Rupture
L'homme l'a posée là comme on pose un chapeau
Ou comme un pardessus sur son porte-manteau.
Il l'a déposée là, l'aurait-il oubliée?
Depuis sa femme attend, la mine résignée.
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Une tasse à la main, dans l'autre une revue
Qu'en le guettant, dix fois déjà elle a relue,
Elle fixe le vide, la belle élégante,
Cela lui donne en fait, une allure distante.
«Attends-moi, je reviens !» C'est ce qu'il a promis.
Mais son attente est vaine. Enfin elle a compris !
Sous son joli bibi, son étole de reine
La femme abandonnée à la mine lointaine,
Ne voit rien, n'entend rien, perdue dans ses tourments.
Son mari l'a quittée, d'un coup c'est évident !
Il a pris son chapeau, ses claques et ces cliques.
Voilà d'une rupture le récit clinique.
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Bien joué !
RépondreSupprimerOn y croit, à ce récit...d'une femme "sidérée" par une rupture soudaine...
Cela expliquerait en effet ce regard vide, cette tasse qui s'immobilise en l'air...
et cette revue qu'elle fixe sans la lire vraiment.
Et le tout en vers, en plus !
Merci pour cette belle participation, An'Maï !