jeudi 12 février 2026

AI (3) et Jeu 115 : "Voyage, voyage..."- La Licorne



Les hommes poursuivent ce temps
Qui court depuis toujours...

(Cabrel -"Sarbacane")
.


H.G. Wells


Je ne sais pas si vous l'avez constaté comme moi, mais il y a une façon assez simple de se "projeter" dans le temps. Une façon que H.G. Wells n'aurait pas reniée. Une méthode à la portée de tous, à tout moment.

Dès l'ouverture de l'engin, vous êtes propulsés très très loin dans le passé et le futur...sans retour possible, avant plusieurs heures voire plusieurs jours. Le paysage défile devant vos yeux, vous revoyez des époques oubliées, vous allez dans des contrées temporelles non encore explorées...et vous en revenez ébloui, ravi, émerveillé.

L'engin en question s'appelle... un "livre".





C'est quelque chose d'incroyable qui fonctionne grâce à un carburant un peu particulier : l'esprit. Le pouvoir de l'esprit a été découvert il y a longtemps, mais on n'en a pas encore exploré toutes les possibilités. On en teste encore certaines.

L'une d'elles est de pouvoir transformer de petites lignes noires et ternes sur fond blanc en images détaillées et multicolores. Une autre est de vous faire quitter l'endroit et l'époque où vous êtes pour vous emmener dans l'inconnu. C'est vraiment fantastique...et ce qui ne gâte rien, peu onéreux.

De grands hommes ont compris toute la beauté de l'expérience et ont décidé de commercialiser l'engin. De le rendre accessible au plus grand nombre.

L'un d'eux s'appelait Ernest Flammarion. C'était le cadet de la famille. Et son grand frère, Camille, avait cette même passion pour les voyages dans le temps et dans l'espace...mais lui, il utilisait d'autres outils, qu'il pointait vers le ciel. Il n'avait pas son pareil pour vous décrire le monde tel qu'il était il y a cent mille ans.

Il était astronome.




Sur cette photo, vous pouvez voir Ernest à droite, légèrement caché. A ses côtés, deux hommes endimanchés. L'un d'eux se tient au poteau, sans doute pour tempérer les effets du "décollage". Trois femmes sont venues assister au "lancement" et un autre est en train de consigner l'expérience dans un petit carnet.

De nombreux prototypes sont rangés sur les rayonnages. Lequel sera l'heureux élu pour le périple spatio-temporel de la soirée ? Nul ne le sait.

Ce qui est sûr, c'est que des "voyages" livresques, il y en aura des milliers pendant tout le siècle suivant. Ils se démocratiseront, devenant rapidement à la portée de presque toutes les bourses.
(...et ça continue, encore et encore...)

Pendant que son frère fréquentera assidûment l'Observatoire de 
Juvisy, Ernest vendra ses petits parallélépipèdes "magiques"...véhicules pour des "montées" fulgurantes et des milliers de rêves étoilés...

Deux frères...deux façons d'explorer l'univers...une épopée.

Et vous, c'est quand la dernière fois que vous êtes "parti" ?



La Licorne


Photo 3 :
Soirée littéraire à la librairie Flammarion,
4 rue Rotrou, Paris, 1926.
Agence Rol, BnF/Gallica.

Photo ci-dessous : 
Rodney Smith 





"Je courais, je courais, je courais, je courais
Et le temps s’en allait..."
.
Francis Cabrel





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Inspiré par les consignes du Jeu 115 

de Filigrane


et de celles 
 
de l'Agenda ironique de février


(3ème texte du mois)
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5 commentaires:

  1. ;-) un livre, CQFD.... amitiés, JB

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  2. Le livre qui se livre.

    J’aime beaucoup les voyages spacio-temporels ... donc j’aime beaucoup ton texte. Et la jonction fraternelle ne gâche rien.

    La comparaison entre Ernest Flammarion et Camille Flammarion est très bien trouvée :
    Deux frères. Deux instruments. Deux façons de voyager.

    Cela donne un texte clair, le structurant, en presque symbolique. Là, il y a une vraie colonne vertébrale.

    Et le clin d’œil à l’Observatoire de Juvisy ajoute une petite touche concrète sans alourir du tout.

    Et puis, la citation de Sarbacane donne une impulsion temporelle liminaire cohérente. Elle s’intègre très bien.

    J’ai bien aimé.

    J’ai ce matinou une reponse au défi #115 sur mon blog.

    À te relire

    Lothar

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  3. Merci Lothar !
    ce texte se voulait "clair", en effet,
    aussi "clair" qu'un ciel d'été rempli d'étoiles...
    Il n'y a que le "simple" pour nous émerveiller...:-)

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  4. carnets paresseux25 février 2026 à 15:03

    Elémentaire, mon cher Watson !
    excellente démonstration, le livre est évidemment un moyen de transport magnifique !
    encore fallait-il y penser !

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  5. "Le pouvoir de l'esprit a été découvert il y a longtemps, mais on n'en a pas encore exploré toutes les possibilités".
    Voilà bien là quelque chose qui me fascine au plus haut point.
    🤩🤩🦄😘😘

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