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dimanche 7 juin 2026

Agenda ironique de juin : "Nemo" - La Licorne



Les héros ne sont pas toujours décorés...
loin s'en faut.
J'en connais un qui porte un nom illustre
et qui, en cas de force majeure,
n'hésite pas à intervenir vigoureusement
quitte à y laisser l'émail de ses quenottes.

Bon, là, il paraît qu'on l'a retrouvé, hagard,
à une demie-lieue de son domicile,
emberlificoté dans sa laisse, 
bulles écumantes au bord des lèvres,

Vous voulez en savoir plus ?
OK.
je vais vous raconter ça...
en chanson.





Allô, allô Edouard !
Quelles nouvelles ?
Absent depuis quinze jours,
Au bout du fil
Je vous appelle :
Que trouverai-je à mon retour ?


Tout va très bien, Monsieur le Président
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise,
Vot'chien Nemo n'a plus de dents
Mais, à part ça, Monsieur le Président
Tout va très bien, tout va très bien.


Allô, allô Alex !
Quelles nouvelles ?
Mon chien Nemo n'a plus de dents ?
Expliquez-moi
Garde fidèle,
Comment cela s'est-il produit ?


Cela n'est rien, Monsieur le Président
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Voyez-vous, il les a perdues
Tout d'suite après avoir mordu
Donald dans ses parties charnues
Mais, à part ça, Monsieur le Président
Tout va très bien, tout va très bien.




Allô, allô Seba !
Quelles nouvelles ?
Président Trump est-il fâché ?
Expliquez-moi
Ministre modèle,
Comment cela s'est-il passé ?


Cela n'est rien, Monsieur le Président
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien...
Si l'ami Trump fut mordu
C'est juste parce qu'il était venu
Au palais ni-vu ni-connu
Mais, à part ça, Monsieur le Président
Tout va très bien, tout va très bien.


Allô, allô Brigitte !
Quelles nouvelles ?
Que fait Donald à l'Elysée ?
Expliquez-moi
Epouse fidèle
Comment tout ça est arrivé ?


Eh bien ! Voilà, 
mon très cher Emmanuel,
Apprenant qu'vous étiez parti,
Le grand chef des Etats-Unis
A envahi notre pays...
S'est installé à l'Elysée...
A demandé à m'épouser...
Mais au moment où j'ai dit oui
Notre Nemo a réagi :
C'est alors que Trump l'a frappé
Lui filant un grand coup de pied !
Et c'est pour ça qu'en ce moment
Nemo n'a plus une seule dent !


Mais à part ça, mon cher ex-président
Tout va très bien, tout va très bien...




Tout va très bien, tout va très bien !

.
La Licorne
.


Pour l'Agenda ironique de Juin

Thème : "Animal"

Mots imposés :

Demi-lieue, héros, émail,
emberlificoter, bulle

.



et pour

dont voici les consignes du mois :


Proposition 320 – Commencer par la fin

Certains événements laissent une trace 
avant même qu’on sache les raconter. 
Quelque chose est arrivé 
et le texte entre après la déflagration.

Écrivez une scène importante en commençant par la fin.

Contraintes :
- Ne révéler l’événement qu’à la toute dernière phrase.
- Commencer par une image forte et immobile
- Écrire uniquement à partir des conséquences matérielles





mercredi 4 mars 2026

JEU 116 : "Les petits papiers" - La Licorne

 

 


Laissez voler
Les p’tits papiers
Au vent de mars
Mille notes éparses
S'envoleront
Papier chiffon
Sans vous toucher

Laisser passer
Tous les papiers
Papiers de guerre
Ou de colère
Qu’enfin ils puissent
Papier maïs
Se disperser

Un peu d’gaieté
Papier doré
Ce s'rait magique
Papier musique
Tant de chagrin
Papier dessin
A oublier

Laissez passer
Papier glacé
Le pire du mal
Papier journal
L'actualité
Papier froissé
Oui, c’est navrant

Tout est en ruine
Papier machine
A la télé
Papier monnaie
Tous ces gens louches
Papier tue-mouches
Sont moitié fous

C’est pas brillant
Papier d’argent
C’est pas fini
Papier tout gris
Ou l’on en meurt
Papier couleur
Ou l’on s'en fout
 
Laissez flotter
Les p’tits papiers
Dans la lumière
Papier de verre
Le ciel nous donne
Papier carbone
Sa belle clarté

Laisser voler
Les p’tits papiers
Le mois de mars
Et ses comparses
Les lanceront
Papier chiffon
Au vent fripon
 
Laissez passer
Tous les papiers
Papiers d'antan
Papiers collants
Roulez, marchez
Tous vers la paix
Et vers l'été 
 .
 
La Licorne
 
 
 
 
 


mardi 3 février 2026

AI (1) et Jeu 115 : "Vise le ciel" - La Licorne


"La montée vers le ciel"
ou 
"Vise le ciel"




Est-ce que ce monde est sérieux ?
.
Celui qui part ou celui qui arrive?
La nuit partout est tellement noire
On ne va nulle part
.
Je suis déjà debout
Et déjà je promène
Une lame sur mes joues
Et le café qui fume
L’ascenseur qui m’attend
Et le moteur que j’allume
M’aident à prendre lentement
Ma place dans le trafic
Ma place dans le trafic
 
J’aimerais que quelqu’un vienne
et me délivre...
.
Du fond de la nuit j'appelle
Mon étoile maternelle...
.
Il y a vingt ans un orage
M’a fait tomber de mon nuage
Et m’a laissé seul dans ce monde abandonné

Au matin d’un lointain voyage
Je suis tombé de mon nuage
Je n’ai jamais senti la terre sous mes pieds

Rêveur, je cherche à retrouver mon ciel
Du fond de la nuit m'appelle
Mon étoile maternelle...

Je suis si fatigué
De sourire à ces gens qui m'écrasent
Je suis si fatigué
De leur dire toujours les mêmes phrases

Quand les vents se déchirent sur les angles des toits
Des rues que je traverse à peine
Quand les journées s’étirent et n’en finissent pas
 
C'est toujours le même film qui passe
J'suis tout seul au fond de l'espace  

C'est que le début, d'accord, d'accord...
 
Fais-moi cadeau d'une carabine
D'une flûte ou d'une couronne d'épines
Enroule-moi bien à l'arbre aux racines
.
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
.
Y a sûrement quelqu'un qui écoute
Là-haut dans l'univers
Peut-être
que je lui demande plus qu'il ne peut ? 
Si je savais comment faire
Si j'avais ce don...
 .
Allez, pour une fois, visons le ciel
Demain ma belle revient en ville
.
J'ai besoin d'elle pour vivre
 
Après la pluie, le beau temps
Après l'hiver, le printemps...
Après tous ces vendredis treize
Un quatorze février au goût de fraise ?
 
Petite Marie, m'entends-tu ? 
 

Pas besoin de phrases ni de longs discours
Ça change tout dedans, ça change tout autour
 

Tout l’monde voit bien que sans toi
Je dérive au diesel
Toi t’as les clefs de tout, de la Tour Eiffel
C’est de là-haut que tu colores l’arc-en-ciel

Alors viens faire toi-même 
le mélange des couleurs...

 Je n'attends plus que toi pour partir...

Oh oui, ma Belle, je vise le ciel
Demain tu reviens en ville
Oh oui, on s'envolera tranquille
Vers d'autres mondes, d'autres soleils...
.
On s’envolera du même quai
Les yeux dans les mêmes reflets
Pour cette vie et celle d’après
Tu seras mon unique projet 
Je vais sortir d'la naphtaline
On va vivre nos rêves d'opaline
Enroule-moi bien à la fusée-machine 

.
Patchwork de chansons de Francis Cabrel
(avec un tout petit tout petit peu de moi)

La Licorne





A partir des consignes du Jeu 115 de Filigrane

et de celles de l'Agenda ironique de février 


.



Consignes de l'Agenda ironique :

- un accident calendaire du genre Saint-Valentin
qui s’enchaine à un vendredi treize

- glisser ça et là quelques lignes du très grand Francis Cabrel.

Par exemple cinq ou six vers d’Encore et encore.
Paresseux, je vous laisse choisir lesquels ;

et si vous préférez piocher dans une autre cabrellerie,
indiquez simplement le titre de la chanson
d’où sortent les vers empruntés,
pour que les ceusses qui (comme moi)
n’ont pas tout Cabrel dans l’oreille
sachent où aller chercher :

c’est pas obligé (mais pas interdit non plus)
de mettre, dans votre texte,
les dits vers en gras ou italique,
ça laissera au lecteur le plaisir de chercher
lesquels de la chanson sont glissés où dans le texte


dimanche 21 décembre 2025

Atelier de Villejean : "Ecrire comme Delerm"

  

 

 Consigne  De l'Atelier de Villejean :

"Écrire comme Delerm en 2025 "

 

Chaque nouvelle de cet auteur, Philippe Delerm, ne contient pas plus de quarante lignes.

 

Il écrit toujours au présent et use et abuse du pronom « on » à la place du « je ».

 

Il fait des phrases courtes mais avec beaucoup d’adjectifs pour raconter des événements de la vie quotidienne, des situations sans rien d’exceptionnel que tout le monde a vécues au moins une fois.

 

« On est entre la thèse de sociologie et la rédaction de 1er de la classe ».

 

Dans ce style-là vous écrirez de deux à cinq petits textes dont le titre sera choisi dans cette liste extraite de « Le Trottoir au soleil » 



 
Au nord de soi - Avec son petit matos - Cette lumière-là - Chez moi - Dans un grain de sable, toute la plage - Deuxième vie - Dimanche matin - Du soleil et de l’eau sur un lavoir - Égoïste - Enfin ! - Je peux vous faire à dîner - Je veux redoubler - La figue mûre - Le ballon jaune - Le bonheur des amers - Le café dans un verre - Le cauchemar du trois étoiles - Le trottoir au soleil - Les persistants lilas - Les Toulousaines - On n’est pas invité ! - Passez une bonne après-midi - Pépites du métro - Quelques cerises noires - Se plaire dans Turin - Secouer sa serviette sur la plage - Terre à terre - Travailleurs du dimanche - Un champ de canne à sucre - Vivante par défaut 





Au nord de soi

 

Parfois, la vie est belle...on est au soleil, dans la chaleur de la vie, dans la chaleur des autres. On rit, on chante, on se donne des rendez-vous. Avec un chat, un arbre, un voisin. Avec soi aussi. Avec un livre au coin du feu. Avec un bout de ciel et deux nuages qui passent. Parfois, tout est fluide, tout coule naturellement et joyeusement. On ne se pose pas de question.

Et puis, parfois, on bute. On s'accroche. Dans les ronces de la vie. Dans un contre-temps, un incident, une broutille. Ou dans un malentendu, une dispute, une trahison qu'on n'attendait pas. Le ciel se couvre, la neige tombe sur nos espoirs fanés et l'hiver s'étend. 

Glacial. Inhospitalier. 

Parfois, on est au nord de soi.

 

 

Vivant par défaut

 

Pourquoi se lever ? On est tellement bien dans la tiédeur des draps. Quand on devine la lueur du jour à travers les fentes des volets, que tout est calme et que le réveil n'a pas encore sonné.  Quand on profite des dernières minutes d'une nuit insouciante. Quand on a encore de la brume dans le cerveau et des rêves effilochés au bord des cils.

Pourquoi se lever ? On sait ce qui nous attend : la douche, le métro, les collègues, le stress...et ce combat sans fin pour survivre dans la jungle moderne.

Pourquoi se lever ? Alors que c'est quand on dort qu'on vit le plus intensément. On vit dans la merveille. Dans le champ de tous les possibles. On admire, on frémit, on court, on vole...

Au réveil, on se sent "vivant par défaut".  

 



Je veux redoubler

 

Dans l'enfance, on tremble tous à l'idée de redoubler. Refaire une année encore...la même chose : retraverser les mêmes leçons, les mêmes exercices...La perspective du redoublement est un cauchemar.

Et puis, on grandit, on devient adulte, on devient vieux...et là, tout à coup, à l'orée du grand départ...on est pris d'une idée folle : 

"Grand Dieu, c'est passé si vite...s'il vous plaît, je ne pourrais pas redoubler ?"

 

  

Deuxième vie 

 

Imaginez. On ferait une deuxième vie...comme on fait une deuxième année scolaire : on se souviendrait de la précédente et on s'appliquerait. On se dirait : "Tiens, ça, ce n'est pas si difficile, la vie, finalement." 

On se sentirait plus grand, plus sûr de soi...on roulerait les mécaniques devant ceux qui ne connaissent pas les codes, qui expérimentent les choses pour la première fois. On râlerait un peu, aussi, juste ce qu'il faut...

Ce serait plus facile, plus prévisible en tout cas...Alors on savourerait un peu plus les récrés, les bons moments, les amis et on referait des erreurs, bien sûr, mais pas les mêmes. Oui, ce serait bien, une deuxième vie. 

 

 

 

La Licorne 




lundi 8 décembre 2025

AI (1) : "Procrastination" - La Licorne

 

 

Un Renard De Dessin Animé Assis Sur Un Rocher Avec Un Regard Triste Sur ... 

 

En retard, en retard, je suis en retard.

J'ai beau faire, j'ai beau essayer

De me corriger, de me dépêcher...

En retard, je suis toujours en retard.

  

Quand j'ai couru souhaiter

A ma rousse voisine la bonne année

On était déjà en février :

La Poulette m'a envoyé promener...

Avec mes meilleurs voeux, 

j'avais l'air d'un con, compère,

Avec mes meilleurs voeux, 

j'avais l'air d'un ....

 

Quand j'ai couru sous l'arbre

De mon ami pour le flatter

Le traître, à ma barbe,

S'était déjà envolé... 

Avec mon beau discours, 

j'avais l'air d'un con, compère,

Avec mon beau discours, 

j'avais l'air d'un ....

 

Quand j'ai couru au désert

Pour me laisser apprivoiser

Le galapiat au manteau vert

S'était déjà fait piquer...

Avec mon doux regard

j'avais l'air d'un con, compère

Avec mon doux regard, 

j'avais l'air d'un ...

 

Quand j'ai couru à la mare

Où pêchait le Sieur Ysengrin

La glace avait fondu et dare-dare...

avait disparu le gourgandin...

Avec mon petit seau, 

j'avais l'air d'un con, compère,

Avec mon petit seau, 

j'avais l'air d'un ...

 

Et quand j'ai couru alléché

Par l'odeur du bifteck 

Chez Cigogne au long bec

Elle avait sans m'attendre déjà tout gobé...

Avec ma p'tite fourchette, 

j'avais l'air d'un con, compère,

Avec ma p'tite fourchette, 

j'avais l'air d'un ...

 

Un renard, un renard, je suis un renard

En retard, en retard, toujours en retard

Mon nom est Jules et je crois qu'je suis nul...

Poil de carotte ! J'suis une tête de linotte ! 

.

La Licone

(oups..."coquille" ;-) 

 

 

 

Pour l'Agenda ironique de décembre 

chez Carnets Paresseux...

 

Voici les consignes de ce mois :


1) Ecrire un texte 

sur le thème du RETARD


2) Insérer les mots 

"galapiat", "renard"

"regard" et "gourgandin"

.

3) Eviter les mots :

"noël", "sapin", 

"ratiocination" et "budget"

.

4) Placer une couleur, une saveur

une coquille, une odeur ou un parfum...

.

5) Forme libre 

.

6) S'inspirer, éventuellement, 

de la photo de la Rue Dupuytren

(non fait)

.

Enfin, comme à l'habitude, 

du mystère, du calendrier, du suspense,

des jours et des dates

et, évidemment, 

de l'ironie...

.


lundi 1 décembre 2025

JEU 113 : "Alcools" - La Licorne

 

 

  

 Sous le pont

Mirabeau

Coule la 

Seine et 

nos amours

Faut-il  qu'il

m'en  souvienne

La joie venait toujours

Après   la   peine   Vienne

la nuit sonne l'heure Les jours

s'en  vont  je demeure  Les mains

dans  les  mains  restons face à  face

Tandis  que  sous  le  pont  de  nos  bras 

passe  Des  éternels  regards  l'onde  si  lasse

Vienne la nuit sonne l'heure  Les jours s'en  vont

je demeure  L'amour s'en va  Comme la vie est lente

Et comme l'espérance est violente Vienne la nuit Sonne 

l'heure Les jours s'en vont je demeure Passent les jours

et passent les semaines Ni temps passé ni les amours

reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure. 

.

 Guillaume Apollinaire 

"Alcools", 1913

 

( et La Licorne pour la mise en page,

inspirée par Rabelais et les calligrammes d'Apollinaire