vendredi 26 décembre 2025
AI et Mil et Une : "C'est l'heure..."
dimanche 21 décembre 2025
Atelier de Villejean : "Ecrire comme Delerm"
Consigne De l'Atelier de Villejean :
"Écrire comme Delerm en 2025 "
Chaque nouvelle de cet auteur, Philippe Delerm, ne contient pas plus de quarante lignes.
Il écrit toujours au présent et use et abuse du pronom « on » à la place du « je ».
Il fait des phrases courtes mais avec beaucoup d’adjectifs pour raconter des événements de la vie quotidienne, des situations sans rien d’exceptionnel que tout le monde a vécues au moins une fois.
« On est entre la thèse de sociologie et la rédaction de 1er de la classe ».
Dans ce style-là vous écrirez de deux à cinq petits textes dont le titre sera choisi dans cette liste extraite de « Le Trottoir au soleil » :
Au nord de soi - Avec son petit matos - Cette lumière-là - Chez moi - Dans un grain de sable, toute la plage - Deuxième vie - Dimanche matin - Du soleil et de l’eau sur un lavoir - Égoïste - Enfin ! - Je peux vous faire à dîner - Je veux redoubler - La figue mûre - Le ballon jaune - Le bonheur des amers - Le café dans un verre - Le cauchemar du trois étoiles - Le trottoir au soleil - Les persistants lilas - Les Toulousaines - On n’est pas invité ! - Passez une bonne après-midi - Pépites du métro - Quelques cerises noires - Se plaire dans Turin - Secouer sa serviette sur la plage - Terre à terre - Travailleurs du dimanche - Un champ de canne à sucre - Vivante par défaut
Au nord de soi
Parfois, la vie est belle...on est au soleil, dans la chaleur de la vie, dans la chaleur des autres. On rit, on chante, on se donne des rendez-vous. Avec un chat, un arbre, un voisin. Avec soi aussi. Avec un livre au coin du feu. Avec un bout de ciel et deux nuages qui passent. Parfois, tout est fluide, tout coule naturellement et joyeusement. On ne se pose pas de question.
Et puis, parfois, on bute. On s'accroche. Dans les ronces de la vie. Dans un contre-temps, un incident, une broutille. Ou dans un malentendu, une dispute, une trahison qu'on n'attendait pas. Le ciel se couvre, la neige tombe sur nos espoirs fanés et l'hiver s'étend.
Glacial. Inhospitalier.
Parfois, on est au nord de soi.
Vivant par défaut
Pourquoi se lever ? On est tellement bien dans la tiédeur des draps. Quand on devine la lueur du jour à travers les fentes des volets, que tout est calme et que le réveil n'a pas encore sonné. Quand on profite des dernières minutes d'une nuit insouciante. Quand on a encore de la brume dans le cerveau et des rêves effilochés au bord des cils.
Pourquoi se lever ? On sait ce qui nous attend : la douche, le métro, les collègues, le stress...et ce combat sans fin pour survivre dans la jungle moderne.
Pourquoi se lever ? Alors que c'est quand on dort qu'on vit le plus intensément. On vit dans la merveille. Dans le champ de tous les possibles. On admire, on frémit, on court, on vole...
Au réveil, on se sent "vivant par défaut".
Je veux redoubler
Dans l'enfance, on tremble tous à l'idée de redoubler. Refaire une année encore...la même chose : retraverser les mêmes leçons, les mêmes exercices...La perspective du redoublement est un cauchemar.
Et puis, on grandit, on devient adulte, on devient vieux...et là, tout à coup, à l'orée du grand départ...on est pris d'une idée folle :
"Grand Dieu, c'est passé si vite...s'il vous plaît, je ne pourrais pas redoubler ?"
Deuxième vie
Imaginez. On ferait une deuxième vie...comme on fait une deuxième année scolaire : on se souviendrait de la précédente et on s'appliquerait. On se dirait : "Tiens, ça, ce n'est pas si difficile, la vie, finalement."
On se sentirait plus grand, plus sûr de soi...on roulerait les mécaniques devant ceux qui ne connaissent pas les codes, qui expérimentent les choses pour la première fois. On râlerait un peu, aussi, juste ce qu'il faut...
Ce serait plus facile, plus prévisible en tout cas...Alors on savourerait un peu plus les récrés, les bons moments, les amis et on referait des erreurs, bien sûr, mais pas les mêmes. Oui, ce serait bien, une deuxième vie.
La Licorne
lundi 8 décembre 2025
AI : "Procrastination" - La Licorne
En retard, en retard, je suis en retard.
J'ai beau faire, j'ai beau essayer
De me corriger, de me dépêcher...
En retard, je suis toujours en retard.
Quand j'ai couru souhaiter
A ma rousse voisine la bonne année
On était déjà en février :
La Poulette m'a envoyé promener...
Avec mes meilleurs voeux,
j'avais l'air d'un con, compère,
Avec mes meilleurs voeux,
j'avais l'air d'un ....
Quand j'ai couru sous l'arbre
De mon ami pour le flatter
Le traître, à ma barbe,
S'était déjà envolé...
Avec mon beau discours,
j'avais l'air d'un con, compère,
Avec mon beau discours,
j'avais l'air d'un ....
Quand j'ai couru au désert
Pour me laisser apprivoiser
Le galapiat au manteau vert
S'était déjà fait piquer...
Avec mon doux regard,
j'avais l'air d'un con, compère
Avec mon doux regard,
j'avais l'air d'un ...
Quand j'ai couru à la mare
Où pêchait le Sieur Ysengrin
La glace avait fondu et dare-dare...
avait disparu le gourgandin...
Avec mon petit seau,
j'avais l'air d'un con, compère,
Avec mon petit seau,
j'avais l'air d'un ...
Et quand j'ai couru alléché
Par l'odeur du bifteck
Chez Cigogne au long bec
Elle avait sans m'attendre déjà tout gobé...
Avec ma p'tite fourchette,
j'avais l'air d'un con, compère,
Avec ma p'tite fourchette,
j'avais l'air d'un ...
Un renard, un renard, je suis un renard
En retard, en retard, toujours en retard
Mon nom est Jules et je crois qu'je suis nul...
Poil de carotte ! J'suis une tête de linotte !
.
La Licone
(oups..."coquille" ;-)
.
Pour l'Agenda ironique de décembre
chez Carnets Paresseux...
Voici les consignes de ce mois :
1) Ecrire un texte
sur le thème du RETARD
2) Insérer les mots
"galapiat", "renard",
"regard" et "gourgandin"
.
3) Eviter les mots :
"noël", "sapin",
"ratiocination" et "budget"
.
4) Placer une couleur, une saveur
une coquille, une odeur ou un parfum...
.
5) Forme libre
.
6) S'inspirer, éventuellement,
de la photo de la Rue Dupuytren
(non fait)
.
Enfin, comme à l'habitude,
du mystère, du calendrier, du suspense,
des jours et des dates
et, évidemment,
de l'ironie...
.
vendredi 5 décembre 2025
JEU 113 : "Bien-aimée" - Joe Krapov
BIEN-AIMÉE SANS COMPLAINTE,
PAS BOURRÉE (DE COMPLEXES)
mercredi 3 décembre 2025
Chansonnettes...pas nettes
Les autres sont un peu modifiées
pour s'adapter à l'image proposée :
lundi 1 décembre 2025
JEU 113 : "Alcools" - La Licorne
Sous le pont
Mirabeau
Coule la
Seine et
nos amours
Faut-il qu'il
m'en souvienne
La joie venait toujours
Après la peine Vienne
la nuit sonne l'heure Les jours
s'en vont je demeure Les mains
dans les mains restons face à face
Tandis que sous le pont de nos bras
passe Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont
je demeure L'amour s'en va Comme la vie est lente
Et comme l'espérance est violente Vienne la nuit Sonne
l'heure Les jours s'en vont je demeure Passent les jours
et passent les semaines Ni temps passé ni les amours
reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure.
.
Guillaume Apollinaire
"Alcools", 1913
( et La Licorne pour la mise en page,
inspirée par Rabelais et les calligrammes d'Apollinaire )
