mardi 4 juillet 2017

JEU 27 : Le vaillant petit tailleur

 
 
PROLOGUE
 
Vous pouvez retrouver ICI  
le texte du "vrai" vaillant petit tailleur, des frères Grimm. 
L'atelier "Filigrane" nous a proposé d'en modifier la fin, à notre guise, 
mais en incluant dans notre œuvre
les mots "casserole", "poil" et "ruban" ...
...................

 
 
 
Le petit tailleur chassa toutes les mouches qui emplissaient son atelier, mais, ne comprenant pas la langue humaine, elles ne se laissèrent pas intimider. Elles revinrent plus nombreuses encore, car le fumet de confiture montait à présent de la casserole, toujours plus fort et irrésistible. Alors, comme on dit, le petit tailleur sentit la moutarde lui monter au nez. Il attrapa un torchon et « je vais vous en donner, moi, de la confiture ! » leur en donna un grand coup. Lorsqu'il retira le torchon et compta ses victimes, il n'y avait pas moins de sept mouches raides mortes. « Tu es un fameux gaillard », se dit-il en admirant sa vaillance. « Il faut que toute la ville le sache. »

 
"Sept d'un coup, ouais, je vous le dis, moi ! Je suis vraiment le plus vaillant", pensait-il en caressant les poils de sa barbe naissante.

 
Vaillant, oui, et vantard, très fier de lui, matamore, il se mit alors à claironner et à chanter ses louanges dans tout le village.

 
-"Mais ... c'est encore lui ! Il nous casse vraiment les pieds, lui ! Il va falloir le moucher, lui donner une bonne leçon de modestie !

 
Ceux qui parlaient ainsi avaient assisté à la scène que le petit tailleur transformait en exploit, et ils n'en revenaient pas d'un tel aplomb. "Un culot pareil, ce n'est pas possible !" ...

Le jeune homme, toutefois, n'avait pas les yeux dans la poche, et se rendit compte que les villageois, à leur mine, n'étaient pas dupes du tout. Cela allait lui retomber dessus, c'était certain. Il ne devait pas fournir les bâtons pour se faire frapper ... "Je suis trop connu pour pouvoir continuer mes frasques, pour les soûler avec mes fadaises ... "

 
Une jolie et gentille jeune fille, une connaissance à laquelle il n'avait jamais osé adresser la parole, vint lentement vers lui, lui prit la main : "Viens avec moi, tu veux bien ? - puis, tout bas - je suis Doigts-de-Fée, la protectrice des tailleurs. Viens avec moi, je vais te conduire au pays des Ailleurs, où tu seras le roi des vaillants.

 
La voix fluette l'envoûtait, magique, et il ne put résister : Ils avancèrent bientôt dans une grande allée, très longue, ombragée, où les arbres, peu à peu, se resserraient, pour ne plus donner place qu'à un sentier qui cheminait entre des talus couverts de fleurs.

 
"Tu vois, au loin, cette cité ? c'est Ailleurs, le paradis des francs-tailleurs et des tuvavoirtaleurs, leurs serviteurs. Tu vas t'y rendre, seul. Je ne peux pas t'accompagner car je suis une fée, pas une tailleuse. Et puis, je suis une femme", lâcha-t-elle dans un doux soupir qui rosit ses joues diaphanes, ce qui n'échappa pas au garçon ... "Tu trouveras à Ailleurs tout ce que tu voudras, il te suffira de toujours ne raconter que le vrai, le vécu. Tu sais, il y a déjà suffisamment à faire avec ce qui existe réellement ! Mais avant que je te laisse, tu dois préparer le nécessaire pour être reçu. Pense à ton cri plein d'orgueil : "Sept d'un coup !" : Tu vas, pour te racheter, m'énumérer sept expressions, ou sept choses, ou sept personnages. A chaque bonne réponse je te donnerai un de ces rubans bleus, qu'il te suffira de montrer à la porte principale d'Ailleurs. Tu es prêt ? je t'écoute.

 
-"Euh ... Hé bien, euh ... Quel défi ! sept ... sept ... ça va venir, voyons. Mais ça ne vient pas ...

 
-Voilà une première entorse à ta vantardise et à ton orgueil ! tu viens de t'avouer vaincu, pour la première fois ! Mais continue, bats-toi.

 
-"Les sept nains, les sept nains, j'ai trouvé ! Il en saute de joie, le petit bougre !

 
-Bien, bien, tu vois que tu le peux ! voici ton premier ruban.

 
Alors, tel un robinet ouvert trop grand d'un seul coup, se déversent les collections de "sept" : Les sept samouraïs, les sept mercenaires, la rose aux sept pétales, les sept cieux, le septième jour de la Création, et puis, ... oh il m'en manque un ...

 
- Cela ne fait rien, petit tailleur. tu as connu l'erreur et tu l'as acceptée. Tu as vécu l'humilité et la retenue, sources d'une vie sociale équilibrée. Voici tes rubans, tu pourras les montrer aux Ailleurais la tête haute. Moi, de mon côté, je m'en vais à la cueillette aux fanfarons et fanfaronnes, qui sont légions dans ce bas monde, d'Ailleurs à Partout ...

 
EPILOGUE

..... Nous apprenons à l'instant que le héros (?) de cette histoire
a encore fait des siennes :
Après son accueil à Ailleurs,
il a renoué illico avec ses travers,
un jour où il avait remis de la confiture à cuire ...

 
Alors tous les groupes de sept qu'il avait nommés devant la fée se sont ligués contre lui, vexés qu'ils étaient. Ils lui sont tombés dessus à bras raccourcis, comme des mouches.

 
Notre petit tailleur a dû quitter Ailleurs pour la bonne ville de Sète. Nous ne savons pas si à Sète on peut chasser les mouches, nous ignorons même s'il y en a. En tous cas on ne l'entend plus. Le bougre.
 
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samedi 1 juillet 2017

JEU 27 : Nouvelle chute



Ce mois-ci, je vous propose le challenge suivant...

Vous choisissez un conte, 
celui qu'il vous plaira...
conte des frères Grimm,de Perrault, d'Andersen...
et vous réécrivez la fin...
à votre façon.

Le conte doit être suffisamment connu
pour que tous en connaissent (au moins partiellement)
la trame et les personnages...(*)

Vous ne reprendrez pas l'histoire au début, 
mais les premières phrases
indiqueront rapidement le contexte
et l'endroit où vous le reprenez...

Exemple :
Le petit Chaperon rouge venait de pénétrer 
dans la maison de Mère-Grand... 
quand, tout à coup...

OK ?

Il est bon de se replonger
dans les histoires de toujours...
et bon aussi, parfois, 
de les "dépoussiérer"...
Je compte donc sur vous...

A vos crayons-balayettes !

Une dernière petite contrainte, pour le "fun" :
le texte devra comporter les mots suivants : 
casserole, poil et ruban
.

Envoi à undeuxtrois4@wanadoo.fr
avant le 21 juillet 2017

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La Licorne
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(*) Si vous avez un doute sur ce point,
indiquez un lien où l'on puisse lire la version "originale"

 
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mercredi 10 mai 2017

Agenda ironique : "Quelques notes d'antan..."

(proposé par Alphonsine et Marianne)
 
 

Nous vous proposons de poursuivre en musique, écrire sur la musique, écrire en musique, écrire avec de la musique, écrire de la musique. Ce mois de mai, il vous sera demandé d'écrire un concerto composé de vos mots. Pianotez sur votre clavier, ne fuguez pas, laissez libre cours à votre virtuosité, laissez courir librement votre ritournelle.
Tout est permis, sons cristallins ou écho grave et effrayé. Un seul impératif, vous laisser inspirer par "Quelqu'un m'a dit" de Carla Bruni. Oui, vous avez bien lu, nous avons osé, sûres que par votre brio, votre talent, votre bravoure, vous survivrez et surpasserez de vos accords cette chanson ! Et puis, vous insérerez, par-ci, par-là, sans trop trier , cinq titres de chansons ou de musique qui rythmeront votre partition.





 
 
Dommage  qu'avec le temps, tout s'en aille...à vau l'eau
Raymond me l'avait dit : le temps est un salaud
Mireille et son chapeau, Mirza et son Nino...
Fanés, s'en sont allés ...j'entends encore la voix
Solitaire, d'un Renaud, qui susurrait tout bas
La la la la la la... cinq minutes avec toi
Si tu m'aimais encore, si je t'aimais encore
Donna donna do-onna...où est notre âge d'or ?

Si loin nos années folles et nos histoires d'amour
La vie va si vite qu'on en oublie les contours
Fascinés par les musiques qui nous font rêver
Donne-moi quelques notes, quelques notes d'antan... 
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La Licorne
 
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lundi 8 mai 2017

AI et JEU 26 : Anaphrases musiquées ou musiques anaphrasées ?




Bonjour à tous chers auditeurs,

Nous recevons aujourd’hui le groupe de rock alternatif : les Bidons snobs.
Pour ceux qui ne les connaîtraient pas nous avons de gauche à droite : 
Bison Ravi (batterie de cuisine), Rauque Anonyme (à la voix off course), 
Avida Dollars à l’air-guitar, Marguerite de Crayoncour aux crayons,
 Anna Coluth au luth, et la toujours aussi timide Carli Bruna aux choeurs.
Ils vont nous interpréter leur nouvel opus : « quelqu’un m’a dit »

Carli Bruna : (fredonnant)
On me dit que notre prose n’apporte aucun repos,
Que notre avenir n’est qu’un navire sans bosco.
On me dit que les images dans l’écran nacré
ne sont que fausses magies
Pourtant quelqu’un m’a dit
Qu’une étreinte fait figure d’éternité,
C’est quelqu’un qui m’a dit que l’on peut s’aimer encore.
Serait-ce possible alors?

Bison Ravi (grave)
Alors là ça ne va pas du tout on avait dit
que les paroles seraient différentes, je bois :
On me dit que la police ne jure que par la picole
Que nos voyages vers les îles seront couronnés
d’ananas et de goyaves .
On me dit que les minuteries dans l’écran nacré
ne sont que mutineries
Pourtant quelqu’un m’a dit
Que la station Opéra peut devenir station Apéro ,
C’est quelqu’un qui m’a dit que l’on peut s’enivrer encore.
Serait-ce possible alors que le métro amer devienne une rame morte ?
Serait-ce possible alors ?

Rauque Anonyme :
Mais ça va pas du tout les gars,
on avait dit des propos concrets pour nos concerts, 
c’est quoi ces images à la mort-moi-l-n’œuf, 
des paroles qui n’ont aucun rythme encore moins du logarithme 
n’est pas rien ou de l’algorithme. 
On avait dit que le refrain serait
« si tu t’imagines que quelqu’un m’a dit »

Avida Dollars : 
Je suis d’accord avec Rauque ma voisine
Il faut revoir nos chansons, notre crédo devrait être la Turbulence,
la turbulence qui permet d’enculbuter les nantis. 
A bas le respect ! A quoi ça sert l’amour ?   Marguerite ton avis ?

Marguerite des Crayons : 
Je suis pour une reprise de la Souche : « j’suis bidon »
J’suis qu’une meuf à rime,  Bourrée d’aspirine
And I just go with my friend parisien, un pseudo émir
J’suis bidon. J’suis bidon

Valentyne : 
Désolée pour ce contretemps, 
chers auditeurs laissons donc les Bidons Snobs 
peaufiner leur futur programme ! A vous les studios !!!
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Il y a 14 anaphrases et aussi 
les anagrammes des chanteurs du groupe 


dimanche 7 mai 2017

JEU 26 : Photo de classe




Elle me tendit une photo en noir et blanc, le sourire aux lèvres.
C'était une vieille photo de classe, des années cinquante ou soixante.

- J'ai fait un peu de rangement 
et j'ai retrouvé l'image de ce garnement, 
annonça-t-elle en pointant du doigt un garçon 
à la coiffure rebelle et au sourire canaille. 
Je me souviens que ce cher Olivier
portait souvent ce pull tricoté, 
avec un motif de voilier...
il l'aimait tant qu'il ne le quittait pas.
On était tous assez mal fagotés, à l'époque...
Et regarde, ici, celle qui a des nattes
et qui porte une blouse avec des abeilles,
c'est Isabelle . 
C'est drôle, non ?
Qui aurait pu imaginer
que cette petite fille pâlichonne à la migraine tenace
passerait ensuite devant Monsieur le maire
au bras d'un marié tanné au soleil,
qui n'aimait que la mer et les bateaux ?
Olivier et Isabelle, 
la princesse délicate et le fils de marin
qui ne parlait que le dialecte...
Incroyable !
Nous nous éprenons parfois de la personne
la plus différente de nous...
 C'est comme si l'on cherchait un équilibre.

- Oui, tu as raison...Mamie Marie, 
les raisons d'aimer sont bien étranges...
Un vrai mystère !
Et lui, là, le petit blond,
debout à tes côtés,
c'est qui ?

- C'est Damien, tu le verras peut-être demain, au village.
Il est installé aux Antilles, 
mais il revient chez nous aux grandes occasions...
Je l'aimais bien, il était malicieux...
Un vrai petit pirate qui ne manquait jamais une partie de rigolade.
Mais il a épousé une sainte-nitouche, qui boit de la tisane,
porte des souliers cirés et pique une crise de larmes à chaque incident.
Et puis elle est maigre, si maigre qu'on dirait un mirage.
Une deuxième union-mystère...en quelque sorte.
Ah, mon dieu, c'est bien loin tout ça...l'école...l'enfance...
les anciens camarades de classe...

je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça...
Allez, j'arrête de gaspiller ma salive...
et je vais t'aider à préparer ta valise pour dimanche !
 Avec le score que tu as fait au bac, 
tu les as bien méritées, tes vacances en Corse !
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La Licorne
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(16 anaphrases en tout)



mardi 2 mai 2017

JEU 26 : Clopin-clopant



 
Le pied bandé, il avait la veille eu la curieuse idée 
de shooter dans un gros galet d'orthose. 
Peinant à la marche, elle lui trouva pourtant du charme. 
Ainsi, lui certain de son aide et sans crainte, 
elle criante d'un sentiment naissant, 
ils firent un bout de chemin. 
Au bord de l'étang, brillant, 
comme ganté dans la verdure, 
il l'entreprit avec verdeur.
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lundi 1 mai 2017

JEU 26: Anaphrases




Ce mois-ci, vous êtes invités à écrire un texte
qui comprendra au moins
cinq anaphrases.

Qu'est-ce que c'est une anaphrase ?
me direz-vous.
Eh bien, une anaphrase, c'est tout simplement 
une phrase qui contient plusieurs anagrammes ...(*)

Exemples :
Le catcheur charcute son adversaire.
En Chine, chaque chien a sa niche.
La religion inventa le concept de péché originel.
Selon son père Marcel, ça va la calmer
d'aller au carmel !

ou :
Méfiez-vous...
Filigrane vous infligera parfois
un défi compliqué... ;-)))

Enfin, pour vous assister dans cette tâche 
tout de même un peu délicate, 
je vous offre un petit outil très pratique : 
qui s'appelle un "générateur d'anagrammes"...

C'est formidable :
il suffit d'y rentrer un mot au hasard, et il vous donne
immédiatement toutes les anagrammes possibles.

Je viens juste de lui proposer "bancaire", 
il m'a répondu "carabine"...
Je lui ai confié "parisien", 
et il m'a proposé "aspirine"...
Pas mal, non ?
De quoi bien s'amuser.
Avec ça, vous n'avez plus d'excuses...

Allez, c'est parti !
J'attends vos "textes anaphrasés"
avec impatience...

Et si le texte est long,
les lecteurs pourront bien sûr
s'amuser à rechercher
les anagrammes dissimulées...

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 mai 2017 minuit
.
La Licorne
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(*) Précision :
Pour être pris en compte, les mots anagrammés
devront comporter au moins 5 lettres
.



vendredi 28 avril 2017

Poésie




 
 
 
 
La poésie est connaissance,
salut, pouvoir, abandon.
Opération capable de changer le monde, 
l’activité poétique est révolutionnaire par nature ;
exercice spirituel, 
elle est une méthode de libération intérieure.

La poésie révèle ce monde ; 
elle en crée un autre.
Et l’homme acquiert enfin la conscience 
d’être autre chose 
qu’un pur passage…
.
 
Octavio Paz
 
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dimanche 9 avril 2017

JEU 25 : Bateau ou papillon ?


"Le bateau" - Matisse (vers New-York ici)



Je voguai toutes ailes dehors, frêle esquisse
Caboter très peu pour moi, je suis cabochard
Direction la haute mer à travers le brouillard
Mon reflet de Klein Schmetterling(*), bleu Matisse

Les poissons me frôlaient coursant le  firmament
L'arc en ciel chantonnait avec les étoiles chromatiques
Bleu couleur chaude, j'évitai le glacial Arctique
Direction New York la belle et son fourmillement

La Liberté me rendit minuscule sous son fier regard
Haute dame en dentelle me saluant, vieux briscard
Moi penché sous le vent, elle droite comme la justice

Je fus tout tourneboulé de ces flots fantastiques
Tremblant tête à l'envers et drisses élastiques
Que la belle et son vert de gris ne me file la jaunisse


.
(*) Papillon bleu en allemand