mardi 2 juin 2020

J'ai embrassé une nuit d'été



Pour l'Agenda ironique de juin



L'été, la nuit, les bruits sont en fête.
Pendant que les grillons crissent et recrissent leur mélopée entêtante,
je lève les yeux vers l'indigo du ciel qui me tend ses étoiles 
et je laisse le vent doux me souffler que la vie est belle.
Oui, elle est belle...elle est splendide, la vie, et cela nous saute aux yeux et au coeur
dès qu'on prend le temps de l'observer dans une immobilité confiante.

Les arbres du jardin me le murmurent de toutes leurs feuilles 
et le chat du voisin qui ondule près du buisson me le rappelle 
dans une caresse improvisée dont la gratuité me surprend.
Je laisse les parfums du soir m'imprégner longuement de leur magie tendre...
Je contemple la lune qui jette sa lumière blanche et grise dans l'espace infini...
et soudain je ressens que mon être, d'un coup, se défait de ses limites imbéciles.

Je ne suis plus  ce petit tas de chair séparé et préoccupé...
Je ne suis plus ce cerveau qui pense, dépense et compense...
Je suis l'herbe et la terre, je suis l'air et le ciel,
Je suis le battement d'ailes de l'insecte et le vol de l'oie sauvage
Je suis l'oeil du chat et la branche de l'épicéa
Je suis le champ de blé et la cime du clocher
Je suis le bateau sur le fleuve et  le chemin qui serpente,
Je suis le muret de pierres derrière la haie et la fourche plantée dans le jardin
Je suis celle qui parle au monde et à laquelle le monde répond...

J'ai parlé à l'arbre, j'ai chanté avec le merle, j'ai souri à l'astre polaire,
j'ai murmuré des mots d'amour au cheval du champ voisin,
j'ai conversé avec l'épouvantail...
j'ai même fait des confidences à mon massif de fleurs...
Finalement, ivre de joie, j'ai rencontré une brouette, 
et j'ai pensé qu'elle me prêterait une oreille attentive...
:-)

La Licorne






La consigne de Laurence  était la suivante :

A partir de cette citation de Lewis Carroll :
« Il venait de se passer tant de choses bizarres, 
qu’elle en arrivait à penser que fort peu de choses 
étaient vraiment impossibles » 
et des illustrations proposées (Escher),  
imaginez que l’impossible devienne possible. 
 
Petite contrainte supplémentaire : 
il faudra débuter votre récit avec la phrase d’ E Allan Poe : 
« L’été, la nuit les bruits sont en fête »

et le terminer avec celle de Lewis Carroll (encore lui!) : 
« Finalement, j’ai rencontré une brouette, 
et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive. » 

.



6 commentaires:

  1. Magnifique ! Suis sous le charme de ces impossibles qui prennent vie sous ta plume poétique. Tout y est beau, même le titre ! Merci pour ta participation La Licorne <3

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    1. Merci à toi, surtout...
      Ton thème m'a puissamment inspirée...puisque entre le moment où j'ai commencé et celui où j'ai publié, il y a eu tout au plus une petite demi-heure !
      Un petit ange a dû passer par là... :-)

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  2. C'est un thème bien inspirant et c'est vraiment agréable et cela donne envie de lire des romans.. avec le sourire

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  3. Superbe et plein de poésie, on en lirait des pages !!!

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  4. merci pour ce champ dans lequel je me sentais immédiatement à lire ta poésie enchanteresse du quotidien

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  5. Je suis également sous le charme ....
    Bonne journée
    Gérard

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