mercredi 17 octobre 2018

Un après-midi comme les autres


Pour l'atelier "Treize à la douzaine"




Elle termina lentement sa vaisselle, regarda le cadran de l'horloge et vit qu'il était 14 heures.
Que pouvait-elle bien faire cet après-midi , afin d'éviter la lente et désespérante coulée du temps,
le tic-tac monotone des secondes inutiles à l'abri des persiennes
et du soleil encore vif d'un automne débutant ?

Elle envisagea tour à tour quelques possibilités :
Sortir de sa "bulle" et aller faire l'accueil chez Emmaüs ?
Finir la broderie de fleurs sur les espadrilles de sa petite-fille ?
Aller ramasser les dernières courgettes du jardin partagé ?
Partir dans les magasins à la recherche d'un fermoir neuf pour son collier ?
Allumer la radio et écouter les opinions des uns et des autres 
sur le remaniement ministériel ?
Non, rien de tout cela, finalement...
Sa décision était prise. 
Adieu les futilités ! 
A son âge, chaque jour était précieux.

Elle attrapa une feuille blanche et de sa plus belle écriture,
  un léger sourire aux lèvres, elle commença :
Cher monsieur, 
je m'appelle  Simone, j'habite le même immeuble que vous
et cela fait plusieurs semaines que je me dis
que je serais heureuse de faire votre connaissance...

La Licorne
.



Mots qu'il fallait placer :
1 fermoir
2 possibilité
3 accueil
4 prise
5 opinion
6 courgette
7 finir
8 cadran
9 bulle
10 espadrille
11 broderie
12 persiennes

et le 13ème pour le thème :  écriture

 

Jeu 40 : Aux enfants de demain


Aux enfants de demain

La gageure de demain sera celle du cœur
Un monde est à construire, un monde où la douceur
Auréole les êtres. Et d’un pas vraiment sûr
Que l’on marche vers ce que l’on n’a pas vécu
C'est un défi majeur, sans rien de déjà vu.
Feuilles, fleurs, ciel, prairies perlant sous la rosée
Roseau, pierres, volcans, bois et champs parfumés
Ailes d’oiseaux, coquelicots, ombres et lumière
Bateaux échevelés sur l’écume de mer
Chasseurs de rêves, enfin, hissez donc les couleurs
Parfums poivrés, jasmins, étincelantes aurores
Qui tournez constamment dans la ronde des astres
Comme vos voix d’enfants en leur verte innocence
Le message jaillit, vos sentiments sont purs ,
Et vous, soyez l’espoir qu’embrassent nos regards



samedi 13 octobre 2018

Les marques du temps







Bon anniversaire !

La Mamma, radieuse, tend sa jour ridée et accueille les embrassades , tandis que les deux guitares tziganes entament un chant que tous reprennent en tapant des mains...
Il faut voir dans ses prunelles le feu qui pétille de plaisir...
Il faut savoir lire au coin des yeux ses neuf décennies de labeur et de joies, de soucis et d'adversité, de peines et de réjouissances.

C'est qu'elle est encore coquette, l'aïeule, elle a sorti ses dentelles et mis du rouge sur ses lèvres...comme au temps où elle plaisait aux garçons, au temps de Trousse-chemise, de la bohême, des bals du samedi soir et des plaisirs démodés.
Entourée de ses enfants et de ses petits-enfants, elle rayonne...

Et pourtant...

Sur ma vie passe soudain une ombre...l'ombre du temps qui file à l'allure d'un cheval fou...hier encore, j'avais vingt ans...nous vivions dans la folie du moment présent et nous étions tous éternels...et aujourd'hui...la vie nous rattrape...et étend ses ombres...sur notre automne.

"Tu viens danser ? me dit ma plus jeune soeur, avec son sourire lumineux...ça te fera du bien...j'ai l'impression que tu t'laisses aller à la mélancolie, frangin ! Allez...c'est la fête...
Giorgio, joue-nous un titre de Charles !
Oui...celui-là...je l'adore...

"Emmenez-moi" 
La la la la....La la la...

Danse...danse...mon frère...
On est tous là, heureux...


Et demain est un autre jour"...:-)


La Licorne


La consigne était:

Placer les titres suivants de Charles Aznavour :

Les plaisirs démodés
Et pourtant
Les deux guitares
La Mamma
Bon anniversaire
Il faut savoir
Hier encore
Tu T'laisses aller
Sur ma vie
Trousse-chemise

plus un à votre choix....
(La bohême, Emmenez-moi...) 





jeudi 11 octobre 2018

JEU 40 : Rencontre aquatique

 

La belle Tupaï, île en forme de cœur :
Un havre de paix, une oasis de douceur
Auréole de romantisme et de poésie bien sûr
Et surtout l'écrin merveilleux dans lequel j'ai vécu...
C'est là qu'un beau jour je l'ai vu.

Feuilles vertes des cocotiers, calices de rosée
Roseau du sud, corail blanc et vents parfumés
Ailes légères, oiseaux de lumière
Bateaux qui, prudents, restent au loin sur la mer
Chasseurs d'images venus d'en haut admirer les couleurs

Parfums inouïs qui montent des aurores
Qui semblent s'élever dans le ciel jusqu'aux astres
Comme un appel éperdu au retour d'une certaine innocence.

Le dauphin du lagon avait la peau lisse et les yeux purs
Et pendant une seconde (ou un siècle....qui sait ?),
au coeur de l'océan, soudain, il n'y eut plus que nos deux regards...


La Licorne




samedi 6 octobre 2018

JEU 40 : La main et le coeur


La main, plus bel outil de l'univers, est-elle dirigée par le cœur ?
Un être, sans âge, l'œil sémillant, interroge ses disciples en douceur.
Auréolé de prestige, paré de gloire, le cœur est-il un ami sûr ?
Et la main, n'a-t-elle pas un autre guide au difficile vécu ?
C'est aux étoiles de nous chuchoter ce que nous n'avons pas vu :
Feuilles d'automne affaiblies par la matinale rosée,
Roseaux pliés par l'ardeur des brises parfumées,
Ailes diaphanes flirtant avec la lumière,
Bateaux dociles voguant au gré des caprices de la mer,
Chasseurs d'images, chercheurs de couleurs,
Parfums enivrants et sublimes flottant aux aurores
Qui dansent en harmonie sur la route des astres.
Comme le nouveau-né au regard plein d'innocence,
Le cœur, joyau de l'univers, aux desseins purs
Et infaillibles, supporte sans ambages tous les regards...

vendredi 5 octobre 2018

JEU 40 : La ligne de tes courbes




La ligne de tes courbes fait de mon coeur
Un monde qui gonfle au vent de ta douceur
Auréole de mon univers, de la trace d’un langage sûr,
Et dans la métamorphose du jour vécu,
C'est aussi le futur de ce que j’ai vu.
Feuilles frémissantes, bordées de rosée,
Roseau, immortelle et chardon parfumés,
Ailes déployées au plus haut de ta lumière,
Bateaux ivres, époux de la mer,
Chasseurs de brume, d’aurore et de sourires en couleurs,
Parfums des naufrages étoilés aux lumières d'aurores
Qui naviguent au cœur de tous les astres,
Comme l’heure s’avance en toute innocence
Le centre de ton corps se déploie aux horizons si purs
Et réinvente les silences heureux de tous nos regards.

.

jeudi 4 octobre 2018

JEU 40 : En mémoire de toi




La mémoire de ton souffle agite mon coeur
Auréole de ma candeur, pour sûr
Et il est vrai que dans tes bras, j’ai tant vécu
C’est toujours ce même sentiment de déjà vu
Feuilles d’automne qui secouent la rosée
Roseau des herbes folles aux courbes parfumées
Ailes lactées dans lesquelles se noie la lumière
Bateaux lunaires, secousses en haute mer
Chasseurs du frisson qui ravive les couleurs
Parfums d’azur dans lesquels fleurissent des aurores
Qui rêve un peu, contemple les astres
Comme c’est beau l’innocence
Les souvenirs qui semblent rester infiniment purs
Et je me noie dans nos regards.




mercredi 3 octobre 2018

JEU 40 : La pierre-aux-masures




La pierre-aux-masures de Florence porte en son cœur
Un mystère spontané chargé de douceur,
Auréole minérale au trait sûr
Et malicieux qui donne à voir un antique vécu,
C'est un accident miraculeux que vous n'avez peut-être point vu.
Feuilles de menthe perlées de rosée,
Roseau aux fissures et plumeaux parfumés,
Ailes fracturées par un ciel de lumière,
Bateaux coulés en mer,
Chasseurs de pierres à images, chasseurs de couleurs,
Parfums enchanteurs d'une ruine d'aurores
Qui éprouve la beauté des astres,
Comme un morceau de miroir brisé plaide son innocence
Le tableau naturel aux teints purs
Et légendaires n'en finit pas d'émerveiller nos regards.

Andréa Couturet




 

mardi 2 octobre 2018

JEU 40 : La danse ronde et douce



La danse ronde et douce de ton cœur
Un berceau, temps nocturne et sûr de douceur
Auréole tout ce que j'ai vécu, et je ne sais plus sûr
Et c'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vécu
C'est mousse de rosée, jour de feuilles vu
Feuilles du vent, sourire de roseau, rosée
Roseau couvrant le monde de lumière parfumés
Ailes du ciel, mer chargée de lumière
Bateaux des bruits et couleur sources de la mer
Chasseurs éclos d'une coulée de couleurs
Parfums qui git toujours sur la paille des aurores
Qui, comme le jour dépend des astres
Comme le monde entier dépend de l'innocence
Le sang coule dans leurs regards purs
Et la courbe de ton coeur fait le tour de mes regards



lundi 1 octobre 2018

JEU 40: Poème sandwich

Bonjour à tou(te)s...
 
Ce mois-ci, je vous propose un poème
que j'aime beaucoup et que vous connaissez sûrement...
c'est un poème de Paul Eluard.
 
 
 
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu,
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
 
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseau du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
 
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

 
Le jeu consistera à garder les premiers et derniers mots de chaque vers,
et à partir de là, à écrire votre propre poème...


La ........................................................ cœur
Un.............................................................douceur
Auréole..........................................................sûr
Et....................................................................vécu
C'est ..............................................................vu
Feuilles.........................................................rosée
Roseau............................................................parfumés
Ailes...................................................................lumière
Bateaux.........................................................mer
Chasseurs........................................................couleurs
Parfums.................................................aurores
Qui ...............................................................astres
Comme........................................................innocence
Le........................................................................purs
Et...................................................................regards
 
Voilà...
C'est à la fois simple et pas simple...

C'est une sorte de petit poème-sandwich...
dont vous choisissez la garniture...:-)

Je fais confiance à votre sens poétique
et à vos facultés d'adaptation....
Envoyez-moi vos petits chefs -d'œuvre
avant le 21 septembre.
Je vous embrasse...
 
La Licorne



samedi 22 septembre 2018

Souvenirs d'antan

Pour l'Agenda ironique de septembre
Deuxième texte sur une proposition
 d’Andrea Couturet

Une image (ci-dessous),
accompagnée des mots imposés suivants :

– meuble ;
– pinot ;
– brebis ;
– salto ;
– “Bernique !” ;
– inflammatoire ;
– Jacquemart (de Dijon) ;
– ballet.



- Dis, c'est quoi, cette photo ?
- Ma grand-tante et ses deux mômes, en 1923...à Deauville...en costume d'époque...
On a du mal à la reconnaître à cause de son bonnet de bain...sur les autres photos, c'est plus facile, elle était frisée comme un mouton...
- Hum...comme une brebis, tu veux dire...Et sans indiscrétion ...qu'est-ce qu'elle regarde ?
- Elle vient d'entendre la cloche de cinq heures, c'est l'heure du goûter, et elle cherche son troisième marmot parti à la pêche aux berniques...pour lui dire de rentrer. :-)
- La cloche ? T'es sérieux ? Hum...la cloche de cinq heures, ça me rappelle un peu  le Jacquemart que j'entendais quand j'étais petit...Il sonnait tous les quarts d'heure, juste à côté de chez moi...Tu sais que j'habitais Dijon ?
- Ouais, dijonnais d'origine, je ne risque pas d'oublier...je m'en souviens à chaque fois que la moutarde te monte au nez ! ;-)
Mais non, grand bêta, la cloche, c'était une blague, c'était juste pour te faire marcher...pour me moquer de ta ponctualité aussi  excessive et légendaire...de ton côté très "five o'clock"...
- C'est ça moque-toi...moque-toi...toi qui me connais bien, tu devrais savoir que je hais le thé et les anglais et que la seule boisson que je supporte est le pinot blanc...
Et les enfants sur la photo, ils sont toujours en vie ?
- Je crois me souvenir que l'aîné est mort pendant la guerre. La plus petite, elle, est décédée l'année dernière.
- De quoi ?
- D'un ulcère d'estomac dû à une dose excessive d'anti-inflammatoires...la pauvre était perclue d'arthrose, ce qui ne l'a pas empêchée de frôler les cent ans.
Dans sa jeunesse, elle était danseuse de ballet et elle était connue pour sa prestation dans le "Sacre du printemps"...à l'époque, on vantait dans les journaux son sublime "salto facial"...
- Et tu la voyais souvent ?
- Non, rarement...elle était toujours sur les quatre chemins...une vie d'artiste, quoi...Mais à sa mort, j'ai hérité de quelques-unes de ses  affaires...car elle savait que j'aimais restaurer les meubles anciens...
Tu vois, la table, là-bas ? Elle me vient d'elle...Si tu veux bien t'y installer...je vais te chercher une tasse de thé...;-)
Ne fais pas cette tête, je plaisante, mon vieux...je vais te servir une bière !
Et ensuite, si tu veux continuer d'assouvir ta curiosité, tu auras le droit feuilleter la fin de l'album photo...jusqu'à cinq heures...pétantes.
Mais pas plus. Parce qu'après, je dois rejoindre André qui n'est autre... que le petit-fils du troisième marmot...celui qu'on ne voit pas sur la photo... Et si tu veux tout savoir, eh bien, bon sang ne saurait mentir, il travaille dans une entreprise de pêche !

La Licorne 




vendredi 21 septembre 2018

Mélodie en sous-sol

 
Ecrit pour l'Agenda ironique du mois de septembre
 
 
Sur une proposition de Dominique Hasselmann
 
Promenade sous terre
 
Mots imposés :
– métropolitain ;
– pingouins ;
– brasserie “La Rotonde” ;
– salsifis ;
– “Ici l’Aube !” ;
– infinitésimal ;
– Jacques Lacan ;
– ballast.
 
 


Paris.
Ligne 3.
Cri-cri-cri...Cri-cri-cri...
"Ici, l'Aube !"
On les entendait dès le matin.
Cachés dans le ballast, ils chantaient là leur chanson depuis un bon siècle.
Car c'est au tout début du 20ème siècle que les petits insectes musiciens avaient été progressivement acheminés du Sud de la France jusque dans la capitale.
D'abord en quantité infinitésimale puis de plus en plus nombreux...Ils étaient arrivés incognito par l'intermédiaire de banals cageots de poivrons, tomates et salsifis...et s'étaient multipliés gaiement dans la pénombre du métropolitain, bercés tout le jour  par le frottement des trains sur les rails qui leur assurait une chaleur digne des meilleurs étés du Sud.
Chanson douce et pittoresque. Petit air de vacances en pleine ville.
Mélodie ensoleillée éclairant les jours gris.

Mais, las, une bande de pingouins sur deux pattes, déléguée par le maire, vint un jour troubler cette quiétude bienheureuse et remplacer le ballast par une matière aussi compacte qu'inhospitalière, nommée béton.
"Béton"...
"B-ton"...avait aussitôt décodé le sieur Jacques Lacan, qui, friand de mots décomposés, avait reconnu là, dans sa version anglophone, le "si " strident de la chanson des grillons..
Le fameux "si-si-si" venu des profondeurs souterraines qui accompagnait chaque semaine la première phase de sa virée du jeudi à la Brasserie de la Rotonde, lieu convivial et gastronomique, où avec d'autres habitués célèbres, il avait créé un beau jour de mai, sur une inspiration, le LPGMP, Le Premier Groupe de Métalangage Psychologique...
Un sigle assez obscur qu'il aimait traduire parfois en "Ligue de Protection des Grillons du Métro de Paris" (*), ce qui ne manquait pas d'amuser ses amis.

 
La Licorne 

 
(*) Vous ne le croirez peut-être pas, mais je n'ai pas inventé cette ligue...elle existe vraiment !
Si, si, si !
Lire ICI...




 

dimanche 16 septembre 2018

JEU 39 : Aphorismes amateurs

 
 


Les nuages passent sur le ciel comme des éponges et,
après avoir essuyé quelques averses,
 nous le rendent bleu immaculé.
 
La bêtise, c'est comme une tache sur le nez :
on ne la voit que chez les autres.
 
La vieillesse ne commence pas avec le premier cheveu blanc,
mais avec la première idée noire.
 
.
 
La Licorne

 

mardi 11 septembre 2018

JEU 39 : Bêtises de jadis


 
 
Qui sait, peut-être les bêtises de jadis,
ressassées au fil du temps,
attisent-elles les flammes éternelles,
projetant leurs étincelles tout droit vers le ciel.
 

samedi 1 septembre 2018

JEU 39 : Aphorismes


Les arbres jettent l'or de leurs feuilles
par les fenêtres de l'automne.
.
Sylvain Tesson


 


L'aphorisme, si bien manié par Sylvain Tesson,
vous voyez tous ce que c'est :
il s'agit d'une phrase ou d'une formule courte
- et parfois drôle -
qui énonce, en quelques mots,
soit une vérité fondamentale
soit un trait d'esprit.

Le défi va donc être, ce mois-ci, 
 d'écrire un  (ou plusieurs) aphorisme(s)
contenant au moins l'un des mots suivants :

argent, cheveux, vieillesse, ami, jadis,
flamme, travail, mensonge, ciel, bêtise

La longueur maximale sera de deux phrases.
Et ce devra être un aphorisme "de votre cru" , bien sûr...

Faites-nous rire ou réfléchir...
J'attends vos trouvailles avec une gourmande impatience !

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 septembre 2018 minuit.


La Licorne





Et, en passant, un énorme MERCI
à Valentyne et à Célestine,
nos deux talentueuses participantes
du mois d'août,
pour leurs textes
respectivement et merveilleusement
chevaleresque et romanesque...



 

mardi 14 août 2018

JEU 38 : Jumarts du Jura


Texte proposé par Valentyne


 

Mr Le juge,
 
Cette lettre pour vous demander votre aide judiciaire et judicieuse. Jugez plutôt :
Jujube, ma jument a été victime d’un don Juan. Elle était tranquillement en villégiature dans le Jura. Ce julot s’est échappé de son (juke)box et lui a fait un coup de Judas. 
 
Certes Jujube manque de jugeote de s’être laisser subjuguée par ce coureur de jupon mais je ne peux laisser cette juvénile jument enfermée dans nos écuries jumelées avec celle de ce goujat, fut-il la propriété d’un judoka spécialiste en ju-jitsu. Sans avoir des préjugés, les chiens ne font pas des chats et les taureaux des chevaux.
 
J’ai tout vu avec mes jumelles longue portée. Le temps de descendre de l’échelle où j’étais juchée pour réajuster mes rideaux en toile de jute. Je suis arrivée trop tard, le don Juan avait déjà remballé son tire-jus (excusez mon franc parler), son jubilatoire méfait accompli. JUPITER, le nom de ce scélérat, que j’écris exprès en MAJUSCULE pour que vous l’identifiez rapidement. Je l’ai fait fuir avec des jurons qu’un adjudant chef n’aurait pas osé conjugué à l’imparfait ni au subjonctif présent ou passé.
 
Jujube donc attend des jumeaux, voire potentiellement des jumeaux jumarts.
Je demande justice, réparation pour le préjudice. Merci de m’indiquer la jurisprudence en vigueur pour ce cas avéré de donjuanisme jurassique.
 
Votre dévouée Justine


 
 
 
 

jeudi 9 août 2018

JEU 38 : En mi mineur

 
 
A minuit pile, à la minute où les minous sont mistigris,
Rémi ne peut pas s’endormir.
Rémi rêve à Emilie.
 
Emilie c’est sa mie, son amie de cœur, sa Minnie.
Depuis qu’il l’a vue se mirer dans les miroirs de l’Académie,
 chaussée de ses mignons chaussons,
dans son tutu mi-soie mi-tulle,
pour Rémi c’est un tsunami.
 
Les prémices de l’amour fou rendent son minois vermillon.
Mais Emilie a un promis, c’est un champion du tatami,
un gominé, quelle infamie, quelle pantomime !
Rémi se sent minable et mièvre,
il voudrait tamiser ce minus, le brumiser, l’atomiser, l’éliminer.
Réduire en miettes ce fumier qui fait des mines à Emilie.
 
Mais Rémi n’est pas criminel, ni misérable ni miteux.
Ni encore moins homicide
Il admirera sa Mimi comme un papillon une étoile,
 si cosmique, si mirifique.
Terré au fond d’un ermitage, il la laissera minauder
 avec ce Mickey de mi-Carême.
L’amour le mine et le lamine. Pauvre Rémi.
 
Mais qui est cette mignonette qui s’immisce sous la charmille 
et s’achemine vers Rémi ?
C’est Amina, elle irradie, elle illumine…
 et Rémi oublie Emilie.
 

mercredi 8 août 2018

JEU 38 : Jour de canicule

 

Insoutenable.
Sous le soleil sourd de la canicule de juillet,
dans le souk de l'atelier de sous-traitance,
je sue et je souffre,
souhaitant de toute mon âme
le soupçon de souffle bienfaisant
qui soulage...
 
Soudain, je soupire
et d'un geste souple,
je retire mon soulier
sous le regard moqueur de mon sous-chef,
qui, sortant de son assoupissement,
me lance un sourire béat mêlé de sous-entendus...
 
Mais je ne m'en soucie pas...
Tout à l'heure, j'ai bien vu que la canette
cachée sous son bureau n'était pas d'eau de source...
Monsieur le sous-fifre peut la mettre en sourdine :
 
Il est parfaitement saoul !
 
La Licorne
 
 
 

mercredi 1 août 2018

JEU 38 : Syllabe répétée




Tout d'abord,
un grand MERCI
à ceux et celles qui sont revenus
au mois de juillet,
nous partager leurs textes
et réinsuffler un peu de vie à ce blog...
.

Et, si vous n'êtes pas trop fatigués par vos activités estivales,
ni trop accablés par les températures caniculaires,
 passons à la suite...



Jeu du mois d'août

Dans un texte dont le thème est libre,
 vous placerez le plus souvent possible
une syllabe particulière...de votre choix.
 

 

Exemple avec la syllabe "BA" :

Cher Babar,
Vous m'embarrassez avec vos babioles
bariolées...ballon, baskets, tuba,
bahut et barbecue.
Toute ma cabane de jardin
en est pleine, du haut en bas...
Un vrai bazar !
Dès que vous aurez terminé vos balades en Afrique,
venez donc récupérer votre barda
et vos bagages...
Nous en profiterons pour bavarder
et manger un baba au rhum...
Affectueusement.
.
La vieille dame
.

Pas besoin d'être bègue pour essayer...
Il s'agit juste de s'amuser..


Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 août 2018
.

La Licorne
.


 

lundi 30 juillet 2018

Artifice

 
Pour l'atelier  "Treize à La douzaine"
.
 


 

Naguère, après avoir dressé son chevalet,
le peintre observait ce qui l'entourait et s'imprégnait longuement
de la lumière et du paysage...
Il n'était pas tenu, bien sûr, de reproduire exactement la scène...
il ajoutait ou retranchait certains détails...
déplaçant un peu le disque du soleil vers la droite
si cela équilibrait le tableau, gommant une épave disgracieuse,
inventant quelques moutons bucoliques
ou quelques vaches à lait paissant dans le lointain si cela l'arrangeait...
Ce faisant, il n'avait pas l'impression de procéder à une falsification,
mais juste de donner libre cours à son imagination...

Aujourd'hui, à l'époque de la photographie, c'est plus difficile.
Au moment d'utiliser ses ciseaux ou la  dernière version de Photoshop
pour corriger une image, 
dans le but de donner un peu d'éclat à nos feux d'artifice
ou d'ôter du cadre la rampe peu esthétique qui a permis de les lancer,
on éprouve comme un pincement au cœur et la vague impression de tricher.
La dictature du réel est passée par là.

La Licorne

Il fallait placer 12 mots :
 
lait, falsification, chevalet, photographie, ciseaux, épave, lancer,
disque, mouton, naguère, rampe, paysage
sur le thème suivant : observation

 

dimanche 22 juillet 2018

JEU 37 : Le silence est vivant


 

J’entends une mouche voler, ou deux peut-être et le bruit du radiateur, qui,  quoique fermé depuis le printemps, sonne comme un gong.

Le silence est vivant.
 
Ma mère, elle, est morte ; depuis trois ans ; elle n’ira plus jamais à son cours de gymnastique, ne finira pas le roman de Kundera emprunté à la bibliothèque, ne repassera plus sa blouse, ne piquera plus de crise …
 
Ses nerfs ont lâché et le cœur aussi …
 
J’entends une mouche voler, ou deux peut-être et le bruit des feuilles dans les arbres me caresse l’esprit. 
 
Ma mère détestait les mouches. 
 
Les souvenirs vont et viennent, se balancent, hésitent, tandis que paupières closes, je songe à tout ce que je voudrais écrire en commençant ce journal. 
 
Les vacances sont propices au repos et aux confidences. 
Je ne crains pas les moqueries ; l’autodérision est mon bouclier. 
Je ne crains pas les moqueries mais il parait qu’ « il n y a que la vérité qui fâche » et je ne voudrais pas me fâcher ni avec elle, ni avec vous, alors j’ai choisi un cahier à spirales !
Ecrire l’intime est chose délicate, souvent, toujours…
Je me livre.
 
Je me délivre.
 
J’ai choisi un cahier de Travaux Pratiques.
Ce n’est pas pour tricher, non,  mais pour marquer une pause régulière dans ce qui sera écrit, digéré, livré.
 
Le silence est vivant ; la feuille de dessin sera son refuge.

 ...
 
Parfois la page sera déchirée et je sentirai comme un regret qui ne veut pas se partager ; je poserai alors le papier froissé sur le rebord de la fenêtre.
 
Le vent qui soufflera l’emportera doucement au loin ou le laissera frémir de solitude.
Le fardeau sera couché sur la feuille, pas à pas, mot à mot, lentement…
 
Le silence vivra…