mercredi 20 mars 2019

JEU 44 : L'heure de pointe





J'étais dans le jardin, assis sur la margelle fraîche et granuleuse au toucher du bassin circulaire dont le jet d'eau tour à tour attire et effraie les oiseaux ; bloc note à la main, je mordillais mon crayon en lisant, quelque peu interloqué, un recueil de citations choisies. Non, mais vraiment "La solitude vivifie ; l'isolement tue" ? Et celle-là : "Je trouve mes lectures dans la lumière du ciel, c’est le livre le plus profond qui soit et ce n’est même pas moi qui en tourne les pages" ?
Ainsi, on pouvait faire carrière dans les maximes pour gaufrette et calendrier ! Je levais les yeux, non pour regarder se tourner les grandes pages du ciel, mais pour souffler un peu, quand je l’ai vu : un grand triangle dans la force de l’âge, debout près de la porte en bois du jardinet. Zut, la prochaine fois, je louerai un phare perdu en plein océan, en prenant soin d’éteindre la loupiote pour ne pas être dérangé ! Pendant que je bougonnais, le grand triangle a soigneusement refermé le portail (les gonds n’ont même pas poussé leur horrible couinement, à n’en pas croire mes oreilles !).
Il s’est avancé, et, sans attendre que je l’y invite, s’est assis sur la margelle. Ne croyez pas qu’il s’agisse là de ma part d’une métaphore, encore moins d’une berlue ou d’une hallucination (je le sais, je me suis pincé le gras de la cuisse). Il s’agissait bien d’un triangle, doté des trois côtés et des trois pointes réglementaires, large et haut comme tout honnête triangle qui respecte la géométrie.
Bien poli, il m’a salué. Tandis que je répondais machinalement (bafouillant pour éviter les carrément, les j'ai pas un rond, ou, pire, un sous cet angle…), il a sorti (d’où ? je n’en sais tien) une théière et deux tasses, du sucre et des cuillères.

 Le temps de servir, après quelques questions sur ma santé et une remarque sur le temps qu’il faisait il m’expliquait qu’il était marchand de clou ; cloutier, précisément. Mais, alors que je me recroquevillais en craignant une tirade sur les clous à pattes à crochet, les têtes d’homme, les tapissiers et patin couffin, fort, en triangle bien élevé, il me fit grâce du détail de son négoce et, comme pour me laisser reprendre contenance, feuilleta un instant le recueil que j’avais posé.
Il lut posément :  « Une chose prend fin, une autre commence, et c’est la même qui continue, autrement ». Il ne fit aucun commentaire, mais son regard disait assez s’il était surpris qu’on puisse imprimer et lire de semblables phrases.
Un petit silence se fit, seulement troublé par le glouglou de la fontaine, puis par ma voix : assez stupidement, je m’étais mis à fredonner « le carré de l’hypoténuse ».
Je ne sais pas trop comment il goûta cette impertinence, mais, à part un sourire entendu, il se montra aussi homme du monde que n’importe quel triangle. Simplement, comme le carillon du salon sonnait cinq heures, il tendit l’oreille, se leva et disparu en disant « Désolé, il faut que j'y aille ; le métier de cloutier a ses contraintes, et c’est bientôt l’heure de pointe ».

Carnets paresseux




Les impromptus littéraires proposaient qu'on parle triangle, tandis que la Licorne voulait qu'à partir d'une photo (ci d'sous) et d'une phrase (La solitude vivifie ; l'isolement tue), on écrive un texte évoquant les cinq sens et au moins une citation de Christian Bobin.
La chansonnette de Pythagore est là. Voilà qui est fait.


lundi 11 mars 2019

JEU 44 : Perchés au milieu de nulle part



AU DIABLE L'ISOLEMENT, MIEUX VAUT VIVRE  AU MILIEU DU VIDE,  
Perchés au milieu de nulle part, c'est l'endroit que nous avions choisi 
pour fêter l'anniversaire de Pierre.
Loin de ce qu'il est convenu d'appeler le "confort moderne", 
nous avions envie d'être réchauffés
 par un grand feu de joie, de bois, de vie. 
Nourriture et boissons en quantité nécessaire et suffisante, 
avec des bougies  pour seul éclairage, 
nous avons vécu des moments qui  restent gravés 
dans mes meilleurs souvenirs.
Ainsi quelque temps après quand  Pierre me dit : 
"Je ne sais pas si tu as remarqué, 
mais la lumière des bougies crée une certaine intimité 
et les conversations ne sont pas du tout les mêmes".
C'est à cette douce et chaude lueur que je lui ai répondu :
"À la lueur des bougies... les yeux brillent... tous nos sens sont en éveil.
L'ouïe, on prête l'oreille parce qu'on a l'impression de moins bien entendre,
 on ne veut rien perdre.
L'odorat s'aiguise, les odeurs évoluent, se transforment 
en se mêlant à celles des bougies.
Et la vue s'estompe...
 On voit mal les objets, on les effleure dans le pénombre, 
cherchant à en deviner les formes.
Quant au toucher, il prend tout son sens, c'est lui notre guide; 
devenus presque aveugles
nous palpons l'autre, nous avons besoin de notre peau 
pour nous rencontrer, nous reconnaître.
Ah le goût : Ne trouves tu pas que tout ceci a une saveur très particulière ?

LE CHAT N'A QU'UN FAIBLE FILET DE VOIX POUR TOUT DIRE.
MOI JE N'AI QUE L'ÉCRITURE.
CHRISTIAN BOBIN  "NOIRECLAIRE"
.


samedi 9 mars 2019

JEU 44 : Saul, page 27





Les livres agissent même quand ils sont fermés, se disait-il, en parcourant d’un regard lourd et inquiétant les murs de cette vaste salle tapissée de livres qui s’offraient à lui dans une magnificence quelque peu outrancière. Vêtus de cuir, certains volumes jouaient les gros bras, d’autres se contentaient d’exposer leur nudité sans fard. Tiens, celui-là, par exemple, en plein milieu du premier rayonnage, depuis plusieurs jours, lui lançait des œillades. Il n’avait pourtant l’air de rien dans sa petite robe de fête de la maison Gallinel, coincé entre deux pavés vêtus de basane rouge cramoisie. En réalité, il contenait toute la lumière du monde. Saul ne le savait que trop bien. Ce qu’il ignorait, en revanche, c’est ce qu’il faisait là, lui, dans ce lieu improbable, gigantesque, inconnu. Par quel chemin était-il arrivé dans ce Parthénon de Babel ? Une vive douleur à l’arrière de la tête l’empêchait d’y voir clair. Pour l’heure, il s’agissait d’aller à la rencontre de ce petit livre haut perché qui lui lançait des clins d’œil enjôleurs.


Saul eut bien du mal à sortir de sa torpeur et de son fauteuil, situé à l’angle droit du mur-mur nord-nord-est. Flottait dans l’air une forte odeur de colle, de colle de pâte à tartiner. L’étrangeté du lieu, parallélépipède rectangle aux lettres d’or, l’invraisemblance de son état, ne l’empêchaient nullement de prendre son temps, de goûter au moelleux du fauteuil crapaud de velours vert, de caresser outrageusement les accoudoirs émoussés.

Lorsque soudain, un cri le sortit tout à fait de sa langueur. Ce fut d’abord une sorte de bruit de balançoire, suivi d’un cri qu’il ne sut définir. Il se précipita vers l’unique fenêtre du cube rectangulaire. Il manqua de vaciller : devant lui, se dessinaient la souveraineté du vide, l’immensité de l’océan, les ruines du ciel. Instinctivement, il eut un mouvement de recul. Il comprit rapidement qu’il se trouvait juché sur un piton rocheux au beau milieu de nulle part, perché comme un rhinocéros courasseux. Épouvanté, terrassé par l’angoisse, Saul perdit connaissance. Dehors, les éléments étaient échevelés. Lorsqu’il reprit ses esprits – une éternité plus tard – il avait la tête encore plus pesante. Avait-il été l’objet d’une illusion auditive ? Il faisait encore sombre. Seul un rayon de lune avait voix au chapitre sur les lames du parquet de bois vieilli qui exhalaient un doux parfum de corniotte. Il n’osait bouger. L’horizontalité lui allait bien. Pourtant, il était tenaillé par la faim et la soif. Il avait besoin non pas d’une vodka-martini (il préférait laisser ce détestable breuvage à Léonie ou à Madeleine – il les confondait toujours ces deux gnomes) mais d’un verre d’eau chaude ultraviolette.


Tout à coup, il tendit l’oreille.
– Psst ! Psst ! Par ici !
Saul se redressa, chancelant. Il n’était donc pas seul.
– Qui est là ? Où êtes-vous ?
– Approchez. Je suis là, dit la voix, sous le pommier (non, ça, c’est dans un autre livre… ). Je suis tombé par terre (non, pas ça, d’accord, c’est trop facile). Je suis tombé sur le dos velouté du gros crapaud. Il est répugnant mais il a amorti ma chute. Approchez, n’ayez crainte, j’ai quelque chose d’important à vous dire.
Saul s’avança prudemment. Au pied du fauteuil, il remarqua un verre rempli d’un liquide transparent.
– Vous vous désaltérerez plus tard, mon ami !
– Je souffre du Syndrome de Gougerot-Sjögren, vous comprenez. Je suis complètement déshydraté, asséché ! Accordez-moi au-moins cette faveur !

Sans attendre la réponse, Saul se jeta sur le verre. Le liquide (c’était de l’eau plate et fraîche) lui procura malgré tout une sensation de bien-être infini. C’est alors qu’il distingua sur le fauteuil, un petit livre, celui-là même qui lui avait jeté des oeillades. Saul le prit dans ses mains avec délicatesse et l’écouta attentivement.
– Un vrai livre est toujours quelqu’un qui entre dans notre solitude.
. . .

Un livre inutile


L’alarme du smartphone se mit à sonner. Treize heures. Ne subsistait de ce mauvais rêve que quelques fragments. Devant ses yeux mi-clos, défilaient la Galerie des Glaces sans glaces et au carré, des murs tapissés d’un papier-peint en trompe-l’œil imitant une bibliothèque de nuages, un perchoir ou plutôt un phare dont il était le gardien solitaire, un rhino féroce, une mer tourmentée. Sur la couette en désordre, un livre inutile était ouvert à la page 27. L’accablante asthénie de Saul disparut aussitôt, en un clin d’œil.







vendredi 1 mars 2019

JEU 44 : Photo insolite

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A partir de cette photo  et de cette phrase :  
"La solitude vivifie ; l'isolement tue.",
vous écrirez un texte de votre cru.

Contraintes supplémentaires :
Vous devrez évoquer, 
de façon directe ou indirecte,
les cinq sens
(vue, ouïe, toucher, odorat, goût)
et insérer au moins une citation
.
A vous de jouer !
.

Envoi avant le 21 mars 2019
à undeuxtrois4@orange.fr
 .

La Licorne
.


Ajout : Exceptionnellement,
après délibération avec moi-même, 
j'accepterai les envois
...jusqu'au 31 mars ...

Profitez-en !
.







mardi 26 février 2019

JEU 43 : Remerciements...animés




Un énorme MERCI 
pour vos participations de ce mois-ci, 
qui furent de qualité...





C'est Célestine qui, vaillamment,
 s'est lancée la première...
en interpellant sans complexe 
(et elle n'a pas à en avoir)
l'un des plus grands écrivains français :
le prénommé Victor, 
grand défenseur des plus misérables
et très attaché aux droits et aux libertés...
que notre France d'aujourd'hui,
de toute évidence,
malmène de plus en plus...

Elle lui a parlé, avec ses mots à elle 
(et avec ceux de notre président, 
puisque c'était le challenge)
 de notre actualité "brûlante"...
Espérons qu'elle sera entendue...


  

 ..........




Puis ce fut Andréa qui nous tricota un texte
aussi touffu que profond, 
une conversation à bâtons rompus 
entre deux mamies, Madeleine et Léonie,
qui, derrière leurs binocles rondes, 
voient le monde  tel qu'il est,
tel qu'il était et tel qu'il sera...

C'est avec leur malice coutumière
qu'elles nous ont emmenés
 dans une réflexion flamboyante
digne des plus grands philosophes...
remontant même, dans leur élan enthousiaste,
 jusqu'au Big Bang.



 
Enfin, terminant la course, 
 juste "sur le fil", 
un ou deux jours avant la date limite,
nous eûmes la participation 
de Dodo, faux paresseux
mais vrai perfectionniste, 
qui, lui, tricota des deux gambettes
pour relever trois défis simultanés
(auquel il trouva bon d'en ajouter un quatrième)...


Quel est son secret pour réussir de tels tours de force ?
Ne le répétez pas trop, 
mais je soupçonne une petite prise d'EPO :
Expérience
Perspicacité
Opiniâtreté





P-S : De mon côté, pas de dopage, 
mais, comme vous l'avez sans doute remarqué
un beau plagiat ...
puisque je me suis permise de copier...
sans autorisation, 
le style des (ex)remerciements
des "Plumes d'Asphodèle"...

Petit clin d'oeil...nostalgique...
accompagné
d'un gros bisou à vous tou(te)s !

.

La Licorne



mercredi 20 février 2019

JEU 43 : J'vous ai apporté des bonbons...



 Pour le jeu 43 
et l'atelier "Mil et Une"
 


Quand je l'ai vu arriver, le grand ballot, avec son petit ballotin, je me suis dit, in petto, qu'il allait me refaire le coup de Brel : "J'vous ai apporté des bonbons, parce que les fleurs, c'est périssable...". 

Toujours la même antienne...Cela fait des mois qu'il cherche une occasion de m'aborder, et, à chaque fois que l'on se croise dans un couloir, il fait un saut de cabri et part dans une logorrhée incompréhensible, un galimatias de mots sans suite...avant de s'excuser et de repartir, penaud, dans son bureau. 

Gaëtan, c'est un peu le Gaston Lagaffe de la société : rêveur,  gaffeur, légèrement fainéant, réfractaire à l'effort, roi des carabistouilles et  de la poudre de perlimpinpin...
Mais voilà : c'est le neveu du patron, alors on fait tous attention de ne pas trop le froisser. Le voilà qui  se dirige droit vers moi, avec la bouche en coeur et une main dans le dos, comme s'il venait de commettre un larcin.

S'il savait, le pauvre, que je me suis pacsée le mois dernier... la situation est on ne peut plus croquignolesque. Dans un borborygme inaudible, il me tend un minuscule paquet. Emballé dans du kraft, le paquet !  Faute de goût impardonnable, me dis-je, surtout pour la Saint-Valentin. Je le retourne et je découvre la petite phrase ...Je bredouille un merci tout en pensant que les vendeurs ont parfois un sacré sens de l'humour...

Et puis je reste plantée là, bien embarrassée.
J'espère une catastrophe, un tremblement de terre, une explosion...n'importe quel événement violent et disruptif qui viendrait  mettre un terme à mon embarras. Mais rien ne se passe. S'égrènent alors les trente secondes les plus longues de ma vie. 

"C'est gentil à vous...il ne fallait pas..." je bafouille, comme une gourde,  les yeux sur mes souliers. Comment lui avouer que la surprise n'en est pas une... pour la bonne raison que le cadeau, je l'avais vu depuis la première seconde par le truchement du miroir placé derrière lui ? Et comment lui annoncer que j'ai quelqu'un dans ma vie ?

Allez, courage ! 
"Gaëtan, il faut que je vous dise..." 
Je me décide à relever la tête : il n'est plus là. 
Mince ! Il devait être aussi gêné que moi...il s'est éclipsé pour ne pas avoir à s'expliquer. 
Hum...la timidité a du bon, parfois...cela me laisse le temps de trouver mes mots 
et de lui envoyer un SMS.

Je vais attendre un peu pour ouvrir le paquet.
Je l'ouvrirai chez moi, ce soir....en toute discrétion.
Au toucher, je sens un truc en forme de coeur.
M'étonnerait pas qu'il soit rose bonbon...
.
La Licorne
.

Pour Mil et Une, il fallait écrire un texte en rapport avec l'image et placer le mot SMS.


 

mardi 19 février 2019

JEU 43 : Eviter la chute !



Léobille rêve : deux bicyclettes filent sur le chemin qui se tortille d’aise sous le chatouillis caoutchouteux de leur pneu à la gomme. Sur les talus, les arbres se poussent pour éviter les circonvolutions tortillonneuses du chemin qui les bousculent – les circonvolutions – en grognant – les arbres. Fières, les deux cyclettes ne prêtent pas attention à ce galimatias et filent en raison inverse du carré du défilement du développement de la circonférence de leur roues sur le linéaire du chemin, et en vrombissant. Surpris, Léobille demande au Major fièrement perché  sur l’autre selle :
« En raison inverse du carré ? »
– Oui, parce qu’elles sont rondes, les roues : c’est donc l’inverse du carré qui s’applique ».

Léobille a le temps de voir, perché sur un arbre du talus, un corbeau ; le piaf, interloqué par la réponse savante du cycliste, ouvre un large bec ébaubi ; il regarde son fromage qui, libéré, délivré, ne tombe pourtant pas. Il a évité la chute. En voilà un qui n’est pas prêt de se faire larciner par le renard.

De la saynète entraperçue et sitôt disparue, le Major pérore doctement : « Éviter la chute, d’accord, mais laquelle ? La chute des anges rebelles ? Une belle bande de réfractaires ! Et si on croit la Bible, il est un peu tard pour l’éviter, et puis cette chute-là rentre dans le plan de Dieu, non ? Avoue que ça serait ballot d’aller contre. Alors celle de l’empire romain ? Même pas en rêve : tout un tas de fainéants qui n’ont même pas inventé la rustine ! Cela dit, éviter la chute, c’est la meilleure façon pour un gromancier de tenir la distance, de pondre de bons gros romans bien gras… »

Léobille n’écoute plus les carabistouilles de son compagnon : il rêve à la belle Pelisse qu’ils doivent rejoindre à la surprise partie, tout en récitant in petto une page du Vomi qu’il conjugue à tous les temps de l’imparfait. En effet, son végétalocipède issu des meilleurs serres de l’Haÿe-les-Roses a depuis longtemps délaissé l’énergie médiocre du mollet humain pour se convertir à l’énergie grammaticale. Il lui faut donc conjuguer, accorder, déclinaisonner et patin-couffin jusqu’au bout du chemin sous peine de végéter sur le bord de la route. Voilà pourquoi ses fontes sont chargées des œuvres complexes de Jean-Sol Patre. Il y a des jours où il envie le Major qui, armé d’une triviale cyclette à pédalier, mollète fièrement et ne parle que quand il veut – c’est-à-dire tout le temps.

Pour faire mentir le rêve de Léobille, voilà le Major qui se tait et glisse un disque sur le plateau de la fourche avant, celle qui est équipée d’un saphir : en échange d’un bon coup de pédale (l’idéal est d’assurer un quarante-cinq tours bien régulier), et par le truchement de deux petits hauts parleurs reliés par un circuit disruptif ad-hoc il va pouvoir finir la ballade en écoutant un petit jazz pas piqué des hannetons.

Las, la côte s’obstine à grimper le long de la colline qui ne fait rien qu’à se dérober sous la route, et le jazz coince sous l’effort ; les clarinettes grincent et la trompinette barrit plaintivement. Dérangé dans sa quête amoureuse (il voit l’image de sa belle dans le ciel, dans les nuages, dans les arbres et dans les feuilles, dans les herbes et dans les champs et jusque dans les branchettes de son guidon), l’oreille écorchée par les couinements plaintifs, Léobille gémit : « Pelisse partout, justesse nulle part ».

Indifférent au tohu-bohu, le Major reprend son antienne : « Si c’est la chute de la pluie qu’il faut éviter, il y a plusieurs façons : si ça tombe léger, des sauts de cabri suffisent pour passer entre les gouttes ; si ça drache en logorrhée, il n’y a pas de perlimpinpin qui tienne : faut s’arrêter et sortir le parapluie ; mais là, on n’avance plus. »

Quoi disant, il pose le pied à côté de son vélo, retire sa casquette à trois pans d’un geste coquet et fait un petit bond habile en hurlant à l’adresse de Léobille :
 « Le meilleur moyen d’éviter la chute des cheveux, c’est de faire un pas de côté. »
.
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samedi 9 février 2019

JEU 43 : Big Bang




Big Bang
Madeleine et Léonie



– (in petto) "Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir " .

Léonie


Quels crétins, ces humains. Le bordel qui règne sur la planète ne leur suffit pas, désormais l’espace est devenu un vrai bric-à-broc. C’est bien beau d’envoyer des sondes, des satellites et autres objets mi-cariens mi-robolants dans l’espace…

 – (même jeu) « Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? » (S’adressant à Léonie). Oh, tu pourrais lire ou chanter in petto, que diable !
– Tu me fatigues avec tes antiennes !
– (même jeu) " Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime " .
– Mais comment vont-ils éliminer tous ces débris qui flottent au-dessus de nos têtes ? Avec de la poudre de perlimpinpin ? L’espace est devenu un vrai dépotoir. On met un pognon de dingue dans ces bibelots ! Mais à quelle fin ?
– (à voix haute) « Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu’il m’est impossible pour le moment de le connaître. »
– Ah ah, quelle blague ! Et quand bien même tout ce cirque aurait une once de sens (que dis-je, une once… un micro-nanogramme de sens !), qu’adviendrait-il de l’être humain ? Rien. Il continuerait de vaquer à ses occupations, tranquillement, comme si de rien n’était.
.
– (toujours à haute voix) " Le bonheur et l’absurde sont deux fils de la même terre. Ils sont inséparables. L’erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde. Il arrive aussi bien que le sentiment de l’absurde naisse du bonheur " .
– (avec un sourire de satisfaction) Par bonheur, je ne suis qu’un personnage de fiction.
– (in petto) " L’ouvrier d’aujourd’hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n’est pas moins absurde. Mais il n’est tragique qu’aux rares moments où il devient conscient ".

– (soudain, un doute tragico-absurde s’empare de son esprit). Saperlotte, suis-je réellement un être de fiction ? La question mérite d’être posée. Au fond, par quel truchement disruptif peut-on affirmer sans ambages que je suis née dans l’esprit croquignolesque et notablement humain de l’aut’e zigue alias Andrea Machin ?

– (même jeu) " Il n’est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris "  .

– C’est vrai, quoi. Tout le monde est persuadé qu’Edmond Dantès a séjourné au Château d’If alors que tout le monde a oublié que Mirabeau y a été emprisonné. C’est tout de même ballot, non ? Qu’est-ce que cela signifie ? (elle se tourne vers Madeleine) Eh, vieille branche, d’après toi, qu’est-ce qui fait l’ipséité d’Edmond Dantès, de Leonard de Vinci ou d’Emma Bovary ? Pourquoi les humains pensent-ils que ces personnages ont réellement existé ?
– (regard à la Bette Davis). Eh bien, on peut dire que tu pratiques le saut de cabri avec aisance ! Tu en as fini avec ton abrutissante logorrhée? Quel galimatias ! C’est toi qu’on devrait placer sur orbite ! (un temps) Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
– Ah ! Tu bottes en couche !
– Point du tout. A la fin de l’envoi, je louche. Où en étais-je ? Ah oui, eh bien, relis tes classiques ou consulte des spécialistes ! Ils sont légion. Le professeur Tournesol, Hercule Poirot, Umberto Eco pourront éclairer ta caverne. George Orwell, George Sand ou même Georges Vinteuil dont la biographie vient de sortir (*)…
– Mieux ! Un agent-double, Cyrano de Bergerac !

– Écoute, on ne va pas faire la liste de tout le gratin dauphinois et de Navarre… (un temps) Entre nous, ne penses-tu pas que, quelle que soit notre nature – chimérique, infrangible ou historique, nous sommes toutes et tous des personnages en quête d’auteur ?
– # platonversusdumbledore ! Réagissez !

– (avec gravité) Fruit d’un accident absurde – qu’il est convenu d’appeler le BigEt-en-même-temps-Bang, modèle cosmo-logico-économique controversé – d’un phénomène insondable, l’évolution, l’être humain est pétri de paradoxes, capable du meilleur comme du pire.
– Mesdames et Messieurs, c’était la minute philo de Madeleine. Ah ah ah ! Tu as trouvé ça toute seule ?! Attention, roulement de tambour… (elle imite la voix doucereuse de Madeleine avec l’intonation de Sarah Bernhardt) : L’Homme sait qu’il va mourir mais il se conduit comme s’il l’ignorait.
– Pauvre nodocéphale. Écoute plutôt. « Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’Homme. » (elle relit lentement la phrase).
– Oui, enfin… faut pas raconter des cracks. Ce n’est pas parce qu’il nous faut imaginer Sisyphe heureux qu’Antoine Roquentin n’aura plus jamais la nausée. Ça, c’est de la pipe.
– Pour toutes réclamations, leonie@carabistouilles. Crois-moi, l’être humain est gorgé de ressources. Aie confiance. Un esprit éclairé découvrira bientôt le moyen d’envoyer des nettoyeurs chargés de réduire en poussière d’étoile la pollution orbitale. C’est une question de temps, d’audace et de maïeutique.
– Pendant ce temps-là, la danse macabre kafkaïenne des fainéants, flibustiers et autres réfractaires a encore de beaux jours devant elle.






Madeleine et Léo 2019


N.B. Les passages cités en bleu sont extraits du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus, 1942.(*) La vraie vie de Vinteuil, Jérôme Bastianelli, Grasset, 2019.






vendredi 8 février 2019

Escapade printanière



Les trente élèves et leurs correspondants venaient de partir, entre deux fous rires, pour la grande foire régionale qui battait son plein ce samedi. Elle les avait regardés s'éloigner pendant de longues minutes, infiniment soulagée de ne pas avoir à les accompagner. A vrai dire, elle n'avait jamais compris cette frénésie commerciale, cette boulimie de sorties. Qu'allaient-ils faire, tous ces jeunes de quinze ans, au milieu de stands vétustes qui vendaient du vin, des piscines ou des boiseries ? Mystère.

Pour elle, le week-end, c'était la pause sacrée. Le moment de respirer enfin, de s'offrir du temps libre, sans aucune contrainte...et surtout sans penser au collège.
Allongée sur l'herbe, les doigts de pieds en éventail...juste occupée à observer les fourmis , à écouter les oiseaux, un livre à la main...cela suffisait à son bonheur.
Mais ce n'était pas, bien sûr, ce qu'elle avait dit à ses collègues...elle avait dû inventer une excuse...une pseudo manifestation au centre-ville...il y en avait tellement, des manifs,  ces derniers temps, qu'elle n'avait même pas dû préciser quelles étaient ses revendications...on l'avait crue sur parole.

Mademoiselle Charmier s'était immédiatement proposée pour la remplacer et je crois qu'elle n'était pas mécontente, au fond, de saisir l'occasion de passer l'après-midi en compagnie du prof de maths à la petite barbichette bien taillée.
Tout était donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. La journée s'annonçait ensoleillée, le grand parc, de l'autre côté de la ville, étalait son vert printemps...et elle venait de commencer un roman  palpitant. Le temps de se procurer une tenue de camouflage (grand chapeau de paille et lunettes noires)...et elle s'en irait fringante et insouciante ...à la foire aux papillons .

La Licorne


Pour l'atelier "Treize à la douzaine" d'Annick SB

Il fallait placer les douze mots suivants :

1  correspondant
2  piscine
3  vétuste
4  sacré
5  revendication
6  boulimie
7  élève
8  pause
9  boiserie
10  éventail
11  fourmi
12  respirer

 et le 13ème pour le thème : foire


lundi 4 février 2019

JEU 43 : Lettre à Victor


  Lettre à Victor


Ah, mon brave Totor, si tu voyais ta France, dans quel galimatias elle se débat…

 Ce siècle a dix neuf-ans, l’âge des fleurs et du printemps, et pourtant il s’enlise dans une sorte d’hiver social interminable et noir. Tous les dés sont pipés, les arcanes du Pouvoir et de la Finance l’ont définitivement ficelé comme une paupiette.


 Du coup, le citoyen lambda, et même l’alpha ou l’oméga, ne comprennent plus grand-chose dans ce grand flou artistiquement entretenu, dans la logorrhée lénifiante des politiques de bâbord comme de tribord. La coque prend l’eau. Et ce n’est pas la poudre de perlimpinpin de leurs promesses élimées, qui changera la donne. Qui fera oublier leurs larcins et leurs arnaques.

Tiens, ce matin par exemple, c’est ballot, j’étais partie à petits sauts de cabri, au vent aigre de janvier mais le cœur au chaud, ayant troqué la nuisette à fines bretelles contre la veste en mouton retourné et l’écharpe en cachemire. Je pensais musarder au marché, échanger quelques calembredaines croquignolesques avec les marchands de primeurs. M’acheter un petit poulet fermier rôti dans sa peau,  que je savourais déjà in petto, en salivant.

 Ah ça, pour du poulet, j’en ai vu…des dizaines, des centaines de poulets en batteries à chaque carrefour.


Ce que j’ai vu, c’est un centre-ville déserté, décimé, barricadé frileusement, derrière des cordons de gens en armes, et des planches en contreplaqué. Ça m’a mise à l’envers. Au trente-sixième dessous.  J’ai frémi. On aurait dit le tréfonds de la Roumanie du temps du Rideau de Fer.

Tu ne reconnaîtrais plus ton pays, mon vieil Hugo. Où est passée sa tradition de  contestation subversive et éclairée, héritée en droite ligne des Lumières ? Que deviennent les acquis sociaux et les libertés individuelles, passées au tarabiscot de la loi du Marché ? Et le droit de manifester ? Quelles carabistouilles va-t-on encore nous faire avaler, comme des fèves amères, en montant soigneusement des pans entiers de la population les uns contre les autres ? En traitant les citoyens de fainéants et de réfractaires ? En brouillant les cartes jusqu’à ce que l’on ne sache plus qui se bat contre quoi ? En assommant, par le truchement du gant de boxe sécuritaire et paternaliste, la petite puce de la Liberté.

Je t’affole peut-être inutilement, toi qui repose en paix au panthéon avec Simone Veil, Zola, Jaurès et quelques autres… je trouve simplement que c’est grave ce qui se passe. C’est disruptif, oui, mais avec notre histoire de peuple libre. Et le pire, c’est que personne ne s’en aperçoit, ou presque.




 •.¸¸.•*`*•.¸¸

vendredi 1 février 2019

JEU 43 : Expressions macroniennes


Croquignol, un des "pieds Nickelés"...
a donné naissance à l'adjectif "croquignolesque"...



L'hymne national et l'horoscope
ne semblent pas vous avoir inspirés...
plus que ça.
Je reviens donc à un jeu plus "classique"
(du moins dans sa forme) :
le texte avec mots imposés. 

Mais attention : 
les mots à placer ont  un point commun :
ils font tous partie du vocabulaire
assez particulier et légèrement rétro parfois, 
de notre cher Président.

Voici donc un florilège 
les plus remarquées :

croquignolesque, 
poudre de perlimpinpin, 
galimatias, truchement, larcin, 
ballot, saut de cabri,
fainéants, réfractaires, 
logorrhée, antienne, in petto,
disruptif, carabistouilles ...

A vous de mixer le tout
dans un texte qui nous réjouira...
et "en même temps"  nous surprendra. ;-)
Je vous en sens parfaitement  capables !

Le thème est libre.

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 février 2019

La Licorne
.

(Pour une fois, je lance le jeu avec un peu d'avance...
ça vous donne  un peu de temps pour réfléchir...
mais je ne publierai rien avant le 1er)


vendredi 18 janvier 2019

JEU 42 : L'authentique horoscope perfectible et universel de la Jumeleine



L’année commence à peine et les cercles autorisés
se demandent bien comment elle finira.

Gageons qu’on en saura plus aux alentours du 31 décembre prochain,
mais les plus impatients n’hésitent pas à essayer de se renseigner en douce.
 Certains, par-delà les horizons terrestres, pointent un doigt interrogatif
vers les courses entremêlées de la lune et des étoiles,
qu’ils harnachent pour l’occasion de toutes leurs qualités supposées,
 honnêteté, humilité, et autres fariboles.

On hiérarchise les astres, astreignant aux heures fixes les volants météores :
pour ceux-là, foin de l’héliocentrisme, leur héros sera un lion hautain ;
tel croira au bélier et à ses cornes entreroulées, signe de hâte et de heurts
(à provoquer ou éviter, c’est selon) ;
telle autre se fie au taureau, heureux brouteur d’herbe.
Tels enfin se songent habiles à suivre la course de deux petits hercules halés,
les gros et gras Gémeaux, pourvoyeurs de bonnes nouvelles.
D’autres lèvent encore l’œil, mais moins haut,
et balancent à confiancer le vol des piafs,
ou, hardiment questionnent les nuages,
afin d’y découvrir le futur incertain.




À l’inverse, tournant le dos au ciel, certains scrutent à même la terre
la trotte du hérisson, la gambade de la hase, la hargne du scorpion,
pour y découvrir le temps qu’il fera
et si l’amour et l’argent viendront en leur temps.
Et que dire de ceux qui plongent le regard
dans l’eau dormante habitée des Poissons écailleux ;
et,  lancé de dés, addition de nombre, lecture de cartes coloriées
 – cent autres fredaines plus ou moins assurées.
Mais lire les chiffres, les cieux ou les eaux ne leur apprendra pas,
au contraire de la lecture de cette chronique, qu’une société secrète bavaroise
(Goethe en fut, preuve d’un certain sérieux) a,
il y a quasiment douze douzaines d’années,
résolu l’énigme.

L’avenir ?
Il est perfectible, et voilà tout.

 
Ce qu’on sait encore moins, c’est que les affidés,
pour se mettre eux-même à l’épreuve de cette évidence,
devaient avant chaque réunion réaliser un gâteau
dont la recette se passait de bout de lèvres à creux d’oreilles,
recette fort simple au demeurant et qu’il s’agissait non point tant de réussir
 ou de ne pas rater que de tenter d’améliorer.



Les dits gâteaux étaient partagés lors de repas initiatiques
 où on évitait tous les débordements décoratifs
qui abondent généralement dans les sociétés prétendument secrètes :
nulles larges teintures sombres frappées de l’aigle bicéphale
 encadrant une grande table chargée de coupelles de bretzel,
de chandelier fumant, de choppes de bière
et de bouteilles à col étroit de vin de Franconie,
d’un plat d’argent où fumeraient des weißwurst.
Cette tarte et cette recette perfectibles par essence,
vous avez devinez, je crois,
qu’il s’agit de la Jumeleine.

Vous allez maintenant m’en demander la recette – en vain :
 l’une et l’autre n’a pas survécu à la dissolution de la société des Illuminati.
 Aux esprits chagrins qui s’en désespéreraient,
disons que puisque rien ne dit que cette histoire est vraie
(on peut tout espérer d’une société secrète disparue),
 et cette disparition n’empêche en rien, bien au contraire,
tout un chacun d’imaginer une Jumeleine à sa guise.

Il en est de même pour l’année à venir,
que je vous souhaite comestible et perfectible.
.
Carnetsparesseux
.



dimanche 13 janvier 2019

JEU 42 : Prévisions pour rire




BELIER : Dans votre hâte, vous foncez tête baissée chaque fois que quelqu'un vous contrarie...Faites un effort, cette année, pour ne pas heurter les autres et  ne pas déclencher les hostilités...

TAUREAU : L'herbe n'est pas plus verte ailleurs et vous le savez. Le bonheur est dans le pré...là où vous broutez tranquillement...Humez l'air frais au lieu de remâcher les affronts...Et soyez heureux !

CANCER : Un homme hâlé et haut en couleurs traversera votre vie par hasard. Un Haïtien, un haltérophile ou peut-être un Helvète du genre herculéen...Vous en pincerez pour lui : une belle histoire en perspective, si vous faites l'effort de sortir de votre carapace avant Halloween.

GEMEAUX : Toujours curieux , vous vous laissez happer par toutes les histoires de l'hexagone et vous papillonnez entre huit ou neuf relations : il est temps en 2019 de mettre le hola à cette vie harassante et de retrouver parfois votre hamac !

LION : Hourra ! De tous les signes, vous êtes le Héros. Nul ne conteste votre hégémonie, mais  n'exagérez pas, ne vous montrez pas si hautain,  et ne vous vantez pas trop de vous hauts-faits.
Bref, modérez votre héliocentrisme.

VIERGEHonnête Vierge, votre humilité n'a d'égale que votre dévouement. Toujours respectueuse des horaires, vous gagneriez à mettre un peu plus d'humour et de hardiesse dans votre vie. N'hésitez pas à changer vos habitudes.

BALANCE : Souvent hésitante, la Balance....Hubert ou Henri ? Hollande ou Hongrie ?  Avouez que c'est horripilant pour votre entourage...Respirez un bon coup, et tranchez hardiment !

SCORPION : Vos piques, votre hargne et  votre intransigeance peuvent parfois vous rendre aussi agréable qu'un hérisson...Ne vous étonnez pas si votre supérieur hiérarchique vous hait...

SAGITTAIRE : Toujours prêt à galoper en hennissant vers de nouveaux horizons, vous ne laisserez personne vous harnacher ni entraver votre liberté chérie.

CAPRICORNE : L'appel des hauteurs , c'est bien mais reposez -vous de temps en temps. L'hiver, c'est fait pour ça ! Faites une halte ...et laissez la course aux honneurs pour l'instant.

VERSEAU : Différent, original, mais jamais hors-jeu, vous déverserez votre bonne humeur par hectolitres et répandrez l'harmonie autour de vous !

POISSONS : Dans la mer des sentiments, une jolie sirène (habitant dans le même HLM) pourrait mordre à l'hameçon ...vous la séduirez habilement . Un Happy end en perspective ?


La Licorne 
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mardi 1 janvier 2019

JEU 42: Horoscope 2019


Pour ce premier mois de l'année,
à l'heure où chacun se demande de quoi demain sera fait,
je vous propose d'écrire...
un horoscope fantaisiste pour 2019.




Vous devrez passer tous les signes en revue
et , contrainte supplémentaire, 
placer dans votre texte le plus possible de mots 
commençant par la lettre H.

A vos plumes !
Les délires en tout genre
sont bien sûr les bienvenus...
Laissez libre cours à votre imagination !

Et que la nouvelle année vous soit favorable...
(quel que soit votre signe ;-)
.

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 janvier 2019
.
La Licorne
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lundi 12 novembre 2018

JEU 41 : Marseillaise écologique




Aujourd'hui la Terre nous supplie...
Le jour du choix est arrivé !
Rejetons toutes les tyrannies
Qui nous maintiennent divisés
L'étendard de l'espoir est levé !
Regroupons-nous, voix solidaires
Pour dire que nous ne voulons pas
Du règne de cet argent-roi
Qui détruit la vie, la joie, la Terre ...




Tous debout, citoyens !
Tous ensemble, marchons
Marchons, chantons, 
Pour qu'une eau pure
Abreuve nos sillons ...
.
La Licorne
.

jeudi 1 novembre 2018

JEU 41 : Nouvel hymne




Ce mois-ci, nous allons commémorer un peu partout
le centenaire de l'armistice de 1918...
A cette occasion, il est très probable 
que nous entendrons résonner plus d'une fois, 
dans nos campagnes et ailleurs...
notre célèbre "hymne national".

Malgré mon amour sincère pour ce beau pays, 
je dois dire qu'à chaque fois que je l'entends, 
les paroles me font -comment dire-
froid dans le dos...
Et il me semble que je ne suis pas la seule dans ce cas.

Je vous propose donc, si vous en êtes d'accord, 
un thème légèrement sacrilège mais libérateur : 

Réécrire les paroles de la Marseillaise



Vous pouvez tout changer,
le thème de la nouvelle chanson est entièrement libre...
(et donc pas forcément patriotique)
la seule contrainte étant que les nouvelles paroles 
ne soient pas "guerrières"...
et que, bien sûr, la mélodie soit respectée.

Voilà...

Chantons, chantons...
Qu'un texte pur
Naisse sous nos crayons...

Et que Rouget de Lisle nous pardonne ...;-)
.

Date limite :
21 novembre 2018
.

La Licorne

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P-S :  Pour écouter un précurseur dans ce domaine
cliquez ICI 




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dimanche 21 octobre 2018

Ecrire


Vos poèmes, tous plus beaux
les uns que les autres, m'ont émue...

J'aimerais, en guise de remerciement,
vous offrir une chanson...
peu connue, mais magnifique, 
de Charles Aznavour....

La Licorne 



Rêver, chercher, apprendre
N'avoir que l'écriture et pour Maitre et pour Dieu
Tendre à la perfection à s'en crever les yeux
Choquer l'ordre établi pour imposer ses vues
Pourfendre

Choisir, saisir, comprendre
Remettre son travail cent fois sur le métier
Salir la toile vierge et pour mieux la souiller
Faire hurler, sans pudeur, tous ces espaces nus
Surprendre

Traverser les brouillards de l'imagination
Déguiser le réel de lambeaux d'abstraction
Désenchainer le trait par mille variations
Tuons les habitudes
Changer, créer, détruire

Pour briser les structures à jamais révolues
Prendre les contrepieds de tout ce qu'on a lu



S' investir dans son Oeuvre à Coeur et corps veux Tu.

Écrire ta peur de sueur, d'angoisse
Souffrant d'une étrange langueur
Qui s'estompe parfois mais qui refait bientôt surface
User de sa morale en jouant sur les moeurs
Et les idées du temps

Imposer sa vision des choses et des gens
Quitte à être pourtant maudit
Aller jusqu'au scandale
Capter de son sujet la moindre variation

Explorer sans relâche et la forme et le fond
Et puis l'oeuvre achevée, tout remettre en question
Déchiré d'inquiétude

Souffrir, maudire
Réduire l'art à sa volonté brulante d'énergie
Donner aux sujets morts comme un semblant de vie
Et lâchant ses démons sur la page engourdie
Écrire, Écrire
Écrire comme on parle et on crie

Il nous restera ça
Il nous restera ça


vendredi 19 octobre 2018

JEU 40 : Pour toi




Pour toi

La solitude d’un coup empoigne mon cœur
Un jour, demain, tu partiras emportant la douceur
Auréole de ma vie, tu t’envoles vers un refuge sûr 
Et je me souviendrais des moments vécus
C’est formidable de se rappeler ce que nous avons vu


Feuille virevoltant dans l’heure de rosée
Roseau s’agitant au son des violons parfumés
Aile légère qui captive la lumière
Bateau affrontant les secousses de la mer
Chasseur en sanglots libérant la couleur


Parfum suffocant de la nouvelle Aurore
Qui en chantonnant tutoie les astres
Comme un effluve de vent d’innocence
Le dos bien droit et le front pur
Et ignorant la langueur des regards