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mardi 5 mai 2026

AI (2) de mai : "Divan de travers" - Tiniak

 



S'appropriant, vite fait, bien fait, la consigne,

Tiniak nous emmène sur le divan du psy

et nous parle d'un patient

à l'accent....

un peu particulier. 

C'est ICI.

.

Courez-y vite, 

courez-y vite !

.



jeudi 30 avril 2026

JEU 117 : "Chapeau ? Bah..." - Tiniak


Chapeau ? Bah…


Sur le Quai de Juillet, quasi désert
un bien triste minois, le nez en l’air
et l’air de dire…
“Le déluge et puis, quoi de pire ?”

L’onde lui adressait quelques œillades
prêtes à recueillir son cœur malade
à en crever…
le sombre plafond des nuées

Moins pleureux sous le saule aux bras ballants
j’observais cette scène, incidemment
laissant ma peine
aux bons soins d’autres quarantaines…

Si j’osais ?… Et j’osai ! lui faire un signe…
Elle se cabra d’un coup, le port digne
interrogeant
de son regard, mon sentiment

Dans un pli de l’ombre complice
elle s’évanouit… Ô supplice !
Adieu, Donzelle…
Qui saura jamais quel vain tourment te rappelle… ?

Passe un fugace et morne soir…
Puis quelques jours, sans rien à voir


Mais, j’en suis sûr… Oh je le jure !
Alors que j’attendais mon train
(pour un Quelque Part incongru)
tout soudain, je l’ai reconnue
journal en main
mise bourgeoise et moins catin

Et – j’en mettrais ma main au fion !
Elle m’a remis… Ce frisson !
mais, sitôt passé le suspens
de cet ineffable moment
“Adieu, bonhomme !
Prière d’oublier au mieux Ma Pomme”

Chapeau, La Belle (guérie, donc) !
Je lécherai ton guéridon
(sitôt partie vers… ta clinique ?)
pour apposer ma poLétique
sur le carnet
où j’ai coutume, au vrai, de tout bien 
effeuiller




vendredi 9 janvier 2026

JEU 114 et Jeu 26 : "Cool, sur le sable" - Tiniak





 

Cool, sur le sable !

Bon marcheur sur la grève, un charmeur, verge en main
va, longeant le destin que lui disent les vagues

Dessus, pour la Bardot, bordant un ciel chafouin
un essaim d’étourneaux margaude la Madrague

Sa gaule dessinant sur le sable son blase
le mage vieillissant déjoue les plis d’une algue
roupies de chansonnier ? soupire un air de jazz

S’accordant volontiers l’audace d’un cadeau
– tirée de quelque bauge ? il se fend d’une bague
la jette au marin flot, puis regagne son loft





Pour le Jeu 26
il s'agissait d'introduire des phrases
contenant des anagrammes du même mot 

(marcheur-charmeur, destin-disent...) 







 

mardi 11 novembre 2025

JEU 112 : "Ado ration" - Tiniak

 

ado ratio (haine ?)

shoot Situationniste 1967



Applause…
Applauses? Final cause!”
Situons-nous; il faut qu’on cause :
Qui fut Cybèle, sans nulle pause ?

Dans une levée de poings fermes
(à l’Œuvre Noir, sous l’épiderme)
Spectacle faisant société
flatte le dernier coup porté
à la fragile évocation
d’une généreuse émotion

Oh, ces kyrielles de crécelles
scandant la même ritournelle
en simulacres de pucelles
pour la gloire des parangons
de paternelles prescriptions !

Raout et tapage, à l’envi
n’accordant pardon ni merci…?
Qu’exécrable, telle est vision !

Adoration des pataquès…
Eructations de Damoclès
Prime !! à qui en fera des caisses !

Tant va la cruche à son miroir
que s’y confond en avatars
le précieux et nubile espoir
en la surprise d’un regard
à l’œil aimant
quand, sur le tard, s’égaille tout ce tremblement

Il n’en finira donc jamais
d’aller venir, traînant les pieds
devant le seuil – à découvert !
où l’appellent ses prochains pairs ?
Mais ouiménan…
Il fait meilleur flotter dans l’heur ado’næscent…

Ô temporaire éternité
d’un long quart-d’heure en satiété…
C’est un tunnel, ton habitacle !
avec, bâillant de l’aile
et de la haine pour bas de laine, une société de spectacles

non ?



Tiniak





tiniak ©2025 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
🎼ⓁⓄⓋⒺ ! ⓁⓄⓋⒺ ! ⓁⓄⓋⒺ !




vendredi 3 octobre 2025

JEU 111 : "Lavis des âges" - Tiniak


regard poLétique à l'œuvre


Vole, âge volage !

Et puis retombe, sage
sur le rivage au doux présage
balayé jusque sur le tard
par l’engoulevent des Grands-Soirs

Molle hier, molaire
à présent dure comme fière
mâchouille aux portes de l’envers
la gomme d’un retour de flamme
que digère ton vague-à-l’âme

Ficelle que celle
qui file au ciel
la longe aux brins artificiels
où s’accrochent les gouttes d’ambre
de rêves nubiles en chambre

Lavis des âges de la vie
viens en attendrir le glacis
tant que s’en écrit le voyage
 

Tiniak



samedi 9 août 2025

Jeu 109 : "Du corps, accord ?" - Tiniak

 

Du corps, accord ?

(Cool, sang neuf !)

Père avait dit, la mine en vrille
qu’il faudrait « changer de modèle, les filles »

Qu’il valait mieux jouer aux billes
que d’avoir à risquer nos quilles
par les rues sombres
non pas celles du centre ville
ces voies de l’ombre
qui masquent d’obscures errances
sur nos écrans prometteurs de belles vacances

Mère acquiesça, main sur le cœur
mais la frange perlée de sueur

Toujours à l’affût de sophismes
propres à embrumer le prisme
de la pensée
« L’apanage des Dubonnet… »
rappela-t-elle
« …c’est savoir dénouer d’un piège les ficelles »

L’œil pleureux, mais la bouche en cœur
nous ravalions notre malheur

C’en était fini des tutos
présentoirs de nos caracos
de nos veillées
sous nos complices oreillers
Mal en patience
il nous fallut prendre et nous rendre à l’évidence :

Ils sont bien loin d’être encor nés
celle ou celui qui berneront les Dubonnet !

.


.



mercredi 29 janvier 2025

JEU 102 : "Vis la nuit" - Tiniak




Villa nuit

Les nuées accroupies dans leur vide agadir
les passants ravalés de quotidiens labeurs
la rue peut bruire encore et le jour s’évanouir
la porte est enfin close et m’entr’ouvre le cœur :

L’étalon vespéral a ses oranges rais
coulant par les lacets relâchés des artères
ou douchant ceux noués sous l’humble lampadaire…
Le cœur à m’en parer, j’y vais mon solidaire
avec un pied à taire et l’autre à murmurer

L’occident accoudé au vieux zinc des toitures
s’est rangé des bois durs dont l’hiver s’est épris…
De lancer là-dessus mon chant de Mal-Appris
je n’escompte pas tant qu’y faire des marris
à moins de redorer leur terrain d’aventure


L’écot (peu scrupuleux des nubiles espoirs)
dévolu aux trottoirs en ramas épineux
les embrassant, tout un, pour fatras prodigieux
arraché au regard d’un goulot désastreux
j’en ferai mon logis – si ! j’en ai le pouvoir !

Et, d’une chambre l’autre, un trésor se faisant
je bâtirai ce lieu où le soir prend appui
quand le soufflet du jour est retombé sans bruit
et que l’amer à boire a le goût du cassis
tant ! que les vierges murs se parfument de zan

Là,
naît désordre doté de pulsars à volonté
orchestrant les ahans d’intimes arabesques
accouchant le présent de gourmandises dantesques
le destin, le néant, en une même fresque
de plaisirs déployés à loisir pour tout loyer

Lèvres closes, l’entrée filtrera les ennuis
Dès lors, le corridor applaudira toujours
autant pour les vilains que les fringants atours
qui pourront, à l’envi, s’accorder au séjour
et clameront en chœur l’hymne de ce logis :

“C’est beau, une Villa-Nuit !”

Les nues revigorées d’un rougeoyant soupir
le mâtin quotidien promené de bonne heure
le ruban citadin prompt à s’enorgueillir


là, vit l’anamorphose où je reste à demeure


Tiniak




jeudi 1 août 2024

JEU 97 : "Las Damier ?" - Tiniak

 

 La Vieille qui marchait dans la mer, Frédéric Dard; titre et photo revisités pour l'atelier d'écriture, chez Dame La Licorne; Filigrane - jeu n°97; tiniak au tableau.

Là, Dame y est

 

“Demain n’est pas, déjà l’Hier est mort…”
songe La Vieille embrassant le décor

Aux pans de son chapeau, la mise altière
subsiste un vierge et vivace Aujourd’hui
elle aime tant y bercer à l’envi
son franc mystère
seule, et devant l’étendue où l’âme erre

Moi, de la voir parmi les éléments
papillon noir sur dentelles de blanc
me vient l’espoir d’entrer en sa douce heure
l’instant exempt de tout vent de malheur

Elle, pieds nus sur la mousse iodée
révèle un peu de sa noble cheville
Moi, occupé à dénicher l’étrille
je perds le fil de ses vastes pensées

Y a-t-il, au vrai, moment plus délicieux… ?

Elle a jeté au panier tous ses âges
pour n’en garder que les précieux hommages
bien à l’abri d’une tendre quiétude
souriant aux lointaines latitudes

Sûr, le damier de ses nuits, de ses jours
se fond dans la marée en bout de cours
afin d’inviter son doux clapotis
à se joindre au mouvement de ses plis

Tout paraît suspendu à son allure…
Et le voilier aux lentes encâblures
Et le soleil abandonnant l’azur
Et le renversement du sablier 

 

Tiniak

 

 

mercredi 6 décembre 2023

Agenda ironique 4 : "NoElle, avant : Toute…" - Tiniak

 

 Infinite hug; Xaviera Lopez; illustration d'un poLème de tiniak; magie de Noël.
poLétiquerment vôtre, tiniak

 

Tiniak, très inspiré,

nous a concocté une "joliette" histoire de noël,

pleine de douceur, de tendresse et de bons mots.

Allez vite vous réchauffer 

devant sa cheminée...

 


 


jeudi 2 novembre 2023

JEU 88 : "Sous le règne des cendres" - Tiniak

 

 

 

Sous le règne des cendres


La planète étouffait, sous le règne des cendres
En de lointains échos, de malingres soupirs
Sans craindre des frimas, le retour, ce novembre

Fi, des champs baladeurs ! Adieu, vague océane…
La douleur est partout où flottèrent des fleurs
Et les libres parfums, et les folles couleurs
Un silence impérieux couvrant chaque membrane
Rien ne semblait pouvoir percer dans ce malheur
Sauf à naître poussière, impavide et profane

Dans la désolation, grisaient des marguerites
Un tapis morne et froid, saisi de morts subites

Malin traînait ici des langueurs indolores
Au point de négliger qu’en sa force de vie
Le jaune d’un pétale a repris son essor

 

Tiniak

 


 

 

 

 

 

 

Consigne du jeu ICI


 

dimanche 15 octobre 2023

JEU 87 : "Qu'à tordre juillet" - Tiniak

 


Qu'à tordre juillet...

Il s’est passé quelque chose, à coup sûr…
N’est-ce pas ?... Dans ce regard, soudain si mûr…

Quatorze Juillet frémit sans pleuvoir 
tant d’affreux bambins sont déjà de mèche 
bengale en poche, et treillis de pétards 
censés griller ces jupons de pimbêches 
aux plis mesurés, navrant leurs espoirs 

Un vif entrelacs, tendu - bleu, blanc, rouge 
toise un festival d’élan populaires 
où les rires gras coursent la farouche 
et les délurées narguent le trop fier 
sans parti noble ou révolutionnaire 

Il se passe bien quelque chose, non ? 

Elle aura bien lieu, la Guère-de-Foi 
jetant ses feux sous des ciels impavides 
privés d’homériques subsides 
quand l’ineffable artificiel a droit 
de saper des fleurs apatrides 

Te voici, seule et ignorée de tous 
avec, au sein, quelque chagrin 
que ne trahit pas ta frimousse 
au pied, Son Chien 
au sein, ta frousse 

Et ce regard… 
qui ne veut rien entendre à tous ces étendards !

 

 Tiniak

 

jeudi 15 septembre 2022

JEU 80 : "Dites-moi "clan" ! - Tiniak

 

"Mais peut-il être question
D'aller tirer des exemplaires
De son individu si on
N'en a pas une idée plus claire ?"
J.L.

 

 

Ceux de juillet... les aoûtats...
et tous les autres, restés las,
n'auront jamais connu la chance
que c'est de prendre des vacances,
n'importe quand...
comblés, papa, maman et moi !

La famille, cet uniforme
au livret dédié à la norme,
ne fut jamais notre credo,
ni pour la patrie - loin s'en faut !
ni par le sang,
mais pour nous réclamer de L'Homme...

Arpentant, d'une mer étale,
la promenade littorale,
la chaîne intime de nos mains
- un lot commun,
au-devant du vide abyssal

Nous, c'est l'amour qui va son cours,
à son allure et chaque jour,
avec, au cœur, la certitude
que ce n'est pas une attitude,
mais le festin
d'allier en chœur nos solitudes

Tiniak 

 

 Consigne ICI 

 

 

dimanche 27 mars 2022

JEU 74 : "24 euh" (du lavis d'une femme) - Tiniak

 

Euh... Pardon, mais, par don, je suis fille
donc bientôt femme
peut-être sœur
source de larmes et d'ardeurs

Euh... Là, je joue avec mes copines
retourne donc à tes ballons
si rapés que vos pantalons
Adieu, garçon ! Pour toi ? Trop fine !

Euh... Papa ! Papa, viens ici !
Je veux dire : reviens, ici...
Je ne t'ai pas encor tout dit
et j'ai toujours peur de la nuit !

Euh... Au tableau ? Mais oui, bien sûr...
Alors.. C'est Cévingestaurisque...
Il s'est armé de sa francisque
pour vaincre les Morts, à ...Namur ?

Euh... On avait dit sans les oreilles
et t'as mordu sur la marelle
Ah, oui ! Mais, nan ! c'est pas pareil !

Euh... Attends; c'est dans mon cartable...
Oui, oui... Le capitaine Achab...
Bon, le bouquin est plein de sable

Euh... Ben j'aime bien la réglisse
(aussi tes yeux bruns de métis
et ce crépu, qu'en vain, tu lisses)

Euh... Euh... Ai-je bien peigné mes cheveux ?
Voit-il ce qu'il est à mes yeux ?

Euh... Euh... D'accord... Bon, donc pas lui !
Mais alors qui ? Mais alors qui ?

Euh... Euh... Est-ce qu'on se connaît ?
T'étais mon voisin de palier ?

Euh... Euh... Ok; nan, mais OK...
et on va où, là, s'il-te-plaît ?

Euh... Euh... Euh... Suis pas vraiment sûre

Euh... Euh... Euh... Où est la voiture ?

Euh... Euh... Euh... Suis pas confiture !

Va-t-en chercher ailleurs d'autres vilaines aventures !!

Reviens ! Ma brune enluminure...

 

Tiniak

 

an4p_pol2021_love-vs-KILLLS 

 

 

 

mardi 1 mars 2022

JEU 74 : "Vingt-quatre heurts" - Tiniak


Vingt-quatre heurts ! 

 

Une heure ou deux, et le troisième
à formuler un probable “je t’aime” ?


Trois, quatre et cinq
à voir en quoi je suis ornithorynque
(oui, j’en parlais encor, il y a peu)

Six, sept et huit
Ma sœur, ma sœur
sache comment mon cœur t’invite

Mon cœur t’invoque !
petite femme chaussée de breloques

A trois fois huit, c’est la minuit !
Et nous voilà, dans les bras l’Un de l’Autre
auprès du fleuve où l’on se vautre
et nous faisant tant de guilis
qu’en filigrane
même la fourmilière arbore ce panneau :
“En panne”

Il fait si bon être l’amant
(même pour quelque vingt-quatre heures)
dans la vie d’une femme
dont le sourire est un bonheur
et les soupirs, un feu brûlant


Tiniak 

 

 


 

 

 

mercredi 2 février 2022

JEU 73 : "Par trop sévère, l'addition..." - Tiniak

 

 

UN petit roi, trônant sur sa table à langer
s'agite, quatre fers en l'air, et tout sourire
Il n'a aucune idée du pire
et n'a, pour souci, qu'être aimé

DEUX yeux rivés sur le plaisir qu'elle soit là
si près de lui, comme lui, à lever les bras
dans un oubli de soi magique
à chaque impulsion électrique

SEPT copains, là, main dans la main, crient à tue-tête !
tout au plaisir de profiter de cette fête
"Billets offerts... Autant y aller...
On verra bien si ça nous plaît"

Ils étaient dix, à ce moment - au tout venant...
puis, rassemblés sous la scène du Bataclan
unis, malgré eux, au décompte
des âmes fauchées par la honte

 

Tiniak

 

 


 


 

lundi 3 janvier 2022

JEU 72 : "L'écumoire" - Tiniak

 


L'écumoire

 


 

Pour l'amour de mon cœur de Gloire

 

Du jour passé à l'écumoire
pleuvent les instants dérisoires

Deux supposés, j'en retiens un
celui qui vient : l'instant présent
que j'observe se déliter, incidemment
à l'écritoire
où je prétends me délivrer de sa mémoire

Je divague mon journalier
avec la rigueur des marées
déroulant d'une phrase l'autre
les plis du rêve où je me vautre
dès demain, j'en serai l'apôtre
et tu sauras t'en contenter

Dans les suspens de cet instant, passe une éponge
et il faut tout recommencer, depuis le songe

 

Tiniak

 


 

 

jeudi 16 décembre 2021

JEU 71 : "E=mc2" -Tiniak

 

e=mc2

fil21_décembre-bisou

 

Euh... Egales pensées ?

A l'orée incongrue d'un sentiment étrange
voici qu'une pensée vient m'en donner le change

Ici, tout est perdu
des lois, des convictions et des paniers-repas
c'est en songe, à présent, qu'il faut marquer le pas

Mais... ? Rebellions, sorties, suppléments de porridge !
seriez-vous pas qu'erreurs ? Non fautes qu'On corrige
en marge du vécu !?!

Eh ! J'ai tout bien signé, au bas de ma copie
(devoir exécuté à mon bureau - ah, si !)

C'est quoi, la loi nouvelle ?

Donc, relativiser
cet ordre, ce désordre et la main au panier ?

Eh ben, moyeu Jodel (comme aurait dit Boris) !

Un paradigme - encore ! à la poigne écrevisse
à lorgner mes débords sur la terre avilie
sans souci de mon sort près de sa tendre cuisse ?

Xénophobies ! Décors ! Larmes contradictoires...
ne peut-on être deux et soumettre l'Histoire
à cette réunion - aux consentis dévers !
qui fonde notre paire ?

 

pin_tiniak-plume-sign



jeudi 7 octobre 2021

JEU 69 : "Buisson Adam" - Tiniak

 

 


 

Buisson Adam, lycéen


La vie secrèt' des écrivains

par kyrielles, dans tous ses plis

plis aux scènes des rachidiens

pliques sièges de maladies...


Sans prendre ombrage des cris vains

(gargarismes de malappris)

invective ou aboi de chiens

n'inquiètent en rien ses écrits


Du cri primal au souffle éteint

du caillou jusqu'à la fourmi

elle inspire cet écrivain

qui sommeille en nos appétits

 

Inquiet de la réaction de M. Radpoil, l'élève debout sur l'estrade plonge son regard dans les entrelacs de ses chaussures boueuses. C'est qu'à présent, il aimerait autant ne pas avoir à affronter le regard de ses camarades de classe. D'autant que le silence se fait pesant, tandis que M. Radpoil relit le texte de son cru dont il tient la copie en main et sous le feu trouble de ses demi-lunes.
"- Fort bien. Fort bien, déclare enfin le vieil enseignant avec un enthousiasme aussi modéré que sentencieux. Le sujet est respecté en tout point, sur le fond, du moins. Mais, pour ce qui relève de la forme, je vous avais expressément fait commande d'un acrostiche. Or, il ne m'apparaît pas que cela soit le cas. Pouvez-vous m'en donner une explication, élève Buisson ?"

Le lycéen, sans lever le nez, obtempère et dit en manière d'explication :
"- Ben, c'est bien un acrostiche, monsieur, ose affirmer l'élève Buisson, masquant sa bravade sous son air contrit. Il se lit à l'initiale de chaque strophe, monsieur."

L'enseignant, connu pour sa passion rigoriste à l'égard de la langue de Molière, baisse à nouveau les yeux sur la copie du jeune homme, puis s'étonne :
"- Vous dites ?... Attendez... La-Sans-Du ? Pardon, mais c'est particulièrement abscons, élève Buisson.
"- Pas le premier mot, monsieur, la première lettre; l'initiale, quoi, fait remarquer sur le même ton, l'effronté qui jubile intérieurement."
" - L-S-D... L-S-D... Non, je ne vois pas."

La plupart de la classe ne peut alors contenir un soudain gloussement moqueur.
Mais M. Radpoil de poursuivre, interloqué, comme entré en lui-même :
"- Non, je ne vois pas... Toujours pas... 'Comprends pas..."

Sauvé par le gong, l'élève Buisson quitte l'estrade. Tandis que le vieil enseignant rappelle à la ronde les consignes pour le prochain cours, le lycéen attrape ses affaires de classe et se joint à ses camarades, pour profiter avec eux d'un bon quart de récréation, dans la cour battue par les vents de l'automne.
Il se retrouve bientôt, flanqué de ses trois collègues favoris, sous l'horloge rivée à l'angle du bâtiment de l'intendance.
"- On est d'accord, les gars ? C'est ce soir qu'on lui fend la gueule à cette satanée horloge..."
Le groupe acquiesce d'un air entendu, avant de passer les grilles du lycée pour regagner leur quartier caennais, d'entre tous leur favori : la Demi-Lune.

 

Tiniak