mardi 15 mars 2016

JEU 15 : La pause du voisin




Me voilà, dans le plus simple appareil,
Prête à prendre la pose.
Courant d'air, clac, porte close.
Sur le balcon, en plein soleil,
Appeler, je n'ose.
J'entends alors ce genre de prose:
Mademoiselle, de vous voir, je suis tout chose,
Et n'ai de ma vie éprouvé aussi délicieux éveil.
Voisin de mon balcon, véritable apothéose,
Un homme, tout perclus d'arthrose,
Me contemple, de sous sa treille,
D'un air point du tout morose.
Me tend galamment une rose,
Ses joues, rougissant couleur groseille,
Son nez strié de couperose.
Mes géraniums, c'est comme ça que tu les arroses?
Dit une voix de corneille.
Sur sa bouche, un doigt pose,
Se déplace, alerte virtuose,
Décidant de faire sourde oreille.
J'entends s'ouvrir  la porte, et pour cause:
Jusqu'à quand, mademoiselle se repose ?
Jamais plus, ne reprendrai modèle pareil.
.
.



4 commentaires:

  1. Merci pour ces deux superbes illustrations. Puis-je les mettre sur mon blog?

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    1. ...ça fera 50 euros...
      Non, je plaisante, bien sûr que tu peux !

      Bon, pour l'illustration, tu m'as quand même donné du fil à retordre...
      j'ai failli me retrouver en blog classé "interdit aux moins de 18 ans" ! ;-)

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  2. Wouaou Jacou !
    Coquines et voluptueuses tes rimes.
    J'ai beaucoup aimé !
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. J'ai adoré aussi... :-)
      La scène est à la fois cocasse et délicieuse...

      Merci Jacou !

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