mercredi 30 septembre 2026

JEU 122 : "Ecrire la vie" - La Licorne


Mois de septembre bien occupé...

je suis très en retard...





Ecrire la vie


Il y a ceux qui naissent dans les câlins, le lait tiède et les gouzous-gouzous. 
Et puis il y a les autres : posés dans un coin, nourris de lait cru et lâchés dans la vie sans parachute. 
Yves appartenait à la deuxième catégorie. Il vint au monde au mauvais moment, au mauvais endroit, dans la désabondance et sous un soleil d'abandon. 

Soixante  ans plus tard, au moment où ses amis tombaient, autour d'un verre, dans une franche nostalgie, il bottait en touche.  
Mémoire, mode d'effroi : pas question de s'étaler sur ses souvenirs d'enfance. On ne passe pas autant d'années à fuir les heures "sauvages", à fuir la lumière, sans développer une certaine aptitude au secret.

Dans le quartier, on ne savait pas grand-chose de lui, sinon qu'il était écrivain et qu'il  passait ses journées, devant un ordinateur, à réinventer la vie. 
De fait, dès la première phrase de son premier livre "Le bal des foudroyés", il avait compris qu'il tenait là un moyen de réinventer SA vie. 

Debout dans ses rêves, à chaque fois, le temps d'un roman, il faisait peau neuve et devenait quelqu'un d'autre. 
L'enfant  gris se dessinait un royaume...l'enfant oublié, abandonné, caressait le chat de Montaigne,  riait avec le diable, ou partait dans les airs, tel un petit cosmonaute, en compagnie du Petit Prince ressuscité. 

Devant le fabuleux piano du clavier, rien ne pouvait l'arrêter. Il était libre. 

Liberty, c'était d'ailleurs le nom de sa dernière héroïne. Car tout était possible en imagination. 
Même se projeter dans la vie d'une femme...
Le livre s'appellerait "Si nous étions captives"...Mais captif, il ne l'était plus. 
 
Et, en l'absence de corps, plus jamais il ne serait battu. 


La Licorne

 

Pour le Jeu 123

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et pour l'Agenda ironique de septembre

proposé par Sabri'Na 

dans lequel il fallait placer 

des titres de la rentrée littéraire...

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Comme j'arrive en retard...

carrément "après la bataille"...

(la date est passée, le vote est déjà en cours)

je me suis permis de ne pas respecter

entièrement la consigne

(je n'ai pas placé la phrase de Pennac)

.

Sur le thème "Les récits d'Yves", 

Sabri’Na nous proposait d’insérer au moins quatre titres

sur la série de vingt-six, que voici : 

Croire au code – Oroppa – Dessine-moi un royaume – Lait cru – La première phrase du premier livre – Le bal des foudroyés – Le fabuleux piano – Le chat de Montaigne – Mémoire, mode d’effroi – Le petit cosmonaute – Si nous étions captives – Stay free – Liberty – Halte au feu – Debout dans tes rêves – Fuir la lumière – En l’absence de corps – Le diable rit avec nous – La désabondance – La peau neuve – Heure sauvage – Demi Lune au soleil – Soleil d’abandon – L’enfant grise – Les récidives 
[sélections « Premiers romans » et « Littérature française »].

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et de glisser cette phrase de Pennac dans "Chagrin d'école" :

“Statistiquement tout s'explique; 
personnellement tout se complique.”
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