
Fermer la fenêtre aux fumées confuses de l’effroi,
Fondre en confiance les faibles forces du moi
Dans le fourneau fécond du Soi.   
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Amezeg
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mercredi 16 septembre 2015

JEU 9 : Le chat du roi


Lamba, chat du roi
 

                                              Lamba, nonchalamment, guettait une souris, 
                                         À cette heure tardive où tous les chats sont gris...
                                         Faudrait-il, ventrebleu !, qu’un compagnon du roi
                                         Orné de sa médaille, et de fort bon aloi,
                                         Ne fasse encor ce soir que dîner misérable, 
                                         Tordant de la souris le cou et puis le râble ?
                                         Argumentait, hautain, le greffier patenté,
                                         Ignorant la provende avec témérité, 
                                         Niant la providence et refusant son choix
                                         En dépit du bon sens et sans la moindre foi.
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Amezeg
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dimanche 14 juin 2015

JEU 6 : Poèmes 6 et 7

 
 
 
 
Dans un (tout) autre style... ;-) 


 
 
Jamais content

 
Bon Dieu, qu'est-ce que c'est que c'monde étrange ?
Qu'est-ce que j'fous là ? Par où on sort ?
J'me sens comme un carré au milieu des losanges
Pis c'est qui qu'a inventé la mort ?
Si c'est toi, je t'le dis : faut qu'ça change !
Y'a des jours où ça va pas fort !
Regarde en bas, soulève ta frange !
C'est quoi cette terre qui tourn' pas rond, mille sabords
Autour d'une drôle de boule orange ?
Pourquoi on doit faire tant d'efforts ?
Pourquoi c'est toujours les mêmes qui "engrangent" ?
Et pourquoi j'me pose tant d'questions sur mon sort
Pendant qu'les autres y boivent, y mangent
Y bossent, y tweetent, y font du sport ?
Sans compter ceux qui s'vautrent dans la fange...
Ceux qui tueraient pour un peu d'or...
J'sais pas comment t'as dosé ton mélange
Mais y s'font tous la guerre, c'est gore !
Un joli monde que celui-là, Milord !
...ça pue l'essence, ça pue le chlore
La mer, elle sent l'huile de vidange
J'te parle pas d'la faune et d'la flore...
Non, sans dec, cette foutue vie, j'l'échange
Tout de suite, sans un remords
Contre celle de...tiens, celle d 'un ange
Un ange, c'est cool, ça rêve, ça dort
Et pis en plus personne le dérange
Vu qu'on n'y croit plus, c'est tout confort...
Alors, c'est bon, tu dis oui, c'est d'accord ?
Merci mon Dieu. Vrai ! ça m'arrange !
...
.
 
Bon Dieu , qu'est que c'est que c'monde étrange ?
Qu'est-ce que j'fous là ? Par où on sort ?
J'me sens comme un con au milieu d'ces nuages roses et oranges...
Non, mais c'est quoi, c'nouveau décor ?
Elle est où mon amie Solange ?
Et pis, ces ailes, ça m'gratte à mort...etc.
.
 
 
 
 



Réponse...divine 
(envoi d'Amezeg) :
 

Ah ! Diable ! Tonnerre de Brest et mille sabords !
J’naviguais tranquillement, sans même tirer un bord,
Et v’là qu’ monte, c’est pas du Mont Thabor,
Une détresse me poussant aux remords.
On voudrait p’t -être que J’arrange
Les vains désordres qui dérangent
L’idéaliste, le turfiste et l’agent de change...
Croyez-moi, la main parfois Me démange
De lâcher la barre, de virer tout à fait de bord,
De laisser le monde et de rentrer au port...
Mais, peuchère ! Je suis le monde, Je suis le port,
Et Je suis aussi la détresse, la joie et tout le saint ressort
Qui animent cette pauvresse Me suppliant si haut et fort...
.
 




mardi 2 juin 2015

JEU 6 : Poème 1



Sur la poésie qu’on tord
À sa guise et sans effort,
Qu’on maltraite de tous bords,
Qu’on frappe de mille morts,
Que l’on traîne dans la fange
Et dans des rimes étranges;
Je veux dire, haut et fort,
Que pour ma part je me range
Sous la bannière et les ors
De la liberté des anges
Qui inspirent et qui dévorent
Le poète sous la frange...
.
Amezeg
.

lundi 18 mai 2015

JEU 5 : Devinette 6




Aristide,
Zizi,
Égayant de mon chant
Ruelles de Montmartre ou
Taillis et buissons,
Y versant à loisir
Un air très populaire,
Injuriant le bourgeois
Ou charmant le bocage,
Polisson fort en bec...

Qui suis-je donc ? 
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Amezeg
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mardi 12 mai 2015

JEU 5 : Devinette 3



Aboyant quelquefois,
Zézeyant sans savoir,
Embrassant l’ennemi,
Rugissant en silence,
Totalement
Yogique,
Unifié en son fond,
Innocemment présent,
Ouvert à l’inconnu :
Paisible est le f...? 
.
Amezeg
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dimanche 19 avril 2015

JEU 4 :"L'individu est dans le pré" Texte 6



Je m’en suis extrait peu à peu... 
ce n’était pas une petite affaire !
 Aaah...! se sentir prendre enfin forme individuelle, 
hors de cette masse trop bien ficelée, 
trop bien tassée, étouffante...

N’avons-nous poussé dans ce champ de Nature 
que pour former un jour cet entassement impersonnel 
qui roule toujours tout entier dans le sens d’une pente ou d’une autre, 
collectivement, si collectivement...si facile à manœuvrer tout d'un bloc !

Allons, voyons maintenant si un autre, 
si un frère, si une sœur, ne veut pas lui aussi, elle aussi, 
s’extraire de cette masse étouffante 
et prendre forme individuelle à son tour...
Oh ! ça y est ! En me penchant bien, 
j’en aperçois un ou une qui semble chercher la sortie... 
Ho hé ! par ici...!
  
Amezeg
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mardi 14 avril 2015

JEU 4 : "Un soliste dans le pré" Texte 4



Pierre qui roule n’amasse pas mousse,
Pré fauché bientôt repousse,
Se succèdent les éons
Et puis les générations...

Feu de paille sur la terre,
Qui amasse pousse misère.
Souviens-toi : tu es poussière.
Le trésor est de lumière
Qui fait croître l’éternel
Et décroître le mortel.

Asservi à la matière,
Esclave des possessions,
Peux-tu tu aimer cette Pierre
Naissant de la réunion,
Du ciel épousant la terre,
En toi-même, fils du mystère ?

Amezeg
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lundi 23 février 2015

JEU 2 : "Noctiluque" Mot déguisé 7


Noctiluque : robe de chambre
spécialement créée par un grand couturier
pour les soirées paisibles de Johnny. 

Comme il l’a confié à un proche,
 dans la journée Johnny conserve la rock and roll attitude 
et toute l’apparence vestimentaire qui lui est associée ;
 tandis que pour les soirées tranquilles, loin de la scène,
 il adopte le noctiluque.


N.B. - Il faut dire un noctiluque, comme on dit un peignoir, 
et non pas une noctiluque,  qui est une tout autre chose
dont la définition exacte ne tardera peut-être pas à me venir sous la plume...
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