jeudi 25 avril 2019

MERCI






Merci
Mercii
Merciii
Merciiii
à Andrea
et  à  Mary
pour     leur
participation
poétique... et
 géométrique !

En guise de remerciement,
je vous offre un poème que j'ai retrouvé,

Là, j'avais fait varier 
le nombre de pieds de chaque strophe
(en en ajoutant un à chaque fois)

Consignes :
Il fallait s'inspirer de la carte de tarot "l'étoile" ...
donner dix bonnes résolutions (on était en janvier)
et commencer par "Si j'étais toi..."


Si j'étais toi,
dans la nuit je partirais
regard tourné vers le haut
vers l'infini étoilé
qui nous offre son halo

Si j'étais toi,
j'oublierais toutes les conventions
je marcherais le nez en l'air
je retrouverais les sensations
de l'enfant seul dans l'univers

Si j'étais toi,
j'enlèverais tous mes vêtements
pour sentir la chaleur du soleil
la fraîcheur de la pluie d'océan
la caresse de ce qui m'émerveille

Si j'étais toi,
j'écrirais un mot à tous mes amis
comme ça, juste pour leur dire que je les aime...
Je chercherais à mettre dans ma vie
des couleurs, des surprises et des poèmes

Si j'étais toi,
je m'agenouillerais au bord de la rivière
et j'écouterais le bruit de l'eau qui coule
je laisserais là tous mes soucis d'hier
je briserais les brocs, les vases et les moules...

Si j'étais toi,
j'oublierais sans regret les bonnes résolutions
qui ne durent  jamais que l'espace d'un instant
et je m'accrocherais à mes rêves d'évasion,
à mes désirs perdus dans le souffle du vent...
.

La Licorne
. 





vendredi 19 avril 2019

JEU 45 : La vie enguirlandée








La
Vie
C'est
Comme
L'oubli
De ton
Vrai
Nom
De
Ton
Vrai
Coeur
Tu veux
Savoir
Enfin
Mais
Non
Le
Mot
Sans
Cesse
Te fuit
Le coeur
Encore
Se bat
Tout
Bas
Et
Toi
Tu te
Perds
Dans le
Concert
Infini
De tes
Cris
Sur
le
Fil
D'une
Envie
Jamais
Définie
Dans le
Doute
Et le
Feu
De
Ton
Vrai
 Désir
Echoué
Sur la
Dune
D'un
Jour
Enfui

.
La Licorne
.





mercredi 17 avril 2019

JEU 45 : Poèmes triangulaires




T u 
R i s 
I v r e
A n i s é
N i a i s é
G r e n e l é
L i q u é f i é
E s t é r i f i é 






Un
 Mot
  Doux
   Léger
    Déposé
     Au creux
    De ton âme
   Te caresse
   Tendrement
  Ton cœur ému
 Chavire, valse
Sensuellement.




mercredi 10 avril 2019

JEU 45 : Equation amphibologique


 
 
Une
Boule
De neige
Rhopalique
Se développe
Rondement doucement
Pourquoi comment à quelle fin
Le saura-t-on jamais
Insane question
Dramatique
Vis ta vie
Danse
Point
 



 
O
Tu
Lis
Quoi
Bobin
Opalin
Dictame
Romanisé
Alternant
Marguerite
Tourterelle
Millepertuis
 


Goutte d'eau


 
Mort
Au flux
Éternel
Itératif
Le dernier soupir
De la fleur de l’âge
Cadencé avec brio
Sur des harmoniques
À la psalmodie
Douloureuse
Imago
De la
Vie


.
. 





mercredi 3 avril 2019

Agenda ironique : "Pereskia, déprime et tambocha"


 
 






Tant pis si la forêt se fane en pereskia
Tant pis si elles avancent, les fourmis tambocha (*)
Tant pis si la glace fond là-bas en Alaska
Et si je reste ici, toute seule avec mon chat

Tant pis si t'es parti danser la mazurka
Avec cette petite garce dénommée Natacha
Tant pis si vous bronzez tous deux au Sri Lanka
Et si je ne crois plus à ton prêchi-prêcha

Tant pis si je me noie dans une Nième vodka
Tant pis...c'est encore toi qui mènes la vie d'pacha
Tant pis, je rends les armes...j'ai pas la baraka
Je vide mes yeux en larmes que personne ne sécha...

Mais profite bien encore de ta matriochka :
Quand vous aurez fini vos jolis entrechats
Je pourrais bien t'attendre avec mon bazooka
Et te donner ce que trop longtemps tu cherchas...!

La Licorne






(*) D'après un poème d'Aimé Césaire :  Insolites bâtisseurs :

Tant pis si la forêt se fane en épis de pereskia
tant pis si l’avancée est celle des fourmis tambocha
tant pis si le drapeau ne se hisse qu’à des hampes
desséchées
tant pis
tant pis si l’eau s’épaissit en latex vénéneux 
préserve la parole 
rends fragile l’apparence 
capte aux décors le secret des racines 
la résistance ressuscite
autour de quelques fantômes 
plus vrais que leur allure
insolites bâtisseurs




lundi 1 avril 2019

JEU 45 : Poème en avalanche






Pour le mois d'avril,
je vous propose  un exercice de style :


Le jeu consiste à composer un poème 
dont chaque vers compte
une lettre de plus que le précédent,
ce qui fait "enfler" le texte progressivement,
comme la boule de neige qui dévale la pente...
et qui devient de plus en plus grosse.

Exemple :


O (1)
Un (2)
Rat ! (3)
Cris !!! (4)
Joues (5)
Blêmes... (6)
Courses (7)
Eperdues, (8)
Moqueries (9)
Ricanantes (9)
Poursuivent (10)
L’effarouchée ! (11)

Vous pouvez aussi faire l'inverse
(utiliser des mots avec de moins en moins de lettres)

On obtient alors un poème
"boule de neige fondante"... ;-)



Encor
Plus
Fou
De
T...


ou même, si le coeur vous en dit, vous pouvez alterner les deux
(augmentation puis diminution ...)

Exemple :



A
 La
Fin
Tout
Passe
Et tout
S'efface,
Trépasse...
Impasse ?
Au bout :
Trace ?
Trou ?
L'Un ?
Va...
Ô !
.
La Licorne
.

Vous pouvez commencer sur un mot
de une, deux ou trois lettres,
comme il vous plaira...
et vous pouvez aussi,
insérer plus d'un mot par vers :
(ce qui compte, avant tout,
c'est le nombre de lettres de chaque ligne)

Exemple :

Mon
Amie
Claire
A rougi
Quand il
A soudain
Claironné
"Je vous aime"
Dans la salle
De restaurant
Bondée de monde



Autre option : 
Faire augmenter (ou diminuer) petit à petit
le nombre de syllabes de chaque vers, 
comme dans le célèbre poème de Victor Hugo
ci-dessous





 Les Djinns 
(poème de Victor Hugo)

Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche.
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s'écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !... Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond.
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! - Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L'horrible essaim, poussé par l'aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! - Leur cohorte
S'envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord ;
C'est la plainte,
Presque éteinte,
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute : -
Tout fuit,
Tout passe
L'espace
Efface
Le bruit.
.


Voilà...
La contrainte revient plus ou moins,
vous l'aurez compris, à construire un poème
en forme de "triangle", ou de "losange",
ou de "sablier"...


Envoi à undeuxtrois4@orange.fr
avant le 21 avril 2019
.

J'attends, bien sûr...
une avalanche de textes ! ;-)))
.
La Licorne 

.




dimanche 24 mars 2019

Je suis comme je suis



Pour l'atelier Mil et Une
 
 
 
 
Cette semaine, nous vous proposons de donner à votre texte
le titre d'un poème de Prévert
à choisir parmi ceux présentés ci-dessus.




Je suis comme je suis
Et ça me désole
Tout'les fois qu'mon miroir...
Est nettoyé

Je suis comme je suis
Pas bien dans mes grolles...
Faut le voir pour le croire...
En vérité

Je suis comme je suis
Dès la p'tite école
J'ai perdu tout espoir
D'normalité

Je suis comme je suis
A l'envers je vole
Pour éviter de voir...
Mon ombre mais...

Je suis comme je suis
Que Dieu me pardonne
Il ne m'a, c'est notoire...
Pas fignolée.

.
La Licorne
. 



Petite précision : 

Ce poème n'est pas récent, il a été écrit en...1993.
Quand j'ai vu le thème de Mil et Une, 
il m'est soudain revenu...

A l'époque, comme vous pouvez le contater,
j'avais l'humeur...un peu tristounette. :-)


mercredi 20 mars 2019

JEU 44 : L'heure de pointe






 
J'étais dans le jardin, assis sur la margelle fraîche et granuleuse au toucher du bassin circulaire dont le jet d'eau tour à tour attire et effraie les oiseaux ; bloc note à la main, je mordillais mon crayon en lisant, quelque peu interloqué, un recueil de citations choisies. Non, mais vraiment "La solitude vivifie ; l'isolement tue" ? Et celle-là : "Je trouve mes lectures dans la lumière du ciel, c’est le livre le plus profond qui soit et ce n’est même pas moi qui en tourne les pages" ?
Ainsi, on pouvait faire carrière dans les maximes pour gaufrette et calendrier ! Je levais les yeux, non pour regarder se tourner les grandes pages du ciel, mais pour souffler un peu, quand je l’ai vu : un grand triangle dans la force de l’âge, debout près de la porte en bois du jardinet. Zut, la prochaine fois, je louerai un phare perdu en plein océan, en prenant soin d’éteindre la loupiote pour ne pas être dérangé ! Pendant que je bougonnais, le grand triangle a soigneusement refermé le portail (les gonds n’ont même pas poussé leur horrible couinement, à n’en pas croire mes oreilles !).
Il s’est avancé, et, sans attendre que je l’y invite, s’est assis sur la margelle. Ne croyez pas qu’il s’agisse là de ma part d’une métaphore, encore moins d’une berlue ou d’une hallucination (je le sais, je me suis pincé le gras de la cuisse). Il s’agissait bien d’un triangle, doté des trois côtés et des trois pointes réglementaires, large et haut comme tout honnête triangle qui respecte la géométrie.
Bien poli, il m’a salué. Tandis que je répondais machinalement (bafouillant pour éviter les carrément, les j'ai pas un rond, ou, pire, un sous cet angle…), il a sorti (d’où ? je n’en sais tien) une théière et deux tasses, du sucre et des cuillères.

 Le temps de servir, après quelques questions sur ma santé et une remarque sur le temps qu’il faisait il m’expliquait qu’il était marchand de clou ; cloutier, précisément. Mais, alors que je me recroquevillais en craignant une tirade sur les clous à pattes à crochet, les têtes d’homme, les tapissiers et patin couffin, fort, en triangle bien élevé, il me fit grâce du détail de son négoce et, comme pour me laisser reprendre contenance, feuilleta un instant le recueil que j’avais posé.
Il lut posément :  « Une chose prend fin, une autre commence, et c’est la même qui continue, autrement ». Il ne fit aucun commentaire, mais son regard disait assez s’il était surpris qu’on puisse imprimer et lire de semblables phrases.
Un petit silence se fit, seulement troublé par le glouglou de la fontaine, puis par ma voix : assez stupidement, je m’étais mis à fredonner « le carré de l’hypoténuse ».
Je ne sais pas trop comment il goûta cette impertinence, mais, à part un sourire entendu, il se montra aussi homme du monde que n’importe quel triangle. Simplement, comme le carillon du salon sonnait cinq heures, il tendit l’oreille, se leva et disparu en disant « Désolé, il faut que j'y aille ; le métier de cloutier a ses contraintes, et c’est bientôt l’heure de pointe ».

 




 
Les impromptus littéraires proposaient qu'on parle triangle, tandis que la Licorne voulait qu'à partir d'une photo (ci d'sous) et d'une phrase (La solitude vivifie ; l'isolement tue), on écrive un texte évoquant les cinq sens et au moins une citation de Christian Bobin.
La chansonnette de Pythagore est là. Voilà qui est fait.
 
 


lundi 11 mars 2019

JEU 44 : Perchés au milieu de nulle part



AU DIABLE L'ISOLEMENT, MIEUX VAUT VIVRE  AU MILIEU DU VIDE,  
Perchés au milieu de nulle part, c'est l'endroit que nous avions choisi 
pour fêter l'anniversaire de Pierre.
Loin de ce qu'il est convenu d'appeler le "confort moderne", 
nous avions envie d'être réchauffés
 par un grand feu de joie, de bois, de vie. 
Nourriture et boissons en quantité nécessaire et suffisante, 
avec des bougies  pour seul éclairage, 
nous avons vécu des moments qui  restent gravés 
dans mes meilleurs souvenirs.
Ainsi quelque temps après quand  Pierre me dit : 
"Je ne sais pas si tu as remarqué, 
mais la lumière des bougies crée une certaine intimité 
et les conversations ne sont pas du tout les mêmes".
C'est à cette douce et chaude lueur que je lui ai répondu :
"À la lueur des bougies... les yeux brillent... tous nos sens sont en éveil.
L'ouïe, on prête l'oreille parce qu'on a l'impression de moins bien entendre,
 on ne veut rien perdre.
L'odorat s'aiguise, les odeurs évoluent, se transforment 
en se mêlant à celles des bougies.
Et la vue s'estompe...
 On voit mal les objets, on les effleure dans le pénombre, 
cherchant à en deviner les formes.
Quant au toucher, il prend tout son sens, c'est lui notre guide; 
devenus presque aveugles
nous palpons l'autre, nous avons besoin de notre peau 
pour nous rencontrer, nous reconnaître.
Ah le goût : Ne trouves tu pas que tout ceci a une saveur très particulière ?

LE CHAT N'A QU'UN FAIBLE FILET DE VOIX POUR TOUT DIRE.
MOI JE N'AI QUE L'ÉCRITURE.
CHRISTIAN BOBIN  "NOIRECLAIRE"
.


samedi 9 mars 2019

JEU 44 : Saul, page 27





Les livres agissent même quand ils sont fermés, se disait-il, en parcourant d’un regard lourd et inquiétant les murs de cette vaste salle tapissée de livres qui s’offraient à lui dans une magnificence quelque peu outrancière. Vêtus de cuir, certains volumes jouaient les gros bras, d’autres se contentaient d’exposer leur nudité sans fard. Tiens, celui-là, par exemple, en plein milieu du premier rayonnage, depuis plusieurs jours, lui lançait des œillades. Il n’avait pourtant l’air de rien dans sa petite robe de fête de la maison Gallinel, coincé entre deux pavés vêtus de basane rouge cramoisie. En réalité, il contenait toute la lumière du monde. Saul ne le savait que trop bien. Ce qu’il ignorait, en revanche, c’est ce qu’il faisait là, lui, dans ce lieu improbable, gigantesque, inconnu. Par quel chemin était-il arrivé dans ce Parthénon de Babel ? Une vive douleur à l’arrière de la tête l’empêchait d’y voir clair. Pour l’heure, il s’agissait d’aller à la rencontre de ce petit livre haut perché qui lui lançait des clins d’œil enjôleurs.


Saul eut bien du mal à sortir de sa torpeur et de son fauteuil, situé à l’angle droit du mur-mur nord-nord-est. Flottait dans l’air une forte odeur de colle, de colle de pâte à tartiner. L’étrangeté du lieu, parallélépipède rectangle aux lettres d’or, l’invraisemblance de son état, ne l’empêchaient nullement de prendre son temps, de goûter au moelleux du fauteuil crapaud de velours vert, de caresser outrageusement les accoudoirs émoussés.

Lorsque soudain, un cri le sortit tout à fait de sa langueur. Ce fut d’abord une sorte de bruit de balançoire, suivi d’un cri qu’il ne sut définir. Il se précipita vers l’unique fenêtre du cube rectangulaire. Il manqua de vaciller : devant lui, se dessinaient la souveraineté du vide, l’immensité de l’océan, les ruines du ciel. Instinctivement, il eut un mouvement de recul. Il comprit rapidement qu’il se trouvait juché sur un piton rocheux au beau milieu de nulle part, perché comme un rhinocéros courasseux. Épouvanté, terrassé par l’angoisse, Saul perdit connaissance. Dehors, les éléments étaient échevelés. Lorsqu’il reprit ses esprits – une éternité plus tard – il avait la tête encore plus pesante. Avait-il été l’objet d’une illusion auditive ? Il faisait encore sombre. Seul un rayon de lune avait voix au chapitre sur les lames du parquet de bois vieilli qui exhalaient un doux parfum de corniotte. Il n’osait bouger. L’horizontalité lui allait bien. Pourtant, il était tenaillé par la faim et la soif. Il avait besoin non pas d’une vodka-martini (il préférait laisser ce détestable breuvage à Léonie ou à Madeleine – il les confondait toujours ces deux gnomes) mais d’un verre d’eau chaude ultraviolette.


Tout à coup, il tendit l’oreille.
– Psst ! Psst ! Par ici !
Saul se redressa, chancelant. Il n’était donc pas seul.
– Qui est là ? Où êtes-vous ?
– Approchez. Je suis là, dit la voix, sous le pommier (non, ça, c’est dans un autre livre… ). Je suis tombé par terre (non, pas ça, d’accord, c’est trop facile). Je suis tombé sur le dos velouté du gros crapaud. Il est répugnant mais il a amorti ma chute. Approchez, n’ayez crainte, j’ai quelque chose d’important à vous dire.
Saul s’avança prudemment. Au pied du fauteuil, il remarqua un verre rempli d’un liquide transparent.
– Vous vous désaltérerez plus tard, mon ami !
– Je souffre du Syndrome de Gougerot-Sjögren, vous comprenez. Je suis complètement déshydraté, asséché ! Accordez-moi au-moins cette faveur !

Sans attendre la réponse, Saul se jeta sur le verre. Le liquide (c’était de l’eau plate et fraîche) lui procura malgré tout une sensation de bien-être infini. C’est alors qu’il distingua sur le fauteuil, un petit livre, celui-là même qui lui avait jeté des oeillades. Saul le prit dans ses mains avec délicatesse et l’écouta attentivement.
– Un vrai livre est toujours quelqu’un qui entre dans notre solitude.
. . .

Un livre inutile


L’alarme du smartphone se mit à sonner. Treize heures. Ne subsistait de ce mauvais rêve que quelques fragments. Devant ses yeux mi-clos, défilaient la Galerie des Glaces sans glaces et au carré, des murs tapissés d’un papier-peint en trompe-l’œil imitant une bibliothèque de nuages, un perchoir ou plutôt un phare dont il était le gardien solitaire, un rhino féroce, une mer tourmentée. Sur la couette en désordre, un livre inutile était ouvert à la page 27. L’accablante asthénie de Saul disparut aussitôt, en un clin d’œil.







vendredi 1 mars 2019

JEU 44 : Photo insolite

.


A partir de cette photo  et de cette phrase :  
"La solitude vivifie ; l'isolement tue.",
vous écrirez un texte de votre cru.

Contraintes supplémentaires :
Vous devrez évoquer, 
de façon directe ou indirecte,
les cinq sens
(vue, ouïe, toucher, odorat, goût)
et insérer au moins une citation
.
A vous de jouer !
.

Envoi avant le 21 mars 2019
à undeuxtrois4@orange.fr
 .

La Licorne
.



mardi 26 février 2019

JEU 43 : Remerciements...animés




Un énorme MERCI 
pour vos participations de ce mois-ci, 
qui furent de qualité...





C'est Célestine qui, vaillamment,
 s'est lancée la première...
en interpellant sans complexe 
(et elle n'a pas à en avoir)
l'un des plus grands écrivains français :
le prénommé Victor, 
grand défenseur des plus misérables
et très attaché aux droits et aux libertés...
que notre France d'aujourd'hui,
de toute évidence,
malmène de plus en plus...

Elle lui a parlé, avec ses mots à elle 
(et avec ceux de notre président, 
puisque c'était le challenge)
 de notre actualité "brûlante"...
Espérons qu'elle sera entendue...


  

 ..........




Puis ce fut Andréa qui nous tricota un texte
aussi touffu que profond, 
une conversation à bâtons rompus 
entre deux mamies, Madeleine et Léonie,
qui, derrière leurs binocles rondes, 
voient le monde  tel qu'il est,
tel qu'il était et tel qu'il sera...

C'est avec leur malice coutumière
qu'elles nous ont emmenés
 dans une réflexion flamboyante
digne des plus grands philosophes...
remontant même, dans leur élan enthousiaste,
 jusqu'au Big Bang.



 
Enfin, terminant la course, 
 juste "sur le fil", 
un ou deux jours avant la date limite,
nous eûmes la participation 
de Dodo, faux paresseux
mais vrai perfectionniste, 
qui, lui, tricota des deux gambettes
pour relever trois défis simultanés
(auquel il trouva bon d'en ajouter un quatrième)...


Quel est son secret pour réussir de tels tours de force ?
Ne le répétez pas trop, 
mais je soupçonne une petite prise d'EPO :
Expérience
Perspicacité
Opiniâtreté





P-S : De mon côté, pas de dopage, 
mais, comme vous l'avez sans doute remarqué
un beau plagiat ...
puisque je me suis permise de copier...
sans autorisation, 
le style des (ex)remerciements
des "Plumes d'Asphodèle"...

Petit clin d'oeil...nostalgique...
accompagné
d'un gros bisou à vous tou(te)s !

.

La Licorne



mercredi 20 février 2019

JEU 43 : J'vous ai apporté des bonbons...



 Pour le jeu 43 
et l'atelier "Mil et Une"
 


Quand je l'ai vu arriver, le grand ballot, avec son petit ballotin, je me suis dit, in petto, qu'il allait me refaire le coup de Brel : "J'vous ai apporté des bonbons, parce que les fleurs, c'est périssable...". 

Toujours la même antienne...Cela fait des mois qu'il cherche une occasion de m'aborder, et, à chaque fois que l'on se croise dans un couloir, il fait un saut de cabri et part dans une logorrhée incompréhensible, un galimatias de mots sans suite...avant de s'excuser et de repartir, penaud, dans son bureau. 

Gaëtan, c'est un peu le Gaston Lagaffe de la société : rêveur,  gaffeur, légèrement fainéant, réfractaire à l'effort, roi des carabistouilles et  de la poudre de perlimpinpin...
Mais voilà : c'est le neveu du patron, alors on fait tous attention de ne pas trop le froisser. Le voilà qui  se dirige droit vers moi, avec la bouche en coeur et une main dans le dos, comme s'il venait de commettre un larcin.

S'il savait, le pauvre, que je me suis pacsée le mois dernier... la situation est on ne peut plus croquignolesque. Dans un borborygme inaudible, il me tend un minuscule paquet. Emballé dans du kraft, le paquet !  Faute de goût impardonnable, me dis-je, surtout pour la Saint-Valentin. Je le retourne et je découvre la petite phrase ...Je bredouille un merci tout en pensant que les vendeurs ont parfois un sacré sens de l'humour...

Et puis je reste plantée là, bien embarrassée.
J'espère une catastrophe, un tremblement de terre, une explosion...n'importe quel événement violent et disruptif qui viendrait  mettre un terme à mon embarras. Mais rien ne se passe. S'égrènent alors les trente secondes les plus longues de ma vie. 

"C'est gentil à vous...il ne fallait pas..." je bafouille, comme une gourde,  les yeux sur mes souliers. Comment lui avouer que la surprise n'en est pas une... pour la bonne raison que le cadeau, je l'avais vu depuis la première seconde par le truchement du miroir placé derrière lui ? Et comment lui annoncer que j'ai quelqu'un dans ma vie ?

Allez, courage ! 
"Gaëtan, il faut que je vous dise..." 
Je me décide à relever la tête : il n'est plus là. 
Mince ! Il devait être aussi gêné que moi...il s'est éclipsé pour ne pas avoir à s'expliquer. 
Hum...la timidité a du bon, parfois...cela me laisse le temps de trouver mes mots 
et de lui envoyer un SMS.

Je vais attendre un peu pour ouvrir le paquet.
Je l'ouvrirai chez moi, ce soir....en toute discrétion.
Au toucher, je sens un truc en forme de coeur.
M'étonnerait pas qu'il soit rose bonbon...
.
La Licorne
.

Pour Mil et Une, il fallait écrire un texte en rapport avec l'image et placer le mot SMS.


 

mardi 19 février 2019

AI et Jeu 43 : Eviter la chute !



 
Léobille rêve : deux bicyclettes filent sur le chemin qui se tortille d’aise sous le chatouillis caoutchouteux de leur pneu à la gomme. Sur les talus, les arbres se poussent pour éviter les circonvolutions tortillonneuses du chemin qui les bousculent – les circonvolutions – en grognant – les arbres. Fières, les deux cyclettes ne prêtent pas attention à ce galimatias et filent en raison inverse du carré du défilement du développement de la circonférence de leur roues sur le linéaire du chemin, et en vrombissant. Surpris, Léobille demande au Major fièrement perché  sur l’autre selle :
« En raison inverse du carré ? »
– Oui, parce qu’elles sont rondes, les roues : c’est donc l’inverse du carré qui s’applique ».

Léobille a le temps de voir, perché sur un arbre du talus, un corbeau ; le piaf, interloqué par la réponse savante du cycliste, ouvre un large bec ébaubi ; il regarde son fromage qui, libéré, délivré, ne tombe pourtant pas. Il a évité la chute. En voilà un qui n’est pas prêt de se faire larciner par le renard.

De la saynète entraperçue et sitôt disparue, le Major pérore doctement : « Éviter la chute, d’accord, mais laquelle ? La chute des anges rebelles ? Une belle bande de réfractaires ! Et si on croit la Bible, il est un peu tard pour l’éviter, et puis cette chute-là rentre dans le plan de Dieu, non ? Avoue que ça serait ballot d’aller contre. Alors celle de l’empire romain ? Même pas en rêve : tout un tas de fainéants qui n’ont même pas inventé la rustine ! Cela dit, éviter la chute, c’est la meilleure façon pour un gromancier de tenir la distance, de pondre de bons gros romans bien gras… »

Léobille n’écoute plus les carabistouilles de son compagnon : il rêve à la belle Pelisse qu’ils doivent rejoindre à la surprise partie, tout en récitant in petto une page du Vomi qu’il conjugue à tous les temps de l’imparfait. En effet, son végétalocipède issu des meilleurs serres de l’Haÿe-les-Roses a depuis longtemps délaissé l’énergie médiocre du mollet humain pour se convertir à l’énergie grammaticale. Il lui faut donc conjuguer, accorder, déclinaisonner et patin-couffin jusqu’au bout du chemin sous peine de végéter sur le bord de la route. Voilà pourquoi ses fontes sont chargées des œuvres complexes de Jean-Sol Patre. Il y a des jours où il envie le Major qui, armé d’une triviale cyclette à pédalier, mollète fièrement et ne parle que quand il veut – c’est-à-dire tout le temps.

Pour faire mentir le rêve de Léobille, voilà le Major qui se tait et glisse un disque sur le plateau de la fourche avant, celle qui est équipée d’un saphir : en échange d’un bon coup de pédale (l’idéal est d’assurer un quarante-cinq tours bien régulier), et par le truchement de deux petits hauts parleurs reliés par un circuit disruptif ad-hoc il va pouvoir finir la ballade en écoutant un petit jazz pas piqué des hannetons.

Las, la côte s’obstine à grimper le long de la colline qui ne fait rien qu’à se dérober sous la route, et le jazz coince sous l’effort ; les clarinettes grincent et la trompinette barrit plaintivement. Dérangé dans sa quête amoureuse (il voit l’image de sa belle dans le ciel, dans les nuages, dans les arbres et dans les feuilles, dans les herbes et dans les champs et jusque dans les branchettes de son guidon), l’oreille écorchée par les couinements plaintifs, Léobille gémit : « Pelisse partout, justesse nulle part ».

Indifférent au tohu-bohu, le Major reprend son antienne : « Si c’est la chute de la pluie qu’il faut éviter, il y a plusieurs façons : si ça tombe léger, des sauts de cabri suffisent pour passer entre les gouttes ; si ça drache en logorrhée, il n’y a pas de perlimpinpin qui tienne : faut s’arrêter et sortir le parapluie ; mais là, on n’avance plus. »

Quoi disant, il pose le pied à côté de son vélo, retire sa casquette à trois pans d’un geste coquet et fait un petit bond habile en hurlant à l’adresse de Léobille :
 « Le meilleur moyen d’éviter la chute des cheveux, c’est de faire un pas de côté. »
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samedi 9 février 2019

JEU 43 : Big Bang




Big Bang
Madeleine et Léonie



– (in petto) "Ils avaient pensé avec quelque raison qu’il n’est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir " .

Léonie


– Quels crétins, ces humains. Le bordel qui règne sur la planète ne leur suffit pas, désormais l’espace est devenu un vrai bric-à-broc. C’est bien beau d’envoyer des sondes, des satellites et autres objets mi-cariens mi-robolants dans l’espace…

 – (même jeu) « Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? » (S’adressant à Léonie). Oh, tu pourrais lire ou chanter in petto, que diable !
– Tu me fatigues avec tes antiennes !
– (même jeu) " Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime " .
– Mais comment vont-ils éliminer tous ces débris qui flottent au-dessus de nos têtes ? Avec de la poudre de perlimpinpin ? L’espace est devenu un vrai dépotoir. On met un pognon de dingue dans ces bibelots ! Mais à quelle fin ?
– (à voix haute) « Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu’il m’est impossible pour le moment de le connaître. »
– Ah ah, quelle blague ! Et quand bien même tout ce cirque aurait une once de sens (que dis-je, une once… un micro-nanogramme de sens !), qu’adviendrait-il de l’être humain ? Rien. Il continuerait de vaquer à ses occupations, tranquillement, comme si de rien n’était.
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– (toujours à haute voix) " Le bonheur et l’absurde sont deux fils de la même terre. Ils sont inséparables. L’erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde. Il arrive aussi bien que le sentiment de l’absurde naisse du bonheur " .
– (avec un sourire de satisfaction) Par bonheur, je ne suis qu’un personnage de fiction.
– (in petto) " L’ouvrier d’aujourd’hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n’est pas moins absurde. Mais il n’est tragique qu’aux rares moments où il devient conscient ".

– (soudain, un doute tragico-absurde s’empare de son esprit). Saperlotte, suis-je réellement un être de fiction ? La question mérite d’être posée. Au fond, par quel truchement disruptif peut-on affirmer sans ambages que je suis née dans l’esprit croquignolesque et notablement humain de l’aut’e zigue alias Andrea Machin ?

– (même jeu) " Il n’est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris "  .

– C’est vrai, quoi. Tout le monde est persuadé qu’Edmond Dantès a séjourné au Château d’If alors que tout le monde a oublié que Mirabeau y a été emprisonné. C’est tout de même ballot, non ? Qu’est-ce que cela signifie ? (elle se tourne vers Madeleine) Eh, vieille branche, d’après toi, qu’est-ce qui fait l’ipséité d’Edmond Dantès, de Leonard de Vinci ou d’Emma Bovary ? Pourquoi les humains pensent-ils que ces personnages ont réellement existé ?
– (regard à la Bette Davis). Eh bien, on peut dire que tu pratiques le saut de cabri avec aisance ! Tu en as fini avec ton abrutissante logorrhée? Quel galimatias ! C’est toi qu’on devrait placer sur orbite ! (un temps) Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?
– Ah ! Tu bottes en couche !
– Point du tout. A la fin de l’envoi, je louche. Où en étais-je ? Ah oui, eh bien, relis tes classiques ou consulte des spécialistes ! Ils sont légion. Le professeur Tournesol, Hercule Poirot, Umberto Eco pourront éclairer ta caverne. George Orwell, George Sand ou même Georges Vinteuil dont la biographie vient de sortir (*)…
– Mieux ! Un agent-double, Cyrano de Bergerac !

– Écoute, on ne va pas faire la liste de tout le gratin dauphinois et de Navarre… (un temps) Entre nous, ne penses-tu pas que, quelle que soit notre nature – chimérique, infrangible ou historique, nous sommes toutes et tous des personnages en quête d’auteur ?
– # platonversusdumbledore ! Réagissez !

– (avec gravité) Fruit d’un accident absurde – qu’il est convenu d’appeler le Big–Et-en-même-temps-Bang, modèle cosmo-logico-économique controversé – d’un phénomène insondable, l’évolution, l’être humain est pétri de paradoxes, capable du meilleur comme du pire.
– Mesdames et Messieurs, c’était la minute philo de Madeleine. Ah ah ah ! Tu as trouvé ça toute seule ?! Attention, roulement de tambour… (elle imite la voix doucereuse de Madeleine avec l’intonation de Sarah Bernhardt) : L’Homme sait qu’il va mourir mais il se conduit comme s’il l’ignorait.
– Pauvre nodocéphale. Écoute plutôt. « Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’Homme. » (elle relit lentement la phrase).
– Oui, enfin… faut pas raconter des cracks. Ce n’est pas parce qu’il nous faut imaginer Sisyphe heureux qu’Antoine Roquentin n’aura plus jamais la nausée. Ça, c’est de la pipe.
– Pour toutes réclamations, leonie@carabistouilles. Crois-moi, l’être humain est gorgé de ressources. Aie confiance. Un esprit éclairé découvrira bientôt le moyen d’envoyer des nettoyeurs chargés de réduire en poussière d’étoile la pollution orbitale. C’est une question de temps, d’audace et de maïeutique.
– Pendant ce temps-là, la danse macabre kafkaïenne des fainéants, flibustiers et autres réfractaires a encore de beaux jours devant elle.






Madeleine et Léo 2019


N.B. Les passages cités en bleu sont extraits du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus, 1942.(*) La vraie vie de Vinteuil, Jérôme Bastianelli, Grasset, 2019.