jeudi 8 avril 2021

Agenda ironique : "La rencontre"


Pour L'Agenda ironique d'Avril

chez "Des arts et des mots"


 

- Bonjour Monsieur Courbet !

- Bonjour Monsieur Bruyas ! 

Quelle joie de vous rencontrer 

dans ce paysage-là !

- Vous êtes venu de Paris à pied ?

- Pensez-vous ! Je suis venu en diligence...

en diligence...et avec diligence...:-)

- Mais pourquoi ce bâton ?

- Eh bien, pour l'allure, voyons !

La barbiche fière et le bâton long, 

Voilà ce qui signe une ambition...

Pour le reste, je n'ai guère de ressources ni d'argent...

Je ne suis, malheureusement, 

qu'un petit bourgeois d'Ornans...

- Je pense être l'homme qu'il vous faut, sur ce plan...

Je voulais vous proposer mon aide, justement...

Votre art me plaît et je souhaite l'encourager...

Si vous l'acceptez, nous pourrions, moi et mes proches de Montpellier, 

Assez régulièrement et assez largement, vous payer !

- Je vous en saurais gré...

J'ai en ce moment, de grands projets...

Et je crois que l'on retiendra bientôt le nom de Courbet...

Ne pensez pas, cependant, que mon nom me décrive...

On me pense courbé, ou amateur de courbettes...Or, non !

Rien n'est plus faux : à tout abaissement ma conscience est rétive

Je suis, la plupart du temps, aussi têtu qu'insolent...

Car je connais mon talent.

A celui qui  cherche à me prendre dans ses filets

Par de vains mots ou de fausses promesses

Je réponds : "Cause toujours, tu m'intéresses "!

Et je m'éloigne sans délai...

Alors, sachant cela, 

Monsieur Bruyas, 

Faites-vous encore le choix

De me choisir, moi ?

- Plus que jamais, mon cher ami !

Car vous êtes de la trempe des génies...

- Génial ? Je ne sais pas... Je suis réaliste, surtout...

Et je veux peindre, peindre avant tout....

De l'aube jusqu'au soir...

Je veux me consacrer à l'art !

Je me sens capable de peindre aussi bien

La mer en furie que les yeux de Zélie,

Aussi bien les chênes centenaires que les notables austères...

Je peindrai, vous verrez, les chasseurs et les chiens...

Les renards blessés et les femmes alanguies

Les demoiselles et les casseurs de pierres...

Les villageois inconnus tout autant que mon ami Baudelaire...

Je peindrai l'amour, la rage et la détresse profonde...

Je remonterai même, s'il le faut,  à l'Origine du monde...

 Je veux "faire de l'art vivant, 

tel est mon but" (*) et mon tourment...

- Eh bien, voilà une quête qui vous honore...

Et qui mérite bien quelques pièces d'or...

Valet, veuillez décharger Monsieur Courbet

De ses affaires et de son chevalet...

Afin que nous puissions 

Finir cette conversation

A la maison.

Et après le dîner, 

Je lui demanderai...

S'il lui plaît...

De nous tirer le portrait !

.

La Licorne

.

 

 (*) Citation de Gustave Courbet 

lui-même... 


.

 

Consigne : 

Tout en s'inspirant d'un ou plusieurs tableaux

évoquant le thème de la "conversation",

il fallait placer l'expression

 « cause toujours, tu m’intéresses »

quelques jeux de mots...et puis une citation...

.

 


"Le désespéré, autoportrait"


 

Et... juste pour le plaisir, 

une autre citation de Gustave Courbet

qui "courbé", ne l'était certes point..;-).

 

"Quand je serai mort, il faudra qu'on dise de moi: 

celui-là n'a jamais appartenu à aucune école, à aucun état, 

à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, 

surtout à aucun régime, si ce n'est le régime de la liberté."

.

 

"Paysage près d'Ornans"
 
 
 

Deuxième texte écrit sur la même consigne 

pour l'agenda ironique

ICI

.

 

 

 

mercredi 7 avril 2021

JEU 63 : "Coeur tendre ?"

 

 Consigne ICI 

 

 Photo Benoît Courti

 


"Coeur tendre ?"

 

- Qu'est-ce que tu rapportes là ? demande grand frère Félix.

- Des pâquerettes...

- Des pâquerettes, voyez-vous ça... dit Ernestine. Pourtant, ce n'est pas la fête de maman...tu fais erreur, mon cher... on est en avril. Et ce n'est pas mon anniversaire, non plus. Sans doute est-ce pour Félix, alors ?

- Non... dit Poil de Carotte, embarrassé.

- Tant mieux, je n'en aurais pas voulu, dit Félix.

- Mais montre-moi ça de plus près... elles sont à moitié fanées, tes fleurs ! dit Ernestine.

- C'est bien de lui de rapporter des fleurs fanées...et avec les ongles noirs, en plus...ricane Félix.

- Ce que tu peux être crasseux, dit sa soeur, en lui arrachant les fleurs des mains...file te laver avant que maman ne rentre...

A ce moment-là, Mme Lepic entre dans la cuisine. 

- Où es-tu encore allé, Poil de Carotte ?  Tes chaussures, dans l'entrée, sont  pleines de terre !

- J'étais...euh...dans le petit jardin, derrière la remise.

- Ah !? Et pourquoi donc ?

Son frère et sa soeur le regardent...Il relève le menton.

- Oh, je suis allé relever les pièges et j'ai achevé deux ou trois mulots...pour faire de l'avance. C'est toujours ça que M. Lepic n'aura pas à faire ce soir.

- C'est bien, mon garçon...je te félicite... Mais, je t'en supplie, va nettoyer tes godillots...Fais ça pour moi...

Poil de Carotte s'exécute ...sans barguigner. Il sort de la pièce..

- Mon dieu...ce gamin n'est pas un "tendre", soupire Mme Lepic...je le crois mûr pour accompagner son père à la chasse... Ernestine chérie, peux-tu m'apporter un vase et de l'eau ? Et aller cueillir quelques fleurs ? J'ai invité la voisine...ce serait bien d'égayer un peu la maison... :-)

 

La Licorne

 



mardi 6 avril 2021

Anges malicieux


 Défi "La plume d'Evy" 

 

 

 

Quand d'un tableau empreint de majesté,

S'envole un ange aux formes potelées

Un cupidon malicieux qui jaillit

Comme un boulet, de l'Histoire jaunie,

L'arc à la main et la frimousse réjouie

De celui qui s'apprête à mettre de la vie

Dans un endroit bondé, dans un monde figé...

 Que se passe-t-il, à votre avis ?

Des gens qui crient ?  Des gens surpris ?

La panique dans l'aéroport ? 

Non... un silence de mort...

Quand il survole la foule et qu'il ouvre la porte

A sa comparse ailée, qu'il a, peu  délicat,

Transpercée d'une flèche un peu forte...

Et quand il la poursuit ...de ci-de là, 

Qu'il l'accompagne un peu partout, 

Lui offrant des coeurs comme on offre des bijoux,

Avant de lui donner le plus beau des bisous...

Que voit-on à Bruxelles ?

Des gens  qui s'émerveillent ?

Des yeux qui étincellent ?

Des bravos en ribambelle ?

Eh non...rien de tout ça...

Beaucoup de gens blasés...

Voyageurs  raplaplas

La mine triste, les yeux baissés...

Mon pauvre petit Cupidon

Elle est belle, ton animation

Mignonne et parfois même sublime,

Et elle ne coûte pas un centime...

Mais voilà, cette génération, 

Ce n'est pas pour toi qu'elle en pince

Elle est bien loin l'époque de Rubens...

L'époque des nymphes qui dansaient en rond

Au milieu des temples et des arbres féconds...

Aujourd'hui, on n'aime plus les rondeurs...

Aujourd'hui, Eros n'est plus à l'honneur... 

Et si t'es pas sur Facebook

Sur Meetic ou sur Twitter,

T'existes plus...t'es un plouc

Et tu ne touches plus aucun coeur ! ;-)

.


La Licorne

.




 

Un grand merci, au passage, 

à Jacques qui m'a signalé cette vidéo !


Défi :

Il fallait placer ces dix mots :


Porte, Bijoux, Sublime, Survoler, Délicat, Envoler, 

Jaillir, Accompagner, Poursuivre, Histoire...

 

sur le thème 

"Empreint de majesté"

....

 

 


lundi 5 avril 2021

Devoir 75 : Les élucubrations ...de Sylvie


75 ème devoir du lundi


 


Oh, yeah !
Ma mère m'a dit, ma fille, faut rallonger ta jupe
Je lui ai dit, ma mère, ma vie je m'en occupe...
Je ne montre pas mes jambes pour me faire remarquer
Ni pour te faire rager, mais parce que ça me plaît...

Oh yeah !
L'autre jour j'écoutais la radio au réveil
C'était le jeune Cloclo qui chantait "Belles, belles, belles"
Ecoute mon Cloclo, on dirait que tu bêles
Moi je préfère de loin "Michelle, ma belle"

O yeah !
Mon meilleur ami, il joue de la guitare
Et il m'emmène souvent danser très tard le soir
L'autre jour,  il m'a dit "Si tu veux, Sylvie,
On se donne rendez-vous au Jardin des Tuileries..."

Oh yeah !
J'y suis allée avec trois copines
Isabelle, Véronique et puis Martine
Il faisait grand soleil, c'était le printemps
On était tellement bien, on riait tout le temps
 
Oh yeah !
Sur le bord du bassin, on s'est mises à ôter
Nos petites socquettes blanches et on a barboté...
Martine, qui est la plus téméraire,
A même plongé la tête la première...

Oh yeah !
Il était presque trois heures quand il est arrivé
En pull et en blouson et puis accompagné...
De trois autres jeunes hommes assez "lookés"
Qui avaient l'air sympas, décontractés
 
Oh yeah !
Alors, à toute vitesse, on s'est rhabillées
Et au bistrot du coin, on a pris un café
Le plus grand des gaillards me dévisageait
Et dans ses yeux j'ai vu que je lui plaisais...

Oh yeah !
Une heure plus tard, sur la place de la Concorde
Il y avait quatre couples qui s'accordent...
Et dans le soir qui tombe sur les Champs-Elysées,
Quatre couples qui ne pensent qu'à s'embrasser
 
Oh yeah !
Ma mère m'a dit : t'es trop jeune pour aimer...
Je lui ai dit, ma mère, on n'a qu'une vie, tu sais...
Elle m'a dit : tu n'as que seize ans, mon bébé...
Et à mon père, elle est allée tout raconter... 

Oh yeah !
Quand il l'a su, il est devenu tout blanc
Et d'une voix ferme, m'a dit "Sylvie, va-t-en !"
Horreur ! Malheur ! J'ai "jauni à l'idée"
De me retrouver seule, abandonnée...

Oh yeah !
Tout ça, c'était il y a bien longtemps
C'était il y a plus de cinquante ans !
Aujourd'hui, sous nos cheveux blancs,
On ne se rappelle que les bons moments...
 
Oh yeah !
Car, au final, les années soixante
Quand on y pense, elles étaient charmantes
D'accord, on avait peur de nos parents
Mais à l'époque, y'avait pas de confinement !

Oh yeah !
Le Sida, le Covid et tutti quanti
Comment vivre sa jeunesse dans cette folie ?
Les temps sont durs pour qui veut aimer...
Au beau milieu des masques et des PV
 
Oh yeah,
Hier, j'ai reçu un mail de la Présidence, 
Me demandant Sylvie, vous avez du bon sens...
Comment faire pour sauver le pays ?
"Rouvrez, Monsieur Macron, tous les parcs de Paris !" 
.
 
Oh yeeeeeaaaaah ! 
.

La Licorne
 
(d'après Antoine)
.



 

 


jeudi 1 avril 2021

JEU 63 : "Poil de carotte"

 

 

- Atelier d'écriture pour le mois d'avril -



Image inspiratrice

Photo de Benoît Courti 


 

Titre de livre associé :

"Poil de carotte"

(de Jules Renard)


.

Vous vous inspirerez bien sûr de l'image

pour créer un texte de votre cru...

 .

 

Concernant le titre de livre , 

vous pouvez , au choix :


- Tout simplement, placer les mots de ce titre dans votre texte

(dans l'ordre que vous voulez)

- Ou faire en sorte que ce titre de livre soit aussi le titre de votre texte

(et donc le choisir comme fil conducteur de votre création)

- Ou , troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, à l'oeuvre citée

(en l'imitant, en la complétant, en la citant, en la détournant...etc)

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 avril 2021

(la date du mail faisant foi ;-)

.

 

 En espérant que cette nouvelle formule vous motive,

je vous souhaite une belle inspiration...

et un beau mois d'avril...

 .

 

La Licorne

 

.

 

 

mardi 16 mars 2021

Nouvelle formule

 


 

 Bonjour à tou(te)s !

Alors, voilà...j'ai bien réfléchi...
pendant la pause, 
et j'ai envie de reprendre Filigrane...
et ses jeux d'écriture...
mais avec une "nouvelle formule"...
.

Comme je n'ai plus guère le temps
de concocter un nouveau jeu chaque mois...
la formule sera désormais plus simple.
 

La voici :

Je vous proposerai, 
chaque premier du mois, 
deux choses :
 
"une image" 
 et 
"un titre de livre"
 
Vous écrirez bien sûr un texte qui s'inspire de l'image...
 
Quant au titre, vous pourrez l'utiliser 
de trois manières différentes, 
à votre choix :
 
1) Soit comme titre de votre propre création
(ce sera possible car titre et image seront choisis
de façon à être "compatibles")

2) Soit en insérant, dans votre texte, 
tous les mots du titre proposé
(dans l'ordre que vous voulez)

3) Soit en faisant référence, d'une façon ou d'une autre, 
au contenu de l'oeuvre citée
(en l'imitant, en la complétant, 
en la citant, en la détournant...etc) 
.
 
Voilà le principe ...

Dites-moi ce que vous en pensez...

Et si ça vous convient, 
nous repartirons pour de nouvelles aventures 
(ce n'est pas une blague)
.

Bises et à bientôt !

.

La Licorne

.


 

Pour les modalités pratiques, 

voir "Principe du blog"

dans la colonne de gauche...





vendredi 1 janvier 2021

Pause



 

 Je fais en ce moment une pause sur ce blog...
Mais vous pouvez, si ça vous dit, me retrouver sur celui-là :

Fffffoto

Ces derniers temps, j'ai eu une grande envie
de reprendre mes activités...
photographiques... :-)
Cela faisait plusieurs mois que j'y pensais...
et je suis passée à la concrétisation...
 
Cela me demande bien sûr un peu de temps...
Pour l'instant, je n'ai pas l'énergie 
de tout mener "de front"...
mais cela viendra sans doute...
 
 
 A plus tard, donc...

Bises à vous tous !

.

La Licorne

.

 

 

lundi 28 décembre 2020

JEU 62 : Dans le hameau

 



Dans le hameau …


La première fois que je l’ai vu, elle portait un chat dans ses bras, un gros matou tigré très beau et qui avait l’air câlin.

Elle n’a pas vu tout de suite que je l’observais.

C’était étrange. Une ambiance à la fois douce et glacée. Une atmosphère de décembre…

La neige tombait à gros flocons ; elle était en pantoufles, dans l’allée, avec cet énorme chat dans les bras ; ce qui m’a surpris, c’est qu’elle ne bougeait pas ; elle ne semblait pas pressée de rentrer et le chat non plus ne manifestait pas d’impatience.

Quand le réverbère s’est éteint, elle a fait demi-tour lentement et est rentrée chez elle laissant le matou sur les bûches. Pourtant il faisait vraiment froid.


Il habite en face de chez moi.

Je sais qu’il me regarde derrière sa fenêtre chaque matin quand je câline Frimousse qui préfère dormir sur le tas de bois été comme hiver.

J’aimerais bien savoir d’où il vient et pourquoi il a emménagé dans cette vieille maison qui est restée inoccupée tant d’années.

Peut-être que c’est le fils de Jeanne ?

Cela fait maintenant un mois qu’il loge ici. J’espère qu’il n’a pas froid car je ne vois aucune fumée sortir de sa cheminée.

Ils ne se parlent pas mais je sens qu’il se cherchent.

Elle, toujours un peu inquiète, ne comprend pas qu’il ait choisi ce hameau pour venir passer sa retraite.

Lui, très timide n’ose pas aller se présenter à sa vieille voisine ; il se souvient de ce qu’on disait d’elle jadis mais il veut oublier les ragots et se fondre dans le silence.

Je crois qu’ils attendent quelque chose de moi.

Oui, c’est sûrement ça.

Demain j’irai me cacher dans la cave de l’inconnu et elle sera bien obligée de traverser la route pour me récupérer chez lui…


AnnickSB





mercredi 2 décembre 2020

Jeu 62 bis : Il était une deuxième fois...;-)

 


 

Le mois de novembre
a démarré très doucement...
Vous m'avez envoyé vos textes 
un peu plus tardivement que d'habitude...
.
 
Mais je ne vous en veux pas, car, à vrai dire, 
le temps passe à une vitesse "folle" ...
moi-même, je n'ai pas trouvé le temps de participer !

.

Alors, étant donné les circonstances,
j'ai décidé de vous laisser un peu plus de temps...

Nous prolongerons donc, 
si vous le voulez bien, le Jeu 62
pendant le mois de décembre...
 (consignes sous le lien)
 
Merci encore aux trois participantes de novembre
qui nous ont envoyé de "petites merveilles"
pleines de finesse, d'imagination,
et d'humour...


 Et amitiés à tou(te)s  !

.

La Licorne




samedi 28 novembre 2020

JEU 62 : La cigale, la fourmi et monsieur de La Fontaine - Lilou Soleil

 

La fourmi

Monsieur le commissaire, je viens déposer plainte contre ma voisine la cigale. Quelle gale celle-là ! J’étais tranquille dans ma maisonnette, je passais comme tous les jours, un coup de balai sinon ça colle de partout, c’est bon les pucerons mais leur miellat, quelle poisse.

Tout à coup par la fenêtre j’ai vu arriver une mendiante aux ailes défraichies et pendantes, la tête du jour de l’an avec des antennes frisées comme vos moustaches. Elle criait des borborygmes à faire pâlir le capitaine Haddock.

Je l’ai reconnu aussitôt, c’est du harcèlement, Monsieur le commissaire, elle vient chaque année me réclamer des grains d’ellébore, de millet ou de n’importe quoi pour subsister. Je le sais, je l’ai déjà envoyée danser ! Tout l’été, elle chante jusqu’à plus soif nuit et jour. Enfin elle chante, elle grince comme un crincrin de l’avant-guerre de 14. C’est une drôline, elle attire les mâles et hop ! c’est parti pour un tour. Mais faire des provisions ; jamais !  Elle s’est pris un coup de balai au fesses et puis c’est tout.

 

 

La cigale

Monsieur le commissaire, je viens déposer une plainte contre ma voisine la fourmi qui m’a chassée de chez elle avec perte et fracas et surtout un bleu aux fesses.

Vous pourrez constater par vous-même, monsieur le commissaire. J’étais tranquille peinarde et j’allais à tout venant cet été faisant clin d’œil à qui voulait bien entendre mes chansons. Je ne faisais point de mal. Seulement je n’ai pas eu le temps de faire mes provisions d’hiver et me voilà SDF. Le compagnon que j’avais trouvé m’a fichue dehors.

Triste et dépitée, les ailes en berne et les antennes en bataille, je suis allée, comme chaque année, chez ma voisine la fourmi pour qu’elle m’aide à passer l’hiver. Je sais bien qu’elle refuse toujours mais on ne sait jamais. Ses placards regorgent de nourriture. Je lui ai demandé quelques grains pour subsister, ne pas mourir de faim jusqu’à la saison nouvelle. Pas moyen, elle m’a traité de pouffiasse et d’autre chose que ne n’ose pas vous répéter. Elle a osé me dire qu’après avoir chanté j’avais qu’à aller danser, que les bastringues ne manquent pas. Elle est jalouse car sur le plan mec, elle n’en a pas beaucoup.  Et C’est là que sans raison elle m’a flanqué un coup de balai en plein dans les miches.

Voilà monsieur le commissaire.

 

 

Le commissaire La Fontaine

 Encore ces deux furies. Quelles harpies ces mégères. Chaque année c’est le même refrain. Ces donzelles viennent tour à tour se plaindre l’une de l’autre… Elles me chauffent les oreilles. Elles peuvent pas se ne se kiffer !  D’accord mais elles me les brisent menu menu.

Monsieur le commissaire, elle m’a fait ci , monsieur le commissaire elle m’a fait ça ! Oh oh oh moi je suis là pour arrêter les voleurs pas pour régler les querelles de clocher. L’une veut faire danser l’autre et l’autre fait la manche sans aucun espoir. L’une remplit ses rayons de bouffe et l’autre ne pense qu’à lui piquer.

Ah bon sang mais c’est bien sûr ! Raminagrobis, à vous de jouer mon vieux !

 

Lilousoleil

 

 

 

dimanche 22 novembre 2020

JEU 62 : Le voyageur aux yeux de ciel

 





 
Nous


« Emmène-moi dans un endroit où nous ne sommes jamais allés ensemble » dis-je soudain sur un de ces coups de coeur dont j'ai le secret, alors que nous rentrions d'un déplacement coché 2 sur l'attestation dérogatoire.
Aussitôt, le soleil de mes nuits, qui ne sait rien me refuser, d'un adroit coup de volant, bifurque séance tenante sur une route secondaire. Nous débouchons effectivement dans un lieu inconnu de moi, peuplé de grands arbres et de verts pâturages.
Ce jardin idyllique entoure un long bâtiment un peu austère qui ressemble à un lieu de retraite spirituelle. C'en est un, c'est vrai, et j'aperçois des silhouettes de moines et de religieuses marchant d'un pas méditatif entre les frondaisons.
A côté d'un verger de dessin animé japonais, un bâtiment plus modeste. « Vente de pommes » est-il annoncé sur un écriteau.
Et sur le pas de la porte, un homme nous ouvre les bras.
« Je vous attendais » semblent dire ses yeux rieurs, d'un bleu pâle admirable, et emplis de bonté espiègle. La conversation s'engage, comme si nous nous connaissions de longue date.
Il se présente comme voyageur itinérant, ou vagabond par choix depuis toujours.
Oui, par choix, c'est ce qui rend le bonhomme fascinant, détonnant dans un monde calibré en froides étiquettes pour lequel il ne serait qu'un SDF.
Ses pas l'ont mené dans ce lieu, les religieux l'ont accueilli, lui offrant une place de jardinier factotum, il a saisi l'occasion de se poser pour une escale un peu plus longue.
Nous parlons herboristerie, jardinage et philosophie. Les canards chinois glissent lentement sur l'étang. Un chat dort au soleil.
 





Lui


Je les ai vus arriver de loin. Il faut dire que la nana, avec ses cheveux de flamme, on la verrait depuis la lune. Un petit couple bien sympathique, ils ont pris un kilo de pommes, une caisse de jus. Je me suis tout de suite senti en confiance. Je leur ai parlé de mon projet de formation sur les simples, oui vous savez bien, les herbes qui soignent. Les herbes de sorcières quoi.
Ils ne m'ont pas jugé, au contraire, ils ont eu l'air intéressés par mon parcours.
On a parlé des retraites ignaciennes, de la majesté des montagnes qui entourent les bâtiments, et du travail de la terre. Je n'avais pas vu grand monde ce matin, à part le chat qui ne parle pas. Ça m'a fait du bien de discuter avec ces gens. Ils ont l'air de s'aimer, ça se voit tout de suite.








Le chat


Non je ne dors pas. Et oui, je parle. J'observe de ma margelle. Moi aussi, je suis un voyageur, môssieur. Et je sais très bien pourquoi j'ai élu domicile ici, parmi les pommiers du cloître. Certes, si les poissons de la mare ne se laissent pas attraper facilement, les souris du grenier sont bien croquantes. Mais c'est surtout que les hommes y sont meilleurs. Ils ne s'embarrassent pas de ces futilités qui occupent le monde et la foule déchaînée, loin, là-bas. Ils connaissent la valeur des choses, et des mots bien pesés, comme des fruits.
Le père supérieur vient de temps en temps voir si le nouveau gère bien la récolte de pommes. De rares clients passent parfois la grille. C'est ce que j'aime ici : la paix. Ce matin, deux seuls sont venus troubler ma quiétude féline. Quand le gars a chargé sa caisse de pommes, la fille est venu me caresser le museau. Elle sentait bon. Tout est bien, me suis-je dit l'oeil mi-clos. Je ne dors pas, mais j'aime qu'on le croie.



Célestine

•.¸¸.•*`*•.¸¸

 

 



samedi 7 novembre 2020

JEU 62 : Terre, Mer ou Ciel


 

 

Un gamin joue dans les bois. Accroupi, il agite l’eau et gratte la boue avec une branche cassée quand trois hommes l’entourent et commencent à pérorer tour à tour.

Moi, dit le premier, j’ai toujours eu les pieds sur terre. Bien équilibré, bien planté sur mes jambes, en toutes circonstances. On m’a toujours fait confiance et toujours considéré comme quelqu’un de fiable. D’ailleurs je n’ai exercé que des métiers de confiance. On savait qu’on pouvait s’appuyer sans crainte sur moi. Mes épaules étaient suffisamment solides pour supporter un poids énorme de travail mais aussi une pression sous laquelle les autres auraient facilement cédé.
Et donc, je l’affirme haut et fort, si nous avançons de quelques pas, nous resterons bien droits, les pieds supportés par le sol que rien n’ébranlera.

Moi, dit le deuxième, j’ai passé à ma vie à naviguer sur les mers et les océans. Je ne peux m’endormir que bercé par le mouvement d’un bateau. Si on me maintient à terre, je deviens irascible à force de rester trop longtemps éveillé. Il fait trop calme, trop immobile à terre, le sommeil me fuit alors qu’à bord, en pleine tempête, quand le navire oscille, se tord en gémissant sous le vent, je dors comme un bébé. Mon élément c’est l’eau, même que je suis né sous le signe des Poissons, si ça ce n’est pas une preuve !
En foi de quoi, je t’assure mon petit que tu peux poser sans crainte le petit bateau que tu as fabriqué ce matin avec une feuille de papier blanc. Il voguera sans aucun risque de couler puisque nous sommes face à une belle étendue d’eau.

Vous n’avez rien compris, dit enfin le troisième en secouant la tête, vous n’avez pas les yeux en face des trous voyons. L’année dernière encore, j’étais commandant de bord dans une compagnie nationale d’aviation. J’ai passé plus de la moitié de ma vie dans le ciel, à flotter parmi les nuages, à rêver à ces autres horizons que je découvrais peu à peu. Ah, j’en ai visité des pays, mais pas de ceux où on va en voiture ou même en bateau. Ceux dont je vous parle se trouvent tellement loin qu’il n’y a qu’en survolant terres et mers qu’on peut s’y rendre en un temps raisonnable.
Prépare donc tes avions en papier mon petit et n’écoute pas ces deux ignorants parce que là, ce que tu vois c’est évidemment le ciel et rien d’autre.

Le gamin partit d’un grand éclat de rire et leur dit : « moi je vois juste de la gadoue, j’adore taquiner les têtards qui s’y trouvent, former des tas de boue pour les embêter puis creuser des rigoles et regarder couler l’eau fangeuse. Tous vos palabres ne m’intéressent pas et si vous pouviez choisir une autre flaque un peu plus loin pour vous amuser, ça me ferait drôlement plaisir ! » 

 

Photonanie

 

 

dimanche 1 novembre 2020

JEU 62 : Il était trois fois...




 
Je sais que vous l'attendez tous avec impatience... :-)
Voici donc le sujet du mois  : 

 
Il s'agira de choisir un événement
et de le raconter de trois façons différentes...
 
 
Première variante :
 
Aller puiser dans trois "genres littéraires" différents 
comme par exemple
"Article de presse, fiction et poésie"
ou "correspondance, théâtre et  polar"...
ou encore 
"humour, science-fiction et documentaire"... 
 
 
 
 
 
Deuxième variante :
 
Faire raconter l'événement
par trois personnages différents...

...le but de l'exercice étant, bien sûr, 
de jouer sur les "différences de point de vue" 
 
 
 
 
 
De plus, le titre de votre production devr
comporter au moins l'un des mots suivants :
"Terre", "Ciel" ou "Mer"
 
Enfin, la longueur est limitée, 
pour chaque extrait, à 15 phrases.
 
(soit au total : 45 phrases)
 .
 
Voilà...c'est tout.

Affûtez vos TROIS crayons... ;-)
C'est à vous !

.
 
Envoi comme d'habitude
 à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 novembre 2020
 
.
 
La Licorne
.

 

 

vendredi 30 octobre 2020

JEU 61 : La danseuse

 

 


 

Je ne veux pas de maladie !

Malgré tout ce que tu penses

Ma fierté n’est pas refroidie

Je veux juste rester dans la danse

J’entends la jeune mélodie

Mes pieds s’agitent en cadence

J’entends le bruit de l’eau qui court

Comme ce virus, là, dans mes veines

J’entends gronder l’orage lourd

Et tant pis si je te peine

L’art est long et le temps est court

Je veux danser à perdre haleine.


Photonanie