jeudi 9 avril 2026

Atelier de Villejean : "Le vocabulaire d'antan"

 

"Eh, ça boume ?"



C'est l'histoire d'une mouflette de treize piges, qui veut jouer les nanas. Ses parents ne s'occupent pas beaucoup d'elle, ils sont trop occupés par leur propre vie. A vrai dire, la seule personne qui la comprend vraiment, c'est son arrière-grand-mère, Poupette. Elle, elle est vachement chouette. On peut tout lui raconter. Ensemble, elles ont de grandes causeries.

Un jour, la miss est invitée à une surboum. Elle trouve ça épatant mais elle s'aperçoit assez vite qu'elle n'a rien à se mettre : ses fringues à deux francs six sous, la petite laine sur le tricot de peau, le gros chandail et les grolles uséesça va pour aller au collège, mais pas pour aller gambiller ou danser. Elle se cloître alors dans sa cambuse et passe des plombes à essayer des vêtements, histoire de trouver un truc qui l'avantage un peu. 

Puis elle sort à intervalles réguliers pour faire sa mijaurée devant sa mère qui lui lance des "Mazette !", des  "Punaise ! ", "Terrible !"...et des "Trop chou ! " sans interrompre son travail de dessinatrice.

Bon, la fin de l'histoire, tout le monde la connaît : Vic va se rendre à la nouba de Raoul et s'enticher d'un petit gars au joli minois. Tout le monde se souvient du moment où le pick-up débite ce slow inoubliable : "Dreams are my reality...", de ce moment où, au beau milieu du chahut, le temps semble s'arrêter...



Ce genre de scène, c'est trognon. A l'époque, c'est encore assez "soft" ; deux tourtereaux qui se bécotent sur une belle musique, une fille qui en pince pour un garçon de son âge...y'a pas de quoi fouetter un chat. 

Aujourd'hui, les parents s'inquiètent pour bien autre chose : le "Jules" en question est-il un blouson noir, un cador, un margoulin tatoué qui roule en pétrolette et qui se fait de l'oseille  en fourguant de la came à ses potes ? Apporte-t-il, en douce, de la bibine, des alcools forts ? La java va-t-elle se terminer en désastre, chaque invité finissant par rendre ses boyaux dans tous les coins de l'appartement ? Ou pire : va-t-elle se terminer au panier à salade ? Vont-ils devoir "casquer" pour récupérer leur petit poussin ? 

Ce genre de faits divers, malheureusement, il y en a plein les gazettes.

Alors, pris d'angoisse, les parents bigophonent quatre fois dans la soirée pour savoir si tout se passe bien. Du coup, leur fille les trouve absolument assommants et elle leur fait la tronche jusqu'à noël...

...quand elle ne fait pas sa valoche pour se tailler au bout du monde...avec toutes ses éconocroques et un gus complètement branque...afin de bien leur faire comprendre, à ses deux "vioques", qu'elle n'est plus une gamine, qu'elle a l'âge d'être libre...et qu'ils n'ont pas intérêt à la brider...

Pour sûr, nous vivons une époque "moderne"...


La Licorne

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Pour l'Atelier de Villejean

"Parler comme ses arrière-grands-parents"

(Les mots "démodés" sont en italique dans le texte...

j'en ai placé une bonne cinquantaine)



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