mardi 7 avril 2015

JEU 4 : "Monsieur Bleu et Monsieur Vert" - Texte 1



Il y avait Monsieur Bleu et Monsieur Vert. 
Tout le monde les connaissait dans la ville. 
Monsieur Bleu, tout de bleu vêtu, disait bonjour à tous et à toutes. 
Sa ronde bonhomie lui attirait la sympathie. 
Monsieur Vert, tout de vert vêtu, était sec et renfrogné. 
Ses volets jamais ouverts, comme son visage, n'invitaient pas à la rencontre.

Entre Monsieur Bleu et Monsieur Vert se dressait un mur. 
Il avait été édifié quand, il y a maintenant bien longtemps, 
l'arrière-arrière-arrière grand-père de Monsieur vert était décédé. 
On avait alors découvert avec stupéfaction que ce Monsieur Vert, 
si respectable, avait eu un fils naturel.
 Nul ne l'avait jamais vu, nul ne l'avait jamais su. 
Le notaire, homme au regard sévère et aux redingotes noires, 
avait gardé le secret jusqu'au bout. 
Le bruit avait commencé à se répandre quand Séraphine, 
la femme de ménage du notaire avait dit à Blandine qui venait livrer le linge 
ce qu'elle avait entendu quand le fils de Monsieur Vert,
un monsieur si respectable, 
avait hurlé en apprenant la nouvelle. 
Même les portes capitonnées n'avaient pas réussi à arrêter les éclats de voix
 et la légitime colère du fils de Monsieur Vert.
- T'rends compte ! Un bâtard !
Blandine avait opiné du chef et s'était dépêchée
d'aller le dire à toutes les lavandières 
qui l'avaient répété à toutes les servantes 
qui l'avaient susurré aux oreilles de leur patronne, 
si bonne chrétienne mais tellement avide de cancans et de scandales.

Le bâtard héritait de la moitié de la maison. 
Le fils de Monsieur Vert était sorti de l'étude vert de rage, bien sûr. 
Les choses n'allaient pas en rester là. 
Il n'allait pas se laisser déposséder de son bien par un moins que rien, 
fils d'une Messaline qui avait séduit son père. 
Il courut chez l'avocat, homme retors qui l'encouragea dans sa requête. 
Toute la petite ville se passionna pour cette histoire. 
Chacun y allait de son hypothèse et de ses pronostics.

Monsieur Vert n'avait pas été n'importe qui.
 Inspecteur des choses à faire, c'était un homme qui avait consacré sa vie 
à la bonne marche de la nation. 
Fonctionnaire émérite comme l'avait attesté sa médaille du travail, 
il avait pris une retraite bien méritée mais n'avait pu en profiter.
 Une sournoise maladie l'avait emporté dans la première année de cette nouvelle vie 
qu'il aurait dû consacrer à faire son jardin comme il l'avait proclamé partout 
et surtout au café des sports, où il retrouvait ses amis pour une partie de cartes.
C'est là qu'on venait le plus souvent, quand on était un homme, 
pour avoir des nouvelles de l'Histoire, 
les femmes préféraient la discrétion d'un marché ou des rencontres 
qu'on disait fortuites pour échanger, cancans et indignation.

On entendit parler du procès qui eut lieu au chef lieu du canton 
qui était aussi sous-préfecture, puis de l'appel que fit le fils Monsieur Vert, 
toujours conseillé par l'avocat, qui se tint à la préfecture,
 là-bas dans la grande ville. 
Il faisait noir quand rentrèrent Monsieur Vert, fils, et l'avocat. 
Bien que les rues fussent vides à ce moment-là, 
il ne fallut qu'une journée pour que se répande le bruit de son échec.
Le bâtard avait gagné. Pire, il allait venir habiter la maison. 
Monsieur Vert, le fils, dont tout le monde savait qu'il n'était pas un marrant. 
Chacun se rappelait les histoires qu'il pouvait faire, déjà, 
dans la cour de récréation 
quand les choses se passaient différemment de son désir. 
On le plaignait un peu, mais pas trop. 
Tout le monde attendait pour voir 
comment allait se passer la cohabitation entre les deux. 
Si devant lui, tout le monde jurait ses grands dieux, 
que jamais il n'accueillerait le bâtard, 
par derrière une curiosité dévorante s'était emparée de la ville. 
D'autres bruits circulèrent, d'autres cancans. On supputait. 
La maison avait deux niveaux et les greniers, 
qui allait habiter en bas et qui allait habiter en haut
Chacun y allait de ses arguments et de ses prétendus bonnes informations.
On attendait le bâtard et c'est le maçon qui arriva. 
Quand on le vit arrêter son charroi devant chez Monsieur Vert, le fils,
tout le monde retint son souffle. On allait savoir. 
Quel ne fut pas l'étonnement des uns et des autres 
quand on vit le maçon se mettre à empiler les pierres au milieu de la porte. 
À toutes les questions des passants, il répondit :
- C'est pas moi qui décide ! J'fais c'qu'on m'dit !

Quelques jours plus tard, on vit arriver le pétaradant camion de l'entrepreneur 
avec sa remorque remplie de meubles. Un attroupement se fit. 
On interrogea ses commis qui ne se privèrent pas pour expliquer 
comment leur patron avait reçu un courrier pour lui commander un transport. 
La course était facile et le prix avantageux. 
Il avait accepté par retour du courrier. 
Ce n'est qu'en arrivant au lieu du chargement qu'ils avaient appris 
qu'ils devaient transporter les effets à l'adresse de Monsieur Vert.

Les questions tombèrent comme la pluie d'orage en été. 
Les pauvres commis firent de leur mieux. Non, ils n'avaient pas vu le bâtard. 
Non, ils n'avaient pas vu sa famille. Oui, ils avaient été reçus par une bonne accorte 
qui leur avait servi un bon canon, avant qu'ils ne se remettent en route 
et donné un très honnête pourboire de la part de son patron 
qui ne rentrait de voyage que dans dix jours. 
Oui, elle monterait avec lui. Leurs ordres étaient clairs : 
poser les meubles et poser les clés chez le notaire où Monsieur Bleu, 
car tel était son nom, irait les chercher.

Les commis firent du mieux qu'ils purent dans cette demi-maison 
sans escalier ni cuisine pour tout déposer au rez-de-chaussée.
Les dix jours qui suivirent furent une torture pour Monsieur Vert, le fils. 
On apprit qu'il n'avait jamais rencontré Monsieur Bleu. 
Seul son avocat venait au tribunal. Ses dossiers aussi complets qu'inattaquables, 
avaient suffi à faire pencher la balance en faveur de son client. 
Monsieur Vert, le fils, ne fut pas le seul à mal dormir. 
Toutes les cancanières et tous les piliers du café des sports 
étaient sur des charbons ardents.

C'est ainsi qu'il ne valut guère de temps 
pour que la nouvelle de l'arrivée du bâtard fasse le tour de la ville. 
On le vit s'arrêter à la boulangerie pour acheter des croissants, 
quelle prodigalité, et à l'épicerie, pour faire le plein de provisions. 
Il arrivait dans une rutilante automobile qui aimanta l’œil des hommes. 
Il prit un malin plaisir à faire le tour de la ville, si bien qu'à son arrivée devant la maison, 
il y avait une foule de gens qui s'était subitement trouvée 
quelque chose d'urgent à faire sur la place qui portait le nom 
du père de la victoire lors de la dernière guerre.
L'automobile rouge s'arrêta dans un grincement de frein devant le portail. 
Tout le monde nota les volets clos de Monsieur Vert et chacun retint son souffle. 
Qu'allait dire ce Monsieur Bleu comme déjà disaient certains ?

Dans le silence à peine troublé par le bruit de la fontaine, 
on entendit un rire, un immense éclat de rire. 
Les gens furent décontenancés. 
Puis quelques uns se mirent à pouffer à leur tour 
et bientôt ils se joignirent au rire tonitruesque de Monsieur Bleu découvrant son héritage.
C'est ainsi qu'un simple rire fit plus pour la paix que le meilleur des avocats.




mercredi 1 avril 2015

JEU 4 : Photos insolites

photo 1


Pour le mois d'avril, je vous propose
un nouveau défi :
le jeu de la "photo insolite"...

J'ai cherché - et trouvé - sur internet
une photo susceptible de titiller votre imaginaire...
(ci-dessus)
et je l'ai complétée avec des photos personnelles
(en bas de l'article).

Cette fois-ci, je vous demanderai tout simplement
de créer un texte personnel
inspiré d'une ou plusieurs de ces photos,
comme il vous plaira...
.
Vous ne m'avez guère déçue jusque-là...
je vous fais donc entière confiance :
Laissez libre cours
à votre imagination débordante...
et surprenez-nous !

Tous les styles de textes sont autorisés :
histoire fantastique, conte,
énigme policière, sketch,
documentaire ou reportage...
Tout est permis.
Profitez-en !
.
J'attends vos textes avant le 21 avril...
.
La Licorne
undeuxtrois4@orange.fr

Pensez, au moment de l'envoi,
à indiquer le(s) numéro(s) de la ou des photos
ayant été à la source de votre création...
et aussi le nom ou le pseudo
que vous souhaitez voir apparaître en signature...
.

Et je finirai par un
grand merci,
à tous les participant(e)s de mars,
qui, par leurs poésies tout en délicatesse,
nous ont, tour à tour,
émus et enchantés...
C'était "délicieux"...

Bravo à tous !
.
Vous pouvez cliquer sur les photos
pour les agrandir...
.

photo 2
 
photo 3

 
photo 4
 

photo 5
 
 
photo 6
 
 
photo 7
 
 
 
 
 

jeudi 26 mars 2015

L' OuLiPo ou "la contrainte en littérature"....




 
En 1960, Raymond Queneau demande à François Le Lionnais
 de postfacer ses Cent mille milliards de poèmes.
 C'est à cette époque que ce dernier propose à Queneau 
de « créer un atelier ou un séminaire de littérature expérimentale
 abordant de manière scientifique ce que n'avaient fait que pressentir
les troubadours, les rhétoriqueurs, Raymond Roussel, 
les formalistes russes et quelques autres..."

Ce "séminaire" changera de nom par la suite :
 ce sera le célèbre OuLiPo, "Ouvroir de Littérature Potentiel"....
groupe international  qui comprendra à la fois 
des  mathématiciens et des littéraires, 
dont des écrivains comme Georges Perec, Italo Calvino
 mais aussi des mathématiciens "purs" comme Claude Berge 
ou des personnes ayant "double compétence",
 comme Jacques Roubaud ou Olivier Salon.
 
 


 
 
Ensemble, ils vont expérimenter
 des "contraintes littéraires" nouvelles et ludiques...
Délaissant l'exploration "aléatoire" des surréalistes,
 ils pensent en effet qu'en littérature, la contrainte 
n'est pas incompatible avec la liberté, bien au contraire :

« Une autre bien fausse idée qui a également cours actuellement, 
c'est l'équivalence que l'on établit entre inspiration, 
exploration du subconscient et libération, 
entre hasard, automatisme et liberté. 
Or cette inspiration qui consiste 
à obéir aveuglément à toute impulsion 
est en réalité un esclavage. 
 
Le classique qui écrit sa tragédie 
en observant un certain nombre de règles 
qu'il connaît est plus libre que le poète qui écrit 
ce qui lui passe par la tête 
et qui est l'esclave d'autres règles qu'il ignore. »
.
 Raymond Queneau 
"Le Voyage en Grèce"
.
 
 
C'est que la contradiction, le paradoxe ou bien la tension 
que l'on pourrait voir entre liberté et contrainte 
n'est qu'une apparence. 
C'est au contraire à partir de la contrainte 
que se développe la liberté de créer : 
 
en obligeant à s'affranchir de bon nombre d'automatismes, 
liés à l'usage courant du langage, 
la contrainte entraîne de nouvelles formes d'expression,
offrant par là une liberté nouvelle de création. 
 
Si l'incertitude est constitutive des contraintes, 
en tant qu'on ne sait pas à l'avance 
si le problème posé trouvera solution, 
c'est bien de la contrainte, et non du hasard, 
que résulte la création.
.
 
 


 
Ce "cercle des poètes farfelus",
malgré la disparition de plusieurs de ses membres,
existe toujours aujourd'hui...
.
 
La Licorne
 
.






lundi 23 mars 2015

JEU 3 : "Il y a des mots qui font vivre"


 
 
 
 
 
 
 
Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots de tous les jours
Des mots qui volent, des mots qui vibrent,
Des mots-papillons, des mots légers,
Des mots sans trompette ni tambour
Des mots-cadeaux, des mots-caresse,
Des mots sans bruit ni vanité...
Le mot "sourire", le mot "bonjour",
Le mot "douceur", le mot "merci"...
Les mots malins, les mots-tendresse,
Les mots qui nous emmènent en poésie,
Le mot "soleil", le mot "printemps",
Les mots qui nous réchauffent le coeur,
Et puis aussi les mots d'enfants
Les mots qui rient, les mots qui glissent
Le mot "plaisir", le mot "folie",
Le mot "merveille", le mot "bonheur",
Le mot "rêver", le mot "complice"
Et tous les noms qui nous sont chers,
Ceux qui nous garderont en vie,
Le nom d'un maître, le nom d'une mère,
Et certains noms de femmes et d'amis. 
.

La Licorne
.
 
D'après un poème 
de Paul Eluard
.
 
 
 
 


dimanche 15 mars 2015

JEU 3 : "Pour faire le portrait d'un oiseau"


Vidéo réalisée par l'auteure du poème...
.

Pour faire le portrait d'un oiseau, 
à peu de choses près, 
ça équivaut à capter la douceur d'une bulle..

Prendre d'abord un nuage,
Avec un trou dedans.
Prendre ensuite des plumes,
De l'encre, des larmes,
Des sourires et des rires
Vitaux pour la bulle..
Placer ensuite le nuage dans votre ciel,
Qu'il soit bleu,
Qu'il soit gris,
ou tout couvert..
Restez bien visible..
Enchanté de chanter,
Allez même jusqu'à danser,
C'est fortement conseillé.
Soufflez... délicatement dans l'anneau de plastique..
Expirez ce qu'il y a de vivant en vous
Sans vous interrompre,
Ne manquez pas d'air, les yeux rivés sur la bulle que vous créez..
Quand la bulle est née,
Qu'elle se détache doucement de l'anneau,
Vous pouvez en toute quiétude inspirer.
Sans perdre de vue votre bulle nouvelle-née,
En la guidant, avec les plus belles de vos pensées uniquement,
Vers le trou béant du nuage qui l'attend..
Si elle passe à côté, qu'elle ne fait que le frôler,
Ne pas vous décourager, mais recommencer..
Quand elle entre, si elle entre, souriez.
Souriez, sans aucune arrière-pensée.
Une arrière-pensée est suffisante parfois pour la faire claquer..
Un trop plein d'arrières-pensées,
Et c'est votre nuage tout entier qui vire au noir..
Qui se craque et fait pleuvoir.
Souriez donc. Un vrai sourire.
Celui qui allume vos yeux,
Celui qui brûle de mille feux..
Nourrissez-les de ce qui s'offre à eux.
Laissez-vous envahir,
Osez être heureux.
Pensez quand même à arracher doucement
Un morceau du nuage blanc..
A garder constamment dans votre poche.

Un bout de barbe à papa, ou un mouchoir..
Un souvenir de votre sourire.. et je crie ton nom.. 
dans un coin du tableau... :-)
D'après le poème éponyme
.

dimanche 8 mars 2015

JEU 3 : "Vous voulez des vers ?"



Vous voulez des vers? Eh bien non,

Je n'écrirai pas de vers
De peur qu'ils coulent en mer
Comme bateaux de papier
Par le vent emportés...


Mais je remplirai mon verre
Y boirai l'univers
Dilapiderai mes mots 
Repartirai à zéro...


Puis...quitterai mon hiver 
Enfin libre comme l'air
Aux rêves de vos saisons 
J'irai perdre la raison...


C'est le monde à l'envers
Vous écrivez des vers!
Inconsciemment, je crois, vous avez
Pensé à moi sans y songer.

.
.

D'après le poème
de Guy de Maupassant
.

vendredi 6 mars 2015

JEU 3 : "Mon rêve familier"




Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant,
D'une étoile arrivant, dans ma vie, un soir d'hiver,
Alors que mon coeur surnageait sans repère,
Et se débattait dans le brouillard, fébrilement.

Lentement, doucement, elle se lova contre moi,
Epousant chacune de mes imperfections
Libérant mon esprit, apaisant mes tensions.

Avec tendresse, elle me susurra à mi voix
Les mots doux que je désespérais d'entendre.
Son âme m'encourageant à vraiment lâcher prise,
A laisser parler mon coeur, sans aucune hantise,
Sans barrière, sans retenue et sans attendre..
Tissé de joie, de confiance et d’allégresse,
Un voile imaginaire, tout en finesse,
Enveloppa mon âme, mon corps et mon cœur,
Dans un océan d’amour et de pur bonheur…
En effleurant tendrement ses mains diaphanes,
Un murmure venant des profondeurs de mon âme,
Fit ressurgir des sensations déjà vécues…
Dans mes souvenirs lointains, sa peau m’était connue !
Je pris conscience de ses plus infimes blessures,
Qui me semblaient tellement familières…
Avions-nous vibré pour les mêmes aventures ?
Les yeux dans les yeux, une onde millénaire,
Nous unissait au-delà de tous les temps,
Et me remémorait… son doux regard triomphant.
Sa voix légère, fluide, et mélodieuse avait
L'inflexion des voix chères qui se sont tues..
.
.
D'après le poème de Paul Verlaine
.


mercredi 4 mars 2015

JEU 3 : "La chapelle"



La chapelle ancienne est fermée
calme refuge au cœur des bois
passe par là un p’tit garçon
qui regarde à la dérobée
cette étrange petite maison
tout étonné, intimidé
à l’intérieur s’est faufilé
là dans la pénombre feutrée
un long silence …
l’enfant ému s’emplit les yeux
de doux cierges mystérieux

.
.
D'après un poème d’Emile Nelligan :  
.





dimanche 1 mars 2015

JEU 3 : Poème "sandwich"


 
 
 
Après le déferlement d'humour déjanté
de février, j'avais envie
pour ce mois-ci, d'un brin de poésie...
.
Aussi vous ai-je concocté
après la petite "salade de mots"
du mois précédent, un tout nouveau "concept" :
le "poème sandwich"...
.
De quoi s'agit-il ?
C'est très simple :
on prend un poème existant, 
et on en garde seulement le premier et le dernier vers...
Puis on "remplit" l'intérieur à sa façon, à sa "sauce"...
tout en conservant une forme poétique...

(Mais on a le droit de changer la longueur du poème
et d'utiliser d'autres rimes pour les vers intermédiaires...)
.


Exemple  :

Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires, 
Des histoires du temps passé,
Quand les branches d'arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !
Quand seul dans un ciel pâle un peuplier s'élance,
Quand sous le manteau blanc qui vient de le cacher
 L'immobile corbeau sur l'arbre se balance,
Comme la girouette au bout du long clocher ! 
(...) 
Alfred de Vigny
"Poèmes antiques et modernes"

.
Florilège de poèmes célèbres : ICI
.



Création possible à partir du poème ci-dessus :

Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,
Le soir, devant la cheminée,
Quand s'endort doucement le chat pelotonné
Qu'il est doux, qu'il est doux d'être le seul auditoire
De ta voix aux accents modulés
Qui me berce et fait frémir ma mémoire
Comme la girouette au bout du long clocher...
.

Merci, lors de l'envoi,
undeuxtrois4@orange.fr)
de penser à indiquer les références du poème de départ :
titre, auteur et éventuellement "lien internet"...

Vous pouvez aussi laisser votre texte...
dans les commentaires.

Date limite : 21 mars 2015
.
De Baudelaire à Apollinaire,
de La Fontaine à Victor Hugo,
de Maurice Carême à Prévert,
de Villon à Brassens,
la palette est large...
choisissez ce qui vous plaît...
et régalez-nous !

A vos plumes, donc...amis poètes
et que la Muse vous inspire !
:-)

 
 
 


vendredi 27 février 2015

JEU 2 : Merci



Bon , je ne prendrai pas de "pycnomètre"
 pour mesurer la qualité de vos participations, 
participations dont l'"orogenèse" 
me restera à jamais mystérieuse...
passant  par des "étrésillons" 
qui m'échappent un peu ... :-))

Mais je vous dirai que votre imagination
a dépassé ce que j'"esperluettais" en secret...
et que, tour à tour, 
vous  m'avez cloué le "cholédoque",
chatouillé la "passerinette" 
et même fait "zinzinuler en noctiluque"...
par la façon remarquable dont vous avez "filosellé"
ma "salbande" de mots improbables...

Ce premier "gruppetto grammatiste"
 me donne bien sûr envie
de continuer l'aventure avec vous
et de me creuser le "zakouski"
pour vous proposer 
d'autres "tournebrides" littéraires...

Attendez-vous donc
à avoir du pain sur la "palanche" en mars
et dans les mois suivants !

Et recevez , s'il vous "pellet",
chers ami(e)s "myrmécophiles",
mes remerciements
les plus "senestrochères"...:-)
.
La Licorne
.


lundi 23 février 2015

JEU 2 : "Noctiluque" Mot déguisé 7


Noctiluque : robe de chambre
spécialement créée par un grand couturier
pour les soirées paisibles de Johnny. 

Comme il l’a confié à un proche,
 dans la journée Johnny conserve la rock and roll attitude 
et toute l’apparence vestimentaire qui lui est associée ;
 tandis que pour les soirées tranquilles, loin de la scène,
 il adopte le noctiluque.


N.B. - Il faut dire un noctiluque, comme on dit un peignoir, 
et non pas une noctiluque,  qui est une tout autre chose
dont la définition exacte ne tardera peut-être pas à me venir sous la plume...
.


samedi 21 février 2015

JEU 2 : "Zinzinuler" Mot déguisé 6


Qui est zinzin....nul est !

Zinzinuler : 
annuler tous les sons "ZIN" dans la conversation, 
ce qui rend le sens NUL


illustration de Claire Fo

Exemple:
Mon voi qui est aussi mon cou,
un vrai sarra, court au maga acheter du rai
.
.

jeudi 19 février 2015

JEU 2 : Texte de Jak - Mots déguisés





Une mésange bleue sur son arbre perché
Zinzizulait des trilles avec ses copines de salbande
Un perroquet dont la maillure était couleur zinzolin
Leur tint à peu près cette rosaniline
- Oh vous,  bande d’énantiodromies noctiluques,
Cessez de faire des gruppettos
J’en ai par-dessus la passerinette,
Si ça continue je vais vous lâcher un tournebride
Sur le senestrochère avec mon pycnomètre !!!
A ces mots les chanteurs tout pellets
Palanchèrent une flacherie à en faire fuir un urubu...
.

Jak

(auteure du texte...et du dessin !)
.

Pour connaître la véritable définition,
cliquer sur le mot...
.


mardi 17 février 2015

JEU 2 : "Splanchnologie" Mot déguisé 5



nom féminin qui vient du grec « splagkhnon » 
qui signifie se cacher, se dissimuler.
La splanchnologie est la science de ceux qui savent se cacher, 
plus familièrement s’planquer… 
art redoutable quand il est maîtrisé… 
comme chez le caméléon notamment. 
.
.

Et si vous voulez tout savoir
sur cette "science du camouflage",
allez voir ICI...
.
La Licorne

dimanche 15 février 2015

JEU 2 : "Filoselle" Mot déguisé 4


Filoselle : gaine pour jolie demoiselle !

illustration de Claire Fo

Fil aux ailes...

Quand une bobine ancienne rencontre
une burette de machine à coudre ... 
cela donne une Libellule "Haute Couture" !


Filoselle : 
Ne pas confondre avec Fil'oseille : 
ultimatum lancé par un filou zélé

vendredi 13 février 2015

JEU 2 : "Pycnomètre" Mot déguisé 3




Pycnomètre : de pycnos qui vient de noyau
 et de mètre qui vient de métron la mesure...

 Appareil pour mesurer les noyaux de pêches, ou d'abricots
afin de  déterminer la quantité de sucre optimale pour les confitures.


dimanche 8 février 2015

JEU 2 : "Zakouski" Mot déguisé 2


"Zakouski" :
 Injonction, passée dans le langage courant, 
d’une mère de famille zézayante à l'adresse de son fils 
qui n’ose pas s’élancer sur la poudreuse :
 Jacquou, skie !



D’où l’expression bien connue : "Lancer un zakouski à quelqu’un",
 c'est à dire pousser quelqu’un sur une pente dangereuse,
 lui ordonner de s’engager dans une action périlleuse...
.
Amezeg

vendredi 6 février 2015

JEU 2 : Texte d'Amezeg - Mots déguisés



 
Tandis que nous descendions hardiment
le majestueux canyon du Grand Cholédoque
dont les fabuleux paysages nous coupaient totalement l’esperluette -
 aussi bavards que nous soyons pourtant d’ordinaire ; 
une énantiodromie de taille exceptionnelle bondit soudain à l’improviste
 hors des eaux tumultueuses d’un petit rapide que nous venions d’aborder,
 se saisit de l’étrésillon effiloché qui pendait à bâbord et, 
usant de toute sa vigueur sauvage, 
fit d’un formidable coup de sa caudale gigantesque
 chavirer notre robuste canot de filoselle et de grammatiste
 si habilement tressé puis soigneusement empoissé, 
quelques semaines plus tôt, par les meilleurs artisans myrmécophiles 
de toute la tradition navale, marinière et nautonière de notre pays...
.
Amezeg
.
 
.
Pour connaître la véritable définition,
cliquer sur le mot...
.

JEU 2 : "Cholédoque" Mot déguisé 1

 
 
Mauvaise traduction de "duct tape"
 
 

illustration de Claire Fo

 
Il est collé, Doc ???
.
.





dimanche 1 février 2015

JEU 2 : Mots déguisés


Pour le mois de février,
je vous propose un jeu assez simple :
j'ai choisi, dans le dictionnaire,
une série de mots peu connus...

Votre tâche consistera à en  choisir un ou plusieurs,
et à nous en donner une définition...fantaisiste
(autrement dit différente de celle du dictionnaire).

Evidemment, tous les délires sont permis...
vous pouvez aussi insérer le mot en question
dans une phrase pour mieux vous faire comprendre.

Exemple :

Hématome : nom masculin (du grec "hémi", à moitié).
Mot désignant la moitié d'un atome...

"En découvrant que l'atome était divisible en deux "hématomes",
le chercheur G. Débleux porta un grand coup
au dogme scientifique jusque-là unanimement admis."
.


Mots proposés :

cholédoque, esperluette, énantiodromie,
étrésillon, filoselle, grammatiste, 
litispendance, misonéisme, 
myrmécophile, pycnomètre, rosaniline,
 salbande, zinzinuler, zakouski...

ou encore :
flacherie, gruppetto, maillure, 
noctiluque, orogenèse, palanche,
passerinette, pellet, puisard,
senestrochère, tournebride, urubu
...

Il s'agit là d'un échantillon...non exhaustif...
Si vous en avez d'autres...
du même acabit,
je les accepte aussi ! :-)
(la seule condition est que le mot existe réellement)
.


L'exercice est simple,
et il a l'avantage de ne pas prendre trop de temps...
J'espère donc que vous serez nombreux...
à tenter le jeu et à faire fonctionner vos neurones  !

Je publierai vos trouvailles au fur et à mesure
et j'essaierai dans la mesure du possible...
de les illustrer
(si vous ne l'avez pas fait vous-même).

Je donnerai aussi, au passage,
 la "vraie" définition... :-)
.
A vos crayons !
Vous avez jusqu'au 21 février
pour déployer votre imagination...

Propositions à adresser
à undeuxtrois4@orange.fr
ou ...directement dans les commentaires...
.

P-S : Et merci encore aux participants du mois de janvier,
pour leurs lipogrammes inspirés...:-)
.