vendredi 5 août 2022

Agenda ironique : "Trip to Mars"

 

Pour l'Agenda ironique du mois d'août

chez l'Ornithorynque

 .

Illustration : Trip to Mars 10 cents. Carnival side show, vers 1900


 Mesdames et Messieurs !
 Entrez, entrez...
Ne tardez plus, n'hésitez plus...
Tout est prêt pour un voyage fantastique, magnifique, mirifique, extraordinaire...
Vous allez vivre une expérience inoubliable, une aventure épatante
et sans équivalent dans tout le pays...que dis-je, dans tout le pays, 
sans équivalent sur la terre entière !!!
Pour la première fois, vous allez pouvoir  monter au premier, au deuxième, 
au troisième, au septième ciel...
côtoyer les étoiles
et visiter la planète la plus mystérieuse...
la plus...
Comment ? Que me dit-on ?
Un imprévu ? Un incident ?
Ah...c'est bien la première fois, je vous l'assure...
On me fait part d'un petit problème technique...
Hum...on vient de remarquer une légère déchirure à l'arrière de la fusée...
déchirure qu'il va falloir colmater afin qu'elle ne s'agrandisse pas...
Combien ? Dix minutes ? Peut-être vingt ?
Que je meuble ? Oui, bien sûr...Enfin, je vais essayer...
Je disais donc, un périple incroyable, époustouflant...
du jamais vu, du jamais vécu...
Pour dix cents seulement...c'est donné !
Alors, qui veut tenter l'aventure ?
Les femmes à droite, les hommes à gauche...
 
Si les enfants sont admis? Mais bien entendu, Madame !
C'est notre principale clientèle !
Vous en avez cinq ?
Pas de souci, il faudra juste leur dire de ne toucher à rien...
et surtout pas au petit trou dans la fusée...
Le petit dernier, là...
vous ne pouvez pas le laisser à son oncle ?
Si, si...ce serait mieux , croyez-moi...
Je vous parle d'expérience...
L'autre jour, on a eu le même...
 et il a bavé sur le tableau de bord, 
il a fallu tout repeindre...
 
 Comment ? Une réduction ?
Pour aller sur Mars !
Parce qu'il s'appelle Marcel...et vous Martine ?
Vous êtes sérieuse, Madame ?
Vous savez combien ça nous coûte de mimer l'apesanteur ?
Des heures et des heures chez...Marceau !
Faut bien payer les cours !
Alors, non, même tarif pour tout le monde...
n'insistez pas, vous me fâcheriez ...
 
Jules, c'est bon ? C'est recollé ?
Très bien.
Je t'envoie une famille complète...
Une mère de famille nombreuse...
Oui, je sais, je sais, on avait dit  qu'on ne les prenait plus...
mais que veux-tu, c'est mercredi...
et on n'a pas le choix, c'est ça ou rien !
Si tu veux ta paye à la fin du mois... 
 
Attention au décollage !
Attachez vos ceintures, 
vous allez en voir de toutes les couleurs  !

Comment ça, il fait peur aux enfants 
le Monsieur à l'intérieur ..?
Mais non, mais non, il cache sa joie...
 
Jules, souris...nom d'une cacahuète, 
souris !
Ou je  résilie ton contrat...!!!
Et dépêche-toi de mettre ton costume vert !
Celui avec les antennes, oui...
 Ridicule ?
Mais pas du tout, il te sied à ravir, il est fait pour toi. 
La petite s'est mise à pleurer en te voyant ?
Alors cache-toi et lance le praxinoscope !
 
 Non, mais faut tout lui dire...
Je me demande parfois...
 si je ne vais pas changer de métier !
 
Non, Monsieur, pas aujourd'hui...
Rassurez-vous pas aujourd'hui...
Vous pouvez quand même prendre votre ticket !
 
Allez, Mesdames et Messieurs,
entrez, entrez...
Ne tardez pas, n'hésitez pas !
Le meilleur spectacle de l'année...
L'attraction du futur...
La seule planète habitable...
 
Et vous allez voir, c'est beau, 
c'est beau...
oui !
.

La Licorne

.
 
 
. 

mardi 2 août 2022

JEU 79 : "E comme épinglé" - Adrienne

 

 


 

E comme Épinglé

 

Martha et Millie étaient venues assez tôt pour occuper le banc.
Pour rien au monde elles n'auraient voulu rater la parade mais ces longues stations debout n'étaient plus de leur âge.

Elles gardaient une place entre elles deux pour Priscilla qui était en retard, comme d'habitude.

Martha avait jeté sa veste bleu marine sur ses épaules: on avait beau être le 4 juillet, le vent pouvait être traître aux coins de rues, et Martha ne craignait rien de plus qu'un mauvais rhume.
Comme elle avait coutume de le dire, "c'est ce qui a eu raison de ma pauvre mère" et certes elle avait l'intention de vivre encore longtemps.
Elle n'avait pas non plus oublié de mettre ses gants blancs.
Millie pour sa part portait son chapeau assorti à son tailleur bleu d'avant-guerre, qu'elle portait chaque année à cette occasion et dont la jupe ample était d'une longueur bien comme il faut.
Elle avait pris un coussin, son dos fatiguait vite sur un banc aussi dur.

L'avenue était déjà bien remplie de monde - il ne manquait plus que Priscilla, en fait, elle en prenait vraiment à son aise, Priscilla, et profitait de leur bonté! - chacun vêtu comme il se doit des trois couleurs nationales, quand cette dévergondée d'Angie est arrivée sur ses talons de douze centimètres, dans une robe toute noire comme si la parade était un enterrement.

- Elle n'en fera jamais d'autres, celle-là, a émis Millie entre ses dents. Mais où ai-je rangé mes clés?

Et c'est ainsi qu'elle a raté le plus beau dos nu qu'il lui serait donné de voir de toute sa vie et qu'elle n'a pas saisi la réponse de Martha:

- Elle a encore manqué de tissu pour se faire une robe convenable...

.

Adrienne



lundi 1 août 2022

Devoir 133 : "Moment parfait"

 

Pour le 133ème Devoir du Lundi

 


 


Tout est parfait !

Le lieu, la chaleur, la douceur de sa main dans la mienne, 

ses cheveux qui me chatouillent le cou,

l'oreiller de son épaule, le cadre si bien choisi...

le fait qu'on n'est dérangés par personne...

C'est l'avantage d'arriver avant les autres...

La salle est vide et nous pouvons parler en toute intimité...

Oui, tout est parfait...jusqu'à la couleur du sol, un roux chatoyant...

Une couleur de bon augure quand on s'appelle "Rousseau"...

C'est une couleur qui nous a toujours porté chance, à tous les deux...

tout comme ce t-shirt usé jusqu'à la corde 

mais que j'ai tenu à mettre aujourd'hui 

car il m'évoque de beaux souvenirs...

Oui, tout est parfait...le moment est magique !

Je ne me lasse pas de regarder ce tableau...

J'imagine déjà la suite : la joie, le plaisir tant attendu...

Cela fait si longtemps qu'on en rêve ...

Tellement de contre-temps,  d'obstacles et ça y est ! 

Enfin !

Je voulais être la première...

je voulais partager cela avec lui...

je l'aime tant !

Je savoure avec délectation la tendresse de cet instant. 

Cette journée au parfum de miel...aux allures de promesses...

 

Parce que, c'est vrai : ce n'est pas tous les jours 

que votre petit frère chéri expose ses peintures

dans la plus grande galerie de Lyon...!

.

La Licorne

.

 

Consigne d'écriture: 

Il fallait s'inspirer du tableau 

et placer les mots suivants :

- Oreiller.
- Douceur.
- Roux.
- Parfum.
- Chatouillent.
- Main.
- Chaleur.
- Cou.
- Cadre.
- T-shirt

 

 

 

JEU 79 : "Comme une pin-up dans un placard de G.I."

 

- Atelier d'écriture pour le mois d'août -

 

Ce mois-ci,

je vous invite à faire courir votre imagination

à partir de cette image :

 

Vikki Dougan for "Life" magazine (1957)



 
et de ce livre :

 
de Tonino Benacquista
 
.
 

La vieille dame et son cygne vous ayant peu inspirés...

je suis passée, comme vous pouvez le constater... 
à "plus jeune" et plus "sexy"...;-)
 
Avis aux amateurs...
.
 
 
 

Concernant le titre de livre , 

vous pouvez , comme d'habitude :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre dans votre texte

(dans l'ordre que vous voulez)

- Ou faire en sorte que ce titre de livre soit aussi le titre de votre texte

(et donc le choisir comme fil conducteur de votre création)

- Ou , troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

(en l'imitant, en la complétant, en la citant, en la détournant...etc)

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 août 2022

.
 
A tout bientôt !
 
.
 
La Licorne
 
.

 

 


samedi 9 juillet 2022

Agenda ironique : "Notes de l'été"

 

Pour l'Agenda ironique de juillet  


 


DOrmir jusqu'à midi...

REver tant que je veux

MIgrer vers d'autres cieux

FArniente et confettis

SOLeil à profusion

LAcher les addictions

SIffler sur tous les tons

DOnner du temps au temps...

 .

Voilà mon programme de l'été !

 
La Licorne 

.
 

Oui, je sais , je l'ai "joué" un peu "minimaliste"...
mais, bon...c'est les vacances...:-)
.
 
 



Les consignes sont ICI
chez Tout L'Opéra

.
 
 Allez y jeter un coup d'oeil !


 
 
"La mélodie du bonheur"
 
ou
 
"The sound of music"

   
 
Flashmob

mercredi 6 juillet 2022

Mariage princier

 

 

 Pour l'Atelier de Villejean

 

Quand Alice épousa Stanislas
Toute la populace 
Se massa sur la place
La foule était en liesse
Devant la jolie princesse
Et le beau prince russe
Qui célébraient Vénus
 

On loua la sveltesse
Et la folle jeunesse
De ce couple dont l'alliance
Allait soutenir la France
Quelle chance qu'elle lui plusse
Quelle chance qu'elle le susse
Que sonne l'angélus !
 
 
Prise dans l'allégresse
La mignonne princesse
Son Stanislas embrasse
Mais aussitôt grimace...
Mon dieu, aucune ivresse !
Y'a pas délice hélas,
C'est là que le bât blesse...

 
La belle n'est pas bécasse
Elle refuse qu'il l'enlace
Et lui dit : "Mon altesse,
Avant la fin de la messe
Je dois vous faire une confidence
D'une grande importance  :
Je souffre, hélas, d'herpès..."
.
 
Le prince d'un coup s'affaisse
Puis dégrisé, s'empresse,
Avec délicatesse 
De jeter la blondasse :
"Votre cas m'embarrasse,
Chère princesse Alice...
Nous étions si complices...
 

Même si c'est un supplice
Pour moi et une grande tristesse
Je ne puis risquer, pour une caresse,
Ou pour une fleur de lys
De contracter la syphilis
Laissons là le rêve et tous les us
Pour nous, c'est le terminus..."
 

Et c'est ainsi qu'Alice
Avec un brin de malice
Délaissa Stanislas
Les strass et les palaces...
Et qu'elle épousa en grandes noces 
Son vieil ami Carlos...
Qui lui fit trois beaux gosses !

 .
 
 
La Licorne
.
 
 
Précision :
 Tout cela se passait, bien entendu, 
en des temps lointains...
bien avant tout conflit...
ukrainien
 
 
Consignes d'écriture ICI
 
 
 A partir de l'expression : "Y'a pas d'hélice hélas, c'est là qu'est l'os..."
 
Il fallait composer une chanson dans le style de Boby Lapointe, un poème ou un texte 
dans lequel un maximum de mots en -asse, -esse, -isse, -osse, -usse, seraient insérés...
 
.

 
   
 
 
 
 
 
 

JEU 78 : "Contes de mon village" - La Licorne

 


 Signe
  

Elle n'était pas très futée, la mère Jeannette. 

Mais, au village, tout le monde l'aimait bien...

Un jour, pour faire quelques emplettes, 

elle voulut se rendre à la grande ville.

Le Gaston, qui possédait une des rares voitures en circulation, 

lui dit :

"Je vous emmène samedi, si vous voulez...

Vous me donnerez signe...vers huit heures..

- Oh, merci beaucoup, répondit-elle...merci, merci ! 

Pas de souci, je ferai comme dit."

A huit heures tapantes, elle était sur la grand-place. 

Bien habillée, chaussures cirées, beau manteau...

toute excitée par son prochain départ vers les grands magasins.

Son voisin lui ouvrit la porte...et resta muet de stupéfaction.

" Bonjour Monsieur Gaston...

ça n'a pas été simple, mais vous voyez, 

je l'ai trouvé votre "oiseau"...

On y va ?"

.

La Licorne

.



JEU 78 : "Conte de fées" - Adrienne

 


 

 

Il n'est pas bon que l'homme reste seul, avait décrété Miranda, 

qui connaissait sa bible par cœur.

Alors elle a cherché et elle a trouvé.

Théodore s'est à peine débattu, comme s'il avait pris la voiture toute sa vie, 

ou comme s'il savait qu'une Dorothée - oui, un vrai cadeau du ciel - 

l'attendait là où Miranda l'emmenait.

N'est-ce pas, avait-elle dit, qu'avec ces noms-là ils étaient prédestinés!

 

Adrienne

 

 

 


vendredi 1 juillet 2022

JEU 78 : "Les contes de ma mère l'Oye"

 

 - Atelier d'écriture pour le mois de juillet -

 
 
Ce mois-ci, vous ferez
courir votre imagination 
à partir de cette image :
 

 

Titre de livre associé : 

"Les contes de ma mère l'Oye"

de Charles Perrault

.

 

Concernant le titre de livre , 

vous pouvez , au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre dans votre texte


- Ou faire en sorte que ce titre de livre soit aussi le titre de votre texte

(et donc le choisir comme fil conducteur de votre création)

 

- Ou , troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

(en l'imitant, en la complétant, en la citant, en la détournant...etc)

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 juillet 2022


Je vous souhaite une belle inspiration...

et un beau mois de juillet...

 
.
 
La Licorne
 
.


 


lundi 20 juin 2022

JEU 77 : "Lecture libre" - La Licorne

 


 

Monsieur Pennac, on a déjà dit bien des choses de votre livre...qui, en son temps, fut abondamment commenté dans toutes les bonnes émissions littéraires. Tout ayant déjà été dit, je n'y ajouterai rien , sinon un petit témoignage personnel...

Je fais partie de ces personnes qu'on n'a jamais dû contraindre à lire...je m'y suis attelée toute seule. Les livres m'ont toujours fascinée. Les mots aussi. Je sentais intuitivement que le champ de l'écrit était fait pour moi et il était hors de question que ce champ reste un mystère. Je l'ai donc "percé" dès que j'ai pu. Comme si c'était une question vitale. Une question existentielle. 

A cinq ans, pendant que mes copines jouaient dans le bac à sable, j'interrogeais ma mère à tout bout de champ : "p et a, ça fait pa ?" , "o et u, ça fait ou ?", "q et u, ça fait k ?". En trois mois, l'affaire était bouclée, je lisais couramment. 

A la rentrée , ma mère, qui n'y était pour rien, subit les foudres de ma maîtresse de CP qui déclara que, premièrement, elle ne savait que faire de moi dans sa classe et que deuxièmement la méthode avec laquelle j'avais appris à lire n'était absolument pas "orthodoxe". Il est vrai que j'avais suivi une progression qui devait tout à ma curiosité et rien à l'Education Nationale, mais le résultat était là : je savais lire. Et plutôt bien.

Que j'y sois parvenue par mes propres moyens irritait grandement cette brave institutrice qui voyait sans doute, par cette anomalie, ses compétences et son savoir-faire remis en cause. Où allait-on si les enfants se mettaient à trouver le chemin du savoir par eux-mêmes ? Le métier en pâtirait .

Sous cette avalanche de remontrances, je compris vite qu'il valait mieux faire "profil bas". Je débutai l'année de CP en cachant le plus possible mes capacités. Pendant les leçons de lecture, je ne levais jamais le doigt, je ne coupais pas mes camarades qui ânonnaient consciencieusement, je me faisais toute petite et invisible. Je pense que si j'avais pu disparaître sous la table, je l'aurais fait. Mes efforts ne suffirent pas, cependant, à calmer l'enseignante, qui, je le sentais bien, ne me pardonnait pas d'avoir court-circuité le parcours habituel...

En janvier, je fus sauvée par une toux persistante et douloureuse qui me cloua au lit. On diagnostiqua une coqueluche. De quinte en quinte, je passai plus d'un mois sans école...puis ce fut le tour de mes  soeurs de s'arracher la gorge...Pour éviter la contagion, on me garda encore un moment à la maison. Quand je revins sur les bancs de l'école, on était fin mars...J'enchaînai avec les vacances de Pâques...et je ne revins  que pour les dernières semaines, qui furent moins pénibles que celles du premier trimestre car je peaufinai les quelques sons complexes qui me posaient encore problème...

A partir du CE1, je lus tout ce qui me tombait sous la main...Je pillai le bibliobus, la bibliothèque de la classe...Trois mois plus tard, grâce à un instituteur heureusement plus éclairé, je passai prématurément au CE2.

Pendant les dix années suivantes, je continuai à lire avec acharnement...et surtout avec passion. La lecture était un besoin, une nécessité. Je me faisais des "listes" de livres à lire...Quand j'aimais un auteur, je lisais tout de lui...et ensuite, je passais à un autre...A dix ans, j'avais terminé le rayon "Comtesse de Ségur", à quinze ans j'avais lu tout Zola et à dix-sept ans, je me passionnais pour Soljenitsyne. 

Parfait, me direz-vous. Ben non, justement.  Outre le fait que cela ne me rapprochait pas des autres, qui eux, lisaient plutôt des policiers ou des romans d'amour...cela ne m'aidait pas non plus pour le travail scolaire.

Habituée à lire "pour mon plaisir", les livres "imposés" me tombaient des mains. 

Alors que  d'habitude, je finissais un livre en moins de trois jours, je mis des mois à lire "Polyeucte"... et je faillis ne jamais arriver au bout de "La condition humaine" de Malraux...Je devais vraiment me "forcer"...je n'y arrivais pas. 

J'avais deux piles sur ma  table: la pile de livres personnels disparaissait en un clin d'oeil...celle des livres "obligatoires" prenait la poussière... Aujourd'hui encore, je garde de ces lectures scolaires des souvenirs  de "tâche insurmontable"...des souvenirs de contrainte et de déplaisir. Paradoxal, quand même, pour quelqu'un dont la lecture était la principale occupation.

Alors, merci, merci , Monsieur Pennac pour votre livre. 

Merci d'avoir rappelé à tous que la lecture est autre chose qu'une contrainte. Merci d'avoir rappelé que c'est avant tout une soif, une aventure, un désir...Car c'est ça, au final,  qui change tout : le DESIR. Sans désir, sans liberté, tout amour vire au dégoût...et l'amour des livres n'y échappe pas.

Si les parents et les enseignants pouvaient s'en souvenir, ce serait merveilleux !

 

La Licorne

 

 


Les droits imprescriptibles du lecteur

  1. Le droit de ne pas lire.
  2. Le droit de sauter des pages.
  3. Le droit de ne pas finir un livre.
  4. Le droit de relire.
  5. Le droit de lire n’importe quoi.
  6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
  7. Le droit de lire n’importe où.
  8. Le droit de grappiller.
  9. Le droit de lire à haute voix.
  10. Le droit de nous taire.
Daniel Pennac 
"Comme un roman"
.
 
 

dimanche 19 juin 2022

JEU 77 : "Gogolien" - Joe Krapov

 

GOGOLIEN

 

Filigrane jeu 77 piles de livres

 

- Lardu ? Ouksékté ? C’est Loreille !

- Je suis dans la bibiothèque ! Au guichet !

- De kèk tu fous là-d’sous ? Montre donc ta binette !

- Ch’peux pas ! J’ai une tête monstrueuse ! Y m’est arrivé un truc pas ordinaire !

- Keskecé donc ?

- J’ai pus d’ nez !

- Tu ne sens plus rien ? C’est la Covide ? L’anosmie ?

- Non, mon appendice nasal s’est fait la malle ! Tu sais que j’ai toujours adoré bouquiner ?

- Sûr, c’est pas les livres qui manquent, chez toi !

- Même que mes parents s’en plaignaient toujours : « Çui-là, kès’k’on va n’en faire ? L’est toujours le nez plongé dans ses livres !".

- Mais t’as pas tout raté, Lardu ! T’es quand même devenu bibiothécaire ?

- Oui mais figure-toi qu’hier soir je me suis endormi comme d’habitude, le nez dans mon bouquin. Eh bien ce matin je ne l’ai pas retrouvé !

- Le livre ?

- Non, le nez ! Ni le livre non plus, t’as raison. Alors depuis je retourne toute la bibiothèque pour le retrouver.

- N’en v’là encore d’une drôle d’histoire ! Tu veux-t-y que je t’y aidasse ?

- Je préfère pas. Y’a que moi pour m’y retrouver dans mes piles.

- Tu veux dire dans tes PAL ? Tu veux vraiment pas que je t’épaule ? A défaut de tomber le pull, je peux te suggérer des pistes. T’as regardé dans « Cyrano de Bergerac » d’Edmond Rostand.

-Tu penses bien que c’est par là que j’ai commencé ! En matière de tirade du nez, hein !

- « Le Parfum » de Patrice Süskind ?

- J’ai pas, ça !

- Celui de la dame en noir de Gaston Leroux ?

- Pas trouvé de nez dedans.

- « L’É-nez-ide » de Virgile ?

- Y était pas.

- Les Mémoires du maréchal Ney ?

- Pas plus !

- Celles de Tony Blair ?

- Nothing !

 

Filigrane jeu 77 le nez de Gogol

 

- « Les nez des Ferchaux » de Simenon ?

- L’est au grenier, çui-là.

- « La Perspective Nez-vsky « de Gogol ? Dans une édition achetée sous le manteau ?

- Lui, je l’ai viré à cause de la guerre, avec toute ma collec’ de littérature russe.

- C’est particulièrement con vu que Gogol était ukrainien ! T’as regardé dans tes bandes dessinez ? Peut-être dans Gaston Lagaffe, confisqué par l’agent Longtarin, ton pif ?

- Pif ! Pif ! Pif ! T’es génial, Loreille, je n’ai pas cherché là et pourtant j’en ai lu un hier soir ! Tiens le voilà ! Youpi, il est là, mon nez, dans « Les Aventures de Pif » n° 53 ! Merci, merci, cher ami ! Je te suis infiniment… infiniment… C’est quoi l’adjectif pour exprimer la gratitude ?

- Recon-nez-sant ?

- Oui, c’est ça, reconnaissant !

- Si je peux me permettre un conseil, Lardu…

- Oui ?

- Pour ne plus avoir à chercher ton nez dans les bouquins... investis dans une liseuse !

 

PLC 53 01

 

Joe Krapov

 

 

 

jeudi 2 juin 2022

JEU 77 : "Comme un roman" - Adrienne

 

 


- Mais comment t'as su que j'étais là? s'étonne Nadine.
- Écoute, dit Marie-Paule, c'est vraiment pas difficile! Tu crois que tu te caches mais tu gardes tes mains sur la table...
- Ben oui sinon je tombe, grommelle Nadine en se réinstallant derrière ses piles de livres.

C'est vrai quoi, est-ce que j'ai encore l'âge de me mettre à croupetons!

Et puis d'abord, est-ce que je n'ai pas le droit de lire tranquille? De lire ce que je veux, sans que Marie-Paule me dise un dédaigneux "c'est n'importe quoi!"
De lire où je veux?

Et sans avoir à en faire un rapport commandant!

Non mais!!!

***

Adrienne

 

 

mercredi 1 juin 2022

JEU 77 : "Comme un roman"

 

 - Atelier d'écriture pour le mois de juin -

 

Chers ami(e)s écrivant(e)s,
 
Ce mois-ci, je vous propose 
de faire courir votre imagination 
à partir de cette image :
 


 Et de ce titre de livre :
 

 "Comme un roman"

de Daniel Pennac

.

Rappel : 

Vous pouvez, au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre dans votre texte

(dans l'ordre que vous voulez)

- Ou faire en sorte que ce titre de livre soit aussi le titre de votre texte

(et donc le choisir comme fil conducteur de votre création)

- Ou , troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

(en l'imitant, en la résumant, en la complétant, en la détournant...etc)

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 juin 2022

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La Licorne

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mercredi 25 mai 2022

JEU 76 : "La gloire de mon père" - Joe Krapov

 


 

La gloire de mon père est très similaire à celle du capitaine Haddock. Ces deux individus bruts de décoffrage sont, ou plutôt étaient, toujours sur leurs gardes, prompts à s’emporter et surtout capables d’invectives fleuries.

Dans le répertoire de mon père il y avait par exemple « Flamind d’bos » (Flamand de bois). Pourquoi en avait-il contre les Belges ? On n’en connaissait pas, on n’allait jamais Outre-Quiévrain même si on était des Boïaux rouches (boyaux rouges) vu qu’on habitait la partie extrême-orientale du Pas-de-Calais ! Et surtout la découverte, certes tardive, grâce à un cousin, de notre arbre généalogique du côté paternel montre que ses ancêtres, peu mobiles il est vrai, ont été Belges pendant près d’un siècle !

On ne voyait pas plus d’Espagnols dans le coin, plutôt des Polonais puis des Algériens et des Marocains, mais le mal dégourdi, l’imbécile étaient forcément des « agosils », mot qui vient de l’ancien « alguazil » des Ibères.

Un « trop d’gueule » désigne un beau parleur, « faquin » un hâbleur trop bien habillé, « Marie Toutoule » une femme qui parle pour ne rien dire, une pas grand-chose. L’« ébeulé » est un abruti. Le « pourchiau » n’est autre qu’un cochon mais #balancetinpourchiau ça le fait moins que #dénoncetonmacho.

Je n’ai pas retrouvé « bouloute » (pour Mouloud ?) qui désigne un individu mal vêtu, dépenaillé.

Ses expressions étaient également assez pittoresques :

« Ramasse tin cô, y a les pattes cassées » invitait le destinataire à rabattre son caquet, à se montrer moins vantard ou moins fanfaron. Et pourtant il n’y avait pas de ces traditionnels combats de coqs du Nord par chez nous.

« Compte tes blèques ! » vient sans doute de la belote quand l’adversaire n’a fait qu’un ou deux plis.

« Qui qu’ch’est qui t’a dit gros genoux, ti qui as d’aussi belles gampes ? » permet de mettre un bémol, de calmer le ton et les susceptibilités quand l’agressé-agresseur monte sur ses ergots. (Qui t’a traité de « gros genoux », toi qui as de si belles jambes ?)

De ma cousine très bavarde il disait qu’« elle avait été vaccinée avec une aiguille de phonographe ».

A part ça la vie de mon père n’a rien eu de très glorieux et, semblable en cela à bon nombre de ses congénères, dont le dénommé Archibald Haddock quand on fait sa connaissance à bord du Karaboudjan dans « Le Crabe aux pinces d’or », il avait un penchant certain pour la bouteille. De ce fait, comme il passait toutes ses soirées au bistrot, j’ai très peu connu mon père et je suis très mal placé pour parler de sa gloire.

Celle-ci m’a paru surtout être du genre posthume et très vite éphémère. Le jour de son enterrement on a découvert qu’il était connu « comme le houblon » et apprécié de tout le village. Enfin de tous les habitants du village qui, comme lui et comme le personnage fictif d’Andy Capp, le « héros » de papier de Reg Smythe, consacraient l’essentiel de leur temps à picoler chez Sidonie, chez Marie Taillez, chez Albin ou chez Figaro. Avant ce jour-là je n’avais jamais vu autant de trognes d’alcooliques, bien marquées par la cirrhose naissante ou galopante, rassemblés dans un cimetière !

 

Filigrane jeu 77 Andy Capp

 

Mais qui suis-je pour juger? Je n’ai pas très envie de me faire traiter de « trop d’gueule » même si je sais que j’en suis un quelque part.

Déjà, allez savoir pourquoi, je suis un très petit buveur dans ma catégorie : je ne fréquente pas les cafés, je ne bois que chez moi, de l’eau gazéifiée le plus souvent, un porto rosé le samedi et une vodka polonaise le dimanche. Je ne suis même pas rancunier : je lève mon verre à la santé de mon père, de ses copains d’estaminet et à celle du capitaine Haddock, en fait à la santé de tout le monde à part peut-être Madame Thatcher, Vladimir Poutine et quelques autres agosils plus ou moins sinistres ici et là de par le monde.

Je bois surtout à la santé de mes deux enfants dont je me demande parfois ce qu’ils pourront se dire à propos de « la gloire de leur père ».

- Qui, vous dites ? Papa ? Celui qui a donné la petite graine à Maman pour qu’on naisse ? Le gars qui jouait au jeu d’échecs et qui chantait des chansons stupides ? Ah si ! On se souvient ! On sait même : il faisait très bien la cuisine et il racontait sa vie sur Internet sous le pseudonyme de Joe Krapov !

Mais bon, ils n’auront même pas à se préoccuper de ce questionnaire Pagnolo-Proustien vu que je serai encore là, encore et toujours là. C’est que voyez-vous, Messieurs et Mesdames, je suis immortel, moi ! « Et ch’est pas des cacoules !» (Ce ne sont pas là des carabistouilles !).

Que celles et ceux qui, à la lecture de cette dernière assertion se sont posés le bout de l’index sur la tempe, l’ont fait tourner quatre fois en pensant « Y’est dumm dumm, ch’ti lal ? » se le tiennent pour dit : dans ce que m’a légué mon père, mon proverbe préféré est « Intique, intasse, n't’occupe pas de ch’ti qui passe !".

Ce qui signifie, en quelque sorte, « Bien faire et laisse dire » !

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Joe Krapov

9 mai 2022

 

(avec toutes mes excuses pour la publication tardive)

 

 

 

vendredi 20 mai 2022

JEU 76 : "A tous mes pères" - La Licorne

 
 
 

 
 
Père de ma naissance
Immensément fier
Emu et heureux
Tenant ma menotte 
dans la sienne 
Comme un trésor
 

Père de mes deux ans
Me faisant sauter 
Sur ses genoux
Taquin et joueur
Plein d'enthousiasme
Et de vie
 
 
Père de mes cinq ans
Devenu soudainement
Sombre et triste
Grand-mère est morte
Et sa peine
Est devenue la nôtre
 
 
Père de mes dix ans
Toujours au travail
Toujours absent
Transparent
Ses yeux regardent 
...ailleurs
 
 
Père de mon adolescence
Ayant plongé par mégarde
Dans un nouvel amour
Celui de l'ivresse
Père colérique
Et irascible
 
 
Père de mes vingt ans
Trop jeune retraité
Déboussolé 
Par la perte de son activité
Tombé dans le silence
De la dépression
 

Père de mes trente ans
Essayant de revivre
Maîtrisant peu à peu 
Ses vieux démons
Et tentant
Une nouvelle existence

 
Père de mes quarante ans
Ayant retrouvé son équilibre
Sobre et paisible
Passant ses journées 
Dans son jardin
Au milieu des fleurs
 
 
Père de mes cinquante ans
Papi épanoui
Jouant au patriarche
Au milieu de sa tribu
De petits-enfants
Déjà adolescents

 
Enfin père d'aujourd'hui
Presque centenaire
Vingt fois mourant
Vingt fois guéri
Indestructible
Et étonnant...

 
De tous mes pères
Que garderais-je ?
Je ne sais trop...
Mais sur l'arpège 
D'un siècle de vie
Son chant me suit...

La Licorne

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dimanche 1 mai 2022

JEU 76 : "La gloire de mon père"


- Atelier d'écriture pour le mois de mai -

 

Faites courir votre imagination 
à partir de cette image :

 

 
Et de ce livre : 
 
 
de Marcel Pagnol
 



Concernant le titre de livre , 

vous pouvez , au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre dans votre texte

(dans l'ordre que vous voulez)

- Ou faire en sorte que ce titre de livre soit aussi le titre de votre texte

(et donc le choisir comme fil conducteur de votre création)

- Ou , troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

(en l'imitant, en la résumant, en la complétant, en la détournant...etc)

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Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 mai 2022

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La Licorne

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