mardi 10 février 2026

AI (2) et Mil et Une : "Conversation au paradis" - LL

  

 William Shakespeare e Miguel de Cervantes

 

Cervantes s'éteint non loin de Madrid, un beau jour de printemps, au début du 17ème siècle.

Une dizaine de jours plus tard, c'est le célèbre Shakespeare qui rend l'âme...

Pourtant, l'histoire retiendra, pour tous les deux, la même date de décès : le 23 avril 1616.

Comment cela est-il possible ?

C'est simple : à l'époque, l'Espagne Catholique se base sur le calendrier grégorien et le 

Royaume d'Angleterre protestant sur le calendrier julien, calendrier qui a quelques jours de 

retard sur le premier !

.

Réunis par cette troublante fausse-coïncidence, nous les retrouvons quelque temps ou plutôt 

quelque "non-temps" après, assis tous deux sur leur nuage préféré...

Sh. - A cup of tea, my dear ?  

C. - Muchas gracias...querido amigo...Con un azúcar, por favor.

Sh - Servez-vous, je vous en prie ! Je plamotte le gâteau et j'arrive !

C - Vous me gâtez, William ! Même Sancho n'était pas aussi serviable !

Sh - Hum... le pauvre...ne le critiquez pas trop...Il avait fort à faire, je suppose. Avec 

vos fantaisies...nul doute qu'il devait souvent être "au four et au moulin" !

C - Peut-être. Mais le problème de fond, avec ce garçon, c'est qu'il n'avait pas grand-chose 

dans le crâne...

 Sh - Etre ou ne pas être futé, that's the question.

C - Il était débonnaire et gélasin...très bon compagnon, je l'avoue... Mais il n'avait aucune 

éducation digne de ce nom.  Je devais constamment le tancer  pour ses messéances. Vous qui 

êtes gentilhomme, vous comprenez ce genre de choses, j'en suis sûr. 

Sh - Eh bien, il se trouve que j'ai eu aussi un serviteur fidèle. Il s'appelait Roméo. Un vrai 

coureur de jupons, pour tout dire. Il avait le don d'embabouiner toutes les  guénuches 

qui passaient.  Je le regardais faire et souvent, je notais ses belles paroles enjôleuses...cela 

m'a bien aidé à écrire une certaine pièce, qui, en son temps, eut pas mal de succès. 

C - Je l'ai lue...je l'ai lue. Ah ! La scène du balcon ! Et Vérone ! 

Quelle merveille! Moi, je n'avais pas cette chance. Je vivais en Espagne dans un lieu banal, 

"dans une maison sans balcon, sans toiture, où y avait même pas d'abeilles sur les 

pots de confiture"...

Sh - Reprenez donc une part de mon gâteau au miel, mon cher. J'ai lu également votre 

oeuvre, voyez-vous. Votre héros qui, sur sa Rossinante, va de malenchère en malenchère 

m'a beaucoup fait rire ! Et réfléchir, aussi.

Comment s'appelait sa bachelette, déjà ? Her name is on the tip of my tongue...

C - Dulcinée, elle s'appelait Dulcinée... Mais c'est bien loin tout ça...Le temps d'amour a 

fui... je le crains, et nous voici ici, au paradis, à parler de petites pétoffes, sans le moindre 

parchemin ni la moindre plume pour poser nos pataraphes...

Sh - Nous étions des rêveurs, des poètes, des aligneurs de mots, Michel : nous avons écrit et 

créé du mieux que nous pouvions de notre vivant. Il faut maintenant laisser la place à 

d'autres, qui diront tout ça aussi bien, voire mieux que nous. 

Tenez, j'ai entendu, l'autre jour, une chansonnette monter jusqu'ici. C'était, ma foi, fort joli. 

Juliette en eût été charmée. Je vous la fais écouter ?

 

 

  La Licorne

 .

 

Pour l'Agenda ironique de février

chez Carnets paresseux

(2ème texte)

et pour Mil et Une 

qui nous demandait de placer les mots suivants :

 

 

 

Plamotter : Ôter le pain de sucre du moule 

Débonnaire : bon, doux

Gélasin : rieur

Tancer : réprimander, admonester 

Messéance : Qui est malséant, qui ne convient pas

Embabouiner : Amener (quelqu’un) à faire ce que l’on désire 

en (le) séduisant par des flatteries, des cajoleries

Guénuche : petite guenon, femme laid

Malenchère : malchance

Bachelette : Jeune fille gracieuse

Pétoffe: Affaire ridicule, petite affaire, cancan

Patarafe (ou pataraphe) : 

Trait d’écriture informe ou irrégulier; lettre mal formée

.


  

9 commentaires:

  1. ;-) excellent, paradis, cet autre lieu de rencontres, amitiés, jill

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    1. Lieu de rencontres et lieu de retrouvailles...aussi.
      Mais ne nous précipitons pas...chaque chose en son temps ! ;-))

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  2. A Lilousoleil (qui s'occupe de Mil et Une) : je ne parviens malheureusement pas
    à laisser de commentaire sur ton nouveau blog...
    J'en ai laissé un sur l'ancien !
    Bisous.

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  3. je viens de voir les mails se perdent au milieu des autres et c'est pour cela que j'ai mis un nouveau blog. mais tu envoies à cette adresse soleillant.lilou@gmail.com là je trouverai; Mille excuses remets moi ton texte et je le publierai sans problème. Je regarde ta prochaine consigne je je viendrai mais je fais tellement de choses au mileu de ne rine faire que je pédale un peu bises

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    1. Bonjour Lilou !
      Il n'y avait aucun reproche de ma part...tu sais.
      Et si tu ne publies pas ce texte-là, ce n'est vraiment pas grave...
      C'est juste que, comme je n'arrive pas à "poster" de commentaire sur ton nouveau blog, je ne suis un peu moins motivée qu'avant pour participer...
      Merci pour l'adresse mail, je vais voir pour les prochains défis.
      Amicalement.

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  4. Un dialogue divin, comme toi seul sait les faire.
    John Duff

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    1. Tu veux dire "moi seulE" ?
      Je ne sais pas si Dieu est un homme ou une femme...
      mais pour moi, c'est une certitude ! ;-)

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  5. Dialogue bien au-delà des mots, jubilatoirement intemporel.
    Décidément, La licorne, tu sais bien écrire les crâneries.

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    1. ...les âneries aussi, c'est certain ! ;-)

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