samedi 11 juillet 2026

JEU 120 : "Mes jeux d'enfance" - An'Maï

 



Mes jeux d'enfance


Jouer à la marelle, je l'ai fait avec Isabelle, ma meilleure amie d'enfance.

Nous la tracions maladroitement à la craie au beau milieu de la route puis, chacune à notre tour, nous sautions sur un pied de case en case, de la terre jusqu'au ciel. Avec elle j'ai aussi concocté des tambouilles aux herbes dans sa jolie dinette que je lui enviais. puis nous faisions semblant de les manger. Un jour c'était elle la maman et moi l'enfant difficile, le lendemain nous inversions les rôles...

Mais c'est avec mes deux grands frères, mes cousins, ma cousine et toute leur bande de casse-cou recrutés chez les gamins du village, que je préférais jouer à Tarzan, à d'Artagnan, aux cow-boys et aux indiens entre autres héros qui avaient le pouvoir d'inspirer notre imagination débordante. Ceux des films qui passaient le jeudi dans l'arrière-salle du café du village, ou ceux des BD que nous lisions.

Quand ils ne construisaient pas des cabanes ou ne rejouaient pas «La guerre des boutons» à leur façon avec la bande des «Brouard-Pierre» comme on les appelaien dans le village, mes frères s'adonnaient à des jeux plus calmes ! Enfin, il faut le dire vite parce que le calme cessait dès que leur petite sœur avait le malheur de vouloir participer. M'avoir dans les pattes, avait le don de les mettre sérieusement en boule ! Un sac de billes, un parcours compliqué entre parpaings, collines de sable et autres obstacles à franchir pour les billes de verre et d'agate, et mes deux frangins turbulents devenaient très sages et concentrés. Du coup, sitôt que je faisais mine de m'approcher, ils devenaient pires que des bulldogs dont un misérable roquet aurait voulu piquer l'os. En l'occurence, le misérable roquet, c'était moi ! Ils ne voulaient pas de moi dans leurs batailles rangées de billes et de galots au terme desquelles le perdant cédait quelques uns de ses précieux trésors au gagnant. Pour les jeux de guerres et de batailles fictives entre deux camps ennemis, je n'avais de place qu'en tant que victime idéale : indienne prisonnière chez les cowboys, femme blanche attachée au poteau de torture chez les indiens, captive des méchants libérée par les mousquetaires... Et j'acceptais ce rôle ingrat parce que c'était pour moi, le seul moyen d'être intégrée à l'un ou l'autre des camps. Un rôle qui m'a valu pas mal de tirages de cheveux, quelques bleus et horions. De petites blessures de guerre dont j'étais en fait très fière parce qu'elles m'ont servi d'adoubement pour être acceptée dans la bande ! Une bande d'invincibles héros dont Isabelle qui n'aimait que nos gentils jeux de fille, n'a jamais fait partie.


An'Maï



1 commentaire:

  1. Ah...tu me ramènes loin en arrière, An'Maï...
    Oui, j'ai grandi aussi dans cette ambiance...
    Y'avait les jeux de filles...et les jeux de garçons.
    Et j'étais , comme toi, un peu entre les deux.

    Par chance, y'avait quand même certains jeux où l'on était vaguement acceptées, bien que "filles" : les jeux de cache-cache, les jeux de "balle au prisonnier"...

    Quand je regarde les cours de récréation aujourd'hui, pas sûr que ça ait beaucoup changé.
    Je remarque toujours deux groupes assez distincts...d'un côté les jeux très "actifs" (garçons), et de l'autre les jeux plus passifs, plus calmes (filles).
    Faut croire qu'il y a quelque chose de "naturel" là-dedans...

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