vendredi 6 juin 2025

"Genèse" - La Licorne

 

 

Pour l'Atelier d'écriture de Villejean 

 

 

 

 Quand Dieu lança les "dés"-"buts"

de l'Univers,

il n'avait pas de plan en tête,

ni de but. 

Juste un plant.

Il planta son plant 

en espérant ne pas se planter. 

Puis il l'arrosa soigneusement

et s'assit pour observer.

En silence. 

 

Le plant but, but...et rebut.

Et puis...il grandit.

Librement.

 Inexorablement

Avec plein de branches, 

qui croissaient, se multipliaient,

s'épanouissaient en une magnifique fractale.

Et Dieu vit que cela était beau.

 

 
 
 
Il décida que la pousse de l'"arbre du monde" serait infinie
 
et que jamais il ne dirait "pouce", 
 
car il avait envie de contempler l'expansion illimitée
 
et le déploiement chatoyant de l'Unité
 
en une myriade de branches totalement imprévues...
 
Il n'y avait plus de nuit,
 
il n'y avait plus d'ennui.
 
 
L'Univers qu'il avait "lancé" n'avait pas de sens, 
 
il avait une essence, 
 
et son essence était d'aller 
 
dans tous les sens. 
 
Chaque branche de vie faisait son expérience 
 
et la transmettait à l'arbre entier. 
 
Et Dieu vit que cela était bon.
 
 
 
  
 
Il dit alors :
 
"Que le hasard soit !"
 
Et aussitôt, le hasard fut.
 
Le hasard créa encore plus de variété, de diversité,
 
Il y eut moins d'emprise et plus de surprises. 
 
Evidemment, ce fut vite un grand b'hasard...
 
Et Dieu vit que cela était drôle.
 
 
Cependant, après quelques millions de millénaires,
 
les branches s'emmêlèrent et s'emberlificotèrent...
 
en mille noeuds incohérents, ce fut l'enfer ! 
 
Dieu décida alors d'ordonner un peu le chaos :
 
il sortit une flûte de Pan
 
et joua un air entraînant, 
 
une mélodie digne de Mozart...
 
pour dompter le fameux "hasard". 
 
 
 
 
 
Au son de la flûte, les branches, telles des serpents, 
 
se mirent à danser sur quatre temps.
 
 Elles retrouvèrent leur place première
 
tout en se spiralant au rythme du mystère.
 
Et Dieu vit que cela était bien.
 
Il décida alors de jouer sans fin
 
pour maintenir la cadence
 
et empêcher du cosmos la décadence.
 
  

 
Il joua longtemps, longtemps
 
jusqu'à en oublier le temps.  
 
Un beau jour, fatigué, il lança un contre-ut
 
 ce qui, d'un ange, provoqua la chute.
 
 L'humanité fit alors son apparition. Mais zut !
 
L'Homme sur la Terre
 
était sourd à la musique des sphères :
  
 il dansait à contre-temps
 
 
Et Dieu ne trouva pas ça amusant.
 
Hi, hi, hi ?
 
Non, grand g'Hachis ! 
 
 
Il lança alors une note plus aiguë
 
Histoire de réveiller l'hurluberlu.
 
Je te laisse la liberté,
 
dit Dieu à l'écervelé, 
 
Mais tends bien l'oreille
 
à cette merveille :
 
Cette note-là a une spécificité :
 
elle peut réenchanter
 
ton monde désorienté.
  
On l'appelle DS : 
 
"Douce Synchronicité",
 
elle est là pour te guider.
 
Elle est le "LA" de l'unicité...
 
De ton chemin, elle est la clé.
 
 
Et maintenant, va, 
 
tu peux enfin danser...
 
 au son de ma flûte enchantée...
 
.
 
La Licorne
 
.
 
 
 
 Moebius in coelum 

 

 Nodi infinitum 

 


jeudi 5 juin 2025

JEU 107 : "La gazette" - Melisa

 

 J'ai lu cette histoire d'inauguration qui tourne mal dans la Gazette Bergeracoise de mai :

  


Melisa 

 

 

mercredi 4 juin 2025

Agenda ironique : "Jointures" - La Licorne

 

 Don't U fall!; acrobatic vnitage image

 

Mois de juin. 

Juin ? Joint ?

...ça craque dans les jointures. 

 

Depuis qu'elle est  toute petite, Marie joint les deux bouts. 

Entendez par là qu'elle se retrouve toujours, 

sans savoir ni pourquoi ni comment, 

"entre deux".

Entre deux personnes, entre deux opinions, 

entre deux clans.

 

Peut-être a-t-elle commencé dès l'enfance, 

en étant le "lien" entre deux parents trop différents.

Des parents qui s'étaient unis sur un coup de tête, un coup de foudre,

pour s'apercevoir ensuite, un peu tard, qu'ils n'étaient guère compatibles.

 

Alors, longtemps, elle s'est adaptée.  

Ne pas déplaire à l'un, ne pas agacer l'autre. 

Ne pas dire, ne pas faire. 

Rester "invisible" pour ne pas déranger. 

Ne pas "jeter d'huile sur le feu". 

Et au final, au bout d'un certain nombre d'années, 

ne pas exister.

 

Gluer...et s'engluer ? 

Se flageller pour une peccadille ?

Se morfondre dans des rôles de sous-fifre ?

Marie sent que ça suffit.

Elle en a assez d'essayer de "concilier" les autres, 

de les écouter sans être écoutée, 

de les aider sans être aidée, 

de les scruter sans jamais être vue.

Elle en a assez d'être le faire-valoir d'un con-joint, 

qui aime "briller dans les ruelles",

Assez d'être celle qui "marche sur des oeufs" 

pour ne pas être rejetée.

...la coquille craque de partout.

¡qooɾ,ƃ ooƃ oo⅁

 

  

 

Elle se souvient de tous les compromis, de tous les mots ravalés..

de tous ces moments où elle s'est tue...pour ne pas blesser,

pour ne pas "casser l'ambiance",  

pour ne pas montrer sa différence...

ou son indifférence.

Elle se souvient de toutes ces années passées à vivre 

"entre deux camps".

Le camp des ABS, le camp des GPS.

 

A 10 ans, entre le camp des "Amateurs de Billes Scintillantes" 

et le camp des "Grands Potes Sérieux"

A 15 ans, entre le camp des "Amis Bons et Sincères" 

et celui des "Garçons Plaisantins et Séduisants",

A 25 ans, entre les "Athées Brillants et Sceptiques" 

et les "Groupes Priants et Spirituels"

A 40 ans, entre les "Artistes Bordéliques et Spontanés" 

et   les "Génies Perfectionnistes et Scientifiques"...

 

A chaque fois, Marie vit

un pied dans l'un, un pied dans l'autre, 

alternativement ou simultanément,

mais qu'est-ce que c'est fatigant de "tenir deux bouts",

quand les uns ne veulent pas entendre parler...

des autres !

 

 

 

  Mois de juin :

Fumer un "joint" ?

Ou refaire les joints ?

Recoudre...ou en découdre ?

Priser...ou repriser ?

Jeter...ou surjeter ? 

Le "dis-joint"...ou le "vin d'juin" ?

"Points de suture" ou "point de futur" ?

...ça craque dans les juintures.

 

ǝuɹoɔᴉꞀ ɐꞀ

 .

 

3914 article 

 

  

 

Pour l'Agenda Ironique de Juin

proposé par Tiniak

 

Sur le thème : 

"Joindre les deux bouts"

 

J'ai placé les mots : 

gluer, peccadille, sous-fifre,

Goo goo g’joob! 

 

et l'expression :

"briller dans les ruelles" 

Consignes ICI 

 

 

 

 

 

lundi 2 juin 2025

JEU 107 : "Cyrano" - AlainX

  

 

 

Bien peu de gens ont connaissance des véritables origines de Cyrano de Bergerac. La plupart des non-initiés attribuent sa paternité à Edmond Rostand qui l'inventa pour bâtir autour de lui sa célèbre pièce.

Que nenni !
L'homme a existé : Savinien de Cyrano, dans les années 1600. On raconte que c'était un parisien, fieffé menteur doublé d'un libertin, à moins que l'un n'aille pas sans l'autre. Mais nous ne sommes pas là pour faire de l'histoire, ni de l'exégèse du Théâtre en France.
D'ailleurs tout cela n'est que de la spéculation de critiques en mal d'inspiration.
Car tout cela bien entendu n'a rien à voir avec ce qui nous intéresse ici.

L'ancêtre avéré, l'arrière-grand-père de Cyrano, n'est autre que l'italien Carlo Collodi , dit Pinocchio. Cela explique que le Cyrano de Bergerac que nous connaissons tous, avait, dans son patrimoine génétique, un nez allongé plus que de raison, qui faisait de lui la risée de son entourage.

Il se fait que j'ai eu l'occasion de croiser Monsieur de Bergerac dans un cocktail de gens de qualité, dont bien entendu je fais partie. Nous avons sympathisé et après plusieurs verres d'alcool, il m'a fait des confidences que je ne peux garder pour moi. C'est d'ailleurs bien connu quand on vous fait des confidences, c'est pour que vous alliez les colporter aux alentours.

 C'est ainsi que j'ai appris que ce Monsieur avait aussi le bras long. Il connaissait parfaitement des patrons de boîtes de nuit qu'il fréquentait assidûment. Après la fermeture se déroulaient des séances spéciales où chacun se laissait aller avec des Dames ou des Messieurs adeptes de prestations particulières que chacun appréciait à sa juste mesure.



Le problème c'est qu'à force de fréquenter ces lieux Monsieur de Bergerac souffrit d'une Pinocchiohite chronique, malheureusement visible et même trop visible, ainsi que le démontre la photo que voici. Le bras long sans doute, mais le nez aussi : en effet il ne cessait de raconter des choses inventées, totalement fausses et même irréelles quand elles n'étaient pas farfelues et ne trompaient personne. Mais il était de bon ton de l'approuver en tout, compte tenu de son rang social élevé, mais surtout du fait qu'il finançait abondamment ce genre de soirée hors du commun.

Ce soir-là il me déclara : (*)
    - Voyez-vous, lorsqu'on a trop réussi sa vie,
    On sent, - n'ayant rien fait, mon Dieu, de vraiment mal ! -
    Mille petits dégoûts de soi, dont le total
    Ne fait pas un remords, mais une gêne obscure ;
    Et les manteaux de duc traînent dans leur fourrure,
    Pendant que des grandeurs on monte les degrés,
    Un bruit d'illusions sèches et de regrets,

Là-dessus nous nous quittâmes et plus jamais je ne le revis.

Alain X


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(*) Cyrano de Bergerac —Acte V, Scène 2

 



dimanche 1 juin 2025

JEU 107 : "Tirade revisitée" - La Licorne

 


 

En 1980, dans un petit bal de province, à Bergerac.

Un jeune homme avec une crête blonde, des rouflaquettes et une boucle d'oreille

apostrophe le DJ qui vient d'essayer d'aborder sa copine. 

- Eh, toi, Pinocchio...laisse-la tranquille, ok ?

 Le Sire sans anneau répond alors du tac au tac au mec :

Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…
En variant le ton, – par exemple, tenez :

Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel pif,
Pour le cacher, je me laisserais pousser les tifs ! »

Amical : « Mais il doit tremper dans votre verre
Pour boire, procurez-vous une paille mon cher ! »

Descriptif : « C’est une pousse … c’est une  tige ! … c’est une pioche !
Que dis-je, c’est une pioche ? … C’est un cylindre moche  ! »

Curieux : « A quoi  vous sert ce machin ridicule ?
Y pendez-vous, monsieur, vos chemises et vos pulls ? »

Gracieux : « Aimez-vous à ce point la forêt
Que perpétuellement vous vous préoccupez
De faire grandir une branche à la place du nez ? »

Déférent : « Ah, monsieur, lorsque vous vapotez,
Ou lorsque vous fumez cigare ou cigarette
Veillez à l'entourer de plusieurs bandelettes ! »

Prévenant : « Prenez garde en cas de mauvais temps
Que la neige ne le brise en s'y accumulant !

Tendre : « Posez-y donc un petit parapluie
Avant que la goutte au bout n'y fasse son nid ! »

Pédant : « Seul l'animal qu'on appelle tapirus,
Tapirus augustus, mesopotamicus,
Se pare d'une trompe aux allures de phallus ! »

Cavalier : « Quoi, l’ami, ce truc est à la mode ?
Moi, je n'en voudrais point, c'est bien trop incommode  ! »

Emphatique : « Aucun homme ne peut sans scandale
Promener appendice aussi phénoménal ! »

Dramatique : « Attention ! Tous à terre, il se mouche ! »

Admiratif : « Le bout de l'horizon, il touche ! »

Lyrique : « Quel obélisque ! Êtes-vous Akhenaton ? »

Naïf : « De votre vieillesse est-ce le bâton ? »

Respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
Vous avez là une chose que l'on n'a jamais vue ! »

Campagnard : « Hé, Marcel ! T'as vu c'tarin ? De diou !
C’est un roseau géant ou ben c'est un biniou ? »

Militaire : « Soldats, vite, sortez les baïonnettes ! »

Pratique : « Appelez donc le livre des records
Assurément, monsieur, vous battez tous les scores »

Enfin parodiant Coluche sur internet  :
« Dans la vie rien n'est grand et pis rien n'est petit
La bonne longueur du nez, c'est six crottes et demie ! »


– Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !


Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant
toutes ces filles jolies,
me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.


 La Licorne

 

(les passages en italique sont d'Edmond Rostand)

 

 

 

JEU 107 : "Triste sire Jeannot à Bergerac" - Lothar

 

Cyrano-ci, Cyrano-là la la la

Moi,

Depuis lurette,
Je ne suis pas foufou de balles.
Je ne suis pas canari en cage,
Et au sport jamais ne touche,
Ni le weekend,
Ni en semaine.

Sur gazon maudit ou en tribune,
Pour toujours,
Je botterai en touche !

Oui, car il est vrai
Que dans nos modernes sociétés,
On aime moins se tripoter.
Le touché s’est comme distancié,
Virtualisé,
Masqué.

Toucher n’est pas jouer !

Et
Je puis vous en conter,
Par petites touches,
Ici.

Même :

Le lundi, poignée de main touchante
Pour les garçons et bise pour les filles
– Hors saintes-nitouches.

Et puis pas rester sur la touche,
Travailler en équipe,
Sans épuiser toutes ses cartouches,
Avec une touche de bonne humeur.

Le midi on va manger
Ensemble,
Ce qui n’a trop une drôle de touche,
Sinon … beh, on n’y touche.

Après le café, on fait return,
Et on retourne voir ses touches
D’ordi, et ses messages aussi.

Encore reprendre un p‘tit café,
Avec la dactylo,
Oui, celle qui aime la sténo,
Celle qui pour une belle
N’est pas si bête,
Celle avec qui on a une touche.

Té ! Touche pas à ma pote,
S’pèce de touche-à-tout.
Pas touche !
Vé, elle est pour moi,
Tu t’es vu ? – ‘touche pas ta bille
Avé les filles.
Just’en info,
Sinon zéro.
Coulé Touché.

Va donc toucher notre tiercé,
Pari sportif,
Et ramène ma part gagnée.

Bon, la journée touche à sa fin,
Bien chargée,
Je rentre.

Je pense à ma dactylo,
En chemin. 

Je touche le fond
Et Dubois le concierge.

Ha ! Elle, elle envoie du lourd. J’espère qu’elle c’touche …

 

Lothar

 

 

Loose Stitch, l’envoi ou comment botter en touche – 

Lothar, mise en abyme, montage de photos photophiltré

______________________________

 

 
 
 

JEU 107 : "Cyrano de Bergerac"

 

- Atelier d'écriture pour le mois de juin -
 
 
Tout d'abord, un grand MERCI à tous
pour vos créations de mai...
 

Ce mois-ci, vous êtes tous invité(e)s 
 
à laisser courir votre imagination 
 
à partir de cette image :

 

et de ce titre :

"Cyrano de Bergerac"

d'Edmond Rostand

.

 

Comme d'habitude, 

vous pouvez , au choix :

- Placer tous les mots du titre

- Prendre ce titre comme titre de votre texte

- Ou faire référence au contenu de l'oeuvre citée

(en l'imitant, le complétant, le citant, le parodiant...etc) 

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 juin 2025

.
 
A bientôt !
 
.
 
La Licorne
 


 

mercredi 21 mai 2025

Jeu 106 : "La révolution des casseroles" - La Licorne



Un jour toutes les casseroles

En eurent soudain ras-le-bol

De leur sort de domestique

De leur vie d'esclave antique

On les avait tant chauffées

Grattées, fouettées et frappées

Qu'un beau jour elles décidèrent

De ne plus se laisser faire :

De la sauteuse au poêlon

De la cocotte au chaudron

Ce fut la Révolution !


Descendues dans la cuisine

Elles produirent un tintamarre

Si monstrueux que les dames

Dans les maisons, les cantines

Sortirent de leur plumard.

 

"Donnez-nous une vie plus digne !

De celle-ci on en a marre

Marre d'être toujours aux fourneaux

On veut des jours de repos !

Laissez-nous notre dimanche !"

 Et pour bien montrer leur ire

Elles dévissèrent tous leurs manches

Et  les jetèrent sans mentir

Sur les cuisinières sans voix

Qui se demandaient en quoi

Elles avaient bien pu fauter

 

Etaient-ce les fricassées,

Les pots-au-feu, les blanquettes

Les sauces ou les côtelettes

Qui les avaient épuisées ?

 Elles repassaient les recettes

En boucle au fond de leur tête

Sans parvenir à trouver

Le sens de cette échauffourée.


Oui, je sais, vous voudriez

Connaître la fin de l'histoire

Savoir qui s'en est tiré

Et qui a pris le pouvoir

Mais j'en suis bien désolée

C'est là qu' je m'suis réveillée

Assoupie su'l'canapé...

 

 Et qu'j'ai entendu dans l'noir

Ma petite casserole chanter :

"Achète donc une bouilloire

Ce sera mieux pour ton café !"

(Faut dire que j'le prends le soir

Toujours décaféiné")

 Vite ! J'ai foncé sur le gaz

L'eau s'était évaporée

J'étais encore un peu naze

Mais incendie évité !

 

De son appel amical

Je l'ai grandement remerciée

Ma casserole musicale

Dès lors, je l'ai chouchoutée

Caressée et bichonnée...

Et depuis, je croise les doigts,

Mais ça se passe bien ma foi,

Car bien qu'elle soit syndiquée

Elle n'a plus revendiqué.


La Licorne