mardi 7 avril 2026

JEU 117 : "Bizarrerie bien bizarre" - Jak

 



Olivier Mutismebavard,

lui avait donné rendez‑vous dans ce bar chic

de la Rue de l’Asile, célèbre dans tout Paris.

On la surnommait « la rue où les mots se cachent sous les pavés »,

parce qu’on y trouvait plus d’enseignes de psychothérapeutes

que de numéros de rue.


Un endroit parfait pour commencer une histoire :

Un bar trop cher, un inconnu au nom improbable,

et une rue où même le syllabes étaient muettes

Mais le hic, c’est qu’Olivier

(rencontré sur internet)

était très bavard

Contrairement à elle.


Elle l’attendait avec impatience.

Elle en était à son 3ième verre de verveine apaisante,

mais la tension montait en elle

Sous son chapeau BCBG, les neurones s’agitaient.

Elle n’aurait jamais dû avoir à ce recours sur la toile,

d’autant plus que ce stratagème, dans le cas présent,

n’était pas encore d’actualité, puis que nous

étions début 20ième siècle !


Bizarrerie bien bizarre !


Enfin, il entra, décontracté, une écharpe posée

négligemment sur son col, sans chapeau,

les cheveux en bataille comme s’il avait traversé

un courant d’air.



D’emblée, il lui demanda ce qu’elle cherchait :

une aventure de passage,

un mariage, des enfants,

ou juste un café expresso.



Elle poussa un long soupir,

puis balbutia quelques sons inaudibles,

une sorte de brouillard vocal.



Il la fit répéter.

Et bis repetita : rien.

Pas un mot, pas une syllabe,

pas même un petit “heu” discret


Et pour cause : elle était aphasique.


Pas un drame, juste une manière particulière

de laisser les mots jouer à cache‑cache.


Aujourd’hui encore, après bien des décennies,

on se demande comment ils font

pour si bien s’entendre dans ce silence.


Peut‑être parce qu’au fond, dans la Rue de l’Asile,

les mots se cachent… mais les gens, eux, se trouvent.






3 commentaires:

  1. Une belle histoire...
    Et qui finit bien, en plus !
    C'est tellement rare.
    Bien contente de t'avoir inspiré ce joli texte, Jak !

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  2. Oh ! la belle inconnue élégante se révéla aphasique ! Olivier Mutismebavard, avec ce nom au paradoxe charmant fut cloué sur place par ce bien heureux hasard de la vie . Bien écrit en tout cas, chapeau Jak !

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  3. Un chouette texte avec le zeste de mystère qu'évoque la photo.
    A-phasique, à prendre ou à laisser.
    La joie du silence des mots.
    Et une finale si heureusement positive qu'on en redemanderait.

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