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mardi 3 février 2026

JEU 115 : "Moteur" - Andrea







Je me souviens du claquement de langue de Mr Smith.
Je me souviens de Ciel ! Si ceci se sait, ces soins sont sans succès.
Je me souviens de cette grise matinée de tournage, en pleine campagne.
Je me souviens de la salade de groseilles à maquereau préparée par Garance, la femme du cadreur.
Je me souviens de ce sac-à-dos volant qui pesait une tonne et faisait un bruit abominable.
Je me souviens de la Panse de brebis farcie de Jacques Bodoin qui passait à la radio au moment de la pause déjeuner et des fous rires de toute l’équipe.
Je me souviens du titre du court-métrage, La montée vers le ciel.
Je me souviens de ce cumulus improbable qui s’échappait de la machine – lequel n’aurait pas déplu à Berndnaut Smilde.
Je me souviens du nain de jardin globe-trotter dans Amélie Poulain.
Je me souviens des pages blanches réservées aux lecteurs, à la fin des Je me souviens de Georges…

[Tout à coup, la voix du vieil homme devint plus gutturale, clandestine. Il remit la photographie jaunie au journaliste en herbe venu l’interroger, reprit doucement son souffle et poursuivit dans un murmure.]

Voyez-vous, jeune homme, l’essentiel n’est pas là.
C’est bien moi sur la photo mais ce n’est pas moi.
Ou plutôt, ce n’est plus moi.
Un jour, peut-être – ou jamais,
vous comprendrez que seul le voyage intérieur
permet de comprendre « sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes ».






Inspiration.
"Je me souviens" de Georges Perec
La citation de la fin est extraite du poème Élévation de Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal


lundi 12 janvier 2026

JEU 114 : "Grain de beauté" - Andréa

 

Grain de beauté

Tu l’accueilles toujours les mains dans les poches
la tête basse
la vue brumeuse
les yeux rivés sur ton carnet de suivi
Tu l’appelles « le gamin »
Un vrai moulin à paroles
Par politesse tu acquiesces à tout ce qu’il dit
car c’est parole d’Évangile
Mais tu auras oublié son sermon
dès qu’il aura tourné le dos
(après la piqûre)

Tu regagnes ton fauteuil
Tu te perds alors dans l’immensité de ton paysage intérieur
où nul ne peut pénétrer
Sur le bord de la fenêtre
une mésange vient te dire bonjour
Les graines de tournesol se raréfient
comme le nombre de tes globules rouges

Entre tes doigts gourds
coule le sable de tes jours sans repos
de tes nuits sans fard
On dirait que le dernier grain est coincé
– pour l’éternité

Ah ah ah ah ah
________

Andrea

mardi 18 juin 2019

JEU 47 : Faune éthique


Une fois n'est pas coutume,
voici un texte "à quatre mains" !

Le début, le style soutenu, c'est Andréa...

Elle était vraiment bien "partie",
sur les chapeaux de roue...
mais elle avait un peu de mal à finir...
alors, j'ai repris les mots qu'elle avait prévus
et j'ai terminé...à ma façon.

Cela ne vaut pas l'original, évidemment...
Mais, bon...on a un texte complet...

A vous de jouer, maintenant !

Sur le thème des fruits et légumes, 
il y a 30 mots cachés à retrouver...




A Paris, rue Quincampoix, Robert s’apprêtait à rejoindre ses amis au Jardin du Luxembourg, avant de rejoindre la Chancellerie. En ce début d’après-midi ensoleillé, il demeurait manifestement tenace sur les critiques qu’il s’apprêtait à partager sur les réseaux sociaux quant au spectacle qu’il avait vu la veille au soir à l’Opéra Bastille, le Concerto Matelots sur matelas pour violon en ré mineur de Jean-Gol Pautier. Il en était convaincu, le visage du premier violon ne lui était pas inconnu, ce risible rictus, cette façon de jouer en divaguant, dans un murmure, en insufflant aux cordes de son instrument ce clapotis ronflant, pathétique. Les musiciens sont des lascars iconoclastes, se disait Robert, mais celui-ci l’était singulièrement : affublé d’un incongru barbeau au revers de sa veste grenat de mauvais goût, un bandana vert d’eau autour du cou, le visage ponctué de taches de rousseur disposées comme des épices tachistes. Mais où donc Robert avait-il croisé ce musicien que l’on qualifiait de virtuose ?
                  
Pendant ce temps-là, sous un corpulent tilleul, Clara, Diane et Victor s’adonnaient au plaisir d’une conversation légère, solaire qui n’était pas sans rappeler l’ambiance des films de Rohmer. (*)
Au frais, zens et détendus, ils parlaient loisirs et cinéma, cheveux au vent.
- Un coca, qui veut un coca ? lança Victor, avant d'enchaîner sur la critique du film qu'ils avaient vu la semaine dernière. La 3D , c'est une impasse technologique, si vous voulez mon avis...on s'en lassera très vite. Rien ne vaut les films à l'ancienne...
- Ce discours, je le connais par coeur, enchaîna Diane avec un petit sourire .. mon cher compère, si l'on t'écoutait, on en serait encore à Star Wars 1...avec des maquettes que le réalisateur a bricolé avec des bouts de carton...et un peu de colle. Sympa, n'est-ce pas ? Et avec une héroïne qui répond au doux nom de Thérèse, hein ?  La voilà la formule gagnante pour l'Oscar au temps d'aujourd'hui ...
- Allez ! Tu n'as pas l'impression d'exagérer un tantinet ?  coupa Clara. Dépêche-toi de commander ta boisson, ma belle, le garçon est en train de s'impatienter ! Il ne va pas t'attendre plus longtemps...il a droit à des loisirs, lui aussi, figure-toi !
Et Robert ne devrait pas tarder...tiens, justement, je le vois qui arrive au coin de la rue.
Mon petit doigt me dit qu'on va bientôt... parler musique !


Andréa (jusqu'à l'astérisque)
et Licorne (après)



samedi 11 mai 2019

JEU 46 : Haut perché




Le texte qui suit est extrait de De vives voix de Gaëlle Josse, Le temps qu’il fait, 2016

capture-1.jpg 


Proposition d'Andréa 
.



jeudi 2 mai 2019

JEU 46 : Belle (1)



BELLE

 
Notre-Dame de Paris, un roman, des chansons, une année,
Ombrageuse, cette année, sous les arbres du parc d’une Maison blanche,
Trop blanche – partout du blanc, dans les herbes folles, dans sa tête,
Regardez-le, il a perdu sa beauté dans celle d’une jeune fille qui l’a quitté un mois plus tôt.
Esmeralda, désormais, danse pour lui dans sa tête.

Dans la salle commune, des corps tanguent, s’agitent ou s’immobilisent
Au rythme de ceux qui courent comme des fous furieux après la rondeur d’un ballon
Magnifié par des maillots imprégnés d’eau, de sang, de sel,
En boucle, cette chanson, en boucle dans sa tête, devant la lucarne rectangulaire.

Dans sa caboche un peu abîmée, cette année-là,
Esmeralda sans fioritures dans la voix du loup-garou,

Pour rendre plus douce la profondeur de sa douleur, pour
Apprivoiser au mieux la blancheur des lieux,
Reconquérir la vie, l’épouser – à nouveau – pour toujours peut-être.
Infiniment, il escorte la jeune et belle gitane dans
Sa chambre, dans ses rêves, dans sa tête en feu.









mercredi 10 avril 2019

JEU 45 : Equation amphibologique


 
 
Une
Boule
De neige
Rhopalique
Se développe
Rondement doucement
Pourquoi comment à quelle fin
Le saura-t-on jamais
Insane question
Dramatique
Vis ta vie
Danse
Point
 



 
O
Tu
Lis
Quoi
Bobin
Opalin
Dictame
Romanisé
Alternant
Marguerite
Tourterelle
Millepertuis
 


Goutte d'eau


 
Mort
Au flux
Éternel
Itératif
Le dernier soupir
De la fleur de l’âge
Cadencé avec brio
Sur des harmoniques
À la psalmodie
Douloureuse
Imago
De la
Vie


.






samedi 9 mars 2019

JEU 44 : Saul, page 27





Les livres agissent même quand ils sont fermés, se disait-il, en parcourant d’un regard lourd et inquiétant les murs de cette vaste salle tapissée de livres qui s’offraient à lui dans une magnificence quelque peu outrancière. Vêtus de cuir, certains volumes jouaient les gros bras, d’autres se contentaient d’exposer leur nudité sans fard. Tiens, celui-là, par exemple, en plein milieu du premier rayonnage, depuis plusieurs jours, lui lançait des œillades. Il n’avait pourtant l’air de rien dans sa petite robe de fête de la maison Gallinel, coincé entre deux pavés vêtus de basane rouge cramoisie. En réalité, il contenait toute la lumière du monde. Saul ne le savait que trop bien. Ce qu’il ignorait, en revanche, c’est ce qu’il faisait là, lui, dans ce lieu improbable, gigantesque, inconnu. Par quel chemin était-il arrivé dans ce Parthénon de Babel ? Une vive douleur à l’arrière de la tête l’empêchait d’y voir clair. Pour l’heure, il s’agissait d’aller à la rencontre de ce petit livre haut perché qui lui lançait des clins d’œil enjôleurs.


Saul eut bien du mal à sortir de sa torpeur et de son fauteuil, situé à l’angle droit du mur-mur nord-nord-est. Flottait dans l’air une forte odeur de colle, de colle de pâte à tartiner. L’étrangeté du lieu, parallélépipède rectangle aux lettres d’or, l’invraisemblance de son état, ne l’empêchaient nullement de prendre son temps, de goûter au moelleux du fauteuil crapaud de velours vert, de caresser outrageusement les accoudoirs émoussés.

Lorsque soudain, un cri le sortit tout à fait de sa langueur. Ce fut d’abord une sorte de bruit de balançoire, suivi d’un cri qu’il ne sut définir. Il se précipita vers l’unique fenêtre du cube rectangulaire. Il manqua de vaciller : devant lui, se dessinaient la souveraineté du vide, l’immensité de l’océan, les ruines du ciel. Instinctivement, il eut un mouvement de recul. Il comprit rapidement qu’il se trouvait juché sur un piton rocheux au beau milieu de nulle part, perché comme un rhinocéros courasseux. Épouvanté, terrassé par l’angoisse, Saul perdit connaissance. Dehors, les éléments étaient échevelés. Lorsqu’il reprit ses esprits – une éternité plus tard – il avait la tête encore plus pesante. Avait-il été l’objet d’une illusion auditive ? Il faisait encore sombre. Seul un rayon de lune avait voix au chapitre sur les lames du parquet de bois vieilli qui exhalaient un doux parfum de corniotte. Il n’osait bouger. L’horizontalité lui allait bien. Pourtant, il était tenaillé par la faim et la soif. Il avait besoin non pas d’une vodka-martini (il préférait laisser ce détestable breuvage à Léonie ou à Madeleine – il les confondait toujours ces deux gnomes) mais d’un verre d’eau chaude ultraviolette.


Tout à coup, il tendit l’oreille.
– Psst ! Psst ! Par ici !
Saul se redressa, chancelant. Il n’était donc pas seul.
– Qui est là ? Où êtes-vous ?
– Approchez. Je suis là, dit la voix, sous le pommier (non, ça, c’est dans un autre livre… ). Je suis tombé par terre (non, pas ça, d’accord, c’est trop facile). Je suis tombé sur le dos velouté du gros crapaud. Il est répugnant mais il a amorti ma chute. Approchez, n’ayez crainte, j’ai quelque chose d’important à vous dire.
Saul s’avança prudemment. Au pied du fauteuil, il remarqua un verre rempli d’un liquide transparent.
– Vous vous désaltérerez plus tard, mon ami !
– Je souffre du Syndrome de Gougerot-Sjögren, vous comprenez. Je suis complètement déshydraté, asséché ! Accordez-moi au-moins cette faveur !

Sans attendre la réponse, Saul se jeta sur le verre. Le liquide (c’était de l’eau plate et fraîche) lui procura malgré tout une sensation de bien-être infini. C’est alors qu’il distingua sur le fauteuil, un petit livre, celui-là même qui lui avait jeté des oeillades. Saul le prit dans ses mains avec délicatesse et l’écouta attentivement.
– Un vrai livre est toujours quelqu’un qui entre dans notre solitude.
. . .

Un livre inutile


L’alarme du smartphone se mit à sonner. Treize heures. Ne subsistait de ce mauvais rêve que quelques fragments. Devant ses yeux mi-clos, défilaient la Galerie des Glaces sans glaces et au carré, des murs tapissés d’un papier-peint en trompe-l’œil imitant une bibliothèque de nuages, un perchoir ou plutôt un phare dont il était le gardien solitaire, un rhino féroce, une mer tourmentée. Sur la couette en désordre, un livre inutile était ouvert à la page 27. L’accablante asthénie de Saul disparut aussitôt, en un clin d’œil.







samedi 9 février 2019

JEU 43 : Big Bang




Big Bang
Madeleine et Léonie



– (in petto) "Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir " .

Léonie


Quels crétins, ces humains. Le bordel qui règne sur la planète ne leur suffit pas, désormais l’espace est devenu un vrai bric-à-broc. C’est bien beau d’envoyer des sondes, des satellites et autres objets mi-cariens mi-robolants dans l’espace…

 – (même jeu) « Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? » (S’adressant à Léonie). Oh, tu pourrais lire ou chanter in petto, que diable !
– Tu me fatigues avec tes antiennes !
– (même jeu) " Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime " .
– Mais comment vont-ils éliminer tous ces débris qui flottent au-dessus de nos têtes ? Avec de la poudre de perlimpinpin ? L’espace est devenu un vrai dépotoir. On met un pognon de dingue dans ces bibelots ! Mais à quelle fin ?
– (à voix haute) « Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu’il m’est impossible pour le moment de le connaître. »
– Ah ah, quelle blague ! Et quand bien même tout ce cirque aurait une once de sens (que dis-je, une once… un micro-nanogramme de sens !), qu’adviendrait-il de l’être humain ? Rien. Il continuerait de vaquer à ses occupations, tranquillement, comme si de rien n’était.
.
– (toujours à haute voix) " Le bonheur et l’absurde sont deux fils de la même terre. Ils sont inséparables. L’erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde. Il arrive aussi bien que le sentiment de l’absurde naisse du bonheur " .
– (avec un sourire de satisfaction) Par bonheur, je ne suis qu’un personnage de fiction.
– (in petto) " L’ouvrier d’aujourd’hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n’est pas moins absurde. Mais il n’est tragique qu’aux rares moments où il devient conscient ".

– (soudain, un doute tragico-absurde s’empare de son esprit). Saperlotte, suis-je réellement un être de fiction ? La question mérite d’être posée. Au fond, par quel truchement disruptif peut-on affirmer sans ambages que je suis née dans l’esprit croquignolesque et notablement humain de l’aut’e zigue alias Andrea Machin ?

– (même jeu) " Il n’est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris "  .

– C’est vrai, quoi. Tout le monde est persuadé qu’Edmond Dantès a séjourné au Château d’If alors que tout le monde a oublié que Mirabeau y a été emprisonné. C’est tout de même ballot, non ? Qu’est-ce que cela signifie ? (elle se tourne vers Madeleine) Eh, vieille branche, d’après toi, qu’est-ce qui fait l’ipséité d’Edmond Dantès, de Leonard de Vinci ou d’Emma Bovary ? Pourquoi les humains pensent-ils que ces personnages ont réellement existé ?
– (regard à la Bette Davis). Eh bien, on peut dire que tu pratiques le saut de cabri avec aisance ! Tu en as fini avec ton abrutissante logorrhée? Quel galimatias ! C’est toi qu’on devrait placer sur orbite ! (un temps) Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
– Ah ! Tu bottes en couche !
– Point du tout. A la fin de l’envoi, je louche. Où en étais-je ? Ah oui, eh bien, relis tes classiques ou consulte des spécialistes ! Ils sont légion. Le professeur Tournesol, Hercule Poirot, Umberto Eco pourront éclairer ta caverne. George Orwell, George Sand ou même Georges Vinteuil dont la biographie vient de sortir (*)…
– Mieux ! Un agent-double, Cyrano de Bergerac !

– Écoute, on ne va pas faire la liste de tout le gratin dauphinois et de Navarre… (un temps) Entre nous, ne penses-tu pas que, quelle que soit notre nature – chimérique, infrangible ou historique, nous sommes toutes et tous des personnages en quête d’auteur ?
– # platonversusdumbledore ! Réagissez !

– (avec gravité) Fruit d’un accident absurde – qu’il est convenu d’appeler le BigEt-en-même-temps-Bang, modèle cosmo-logico-économique controversé – d’un phénomène insondable, l’évolution, l’être humain est pétri de paradoxes, capable du meilleur comme du pire.
– Mesdames et Messieurs, c’était la minute philo de Madeleine. Ah ah ah ! Tu as trouvé ça toute seule ?! Attention, roulement de tambour… (elle imite la voix doucereuse de Madeleine avec l’intonation de Sarah Bernhardt) : L’Homme sait qu’il va mourir mais il se conduit comme s’il l’ignorait.
– Pauvre nodocéphale. Écoute plutôt. « Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’Homme. » (elle relit lentement la phrase).
– Oui, enfin… faut pas raconter des cracks. Ce n’est pas parce qu’il nous faut imaginer Sisyphe heureux qu’Antoine Roquentin n’aura plus jamais la nausée. Ça, c’est de la pipe.
– Pour toutes réclamations, leonie@carabistouilles. Crois-moi, l’être humain est gorgé de ressources. Aie confiance. Un esprit éclairé découvrira bientôt le moyen d’envoyer des nettoyeurs chargés de réduire en poussière d’étoile la pollution orbitale. C’est une question de temps, d’audace et de maïeutique.
– Pendant ce temps-là, la danse macabre kafkaïenne des fainéants, flibustiers et autres réfractaires a encore de beaux jours devant elle.






Madeleine et Léo 2019


N.B. Les passages cités en bleu sont extraits du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus, 1942.(*) La vraie vie de Vinteuil, Jérôme Bastianelli, Grasset, 2019.






mercredi 3 octobre 2018

JEU 40 : La pierre-aux-masures




La pierre-aux-masures de Florence porte en son cœur
Un mystère spontané chargé de douceur,
Auréole minérale au trait sûr
Et malicieux qui donne à voir un antique vécu,
C'est un accident miraculeux que vous n'avez peut-être point vu.
Feuilles de menthe perlées de rosée,
Roseau aux fissures et plumeaux parfumés,
Ailes fracturées par un ciel de lumière,
Bateaux coulés en mer,
Chasseurs de pierres à images, chasseurs de couleurs,
Parfums enchanteurs d'une ruine d'aurores
Qui éprouve la beauté des astres,
Comme un morceau de miroir brisé plaide son innocence
Le tableau naturel aux teints purs
Et légendaires n'en finit pas d'émerveiller nos regards.

Andréa Couturet