dimanche 23 octobre 2016

Pause



Chers ami(e)s, 

Ce mois-ci fut bien calme sur Filigrane...

Je tiens à remercier quand même 
de tout  coeur Jacou, 
qui est restée fidèle au poste
et nous a composé deux textes... 

Quant aux autres "écriveurs" et "écriveuses"...
Peut-être étiez-vous occupés, 
peut-être n'étiez-vous pas inspirés par mon thème, 
ou peut-être étiez-vous trop polis
pour user de grossièretés, 
même "drôles"...
Ou rien de tout cela, 
juste un concours de circonstances...
ça arrive aussi.

Mais, bon, peut-être est-ce bien ainsi
car, il se trouve qu'aujourd'hui,
je me vois dans l'obligation
de faire une pause.
Cela n'a rien à voir, je vous l'assure, 
avec votre récent manque de participation...

Non, c'est tout à fait autre chose :
c'est juste que la vie quotidienne 
réclame, pour l'instant, 
toute mon énergie.

Des problèmes de santé dans la famille
ainsi que des obligations professionnelles
très prenantes
me prennent tout mon temps
et ne me laissent guère de répit.

Je vais donc souffler un peu...
Combien de temps ?
Aucune idée...
on verra.

Je vous fais mes bises les plus amicales...
et vous dis à plus tard...

Portez-vous bien !
.
La Licorne
.

P-S :  Je fais également une pause sur "Fil d'Ariane",
mais vous pouvez me retrouver ICI
(blog beaucoup moins...bavard ;-)
.





samedi 22 octobre 2016

Jurons québécois




Damned Canuck de damned Canuck de pea soup
sainte bénite de sainte bénite de batèche
sainte bénite de vie maganée de batèche
belle grégousse de vieille réguine de batèche 

Suis-je ici
ou ailleurs ou autrefois dans mon village
je marche sur des étendues de pays voilés
m'écrit Olivier Marchand
alors que moi d'une brunante à l'autre
je farouche de bord en bord
je barouette et fardoche et barouche
je vais plus loin que loin que mon haleine
soudain j'apparais dans une rue au nom d'apôtre
je ne veux pas me laisser enfermer
dans les gagnages du poème, piégé fou raide

mais que le poème soit le chemin des hommes
.

Gaston Miron
.


vendredi 21 octobre 2016

JEU 22 : Traditions


Inspiré d'une conversation avec mon petit-fils :

i
image proposée par Jacou

Traditions

Sitôt son repas refroidi, le roi Raoul, rapidement,  rota, 
et  illico presto, en public, sur la place du Parlement, péta.
.
Jacou
.



vendredi 14 octobre 2016

Juronnade (hors-jeu)




Purée d'étoiles
Bouquet de poêles
Vieille noce à moëlle
Sapin d'épice !

Râteau à voiles
Marteau à poil
Cabot royal
Sans appendice !

Pâté d'cheval
Crotte nasale
Graine de quintal
Copain d'hospice !

Fond de bocal
Bière tombale
Cactus anal
Et tournevice !

Chien d'animal
Bougre infernal
Coquin qui râle
Pantin d'office !

Chauffard central
Cuistre bancal
Baudruche morale
Creux d'artifice !
.
La Licorne
.


vendredi 7 octobre 2016

JEU 22 : Désordre, désirs et soupirs




Désordres, désirs et soupirs

Digne, la duègne darda sans sourire ses yeux sur ce sieur, se disant prétendument de Diane, le promis.
" Ce dandy guindé semble assez sot. M'amuser à son insu  sera diantrement distrayant." se souhaita la surannée et distinguée duègne.
  • Monsieur souhaite   sans tarder  s'entretenir au salon avec sa promise. Sachez que je me dois d'en dire deux mots au duc, sa seigneurie, dont  duchesse Diane, descendante est. Le duc dîne et se délasse, faisant  somme instamment. Vous devrez donc durablement attendre, la fin de la  digestive et ducale sieste, céans sur ce siège.
Susurrant,  souriante et savourant ses mots, sur ce, tourne le dos à Didier, désemparé,  traits dramatiquement déformés du visage.
" Diplodocus déplumé, salive de sorcière ensachée, à faire débander un doryphore doré débauché,  au diable idiote de gros dindon."
  • Didier, doux adoré, que sont ces deux yeux, devenus diamants durs. A les regarder, de défaillir, dois-je redouter?"
  • Diane, divine, déridez-vous. Perdu dans un dédale, disons-le, d'idées absurdes, je divaguais. Vous souriez si  soudain, délicat délice pour mon coeur, sitôt sauvagement assailli de saugrenues et insoutenables estampes.
  • Son sujet en serais-je?
  • Votre duègne décida,  de vous, me faire languir.
  • Ma duègne, dites-vous. Ah,  la sotte sournoise, se sachant seule, assumant services, servantes et serviteurs jusqu'à ce soir, suppléant à mon père, de retour tardif dans la soirée.
  • Scélérate, s'est jouée de moi!
  • Comment donc, Didier, daignez de me renseigner sur son inconduite, supputant sa basse imposture ?
  • Elle me fit accroire une sieste salvatrice post dînatoire, du duc, votre père.
  • A peine ai-je le dos détourné, qu'à la débauche, Diane,  vous vous empressez!
  • Duègne, dois-je vous dire, que vous voilà surprise,  stupidement, sans conteste, à outrepasser  soi-disant ordres.
  • Fi, donc demoiselle, décence et dignité, de vous,  dois  prendre garde. Ci-devant damoiseau,  d'un empressement suspect surgissant ainsi, à mon insu. Surseor à mon devoir, dussé-je, duchesse, sans être coupable, danger déjà dans la place, vous faire courir?
  • Diantre duègne, de quel danger, discourrez-vous là? Je ne vois que sensible sieur Didier, désirant assidûment courtiser sa promise.
  • Monsieur le duc, déjà de retour!
  •  De ma fille et de Didier,   à s'embrasser empressés,  sachez service assuré par  mes soins, sous  surveillance d'un débonnaire oeil, le mien. Simagrées sermonnés  en la chose sont singeries  nuisibles détestables, dévotions détournant la candeur de nos deux bienheureux tourtereaux. Discours déplacé, duègne, délaissez votre fardeau de dévote, duègne. Disposez, disparaissez dans d'autre endroit de cette demeure, en vos appartements.
Tournant jupons et noirceur d'âme, dissimulée en  savantes, sèches salutation et révérence, une duègne décontenancée, douloureusement se retira, restant toutefois sur sa défensive, ruminant de sanglantes représailles.
Didier, Diane savouraient sans souci ces secondes sacrées, silences et soupirs scandés,   abandons désirés, délices devinés en tendres découvertes.
Le duc soupait, se délectant d'une daube, songeant, souriant, aux deux  tourtereaux, soupirant sous son toit ducal, tandis qu'une duègne déchue, dans des draps désespérément désertés, se morfondait.



jeudi 6 octobre 2016

Agenda ironique : L'heure frémissante


Malgré le thème que je vous ai proposé ce mois-ci,
je vous "jure" que je peux aussi
être d'humeur légère et poétique... :-)

Voici ma participation
à l'Agenda ironique de ce mois...
sur le thème des "Nuits d'octobre"


photo personnelle


L'heure frémissante

Par certains soirs d’automne
Plane dans le vent doux
Quelque chose d'impalpable
Venu du fond des êtres...

Car tout palpite dans
La pâleur d'une lune
Ronde comme
Un soleil
Oublié

Pierres, plantes et choses
Murs, toits et cheminées
Retrouvent une densité
Insoupçonnée.

Ces immobiles compagnons
Ecrasés sous un jour brutal
Dans cette douceur sombre
Soudain,
Se prennent à respirer...

C'est pourquoi j'aime tant
Ce moment de magie,
Voilé, aux accents tièdes
Où le silence se fait
Bruissement
Et la nuit...
Symphonie.

.
La Licorne
.



mercredi 5 octobre 2016

JEU 22 : Qui s'y colle ?




Bigrouille de bigrouille !
Pas le moindre gribouillis
Ni le plus petit crachouillis de gargouille !
Pas la moindre grivoiserie...
Nom d'un bigorneau et corne d'andouille !
Où sont tous les brigands et les gredins partis ?
Octobre est bigrement glabre,
Bougre d'arbre !
Qui nous grattera le premier
Et sans barguigner...
Un texte gratiné ? ;-)
.
La Licorne
.


samedi 1 octobre 2016

JEU 22 : Allitérations grossières...





Il y a  tout juste un an, 
vous vous êtes exercés, 
pour mon plus grand plaisir...
au jeu des allitérations...

Je vous propose aujourd'hui de reprendre 
le même jeu, mais avec de nouveaux sons...

Il faudra, cette fois, choisir
deux ou trois
des sons suivants
B, D, G, N, R, S, T

et les utiliser le plus souvent possible dans votre texte.


Attention, c'est le son qui compte 
et non la lettre de l'alphabet :

Exemple pour G :

"Gaspard, grand guitariste
est gaga de reggae..." 
est correct

Mais 
"Georges gravit agilement 
les montagnes..."
ne l'est pas...

OK ?
.



La deuxième contrainte sera 
de placer dans votre texte 
plusieurs JURONS, 
de préférence inventés...
et amusants !
.

Que le capitaine Haddock 
soit votre Muse ! :-)
 .

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 octobre 2016
.

J'attends vos premiers textes et ...
mille milliards de Tonnerre de Brest,
soyez imaginatifs...!!!
.




lundi 26 septembre 2016

Pour entrer dans l'arche




Pour entrer dans l'arche de Noé
toutes les bêtes
ont montré patte blanche
la brebis galeuse
le canard boiteux
l'oie blanche et la poule mouillée
deux chiens de faïence
un tigre de papier
l'anguille sous roche
le coq de clocher
le dindon de la farce
la vache à lait
le rat de bibliothèque
le chat échaudé
la fine mouche, l'âne bâté
le bouc émissaire
et l'ours mal léché
le veau d'eau et la vache espagnole
le vieux loup de mer
et l'agneau de lait
l'oiseau de malheur
- un drôle d'oiseau -
ma bête noire
la bête à manger du foin
la bête comme ses pieds
et un paysan du Danube
monté sur ses grands chevaux 
suivant
un mouton de Panurge.
 .
André Rochedy
.


samedi 24 septembre 2016

Après le déluge

   


Aussitôt que l'idée du Déluge se fut rassise,
     Un lièvre s'arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes 
et dit sa prière à l'arc-en-ciel à travers la toile de l'araignée.
     Oh ! les pierres précieuses qui se cachaient, - les fleurs qui regardaient déjà.
     Dans la grande rue sale les étals se dressèrent, 
et l'on tira les barques vers la mer étagée là-haut comme sur les gravures.
     Le sang coula, chez Barbe-Bleue, - aux abattoirs, - dans les cirques, 
où le sceau de Dieu blêmit les fenêtres. Le sang et le lait coulèrent.
     Les castors bâtirent. Les "mazagrans" fumèrent dans les estaminets.
     Dans la grande maison de vitres encore ruisselante 
les enfants en deuil regardèrent les merveilleuses images.
     Une porte claqua, et sur la place du hameau, l'enfant tourna ses bras, 
compris des girouettes et des coqs des clochers de partout, 
sous l'éclatante giboulée.
     Madame*** établit un piano dans les Alpes. 
La messe et les premières communions se célébrèrent 
aux cent mille autels de la cathédrale.
     Les caravanes partirent. Et le Splendide-Hôtel fut bâti dans le chaos de glaces 
et de nuit du pôle.
     Depuis lors, la Lune entendit les chacals piaulant par les déserts de thym,  
- et les églogues en sabots grognant dans le verger. 
Puis, dans la futaie violette, bourgeonnante, 
Eucharis me dit que c'était le printemps.
     - Sourds, étang, 
- Écume, roule sur le pont, et par dessus les bois; 
-draps noirs et orgues, 
- éclairs et tonnerres - montez et roulez; 
- Eaux et tristesses, montez et relevez les Déluges.
     Car depuis qu'ils se sont dissipés, - oh les pierres précieuses s'enfouissant, 
et les fleurs ouvertes ! - c'est un ennui ! 
et la Reine, la Sorcière qui allume sa braise dans le pot de terre, 
ne voudra jamais nous raconter ce qu'elle sait, et que nous ignorons.
.
Arthur Rimbaud
"Illuminations"





jeudi 22 septembre 2016

Merci !




Merci, merci d'avoir mis 
 ce mois-ci, sur Filigrane, 
un petit vent de folie...
Il est vrai que sous vos plumes,
l'épopée biblique de la Genèse
 a pris des allures assez surprenantes...
et que le vieux Capitaine Noé 
en a vu de toutes les couleurs...

Tantôt ivre, tantôt débordé,
tantôt ironique, tantôt poétique...
idéaliste, amoureux ou...intéressé,
il a finalement mené
son embarcation  surchargée à bon port
et sauvé la gent animal d'une noyade assurée.

Je suis sûr qu'il riait dans sa barbe en vous lisant,
tout en caressant le petit félin
qui, malicieux, a glissé plusieurs fois
 son petit bout de langue
dans cette histoire antique...:-)

Au final, nous n'aurons accueilli ici
que du beau monde :
Prévert et Vialatte,
La Fontaine, Rimbaud et Corneille,
sans oublier Werber et Barraqué...
Que voilà une belle brochette d'auteurs !
On s'est régalé !
.
Je vous fais donc mes plus grosses bises
arch-i-reconnaissantes...
Merci  encore à vous tous
pour ce déluge de mots et d'idées...
et pluie, et pluie...
je vous donne rendez-vous
le 1er octobre ! :-)
.
La Licorne
(heureusement sauvée des eaux)
.




mardi 20 septembre 2016

JEU 21 : Façon commerciale




Cher Mr Responsable des opérations de sponsoring, Mr Felix Lechat

Je me permets par la présente de vous présenter mon projet,
assuré en coopération avec 30 Millions d'@mis.
Pour être succinct voici les grandes lignes du projet :
- construction d'une arche pouvant accueillir 3000 animaux et son équipage
- Maître d'ouvrage : Dieu
- Maître d'œuvre : Saint Pierre
- Maître d'oeuvre délégué : votre serviteur : Noé
- Assureur : m@@f assurances (fournit également les dauphins)
Sans être exhaustif, voici une liste des sponsors nous faisant actuellement confiance :
- Fourniture des gilets de sauvetage : L@coste (fournit également un couple de crocodiles)
- Fourniture du moteur à propulsion selon les normes ISO en vigueur Ferr@ri
(fournit également un couple de chevaux)
- Fourniture du navigateur Fir@fox (+ couple de renards roux)
- Approvisionnement en barriques de lait (+ une v@che qui rit)
- Bottes : @igle (+ deux exemplaires royaux.....)
- Tee- et sweat shirts Puma ( + deux félins .....)
- 1234 tonnes de nourritures : C@sse grain (et deux lapins blancs)
- 7867 sac de noisettes (C@isse d'Ep@rgne et deux écureuils)
- Du riz (et un t@ureau ailé, en espérant que la v@che qui rit sera d'accord)
- Logiciel GPS (Linux et deux pingouins au cas où les renards nous feraient faux bonds :
application de la norme  7-1-ANE)
Je vous mets en pièce jointe le plan de financement (gazouillé par Twitter et ses moineaux bleus)
Pour la cérémonie de lancement, nous aurons en guest-stars
un certain "taureau rouge" et une "jument verte"
Je suis en attente de votre réponse, cher Monsieur Lechat.
Votre accord pour partager cette aventure d'un nouveau genre est primordiale :
Nous manquons de lessive et 3 000 animaux plus l'équipage sans lessive,
permettez moi d'être cru mais "ça va schlinguer" !

Votre dévoué Noé.

Si en plus des dosettes de votre magnifique lessive verte,
vous pouviez nous garantir la venue d'un couple de chat
(siamois, de gouttière ou aristocrates peu importe),
je vous dirai chatpeau et vous tirerai la langue bien bas.

Merci pour votre réponse ASAP
(c'est demain la fin de l'agenda ironique de septembre)







dimanche 18 septembre 2016

JEU 21 : Façon fable de La Fontaine (2)


Allez, une petite dernière...

Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit...
mais je voue quasiment un "culte" à Jean de La Fontaine .
Je ne résiste jamais à l'attrait d'une fable..
alors, après avoir lu celle de Michelle,
voilà qu'il m'en est venue une autre :



Maître Noé sur son arche embarqué
Tenait à sauver tout son équipage
Sa femme, par l'odeur incommodée,
Lui tint un discours sans ambages :

Eh bonjour, monsieur le Sauveur !
Que vous êtes généreux...que vous me semblez bon !
Sans mentir, si votre courage
Nous permet de survivre sans naufrage
Vous êtes le Messie des bêtes d'ici-bas...!

A ces mots, Noé ne se sent plus de joie
Et oubliant tout à coup son grand âge
Il saisit sa moitié, et l'enlace...plein d'émoi.

Mais sa compagne lui dit : Mon très cher coeur,
Apprenez que tout sauveur
Vit au service de ceux qu'il veut sauver...
Cette leçon, vous l'apprendrez sans doute,
Avant la fin du voyage, 
Et bientôt vous direz, honteux et confus, 
Qu'on ne vous y reprendra plus...

Ces animaux ayant vogué
Toute l'année
Deviendront fort goulus
Quand viendra la décrue !
Plus un seul petit morceau
De fruit ou de gâteau :
Il iront tous crier famine
A la porte de votre cuisine
Vous suppliant de leur donner
Quelque plat pour subsister
Jusqu'à la Terre nouvelle.

Nous ne prendrons, diront-ils,
Dans la soute, foi d'animal,
Que le minimum syndical...
Juste quelques légumineuses
Et de votre vin un petit tonneau
Oui, mais votre troupe est si nombreuse
Qu'elle vous pillera jusqu'aux os !
Nuit et jour, par deux venant,
Ou par quatre ou même par seize
- quand ils auront des enfants -
Ils exigeront qu'on apaise
Leur faim de tous les instants...

Tous nos vivres y passeront
Et sans la moindre victuaille
Vite nous nous retrouverons
Ce sera une belle pagaille
Et tous s'entre-dévoreront
Comprenez de votre plan la faille
Ou bientôt tous nous périrons !
Je vous en prie,  cher Noé,
Protégez votre marmaille
Et votre famille adorée
De la folie de ce bétail
Qu'ici vous avez entassé...
Car rien ne sert de nourrir...
Il faut penser plus loin !

Noé écouta jusqu'au bout sa femme ronde
Puis dans un grand sourire lui répliqua :
Il faut, autant qu'on peut, respecter tout le monde
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité les preuves abondent
Et je vais vous rassurer, ma foi.
Avez-vous jamais pensé à tous les services
Que ces "bêtes" seront heureuses de nous offrir ?
La vache nous donnera son lait de nourrice
Et la poule ses oeufs à frire...
Sans la laine du mouton, le froid sera un supplice
Et sans le chat, les souris vont courir...
Je parie que le cheval sera un merveilleux complice
Un ami qui nous tire, qui nous porte et nous inspire...

Allons, allons, mes bienfaits, vous verrez,
Ne seront pas perdus,
Il faut croire à la générosité
Et au grand coeur de nos amis poilus
Tous ensemble, nous allons recréer
Un monde où personne ne sera déçu
Un monde de paix et de bonté
Un monde où chacun sera repu.

- Oh...Noé ! 
You are a dreamer...
- Yes...
And i'm the only one... 
;-)
.
La Licorne
.




samedi 17 septembre 2016

JEU 21 : Façon Corneille


Je devais déménager
La grande maison familiale,
Depuis des générations, habitée.
De la cave jusqu'au grenier,
Tout trier, classer.
Je découvrais,
Un parchemin, un tant soit peu malmené,
Que je parvins à déchiffrer.
Voici ce que je lus :




Chargé de menaces, sur nous, le ciel s'avançait,
Et de son courroux n'allait point nous épargner.
Nous embarquâmes cinq cents; la nef remplie à ras.
Nous arrivâmes trois mille sur le Mont Ararat.

Tant de monde, soudain, quel était ce miracle?
Les moindres recoins avaient servi d'habitacle.
Autant, n'en avais pensé avoir recueilli.
Par de stupéfiantes images, fus assailli.
Les animaux, par paire, étaient montés.
Et voilà que trios, ils descendaient.
De ce mystère, j'en tirais supposées conclusions.
Durant la traversée,  nombreuses copulations,
De jour comme de nuit, avaient dû s'accomplir.
Aujourd'hui, je contemplais les fruits de ces désirs.

Par précaution, j'inscrivis les nouveaux venus.
A l'origine, chat ne fait pas  chien, cela est  connu.
Volontaire stratagème de la nature,
Habilement, se chargeant de cette sinécure,
Evitant  fatales consanguinités,
Et trop conséquentes difformités.
Ainsi, caracolant, poneys d'Australie,
Côtoyaient cochons d'Inde, chiens de prairie.
La grue du Canada, prenant son envol,
Aussitôt ses pattes posées sur le nouveau sol.
Suivaient promptement un léopard des neiges,
Un chevalier solitaire, arborant grand plumage,
Accompagnés d'un tigre de Sibérie,
Sitôt, d'un fier berger allemand, suivi.

Des cales ventrues de l'arche, ininterrompu,
Un flux  d'êtres vivants, inédits et incongrus,
Livrait curieuses variétés  animales.
L'affaire, pardi, s'avérait peu banale.
S'il fallait encore que j'en fusse convaincu,
Par ma foi, notais-je un canard branchu,
Un urubu à tête rouge, une veuve noire,
Un gorfou sauteur, un guillemot à miroir,
Un courlis corlieu, un ratufa indica,
Un trombidion soyeux et un caracara.

Le jour avait accompli sa révolution,
Puis plusieurs s'étaient écoulés en succession,
D'autres créatures en nombre,  apparaissaient,
Nos hôtes, leur temps migratoire, avaient bien usé.
Vaillamment, chacun se mettant sitôt en chemin,
Par delà les monts et les plaines, vers  leur destin.
Voici, que du dernier, le patronyme inscrivis.
Il me dit s'appeler diable de Tasmanie.
Devais-je y voir, céans, mauvais présage?


 Je n'ai pu lire la suite de ce récit,
 les pages semblant avoir été déchiquetées.

.
.



vendredi 16 septembre 2016

JEU 21 : Façon Rimbaud




L’arche ivre 

Moi Noé, je voulais me voir dans la bible,
Je me suis efforcé de devenir bateleur :
Des animaux pour une armada invincible,
Je les ai convaincus sur un ton enjôleur.

Conscient de la rareté de cet aréopage,
Je mélangeais  flamants roses et faucons maltais.
Quand mes fils descendirent des doux alpages,
Nous embarquâmes avec les vaches qui meuglaient.

Quand les cordes du bord furent désamarrées,
Je tressaillis sous le roulement des éléphants,
Je frémis, encourageant la lune et ses marées
Pour que les pachydermes dorment comme des faons.

Le déluge mit à l’épreuve les couples légitimes.
Fragiles comme porcelaine, ils regardaient les hublots
Le roulis provoqua malaise et tout le toutim,
Quarante jours et nuits, ils devinrent bien falots !


Salée la mer nous infligea de cruelles morsures,
L'eau verte s’infiltrait, poudre de perlimpinpin
Les lagomorphes devinrent fous de leurs blessures
Serrés sans pouvoir se reproduire, pauvres lapins.

Ainsi nous voguions tels des guêpes qui essaiment
Portés par les eaux de l’océan fluorescent,
Ivres de couleurs, de sons, d’odeurs, de bohème
Ebahis,  le soleil nous manquait incandescent.

Que penser des rugissements et des soupirs ?
La ronde patiente,  vigilante des vautours,
Puis plus lancinant que  le chant de l’oiseau-lyre,
Retentit le caquètement de la basse-cour !

Je tendis le poing et lâchai une colombe
Et guettai craintif et à la fois plein d’espoir,
L’horizon  pourpre  avant qu’il ne succombe,
Et j'ai cru qu’il allait s’arrêter de pleuvoir !



Le scorbut rendit les animaux squelettiques,
Les jambes des girafes enflaient et flageolaient.
Pareils à des pantins démembrés, les moustiques
Voletaient comme des fantômes désemparés!

J'ai embrassé l’aurore verte évanouie,
Encensé les animaux avec des mots flatteurs,
Nous allions retrouver bientôt les terres enfouies,
Oh la la, je ne me savais pas si bon acteur

Mon amie réussit à éviter une mutinerie
Les animaux ballotés étaient dépressifs
Malgré ses arguments la rusée otarie
Voyait l’Arche partir en lambeaux successifs !

J'ai décidé d’utiliser un puissant insecticide
L’équipage, devenu fou, réclamait poules au pot.
Hallucinations collectives, 16 pattes par arachnides
Sous le ciel trempé, tous travaillaient du chapeau.


J'ai vu un chat poète s’essayer au Parnasse
Il déclamait des vers français peu ragoûtants
Me cherchant des poux dans la tignasse,
J’essayais de m’éloigner clopin clopant !

Trempé, je donnai mon canot pour une fournaise !
Sur les mâts de l’arche frappaient les embruns
Des serpents-liane me donnaient malaises
Et m’incitaient à rendre mon repas prochain !

J'aurais voulu griller quelques dorades
Qui dans les flots  nous suivaient en chantant.
Des effluves à mon nez battaient la chamade
J’évitais une dernière vague le navire accostant

Un jour, apercevant  une frêle amazone,
Dont les doux yeux me séduirent  comme un hibou
J’enjambais la rambarde, foutues hormones
Dans l’océan je finis ma vie.... tel un caillou
.

.





jeudi 15 septembre 2016

JEU 21 : Façon fable de La Fontaine




Le père Noé et ses nombreux passagers

Le père Noé fait sa tournée, découragé:  quelle aventure!
C’est le chaos, les animaux s’agitent et crient, désemparés
L’arche retentissant d’un bruit assourdissant dans la mêlée
La folie et la détresse s’emparent de tous ses occupants
pourtant bien à l’abri, du moins pour le moment

L’embarcation bondée n’a nulle part où aller:  no way
On a perdu le sud, l’est et l’ouest et le nord
Combien de jours, combien de nuits, ce mauvais sort?
Voguer sans direction peut-être vers la mort

Noé frustré s’efforce en vain de calmer les passagers
Il crie “Mon Dieu, aidez-moi donc, j’en ai assez!”
Aucune réponse ne vint du ciel
alors Noé trouva refuge dans un bonheur artificiel
Il oublia pour quelque temps ce grand casse-tête abrutissant
Il prit la fuite en s’enivrant, divin calmant

Tout doucement il reprit ses esprits, le temps était clément.
Tout ça n’était qu’un rêve, un affreux cauchemar,
une histoire racontée par son Dieu à l’humanité naïve prête à y croire
pourvu qu’il y eut une heureuse issue à ce sauvetage méritoire

Alors Noé écrivit son récit sans oublier d’y ajouter l’apothéose espérée :
une blanche colombe tenant dans son bec un rameau d’olivier d’un vert ineffable
et gage d’alliance, déployant dans les nuées ses teintes irisées, un arc inoubliable.

De prime abord, ne croyez surtout pas aux mythes et aux fables
mais sachez qu’ils recèlent souvent entre leurs lignes des secrets délectables!
.
.



mercredi 14 septembre 2016

JEU 21 : Façon Vialatte



Dernières nouvelles de Noé
de l'arche...et du chat

Laissant septembre s’enivrer de l’actualité changeante, 
nous aborderons des sujets moins frivoles. 
Tels que Noé, son arche et le chat.

Les premiers remontent à la plus haute antiquité. 
Les sixième et septième chapitres de la Genèse en font foi. 
Cela n’est pas rien : le chat, lui, probablement créé un jour avant l’homme, 
n’y est mentionné nulle part. Cette omission du chat étonne ? 
Juste compensation, Alexandre Vialatte en dit des choses très belles.

Laissons le chat sur son coussin. Revenons à l’arche. 
La météo de ces dernières semaines nous y incite. 
A ses moments perdus – ce sont les plus précieux –
 l’homme d’aujourd’hui – en existe-t-il un autre ?- 
trouvera dans l’arche bien des sujets de réflexion. 
Disons-le tout net, sa construction n’en est pas un. 
Noé reçut, en même temps que la commande divine, un cahier des charges 
précisant la distribution intérieure, les dimensions et les matériaux : 
soit tant de coudées de long, tant de large et tant de haut ; 
du bois résineux enduit de poix ou de goudron pour l’étanchéité 
– le pompier de service dut avoir à redire à cette association peu ignifugée, 
mais en temps de déluge qui songe à crier au feu ? – 
et peut-être mangea-t-on froid pendant la croisière.


Cette arche, le savant jésuite Athanase Kircher 
– par ailleurs inventeur de l’orgue à chat, il fallait y penser – 
lui consacre un petit opuscule de 256 pages 
publié en 1675 à Amsterdam par le gendre de l’éditeur 
et cartographe Jan Janszon 
sous le titre bien trouvé d’Arche de Noé (épisode biblique).
Il y traite aussi doctement et en latin de l’embarquement des animaux, 
des vivres, du traitement des déchets et autres menus soucis 
que la gestion de ce zoo flottant devait poser à son capitaine. 
L’ouvrage de Kircher est si complet que rien de plus récent 
n’a été publié sur cette question – c’est dire – 
et le lecteur pressé et bricoleur gagnera à s’y plonger.

Mais alors, quels sujets de réflexions l’arche offre-t-elle encore
 à l’homme et à la femme d’aujourd’hui ? 
Laissons aux savants la grave question de savoir où se trouverait l’arche. 
Le certain est qu’on ne la trouve guère où on la cherche, 
le plus souvent aux alentours du mont Ararat ; 
mais il parait qu’on la voit et qu’on la visite aujourd’hui dans le Kentucky.


Ne gagnerait-on pas du temps en regardant où on ne la cherche pas ? 
Par exemple, sur les flancs du Puy de Dôme, 
aussi dignes de ce rôle que d’autres plus pentus. 
Les curieux y trouveraient des facilités d’hébergement appréciables 
et l’auvergnat un revenu certain.


L’homme et la femme d’aujourd’hui s’inquiéteront plutôt 
du sort des animaux embarqués comme aliments 
pour leurs congénères carnassiers : sauvés du déluge 
pour être mieux boulottés avant la décrue ! 
Attendant l’autobus, ils deviseront aussi du devenir des poissons :
nulle place dans l’arche pour eux ! 
On arguera certes qu’ils sont déjà dans l’eau, 
mais il faut songer aux forts courants induits par la montée des eaux, 
au changement du taux de salinité de l’eau, aux ruisseaux débordants, 
aux lacs mis en communication avec les océans… 
autant de désastres écologiques en puissance. 
L’imaginatif Kircher nous offre même, page cent-cinquante-cinq, 
le spectacle de monstres marins suffoquant, 
rejetés hors de l’eau par l’abondance même de cet élément !


Ils s’interrogeront enfin sur le grand massacre silencieux des plantes et des arbres. 
Ceux que le déluge submerge, certes. 
Celles que Noé embarque, fourrage et aliment pour ses bestiaux. 
Et enfin ceux qu’il abat, ébranche, écorce, tronçonne en planches,
 poutres et madriers pour faire le corps même de son vaisseau. 
Kircher même ne s’avance guère sur ce point, 
sans doute pour ne pas  attirer l’attention de l’excellent Francis Hallé.

Il ne dit rien non plus sur ce que faisaient les animaux dans l’arche. 
Vue la place impartie, ils ne devaient guère jouer à chat perché. 
Ils patientaient sans doute, s’aidant probablement d’énigmes et de devinettes. 
On voit par là combien de langues le chat du bord 
(et il devait y en avoir un, ne fusse que pour faire trotter les souris) 
dut recevoir en gage.

Les rendit-il en débarquant ? 
On ne sait.
A l’heure qu’il est, il dort sur son coussin et se tait.
C’est ainsi que le chat est grand.
.
Dodo 
(Carnetsparesseux)
.





samedi 10 septembre 2016

JEU 21 : Façon Werber


"Le dernier espoir, c'est la fuite."
Bernard Werber
"Le papillon des étoiles"
.



"L'arche de Noa"

Noa regardait les écrans en se grattant la barbe.

Tous les satellites donnaient les  mêmes images :
le nuage noir progressait à toute allure...
les pays épargnés étaient de plus en plus rares.
On avait tout essayé pour arrêter cet immense incendie,
mais rien n'avait été efficace.

Comment lutter contre le feu 
alors qu'une terrible sécheresse sévissait depuis des mois ?
Des centaines de foyers s'étaient allumés quasiment en même temps
 et en quelques jours, le brasier avait enflammé la planète entière.

Les gens, affolés, avaient rassemblé quelques affaires,
quitté leurs maisons et pris la direction de la mer,
provoquant un peu partout  de monstrueux embouteillages.
La panique était générale.
Mondiale.

Une certitude s'empara de Noa :
on n'éteindrait pas ce torrent de feu ...
 il était trop tard.
Il allait tout ravager.
Tout dévorer.
Tout réduire en cendres.
La seule chose qu'on pouvait faire, 
c'était sauver ce qui pouvait l'être.

Il se dirigea vers la pièce où se trouvaient les casiers réfrigérés.
Là, dans de petits sachets d'aluminium, 
des centaines de milliers de semences étaient stockées à -18°C.
Toutes les plantes du monde ou presque étaient représentées, 
des plus banales aux plus rares.

Directeur de la banque de gènes de Norvège.
Une profession assez "tranquille" jusque-là.
Sans surprise, sans stress.

Mais pendant les dernières heures, 
Noa avait peu à peu compris le rôle qui allait être le sien,
 ainsi que la responsabilité colossale qui lui incombait :
sauvegarder le patrimoine végétal de la planète.

Il ne fallait pas perdre de temps.
Il appela son personnel et leur ordonna
de vider l'entrepôt et de tout placer 
dans le grand congélateur de secours.

Puis il prit son courage  à deux mains
et téléphona à l'Administrateur de la NASA.
Celui-ci se montra compréhensif.
Après une courte discussion,
il lui promit que dans moins de 24 heures, 
l'ensemble du stock serait en sécurité,
en orbite autour de la Terre.

"Je vous demanderai de bien vouloir
envisager l'éventualité 
d'un petit séjour dans l'espace..."
ajouta-t-il.
Nous allons avoir besoin de vous..."
.



Une banque de gènes est un dispositif de conservation 
ex situ de matériel génétique, qu'il s'agisse de plantes ou d'animaux. 
Dans le cas des plantes, cela peut se faire par la congélation 
de boutures prélevées sur la plante, ou de graines. 
Chez les animaux, c'est la congélation de sperme et d'œufs 
par cryoconservation (exemple, la Cryobanque Nationale). 
Pour les plantes, il est possible de décongeler le matériel génétique 
et de le faire se reproduire, en revanche pour les animaux 
une femelle vivante est indispensable 
pour réaliser une insémination artificielle. 
Alors qu'il est souvent difficile d'utiliser 
du sperme ou des œufs congelés, 
il existe de nombreux exemples qui montrent 
que cela peut être réalisé avec succès.
Dans le but de conserver la biodiversité agricole, 
les banques de gènes sont utilisées pour stocker 
et conserver les ressources génétiques 
des principales plantes cultivées 
et des espèces sauvages apparentées. 
Il existe de nombreuses banques de gènes dans le monde, 
dont le Svalbard Global Seed Vault, situé en Norvège, 
est probablement la plus célèbre.
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Edmond Wells
"Encyclopédie du savoir relatif et absolu"

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La Licorne
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