vendredi 17 mai 2019

JEU 46 : Notre-Dame de Paris







Notre Dame de Paris


Notre Dame est-elle un bâtiment inerte, sans conscience et sans mémoire ?
Ou bouillonne-t-elle de voir le monde partir ainsi en déconfiture...
Traîner les inconsciences au bûcher, chasser les égoïsmes et les dictatures,
Remiser les armes, foudroyer les haines ancestrales, détruire les châteaux de cartes,
Ecouter les détresses, tendre la main, abandonner les peurs infondées...


Dame protectrice solidement ancrée sur ses bases terrestres s'interroge... Comment
Attirer les foules du monde entier vers un symbole de paix universel ?
Mettre le feu à PARIS ?
Eveiller les consciences sur le sens de la Vie. Laisser œuvrer l'Amour...


Détourner les regards du virtuel, du faux, de l'éphémère,
Et se diriger en totale confiance vers l'essentiel.


Permettre à tous de ressentir cette force mystérieuse au fond de soi...
Allumer un phare visible par toute l'humanité...
Rassembler ses forces, faire naître l'étincelle et risquer l'anéantissement.
Immoler sa chevelure huit fois centenaire, pour ouvrir les yeux des humains,
Subir des douleurs titanesques...Se sacrifier pour réveiller l'Amour endormi...







mercredi 15 mai 2019

Il a construit sa propre cathédrale...et elle est "belle" !


C'est l'histoire d'un homme seul
Avec un courage insensé
Tenace et déterminé
Habité par un rêve fou
Extraordinaire bâtisseur
D'une incroyable cathédrale...
Rivé à son idéal,
Avec rien, il fit une merveille
Livrant le meilleur de lui-même
En cinquante ans de labeur acharné...

La Licorne





En janvier 1997, j'étais tombée par hasard sur une émission  télé
qui m'avait fait, à l'époque, une très forte impression ...
J'y ai repensé récemment, après l'incendie de Notre-Dame de Paris,
et je suis allée la revisionner.

C'était un reportage sur un extraordinaire "Bâtisseur de cathédrale" :
dans le village de Mejorada Del Campo, à 20 km de Madrid :
là-bas, un homme passionné (et enfant du pays), 
s'est attelé depuis 1961 à la construction, 
à lui seul, d'une cathédrale...

Cette cathédrale, d'une étrange beauté
"la première construite par un homme seul", 
atteint maintenant des dimensions impressionnantes: 
50 m de long sur 30 de large, 
une  coupole qui culmine à 55 m du sol...

Don Justo l'a édifiée de façon entièrement artisanale
 et à l'aide de matériaux récupérés...ici et là.
Toute la conception architecturale est de lui
et il travaille sans plan, en suivant son inspiration...
au jour le jour.

Ce fils de paysan ne sait ni lire ni écrire, 
n'a aucune connaissance en maçonnerie, 
en architecture ou en quoique ce soit 
qui touche à la construction,
 mais il poursuit son rêve depuis plus de 55 ans.

Au départ, il a simplement aplani le sol 
et commencé à construire sur un terrain 
qu'il a hérité de son père.
Il a ensuite poursuivi son projet "fou"
avec un courage et une tenacité
qui forcent l'admiration.

A plus de 90 ans, il travaille toujours à son oeuvre
et le résultat de ses efforts est absolument incroyable...

La Licorne
 

(cliquer sur les liens pour voir les images)

.

Livre de Mark Greene sur Don Justo :
"Comment construire une cathédrale"



Écrire et bâtir reviennent au même pour Mark Greene:
à espérer trouver une autre pierre, une autre phrase,
puis une autre, et encore une autre,
 à ajouter à l’édifice, jusqu’à ce que celui-ci prenne forme.

.


lundi 13 mai 2019

JEU 46 : Quelle belle dame !





Ni trop jeune, ni trop vieille,
Outrageuse pour certains,
Terriblement belle pour d’autres,
Romantique aux crépuscules d’été,
Elégiaque aux aurores d’hiver.


Dans la clarté de la lune ronde,
Attendrissant les regards posés sur elle,
Majestueuse, elle charme les cœurs
Et fascine les âmes sensibles,


Déroutées par tant de beauté,
Enflammant panégyriques, pamphlets et palabres !


Pour les uns trop aguichante,
Affriolante, pour les autres séduisante, parfaite.
Rien ne la déstabilise, elle reste droite,
Immuable,
Silencieuse.


dimanche 12 mai 2019

Jeu 46 : Un double acrostiche ? La belle affaire !



  

Nuage        de        fuméE
Orage       sans          noM
Tonnerre    qui     dévastA
Rageur      et       furibonD
En    une    seule    soiréE
Des siècles de splendeuR
Anéantissant    le        toiT
Magnifié      par       HugO
Et    sidérant   la    NatioN

La Licorne 




samedi 11 mai 2019

JEU 46 : Haut perché




Le texte qui suit est extrait de De vives voix de Gaëlle Josse, Le temps qu’il fait, 2016

capture-1.jpg 


Proposition d'Andréa 
.



Voici le mois de mai





Pour l'Agenda ironique de mai :


Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent
Où les fleurs volent au vent si jolie mignonne
Où les fleurs volent au vent si mignonnement...
Mais tous les fils de roi et leurs mies s'en tamponnent
Mais tous les fils de roi s'en fichent éperdument

Dans leur palais doré, ces doux énergumènes
Vivent sans un regard pour les arbres fleuris
Postant sur Instagram leurs pensées schizophrènes,
Leurs vacances hors de prix, leurs très riches amis,
Et les photos likées de leur dernier baby

Voici le mois de mai où le soleil rayonne
Où le soleil rayonne sur un monde qui déconne
Où le soleil rayonne si généreusement
Mais le climat s'affole et le bilan carbone
Nous brandit la menace d'un tout dernier printemps

Il était si joli en barque sur le Rhin
Le mois qui fit danser le coeur d'Apollinaire
Il était si joli sous les saules riverains
Au temps où l'on voguait au fil de la rivière
Sans se soucier des tiques, des taons, des maringouins

Voici le mois de mai où le coeur papillonne
Où le coeur papillonne au gré des sentiments
Où le coeur papillonne si joyeusement
Mais voilà, sur Meetic et puis sur ton smartphone
Y'a des tas de faux princes... inévitablement

J'aimais le mois de mai, celui d'il y a des lustres 
Quand les lambrusques folles étreignaient leur arbuste
De leurs vrilles enroulées comme des preuves d'amour
Mais adieu les sarments et adieu les toujours
On s'aime pour une heure, on se quitte en trois jours

Alors quand revient mai, oh, que Dieu me pardonne
Alors quand revient mai,  si vraiment t'es mignonne
Ma fille, je t'en prie...laisse les fleurs au vent...
Laisse les fleurs au vent , laisse-les, ma mignonne
Laisse les fleurs au vent très mignonnement...



La Licorne




nous avaient  demandé de  placer les mots suivants :
  
énergumène, schizophrène, 
maringouin, lambrusque

tout en s'inspirant au passage d'une petite comptine :

Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent
Où les fleurs volent au vent si jolie mignonne,
Où les fleurs volent au vent si mignonnement.
Le fils du roi s’en va, s’en va les ramassant
S’en va les ramassant si jolie mignonne,
S’en va les ramassant si mignonnement.
Il les porte à sa mie pour lui faire un présent
Il les porte à sa mie si jolie mignonne,
Il les porte à sa mie si mignonnement.


ainsi que d'un poème d'Apollinaire :

Vous êtes un verger plein de tentations
Pour la faim des passants ce sont des capucines
Des lambrusques et des fleurs de la Passion
Qui offrent tendrement deux couronnes d’épines

Vous êtes un verger de printemps et d’automne
Où les arbres se bombent au ciel monotone
Où les printemps des fleurs et l’automne des fruits
Parfument sous le ciel en même temps les nuits

Les pétales tombés des branches fruitières
Sont vos ongles cruels couleur fleur de mai
Les pétales flétris sont comme vos paupières
O vous le printemps pur et l’automne pâmé


Poème auquel je me suis permis d'ajouter celui-ci
(poème dans lequel vous remarquerez au passage 
que le cher Guillaume se plagie...lui-même) :

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?


Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières


Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes

Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

.




jeudi 9 mai 2019

JEU 46 : Reconstruire


 






















Noyer son spleen dans deux doigts de gin
Oublier les temps dépassés
Torpiller l'angoisse du nouveau millénaire
Revivifier les vraies valeurs
Ebaucher un nouvel art de vivre


Débrancher les vieux clichés
Accrocher solidement son étoile
Menotter les idées noires
Espérer, toujours, espérer


De pouvoir rester un peu déconnecté
Et voir fleurir les prairies sans funestes engrais


Prier Notre Dame pour qu'il soit encore temps
Allumer des feux de joie aux portes de l'avenir
Renverser la vapeur des lois qui font souffrir
Illuminer chaque instant pour que vive la vie
Sourire ….









mercredi 8 mai 2019

JEU 46 : Feu Notre-Dame ou la Belle endormie



 

Comme tu étais belle, notre cathédrale
Antenne du ciel, athanor de la terre
Ta flèche s'élançant vers l'infini astral
Hôtesse fière et discrète d'une forêt millénaire
Dame de l'azur, coeur de la capitale,
Rayonnant alentour ta force élémentaire,
Âme de toute une ville et centre primordial :
L'étoile sur ton parvis visant la France entière
Eternelle rose des vents, premier point cardinal.
 

Nous avons vu, incrédules, le feu violent, brutal
Ogre sans sentiment, dévorer ton mystère...
Terrasser la grandeur, le miracle médiéval
Ruinant en quelques heures la beauté légendaire
Et parfaite du temple du culte marial.


Décapitée et mutilée, maintenant tu étales,
Aux yeux du ciel qui pleure, ta béance minérale
Mère éventrée, blessée, en sommeil volontaire,
En attente d'un monde qui redresserait l'hier...


Demain, tu revivras...pierre philosophale
Et tu nous redonneras l'énergie nécessaire


Pour guérir et panser la plaie patrimoniale...
Avec amour et paix, nous chanterons la prière
Restée pendant des siècles au fond du coeur filial...
Il est venu le temps...de nous conduire en frères
Sur les cendres d'un passé au parfum de scandale.


La Licorne




mardi 7 mai 2019

JEU 46 : La belle invention de Victor-la-Victoire

 


Non, Hugo Victor ne connait pas Victor Hugo ; aussi incroyable que cela paraisse, c’est vrai.
Oh, disons tout de go que l’inverse est vrai aussi ; Victor Hugo le granthomme ignore tout d’Hugo Victor, son anonyme homonyme, mais ça s’explique par la différence d’époque et de géographie, le plus illustre des bisontins logeant au Panthéon depuis 1885.
Tandis que l’autre Victor Hugo, çuilà qu’il est question ici, crèche présentement dans un garni de la porte de Belleville, ousqu’il est né aux alentours de juillet 1919, fruit du mariage patriotique et hasardeux, scellé à la mairie du 21e arrondissement en novembre de l’an passé entre une cousette du quartier et un rescapé de la Der-des-ders fraichement tombé du train ; d’où son prénom, Victor-la-Victoire.
Rien que cela explique bien que l’illustre ignore l’autre ; et l’autre, même s’il a entendu parler de l’immortel auteur des Misérables, serait-ce qu’à la communale, il n’en a rien lu d’écrit, rien vu de joué au théâtre ou au cinématographe, rien entendu dire à la radio ou au bistrot, et encore moins à l’atelier où il turbine désormais.
Et qu’est-ce qu’il fait, dans cet atelier ?

Dame, il y répare des automobiles, des vélomoteurs, usine des pièces, brique des capots, raccommode des pignons, redresse des ailes, bref, fait son petit boulot onze heures par jour et la perruque en plus.
Apprenti qu’il y est rentré tout minot, le Victor, et maintenant il a son établi rien qu’à lui, petit coin où personne n’oserait lui emprunter un tournevis ou une clef de douze sans y demander d’abord.
Mais lui, ça n’est pas ça qu’il veut : la mécaniquauto, oui c’est moderne et ça rapporte des sous, mais l’huile et l’essence, ça coute, c’est salissant et ça pue.
Et puis si les prix augmentent, ou si les puits se vident ?

Dire qu’il entrevoit la fin des énergies fossiles, faudrait pas pousser jusque-là, ni lui tailler un bleu de pré-écologiste convaincu.
En vrai, ce qui lui plait, c’est le vélo : silence et vitesse raisonnable, le mollet comme seule limite, la vraie liberté elle est là !

Pédalier, braquet, guidon, chaine, selle, cadre, tout, jusqu’à la sonnette, il a tout démonté et remonté, et même s’est bricolé quelques jolis prototypes qu’il essaie le soir dans les côtes du quartier et le dimanche sur les bords du canal de l’Ourcq.
Au point qu’à force d’essayer des trucs, d’améliorer des machins, il a fini par inventer une jante en aluminium ultra légère et hypra solide.
Rien que ça, oui, du durable, du presqu’éternel, qui roulerait deux ou trois cents ans s’il se trouve un cycliste assez endurant pour tenter le coup.
Il a pris grand soin de déposer le brevet, et maintenant, comme un bon petit patron du dimanche, il va lancer une gentille campagne de réclame sur le marché de la rue des Pyrénées.
Son  truc, c’est tout bêtement de distribuer des petites affichettes bien imprimées chez le typo d’à côté, avec une belle vignette montrant un fier cycliste, un petit texte vantant la longévité et la légèreté de son invention avec son nom à lui, Hugo Victor, dit la-Victoire, le tout sous un titre en grandes capitales bien grasses, la Lège, jante des siècles.

***



vendredi 3 mai 2019

JEU 46 : Tristesse et indignation : "Oh ma belle"




N’écoutant que leur habituelle raillerie, oh ma Belle, des chroniqueurs cyniques,
Outrageurs assermentés par un dédain compulsif saccadé de rires gras, tels des violeurs d’âmes en réunion,
Tournoyeurs de mépris, regroupés en studio, payés par nos impôts,
Ricaneurs de pacotille ne saisissant ni le sacré, ni sa puissance, ni le beau tout simplement,
Et contents de leur prestation, c’est un comble !


Dénigrant toute mémoire, toutes prières qui sont montées vers toi, oh Dieu, durant des siècles,
Amers, stupides, impuissants, perdus,
Minables,
Etrangers à la pudeur, à l’humilité, au silence et au deuil,


Décidés à broyer, à abattre, à déchiqueter par un pur plaisir sadique, les hommages symboliques ou populaires défiant l’histoire et la culture du pays devant cet incendie insensé,
Et malheureusement inconscients du mal que leur cœur amer distille, tant le niveau de leur bêlement est tombé bas,

Persécuteurs politiquement corrects d’une laïcité ignorante de son devoir de Respect,
Arrogants exacerbés envers le peuple, nous les Misérables, les petites gens qu’Hugo a honorés et dont France Inter* se moque, ils ont osé…
Relève-toi ma Belle et rejette justement, oh Eglise, ce mépris qui rajouterait à la peine que tu as éprouvé en voyant s’effondrer ton toit
Incendie surprenant, inattendu, puissant, ravageur
Seigneur, entends notre plainte, prends pitié, pardonne et envoie ton secours devant cet affront de bêtise ; que Ton Nom soit sanctifié ; ton Eglise est belle, tu le sais c’est certain, à jamais, avec ou sans pierre…


* Une émission lamentable à l'antenne le 19 avril 2019 sur cette radio a entraîné mon envie d'écrire cet acrostiche.

J'avais bien entendu déjà contacté la médiatrice de la chaîne pour l'informer de ma tristesse et de mon indignation...

jeudi 2 mai 2019

JEU 46 : Belle (1)



BELLE

 
Notre-Dame de Paris, un roman, des chansons, une année,
Ombrageuse, cette année, sous les arbres du parc d’une Maison blanche,
Trop blanche – partout du blanc, dans les herbes folles, dans sa tête,
Regardez-le, il a perdu sa beauté dans celle d’une jeune fille qui l’a quitté un mois plus tôt.
Esmeralda, désormais, danse pour lui dans sa tête.

Dans la salle commune, des corps tanguent, s’agitent ou s’immobilisent
Au rythme de ceux qui courent comme des fous furieux après la rondeur d’un ballon
Magnifié par des maillots imprégnés d’eau, de sang, de sel,
En boucle, cette chanson, en boucle dans sa tête, devant la lucarne rectangulaire.

Dans sa caboche un peu abîmée, cette année-là,
Esmeralda sans fioritures dans la voix du loup-garou,

Pour rendre plus douce la profondeur de sa douleur, pour
Apprivoiser au mieux la blancheur des lieux,
Reconquérir la vie, l’épouser – à nouveau – pour toujours peut-être.
Infiniment, il escorte la jeune et belle gitane dans
Sa chambre, dans ses rêves, dans sa tête en feu.









mercredi 1 mai 2019

JEU 46 : Acrostiche




Ce mois-ci, en guise d'hommage
à notre cathédrale incendiée...
je vous propose d'écrire un texte
avec deux contraintes :

Le titre sera
"BELLE"
(ou comprendra ce mot)

Et le texte sera construit  comme un acrostiche 
avec pour premières lettres :

C
A
T
H
E
D
R
A
L
E

N
O
T
R
E

D
A
M
E

.....

Ou, si vous préférez,

N
O
T
R
E

D
A
M
E

D
E

P
A
R
I
S


Ce ne sera pas forcément un poème...
simplement chaque ligne (ou chaque phrase)
commencera par la lettre indiquée.

Et vous n'êtes pas non plus
tenus d'évoquer la cathédrale...
vous pouvez aussi traiter, si vous le désirez,
un tout autre thème.


Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 mai 2019

Que le ciel vous inspire !
.

La Licorne





jeudi 25 avril 2019

MERCI






Merci
Mercii
Merciii
Merciiii
à Andrea
et  à  Mary
pour     leur
participation
poétique... et
 géométrique !

En guise de remerciement,
je vous offre un poème que j'ai retrouvé,

Là, j'avais fait varier 
le nombre de pieds de chaque strophe
(en en ajoutant un à chaque fois)

Consignes :
Il fallait s'inspirer de la carte de tarot "l'étoile" ...
donner dix bonnes résolutions (on était en janvier)
et commencer par "Si j'étais toi..."


Si j'étais toi,
dans la nuit je partirais
regard tourné vers le haut
vers l'infini étoilé
qui nous offre son halo

Si j'étais toi,
j'oublierais toutes les conventions
je marcherais le nez en l'air
je retrouverais les sensations
de l'enfant seul dans l'univers

Si j'étais toi,
j'enlèverais tous mes vêtements
pour sentir la chaleur du soleil
la fraîcheur de la pluie d'océan
la caresse de ce qui m'émerveille

Si j'étais toi,
j'écrirais un mot à tous mes amis
comme ça, juste pour leur dire que je les aime...
Je chercherais à mettre dans ma vie
des couleurs, des surprises et des poèmes

Si j'étais toi,
je m'agenouillerais au bord de la rivière
et j'écouterais le bruit de l'eau qui coule
je laisserais là tous mes soucis d'hier
je briserais les brocs, les vases et les moules...

Si j'étais toi,
j'oublierais sans regret les bonnes résolutions
qui ne durent  jamais que l'espace d'un instant
et je m'accrocherais à mes rêves d'évasion,
à mes désirs perdus dans le souffle du vent...
.

La Licorne





vendredi 19 avril 2019

JEU 45 : La vie enguirlandée








La
Vie
C'est
Comme
L'oubli
De ton
Vrai
Nom
De
Ton
Vrai
Coeur
Tu veux
Savoir
Enfin
Mais
Non
Le
Mot
Sans
Cesse
Te fuit
Le coeur
Encore
Se bat
Tout
Bas
Et
Toi
Tu te
Perds
Dans le
Concert
Infini
De tes
Cris
Sur
le
Fil
D'une
Envie
Jamais
Définie
Dans le
Doute
Et le
Feu
De
Ton
Vrai
 Désir
Echoué
Sur la
Dune
D'un
Jour
Enfui

.
La Licorne
.





mercredi 17 avril 2019

JEU 45 : Poèmes triangulaires




T
R i s 
I v r e
A n i s é
N i a i s é
G r e n e l é
L i q u é f i é
E s t é r i f i é 






Un
 Mot
  Doux
   Léger
    Déposé
     Au creux
    De ton âme
   Te caresse
   Tendrement
  Ton cœur ému
 Chavire, valse
Sensuellement.




mercredi 10 avril 2019

JEU 45 : Equation amphibologique


Une
Boule
De neige
Rhopalique
Se développe
Rondement doucement
Pourquoi comment à quelle fin
Le saura-t-on jamais
Insane question
Dramatique
Vis ta vie
Danse
Point




O
Tu
Lis
Quoi
Bobin
Opalin
Dictame
Romanisé
Alternant
Marguerite
Tourterelle
Millepertuis


Goutte d'eau


Mort
Au flux
Éternel
Itératif
Le dernier soupir
De la fleur de l’âge
Cadencé avec brio
Sur des harmoniques
À la psalmodie
Douloureuse
Imago
De la
Vie


.






mercredi 3 avril 2019

Pereskia, déprime et tambocha


Pour l'Agenda ironique d'avril






Tant pis si la forêt se fane en pereskia
Tant pis si elles avancent, les fourmis tambocha (*)
Tant pis si la glace fond là-bas en Alaska
Et si je reste ici, toute seule avec mon chat

Tant pis si t'es parti danser la mazurka
Avec cette petite garce dénommée Natacha
Tant pis si vous bronzez tous deux au Sri Lanka
Et si je ne crois plus à ton prêchi-prêcha

Tant pis si je me noie dans une Nième vodka
Tant pis...c'est encore toi qui mènes la vie d'pacha
Tant pis, je rends les armes...j'ai pas la baraka
Je vide mes yeux en larmes que personne ne sécha...

Mais profite bien encore de ta matriochka :
Quand vous aurez fini vos jolis entrechats
Je pourrais bien t'attendre avec mon bazooka
Et te donner ce que trop longtemps tu cherchas...!

La Licorne






(*) D'après un poème d'Aimé Césaire :  Insolites bâtisseurs :

Tant pis si la forêt se fane en épis de pereskia
tant pis si l’avancée est celle des fourmis tambocha
tant pis si le drapeau ne se hisse qu’à des hampes
desséchées
tant pis
tant pis si l’eau s’épaissit en latex vénéneux préserve la parole rends fragile l’apparence capte aux décors le secret des racines la résistance ressuscite
autour de quelques fantômes plus vrais que leur allure
insolites bâtisseurs





lundi 1 avril 2019

JEU 45 : Poème en avalanche






Pour le mois d'avril,
je vous propose  un exercice de style :


Le jeu consiste à composer un poème 
dont chaque vers compte
une lettre de plus que le précédent,
ce qui fait "enfler" le texte progressivement,
comme la boule de neige qui dévale la pente...
et qui devient de plus en plus grosse.

Exemple :


O (1)
Un (2)
Rat ! (3)
Cris !!! (4)
Joues (5)
Blêmes... (6)
Courses (7)
Eperdues, (8)
Moqueries (9)
Ricanantes (9)
Poursuivent (10)
L’effarouchée ! (11)

Vous pouvez aussi faire l'inverse
(utiliser des mots avec de moins en moins de lettres)

On obtient alors un poème
"boule de neige fondante"... ;-)



Encor
Plus
Fou
De
T...


ou même, si le coeur vous en dit, vous pouvez alterner les deux
(augmentation puis diminution ...)

Exemple :



A
 La
Fin
Tout
Passe
Et tout
S'efface,
Trépasse...
Impasse ?
Au bout :
Trace ?
Trou ?
L'Un ?
Va...
Ô !
.
La Licorne
.

Vous pouvez commencer sur un mot
de une, deux ou trois lettres,
comme il vous plaira...
et vous pouvez aussi,
insérer plus d'un mot par vers :
(ce qui compte, avant tout,
c'est le nombre de lettres de chaque ligne)

Exemple :

Mon
Amie
Claire
A rougi
Quand il
A soudain
Claironné
"Je vous aime"
Dans la salle
De restaurant
Bondée de monde



Autre option : 
Faire augmenter (ou diminuer) petit à petit
le nombre de syllabes de chaque vers, 
comme dans le célèbre poème de Victor Hugo
ci-dessous





 Les Djinns 
(poème de Victor Hugo)

Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche.
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s'écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !... Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond.
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! - Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L'horrible essaim, poussé par l'aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! - Leur cohorte
S'envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord ;
C'est la plainte,
Presque éteinte,
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute : -
Tout fuit,
Tout passe
L'espace
Efface
Le bruit.
.


Voilà...
La contrainte revient plus ou moins,
vous l'aurez compris, à construire un poème
en forme de "triangle", ou de "losange",
ou de "sablier"...


Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 avril 2019
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J'attends, bien sûr...
une avalanche de textes ! ;-)))
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La Licorne 

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mercredi 20 mars 2019

JEU 44 : L'heure de pointe





J'étais dans le jardin, assis sur la margelle fraîche et granuleuse au toucher du bassin circulaire dont le jet d'eau tour à tour attire et effraie les oiseaux ; bloc note à la main, je mordillais mon crayon en lisant, quelque peu interloqué, un recueil de citations choisies. Non, mais vraiment "La solitude vivifie ; l'isolement tue" ? Et celle-là : "Je trouve mes lectures dans la lumière du ciel, c’est le livre le plus profond qui soit et ce n’est même pas moi qui en tourne les pages" ?
Ainsi, on pouvait faire carrière dans les maximes pour gaufrette et calendrier ! Je levais les yeux, non pour regarder se tourner les grandes pages du ciel, mais pour souffler un peu, quand je l’ai vu : un grand triangle dans la force de l’âge, debout près de la porte en bois du jardinet. Zut, la prochaine fois, je louerai un phare perdu en plein océan, en prenant soin d’éteindre la loupiote pour ne pas être dérangé ! Pendant que je bougonnais, le grand triangle a soigneusement refermé le portail (les gonds n’ont même pas poussé leur horrible couinement, à n’en pas croire mes oreilles !).
Il s’est avancé, et, sans attendre que je l’y invite, s’est assis sur la margelle. Ne croyez pas qu’il s’agisse là de ma part d’une métaphore, encore moins d’une berlue ou d’une hallucination (je le sais, je me suis pincé le gras de la cuisse). Il s’agissait bien d’un triangle, doté des trois côtés et des trois pointes réglementaires, large et haut comme tout honnête triangle qui respecte la géométrie.
Bien poli, il m’a salué. Tandis que je répondais machinalement (bafouillant pour éviter les carrément, les j'ai pas un rond, ou, pire, un sous cet angle…), il a sorti (d’où ? je n’en sais tien) une théière et deux tasses, du sucre et des cuillères.

 Le temps de servir, après quelques questions sur ma santé et une remarque sur le temps qu’il faisait il m’expliquait qu’il était marchand de clou ; cloutier, précisément. Mais, alors que je me recroquevillais en craignant une tirade sur les clous à pattes à crochet, les têtes d’homme, les tapissiers et patin couffin, fort, en triangle bien élevé, il me fit grâce du détail de son négoce et, comme pour me laisser reprendre contenance, feuilleta un instant le recueil que j’avais posé.
Il lut posément :  « Une chose prend fin, une autre commence, et c’est la même qui continue, autrement ». Il ne fit aucun commentaire, mais son regard disait assez s’il était surpris qu’on puisse imprimer et lire de semblables phrases.
Un petit silence se fit, seulement troublé par le glouglou de la fontaine, puis par ma voix : assez stupidement, je m’étais mis à fredonner « le carré de l’hypoténuse ».
Je ne sais pas trop comment il goûta cette impertinence, mais, à part un sourire entendu, il se montra aussi homme du monde que n’importe quel triangle. Simplement, comme le carillon du salon sonnait cinq heures, il tendit l’oreille, se leva et disparu en disant « Désolé, il faut que j'y aille ; le métier de cloutier a ses contraintes, et c’est bientôt l’heure de pointe ».

Carnets paresseux




Les impromptus littéraires proposaient qu'on parle triangle, tandis que la Licorne voulait qu'à partir d'une photo (ci d'sous) et d'une phrase (La solitude vivifie ; l'isolement tue), on écrive un texte évoquant les cinq sens et au moins une citation de Christian Bobin.
La chansonnette de Pythagore est là. Voilà qui est fait.