S'appropriant, vite fait, bien fait, la consigne,
Tiniak nous emmène sur le divan du psy
et nous parle d'un patient
à l'accent....
un peu particulier.
C'est ICI.
.
Courez-y vite,
courez-y vite !
.
S'appropriant, vite fait, bien fait, la consigne,
Tiniak nous emmène sur le divan du psy
et nous parle d'un patient
à l'accent....
un peu particulier.
C'est ICI.
.
Courez-y vite,
courez-y vite !
.




Vole, âge volage !


“Demain n’est pas, déjà l’Hier est mort…”
songe La Vieille embrassant le décor
Aux pans de son chapeau, la mise altière
subsiste un vierge et vivace Aujourd’hui
elle aime tant y bercer à l’envi
son franc mystère
seule, et devant l’étendue où l’âme erre
Moi, de la voir parmi les éléments
papillon noir sur dentelles de blanc
me vient l’espoir d’entrer en sa douce heure
l’instant exempt de tout vent de malheur
Elle, pieds nus sur la mousse iodée
révèle un peu de sa noble cheville
Moi, occupé à dénicher l’étrille
je perds le fil de ses vastes pensées
Y a-t-il, au vrai, moment plus délicieux… ?
Elle a jeté au panier tous ses âges
pour n’en garder que les précieux hommages
bien à l’abri d’une tendre quiétude
souriant aux lointaines latitudes
Sûr, le damier de ses nuits, de ses jours
se fond dans la marée en bout de cours
afin d’inviter son doux clapotis
à se joindre au mouvement de ses plis
Tout paraît suspendu à son allure…
Et le voilier aux lentes encâblures
Et le soleil abandonnant l’azur
Et le renversement du sablier
![Hold me tight [music] Infinite hug; Xaviera Lopez; illustration d'un poLème de tiniak; magie de Noël.
poLétiquerment vôtre, tiniak](https://polesiaque.files.wordpress.com/2023/12/x-lopez_hug.gif?w=480)
Tiniak, très inspiré,
nous a concocté une "joliette" histoire de noël,
pleine de douceur, de tendresse et de bons mots.
Allez vite vous réchauffer
La planète étouffait, sous le règne des cendres
En de lointains échos, de malingres soupirs
Sans craindre des frimas, le retour, ce novembre
Fi, des champs baladeurs ! Adieu, vague océane…
La douleur est partout où flottèrent des fleurs
Et les libres parfums, et les folles couleurs
Un silence impérieux couvrant chaque membrane
Rien ne semblait pouvoir percer dans ce malheur
Sauf à naître poussière, impavide et profane
Dans la désolation, grisaient des marguerites
Un tapis morne et froid, saisi de morts subites
Malin traînait ici des langueurs indolores
Au point de négliger qu’en sa force de vie
Le jaune d’un pétale a repris son essor
Consigne du jeu ICI
Il s’est passé quelque chose, à coup sûr…
N’est-ce pas ?... Dans ce regard, soudain si mûr…
Quatorze Juillet frémit sans pleuvoir
tant d’affreux bambins sont déjà de mèche
bengale en poche, et treillis de pétards
censés griller ces jupons de pimbêches
aux plis mesurés, navrant leurs espoirs
Un vif entrelacs, tendu - bleu, blanc, rouge
toise un festival d’élan populaires
où les rires gras coursent la farouche
et les délurées narguent le trop fier
sans parti noble ou révolutionnaire
Il se passe bien quelque chose, non ?
Elle aura bien lieu, la Guère-de-Foi
jetant ses feux sous des ciels impavides
privés d’homériques subsides
quand l’ineffable artificiel a droit
de saper des fleurs apatrides
Te voici, seule et ignorée de tous
avec, au sein, quelque chagrin
que ne trahit pas ta frimousse
au pied, Son Chien
au sein, ta frousse
Et ce regard…
qui ne veut rien entendre à tous ces étendards !
"Mais peut-il être question
D'aller tirer des exemplaires
De son individu si on
N'en a pas une idée plus claire ?"
J.L.
Ceux de juillet... les aoûtats...
et tous les autres, restés las,
n'auront jamais connu la chance
que c'est de prendre des vacances,
n'importe quand...
comblés, papa, maman et moi !
La famille, cet uniforme
au livret dédié à la norme,
ne fut jamais notre credo,
ni pour la patrie - loin s'en faut !
ni par le sang,
mais pour nous réclamer de L'Homme...
Arpentant, d'une mer étale,
la promenade littorale,
la chaîne intime de nos mains
- un lot commun,
au-devant du vide abyssal
Nous, c'est l'amour qui va son cours,
à son allure et chaque jour,
avec, au cœur, la certitude
que ce n'est pas une attitude,
mais le festin
d'allier en chœur nos solitudes
Consigne ICI
Euh... Pardon, mais, par don, je suis fille
donc bientôt femme
peut-être sœur
source de larmes et d'ardeurs
Euh... Là, je joue avec mes copines
retourne donc à tes ballons
si rapés que vos pantalons
Adieu, garçon ! Pour toi ? Trop fine !
Euh... Papa ! Papa, viens ici !
Je veux dire : reviens, ici...
Je ne t'ai pas encor tout dit
et j'ai toujours peur de la nuit !
Euh... Au tableau ? Mais oui, bien sûr...
Alors.. C'est Cévingestaurisque...
Il s'est armé de sa francisque
pour vaincre les Morts, à ...Namur ?
Euh... On avait dit sans les oreilles
et t'as mordu sur la marelle
Ah, oui ! Mais, nan ! c'est pas pareil !
Euh... Attends; c'est dans mon cartable...
Oui, oui... Le capitaine Achab...
Bon, le bouquin est plein de sable
Euh... Ben j'aime bien la réglisse
(aussi tes yeux bruns de métis
et ce crépu, qu'en vain, tu lisses)
Euh... Euh... Ai-je bien peigné mes cheveux ?
Voit-il ce qu'il est à mes yeux ?
Euh... Euh... D'accord... Bon, donc pas lui !
Mais alors qui ? Mais alors qui ?
Euh... Euh... Est-ce qu'on se connaît ?
T'étais mon voisin de palier ?
Euh... Euh... Ok; nan, mais OK...
et on va où, là, s'il-te-plaît ?
Euh... Euh... Euh... Suis pas vraiment sûre
Euh... Euh... Euh... Où est la voiture ?
Euh... Euh... Euh... Suis pas confiture !
Va-t-en chercher ailleurs d'autres vilaines aventures !!
Reviens ! Ma brune enluminure...
Vingt-quatre heurts !
Trois, quatre et cinq
à voir en quoi je suis ornithorynque
(oui, j’en parlais encor, il y a peu)
Six, sept et huit
Ma sœur, ma sœur
sache comment mon cœur t’invite
Mon cœur t’invoque !
petite femme chaussée de breloques
A trois fois huit, c’est la minuit !
Et nous voilà, dans les bras l’Un de l’Autre
auprès du fleuve où l’on se vautre
et nous faisant tant de guilis
qu’en filigrane
même la fourmilière arbore ce panneau :
“En panne”
Il fait si bon être l’amant
(même pour quelque vingt-quatre heures)
dans la vie d’une femme
dont le sourire est un bonheur
et les soupirs, un feu brûlant
UN petit roi, trônant sur sa table à langer
s'agite, quatre fers en l'air, et tout sourire
Il n'a aucune idée du pire
et n'a, pour souci, qu'être aimé
DEUX yeux rivés sur le plaisir qu'elle soit là
si près de lui, comme lui, à lever les bras
dans un oubli de soi magique
à chaque impulsion électrique
SEPT copains, là, main dans la main, crient à tue-tête !
tout au plaisir de profiter de cette fête
"Billets offerts... Autant y aller...
On verra bien si ça nous plaît"
Ils étaient dix, à ce moment - au tout venant...
puis, rassemblés sous la scène du Bataclan
unis, malgré eux, au décompte
des âmes fauchées par la honte
L'écumoire
Pour l'amour de mon cœur de Gloire
Du jour passé à l'écumoire
pleuvent les instants dérisoires
Deux supposés, j'en retiens un
celui qui vient : l'instant présent
que j'observe se déliter, incidemment
à l'écritoire
où je prétends me délivrer de sa mémoire
Je divague mon journalier
avec la rigueur des marées
déroulant d'une phrase l'autre
les plis du rêve où je me vautre
dès demain, j'en serai l'apôtre
et tu sauras t'en contenter
Dans les suspens de cet instant, passe une éponge
et il faut tout recommencer, depuis le songe
Euh... Egales pensées ?
A l'orée incongrue d'un sentiment étrange
voici qu'une pensée vient m'en donner le change
Ici, tout est perdu
des lois, des convictions et des paniers-repas
c'est en songe, à présent, qu'il faut marquer le pas
Mais... ? Rebellions, sorties, suppléments de porridge !
seriez-vous pas qu'erreurs ? Non fautes qu'On corrige
en marge du vécu !?!
Eh ! J'ai tout bien signé, au bas de ma copie
(devoir exécuté à mon bureau - ah, si !)
C'est quoi, la loi nouvelle ?
Donc, relativiser
cet ordre, ce désordre et la main au panier ?
Eh ben, moyeu Jodel (comme aurait dit Boris) !
Un paradigme - encore ! à la poigne écrevisse
à lorgner mes débords sur la terre avilie
sans souci de mon sort près de sa tendre cuisse ?
Xénophobies ! Décors ! Larmes contradictoires...
ne peut-on être deux et soumettre l'Histoire
à cette réunion - aux consentis dévers !
qui fonde notre paire ?

La vie secrèt' des écrivains
par kyrielles, dans tous ses plis
plis aux scènes des rachidiens
pliques sièges de maladies...
Sans prendre ombrage des cris vains
(gargarismes de malappris)
invective ou aboi de chiens
n'inquiètent en rien ses écrits
Du cri primal au souffle éteint
du caillou jusqu'à la fourmi
elle inspire cet écrivain
qui sommeille en nos appétits
Inquiet
de la réaction de M. Radpoil, l'élève debout sur l'estrade plonge son
regard dans les entrelacs de ses chaussures boueuses. C'est qu'à
présent, il aimerait autant ne pas avoir à affronter le regard de ses
camarades de classe. D'autant que le silence se fait pesant, tandis que
M. Radpoil relit le texte de son cru dont il tient la copie en main et
sous le feu trouble de ses demi-lunes.
"- Fort bien. Fort bien,
déclare enfin le vieil enseignant avec un enthousiasme aussi modéré que
sentencieux. Le sujet est respecté en tout point, sur le fond, du moins.
Mais, pour ce qui relève de la forme, je vous avais expressément fait
commande d'un acrostiche. Or, il ne m'apparaît pas que cela soit le cas.
Pouvez-vous m'en donner une explication, élève Buisson ?"
Le lycéen, sans lever le nez, obtempère et dit en manière d'explication :
"-
Ben, c'est bien un acrostiche, monsieur, ose affirmer l'élève Buisson,
masquant sa bravade sous son air contrit. Il se lit à l'initiale de
chaque strophe, monsieur."
L'enseignant, connu pour sa passion
rigoriste à l'égard de la langue de Molière, baisse à nouveau les yeux
sur la copie du jeune homme, puis s'étonne :
"- Vous dites ?... Attendez... La-Sans-Du ? Pardon, mais c'est particulièrement abscons, élève Buisson.
"-
Pas le premier mot, monsieur, la première lettre; l'initiale, quoi,
fait remarquer sur le même ton, l'effronté qui jubile intérieurement."
" - L-S-D... L-S-D... Non, je ne vois pas."
La plupart de la classe ne peut alors contenir un soudain gloussement moqueur.
Mais M. Radpoil de poursuivre, interloqué, comme entré en lui-même :
"- Non, je ne vois pas... Toujours pas... 'Comprends pas..."
Sauvé
par le gong, l'élève Buisson quitte l'estrade. Tandis que le vieil
enseignant rappelle à la ronde les consignes pour le prochain cours, le
lycéen attrape ses affaires de classe et se joint à ses camarades, pour
profiter avec eux d'un bon quart de récréation, dans la cour battue par
les vents de l'automne.
Il se retrouve bientôt, flanqué de ses trois collègues favoris, sous l'horloge rivée à l'angle du bâtiment de l'intendance.
"- On est d'accord, les gars ? C'est ce soir qu'on lui fend la gueule à cette satanée horloge..."
Le
groupe acquiesce d'un air entendu, avant de passer les grilles du lycée
pour regagner leur quartier caennais, d'entre tous leur favori : la
Demi-Lune.