mardi 19 février 2019

JEU 43 : Eviter la chute !



Léobille rêve : deux bicyclettes filent sur le chemin qui se tortille d’aise sous le chatouillis caoutchouteux de leur pneu à la gomme. Sur les talus, les arbres se poussent pour éviter les circonvolutions tortillonneuses du chemin qui les bousculent – les circonvolutions – en grognant – les arbres. Fières, les deux cyclettes ne prêtent pas attention à ce galimatias et filent en raison inverse du carré du défilement du développement de la circonférence de leur roues sur le linéaire du chemin, et en vrombissant. Surpris, Léobille demande au Major fièrement perché  sur l’autre selle :
« En raison inverse du carré ? »
– Oui, parce qu’elles sont rondes, les roues : c’est donc l’inverse du carré qui s’applique ».

Léobille a le temps de voir, perché sur un arbre du talus, un corbeau ; le piaf, interloqué par la réponse savante du cycliste, ouvre un large bec ébaubi ; il regarde son fromage qui, libéré, délivré, ne tombe pourtant pas. Il a évité la chute. En voilà un qui n’est pas prêt de se faire larciner par le renard.

De la saynète entraperçue et sitôt disparue, le Major pérore doctement : « Éviter la chute, d’accord, mais laquelle ? La chute des anges rebelles ? Une belle bande de réfractaires ! Et si on croit la Bible, il est un peu tard pour l’éviter, et puis cette chute-là rentre dans le plan de Dieu, non ? Avoue que ça serait ballot d’aller contre. Alors celle de l’empire romain ? Même pas en rêve : tout un tas de fainéants qui n’ont même pas inventé la rustine ! Cela dit, éviter la chute, c’est la meilleure façon pour un gromancier de tenir la distance, de pondre de bons gros romans bien gras… »

Léobille n’écoute plus les carabistouilles de son compagnon : il rêve à la belle Pelisse qu’ils doivent rejoindre à la surprise partie, tout en récitant in petto une page du Vomi qu’il conjugue à tous les temps de l’imparfait. En effet, son végétalocipède issu des meilleurs serres de l’Haÿe-les-Roses a depuis longtemps délaissé l’énergie médiocre du mollet humain pour se convertir à l’énergie grammaticale. Il lui faut donc conjuguer, accorder, déclinaisonner et patin-couffin jusqu’au bout du chemin sous peine de végéter sur le bord de la route. Voilà pourquoi ses fontes sont chargées des œuvres complexes de Jean-Sol Patre. Il y a des jours où il envie le Major qui, armé d’une triviale cyclette à pédalier, mollète fièrement et ne parle que quand il veut – c’est-à-dire tout le temps.

Pour faire mentir le rêve de Léobille, voilà le Major qui se tait et glisse un disque sur le plateau de la fourche avant, celle qui est équipée d’un saphir : en échange d’un bon coup de pédale (l’idéal est d’assurer un quarante-cinq tours bien régulier), et par le truchement de deux petit hauts parleurs reliés par un circuit disruptif ad-hoc il va pouvoir finir la ballade en écoutant un petit jazz pas piqué des hannetons.

Las, la côte s’obstine à grimper le long de la colline qui ne fait rien qu’à se dérober sous la route, et le jazz coince sous l’effort ; les clarinettes grincent et la trompinette barrit plaintivement. Dérangé dans sa quête amoureuse (il voit l’image de sa belle dans le ciel, dans les nuages, dans les arbres et dans les feuilles, dans les herbes et dans les champs et jusque dans les branchettes de son guidon), l’oreille écorchée par les couinements plaintifs, Léobille gémit : « Pelisse partout, justesse nulle part ».

Indifférent au tohu-bohu, le Major reprend son antienne : « Si c’est la chute de la pluie qu’il faut éviter, il y a plusieurs façons : si ça tombe léger, des sauts de cabri suffisent pour passer entre les gouttes ; si ça drache en logorrhée, il n’y a pas de perlimpinpin qui tienne : faut s’arrêter et sortir le parapluie ; mais là, on n’avance plus. »

Quoi disant, il pose le pied à côté de son vélo, retire sa casquette à trois pans d’un geste coquet et fait un petit bond habile en hurlant à l’adresse de Léobille :
 « Le meilleur moyen d’éviter la chute des cheveux, c’est de faire un pas de côté. »
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samedi 9 février 2019

JEU 43 : Big Bang




Big Bang
Madeleine et Léonie



– (in petto) "Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir " .

Léonie


Quels crétins, ces humains. Le bordel qui règne sur la planète ne leur suffit pas, désormais l’espace est devenu un vrai bric-à-broc. C’est bien beau d’envoyer des sondes, des satellites et autres objets mi-cariens mi-robolants dans l’espace…

 – (même jeu) « Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? » (S’adressant à Léonie). Oh, tu pourrais lire ou chanter in petto, que diable !
– Tu me fatigues avec tes antiennes !
– (même jeu) " Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime " .
– Mais comment vont-ils éliminer tous ces débris qui flottent au-dessus de nos têtes ? Avec de la poudre de perlimpinpin ? L’espace est devenu un vrai dépotoir. On met un pognon de dingue dans ces bibelots ! Mais à quelle fin ?
– (à voix haute) « Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu’il m’est impossible pour le moment de le connaître. »
– Ah ah, quelle blague ! Et quand bien même tout ce cirque aurait une once de sens (que dis-je, une once… un micro-nanogramme de sens !), qu’adviendrait-il de l’être humain ? Rien. Il continuerait de vaquer à ses occupations, tranquillement, comme si de rien n’était.
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– (toujours à haute voix) " Le bonheur et l’absurde sont deux fils de la même terre. Ils sont inséparables. L’erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde. Il arrive aussi bien que le sentiment de l’absurde naisse du bonheur " .
– (avec un sourire de satisfaction) Par bonheur, je ne suis qu’un personnage de fiction.
– (in petto) " L’ouvrier d’aujourd’hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n’est pas moins absurde. Mais il n’est tragique qu’aux rares moments où il devient conscient ".

– (soudain, un doute tragico-absurde s’empare de son esprit). Saperlotte, suis-je réellement un être de fiction ? La question mérite d’être posée. Au fond, par quel truchement disruptif peut-on affirmer sans ambages que je suis née dans l’esprit croquignolesque et notablement humain de l’aut’e zigue alias Andrea Machin ?

– (même jeu) " Il n’est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris "  .

– C’est vrai, quoi. Tout le monde est persuadé qu’Edmond Dantès a séjourné au Château d’If alors que tout le monde a oublié que Mirabeau y a été emprisonné. C’est tout de même ballot, non ? Qu’est-ce que cela signifie ? (elle se tourne vers Madeleine) Eh, vieille branche, d’après toi, qu’est-ce qui fait l’ipséité d’Edmond Dantès, de Leonard de Vinci ou d’Emma Bovary ? Pourquoi les humains pensent-ils que ces personnages ont réellement existé ?
– (regard à la Bette Davis). Eh bien, on peut dire que tu pratiques le saut de cabri avec aisance ! Tu en as fini avec ton abrutissante logorrhée? Quel galimatias ! C’est toi qu’on devrait placer sur orbite ! (un temps) Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
– Ah ! Tu bottes en couche !
– Point du tout. A la fin de l’envoi, je louche. Où en étais-je ? Ah oui, eh bien, relis tes classiques ou consulte des spécialistes ! Ils sont légion. Le professeur Tournesol, Hercule Poirot, Umberto Eco pourront éclairer ta caverne. George Orwell, George Sand ou même Georges Vinteuil dont la biographie vient de sortir (*)…
– Mieux ! Un agent-double, Cyrano de Bergerac !

– Écoute, on ne va pas faire la liste de tout le gratin dauphinois et de Navarre… (un temps) Entre nous, ne penses-tu pas que, quelle que soit notre nature – chimérique, infrangible ou historique, nous sommes toutes et tous des personnages en quête d’auteur ?
– # platonversusdumbledore ! Réagissez !

– (avec gravité) Fruit d’un accident absurde – qu’il est convenu d’appeler le BigEt-en-même-temps-Bang, modèle cosmo-logico-économique controversé – d’un phénomène insondable, l’évolution, l’être humain est pétri de paradoxes, capable du meilleur comme du pire.
– Mesdames et Messieurs, c’était la minute philo de Madeleine. Ah ah ah ! Tu as trouvé ça toute seule ?! Attention, roulement de tambour… (elle imite la voix doucereuse de Madeleine avec l’intonation de Sarah Bernhardt) : L’Homme sait qu’il va mourir mais il se conduit comme s’il l’ignorait.
– Pauvre nodocéphale. Écoute plutôt. « Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’Homme. » (elle relit lentement la phrase).
– Oui, enfin… faut pas raconter des cracks. Ce n’est pas parce qu’il nous faut imaginer Sisyphe heureux qu’Antoine Roquentin n’aura plus jamais la nausée. Ça, c’est de la pipe.
– Pour toutes réclamations, leonie@carabistouilles. Crois-moi, l’être humain est gorgé de ressources. Aie confiance. Un esprit éclairé découvrira bientôt le moyen d’envoyer des nettoyeurs chargés de réduire en poussière d’étoile la pollution orbitale. C’est une question de temps, d’audace et de maïeutique.
– Pendant ce temps-là, la danse macabre kafkaïenne des fainéants, flibustiers et autres réfractaires a encore de beaux jours devant elle.






Madeleine et Léo 2019


N.B. Les passages cités en bleu sont extraits du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus, 1942.(*) La vraie vie de Vinteuil, Jérôme Bastianelli, Grasset, 2019.






vendredi 8 février 2019

Escapade printanière



Les trente élèves et leurs correspondants venaient de partir, entre deux fous rires, pour la grande foire régionale qui battait son plein ce samedi. Elle les avait regardés s'éloigner pendant de longues minutes, infiniment soulagée de ne pas avoir à les accompagner. A vrai dire, elle n'avait jamais compris cette frénésie commerciale, cette boulimie de sorties. Qu'allaient-ils faire, tous ces jeunes de quinze ans, au milieu de stands vétustes qui vendaient du vin, des piscines ou des boiseries ? Mystère.

Pour elle, le week-end, c'était la pause sacrée. Le moment de respirer enfin, de s'offrir du temps libre, sans aucune contrainte...et surtout sans penser au collège.
Allongée sur l'herbe, les doigts de pieds en éventail...juste occupée à observer les fourmis , à écouter les oiseaux, un livre à la main...cela suffisait à son bonheur.
Mais ce n'était pas, bien sûr, ce qu'elle avait dit à ses collègues...elle avait dû inventer une excuse...une pseudo manifestation au centre-ville...il y en avait tellement, des manifs,  ces derniers temps, qu'elle n'avait même pas dû préciser quelles étaient ses revendications...on l'avait crue sur parole.

Mademoiselle Charmier s'était immédiatement proposée pour la remplacer et je crois qu'elle n'était pas mécontente, au fond, de saisir l'occasion de passer l'après-midi en compagnie du prof de maths à la petite barbichette bien taillée.
Tout était donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. La journée s'annonçait ensoleillée, le grand parc, de l'autre côté de la ville, étalait son vert printemps...et elle venait de commencer un roman  palpitant. Le temps de se procurer une tenue de camouflage (grand chapeau de paille et lunettes noires)...et elle s'en irait fringante et insouciante ...à la foire aux papillons .

La Licorne


Pour l'atelier "Treize à la douzaine" d'Annick SB

Il fallait placer les douze mots suivants :

1  correspondant
2  piscine
3  vétuste
4  sacré
5  revendication
6  boulimie
7  élève
8  pause
9  boiserie
10  éventail
11  fourmi
12  respirer

 et le 13ème pour le thème : foire


lundi 4 février 2019

JEU 43 : Lettre à Victor


  Lettre à Victor


Ah, mon brave Totor, si tu voyais ta France, dans quel galimatias elle se débat…

 Ce siècle a dix neuf-ans, l’âge des fleurs et du printemps, et pourtant il s’enlise dans une sorte d’hiver social interminable et noir. Tous les dés sont pipés, les arcanes du Pouvoir et de la Finance l’ont définitivement ficelé comme une paupiette.


 Du coup, le citoyen lambda, et même l’alpha ou l’oméga, ne comprennent plus grand-chose dans ce grand flou artistiquement entretenu, dans la logorrhée lénifiante des politiques de bâbord comme de tribord. La coque prend l’eau. Et ce n’est pas la poudre de perlimpinpin de leurs promesses élimées, qui changera la donne. Qui fera oublier leurs larcins et leurs arnaques.

Tiens, ce matin par exemple, c’est ballot, j’étais partie à petits sauts de cabri, au vent aigre de janvier mais le cœur au chaud, ayant troqué la nuisette à fines bretelles contre la veste en mouton retourné et l’écharpe en cachemire. Je pensais musarder au marché, échanger quelques calembredaines croquignolesques avec les marchands de primeurs. M’acheter un petit poulet fermier rôti dans sa peau,  que je savourais déjà in petto, en salivant.

 Ah ça, pour du poulet, j’en ai vu…des dizaines, des centaines de poulets en batteries à chaque carrefour.


Ce que j’ai vu, c’est un centre-ville déserté, décimé, barricadé frileusement, derrière des cordons de gens en armes, et des planches en contreplaqué. Ça m’a mise à l’envers. Au trente-sixième dessous.  J’ai frémi. On aurait dit le tréfonds de la Roumanie du temps du Rideau de Fer.

Tu ne reconnaîtrais plus ton pays, mon vieil Hugo. Où est passée sa tradition de  contestation subversive et éclairée, héritée en droite ligne des Lumières ? Que deviennent les acquis sociaux et les libertés individuelles, passées au tarabiscot de la loi du Marché ? Et le droit de manifester ? Quelles carabistouilles va-t-on encore nous faire avaler, comme des fèves amères, en montant soigneusement des pans entiers de la population les uns contre les autres ? En traitant les citoyens de fainéants et de réfractaires ? En brouillant les cartes jusqu’à ce que l’on ne sache plus qui se bat contre quoi ? En assommant, par le truchement du gant de boxe sécuritaire et paternaliste, la petite puce de la Liberté.

Je t’affole peut-être inutilement, toi qui repose en paix au panthéon avec Simone Veil, Zola, Jaurès et quelques autres… je trouve simplement que c’est grave ce qui se passe. C’est disruptif, oui, mais avec notre histoire de peuple libre. Et le pire, c’est que personne ne s’en aperçoit, ou presque.




 •.¸¸.•*`*•.¸¸

vendredi 1 février 2019

JEU 43 : Expressions macroniennes


Croquignol, un des "pieds Nickelés"...
a donné naissance à l'adjectif "croquignolesque"...



L'hymne national et l'horoscope
ne semblent pas vous avoir inspirés...
plus que ça.
Je reviens donc à un jeu plus "classique"
(du moins dans sa forme) :
le texte avec mots imposés. 

Mais attention : 
les mots à placer ont  un point commun :
ils font tous partie du vocabulaire
assez particulier et légèrement rétro parfois, 
de notre cher Président.

Voici donc un florilège 
les plus remarquées :

croquignolesque, 
poudre de perlimpinpin, 
galimatias, truchement, larcin, 
ballot, saut de cabri,
fainéants, réfractaires, 
logorrhée, antienne, in petto,
disruptif, carabistouilles ...

A vous de mixer le tout
dans un texte qui nous réjouira...
et "en même temps"  nous surprendra. ;-)
Je vous en sens parfaitement  capables !

Le thème est libre.

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 février 2019

La Licorne
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(Pour une fois, je lance le jeu avec un peu d'avance...
ça vous donne  un peu de temps pour réfléchir...
mais je ne publierai rien avant le 1er)


vendredi 18 janvier 2019

JEU 42 : L'authentique horoscope perfectible et universel de la Jumeleine



L’année commence à peine et les cercles autorisés
se demandent bien comment elle finira.

Gageons qu’on en saura plus aux alentours du 31 décembre prochain,
mais les plus impatients n’hésitent pas à essayer de se renseigner en douce.
 Certains, par-delà les horizons terrestres, pointent un doigt interrogatif
vers les courses entremêlées de la lune et des étoiles,
qu’ils harnachent pour l’occasion de toutes leurs qualités supposées,
 honnêteté, humilité, et autres fariboles.

On hiérarchise les astres, astreignant aux heures fixes les volants météores :
pour ceux-là, foin de l’héliocentrisme, leur héros sera un lion hautain ;
tel croira au bélier et à ses cornes entreroulées, signe de hâte et de heurts
(à provoquer ou éviter, c’est selon) ;
telle autre se fie au taureau, heureux brouteur d’herbe.
Tels enfin se songent habiles à suivre la course de deux petits hercules halés,
les gros et gras Gémeaux, pourvoyeurs de bonnes nouvelles.
D’autres lèvent encore l’œil, mais moins haut,
et balancent à confiancer le vol des piafs,
ou, hardiment questionnent les nuages,
afin d’y découvrir le futur incertain.




À l’inverse, tournant le dos au ciel, certains scrutent à même la terre
la trotte du hérisson, la gambade de la hase, la hargne du scorpion,
pour y découvrir le temps qu’il fera
et si l’amour et l’argent viendront en leur temps.
Et que dire de ceux qui plongent le regard
dans l’eau dormante habitée des Poissons écailleux ;
et,  lancé de dés, addition de nombre, lecture de cartes coloriées
 – cent autres fredaines plus ou moins assurées.
Mais lire les chiffres, les cieux ou les eaux ne leur apprendra pas,
au contraire de la lecture de cette chronique, qu’une société secrète bavaroise
(Goethe en fut, preuve d’un certain sérieux) a,
il y a quasiment douze douzaines d’années,
résolu l’énigme.

L’avenir ?
Il est perfectible, et voilà tout.

 
Ce qu’on sait encore moins, c’est que les affidés,
pour se mettre eux-même à l’épreuve de cette évidence,
devaient avant chaque réunion réaliser un gâteau
dont la recette se passait de bout de lèvres à creux d’oreilles,
recette fort simple au demeurant et qu’il s’agissait non point tant de réussir
 ou de ne pas rater que de tenter d’améliorer.



Les dits gâteaux étaient partagés lors de repas initiatiques
 où on évitait tous les débordements décoratifs
qui abondent généralement dans les sociétés prétendument secrètes :
nulles larges teintures sombres frappées de l’aigle bicéphale
 encadrant une grande table chargée de coupelles de bretzel,
de chandelier fumant, de choppes de bière
et de bouteilles à col étroit de vin de Franconie,
d’un plat d’argent où fumeraient des weißwurst.
Cette tarte et cette recette perfectibles par essence,
vous avez devinez, je crois,
qu’il s’agit de la Jumeleine.

Vous allez maintenant m’en demander la recette – en vain :
 l’une et l’autre n’a pas survécu à la dissolution de la société des Illuminati.
 Aux esprits chagrins qui s’en désespéreraient,
disons que puisque rien ne dit que cette histoire est vraie
(on peut tout espérer d’une société secrète disparue),
 et cette disparition n’empêche en rien, bien au contraire,
tout un chacun d’imaginer une Jumeleine à sa guise.

Il en est de même pour l’année à venir,
que je vous souhaite comestible et perfectible.
.
Carnetsparesseux
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dimanche 13 janvier 2019

JEU 42 : Prévisions pour rire




BELIER : Dans votre hâte, vous foncez tête baissée chaque fois que quelqu'un vous contrarie...Faites un effort, cette année, pour ne pas heurter les autres et  ne pas déclencher les hostilités...

TAUREAU : L'herbe n'est pas plus verte ailleurs et vous le savez. Le bonheur est dans le pré...là où vous broutez tranquillement...Humez l'air frais au lieu de remâcher les affronts...Et soyez heureux !

CANCER : Un homme hâlé et haut en couleurs traversera votre vie par hasard. Un Haïtien, un haltérophile ou peut-être un Helvète du genre herculéen...Vous en pincerez pour lui : une belle histoire en perspective, si vous faites l'effort de sortir de votre carapace avant Halloween.

GEMEAUX : Toujours curieux , vous vous laissez happer par toutes les histoires de l'hexagone et vous papillonnez entre huit ou neuf relations : il est temps en 2019 de mettre le hola à cette vie harassante et de retrouver parfois votre hamac !

LION : Hourra ! De tous les signes, vous êtes le Héros. Nul ne conteste votre hégémonie, mais  n'exagérez pas, ne vous montrez pas si hautain,  et ne vous vantez pas trop de vous hauts-faits.
Bref, modérez votre héliocentrisme.

VIERGEHonnête Vierge, votre humilité n'a d'égale que votre dévouement. Toujours respectueuse des horaires, vous gagneriez à mettre un peu plus d'humour et de hardiesse dans votre vie. N'hésitez pas à changer vos habitudes.

BALANCE : Souvent hésitante, la Balance....Hubert ou Henri ? Hollande ou Hongrie ?  Avouez que c'est horripilant pour votre entourage...Respirez un bon coup, et tranchez hardiment !

SCORPION : Vos piques, votre hargne et  votre intransigeance peuvent parfois vous rendre aussi agréable qu'un hérisson...Ne vous étonnez pas si votre supérieur hiérarchique vous hait...

SAGITTAIRE : Toujours prêt à galoper en hennissant vers de nouveaux horizons, vous ne laisserez personne vous harnacher ni entraver votre liberté chérie.

CAPRICORNE : L'appel des hauteurs , c'est bien mais reposez -vous de temps en temps. L'hiver, c'est fait pour ça ! Faites une halte ...et laissez la course aux honneurs pour l'instant.

VERSEAU : Différent, original, mais jamais hors-jeu, vous déverserez votre bonne humeur par hectolitres et répandrez l'harmonie autour de vous !

POISSONS : Dans la mer des sentiments, une jolie sirène (habitant dans le même HLM) pourrait mordre à l'hameçon ...vous la séduirez habilement . Un Happy end en perspective ?


La Licorne 
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mardi 1 janvier 2019

JEU 42: Horoscope 2019


Pour ce premier mois de l'année,
à l'heure où chacun se demande de quoi demain sera fait,
je vous propose d'écrire...
un horoscope fantaisiste pour 2019.




Vous devrez passer tous les signes en revue
et , contrainte supplémentaire, 
placer dans votre texte le plus possible de mots 
commençant par la lettre H.

A vos plumes !
Les délires en tout genre
sont bien sûr les bienvenus...
Laissez libre cours à votre imagination !

Et que la nouvelle année vous soit favorable...
(quel que soit votre signe ;-)
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Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 janvier 2019
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La Licorne
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lundi 12 novembre 2018

JEU 41 : Marseillaise écologique




Aujourd'hui la Terre nous supplie...
Le jour du choix est arrivé !
Rejetons toutes les tyrannies
Qui nous maintiennent divisés
L'étendard de l'espoir est levé !
Regroupons-nous, voix solidaires
Pour dire que nous ne voulons pas
Du règne de cet argent-roi
Qui détruit la vie, la joie, la Terre ...




Tous debout, citoyens !
Tous ensemble, marchons
Marchons, chantons, 
Pour qu'une eau pure
Abreuve nos sillons ...
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La Licorne
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jeudi 1 novembre 2018

JEU 41 : Nouvel hymne




Ce mois-ci, nous allons commémorer un peu partout
le centenaire de l'armistice de 1918...
A cette occasion, il est très probable 
que nous entendrons résonner plus d'une fois, 
dans nos campagnes et ailleurs...
notre célèbre "hymne national".

Malgré mon amour sincère pour ce beau pays, 
je dois dire qu'à chaque fois que je l'entends, 
les paroles me font -comment dire-
froid dans le dos...
Et il me semble que je ne suis pas la seule dans ce cas.

Je vous propose donc, si vous en êtes d'accord, 
un thème légèrement sacrilège mais libérateur : 

Réécrire les paroles de la Marseillaise



Vous pouvez tout changer,
le thème de la nouvelle chanson est entièrement libre...
(et donc pas forcément patriotique)
la seule contrainte étant que les nouvelles paroles 
ne soient pas "guerrières"...
et que, bien sûr, la mélodie soit respectée.

Voilà...

Chantons, chantons...
Qu'un texte pur
Naisse sous nos crayons...

Et que Rouget de Lisle nous pardonne ...;-)
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Date limite :
21 novembre 2018
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La Licorne

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P-S :  Pour écouter un précurseur dans ce domaine
cliquez ICI 




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dimanche 21 octobre 2018

Ecrire


Vos poèmes, tous plus beaux
les uns que les autres, m'ont émue...

J'aimerais, en guise de remerciement,
vous offrir une chanson...
peu connue, mais magnifique, 
de Charles Aznavour....

La Licorne 



Rêver, chercher, apprendre
N'avoir que l'écriture et pour Maitre et pour Dieu
Tendre à la perfection à s'en crever les yeux
Choquer l'ordre établi pour imposer ses vues
Pourfendre

Choisir, saisir, comprendre
Remettre son travail cent fois sur le métier
Salir la toile vierge et pour mieux la souiller
Faire hurler, sans pudeur, tous ces espaces nus
Surprendre

Traverser les brouillards de l'imagination
Déguiser le réel de lambeaux d'abstraction
Désenchainer le trait par mille variations
Tuons les habitudes
Changer, créer, détruire

Pour briser les structures à jamais révolues
Prendre les contrepieds de tout ce qu'on a lu



S' investir dans son Oeuvre à Coeur et corps veux Tu.

Écrire ta peur de sueur, d'angoisse
Souffrant d'une étrange langueur
Qui s'estompe parfois mais qui refait bientôt surface
User de sa morale en jouant sur les moeurs
Et les idées du temps

Imposer sa vision des choses et des gens
Quitte à être pourtant maudit
Aller jusqu'au scandale
Capter de son sujet la moindre variation

Explorer sans relâche et la forme et le fond
Et puis l'oeuvre achevée, tout remettre en question
Déchiré d'inquiétude

Souffrir, maudire
Réduire l'art à sa volonté brulante d'énergie
Donner aux sujets morts comme un semblant de vie
Et lâchant ses démons sur la page engourdie
Écrire, Écrire
Écrire comme on parle et on crie

Il nous restera ça
Il nous restera ça


vendredi 19 octobre 2018

JEU 40 : Pour toi




Pour toi

La solitude d’un coup empoigne mon cœur
Un jour, demain, tu partiras emportant la douceur
Auréole de ma vie, tu t’envoles vers un refuge sûr 
Et je me souviendrais des moments vécus
C’est formidable de se rappeler ce que nous avons vu


Feuille virevoltant dans l’heure de rosée
Roseau s’agitant au son des violons parfumés
Aile légère qui captive la lumière
Bateau affrontant les secousses de la mer
Chasseur en sanglots libérant la couleur


Parfum suffocant de la nouvelle Aurore
Qui en chantonnant tutoie les astres
Comme un effluve de vent d’innocence
Le dos bien droit et le front pur
Et ignorant la langueur des regards


mercredi 17 octobre 2018

Un après-midi comme les autres


Pour l'atelier "Treize à la douzaine"




Elle termina lentement sa vaisselle, regarda le cadran de l'horloge et vit qu'il était 14 heures.
Que pouvait-elle bien faire cet après-midi , afin d'éviter la lente et désespérante coulée du temps,
le tic-tac monotone des secondes inutiles à l'abri des persiennes
et du soleil encore vif d'un automne débutant ?

Elle envisagea tour à tour quelques possibilités :
Sortir de sa "bulle" et aller faire l'accueil chez Emmaüs ?
Finir la broderie de fleurs sur les espadrilles de sa petite-fille ?
Aller ramasser les dernières courgettes du jardin partagé ?
Partir dans les magasins à la recherche d'un fermoir neuf pour son collier ?
Allumer la radio et écouter les opinions des uns et des autres 
sur le remaniement ministériel ?
Non, rien de tout cela, finalement...
Sa décision était prise. 
Adieu les futilités ! 
A son âge, chaque jour était précieux.

Elle attrapa une feuille blanche et de sa plus belle écriture,
  un léger sourire aux lèvres, elle commença :
Cher monsieur, 
je m'appelle  Simone, j'habite le même immeuble que vous
et cela fait plusieurs semaines que je me dis
que je serais heureuse de faire votre connaissance...

La Licorne
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Mots qu'il fallait placer :
1 fermoir
2 possibilité
3 accueil
4 prise
5 opinion
6 courgette
7 finir
8 cadran
9 bulle
10 espadrille
11 broderie
12 persiennes

et le 13ème pour le thème :  écriture

 

Jeu 40 : Aux enfants de demain


Aux enfants de demain

La gageure de demain sera celle du cœur
Un monde est à construire, un monde où la douceur
Auréole les êtres. Et d’un pas vraiment sûr
Que l’on marche vers ce que l’on n’a pas vécu
C'est un défi majeur, sans rien de déjà vu.
Feuilles, fleurs, ciel, prairies perlant sous la rosée
Roseau, pierres, volcans, bois et champs parfumés
Ailes d’oiseaux, coquelicots, ombres et lumière
Bateaux échevelés sur l’écume de mer
Chasseurs de rêves, enfin, hissez donc les couleurs
Parfums poivrés, jasmins, étincelantes aurores
Qui tournez constamment dans la ronde des astres
Comme vos voix d’enfants en leur verte innocence
Le message jaillit, vos sentiments sont purs ,
Et vous, soyez l’espoir qu’embrassent nos regards



samedi 13 octobre 2018

Les marques du temps







Bon anniversaire !

La Mamma, radieuse, tend sa jour ridée et accueille les embrassades , tandis que les deux guitares tziganes entament un chant que tous reprennent en tapant des mains...
Il faut voir dans ses prunelles le feu qui pétille de plaisir...
Il faut savoir lire au coin des yeux ses neuf décennies de labeur et de joies, de soucis et d'adversité, de peines et de réjouissances.

C'est qu'elle est encore coquette, l'aïeule, elle a sorti ses dentelles et mis du rouge sur ses lèvres...comme au temps où elle plaisait aux garçons, au temps de Trousse-chemise, de la bohême, des bals du samedi soir et des plaisirs démodés.
Entourée de ses enfants et de ses petits-enfants, elle rayonne...

Et pourtant...

Sur ma vie passe soudain une ombre...l'ombre du temps qui file à l'allure d'un cheval fou...hier encore, j'avais vingt ans...nous vivions dans la folie du moment présent et nous étions tous éternels...et aujourd'hui...la vie nous rattrape...et étend ses ombres...sur notre automne.

"Tu viens danser ? me dit ma plus jeune soeur, avec son sourire lumineux...ça te fera du bien...j'ai l'impression que tu t'laisses aller à la mélancolie, frangin ! Allez...c'est la fête...
Giorgio, joue-nous un titre de Charles !
Oui...celui-là...je l'adore...

"Emmenez-moi" 
La la la la....La la la...

Danse...danse...mon frère...
On est tous là, heureux...


Et demain est un autre jour"...:-)


La Licorne


La consigne était:

Placer les titres suivants de Charles Aznavour :

Les plaisirs démodés
Et pourtant
Les deux guitares
La Mamma
Bon anniversaire
Il faut savoir
Hier encore
Tu T'laisses aller
Sur ma vie
Trousse-chemise

plus un à votre choix....
(La bohême, Emmenez-moi...) 





jeudi 11 octobre 2018

JEU 40 : Rencontre aquatique

 

La belle Tupaï, île en forme de cœur :
Un havre de paix, une oasis de douceur
Auréole de romantisme et de poésie bien sûr
Et surtout l'écrin merveilleux dans lequel j'ai vécu...
C'est là qu'un beau jour je l'ai vu.

Feuilles vertes des cocotiers, calices de rosée
Roseau du sud, corail blanc et vents parfumés
Ailes légères, oiseaux de lumière
Bateaux qui, prudents, restent au loin sur la mer
Chasseurs d'images venus d'en haut admirer les couleurs

Parfums inouïs qui montent des aurores
Qui semblent s'élever dans le ciel jusqu'aux astres
Comme un appel éperdu au retour d'une certaine innocence.

Le dauphin du lagon avait la peau lisse et les yeux purs
Et pendant une seconde (ou un siècle....qui sait ?),
au coeur de l'océan, soudain, il n'y eut plus que nos deux regards...


La Licorne




samedi 6 octobre 2018

JEU 40 : La main et le coeur


La main, plus bel outil de l'univers, est-elle dirigée par le cœur ?
Un être, sans âge, l'œil sémillant, interroge ses disciples en douceur.
Auréolé de prestige, paré de gloire, le cœur est-il un ami sûr ?
Et la main, n'a-t-elle pas un autre guide au difficile vécu ?
C'est aux étoiles de nous chuchoter ce que nous n'avons pas vu :
Feuilles d'automne affaiblies par la matinale rosée,
Roseaux pliés par l'ardeur des brises parfumées,
Ailes diaphanes flirtant avec la lumière,
Bateaux dociles voguant au gré des caprices de la mer,
Chasseurs d'images, chercheurs de couleurs,
Parfums enivrants et sublimes flottant aux aurores
Qui dansent en harmonie sur la route des astres.
Comme le nouveau-né au regard plein d'innocence,
Le cœur, joyau de l'univers, aux desseins purs
Et infaillibles, supporte sans ambages tous les regards...

vendredi 5 octobre 2018

JEU 40 : La ligne de tes courbes




La ligne de tes courbes fait de mon coeur
Un monde qui gonfle au vent de ta douceur
Auréole de mon univers, de la trace d’un langage sûr,
Et dans la métamorphose du jour vécu,
C'est aussi le futur de ce que j’ai vu.
Feuilles frémissantes, bordées de rosée,
Roseau, immortelle et chardon parfumés,
Ailes déployées au plus haut de ta lumière,
Bateaux ivres, époux de la mer,
Chasseurs de brume, d’aurore et de sourires en couleurs,
Parfums des naufrages étoilés aux lumières d'aurores
Qui naviguent au cœur de tous les astres,
Comme l’heure s’avance en toute innocence
Le centre de ton corps se déploie aux horizons si purs
Et réinvente les silences heureux de tous nos regards.

.

jeudi 4 octobre 2018

JEU 40 : En mémoire de toi




La mémoire de ton souffle agite mon coeur
Auréole de ma candeur, pour sûr
Et il est vrai que dans tes bras, j’ai tant vécu
C’est toujours ce même sentiment de déjà vu
Feuilles d’automne qui secouent la rosée
Roseau des herbes folles aux courbes parfumées
Ailes lactées dans lesquelles se noie la lumière
Bateaux lunaires, secousses en haute mer
Chasseurs du frisson qui ravive les couleurs
Parfums d’azur dans lesquels fleurissent des aurores
Qui rêve un peu, contemple les astres
Comme c’est beau l’innocence
Les souvenirs qui semblent rester infiniment purs
Et je me noie dans nos regards.