jeudi 2 novembre 2023

AI et Jeu 88 : "Les fleurs du mal...d'amour" - La Licorne

 

 ...ou la Complainte du Jardinier

 

Il m'arrive souvent, les soirs mélancoliques,

De rêver à ma belle... ô songes romantiques !

J'invente de toutes pièces un grand amour magique

Une  romance avec... une princesse mythique 



A genoux devant elle, je lui offre une fleur

Fleur aux douze pétales, que j'effeuille sans pudeur

Tout en lui susurrant, troubadour inspiré,

La comptine florale de la future année...




Ma chérie, en janvier, le mois du Capricorne,

Dans les frimas d'hiver, sur la neige entassée,

Moi, pingouin de ta vie, dans la grisaille morne,

Je t'envoie une Pensée.

 

Puis j'attends patiemment le milieu du Verseau, 

Le jour des amoureux, le quatorze février,

Pour dire mes sentiments et te faire cadeau

D'une belle Orchidée.

 

Quand mars pointe son nez, qu'il sort ses giboulées,

Je te tends tout ému un coin de parapluie

Et le bout de mes lèvres pour un premier baiser

Prince-crapaud posé sur Nénuphar ravi !

 

En avril, enivré des effluves du printemps,

Comme le Bélier, je fonce, dans les champs de Jonquilles

Et j'en cueille des brassées, des bouquets odorants,

Pour tes yeux qui pétillent.

 

Mais le signe le plus beau, c'est celui du Taureau :

Quand fleurissent les charmes du joli mois de mai

Et que j'entends le son, cristallin et nouveau

Des clochettes de Muguet.

 

En juin, mois des Gémeaux, j'ouvre grand ma fenêtre

Je prends une bouffée d'air et je me sens surhomme

Je jubile en silence. Sans rien laisser paraître...

J'arrose mes Géraniums.


Quand commence l'été, et le mois de juillet, 

Je hume avec délice, les odeurs délicieuses

Qui s'exhalent du jardin, mon bonheur est complet...

Je défaille d'amour dans les belles Tubéreuses.


Et si au milieu d'août, me viennent quelques doutes,

Je les chasse bien vite, de ma queue léonine,

Et je reprends mes rêves en versant quelques gouttes

Sur ma folle Capucine.


Vierge de tout soupçon, je contemple septembre,

Ses arbres mordorés et puis ses couleurs d'ambre

Et je vais à Vierzon, parce que tu aimes Vierzon

Et ses Rhododendrons.


Octobre : je Balance...entre joie et tristesse,

Je te cherche sans fin, l'année part en guenilles...

A  force de t'attendre, mon coeur est en détresse.

Je bois une Camomille.


Novembre me saisit, piquant comme un Scorpion.

Pourtant si tu savais, combien beaucoup je t'aime

Je ne mérite pas tes paroles d'abandon,

Tes mots de Chrysanthème !


Et c'est déjà décembre, où s'agite le Taire...

Don Quichotte du coeur, je range ma souquenille,

Je caresse mon cheval ou parfois je l'étrille,

Et l'âme résignée, je taille mes Asters...

.

 La Licorne

.

 


 

Consignes de l'Agenda ironique de novembre

chez Carnets paresseux

 

Il nous était demandé d'écrire un horoscope, 

(journalier, mensuel, annuel ?

ce n'était pas précisé...)

et puis d'y insérer les six mots suivants :

"cheval, parapluie, souquenille,  

pingouin, tubéreuse et Vierzon"

    avec quelques références au calendrier

et un petit brin d'ironie...

(non, ce n'est pas une fleur)

 

J'ai aussi appliqué

les consignes du Jeu 88

(consignes baudelairiennes)

.


Concernant le Jeu 88 de Filigrane :

Je vous invite vivement,

si vous passez ici, 

à aller lire les créations récentes 

de Lothar, Tiniak, AlainX

et Joe Krapov

qui nous embarquent floralement, poétiquement,

 et talentueusement...dans leur univers !

.

 

 

JEU 88 : "Sous le règne des cendres" - Tiniak

 

 

 

Sous le règne des cendres


La planète étouffait, sous le règne des cendres
En de lointains échos, de malingres soupirs
Sans craindre des frimas, le retour, ce novembre

Fi, des champs baladeurs ! Adieu, vague océane…
La douleur est partout où flottèrent des fleurs
Et les libres parfums, et les folles couleurs
Un silence impérieux couvrant chaque membrane
Rien ne semblait pouvoir percer dans ce malheur
Sauf à naître poussière, impavide et profane

Dans la désolation, grisaient des marguerites
Un tapis morne et froid, saisi de morts subites

Malin traînait ici des langueurs indolores
Au point de négliger qu’en sa force de vie
Le jaune d’un pétale a repris son essor

 

Tiniak

 


 

 

 

 

 

 

Consigne du jeu ICI


 

mercredi 1 novembre 2023

Mon frère, mon miroir

 

 

Pour l'atelier d'écriture "Mil et une"

(sujet 65)

 


Pom, pom, pom, pom...Pom, pom, pom, pom...

Toujours la même musique, quand on se voit...c'est la symphonie des malentendus, la valse des controverses. Comment peut-on être jumeaux et aussi différents ?

Lui, toujours aussi "entier", aussi rond, aussi brillant. Et moi, rongé de l'intérieur, grignoté par les doutes, les souffrances, les désillusions.

Il n'y a que physiquement que nous sommes semblables. Pour le reste, c'est le jour et la nuit. Comme si, à la naissance, les caractéristiques généalogiques avaient été partagées, de façon à ce qu'aucune ne soit présente chez les deux. Comme si les fées avaient, dans un moment d'égarement, "tranché net" dans les qualités et les défauts de l'arbre, sans songer le moins du monde à les équilibrer .

Lui a hérité de la branche paternelle : aplomb, charisme et "peau dure" sur laquelle glissent tous les tracas. Moi, comme la plupart des membres de la branche maternelle, j'ai la chair tendre et fragile, une tendance à me laisser croquer par les autres et pas une semaine ne passe sans qu'il ne m'arrive quelques "pépins". 

Côté coeur, ce n'est guère mieux. Les filles qui s'intéressent à moi sont souvent un peu "tartes" ou me laissent les yeux en compote. Et pendant que je soigne mes chagrins successifs, Monsieur, lui, se pavane avec ostentation au bras de toutes les Reinettes du quartier. Faut dire que depuis qu'il a décroché un bon poste chez Apple, il les emmène régulièrement dans les meilleurs restaurants.

Pom, pom, pom, pom....Pom, pom, pom, pom...Toujours la même rengaine. Depuis toujours. Notes graves et notes légères. La symphonie du destin. 

Demain, c'est notre anniversaire. Notre mère va nous appeler tour à tour et demander de nos nouvelles.  Le calvaire.  Surtout qu'elle continue, à trente ans passés, de m'appeler son petit "trognon" !

.

La Licorne

.



JEU 88 : "Arachnide, Fleur du mal" - Lothar


 

 

… Un peu beaucoup passionnément à la folie plus que tout … plus du tout !

 

Prologue :

« Pourquoi es-tu venu au cœur de nulle part ?
Dans ce cocon de soie, brodé un joyeux soir
Par mon âme enjouée qui rêvait d’un rancard
Dans mon songe velu, me feras tu parloir ?

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je chevauchais par-là et vis un doux cocon,
Je m’y suis arrêté, j’ai toqué à la porte,
Alors elle s’est ouverte – au flan de mes deux ronds,
J‘avançais dans le noir, que le diable m’emporte …

S’accoupler, ha d’accord ! Mais avec Veuve noire,
Mon corps risquait la perte de deux trois abattis,
Alors à reculons, je ressortis couard,
Pour aller galoper autours d’autres pays.

Las, un filet m’entoure et me tire en arrière,
Et m’amène séant tout auprès de la Belle,
La belle, me la ferai, et lui donne un amer
Baiser – prince charmant, au dormant d’une pelle …

Plof !!! Elle : grosse Grenouille, et moi : joli chacal,
Ma monture : en souris ! Quelle transformation …
Est-ce la fin du jeu ? Tout ceci est bancal,
Et des jambes à mon cou … sans payer l’addition !

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

Épilogue :

La nuit tombe. La Grenouille en amazone sur sa souris pur-sang
Poursuit toujours le chacal. Sa bougie va s’éteindre, elle le sait …
Mais elle fait face – l’embrayage grimaçant !

Ses hurlements portent au loin en une cacophonie macabre.

Elle fait feu de tout bois,
Laissant là, sur la route, les gueuses qui font de l’auto-stop,
La jambe dévoilée,

Ne s’y arrêtant pas, sans un regard … en satanée Fleur du mal toute à sa fureur !

Lothar

 

 

 










Consigne ICI


JEU 88 : "Les fleurs du mal"


 
- Atelier d'écriture pour le mois de novembre -
 
 
Chers ami(e)s écrivant(e)s,
 
Ce mois-ci,  
vous êtes invités à créer un  texte,
drôle ou triste, 
court ou long, 
versifié...ou prosaïque 
 
à partir de cette photo :
 
 

 
et de ce titre de livre :
 

 "Les fleurs du mal" 

de Charles Baudelaire

.


Rappel : 

Vous pouvez , au choix :


- Placer les mots de ce titre dans votre texte


- Faire en sorte que ce titre de livre 

soit aussi le titre de votre texte


- Ou, troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, 

au contenu du livre proposé

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 novembre 2023

.

 

La Licorne

.


Vous pouvez aussi, 

si vous avez un peu (beaucoup) de temps,

écouter ça :


   
 
(merci à Joe)
 
 
J'aime partager ma passion pour...
Pif Gadget !
(et c'est vrai en plus !) 



 

jeudi 26 octobre 2023

Mouvement de fond

 

 Pour l'atelier d'écriture "Mil et une"

(sujet 64)


Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé 

serait bien sûr...purement fortuite. :-)

.

 

Dessin de Martin Vidberg

2035.

Cela faisait déjà une vingtaine d'années que l'on avait entrepris de rebaptiser  tout ce qui, de près ou de loin, pouvait offusquer ce que l'on appelait les "minorités".

Au début, le changement avait été discret, presque invisible. On s'était à peine aperçu que le titre du roman  "Dix petits nègres" d'Agatha Christie avait été remplacé par : "Ils étaient dix". Et puis, bon, le mot "nègre", n'est-ce pas...on n'allait quand même pas le défendre. Cela faisait déjà bien longtemps que Banania avait renoncé à son "Y'a bon" et que l'on mangeait des "têtes-choco" ou des "boules meringuées".

Mais petit à petit, le mouvement avait pris de l'ampleur. On avait commencé à ne plus supporter ce qui ressemblait à de l'anti-féminisme. On avait, par exemple, interdit "Les femmes savantes" de Molière, sous prétexte qu'il les caricaturait un peu trop. 

On avait ôté des écoles tous les manuels qui représentaient une mère en tenue de ménagère ou en bigoudis, en train de repasser ou de raccommoder. Idem avec la BD "Tintin" : trop de personnages masculins, elle ne respectait pas la parité.

Enfin, on avait fini par évacuer des bibliothèques tous les livres datant d'avant le milieu du 20ème, qui montraient des femmes au foyer, soumises et sans droit de vote ou des hommes ayant une mentalité trop "patriarcale". Cela fait, il ne restait certes pas grand-chose. Quelques documentaires et des manuels pratiques. Mais le 21ème siècle compte bien assez de romanciers talentueux pour qu'on puisse se passer des anciens, nous avait-on expliqué. 

Par la suite, les imprimeurs avaient décidé de rééditer la plupart des ouvrages qui ne satisfaisaient pas aux nouvelles règles grammaticales : métiers féminisés, écriture inclusive, pronom "iel"...etc. 

Certains lecteurs s'étaient plaint du peu de lisibilité de ces phrases aux multiples accords...mais on les avait traités de ringards. Ringards, ils l'étaient, d'ailleurs, par le seul fait de lire encore...des ouvrages complets, ce que plus personne ne faisait. La grande majorité se contentait de résumés, publiés sur internet.

Ces dernières années, les lobbys avaient obtenu plus encore : la réécriture de tout ce qui ne contenait pas au moins un passage louant les mérites de la communauté LGBTQIA+.  Même le cinéma avait été touché : tout film devait désormais comporter un personnage de couleur, un personnage en surpoids, une personne handicapée, un vieux, un gay, un trans et une lesbienne. 

Enfin, sur tous les livres d'enfant illustrés de licornes et d'arcs-en-ciel, on avait tamponné la mention : "Ce logo est la propriété exclusive du mouvement LGBT". 

Dernièrement, nous avons appris que le ministère de la culture venait d'annoncer une nouvelle mesure : toutes les histoires comportant le mot "fin" seront retirées des rayons. 

Pourquoi  ? Paraît que ça discrimine les "gros" !

 

La Licorne

 


 

mercredi 25 octobre 2023

Merci !!!

 

 


Merci à tous ceux qui ont participé au défi d'octobre...
Vos textes m'ont charmée.
 
Je constate, en passant, 
que les photos de jeune fille blonde et rêveuse
n'attirent que les écrivains...
mâles.
D'où c'est-y que ça peut venir ?
Hum, je réfléchis...
 
En attendant, vous pouvez vous aussi réfléchir
que je vous livre dès à présent
(mais je ne publierai les textes 
qu'à partir du 1er novembre, comme d'hab)
 
 Allez-y, cette fois-ci, c'est simple,
 simplissime même,
ce qui vous permet de suivre, aussi,
si ça vous chante,
d'autres consignes complémentaires
venues d'autres jeux...
.
A bientôt !
 
Et que les mots "fleurissent" agréablement
sous votre plume !  :-) !
 
La Licorne
 
 
 

 

 

jeudi 19 octobre 2023

JEU 87 : "Les Don Juan" - Joe Krapov


LES DON JUAN

 

Jeu 87 de Filigrane- La fille qui cherchait son chien et trouva l'amour, finalement, on n'a jamais su qui l'a séduite et peut-être comblée ?

- La liste est longue de ceux – et celles – qui auraient pu s’accommoder de son regard tristounet et de la tête d’ahuri de son clebs.

- Peut-être l’analphabète qui savait compter ?

- Le vieux qui lisait des romans d’amour ?

- L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ?

- Le concierge du club des tricoteuses du vendredi soir ?

- Le fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea ?

- L’ Indien malchanceux qui devint milliardaire ?

- Le roi du pécho avec la méthode Schopenhauer ?

- L'homme qui voulait être heureux ?

- Celui-là n’avait qu’à aller habiter dans l’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes !

- Ce fieffé menteur de Julian Corkle ?

- Le secrétaire du cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ?

- Marilyn, Elvis, le prince William et... toi ?

- Moi je n'ai pas toujours été un vieux con mais je n’avais pas de quoi lui offrir sexe, diamants et plus si affinités...

- La dame à la camionnette ?

- Le mec de la tombe d'à côté ?

- Le sumo qui ne pouvait pas grossir ?

- Ce plaisantin de monsieur Tanner ?

- Le gardien du potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison ?

- Le liseur du 6h27 ?

- Le tueur hypocondriaque ?

- Celui qui ne sait pas pourquoi il a mangé mon père ?

- La vieille qui voulait tuer le bon Dieu parce qu’elle pensait avoir trouvé le secret de la manufacture de chaussettes inusables ?

- L'homme dont les dents étaient toutes exactement semblables ?

- Un amant qui avait la mélancolie du kangourou et l’élégance du hérisson ?

- C’est à dire ? Un regard de shooté et une barbe de trois jours ?

- Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ?

- Elle est peut-être devenue la dernière conquête du major Pettigrew ?

- J’espère pour elle qu’Ariel Auvinen, l’ange gardien aux mille et une gaffes ne l’a pas prise sous son aile !

- Oh et puis... Qu'elle aille au diable, Meryl Streep ! Qu’il retourne dans ses contes de fée, ce crétin de prince charmant ! Je l’avais bien repéré qu’elle avait la tête en friche ! Mais qu’elle fasse gaffe : moi aussi Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman ! Qu’elle y pense, à la vache qui ne voulait pas finir en steak haché !

- Qu’elle ne l’oublie jamais :  le chemin du bonheur est parsemé de cailloux (et de crottes de chien) !

***

-Bon, c’est pas le tout ça. Maintenant qu’elle ne viendra plus… on tente notre chance auprès des deux Chinoises ?

Jeu 87 de Filigrane B

***

Les gens heureux lisent et boivent du café. Ils rêvent aussi beaucoup devant les photographies. Tout vaut mieux que de devenir vieux, râleur et suicidaire (la vie selon Ove) ou de chercher comment braquer une banque sans perdre son dentier !

 

Joe Krapov 

 

Jeu 87 Comment-braquer-une-banque-sans-perdre-son-dentier



dimanche 15 octobre 2023

JEU 87 : "Qu'à tordre juillet" - Tiniak

 


Qu'à tordre juillet...

Il s’est passé quelque chose, à coup sûr…
N’est-ce pas ?... Dans ce regard, soudain si mûr…

Quatorze Juillet frémit sans pleuvoir 
tant d’affreux bambins sont déjà de mèche 
bengale en poche, et treillis de pétards 
censés griller ces jupons de pimbêches 
aux plis mesurés, navrant leurs espoirs 

Un vif entrelacs, tendu - bleu, blanc, rouge 
toise un festival d’élan populaires 
où les rires gras coursent la farouche 
et les délurées narguent le trop fier 
sans parti noble ou révolutionnaire 

Il se passe bien quelque chose, non ? 

Elle aura bien lieu, la Guère-de-Foi 
jetant ses feux sous des ciels impavides 
privés d’homériques subsides 
quand l’ineffable artificiel a droit 
de saper des fleurs apatrides 

Te voici, seule et ignorée de tous 
avec, au sein, quelque chagrin 
que ne trahit pas ta frimousse 
au pied, Son Chien 
au sein, ta frousse 

Et ce regard… 
qui ne veut rien entendre à tous ces étendards !

 

 Tiniak

 

dimanche 8 octobre 2023

JEU 87 : "Attente" - Lothar




"Attente"

Le soir tombe sur ton attente
Dehors ici aboient déjà les chiens jaunes
Les étoiles fondent sur le vin mauve

Les lignes de ta main sont une lie
Posée sur tes pages quand tu les lis
Tes yeux fatigués reflètent ton âme
Au miroir du monde de la nuit
Sur la ruelle encore vide

Bientôt, qui cherche trouvera
Aux glauques de l’amour …

Alors, ta misère terrible se posera
Perdra ses souliers plombés
Montera l’escalier de la chambre
S’étendra sur le lit
Elle s’éteindra comme la chandelle
Au culot de la bouteille
Aux ailes frémissantes
Ancrées des papillons de nuit

L’embouchure du couchant
Étanche encore tes yeux
D’un verre dernier

Quelques perles d’absinthe …
Encrées de gouttelettes anisées

Lothar

 

Avec les mots du titre

 

samedi 7 octobre 2023

JEU 87 : "L'amour au bout de la laisse" - AlainX

 

 


 

L'amour au bout de la laisse


Comme l'autre jour et une fois de plus, Gonzague me parle de la fille qui cherchait son chien.

— Tu sais, me dit-il, cette jolie fille au longs cheveux châtains, au visage allongé aux yeux à damner un saint, qui était complètement affolée parce qu'elle avait paumé son clébard en pleine rue. Elle tenait la laisse mollement et il lui avait faussé compagnie en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Moi, tu me connais, je suis capable d'être très vite le consolateur des jolies filles. C'est comme une vocation. Alors, non seulement je l'ai rassurée, mais j'ai parcouru avec elle tout le quartier à la recherche du gros toutou. Ça a pris des heures. Elle était épuisée. Mais aucun résultat. Elle s'est mise à pleurer. Pour elle, c'était clair on avait enlevé son clebs, un molosse tout blanc, un genre carlin, autrement dit un chien moche, mais qui valait de la thune.

— Oui, je connais l'histoire, Gonzague, tu le sais bien et ne retrouvant pas le chien, tu as fait tout ce que tu pouvais pour la consoler. Même qu'elle a fini dans ton pieu si j'en crois ce que tu m'as dit. Belle mentalité ! Cela dit je connais ton côté affabulateur et donc j'ai des doutes.

— Tu n'es pas obligé de me croire mais c'est la vérité, reprit Gonzague, et d'ailleurs je peux t'avouer que ce ne fut pas terrible du tout. Elle était imprégnée de l'odeur du chien. Et ça m'a coupé tous mes effets. Elle a cru qu'elle ne me plaisait pas. Mais là n'était pas le problème. Elle m'a quand même remercié d'avoir participé aux recherches. Cependant l'histoire ne se termine pas comme ça. Pas du tout !

Et c'est là que j'ai pensé que Gonzague allait encore me raconter des salades. Je n'ai pas tardé à faire l'hypothèse qu'il allait me dire qu'il avait retrouvé la fille au chien par hasard dans un bistro et qu'entre-temps elle avait retrouvé le clébard, toujours aussi blanc, et toujours avec son air de méga tristesse avec ses bajoues qui pendouillent et vraiment lui donnent l'air con. Eh bien, croyez-moi ou pas, c'est exactement ce qu'il m'a raconté. Je m'en doutais, je le connais par cœur, mon Gonzague ! Sauf qu'à la fin de son récit, il m'a montré une photo sur son Smartphone. Tenez je vous la montre. C'est pas bluffant quand même ? Parce que c'était bien elle avec le carlin. Et le pire de tout, c'est que je la connaissais !

Est-ce que la fille qui cherchait son chien va trouver l'amour avec mon ami Gonzague ? Est-ce qu'elle tiendra mon ami en laisse comme le carlin ?

Elle s'appelle Christina. Nous avons eu une aventure torride elle et moi. À l'époque, point de chien ! Je n'oublierai jamais son parfum N° 1 de Chanel. Beaucoup plus subtil que des senteurs canines.




 Consignes du jeu ICI

 

jeudi 5 octobre 2023

AI et Jeu 87 : "La fille qui cherchait son chien et trouva l'amour" - La Licorne

 

 

 

 

26 Octobre 2025

Le soleil brille sauvagement derrière la vitre. Décidément, l'été indien, auquel on s'est habitué depuis quelques années, se prolonge de plus en plus tard dans la saison. 

Quel jour sommes-nous exactement ? Je ne sais plus. Je sais juste que je suis en retard. J'enfile une veste à col de fourrure sur ma mini-jupette à fleurs. Eh oui, puisqu'on ne sait jamais si, le matin, il fait 10°C ou 20°C, c'est devenu compliqué de s'habiller pour sortir. Alors je mixe : vêtements légers en bas et vêtements plus chauds sur les épaules.

Rendez-vous au café du bout de la rue, m'a dit Luc. Attention, à midi tapant, après, j'ai une réunion d'affaire. Je jette un coup d'oeil à ma montre : 11h55, c'est nickel. 

Finalement, la température est douce, alors je m'assieds en terrasse et je commande un thé parfumé. C'est un endroit assez sympathique, un de ces repaires végétariens qui font flores dans les villes depuis que la télé incite les gens à manger écolo et léger. 

12h05 : A la table en face de moi, deux chinoises ont commandé des jus de fruits pressés et des sorbets maison. Elles les dégustent avec application tout en conversant dans une langue qui m'échappe totalement. Sur la fiche des consommations, en lettres soignées, un poème de William Blake :

Voir le monde dans un grain de sable
Et le paradis dans une fleur sauvage
Tenir l’infini dans le creux de sa main
Et l’éternité dans une heure.
 
C'est charmant...J'aime beaucoup ce poème, mais je ne sais pas ce que dirait Blake s'il voyait que ses mots, deux siècles plus tard, se retrouvent coincés entre un smoothie à la banane et un gâteau à la carotte !

12h20 : Luc n'est pas à l'heure... j'aurais dû m'en douter. Et moi, pauvre cruche, qui ai descendu les escaliers quatre à quatre. C'est ça, le drame des gens ponctuels: on passe sa vie à attendre les autres.

12h30 : Toujours seule. Enfin, plus tout à fait, car un jeune homme est venu s'installer juste à côté. Hum, il est plutôt mignon. Bronzé, sportif, la mèche rebelle et la barbe bien taillée. Malheureusement, il est accompagné d'un clébard qui lui, ne l'est pas (mignon). Bouh...une sorte de bulldog anglais,  avec la même tête que celui que Jacques Doillon avait offert à Jane Birkin. Paraît qu'ils sont gentils. Et drôles. Peut-être. Mais désolée, je ne peux pas m'empêcher de penser que Jane choisissait ses chiens comme elle choisissait ses compagnons : avec un total manque d'esthétisme. 

12h35 : Mon voisin commande une bière. Et dans la minute qui suit, il me demande si je peux lui garder son chien un instant, le temps d'aller aux toilettes. Cela ne m'enthousiasme guère : mais devant son sourire...ravageur, je m'entends lui répondre :  "Bien sûr, avec plaisir !".

12h40 : Et voilà, je suis là, doublement cruche, au bord de la rue la plus passante de la ville, à attendre un mec qui m'a oubliée et à garder le chien immonde d'un parfait inconnu, pendant que le contenu de ma tasse refroidit à toute vitesse. Ma fille, c'est le résumé de ta vie. William Blake avait raison : une heure peut parfois ressembler à une éternité !

12h45 :  Une ambulance passe. Tous feux clignotants dehors. Sirène "tri-ton" à plein volume. 

Et là, horreur...le clébard au museau aplati se lève d'un bond et sans crier gare, se lance à sa poursuite...Agrippée à l'autre bout de la laisse, je tente de le retenir, mais rien n'y fait...je suis emportée par une boule de muscles plus forte que moi. Je galope ainsi sur le trottoir pendant une trentaine de mètres ...jusqu'au moment où, c'était fatal, la laisse se prend dans quelque chose ! Avant d'avoir pu voir de quoi il s'agit, je m'affale de tout mon long, devant une quinzaine de passants ébaubis. 

12h50 : Sonnée, je me relève avec difficulté. J'ai mal partout. Une main se pose sur mon épaule. C'est le beau barbu. 

"Je suis vraiment désolé, dit-il. Titus est incorrigible. Si vous le permettez, je peux vous accompagner jusqu'à la prochaine pharmacie ?" Je regarde mes genoux en sang, mes coudes tuméfiés... J'ai envie de le maudire, lui et son chien. Mais ai-je vraiment le choix ? Je m'accroche doucement à sa taille et je pars en boitillant...

.....

12h05 : Luc arrive au café. Il s'installe et commande une bière à la framboise. 

- Beau temps aujourd'hui, n'est-ce pas ? lui dit le garçon.  
- Oui, répond-t-il. 
Dites, vous n'auriez pas vu une jeune femme blonde, par hasard ? 
Nous avions rendez-vous.
- Ah, la "dame d'onze heures" ? Si, si, elle était assise ici, exactement là où vous êtes.
Mais elle est repartie. Je crois que vous l'avez manquée.
Entre nous, si je peux me permettre de vous donner un conseil, Monsieur : 
évitez de prendre rendez-vous le jour du changement d'heure ! ;-)
 
 
La Licorne
 
.
 
 
Consignes de l'Agenda ironique d'octobre  
 

Il s'agissait de jouer un peu autour de l'heure d'hiver, 

de placer dans le texte 

les quatre vers du poème de William Blake

et d' ajouter l’expression suivante : 

« dame d’onze heures »,

 en n'oubliant pas de saupoudrer le tout

d'une pincée d'ironie...


 + Consignes du jeu 87 

 à lire ICI

 
 

 

dimanche 1 octobre 2023

JEU 87 : "La fille qui cherchait son chien et trouva l'amour"

 
- Atelier d'écriture pour le mois d'octobre -
 
 
Chers ami(e)s écrivant(e)s, 

Merci pour vos participations de septembre,
très appréciées...
 
Ce mois-ci, je vous propose
de vous laisser inspirer par cette image :

 


 
et par ce titre de livre :
 
 
de Meg Donohue
.

Rappel : 

Vous pouvez, au choix :


- Placer les mots de ce titre dans votre texte

(pas forcément dans l'ordre)


- Ou faire en sorte que ce titre de livre 

soit aussi le titre de votre texte


- Ou, troisième et dernière possibilité, 

faire référence, tout au long du texte, 

au contenu du livre proposé

.

 

Envoi à undeuxtrois4@orange.fr

avant le 21 octobre 2023

.

Bonne inspiration !


La Licorne

.




mardi 19 septembre 2023

AI et Jeu 86 : "Disparu le Silence De mon Enfance ? Nostalgie..." (*)

 

 

Pour l'Agenda ironique de septembre

 et pour le Jeu 86 de Filigrane

 

 
Un jour, j'ai été cette petite fille. 
Un jour, j'ai porté des couettes, des barrettes, 
et des noeuds dans les cheveux.  

Un jour, j'ai porté des robes à carreaux 
avec des volants blancs tout en bas...
Je peux vous montrer la photo, si vous voulez.

Oui, un jour, j'ai été petite, 
et même si petite que, chaque jeudi,  
je faisais sourire l'épicier derrière son comptoir
quand je me hissais sur la pointe des pieds 
pour lui tendre ma liste de courses.
 
Au milieu d'une classe de maternelle, 
j'ai peint, comme cette petite fille, 
tous les après-midis,
devant un chevalet,
avec ferveur et application.

Je m'en souviens vaguement...
Je me souviens surtout, à vrai dire,
des longues séances de frottage
de nos menottes peinturlurées
sur les savons rotatifs jaune citron.

Je me souviens d'avoir été 
une toute petite écolière de trois, quatre ans 
qui n'aimait pas du tout la sieste obligatoire...
qui n'aimait pas non plus la cloche des fins de récré, 
cette fichue cloche qui interrompait brutalement 
mes belles séances de bac à sable 
et mes châteaux de rêve.
 
Je me souviens des bûchettes de bois
 avec lesquelles j'ai appris à compter,
et qu'il fallait sans cesse ramasser sous la table... 
des pions qu'on déplaçait avec application sur le jeu de l'oie, 
un, deux, trois, quatre, cinq, six...
des lignes espacées sur lesquelles j'ai appris à écrire,
de l'odeur de la colle, qu'on étalait à la spatule,
de la cour immense qui accueillait nos rires et nos glissades, 
des sachets de billes qu'on planquait dans nos cartables,
du rythme des saisons qui scandaient nos vies.

Je me souviens des phrases
qu'on se disait pour s'agacer :
"T'es qu'un vilain rapporteur !'
"Donner c'est donner, reprendre c'est voler"
"C'est celui qui dit qui y est"...
 
Je me souviens des rondes et des comptines démodées :
" Oh grand Guillaume, as-tu bien déjeuné ?"
"Qu'est-ce qu'elle a donc fait, la p'tite hirondelle ?"
"Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés..."
 
Je me souviens des jeux de balle, de corde à sauter...
des jeux de cache-cache et du jeu de la "bague d'or"
qui passait secrètement dans nos mains jointes.

Je me souviens des images joliment désuètes
que la maîtresse distribuait quand on avait bien travaillé.
Je me souviens de mon premier porte-plume,
des petits bouts de buvard que mon voisin taquin
 jetait exprès dans mon encrier...
pour me faire rager.

Oui, je me souviens de tout ça...
C'est à la fois si près et si loin...
comme une brume lointaine, 
un monde enseveli...
un autre temps, un autre moi.
 
C'était une autre époque...
 
Une époque où les choses 
passaient lentement,
où tout paraissait éternel.
Une époque où les vacances 
étiraient sans fin leurs heures vides...
 
Une époque où sur l'écran de TV
on voyait passer en interlude
sans passager ni passagère
et où l'horloge de l'ORTF ne troublait pas
le silence des âmes naissantes.
 
Une époque où sur le tableau noir
la craie traçait en crissant un peu
des signes immuables
et des majuscules fleuries.
 
Une époque sans ZEP et sans USEP
Sans TICE, sans LSU, sans TBI
sans PPRE, sans PAP, sans PAI
Une époque sans TDAH, 
sans TSA, sans MDPH,
sans AVS ni AESH.
 
Une époque où ULIS rimait encore 
avec  "beau voyage"
et IEN avec 
"Infini Ecoulement des Nuages".
.
Une époque où l'on grandissait 
sans écran et sans bruit.
Petit à petit.
 
 
La Licorne
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Consignes de Sabrina pour l'Agenda ironique

Il fallait, en ce mois de rentrée des classes,  

évoquer un ou des souvenirs d'école

tout en insérant dans le récit ces quelques mots  :  

rapporteur / pion / colle / ligne / cour  et rythme !

 

Il fallait aussi détourner au minimum un des fameux sigles 

qui composent le jargon académique de l'Education Nationale

Par exemple, transformer une AESH 

(Accompagnant des élèves en situation de handicap) 

en Association des Éléphants Spécialistes de Hapkido ?!! 

Bref, s'amuser un peu avec les sigles en question....

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Et pour le Jeu 86, il fallait s'inspirer de la photo ci-dessus

ainsi que du livre "Passagère du silence" 

de Fabienne Verdier


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 (*) DSDEN (titre)

Direction des Services Départementaux 

de l'Education Nationale

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